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 Le théâtre ou la vie (Esmeralda)

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Message#Sujet: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 18 Fév - 16:18

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Le bruit du vent, parfaitement imité par plusieurs instruments à vents légers, qui sifflent aux oreilles de l'audience, accompagnent mes mouvements. Je force les traits, je tâtonne, je trébuche, pour jouer les aveugles au-delà de ce que c'est d'être aveugle. Je revis le jour qui m'a privé de la vue. De la neige artificielle tourbillonne tout autour de moi, je la sens se déposer sur mes bras, ma robe de lin immaculée, le haut de ma chevelure blonde. J'appelle dans l'obscurité le héros invisible qui vient à mon secours. Gwynplaine me prend dans ses bras et m'aide à marcher. Je ne feins pas le sourire qui étire mes lèvres, j'aime le sentir dans mes bras, même si je le sens absent une fois de plus. Elle doit être là, dans le public, à le dévorer des yeux, moi qui n'ai pas le loisir de pouvoir en faire de même... Je n'aime pas quand elle est là, je n'aime pas le sentir distant comme cela. Quand il fait ça, nous jouons, nous sommes vraiment des comédiens, cette scène n'est plus rien qu'une scène, et ce que nous jouons n'a plus grand chose de réel. Quoi qu'il en soit, je prononce mon texte avec une exactitude plus scolaire que d'habitude, nos dialogues entrecoupées des narrations d'Ursus sont parfaitement chorégraphiées, et elles n'ont plus l'air de rien d'autre pour moi. Mais le spectacle doit continuer, de toute façon. À la fin du dernier acte, tragique, nous mourrons sur un baiser qui, je crois, ne m'est pas adressé, le public applaudit. Le rideau se tire. Je me relève un peu froidement, et nous retournons devant nos spectateurs pour les saluer. Je crois qu'aucun d'eux ne font vraiment attention à moi, ils sont tous obnubilés par lui, la beauté dans la laideur. Elle encore plus que les autres j'imagine.

Je ne retourne pas saluer une dernière fois, je le laisse parader et fanfaronner, lui et Ursus s'occuperont de la quête. En passant à côté de mon père adoptif, je dépose sur son épaule affectueuse. Il ressent mon trouble, je crois. Il est celui qui me comprend le mieux. Il me murmure quelques mots rassurants à l'oreille, il me dit que l'attrait de la nouveauté passe toujours et dépose un baiser sur mon front. Je lui adresse un sourire discret en réponse et lui signale que je vais me promener un peu, j'ai besoin de prendre l'air. Il joue les protecteurs, comme souvent, et me demande de ne pas trop m'éloigner. Je le rassure en lui disant que je n'irai pas bien loin, c'est le cas. Je peux être téméraire et aventureuse, mais je ne suis pas de ceux qui prennent des risques immodérés. Ma cessité m'oblige à demeurer en terrain familier si je ne veux pas me perdre, ou pire encore. Je me contenterais donc de rester un peu à l'écart, c'est tout. Je fais quelques pas, et quand je me pense assez loin, je m'adosse à un mur et prend une grande inspiration. L'air froid pénètre mes poumons et je me sens soulagée. C'est alors qu'il me semble reconnaître une démarche familière. Je pense que c'est elle, et je finis par en avoir l'assurance quand j'entends le pas trottant de Djali, la chèvre. J'aime bien ceux qui ne se dissocient pas de leurs animaux, je crois, comme Ursus et son loup, qu'il fait garder à l'écart de la ville par commodité et pour ne pas effrayer les foules, même s'il n'est pas moins innocent qu'un chien.

-Bonjour Esmeralda.


