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 Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)

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Message#Sujet: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Mer 18 Fév - 17:32

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Les rues n’étaient pas surs, les temps encore moins. Jean Valjean  ne savait plus quoi faire pour se mettre (et mettre Cosette en même temps) e sécurité. Pendant de nombreuses années, l’homme et sa « fille » s’étaient cachés dans un couvant, mais ils n’avaient pas pu y rester. Valjean regrettait l’époque où il pouvait vivre en paix avec sa fille de cœur en toute sérénité, sans avoir peur de tomber sur des ombres du passé. Des ombres bien présentes malheureusement, Valjean en avait eu la preuve il y a peu de temps. Javert, cet homme cherchant à le faire retourner en prison (pire à lui faire avoir une peine de mort) était dans le coin. Il n’en revenait pas, après toutes ces années, l’homme était encore sur ses traces. Valjean n’avait rien dit à Cosette, comme d’habitude, afin de ne pas lui faire peur. Cependant, l’homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’ils devaient partir de nouveau. Valjean s’était servi de l’argent qu’il avait gagné à Montreuil-sur-mer pour acheter différentes propriétés. Ils pouvaient partir rapidement, ils n’avaient qu’à rassembler leurs affaires et s’en aller. Cela ne serait pas un mal sans doute, Valjean pensait même que ça avait plusieurs avantages. Cela faisait un moment que l’homme avait remarqué un jeune homme qui échangeait des regards avec sa tendre Cosette. Il ne supportait pas cela, il n’aimait pas sentir celle qu’il considérait comme sa fille lui échapper. Alors ainsi, Cosette serait loin de cet inconnu, c’était mieux pour tout le monde (et surtout pour lui en fait). Déjà que Valjean avait décidé de ne plus emmener sa fille au jardin du Luxembourg, il pourrait l’éloigner encore plus. La question maintenant était de savoir om ils allaient se rendre. Valjean avait plusieurs propriétés à Paris donc, mais il se demandait s’ils ne valait pas mieux partir encore plus loin, le pays était grand et il y avait même d’autres pays. Oui, ils pouvaient bien partir à l’étranger, c’était une manière radicales mais plus efficaces.

Cela faisait des heures que l’homme pensait à tous cela, dans le salon de la maison qu’il partageait avec sa fille de cœur. Son esprit était tourné vers les réflexions sur son passé, sur son avenir. Cela faisait de nombreuses années que l’homme se retrouvait sur cette Terre, il savait (il le sentait même) qu’il se faisait vieux. Qu’est-ce que Cosette allait devenir quand il ne serait plus de ce monde ? N’aurait-elle pas plus de chance au final, moins de risque ? Sans doute, mais Valjean n’avait aucune envie de la laisser, de l’abandonner. Egoïstement, l’homme ne voulait pas la perdre, il voulait la garder à ses côtés jusqu’à la fin et le pire c’était qu’il pensait vraiment agir pour son bien. Après plusieurs heures à observer à travers la fenêtre, Valjean décida enfin de sortir de ses pensées. Sa « fille » se trouvait dans sa chambre. L’homme n’aimait pas trop la déranger quand elle s’isolait, mais il n’avait pas le choix. L’ancien Monsieur le Mair venait de prendre une grande décision et devait l’en informer.


« Cosette ? »
Demanda-t-il en frappant à la porte, avant de l’ouvrir sans même prendre la peine d’entendre une réponse. « Je ne te dérange pas ? » Au fond, cela n’aurait rien changé si c’était le cas. Valjean aimait énormément sa fille de cœur, mais il possédait quand même une autorité naturelle envers elle. « Il faut que tu prépares tes affaires, nous partons. »
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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Sam 21 Fév - 1:24

Loin des yeux, loin du coeur


Marius. Il s'appelait Marius. Il suffisait qu'elle laisse ce nom faire chemin jusqu'à ses pensées pour afficher de grands sourires béats qui devaient vraiment donner l'impression d'être complètement sotte... Ça lui était égal, il s'appelait Marius. Et dès que son père aurait à nouveau le dos tourné, elle se promettait de le revoir. Son premier regard ne l'avait pas trompé, elle était convaincue maintenant qu'elle l'avait revu que le jeune homme était l'homme de sa vie, ce beau prince supposé la tirer de l'ennui. Petite, elle avait attendue d'être délivrée, et son père était arrivé, elle lui devait la joie et une adolescence heureuse, mais un jour ou l'autre, l'oiseau quitter le nid. L'influence de son père n'était pas celle des Thénardier. Elle aimait son père. Mais elle devait réussir à couper ce cordon invisible qui l'attachait à lui, même s'il n'y avait aucun lien de sang pour les unir. Depuis plusieurs longues minutes, l'esprit ailleurs, son regard restait figé sur la même page du même livre dont elle n'arrivait pas à poursuivre la lecture, pas parce qu'il ne l'intéressait plus, mais parce que ses pensées étaient accaparées par le bel étudiant qu'elle avait revu au jardin du Luxembourg, elle visualisait encore et encore leur rencontre, leurs premiers mots échangés. C'était encore mieux que ce que son esprit s'était imaginé. C'était parfait, il était parfait.

La porte de sa chambre s'ouvrit brusquement. Cosette se sentit agacée par cette habitude de son père de ne laissait aucun terrain propice pour elle à un semblant de vie privée. Ça ne la dérangeait pas tant qu'elle était petite, mais elle était une grande fille, à présent, une femme, même, elle avait le droit à un minimum d'intimité. Souvent, aux yeux de son père, elle avait le sentiment de ne pas avoir changé, comme s'il la voyait toujours comme l'enfant perdu dans les bois, que l'on avait forcé à porter un seau trop lourd pour elle et qu'il avait secouru des griffes avides d'aubergistes peu scrupuleux. Elle n'était plus cette fille-là. Mais s'il s'était contenté d'entrer sans prévenir, elle n'aurait rien dire. Elle avait appris trop parfaitement la bienséance et la politesse pour jamais oser vraiment se dresser contre son propre père, mais elle allait se découvrir un courage immédiat pour ça vu les circonstances.

Il lui demandait de préparer ses affaires, ils devaient s'en aller. Ce n'était pas la première fois qu'il agissait de la sorte avec elle, déménager sans explications, elle connaissait, et elle avait déjà eu l'occasion de trouver ça frustrant. Mais là, ce n'était pas seulement une question de tout ignorer qui la dérangeait (même si elle aimerait enfin savoir quels étaient ces secrets que son père lui faisaient). Déménager pour aller où ? Elle pensait à Marius. Elle refusait de renoncer à lui alors qu'ils venaient à peine de se trouver.


"Non."


Ça l'avait surprise elle-même, de s'opposer si brutalement à l'autorité paternelle. Mais c'était arrivé tout seul, elle ne pouvait pas laisser passer, c'était impossible.


"Je veux dire..."
tenta-t-elle de se rattraper. "Pourquoi partir ?"


