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 Courage, Fuyons! (Rp Javert)

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Message#Sujet: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Jeu 19 Fév - 17:34

« Que se passe-t-il encore ? ». Clopin, agacé, regardait son acolyte d’un regard furieux. Pourtant la journée avait si bien commencé ! Le soleil de mars était enfin apparu et, avec lui, les Parisiens sortaient de leur maison ne demandant qu’à se divertir après cet hiver si dur.
Comme à son habitude, le roi des gitans faisait le tour des représentations pour être sûr du bon déroulement de celles-ci et informer les saltimbanques de l’arrivée possible des policiers. Eh oui ! Les jours de beau temps attiraient le peuple mais également les « surveillants » des rues qui n’ont qu’un seul et unique objectif : remplir les geôles !

Malheureusement, une fois arrivée sur la place de Notre-Dame, le petit groupe de Clopin vit surgir trois policiers qui se dirigeaient vers la scénette qu’un marionnettiste avait installé sur le parvis. Leurs intentions n’étaient surement pas joviales ! D’un geste, Clopin intima son bras droit à aller prévenir le gitan et, d’un pas vif, il se dirigea vers les hommes de justice afin de détourner l’attention sur lui. L’hiver lui avait fait enterrer trop de ses gens et il ne voulait pas commencer le printemps par une pendaison ! Arrivé à mi-route, il ralentit son allure, scrutant attentivement le visage du policier de tête. Le doute n’était plus permis. Son montreur de pantin avait attiré l’œil de Javert. « Maudit Javert ! » marmonna-t-il. Mais le jeune chef n’avait pas le choix, il devait trouver une solution. Solution qui lui vint comme un éclair. Il ébouriffa sa chevelure blanche, se figea un étrange sourire sur son visage et il se mit à courir, enfin à boiter rapidement, en hurlant des divagations de manière que ses cris pénètrent jusqu’à l’intérieur de la cathédrale. Dans sa course théâtrale, il bousculait homme et femme. Il renversait les paniers de victuailles, bousculait les fidèles de Notre-Dame, allant même jusqu’à frôler Javert. Se rendant compte que ses hommes étaient à l’abri, il regarda l’homme de loi, présenta une courbette des plus insolente et fit volte face pour s’échapper de la place.
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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Sam 21 Fév - 11:14


Courage, fuyons
I

ls étaient comme la vermine, ces parasites qui, quand on pense s'en être débarrassé, se sont en fait infiltrés dans les recoins les plus indétectables et les moins accessibles, on pouvait en condamner cent à la pendaison que mille autres vous moqueront à votre insu. Les bohémiens. Des sans-papiers qui avaient envahi les rues de Paris et qui, en toute illégalité, ne se contentaient pas de pourrir la capitale de l'intérieur, ils s'agitaient, se pavanaient, pavoisaient au nez même des représentants de l'ordre. Leur petit numéro de cirque agaçait royalement l'inspecteur de police, qui supportait difficilement cette effronterie. Enfin, l'avantage, quand on voulait sans prendre à des individus dont le fond de commerce (parfaitement illégal, cela va sans dire) reposait sur le fait de se donner en spectacle, c'est qu'il était plus simple d'avoir la main-mise sur eux quand ils se baladaient effrontément à la vue de tous. Dès que les beaux jours revenaient (et en ce mois de mars, les journées ensoleillées daignaient plus fréquemment combler les semaines des parisiens, qui par conséquent acceptaient plus aisément de sortir de chez eux), les journées de "saisie", ils pouvaient coffrer un nombre conséquent de gitans, pour trouble de l'ordre public (sans oublier l'illégalité totale dans laquelle ils exerçaient leur tout sauf noble métier de saltimbanques). Mais ce n'était qu'une maigre compensation pour ce qu'ils n'arrivaient pas à obtenir : tant qu'ils n'atteindraient pas le noeud du problème, ils n'iraient pas bien loin. Le noeud du problème ? La très fameuse cour des miracles, bien sûr ! Celle dont beaucoup parlaient mais à laquelle personne ne parvenait à accéder.