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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mar 10 Mar - 13:13

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
La nuit avait doucement pris sa place dans les rues de Paris. Il n’était pas encore tard, les jours n’étaient pas long en cette période de l’année, la nuit arrivait donc très rapidement. Cela ne dérangeait pas Esmeralda, elle aimait bien l’obscurité que ça lui apportait. Et elle aimait le fait que doucement, les fêtes prenaient place. C’était vers cette heure-là que commençaient les spectacles les plus intéressants. Esmeralda avait terminé sa journée pour sa part, elle avait récolté assez d’argent. Si cela n’avait pas été le cas, la jeune femme aurait sans doute continué un peu à la lueur des torches des rues, mais elle n’avait plus envie de danser maintenant. Elle adorait ça, elle ne boudait jamais son plaisir de mouvoir son corps au rythme de la musique, mais elle se sentait fatiguée là. Et puis, elle ne pouvait pas s’empêcher de vouloir croiser son Phoebus. Cela faisait des jours que la jeune fille n’avait même pas pu croiser son beau cavalier, il lui manquait cruellement. Elle espérait pouvoir le voir prochainement, elle avait bien envie de croire qu’elle pouvait d’ailleurs le croiser dans les rues, alors qu’elle se promenait avec sa petite Djali. Alors qu’elle avançait dans les rues, elle ne pouvait pas s’empêcher d’observer dans l’espoir de voir une l’ombre du capitaine apparaitre. Mais rien, elle ne le voyait pas. La gitane passa un pont, avant de continuer sa route sur le bord de seine. Elle n’avait pas envie de retourner de suite à la cours des miracles, alors elle continuait de se promener. Tout Paris était chez elle au final, elle se sentait bien n’importe où. Elle avait le sentiment d’avoir sa place n’importe où.

Elle marchait de son pas légers, accompagnée par sa fidèle chèvre, quand elle croisa la route d’une connaissance. Un sourire apparu sur son visage quand Déa la salua, même si elle ne pouvait pas le voir. Esmeralda connaissait assez la jeune femme pour savoir qu’elle ne voyait pas, sans être surprise qu’elle la reconnaisse. Esmeralda se doutait que la jeune femme l’avait reconnu d’une autre manière, qu’elle n’avait pas besoin de ses yeux pour « voir ».


« Bonjour Déa. » Répondit la jeune femme de sa petite voix fluette, s’approchant de la comédienne. « Tu vas bien ? »

Esmeralda n’avait pas beaucoup d’amie en dehors des gitans, de sa famille en fait, mais Déa en faisait partit. La jeune femme l’appréciait énormément. En même temps, quand elle aimait quelqu’un, l’Egyptienne ne le faisait pas à moitié, tout comme elle ne le faisait pas à moitié quand elle n’aimait pas quelqu’un. Elle tourna un instant son regard vers l’autre côté de la rue, comprenant que Déa venait de faire l’une de ses représentation. Esmeralda avait dit eu l’occasion de voir le spectacle.

« Ta prestation s’est bien passée ? »

Entre saltimbanque, les deux jeunes femmes pouvaient aisément parler de leurs activités. Esmeralda dansait dans les rues pour gagner de l’argent, Déa jouait la comédie pour les mêmes raisons.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 11 Mar - 10:49

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Prenant appui contre le mur le plus proche, contre lequel je m'étais adossée plus tôt, pour me baisser sans dommages, je m'accroupis légèrement avant de caresser doucement Djali. Son poil est plus doux et moins rèche que celui du loup d'Ursus, et surtout, la chèvre se laisse plus facilement caresser. J'aime ce contact avec mes doigts. Quand on ne voit pas, on savoure toutes les sensations plus intensément. Ma cessité a cela comme atout. Les autres se fient trop souvent à ce qu'ils voient, et combien de fois ai-je entendu que les apparences sont trompeuses ? Moi, je n'y ai pas accès, je me fie à mes sensation, et par chance, elles me trompent rarement. Esmeralda me demande comment je vais, j'ai le sentiment, dernièrement, qu'elle est parmi les seuls à s'en soucier... À part Ursus. Elle me demande également comment s'est déroulée ma représentation. Je ne suis qu'à quelques lieues de notre scène, encore vêtue de mon costume, je suppose qu'elle a deviné ainsi. Je hausse doucement les épaules. Je ne veux pas accabler la gitane de problèmes qui pourraient bien être pire encore, mais en même temps, je ne connais pas meilleure confidente qu'elle-même. Je n'ai pas beaucoup d'amis. J'ai la chance d'être très entourée, par ma "famille", c'est un bien, mais en résulte que je ne peux pas fréquenter grand mond ni ne peut souvent m'espérer seule en présence de quelqu'un d'autre qu'Ursus et Gwynplaine. Je crois qu'ils ont peur que je trébuche à chaque pas que je fais.