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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Ven 13 Mar - 14:48

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
C’était une chose que Jean Valjean avait déjà fait plusieurs fois à celle qu’il considérait comme sa propre fille, il ne lui laissait pas réellement le choix, même pas du tout en réalité. Il était important pour eux de partir rapidement de cette maison où ils vivaient depuis un moment maintenant, c’était pour leur sécurité. Bien sûr, l’homme savait bien que Cosette se posait énormément de question concernant les raisons qui poussait son père à fuir ainsi, mais l’homme ne parvenait pas à avouer son passé. Il n’aimait pas parler de son histoire, il n’aimait pas parler du fait qu’il avait fait énormément d’année de prison et qu’il était maintenant en fuite. Il n’était pas parvenu à reprendre une vie honnête après sa libération, même s’il n’avait pas non plus commis de crime (à ses yeux) depuis. L’homme s’était contenté de vivre tout simplement, il n’avait pas cherché à commettre de nouveau crime. L’argent qu’il avait gagné et qu’il utilisait, était un argent qu’il avait honnêtement gagné. Monsieur Madelaine avait été quelqu’un de droit et de juste, dont le crime avait simplement été de cacher sa véritable identité. Cosette était encore bien trop jeune et fragile pour apprendre tous le passé de l’homme qui l’élevé depuis qu’elle avait quitté ces affreux aubergiste. Du moins, aux yeux de l’ancien forçat. Ce dernier ne parvenait pas à voir sa fille de cœur grandir, il ne voyait pas la jeune femme qu’elle était en train de devenir. Enfin si, bien sûr qu’il le voyait et ça n’arrangeait rien à son inquiétude pour elle, il n’aimait pas l’idée que des hommes puissent porter un regard ignoble sur elle.

L’homme ne put cacher sa surprise quand sa fille de cœur osa s’opposer à lui, en lui affirmant d’un « non » qu’elle ne voulait pas partir. Il avait beau aimer énormément la jeune femme, Valjean ne pensait pas qu’elle puisse ainsi s’opposer à lui. Quand il disait quelque chose, elle devait le suivre et faire ce qu’il disait. Elle avait été élevée comme cela d’ailleurs, dans l’apprentissage du respect envers ses ainés et encore plus son père. Il en fut tellement surpris qu’il ne réagit pas de suite, lui laissant la possibilité de se rattraper.

« Parce que nous devons le faire. »
Se contenta de répondre l’homme à l’interrogation de la jeune femme, d’une voix plus sèche qu’il ne l’aurait voulu. Mais il ne pouvait pas nier se sentir agacé par l’attitude de la jeune femme, sa façon de lui répondre et surtout de lui poser des questions. Il ne pouvait pas expliquer les raisons de leur départ, parce que pour cela il devrait mentionner les forces de l’ordre (Javert donc) à Cosette et les raisons de sa cavale. « Prépare simplement tes affaires s’il te plait. »

Il n’avait pas envie de s’étaler sur le sujet, il voulait simplement que la jeune femme prépare ses affaires pour qu’ils puissent partir dans la journée. Ils allaient d’abord se rendre dans l’une des propriétés que l’homme possédait, avant qu’il ne décide concrètement ce qu’ils allaient faire.
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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Lun 23 Mar - 0:10

Loin des yeux, loin du coeur


Pas d'explication, jamais. À chaque fois, c'était ainsi, elle devait se contenter de hocher la tête, d'approuver, et de ne jamais contester. Il la traînait de ville en ville, de demeures en demeures, ils pouvaient partir du jour au lendemain alors que tout avait l'air d'aller pour le mieux la veille, et à aucun moment, elle n'était autorisée à poser des questions, à comprendre les raisons de cette fuite constante. Elle ne s'était jamais opposé jusque là, elle suivait sans rien dire. Elle se sentait si redevable envers son père, qui l'avait tirée de la misère et des mauvais traitements des Thénardier, qu'elle ne pensait pas avoir son mot à dire et acceptait son sort. Jusque là. Mais avant, elle n'avait rien à perdre à s'en aller. Avant, rien ne l'invitait à vouloir rester, alors certes, tous ces mystères l'ennuyaient, mais elle pouvait faire abstraction... Maintenant plus, maintenant, elle avait une bonne raison de rester, alors il leur fallait une meilleure raison encore pour s'en aller. Elle ne doutait pas du fait que son père avait les meilleures intentions du monde, elle comprenait bien que cette urgence à fuir n'était pas le fruit d'un caprice. Mais il n'avait plus besoin de la protéger à ce point dorénavant, elle n'était plus la petite chose fragile qu'il avait rencontré dans les bois, elle était en âge d'accepter et de comprendre. Elle aimait son père, elle savait qu'il était un homme bon, quoi qu'il ait pu faire, quoi qu'on lui reproche, elle était prête à l'entendre, elle avait seulement besoin de comprendre enfin de quoi il était question.

"Non."

À nouveau "non". Elle ne pensait pas qu'elle avait si souvent prononcé ce mot avant, et encore moins à l'adresse de Jean Valjean. Elle n'avait que lui avant, alors elle ne pensait pas à tenir tête à la seule personne qui occupait sa vie, mais la donne avait changée, et maintenant, elle voulait que son père la considère comme l'adulte, ou en tous cas comme la femme qu'elle était en train de devenir. Elle allait peut-être provoquer une querelle, mais après tout, que risquait-elle ? Elle n'aimait pas l'idée de décevoir son père mais elle ne pouvait pas se laisser faire, tant pis s'il devait lui en vouloir sur le moment.


"Je ne préparerai rien tant que vous ne me donnerez pas d'explications."


Elle croisa les bras et planta son regard dans le sien. Elle n'avait jamais été figure d'autorité, en fait, on pourrait même dire de Cosette qu'elle était une jeune fille très docile, mais elle avait choisi son moment pour montrer un peu plus de caractère. C'était le moment ou jamais de s'imposer. Peut-être ne quitteraient-ils pas Paris, alors ce ne serait pas trop grave, mais s'ils devaient, comme d'autres fois, s'en aller bien plus loin ? Beaucoup trop loin ? Si loin qu'elle ne pourrait pas le revoir, sans même avoir eu l'occasion de faire ses adieux. Oh non, elle n'avait pas envie de lui dire adieu. Non, elle ne pouvait pas partir. C'était impossible.