... Mais ils étaient loin d'avoir atteint ce but, encore (et ce n'était pas faute d'avoir sévèrement interrogé tous les gitans qui tombaient entre leurs griffes - mais aucun d'eux ne crachait jamais le morceau), et pour l'heure, ils devaient donc se contenter de ce qu'il y avait à la surface, faute de savoir que pour enfin obtenir ce qu'ils convoitaient, il faudrait vraiment qu'ils fouillent dans les bas-fonds. Le bruit courait que les bohémiens devaient se produire sur le parvis de la cathédrale de Notre-Dame, et par conséquent, troubler comme cela ne pouvait en rien être autorisé les fidèles qui n'avaient guère besoin de ce bas spectacle, piètre témoignage de la nature humaine... Javert ne comprenait pas ce que ces gens pouvaient trouver à cette débauche de magie absurde, à ces jongleries idiotes, à ces danses obscènes. Le tout trouvait ses clients, pourtant, mais lui n'en était pas, et c'était pour mettre un terme à tout cela qu'il se trouvait là, aidé de plusieurs confrères supposés lui permettre de maîtriser tous ces saltimbanques. Ils furent rapidement repérés, et ce fut alors le branle-bas de combat le plus total. Ils couraient de toutes part, les policiers se mirent à leur poursuite, mais dans le chaos complet qui s'installa alors et n'épargna personne, ils parvinrent à s'enfuir. Tous ou presque. Le regard de Javert s'obscurcit en reconnaissant l'homme qui avait su si brillamment mettre les autres à l'abri : Clopin. Ni plus ni moins que le roi des gitans. Mettre la main sur lui, c'était s'assurer bien plus facilement d'obtenir enfin les clés d la cour des miracles. Évidemment, Javert se lança immédiatement à sa poursuite.

-Au nom de la Loi...
commença-t-il alors qu'il tentait de se rapprocher de l'homme. Hors de question qu'il lui échappe !

Au nom de la Loi, oui ! Cette loi qui régissait sa vie et qu'il respectait sans discontinuer, toujours avec la même ferveur, il fallait qu'il obtienne toujours gain de cause.









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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Mar 24 Fév - 20:38

« Quel imbécile tu es ! » vociféra Clopin envers lui-même. Pourquoi avait-il fallu qu’il attire l’œil de Javert ? Mais à quoi pensait-il bon sang ! Le jeune homme avait agi sans plus de réflexion contrairement à son habitude. La vision de Javert menant ses pauvres gitans, hommes, femmes et enfants, à la question l’avait fait sortir de sa retenue et, bravant sa propre sécurité, il s’était interposé entre les policiers et les saltimbanques. Et le voilà, fuyant devant un Javert farouchement motivé à rattraper le roi des gitans. Il aurait dû réfléchir. Attirer l’attention sur quelqu’un d’autre, un passant quelconque dans la foule, ou demander aux enfants des rues de jeter des cailloux sur les policiers. Ils étaient rapides, ils les auraient rapidement semés. Contrairement à Clopin qui, avec ses jambes mal taillées, avait peine à conserver la distance entre les hommes de loi et son derrière.

« S’il m’attrape… ». Le jeune homme chassa cette sombre pensée de son esprit. Jamais ils ne l’attraperont ! Plutôt mourir de leur main que de risquer de dévoiler le secret de son peuple ! Il était leur roi. Il leur avait trouvé l’endroit le plus sûre de Paris. Une cachette où personne ne les trouverait, jamais ! Chacun leur tour, ses gens lui avait prêté serment : « Pour la sauvegarde de notre peuple, pour la vie de tous, pour la protection de ma famille. Je jure devant tous en payant le prix du sang que jamais je ne dévoilerai le secret des gitans, le secret de la cour des miracles. J’affronterai mille souffrances plutôt que de faiblir. Protégeons-nous, ensemble nous vivrons ! ».

Ce serment, Clopin l’avait gravé dans son esprit avec les visages de ceux qui l’avait prononcé. Pendant sa course pour sauver sa vie et la leur, il se le remémora des dizaines de fois. Mais les mots souffrance et faiblir avaient pris une nouvelle saveur dans sa bouche et son cerveau ne cessait de réfléchir aux issues qui lui étaient possibles.

Il se prit à penser à Esméralda. Que deviendrait-elle si jamais son frère d’adoption, son protecteur, se faisait attraper ? Resterait-elle avec Gringoire qui, malgré la défiance de Clopin, était un parti plus sûr que ce maudit capitaine des gardes… ? Que deviendrait sa joyeuse danseuse ? La vue du jeune roi se brouilla et des larmes vinrent s’écraser sur les pavés de la rue qu’il traversait.