-Ce n'était pas vraiment ma prestation.
Je répond finalement, un fin sourire étirant mes lèvres. Ça n l'a jamais été, d'ailleurs. Aucun Girardet ne se leurre, nous savons tous très bien pourquoi nous avons ce succès. Notre spectacle s'intitule "L'homme qui rit", n'est-ce pas assez pour savoir qui en est vraiment le clou. Mais cela me convient. Quand on ne regarde pas, le regard des autres a moins d'importance, on relativise. Je ne cours pas après le succès, je me satisfais seulement d'avoir un toit au-dessus de la tête. Seulement, deux yeux au regard que j'imagine intense ont le loisir d'observer Gwynplaine d'un peu trop près, et cette perspéctive m'angoisse. Mais nous avons eu du succès, je crois... Un peu trop, peut-être. Je ne répond pas à sa question concernant mon état, assez involontairement, inutile de l'inquiéter de mon inquiétude. Et toi ? Comment te portes-tu? Tout va bien, pour toi ?

Voilà quelques temps que nous n'avons pas eu l'occasion de parler ensemble, et je regrette de ne pas savoir grand chose de la vie d'Esmeralda en ce moment. Elle a souvent plus à dire que moi. Nos vies sont assez similaires, mais j'ai le mérite d'être née Française, à ce titre, on me donne plus de légitimité à distraire les manants sur la place publique que la belle danseuse (enfin, la danseuse que j'imagine belle - je regrette de ne pouvoir observer ses spectacles, je n'en entends que les échos, toujours enthousiastes), alors sa vie est par instants plus mouvementée que la mienne.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Jeu 9 Avr - 14:18

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
Esmeralda regarda avec douceur Déa se baisser, en s’appuyant sur un mur, afin de caresser sa chèvre. Celle-ci se laissait complètement faire, s’approchant même de la jeune femme pour lui permettre ce geste plus facilement. La gitane se demandait comment la jeune femme faisait au quotidien, sans sa vue. Elle semblait bien se débrouiller, en même temps elle était aveugle depuis presque toujours ça aidait, mais cela ne devait quand même pas être facile tous les jours. Esmeralda ne savait pas si elle arriverait à vivre sans sa vue, sans pouvoir poser son regard sur quelqu’un pour le regarder. Sans voir le visage de son Phoebus par exemple, ce beau et merveilleux capitaine dont le visage avait envahi son esprit depuis qu’elle l’avait vu pour la première fois. Non, Esmeralda ne savait pas comment Déa faisait, mais de toute façon elle n’avait pas le choix. L’Egyptienne demanda à son amie comment elle allait, se souciant sincèrement de la réponse. Sans savoir pourquoi, elle avait comme le sentiment qu’il y avait quelque chose de triste sur le visage de la jeune femme. Mais elle était bien incapable de réellement savoir ce qui lui faisait penser ça, c’était simplement une intuition. Déa se contenta d’hausser les épaules, ce qui fit froncer des sourcils la gitane. Elle n’aimait pas qu’elle ne réponde pas à sa question directement, cela ne faisait que confirmer qu’il y avait bien quelque chose. Et quand elle mentionna la prestation, elle précisa d’abord que ce n’était pas la sienne. Effectivement, le spectacle de Déa mettait surtout en scène son frère et c’était lui le héros de la pièce. Mais c’était quand même sa prestation, elle y participait après tout. Esmeralda se contenta de pousser un petit soupire, se doutant que la jeune femme n’a pas spécialement envie d’en parler. Sinon elle le ferait sans doute. Au lieu de cela, elle se contenta de retourner la question sur elle.