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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Mar 14 Avr - 23:20

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Valjean n’avait pas l’habitude de recevoir de la résistance de la part de Cosette, mais pas non plus des demandes d’explication. D’habitude, la jeune fille se contentait simplement de suivre son père adoptif, sans rien dire. Il aimait cela, il fallait bien l’avouer, quand elle se montrait docile et qu’elle ne cherchait pas à saper son autorité. Jean avait toujours eu tendance à se montrer assez dur comme père quand il le fallait, même s’il savait parfaitement être doux aussi de temps à autre. Cependant, c’était de plus en plus difficile d’être un « bon » père, parce qu’elle était en train de devenir une femme. L’ancien forçat avait vraiment du mal à la voir partir, à la voir s’éloigner de lui. Il ne supportait pas ça d’ailleurs en réalité. Le vieil homme s’était attendu, tout naturellement, à voir Cosette allait tranquillement préparer ses affaires pour qu’ils puissent déménager le plus rapidement possible. Javert se trouvait dans les parages, il était à sa recherche et sur ses traces encore. Ils devaient se mettre à l’abri, sinon Valjean risquait de devoir retourner en prison. Ce qui évidemment, n’était même pas à envisager. Cosette avait bien trop besoin de lui, il ne pouvait pas l’abandonner maintenant. Et puis, il se faisait vieux. Valjean ne put cacher sa surprise quand il entendit un nouveau « non » sortir de la fine bouche de sa fille. Il fronça des sourcils ensuite, se demandant ce qui pouvait bien la pousser à agir de cette manière. Il n’y avait pas si longtemps que cela, elle n’aurait pas opposé de résistance ainsi. Etait-ce que à cause de ce jeune homme qu’ils avaient bien trop souvent croisé et qu’elle avait bien trop souvent regardé ? Jean Valjean ne pouvait pas s’empêcher de le croire, de la voir se rebeller et cela ne lui plaisait pas du tout.

« Je te demande pardon ? »
Sa voix était sombre et sévère, il n’attendait évidemment pas de réponse. Il ne pouvait pas s’empêcher de montrer à quel point il n’appréciait pas cette nouvelle résistance de la part de sa fille. Il venait de lui demander de préparer ses affaires, il attendait donc qu’elle obéisse sans contester sa décision. Ils n’avaient pas le choix de toute façon, même si cela ne devait pas être simple pour Cosette de le comprendre. Valjean savait bien que cela serait plus simple pour la jeune femme si elle avait connaissance de son passé, mais jamais il n’allait lui en parler. « Je n’ai pas à te donner d’explication Cosette. Je te demande de préparer tes affaires, tu vas les préparer. »

L’ancien forçat n’appréciait pas vraiment de devoir jouer les autoritaires avec sa fille de cœur, il préférait quand leurs conversations se déroulaient sans mal. Cependant, il y avait des moments, il n’avait pas le choix. Cosette devait le respecter après tout, même s’il n’y avait aucun lien de sang, Valjean était comme son père. C’était lui qui l’avait sorti de cet horrible endroit. Evidemment, l’homme aurait sans aucun doute évité le conflit s’il s’était contenté de donner une explication à la jeune femme, sauf qu’il n’avait pas l’intention de le faire. Elle ne devait jamais rien savoir de son passé.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Mar 21 Avr - 17:49

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Jamais Cosette n'avait fait preuve d'à ce point d'effronterie à l'égard de son père, mais jamais jusqu'alors, elle n'avait trouvé autant d'intérêt à saper son autorité. Elle pouvait faire abstraction de tous ces secrets tant qu'il n'y avait dans sa vie qu'un père qu'elle était prête à suivre jusqu'au bout du monde. Mais les choses avaient changées, dorénavant. Cosette avant changé. Et si son père n'était pas capable de s'en rendre compte encore, il allait falloir qu'il se fasse une raison. Elle ne lui en laisserait guère le choix. Pas cette fois. Elle sentit un frisson lui traverser l'échine en entendant un nouveau refus de la part de son interlocuteur, non pas que ce dernier soit surprenant, mais elle devinait que son obstination à lui tenir tête, pour une fois, le surprenait et, qui sait, le blesser peut-être aussi un peu, par la même. Ce n'était pas son intention. Seulement, elle en avait assez de se laisser ainsi balader d'un lieu à l'autre de Paris, de la France, ou même de l'Europe pour des motifs qui ne lui étaient pas expliquées. Elle ne pouvait pas se plaindre de la vie qu'il lui avait offerte, elle ne se le permettrait pas, surtout qu'elle portait encore en elle le souvenir affreux de ces années passées "au service" des Thénardier, mais elle avait besoin d'autre chose. Sa vie telle qu'elle était ne pouvait plus lui suffire. Elle ne pouvait plus lui suffire à présent que Marius était entré dans sa vie. Qu'il y était entré pour y rester, quoi qu'en dise et quoi qu'en pense son interlocuteur... Il fallait qu'elle adopte une autre attitude, se contenter de refuser de le suivre et de le mettre au pied du mur jusqu'à ce qu'il lui dise une vérité qu'il lui dissimulait depuis trop longtemps ne mènerait manifestement à rien.

"Papa..." dit-elle d'une voix radoucie, mais un peu peinée. "Vous semblez craindre que je ne vous comprenne pas... mais je suis prête à tout entendre de vous, et à tout pardonner si cela est nécessaire." Mais elle n'imaginait pas un homme d'un naturel aussi bon et généreux que son père avoir quoi que ce soit à se reprocher, rien de suffisamment horrible qui ne puisse être justifié par de nobles intentions, en tous cas. "Vous n'avez plus à me protéger ainsi que vous l'avez toujours fait. Je ne suis plus l'enfant que vous avez trouvée dans les bois." Elle poussa un léger soupir. "J'ai grandis. Ce que je ne comprenais pas autrefois, je le peux aujourd'hui. Et j'ai besoin de comprendre." Elle marqua une pause. Elle hésita vraiment à prononcer la phrase suivante. Mais s'il fallait le faire réagir, elle ne voyait pas meilleure façon d'y parvenir. "Je suis grande à présent. Un jour... un jour, un autre homme pourrait vous soustraire à mon affection, et alors il ne me serait plus possible de vous suivre aveuglément comme je l'ai fait jusqu'à présent... à moins d'une bonne raison."

Cosette le savait bien, elle jouait un jeu dangereux, mais elle ne pouvait pas se résigner à son usuelle docilité. Elle avait trop à perdre.


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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Sam 16 Mai - 19:59

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
C’était la première fois que Jean Valjean se retrouvait confronté à un refus catégorique de la part de sa fille, la première fois qu’elle lui tenait à ce point tête. L’homme n’arrivait pas à croire qu’elle soit capable de se montrer aussi effronté à son égard, il ne l’avait pas éduqué de cette manière. L’ancien forçat se montrait certainement trop dur avec Cosette, mais il se sentait blessé. Il se contenta alors de réitérer sa demande, sans lui donner les explications qu’elle attendait. Elle n’avait pas à en recevoir, quand il disait qu’ils partaient, ils partaient. Même si la jeune femme ne pouvait pas comprendre les enjeux, parce que justement il n’avait pas pris le temps de lui expliquer la situation. Il n’avait aucune envie de le faire, il ne voulait pas parler de son passé à la jeune femme. Valjean ne pensait pas qu’il était utile qu’il le fasse d’ailleurs, il s’était attendu à ce qu’elle le suive aveuglément depuis le jour où il l’avait récupéré aux griffes des Thénardier. Visiblement, il s’était trompé et Cosette lui tenait bel et bien tête.