Où était-il ? Lui et ses poursuivants n’avaient cessé de courir mais Clopin avait pris les rues sans faire attention à la direction qu’il suivait. Les policiers s’étaient encore rapprochés et le gitan se mit à désespérer lorsqu’une odeur nauséabonde pénétra ses narines. « La Seine ! ».  Une montée de vigueur le fit accélérer l’allure. Si la Seine était proche, Clopin aurait peut être une chance de s’en sortir ou au moins de ne pas se faire attraper.

Soudain, il s’arrêta net. Il se trouvait sur les bords de la Seine. Ses possibilités se bousculaient dans sa tête alors que Javert avait rattrapé l’avance du gitan.
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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Jeu 26 Fév - 16:23


Courage, fuyons
J

avert, l'âge n'aidant guère, n'avait certes plus les disponibilités physiques d'autrefois, une course-poursuite telle que cette dernière pourrait bien lui valoir quelques découvenues d'ordre physique dans les jours à venir, mais il était de ces hommes dont l'esprit, toujours, prime sur le physique, l'un sachant dans les moments nécessaires influencer sur l'autre avec superbe. Le gitan, en bien meilleur conditions que lui, courait bien plus vite que lui, et prenait un peu plus de distance à mesure que les minutes essouflaient notre inspecteur de police, qui pouvait tout de même compter sur ses acolytes, qui l'assistaient dans sa traque. Mais malgré tout, Javert ne lâchait rien, comme un loup hargneux qui courait après sa proie sans discontinuer, quitte à s'y épuiser. C'était dans sa nature. L'on ne rencontrera pas plus obstiné que Charles Javert. Quiconque contrevenait à la loi se devait d'en payer chèrement le prix, et lui, se livrait corps et âme à ce précepte absolu, au point de s'abandonner lui-même à la loi, et de ne pas voir les contradictions pourtant manifestes de cette-dernière. Il suffisait de voir avec quelle obstination il comptait toujours voir le forçat Jean Valjean retourner aux galères alors même que leurs routes ne s'étaient pas croisées (du moins, semble-t-il, depuis presque une dizaine d'années) pour savoir qu'il n'était pas de nature à abandonner. Au mépris de ses propres limites, donc, il courait, courait, à la suite du roi des gitans, dans l'espoir de l'attraper. L'entreprise semblait vaine, néanmoins, le bougre était rapide, et à moins qu'il ne se laisse de lui-même prendre à l'un des pièges d'une rue qu'il maîtrisait mieux que lui (un cul-de-sac eût par exemple été le bienvenue), ou à moins qu'un parisien consciencieux n'assiste les représentants de l'ordre de le procédé (ce ne semblait être l'intention d'aucun d'entre eux), les chances pour eux de parvenir à quoi que ce soit apparaissaient des plus minimes, Clopin allait réussir à les semer.

Ils parvinrent pourtant, et assez miraculeusement il est vrai, à réduire la distance entre eux et celui qu'ils poursuivaient, non pas qu'ils soient à présent plus rapide, mais le bohémien paraissait avoir ralenti le rythme, peut-être cherchait-il une échappatoire ? Peut-être envisageait-il de leur tenir tête (ce qui, aux yeux de Javert, était une entreprise tout à fait stupide et absurde, mais qui servirait leur cause à merveille) ? Ou alors il y avait autre chose, et ils en payeraient le prix fort. Qu'importe, le "criminel" ne semblait plus qu'à deux doigt d'affronter la pure et indiscutable Justice, celle que l'inspecteur chérissait tant, au-delà de sa propre vie (et au nom de laquelle il se pourrait bien qu'il meure, d'ailleurs). Ils étaient désormais sur les bords de Seine, on entendait du fleuve l'écoulement régulier, et surtout, l'on en éprouvait l'odeur moins qu'agréable. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il s'était arrêté, ses possibilités de fuite s'amenuisaient. D'un geste de la tête, Javert invita ses collègues à faire barrière entre Clopin et toute possibilité de fuir, d'un côté la police, de l'autre la Seine.

-Rends-toi.
ordonna Javert de son ton autoritaire. Tu ne peux pas nous échapper.

Mais peut-être, en définitive, mettait-il la charrue avant les boeufs.