« Je n’ai pas à me plaindre. »

Répondit-elle, affichant un sourire sur son visage même si Déa ne pouvait pas le voir. Elle n’avait vraiment pas à se plaindre, sa vie était assez bien en ce moment. Bien sûr, elle pourrait être mieux, mais elle avait été pire. Elle allait donc bien, en toute logique. En même temps, Esmeralda allait quand même rarement mal. Pour le moment, nul doute que certains évènements allaient plus que la chambouler dans le futur. Esmeralda s’approcha un peu de son amie et la pris tout simplement dans ses bras. Un petit geste tendre, juste comme ça, histoire de. Puis, elle glissa le long du mur sur lequel l’aveugle s’était appuyée pour s’assoir au sol. A peine fut-elle assise, Djali vint directement mettre sa tête sur ses genoux afin de réclamer des caresses. Ce qu’Esmeralda ne tarda pas à lui donner, venant glisser ses mains sur ses poils doux au-dessus de sa tête.

« Tu sais… » Esmeralda ne releva pas son regard, se contentant d’observer sa chèvre qui avait, elle, fermé les yeux. « Si tu as besoin de parler, je serais toujours là pour toi. »

Ce n’était pas des paroles en l’air, la jeune femme pensait vraiment les mots qu’elle venait de prononcer.
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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Lun 13 Avr - 11:47

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Faute de pouvoir les voir, je ressens les sourires. Ou en tous cas, j'en ai la vive impression. Généralement, j'arrive à percevoir l'humeur de mes interlocuteurs assez justement... parce que je ne peux me fier qu'au ton de leur voix, qu'à cette sorte d'aura qui se dégage de chaque être humain. Ce qu'on lit sur les visages est, j'en suis certaine même si je n'ai pas d'expérience sur la question, trompeur. En ce qui me concerne, je ne peux pas être abusée par ces artifices physiques. Je crois sentir qu'Esmeralda sourit. Je ne sais pas si c'est un sourire emprunt de compassion, parce qu'elle a deviné que, en ce qui me concerne, je n'étais pas au meilleur, ou tout simplement parce que, de son côté, elle était heureuse... Dans tous les cas, quand elle me fait comprendre qu'elle va bien en me disant qu'elle n'a pas à se plaindre, je la crois. Depuis que je la connais, je ne crois pas avoir senti la bohémienne triste. Soit elle cache à merveille son jeu, soit c'est bel et bien le cas. Je penche pour la seconde proposition. D'autres, à sa place, ne seraient pas si optimistes, j'en suis certaine. Elle est une gitane, une fille des rues, une amuseuse publique, mais elle arrive à se satisfaire de sa condition. Pour tout dire, elle me ressemble sur ce point. Nous sommes dans une situation assez similaire. Nos nouvelle familles nous ont choisi, nous avons parcouru la route, nous distrayons le chaland, nous vivons de notre art, et nous nous contentons de ce que nous avons...

Du moins, j'arrivais autrefois, à me contenter de ce que j'avais, puisque Gwynplaine et Ursus sont tout mon univers, et que je n'aime personne plus qu'eux-deux, mais c'est plus difficile désormais. C'est une chose de se consacrer entièrement à quelqu'un, une autre que de comprendre qu'il pourrait lâchement vous abandonner pour un chemin pavé d'or. Je sais que je dois paraître soucieuse. J'aimerais faire en sorte qu'il n'en soit rien. Mais je pense qu'il est aussi aisé de lire en moi que dans un livre grand ouvert. Difficile de dissimuler ce qu'on ne voit pas. Et même si j'étais capable de percevoir à quoi je ressemble, il m'est d'avis que je ne serais pas moins déchiffrable. Ce doit être dans ma nature. Je n'aime pas garder les choses pour moi, ni mes pensées, ni mes émotions. Si je le fais, quand je le fais, j'ai le sentiment d'étouffer et de ne plus être moi, je ne connais rien de plus insupportable. Par conséquent, Esmeralda a deviné que je ne suis pas au meilleur, et elle me le fait comprendre d'une façon détournée que je ne manque pas d'apprécier. Elle sera toujours là pour moi si j'ai envie de parler. Je la crois. J'ai tendance à réduire le champ de mes connaissances à mon frère et mon père d'adoption (autant par choix que par nécessité), la gitane est l'une de mes seules amies. En faire une confidente semble en conséquence aller de soi. Et je choisis de saisir l'opportunité qu'elle m'accorde.