La jeune femme reprit la parole, d’une voix tendre, prononçant des paroles qui touchèrent l’homme directement au cœur. Elle lui disait être prête à tout entendre, se rendant bien compte que son père lui cachait des choses. En même temps, il ne se cachait pas vraiment d’avoir des secrets pour celle qu’il avait adopté et aimé comme sa propre fille. Valjean baissa son regard quand elle lui annonça qu’elle était même prête à tout pardonner, il ne dit rien sur le coup et la laissa reprendre. Elle mentionna leur rencontre dans la forêt, ce jour où leurs vies s’étaient croisées pour ne plus se quitter ensuite. Et finalement, elle parla du fait qu’un homme pouvait prendre sa place. L’ancien forçat senti son cœur manquer un battement à l’idée que sa fille puisse l’abandonner pour un homme, pour celui qu’ils avaient trop souvent croisé à jardin du Luxembourg par exemple. Les mains de l’homme se mirent à trembler à l’idée de la perdre pour de bon, parce qu’elle trouverait sa place dans les bras d’un autre homme. Il ne pouvait pas laisser une chose pareille se passer, il ne pouvait pas la perdre. Et il comprenait bien ce que Cosette était en train de lui dire. Si elle ne comprenait pas plus sa situation et les raisons de ces fuites, elle pourrait décider de ne plus le suivre. Pendant des années, Valjean était parvenu à ne rien dire à sa fille, mais elle le mettait maintenant au pied du mur. L’homme resta un moment silencieux, son regard tourné vers le planché de cette chambre. Puis finalement, il s’approcha de Cosette, attrapant ses mains dans les siennes.

« Cosette, ma tendre Cosette… » Commença-t-il dans un souffle, leva son regard plein de blessure du passé vers sa fille. « Tu penses être capable de comprendre, mais tu es encore bien trop jeune. » Il n’y était pour rien, il ne parvenait pas à la voir autrement que cette petite fille dans la forêt, celle qu’il avait adopté. Cependant, il se doutait bien que la jeune femme ne se contenterait pas de cela. Elle venait bien de lui dire qu’elle attendait des explications. Il ne voulait pas la perdre à cause de son silence. « Sache simplement que j’ai fait des… erreurs. » Ses erreurs étaient nombreuses et avait jonché toutes sa vies, avant qu’il ne décide de devenir un homme bon. « Je dois me cacher, parce que si jamais on me trouvait… on m’enlèverait à toi ma fille. Je ne m’en remettrais pas si on me forçait à te perdre. »

Valjean ne parlait jamais de son passé et il n’était pas non plus le genre d’homme à se pencher sur ses sentiments, mais pour ne pas la perdre il était capable de faire des efforts.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Lun 25 Mai - 23:38

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Cosette n’avait pas voulu blesser son père, celui qui avait prit soin d’elle alors que rien ne l’y engageait, si ce n’était une promesse à sa mère, qui ne pouvaient peut-être même pas voir d’où elle se trouvait, que l’engagement était tenu, effectivement. Elle lui devait tellement ! Il l’avait sauvé des griffes de Thénardier, il lui avait offert une vie comme elle en avait seulement rêvé sans l’espérer, bien sûr que prononcer des mots qui pouvaient lui faire du mal lui en faisaient à elle aussi… Mais elle devait voir la réalité en face, ils le devaient tous les deux. Son père ferait toujours partie de sa vie, elle ne concevait pas les choses autrement. Mais ils ne pourraient pas toujours être tout l’un pour l’autre. En fait, ils ne l’étaient déjà plus, puisqu’elle avait confié son coeur à un autre, sans retenue et sans regret. Marius faisait partie de sa vie, désormais, et elle ne pouvait pas imaginer s’en aller loin de lui. Son père n’était pas cruel, tout de même, au point de lui retirer un amour qu’on venait seulement de lui offrir ? Sauf qu’il ne pouvait pas savoir, elle s’était bien gardée de lui parler de Marius Pontmercy et de toutes les promesses qu’ils avaient pu se faire, et elle craignait toujours de le faire maintenant. Si cela précipitait leur départ au lieu de le retarder.

Les yeux de la jeune femme se baissèrent sur leurs mains jointes, celles de son père tremblaient un peu. Elle ne voulait pas le mettre comme cela dans tous ses états, elle ne le voulait pas du tout ! Mais ces secrets étaient en train de ronger leur vie, est-ce que ça n’aurait pas été simple qu’il avoue simplement ce sombre passé que Cosette ne croyait pas si sombre quand elle savait comme son père était un homme bon, pieux, dévot. Est-ce que cette vie entière qu’il lui avait consacrée ne rattrapait pas tous les affronts qu’il avait pu commettre autrefois ? Il parlait du fait qu’on pourrait les séparer, qu’on viendrait le rechercher… Son père serait recherché par la police ? Mais non, il n’était pas un crime.


« Je ne veux pas vous perdre non plus »
.
admit-elle dans un souffle, serrant plus fermement ses mains dans les siennes. « Je pense que cette vie que vous m’avez consacrée, et tout ce que vous avez abandonné aux plus nécessiteux rachète de loin la moindre des erreurs dont vous avez pu être responsable ». Elle marqua une pause. Elle comprenait que, malgré tout, il fallait qu’elle se résigne. Elle n’avait guère le choix… Elle demanda alors d’une voix blanche : « Faut-il vraiment que nous partions maintenant ? »

Elle ne pouvait pas s’en aller comme cela, pas sans avoir prévenu Marius de son absence. Où qu’ils aillent, elle voulait lui donner la chance de la retrouver. Ils s’étaient cherchés si longtemps pour se trouver si brièvement… Ça ne pouvait pas se terminer juste comme ça, sur un départ, et lui pensant qu’elle l’abandonnait, car incapable de dire non à son père.




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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Jeu 18 Juin - 12:04

Cosette & Valjean
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Valjean était parfaitement incapable de rentrer dans les détails de son passé, il n’aimait pas que Cosette cherche à en savoir plus d’ailleurs. Il ne voulait pas lui révéler qu’il était un ancien forçat recherché par la police et qu’il pouvait finir sa vie en prison (ou pendu même d’ailleurs). Ce qu’il avait pu faire depuis qu’il était devenu Monsieur Madelaine pouvait rattraper ses erreurs du passé concernant le Tout Puissant, celui qui le jugerait quand il allait perdre la vie et qu’il se retrouverait aux portes du paradis. Cependant, la justice humaine n’en aurait que faire des sacrifices qu’il avait faits pour Cosette. Ils se contenteraient de voir un homme qui fuyait encore et encore, après s’être dénoncé sans jamais avoir payé pour ses crimes. Il n’y avait aucune chance qu’il s’en sorte, il le savait d’avance et c’était bien pour cette raison qu’il craignait tant de se faire attraper. Cosette pourrait peut-être s’en sortir seule sans lui, il était peut-être temps qu’il accepte qu’elle prenne son envole, mais c’était bien trop difficile pour le moment. Il ne voulait pas la perdre. Le vieil homme tentait d’expliquer la situation du mieux possible à celle qu’il considérait comme sa propre fille, sans entrer dans les détails. Si elle savait ce qu’il avait fait, peut-être que le regard qu’elle posait sur lui allait changer et il ne le supporterait pas. Cependant, avec ce qu’il avait dit, il ne changea pas. Cosette affirma également qu’elle ne voulait pas le perdre, et que sa vie actuelle pouvait rattraper les erreurs de son passé. Elle disait cela sans savoir, mais cela ne pouvait que faire plaisir à l’âme de son vieux père.