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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Lun 9 Mar - 18:51

Le sauvetage, la mise en scène, la course-poursuite… Clopin se sentait perdu. Il ne savait plus où il en était et son cerveau bouillonnait tellement qu’il avait du mal à remettre ses idées en place. Essoufflé par la course, il plia ses genoux et y posa ses mains afin de calmer sa respiration. Qu’allait-il faire ? Après quelques secondes de « repos », le jeune homme se redressa. Ses idées s’éclaircissaient mais il devait gagner du temps. Il observa autour de lui. Les hommes de main de Javert s’étaient disposés de telle sorte qu’il ne puisse retourner dans la ville ou le long des bords de Seine. Il était coincé de ce côté-là. Là, au bord de ce fleuve à l’odeur nauséabonde, transportant les déchets de milliers de Parisiens. Clopin frissonna à l’idée de mettre en œuvre son plan et se remit à fixer Javert.

« Rends-toi ! ». Ces simples mots se mirent à résonner dans la tête de Clopin mais c’est la phrase qui suivie qui lui redonna de la force. Rien de tel qu’un ordre et l’affirmation de votre défaite pour vous redonner l’adrénaline nécessaire !

- Excusez-moi pour ma franchise Môsieur l’inspecteur de police, mais il me semble que vous n’avez pas toutes les cartes en main ! Voyez-vous, je ne suis guère de ces gens qui manquent de courage et de loyauté. Je suis plus à votre image d’ailleurs ! Même si je préfère être loyal envers l’homme, envers mes hommes, plutôt qu’envers un tas de papier noircis à l’encre que de malheureux hommes de loi ont choisi de mettre en place ! Combien d’homme, de femme et d’enfant avez-vous laissé mourir dans vos geôles sous prétexte qu’ils n’avaient pas à voler pour se nourrir ? Combien de troubadour  avez-vous envoyé aux galères car il n’avait pas le droit de divertir les passants sur une place publique ?

Le jeune roi s’arrêta. Il devait reprendre sa respiration et calmer les palpitations de son cœur. Quelle brillante idée de se fatiguer encore alors qu’il allait avoir besoin de toutes ses forces pour échapper aux griffes de Javert… De toute façon, il n’avait plus le choix.  Soit il mettait en œuvre sa seule chance de s’enfuir, soit il allait se faire attraper, emprisonner, torturer par les policiers. Le dilemme ne continua pas longtemps. Mais voulant rester dans le théâtrale, le jeune roi se mit dos au fleuve et fixa son ennemi dans les yeux.

- Sur ce messieurs je dois vous laissez. J’ai encore beaucoup à faire et je ne voudrai pas vous retardez dans votre « protection » de la veuve et l’orphelin !

Le gitan s’inclina devant ses « spectateurs » et, sans plus de cérémonie, se laissa chuter l’immense étendue d’eau.  
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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Mar 10 Mar - 20:17


Courage, fuyons
L

e roi des gitans était cerné, et Javert ne pensait guère s'avancer en annonçait la défaite de sa proie. Ses hommes le cernaient de toute part, et s'il y avait la voie des eaux, de l'autre côté, l'inspecteur de police ne pensait pas que Clopin l'emprunterait. Les eaux de la Seine regorgeaient de détritus et de maladie, nul n'aurait volontairement l'intention de se baigner. D'autant que le courant du fleuve pouvait vous emporter sans que vous ne parveniez à rejoindre la rive. Même comme dernier recours, le bagne pouvait paraître plus que préférable. L'on restait en vie, tout du moins, et pour peu que l'on paye la sentence équivalente à son crime, l'on pouvait espérer, à court ou long terme, rejoindre la vie civile. Enfin... Dans le cas de Clopin, il pourrait bien ne pas revoir la lumière du jour avant très longtemps, on ne parlait pas d'un simple bohémien parmi la masse de tous ceux qui hantaient la cour des miracles, il en était le chef de file, le patron charismatique. Effectivement, il en écoperait pour longtemps. Mais qu'importe, ce pourrait toujours être un sort plus appréciable que celui qui l'attendrait s'il choisissait d'emprunter la seule issue qui lui restait encore. Enfin... Javert n'envisageait pas un tel cas de figure, cela étant. D'ailleurs, le fait que l'homme se complaise en discours à rallonge ne jouait pas en sa faveur selon l'inspecteur. Des hommes comme lui, il en avait appréhendé d'autres (mais peut-être pas de cette trempe), et quand ils se mettaient à parler plus que de raisons, c'est généralement qu'ils se sentaient acculés.

