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 Le Bouffon et le Roi [Clopin]

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Message#Sujet: Le Bouffon et le Roi [Clopin]   Lun 2 Mar - 23:21

Le Bouffon et le Roi


Beaucoup de monde. Beaucoup de bruit. Sans aucun doute, une corrélation pourrait être établie entre ces deux faits. Des vapeurs de fumée et d’alcool étouffaient l’air de la pièce, et il n’aurait su dire avec certitude depuis combien de temps déjà il était entré dans cette taverne. Ce dont il était sûr, en revanche, c’est que cela devait faire longtemps car la nuit semblait déjà bien avancée. Dire qu’il passait l’intégralité de son temps dans l’un ou l’autre des bouges les plus mal famés de Paris serait exagéré, après tout Grantaire était un homme très occupé, merci beaucoup. Mais allons, soyons honnêtes, on pouvait l’y voir souvent et l’on pouvait affirmer sans craindre de mentir que les tavernes en général étaient, après le café Musain, ses lieux de rencontre favoris. Voilà un endroit où la réflexion n’était absolument pas de mise. R était même persuadé que la plupart des personnes fréquentant l’endroit ne connaissaient même pas ce mot, et il ne les en blâmait pas. La pensée, le fléau de l’Homme.

Il se retrouvait donc là une fois de plus, dans cet endroit que les nantis qualifieraient sans doute de sordide, et ils n’auraient pas forcément torts, mais Guillaume supposait que dans tout Paris il devait bien exister un lieu plus mal famé encore que celui-ci. Il en était même sûr, il en avait fait le tour. Il n’avait pas usurpé sa réputation d’ivrogne, après tout. Jusqu’ici, toutes les soirées qu’il avait passées dans cette taverne avait été assez tranquilles. La possibilité de s’enivrer en toute quiétude en compagnie d’autres bons vivants qui ne le regardaient pas d’un air désapprobateur à chaque gorgée de vin qu’il prenait était tout à fait appréciable. Ses longs monologues sur la vanité des grands de ce monde et la futilité d’une quelconque pensée révolutionnaire, il les gardait pour ses camarades du Musain. Ici, ses camarades étaient d’une tout autre nature, et les chansons, les jeux et l’alcool étaient leurs seuls points communs. Mais il n’en demandait pas davantage. Boire étant sa passion, tous ceux qui se joignaient à lui représentaient donc à ses yeux les parfaits amis, du moins le temps d’une soirée.

D’ailleurs, présentement, il se retrouvait seul à sa table. Fait très étrange, car il lui semblait pourtant qu’une minute à peine auparavant, il y avait un drôle d’énergumène qui était en train de s’égosiller sur une chanson contant la manière dont un certain Gontran avait fait la conquête d’une femme nommée Louise, le tout d’une manière très peu courtoise, bien évidemment. Mais, maintenant qu’il y pensait (« penser » étant un bien grand mot dans son état d’ébriété avancée) peut-être bien que cette personne était déjà partie depuis une heure. Ou deux. Ou pas, qu’importe ? Eh bien, l’intérêt de cette constatation était qu’à présent, il se trouvait donc en tête-à-tête avec son verre, et cela ne lui plaisait guère.

Grantaire fixa un instant ledit verre d’un regard intense, comme s’il s’attendait à ce que d’un moment à l’autre  des jambes poussent à l’objet inanimé et qu’il se mette à danser sur la table. Il ne s’en détourna finalement que lorsque la porte d’entrée s’ouvrit, le bruit soudain le sortant de sa léthargie dans un sursaut. Décidant que décidément, la solitude n’était vraiment pas son amie, il se tourna brutalement et apostropha le premier homme passant à côté de sa table, d’une voix forte qui pourtant paraissait bien faible en comparaison du brouhaha ambiant.

« Allons, mon ami, viens donc t’asseoir ici et partage mon vin ! Je suis sûr que nous avons beaucoup à nous dire ! » Ria-t-il d’une voix grasse.
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Message#Sujet: Re: Le Bouffon et le Roi [Clopin]   Mar 10 Mar - 17:18

Clopin arpentait les rues parisiennes sans plus d'objectif. Il appréciait ces moments où la ville semblait lui appartenir. Où les lumières des maisons s'éteignaient chacune brutalement signifiant qu'il était temps pour les enfants de passer dans le pays des songes et où les parents pouvaient enfin se retrouver, à moins que le père décide de rejoindre ses compagnons de beuverie et laisser sa femme dans sa solitude et son désespoir...
Quelle triste vie que celle des bourgeois et des nobles... Enfin, chacun sur terre à sa croix! Et celle de Clopin pouvait être très pesante par moment...

Plongé dans ses méditations, le jeune homme continua son chemin sans faire attention où le menaient ses pas. Quelques minutes plus tard, il se retrouva dans une rue qu'il pouvait reconnaitre rien qu'à l'odeur: fumée de viande, bière, transpiration et vomi. Quoi de mieux pour attirer les clients que l’odeur nauséabonde d’une taverne ?!

Le gitan n'avait pas prévu de s'encanailler ce soir, et encore moins de s'imbiber d'alcool bon marché coupé à l'eau croupie. Mais maintenant qu'il se trouvait là, et qu'il n'avait rien d'autre à faire, pourquoi pas ? Après tout, rien ne pressait. La cour des miracles était bien surveillée et peu de gitans trainaient encore dans les rues à cette heure tardive et fraîche.

Pénétrant dans la taverne, Clopin fut assailli par la fumée qui encombrait la salle. Cette saleté lui piquait les yeux et il dû prendre quelques secondes avant de marcher sans risquer une chute. Chute qui aurait fait son plus grand effet parmi ses camarades. Ayant recouvré sa vue, le jeune roi se dirigea vers le bar. Mais avant d'avoir pu atteindre son but, il se fit alpaguer par un ivrogne affalé sur une chaise. L'homme semblait abattu de se trouvait seul à sa table, son verre vide en prime. Il avait l'air des plus inoffensifs, mais ses habits dénotaient avec ceux des clients habituels, plus propres et moins troués mais pas de grande qualité non plus. Un étudiant ! Clopin n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer l’un de ses étranges jeunes hommes, partisans du savoir et de la liberté d’expression. Piqué de curiosité, il héla le patron et s'installa à la table.

"Que fait donc un jeune étudiant dans les bas-fonds de Paris?" lança-t-il sans plus de présentation, un sourire taquin sur le visage. "Ne devriez-vous pas être en train de réviser dans une de vos 'cellules' ou boire un verre avec vos compagnons lettrés dans un bar mieux fréquenté?".
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