« J’aimerais que tu ais raison. » Mais il n’y croyait pas une seconde, parce qu’il savait parfaitement qu’elle avait tort. S’il était arrêté, il allait finir pendu au bout d’une corde, ou la tête séparée de son corps. Dans tous les cas, il allait mourir et rejoindre ce qu’il avait perdu au fil de ses années de vie. Il n’était pas temps encore, ce n’était pas l’heure de sa mort encore. Il ne pouvait pas encore affronter les retrouvailles avec la jeune Fantine, à qui il avait promis de prendre soin de sa tendre Cosette. « Nous pouvons attendre un peu, si tu le souhaite vraiment… »

Finit-il par ajouter, quand la jeune fille lui demanda s’ils étaient obligés de partir de suite. Valjean voulait bien attendre un peu, pour le bien-être de sa fille. Cependant, il savait parfaitement qu’ils n’allaient pas pouvoir attendre bien longtemps, parce qu’il y avait cet inspecteur Javert sur leur trousse. Même si le vieil homme était parvenu à s’en sortir quand il l’avait croisé, il se doutait bien que l’homme n’allait pas lâcher l’affaire. Comme il ne l’avait pas fait à Montreuil-sur-mer. S’il n’y avait pas eu ce Champmathieu, Javert n’aurait pas baissé les bras et n’aurait pas cru s’être trompé. Il avait eu énormément de chance à ce moment-là (même si la « chance » avait tourné ensuite), il ne pouvait pas compter dessus maintenant.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Ven 3 Juil - 1:02

Loin des yeux, loin du coeur


   Le discours de son père inquiétait terriblement Cosette. Elle ne voulait pas le croire capable de la moindre horreur, pas lui, pas cet homme de bien qui avait toujours veillé à son bonheur et à elle de manière générale comme à la prunelle de ses yeux. Elle ne pouvait pas l'imaginer criminel, puisqu'elle savait qu'il en avait tant fait pour elle, et qu'il en faisait aussi beaucoup pour les autres. Combien de mendiants à qui il avait fait la charité ? Combien d'actes généreux comptabilisait dans sa vie ? Un grand nombre. Bien assez pour que Cosette ne voit en lui qu'un homme de bien, dénué du moindre défaut, si ce n'est peut-être celui de trop couver sa progéniture, mais elle serait mal avisée de le lui reprocher, elle qui n'avait compris le sens du mot "famille" qu'à partir du moment où il était entré dans sa vie. Comment pouvait-il prétendre avoir fait quelque chose de si atroce qu'ils soient obligés de fuir, de si terrible qu'il craigne qu'on les sépare, tous les deux ? Pourtant, il était sincère. La jeune femme (car c'était ce qu'elle était à présent, quoique son père soit capable de voir d'elle) baissa doucement les yeux et retint un soupir. Elle aimerait tant qu'il lui donne accès à ses sombres pensées, qu'il partage avec elle le terrible fardeau qu'il portait seul depuis trop longtemps... Elle serait capable d'absolument tout lui pardonner... S'il lui disait tout, ils pourraient peut-être réfléchir à une autre solution, qui ne les oblige pas à prendre perpétuellement la fuite... Mais elle n'insisterait pas, elle voyait bien que cela ne servirait à rien pour le moment. Elle espérait seulement qu'il ne la tiendrait pas à l'écart de ce passé mystérieux pour toujours. Mais là, ce n'était pas le moment, il était sans doute encore trop tôt pour lui. Elle le comprenait et décidait de le respecter.

   Un sourire rayonnant s'afficha sur le visage de la jeune femme quand son père céda finalement et lui dit qu'ils pouvaient encore attendre un peu. Un peu, ce n'était pas assez, mais c'était au moins suffisant pour prévenir Marius et de décider avec lui de la suite, quitte à forcer le destin, et espérer que le père et l'amoureux sachent s'entendre, puisqu'ils avaient en commun leur amour pour Cosette, et elle, elle avait suffisamment d'amour pour eux deux. S'ils devaient éventuellement partir, alors elle espérait que Marius accepterait de fuir avec eux. En tous cas, l'échéance était reculée, elle n'avait plus à craindre de faire ses bagages dès maintenant, et ça la rassurait. Cela lui laissait plus de temps pour s'organiser et appréhender la suite. Pour prouver sa gratitude à son père, Cosette vint se serrer dans les bras de son père.
   

   "Oh, merci papa, merci ! Je vous le promets, je ne m'opposerai pas à notre départ la prochaine fois."


   Si la prochaine fois n'avait pas lieu dans la minute qui suivait. Elle avait seulement besoin de voir Marius, de parler avec lui pour pouvoir décider de ce qui devrait se passer si une situation similaire devait se produire.
   

   
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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Jeu 23 Juil - 22:28

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Valjean aurait aimé que Cosette comprenne la gravité de la situation, mais pour cela, il aurait fallu qu’elle connaisse la vérité. Sauf que l’homme était incapable de raconter la vérité à sa fille (adoptive, mais sa fille quand même). Il ne parvenait pas à se résigner à lui parler de son passé, de ce qu’il avait fait quand il était jeune (et moins jeune ensuite). Il avait vraiment peur de voir la déception dans le regard de Cosette, qu’elle ne voit plus l’homme bon qu’il était maintenant. Parce qu’il avait changé bien sûr, même s’il était toujours en cavale, il n’agissait plus comme un criminel. Il ne volait plus, il avait gagné honnêtement son argent. Et cet argent, il s’en était servi pour faire prospérer la ville de Montreuil-sur-Mer, puis pour élever sa fille. Il n’hésitait pas à donner de l’argent aux pauvres dans le besoin. Il pensait avoir le droit de dire qu’il était un homme bon et qu’il avait payé sa dette au Très Haut. Malheureusement, la justice humaine voulait encore le faire payer. Et donc forcément, le séparer de sa tendre fille. Pour le moment, Valjean ne se sentait pas capable de parler de son secret à sa fille, peut-être un jour, mais pas pour l’heure. Il n’était pas encore prêt à le faire, plus tard. Pour le moment, il se contentait d’apporter à la jeune femme plus de temps à vivre dans ce coin de la ville.