Le discours du gitan, Javert l'entendit mais ne l'écouta pas. Il en comprenait le contenu, bien sûr, mais cela ne devait en rien le faire réfléchir, ni réagir. Peut-être avaient-ils tous deux un sens aigu de la loyauté, mais Javert avait la prétention de croire que la sienne valait plus que celle de son interlocuteur. Il était loyal envers la Loi et la Justice, et il ne tolérait pas qu'on les résume à quelques inscriptions sur un morceau de papier. Il croyait en ce qui était fondamentalement et indiscutablement juste, et en appliquait les décrets avec le plus grand des scrupules. Oui, femmes, enfants et troubadours étaient parfois appréhendés, mais ce n'était jamais gratuitement. Quiconque souffrait la prison ou les galères ne le faisait pas sans la moindre raison. Toute erreur se devait d'être réparée, tout crime méritait châtiment, qu'importe l'âge, le sexe ou les circonstances atténuantes. Chaque homme se devait payer le juste prix de ses forfaits. Et cette justice rendue ne pouvait être révoquée ou discutée. Elle était inaliénable et certaine par principe. Ceux qui respectaient les règles étaient saufs, les autres... Mais alors que, justement, Javert pensait que justice serait rendu une fois de plus, ses plans étaient contrariés par l'inconscience du roi des gitant, qui plutôt que de se faire prendre, plongea dans la Seine. Javert observa, contrarié, son opposant prendre la fuite à la nage.

-Il ne pourra pas aller bien loin.
déclama-t-il. Seul un rictus sur son visage laissait deviner combien il venait d'être contrarié. Cherchez les chevaux. ordonna-t-il à l'un de ses hommes. Faites en sorte qu'il y ait un homme pour accueillir ce malfrat à toutes les berges accessibles.

Et lui, au pas de course, se dirigeait déjà vers la berge la plus proche. Celle où Clopin déciderait peut-être de s'extirper du fleuve, si le courant le lui permettait.
Dans le cas inverse, tant pis. Justice serait faite.




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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Jeu 2 Avr - 17:27

Avant de toucher et de s’enfoncer dans l’eau noirâtre et puante de la Seine. Clopin vit la contrariété transparaitre sur le visage froid et habituellement sans expression de Javert. Ce fragment de seconde paraissait une éternité. La chute se faisait au ralenti alors que le jeune roi se félicitait intérieurement de cette probablement dernière ‘farce’ qu’il faisait à la maréchaussée. Mais sa pensée ultime avant de frôler l’eau glaciale passa de Javert à sa très chère sœur adoptive. Esméralda. Avant de se laisser chuter, Clopin avait pesé toute les choses qui l’obligeaient à ce geste. Esméralda en faisait partie mais comprendrait-elle son geste si jamais il ne devait réapparaître ?

Ses pensées s’échappèrent brusquement alors que le liquide saumâtre transperçait ses vêtements de fortune. Le jeune homme se trouva figé pendant quelques secondes. Les yeux grands ouverts, il ne distinguait absolument rien de ce qui l’entourait. Et pourtant, il sentait des choses grouiller autour de lui. Le cognaient rudement, le griffaient, certaines semblaient même vouloir s’accrocher à ses jambes. Comme si une autre âme errante recherchait de l’aide au milieu de cet enfer glacial.

Bien sûr, personne ne se trouvait au côté du jeune roi dans ce désert humide. Enfin, personne dont le cœur battait encore…Clopin se fustigea mentalement et regagna la surface alors que ses poumons réclamaient leurs doses d’air.

La tête hors de l’eau, il se trouva égaré, le regard perdu à la recherche d’un point connu. Il se situait bien loin de l’endroit où il s’était laissé tomber quelques instants plus tôt. Le courant de la Seine l’avait emporté à mi-chemin de chaque berge.

De là où il se faisait ballotter par les vaguelettes, Clopin pouvait toujours voir les gendarmes longer les berges à cheval. « Les chiens, ils vont bloquer les sorties ! Je l’aurais parié! ». Le jeune homme ne semblait pas perturber par cette découverte. Il avait un plan B dans ses poches, enfin dans sa tête. La question était, aura-t-il suffisamment de force pour y arriver ?