-Est-ce que tu as déjà aimé au point que ça finisse par te faire mal ?


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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Jeu 7 Mai - 20:44

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
Esmeralda était plus que sincère quand elle disait à Déa qu’elle était heureuse, du moins qu’elle n’avait pas à se plaindre. C’était le cas, la gitane n’avait vraiment pas à se plaindre de sa vie. Pour le moment en tout cas, cela n’allait sans doute pas durer, mais pour l’instant elle n’avait vraiment aucune raison d’être triste. Elle avait sa famille (un époux, mais ça encore ce n’était qu’un détail), elle arrivait plus ou moins à gagner de l’argent et surtout, elle était amoureuse. C’était impressionnant comme les sentiments qu’elle avait pour le beau capitaine de la garde étaient capables de la porter dans la joie. Il ne fallait pas grand-chose pour qu’elle ait le sentiment d’avoir des ailes. Ce qui contrasté énormément avec Déa, Esmeralda voyait bien que ça n’allait pas très bien pour elle. Elle la sentait triste, sombre, elle n’était pas comme d’habitude. Et forcément, la gitane ne pouvait que se sentir concerné. Elle appréciait énormément la jeune femme, elle n’avait pas envie qu’il lui arrive quelque chose et qu’elle n’ose pas lu en parler. C’était pour cette raison qu’elle venait donc de lui préciser qu’elle pouvait tout lui dire, si elle le désirait bien sûr. La gitane n’était pas du genre à s’immiscer dans la vie des autres, mais elle était cependant une oreille attentive. Déa était son amie, elle tenait énormément à elle. Quand elle lui disait qu’elle serait toujours là pour elle, elle était plus que sincère.

Quand Déa prit la parole, Esmeralda ne pensait pas qu’elle lui dirait quelque chose de ce genre. Elle lui posa une question, se demandant si elle avait déjà aimé quelqu’un au point d’en avoir mal. Même si Déa ne pouvait pas voir son visage, ce fut comme un réflexe qu’eu la gitane de lever la tête avec une expression étonnée vers elle. Evidemment, Esmeralda se disait qu’il y avait forcément un sous-entendu dans sa phrase, qu’elle devait justement être amoureuse d’une personne et qu’elle souffrait. Comment penser autrement après de telles paroles.

« Non… » Finit-elle par répondre, dans un souffle sans lâcher la jeune femme des yeux. « Ce n’est pas normal de souffrir par amour. »

Non, normalement l’amour ne faisait que rendre heureux. On devait être bien et ne pas avoir de souffrance quand on avait le cœur qui battait pour quelqu’un d’autre. Evidemment, la jeune femme était d’un romantisme absolu et les sentiments qu’elle avait pour Phoebus ne risquaient pas de l’aider à voir les choses différemment. Elle était sur son petit nuage, elle avait le sentiment qu’il n’y avait rien qui puisse la toucher à présent que son cœur battait pour le beau capitaine.

« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? »

Forcément, la jeune femme ne pouvait pas s’empêcher de se questionner encore plus concernant son amie. Si elle lui disait quelque chose ça, c’était bien que la jeune femme souffrait d’une situation. Esmeralda espérait quand même que ce n’était pas trop grave quand même. Déa était bien la dernière personne qui méritait de souffrir à ses yeux.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 13 Mai - 14:08

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


C'est sans conteste très égoïste de ma part, mais à ma question, j'aurais aimé qu'Esmeralda réponde oui. Non pas parce que je suis capable d'éprouver une satisfaction quelconque, quel qu'el soit l'ordre, à l'idée de la voir souffrir, mais parce que je crois qu j'ai besoin de l'opinion de quelqu'un qui a pu éprouver ce que j'éprouve. Ça pourrait m'alarmer, mais qui sait, me réconforter aussi... Mais Esmeralda, si elle a peut-être connu l'amour, n'en a jamais connu la douleur. La souffrance, même, devrais-je dire. Car c'est de la souffrance, que j'éprouve. Selon elle, l'amour est un sentiment beau qui ne tolère pas qu l'on ait mal, selon elle, ma situation n'est pas normale... Pas normale... Qui peut juger de la normalité ? Pas moi, la fille sans regard, je suis anormale de nature, comme l'est peut-être ma relation à Gwynplaine.