Valjean faisait un effort considérable pour accepter la requête de sa fille et lui permettre de rester plus longtemps dans cette maison. Si cela n’avait tenu qu’à lui, si elle ne s’était pas rebiquée, ils auraient commencé à préparer leurs bagages et ils seraient partie. Si cela n’avait tenu qu’à lui, ils prépareraient un voyage vers l’Angleterre afin de ne plus être en France et que Valjean ne craigne plus l’inspecteur Javert. Avec un peu de chance, ils avaient un peu de temps avant que Javert ne revienne faire un tour dans les parages. En attendant, l’ancien forçat avait bien l’intention de se montrer plus que prudent. Il n’était pas question pour lui de se faire arrêter maintenant. Cependant, Jean Valjean ne parvenait pas à obliger sa fille à quitter la ville, alors qu’elle s’y refuser complètement pour le moment. Il pouvait lui accorder un peu de temps donc, juste un peu. Ce qui ne manqua pas d’illuminer son visage. Au moins, le père arrivait à faire sourire son enfant, le temps d’un instant.

« Je te remercie. » Lui dit-il simplement, avec douceur, quand elle affirma qu’elle n’allait pas s’opposer à leur départ la prochaine fois. Ainsi, il allait avoir le temps de préparer leur départ et leur voyage, cela allait prendre plus de temps que d’habitude au vu de la destination. A moins qu’il ne change d’avis d’ici là, mais il y avait peu de chance. « Pourquoi souhaite-tu attendre un peu pour partir ? »

Au fond de lui, l’homme espérait que cela n’avait pas un rapport avec le jeune homme qu’ils avaient bien trop souvent tourné autour d’eux au jardin du Luxembourg.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Ven 4 Sep - 1:16

Loin des yeux, loin du coeur

Cosette aurait préféré une promesse à un remerciement, elle ne pouvait pas le nier. La promesse qu'ils restent ici et qu'ils n'aient plus jamais à partir loin, à errer de ville en ville comme s'ils fuyaient un secret qui devenait trop lourd (en même temps, c'était le cas, apparemment). Mais si elle en rêvait, elle n'espérait pas trop. Ce remerciement avait des accents terribles, parce qu'elle comprenait qu'ils pourraient tout de même s'en aller très vite. Elle s'était engagée, maintenant. La prochaine fois, elle ne pourrait pas le retenir de faire leurs bagages et de s'enfuir loin... à moins de lui opposer une bonne raison de rester. Et quelle meilleure raison que la vraie raison ? Surtout qu'il la lui demandait. À quoi bon lui mentir ? Il finirait bien par savoir, après tout. Cosette n'avait pas l'intention de lui cacher indéfiniment l'existence de Marius, de l'homme qui faisait battre son coeur. Un jour, ils se marieraient, un jour, ils fonderaient une famille. Mais son père ferait toujours partie de cette famille, aussi. Elle rêvait du jour où ils évolueraient, tous les trois, au sein du même foyer. Sans avoir constamment à fuir, sans craindre son ombre comme la peste. Sans se demander tous les jours de quoi serait fait demain. Sa vie serait toute tracée, et cette vie serait heureuse. Oui, pourquoi craindre de lui en parler. Il comprendrait. Elle avait toujours connu son père seul, il s'était entièrement consacré à elle sitôt qu'il l'avait enlevée aux Thénardier, mais il avait bien dû aimer lui aussi. Aimer comme un homme aime une femme, non comme un père aime sa fille. Bien sûr, par contre, cela impliquait d'admettre qu'elle avait désobéi à son ordre de ne pas quitter la maison de la rue Plumet pour aller retrouver son amant au jardin du Luxembourg.


"Eh bien, papa..."
Elle tordait doucement ses doigts comme elle le faisait bien souvent quand elle était angoissée ou embarrassée. Elle était l'un et l'autre à cet instant. Elle tenait à ce qu'il comprenne combien elle aimait Marius, pourquoi elle ne pouvait se résoudre à vivre sans lui, pourquoi sa vie n'aurait plus le moindre sens si elle devait vivre loin du bel étudiant. "Ne vous fâchez pas, je vous en prie, mais je vous ai désobéi." Elle baissa les yeux. "Je me suis rendue au jardin du Luxembourg sans votre permission." Elle marqua une pause. "J'ai rencontré un jeune homme... et je l'aime. Et papa, je sais qu'il m'aime aussi. Je ne veux pas partir et être à jamais séparée de lui."

Voilà qui était dit. Cela n'avait pas été un aveu des plus simples pour elle, mais elle se sentait heureuse et soulagée de l'avoir fait. Il fallait bien que cela arrive un jour. Cosette et Marius s'étaient à peine vus, ils se connaissaient à peine, mais la jeune femme le savait, le sentait... Cet homme règnerait sur son coeur pour toujours. Il ne pouvait en être autrement, et il fallait que son père l'accepte, et qu'il chérisse cet amour comme elle le chérissait elle-même.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Mer 30 Sep - 11:30

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Il l’avait espéré, mais Valjean ne fut pas exaucé, c’était bien à cause de ce jeune homme du jardin du Luxembourg que sa tendre Cosette ne voulait pas partir de cette maison. Quand Jean Valjean vit la jeune femme se tordre les doigts, geste qu’elle faisait tout le temps quand elle était angoissée, il avait compris que ce n’était pas simplement parce qu’elle s’était faite à cette maison et qu’elle en avait assez de fuir. Puis, elle lui affirma qu’elle l’avait désobéi et il avait compris. Il ne dit rien cependant, laissant Cosette terminer et donc expliquer qu’elle avait revu ce jeune homme, qu’elle l’aimait et qu’il l’aimait. Elle ne voulait donc pas partir et être séparée de lui. Jean Valjean dû combattre cette envie de finalement préparer les affaires de sa fille pour fuir cette maison, cette ville, ce pays au plus tôt avec elle. Mais l’homme avait promis de ne pas partir de suite, de laisser un peu de temps à Cosette. Ce n’était cependant pas facile, il sentait poindre en lui cette jalousie qu’il n’avait jusqu’alors jamais ressentit. Elle avait désobéi à ses ordres pour aller retrouver ce jeune homme, qu’elle disait aimer. Il se sentait trahit et avait bien du mal à se contenir. Mais il n’avait aucune envie de se disputer avec la jeune fille. Il se doutait que c’était de son âge de toute façon de tomber amoureuse et au fond de lui, l’ancien forçat espérait que cela n’allait pas durer. Qu’elle allait vite se rendre compte que ce jeune homme n’était pas quelqu’un de bien pour elle et qu’elle allait arrêter de rêver (il avait vraiment de grands espoirs).