« Comme si j’avais le choix ! Allons-y ! ». Le roi des gitans se dirigea grâce aux bâtiments qui longeaient la Seine. Il ne devait pas louper sa seule sortie sinon il quittera la Seine pour se jeter dans la mer et serait sûr de ne jamais revenir!
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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Ven 3 Avr - 16:53


Courage, fuyons
C

e fut dans la plus totale impuissance que l'inspecteur de police, positionné sur la berge la plus proche de l'endroit où, l'instant d'avant, le roi des gitans avait plongé tête la première, observait l'ennemi filer au train fou du fleuve et manquer de disparaître de sa vue. Il ne s'était pas arrêté à ce premier point d'ancrage qui aurait pu lui permettre de retrouver la terre ferme. Il fallait par conséquent dorénavant espérer que ses hommes avaient respectés ses consignes à la lettre et cerclaient au mieux les alentours de la seine où Clopin pourrait finir par échouer. Malheureusement, ils étaient bien loin d'être assez nombreux pour le chiffre conséquent d'endroits qu'ils auraient dû couvrir. C'était à espérer que l'homme se noie dans les profondeurs de cette eau stagnante où personne ne se baignait jamais volontairement, tant les risques qui accompagnaient un tel acte de folie pouvait être nocif à votre santé. Ma foi... S'il ne se laissait pas tout simplement engloutir par les profondeur de ce fleuve inhospitalier, peut-être mourait-il de l'une de ces maladies que portent avec elles ces eaux répugnantes, qui viendrait s'additionner à celles qu'il devait déjà porter en lui. Il ne connaissait personne de cette vermine-ci qui puisse se targuer d'une santé de fer et d'une espérance de vie au-delà de la moyenne normalement admise. La potence aurait été au rendez-vous pour peu qu'il se soit montré plus conciliant, la nature s'alliait parfois de façon splendide à la justice pour imposer aux hommes sa loi. La Loi. Cette Loi qu'il considérait comme naturelle et par conséquent juste.

En attendant, il ne pouvait s'empêcher malgré tout de déplorer le sentiment d'impuissance qui le ténaillait alors qu'un criminel notoire lui échappait des mains, et qu'il était bien incapable de faire quoi que ce soit. Charles Javert n'était en rien de la nature de ceux qui observent et n'agissent jamais. Bien au contraire, il avait son sens de la rigueur, de la droiture et de la morale, et c'était pour l'imposer au plus grand nombre qu'il avait décidé de faire carrière dans la police, et qu'il s'appliquait désormais à faire régner la Justice, menant tous les criminels qui croisaient son chemin jusqu'en prison, quand il n'allait pas jusqu'à leur réserver un sort plus funeste encore. C'était là son rôle, son destin... Quand l'un et l'autre se voyaient contrarier par un saltimbanque un peu trop téméraire, et même s'il semblait se sacrifier aux troubles eaux parisiennes, cela n'avait rien pour enthousiasmer.

Dans tous les cas, il était évident qu'il n'arriverait à rien en demeurant ainsi. On lui mena à sa demande un cheval qu'il s'empressa de monter pour longer le fleuve de l'extérieur, espérant pouvoir suivre Clopin et offrir au roi des gitans non pas une trêve avant la corde, mais un procès en bonne et due forme, qui mènerait de toutes les manières à cette obscure conclusion. À chacun sa sentence, à chaque homme son destin, ceux qui naissaient pour s'avilir ne méritaient rien de plus que ce que ceux comme lui, droit et indéfectibles, leur accordait.




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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Lun 18 Mai - 17:41

Le courant semblait devenu fou alors que Clopin perdait de plus en plus d’énergie à garder sa position près de la rive opposée à celle qui abritait Javert et ses policiers. Il se trouvait non loin de sa sortie de fortune mais il craignait que le courant ne lui fasse louper. Si c’était le cas, il ne donnait pas chère de sa peau… Il aurait énormément de mal à se frayait un chemin entre les chalutiers, les bateau de plaisance et les immondes détritus qui risqueraient de le cogner à chaque brasse. Il mourrait certainement après quelques mètres soit broyer par une des coques de navire ou assommer par un quelconque objet perdu dans la Seine et ses poumons se rempliraient de cette eau putride avant que son corps l’abandonne et libère son âme.

« Que de réjouissance ! ». Le jeune roi se flagella l’esprit. Profitant d’une épaisse chaîne attachée à un muret, il s’y accrocha afin de ralentir sa course et calculer sa trajectoire. Il ne pouvait pas, il ne devait pas se laisser prendre par la lassitude et la résignation. Il n’avait pas le droit d’abandonner. Sa vie était trop importante pour lui, pour son peuple, pour sa sœur de cœur et aussi pour le plaisir de voir la tête de Javert lorsqu’il le verrait se promener libre sur le parvis de la cathédrale.  