Ce dernier me l'a déjà dit, d'ailleurs : un frère et une soeur ne devraient pas éprouver cette sorte de sentiments l'un pour l'autre. Mais je me fiche d'être anormale si je suis heureuse. Sauf que, heureuse, je ne le suis plus. J'aimais ma vie, je l'aimais tellement. Moi, Gwynplaine, Ursus, parcourant les villes et les champs, nous suffisant à nous-mêmes. Cette ville nous fait du mal, cette ville nous veut du mal. Ce qu'il m'arrive... J'hésite à lui réponde après ce qu'elle m'a dit. J'ai peur qu'elle me conseille, et que ce conseil me fasse mal lui aussi. Celui de me détacher de Gwynplaine... ce à quoi m'exhorte aussi Ursus. J'en suis tout autant capable que de cesser de respirer. Je me jette à l'eau tout de même. Je n'ai pas entamé les confidences pour me raviser, après tout.

-Il y a une femme... - pas seulement une femme, une duchesse - qui assiste à presque tous nos spectacles. Quand elle est là, je n'ai pas besoin de pouvoir la voir parmi les spectateurs pour le savoir. Quand elle est là, Gwynplaine me regarde pas.
Mes lèvres tremblent légèrement, c'est douloureux, de dire tout ça à voix haute. Le soir, il s'absente, je sais qu'il va la voir. Je marque une pause et pousse un profond soupir supposé calmer mon émotion. J'existe sans voir parce qu'il me voit... Mais s'il ne me regarde plus...

Alors je n'existe plus, c'est aussi simple que cela. Mon propos doit sembler bien sombre, ou alors bien naïf, ou alors encore l'un et l'autre mais ça m'est égal. C'est ainsi que je l'éprouve, et rien ne sait malheureusement calmer mon ressentiment. Quand je parle à Ursus, il me dit qu'il n'y a rien à faire, quand je parle à Gwynplaine, il me dit qu'il n'y a rien... Soit, mais aucune de ces réponses ne me conviennent. Ne puis-je donc exiger le malheur de cette femme et mon bonheur à moi sans être rien qu'un monstre ? Il faut le croire. Mais je ne veux pas le croire. Cette femme aurait donc tous les droits parce qu'elle est belle, qu'elle est riche, et que ses yeux valides toisent le monde de toute leur suffisance ? Si je crois en cela, que peut-il bien me rester d'espoir ?

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 3 Juin - 14:36

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
Esmeralda avait un avis très tranché sur l’amour et le fait qu’on n’était pas censé souffrir en amour. Au final, la jeune femme n’avait connu l’amour une seule fois, même s’il était difficile de vraiment qualifier ce qu’elle ressentait comme étant de l’amour. Cela n’avait rien à voir avec une relation réciproque en tout cas, elle n’avait encore jamais vraiment adressé la parole à son beau capitaine. Mais elle était quand même amoureuse, son cœur battait pleinement pour cet homme et elle se sentait vivante quand elle pensait à lui. Elle savait d’avance que si jamais on devait lui retirer ce bonheur d’être amoureuse de du beau Phoebus, elle en mourrait. C’était la vision d’une jeune femme bien trop romantique qui n’avait pas encore eu l’occasion de côtoyer la version la plus sombre des sentiments amoureux. Elle croyait encore que l’amour suffisait à tous les malheurs, parce qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de pleinement le vivre. Un jour le destin allait la rattraper et lui montrer la vraie vie.