« Je vois… » Dit-il doucement en se contenant le plus possible, peinant cependant à cacher la déception qu’il ressentait. « Je suis navré d’apprendre que tu m’as désobéi. » Il n’avait aucune envie de revenir sur le détail de ce jeune homme pour lequel le cœur de sa tendre Cosette battait, il avait plus qu’envie d’oublier ce détail (même s’il n’allait pas pouvoir y parvenir). « J’aimerais que tu fasse preuve d’un peu plus de prudence Cosette. »

Son ton était plus dur qu’il ne l’aurait désiré à la base, mais il se contentait encore énormément. Cosette avait pris le risque de sortir de chez eux sans qu’il ne soit au courant, sans qu’il ne soit à ses côtés, elle ne se rendait donc pas compte du danger ? En même temps, ce n’était pas évident pour elle de vraiment le réaliser puisqu’il ne racontait rien de cette épée de Damoclès qui se trouvait au-dessus de leurs têtes (enfin, principalement de celle de l’ancien forçat). C’était donc maintenant alors ? Cosette était arrivée à un stade où elle n’écoutait plus son père, où elle aimait un homme et où elle se montrait imprudente ? Cela ne plaisait vraiment pas à Valjean, qui n’avait aucune envie de voir sa tendre fille s’éloigner de lui. Malheureusement, il ne se rendait pas compte qu’en cherchant à la protéger dans une cage dorée, il n’allait que lui donner envie de fuir.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Jeu 22 Oct - 20:51

Loin des yeux, loin du coeur

   
   Cosette craignait la réaction de son père, mais elle ne sut pas vraiment lire ce qu'il en pensait, elle comprenait seulement que ce "je vois" n'était pas engageant, qu'il n'était pas enthousiasmé par sa relation avec Marius, duquel il ne dit finalement rien. Au lieu de ça, il lui dit regretter qu'elle ne se soit pas montrée plus prudente, exigeant d'elle qu'elle le soit à l'avenir. Cosette sentit son coeur se serrer. Il n'y avait rien de pire à ses yeux que d'entendre de la déception dans la voix de son père. Elle serait prête à tout donner pour le rendre fier, pourtant. Enfin, presque tout, elle n'était pas prête à renoncer à son amour pour Marius. Ses poings se crispèrent, cela l'aidait à retenir les larmes qui menaçaient de s'écouler de ses yeux. Elle aurait tant aimé qu'il se réjouisse de cet amour naissant, mais elle avait ses torts, c'est vrai, elle ne devait pas sortir sans son autorisation, mais elle devenait folle, confinée dans cette maison ! Elle ne manquait de rien tant que Marius ne faisait pas partie de sa vie, maintenant, elle ne pensait plus qu'à le retrouver quand elle n'était pas avec lui, et cela deviendrait compliqué si son père lui interdisait de la voir.

   
   "Je vous ai déçu... pardonnez moi."
dit-elle d'une voix qui ne cachait pas sa tristesse. Qu'il était difficile d'aimer et de ne pas savoir comment. Et son père, qui ne parlait pas de Marius, comme s'il n'en avait que faire, comme s'il n'entendait pas à quel point sa fille était amoureuse, et heureuse de l'être. Si seulement il pouvait se réjouir pour elle ! S'il ne voulait pas en entendre parler, elle n'avait pas l'intention de garder le silence, il lui en avait parlé, maintenant, il n'y avait pas de retour en arrière possible. Alors autant aller jusqu'au bout. Ne pas en parler ne lui ferait pas oublier l'homme qu'elle aimait. "Il s'appelle Marius Pontmercy." Rien que ce nom lui rendait le sourire, il avait un pouvoir infini sur elle. "Oh, papa, j'aimerais tant que vous fassiez sa rencontre. Je suis sûre que vous l'aimerez autant que moi." Elle en était convaincue, parce qu'il lui était incapable de penser qu'on puisse ne pas aimer Marius Pontmercy. Elle marqua une pause. "Je jure d'être prudente, de ne plus quitter la maison, mais alors, autorisez-lui de venir me voir ici."
   

   C'était la meilleure solution. Si son père appréhendait ses escapades avec celui que Cosette considérait déjà comme son futur mari, alors autant que Marius vienne ici, sous la supervision de son père, s'il le fallait. Il tenait à son bonheur, non ? Et son bonheur résidait dans son père et dans Marius, pourquoi ne pourrait-elle pas avoir les deux dans sa vie ?

       
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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Mar 10 Nov - 22:17

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Valjean était déçu d'apprendre que sa fille avait été suffisamment imprudente pour sortir seule alors qu'il le lui avait toujours interdis. Evidemment, il était capable de comprendre qu'elle se sentait seule dans cette demeure quand il s'absentait, elle était une jeune femme aux airs tristes après tout. Il le comprenait, sauf qu'il ne pouvait pas l'accepter pour autant. Si elle savait, elle comprendrait également qu'il ne faisait cela que pour la protéger. Cela ne lui faisait pas plaisir à lui non plus de devoir vivre de cette manière, d'avoir constamment peur de voir l'inspecteur Javert arriver un jour sur le pas de sa porte pour l'emmener au bagne. Il aurait aimé pouvoir offrir une vie plus agréable à celle qu'il avait adoptée et qu'il considérait comme sa propre enfant maintenant. Sauf que ce n'était pas possible et s'il ne parvenait pas à maintenant l'ordre, ils allaient se retrouver séparés. Cosette ne comprenait vraiment rien... et en même temps c'était bien parce qu'il ne lui avait jamais rien expliqué non plus. Le regard dur de Valjean ne quitta pas la jeune blonde quand elle lui demanda pardon de l'avoir déçu. Il lisait dans son regard la tristesse qu'il ressentait, cela lui fendait le coeur. Mais il était le père et il était important qu'il se montre dur. Il avait promis (enfin si on voulait) à Fantine de s'occuper de sa fille, il le faisait correctement. C'était pour son bien. Jean Valjean se contenta donc simplement d'un signe de la tête, ne voulant pas l'entendre de nouveau lui demander pardon. Il savait parfaitement qu'elle était sincère, elle l'était toujours. Il n'avait pas spécialement envie de tourner autour du pot sur cette conversation, il avait d'ailleurs négligé volontairement un détail (qui en réalité était loin d'être un détail, mais son regard n'était pas le même que celui de Cosette). Détail que la jeune femme remit sur la tapis.

Quand elle prononça le nom de l'homme qui avait volé son coeur (il voyait les choses comme cela lui), il ferma doucement les yeux. Il n'avait aucune envie d'en savoir plus, il ne voulait pas en parler. Il préférait largement effacer ce détail de son esprit, mais Cosette avait apparemment envie d'en dire. Elle affirmait que s'il le voyait, il l'aimerait. Valjean avait un doute, mais cela ne l'étonnait pas tant que cela de sa fille. Si elle était bel et bien amoureuse (et elle semblait l'être au vu de sa manière de sourire en prononçant son prénom...), elle n'était simplement pas capable de se rendre compte de la réalité. C'était bien connu, l'amour rendait aveugle. Cosette lui formula une requête alors, qui fit battre rapidement le coeur de l'ancien forçat. Elle jurait de ne plus se montrer imprudente et donc de ne plus sortir de leur maison (cela, il en était ravi bien sûr) à condition qu'il autorise ce Marius Pontmercy à venir la voir. L'homme ne dit rien sur le moment, se contentant d'observer de ses grands yeux la jeune femme devant lui. Elle voulait être prudente en invitant un inconnu dans leur demeure, autant dire qu'elle ne l'était pas du tout. Quoi que puisse penser Cosette de ce jeune homme, Valjean n'avait pas confiance en lui. Et il se demandait même si ce n'était pas un pion, dans le grand jeu de Javert (quand la paranoïa nous tient...). Peut-être qu'il avait simplement séduit afin d'arriver jusqu'à lui.