« Allez mon grand. Tu ne peux pas te laisser aller maintenant ! Si près du but… ce serait trop bête ! ». Clopin remonta sur le câble après avoir avaler, pour la énième fois, une tasse de l’eau crasseuse. Sa seule occasion qui couplait l’impossibilité de se faire attraper et qui réduisait ses chances de mourir ne se trouvait plus qu’à une dizaine de mètre de lui. Les difficultés étaient que la bouche d’évacuation n’avait qu’une petite partie visible au-dessus du niveau de l’eau et que le jeune homme ne savait pas si la grille qui empêchait les détritus de passer avait été réparé ou non. Beaucoup d’incertitudes pour une entreprise des plus risqué mais le temps n’était plus au doute. Clopin lâcha prise et se laissa porter par le courant vers son unique salut.

Le surnom de Clopin trouvait à ce moment tout son sens mais ne disait-on pas ‘un grain de bravoure pour trois grain de folie’ ? Il s’agrippa de toutes ses forces au rebord du trou d’évacuation. Sa vie résidait maintenant dans la grille qui se trouvait quelques centimètres après l’ouverture.

Un dernier « A Dieu va ! » et le fou pénétra dans l’orifice.
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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   Sam 23 Mai - 16:11


Courage, fuyons
S'

il est une chose que l'on ne pourra jamais reprocher à Javert, c'est d'être persévérant. L'homme tenait d'ailleurs davantage du chien de chasse que de l'être humain, quand il se mettait en traque d'un sombre individu comme le roi des gitans, qui semblait malheureusement prêt de leur échapper une fois de plus. Il n'avait peut-être plus l'endurance d'autrefois, mais son obstination pouvait lui faire accomplir des merveilles. Nul ne devait échapper à la Justice et à sa sentence. Cet homme qui fournissait tant d'effort à leur échapper ne faisait pas exception, qu'importe que sa rage de vivre puisse être perçue comme admirable par quiconque l'observait... Malheureusement, tout persévérant Javert était-il, il savait reconnaître ces instants où l'échec était malheureusement proche. Son parcours avait beau pouvoir en impressionner plus d'un, il était tout de même parsemé de quelques échecs, dont il ne se vantait bien évidemment pas, comme ce maire de Montreuil-sur-mer, ou qui se prétendait du moins l'être, cet ancien forçat qui l'avait semé à force de ruse, sa défaite la plus cuisante à ce jour, cela va sans dire. Il pouvait bien ménager encore quelques efforts pour tirer le gitan des eaux et le mener droit à la Justice, mais ce semblait peine perdue. Les chevaux parvenaient à distancer le courant, mais ils se trouvaient sur le mauvais rivages, et il fallait encore galoper une bonne distance avant d'atteindre le prochain pont. D'ici là, il aurait eu tout le loisir de leur échapper. Qu'il était frustrant d'observer ainsi sa cible et de ne pouvoir l'atteindre ! Et quelle humiliation que se regroupent tant d'hommes pour en arrêter un seul, le tout pour un résultat à ce point médiocre. L'inspecteur de police en venait à espérer que la Seine l'engloutisse tout entier. La nature aurait récupéré ses droits au nom du Droit.

Mais il était peut-être une règle établie quelque part dans l'univers qui admettait que les brigands et les truands avaient pour veiller sur leur personne un dieu personnel qui les protégeait des assauts de ceux qui ne faisaient pourtant que servir le sein dessein. Une bouche d'évacuation serait peut-être le Salut de Clopin. Javert fit cesser net son cheval quand il le vit disparaître au travers. Avec un peu de chance, cette voie d'évasion causerait sa perte. Sinon... sinon, tout serait à recommencer. Leurs chemins se recroiseraient un jour, il n'en doutait pas, mais cette fois-ci ne serait pas la bonne... ne pourrait pas l'être. Inutile de faire perdre du temps à ses hommes en les invitant à le chercher où il avait disparu. Ce serait prendre trop de risques. Ne lui restait plus, en conséquence, qu'à admettre son échec. Comme toujours, il savait avoir un goût très désagréable et amer. Dans le doute, tout de même, il demeura statique un long moment, scrutant des yeux l'endroit où le roi des gitans avait disparu. Qui sait, il avait peut-être emprunté une voie sans issue.





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Message#Sujet: Re: Courage, Fuyons! (Rp Javert)   

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