« Il n'est pas question Cosette, m'entends-tu ? »
Il avait repris la parole d'une voix encore plus dure et forte que précédemment, ne se contenant pas cette fois-ci. « Ce jeune homme ne mettra pas les pieds ici et je t'interdis de l'inviter en mon absence. »

Parce qu'il l'a voyait venir en plus. Mais l'homme ne se doutait pas que c'était exactement de cette manière qu'il risquait de perdre la jeune femme.

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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Ven 27 Nov - 22:18

Loin des yeux, loin du coeur


Cosette avait espéré que son père abandonne ses airs sévères, qu'il finisse par se réjouir de son bonheur, qu'il la serre dans ses bras et accepte verbalement ses excuses. Mais ce n'était pas le cas. Il n'était jamais très démonstratif, mais avec elle, il était chaleureux, normalement. Là, il était si froid. Comme si elle s'adressait à un mur imprenable, infranchissable. La moindre tentative pour passer de l'autre côté avait l'air complètement vaine et inutile. Elle savait bien que ça devait être difficile pour lui d'entendre qu'il n'était plus le seul homme de la vie de sa fille, mais il devait bien se douter que cela arriverait un jour. Et même s'ils devaient fuir sans cesse, il ne pourrait pas empêcher son coeur de battre, surtout que l'amour n'est pas un sentiment qui se commande, et ce n'était pas non plus un sentiment qui s'étouffe et qui s'oublie, en tous cas, Cosette n'avait pas du tout l'intention de l'étouffer et de l'oublier. Elle n'avait pas envie de vivre sans Marius, et elle était prête à défier l'autorité de son père s'il le fallait, et pour la première fois de sa vie. Elle pensait avoir proposé un compromis honnête, pourtant. Elle ne partirait plus, mais lui viendrait. Où était le mal ? Elle voulait que Marius fasse partie de leur famille. Il lui interdisait, il lui volait son bonheur. Pour la première fois de toute sa vie, elle éprouvait de la rage et une colère profonde envers son père. Il ne savait rien, il ne comprenait pas, et il avait l'air de vouloir la rendre malheureuse. Elle ne lui obéirait pas, pas cette fois. Elle avait donné son adresse à Marius, et elle comptait bien le voir l'utiliser, elle n'avait que faire des risques et des conséquences, elle avait envie de vivre pour elle une fois dans sa vie, pas dans une course sans fin vers un objectif auquel elle ne comprenait rien.


"Je veux que vous sortiez de ma chambre." répondit-elle d'un ton dur à son tour, elle qui n'en faisait jamais usage en temps normal. Le père et la fille assistaient à leur premier conflit. Et ce conflit était forcément lié à un troisième homme. N'était-ce bien souvent comme cela.

Elle n'avait rien promis, parce qu'elle n'avait pas envie de mentir, mais son air résigné pouvait laisser croire qu'elle acceptait la sentence prononcée par son père, même si ce n'était pas le cas. Ça ne servait à rien, elle le connaissait trop bien pour imaginer qu'il change d'avis. Même si elle le connaissait trop bien pour imaginer qu'il puisse vouloir son malheur, lui qui avait toujours veillé à ce qu'ils ne manquent de rien malgré leur situation précaire. Il y avait de la jalousie derrière tout ça, mais c'était si dommage !



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Message#Sujet: Re: Loin des yeux, loin du coeur (Cosette)   Lun 4 Jan - 23:34

Cosette & Valjean
Loin des yeux, loin du coeur
Jean Valjean se doutait bien qu’il n’agissait pas de la bonne manière, mais il ne parvenait pas à avoir une autre attitude avec Cosette. Alors qu’en temps normal, l’homme essayait d’être un bon père et de se montrer doux avec sa fille, mais il ne parvenait vraiment pas en cet instant à se contenir. Elle ne demandait pas grand-chose au final, simplement la possibilité de pouvoir passer un peu de temps en compagnie de l’homme qu’elle aimait. Sauf que Valjean ne parvenait pas à se dire que c’était une bonne chose qu’ils se voient, qu’ils passent du temps ensemble et cela même s’il accordait à sa fille adoptive la possibilité de rester plus longtemps à Paris. Ce n’était pas une raison pour lui, pour autant, de la laisser fricoter avec ce jeune homme qui avait osé prendre son cœur. Du moins, pas dans l’immédiat et pas de cette manière. Ce jeune homme ne devait pas venir chez eux, c’était bien trop dangereux. Après tout, Valjean savait que Javert était dans le coin et donc qu’il risquait de l’avoir de nouveau sur le dos. L’ancien forçat ne pouvait clairement pas faire confiance à n’importe qui, il était bien trop paranoïaque pour ça. Il ne voulait donc pas prendre le risque de faire entrer ce jeune homme dans sa demeure, dans le doute que cela lui apport des ennuis.

Evidemment, le vieil homme ne pouvait pas ignorer le fait que cela n’allait clairement pas plaire à Cosette. Mais il n’avait pas l’intention de changer d’avis, il n’allait pas le faire quoi que Cosette puisse dire de toute façon. Cependant, quand elle reprit la parole, Valjean ne sut pas vraiment comment interpréter (et accepter aussi) les propos de sa fille adoptive. Elle parla d’un ton dur, comme jamais elle n’avait utilisé jusqu’à présent. C’était bien la première fois que la jeune femme osait lui parler de cette manière. Jean Valjean se doutait bien que c’était parce qu’elle était énervée à cause de son interdiction de faire venir son aimé chez eux, mais il n’allait pas pour autant faire changer d’avis. Il osait simplement croire qu’elle avait bien compris sa décision et qu’elle allait se contenter de suivre son ordre.

« Bien ! »
Il ne voyait pas l’intérêt de rester plus longtemps dans la chambre de sa fille de toute façon, surtout au vu de la situation. « Je te conseil de te calmer. »

Lui dit-il finalement, avant de se diriger vers la porte et de sortir de la pièce. Jean Valjean n’avait aucune envie d’être en froid avec sa fille, mais il était évident qu’ils n’avaient plus rien à se dire pour le moment. Autant qu’ils laissent un peu de temps s’écouler avant qu’ils ne se reparlent. Ainsi, la tension serait sans doute redescendu, une fois que l’ancien forçat aurait un peu digéré le fait que sa fille avait décidé d’offrir son cœur à une personne (en l’occurrence un homme).

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