Déa expliqua alors sa situation, Esmeralda l’écoutant sans prononcer le moindre mot. La jeune femme parla de son frère, qui n’était pas vraiment son frère en réalité. La gitane connaissait une partie de l’histoire de la famille Girardet, le fait qu’ils n’avaient aucun lien du sang même s’ils se considéraient comme une famille. Un peu comme les gitans au final, Esmeralda considérait Clopin comme un frère alors qu’il n’y avait aucun lien de ce genre entre eux. Cependant, la jeune femme n’avait jamais soupçonné que Déa puisse avoir des sentiments pour Gwynplaine, elle le découvrait au fil de ses paroles. Elle ne le disait pas vraiment, c’était assez clair dans ces mots. Elle était jalouse de cette femme qui venait voir leur spectacle, parce que l’homme n’avait d’yeux que pour elle dès qu’elle venait. Et il s’absentait le soir pour la rejoindre. Esmeralda ne pouvait qu’être touchée par l’histoire de son amie, elle peinait à imaginer la douleur qu’elle devait ressentir. De son côté, elle ignorait parfaitement la jalousie concernant Phoebus parce qu’elle ignorait tous de la vie de l’homme. Elle l’ignorait ou elle préférait ne pas voir, dans tous les cas elle ne savait rien des fiançailles de l’homme.

« Je ne sais pas qui est cette femme, mais je ne comprends pas qu’il ne te regarde plus. » A ses yeux, Déa était la plus douce des jeunes femmes. Elle n’était peut-être pas objective, mais on ne lui demandait pas d’être. « Tu dois te battre pour lui. » Dit-elle finalement, en prenant les mains de son amie dans un geste remplit de douceur et d’affection. Djali de son côté vint se coller contre les jambes de la jeune femme. « Tu ne dois pas baisser les bras, si tu l’aimes tu ne dois pas l’abandonner. »

Encore une fois, Esmeralda avait sans doute une vision bien trop utopiste de la vie, mais c’était dans son caractère. Elle croyait au grand Amour, elle croyait au bonheur à deux, elle voulait tout cela pour son amie.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Lun 8 Juin - 9:00

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Même si le compliment de la bohémienne arrache un léger sourire à mon désespoir, je ne parviens pas à croire dans ce qu'elle me dit, ou du moins je n'y crois pas au point de me sentir rassurée. L'on me dit souvent que je suis belle, d'une beauté pure et douce, pétrarquienne. Je ne demande qu'à le croire, et à force, je vais bien finir par penser qu'ils ont raison. Mais cette beauté peut-elle pour autant rivaliser avec celle d'une duchesse, dont le moindre atour doit transpirer cette richesse qu'est la sienne, et qui doit dégorger de ses tenues brodées d'or, de son maintien digne, de son phrasé délicat. Je suis peut-être belle, je reste une belle des champs et je ne dois peut-être mes attraits qu'au fait d'être intact, pur, intouchée, quand de tout ce qui distingue Madame d'aurevilly déborde une sensualité et cette tentation que l'on ne me prêtera jamais. Je ne vois pas alors je devine, et ce que je devine, c'est que Gwynplaine préfèrera peut-être toujours me voir en doux rêve qu'il ne concrétisera pas sous peine de le voir se ternir, quand il ne rechignera pas à flatter les beautés oppulntes de cele qui a tout, et qui se contenterait de lui comme d'un supplément à ce trop qu'elle a déjà, quand moi-même je n'ai rien et n'aurais besoin pourtant que de lui pour remplir et parfaire mon univers. Si c'est cela, ma beauté pure, alors je préfèrerais qu'on la souille, que ses yeux puissent de nouveau se poser sur moi et sur moi seule, et qu'ils ne me quittent plus jamais.

J'avais raison, la gitane aussi m'honore de ses conseils. Mais j'avais tort. Ils n'ont aucun rapport avec ceux d'Ursus. Quand lui me somme d'abandonne, elle m'invite à me battre, à lutter. J'aurais dû le deviner, j'aurais pu le deviner sans mal. Mon bougon de père adoptif est un pessimiste dans l'âme, tout l'inverse d'Esmeralda. Nous partageons elle et moi une sorte de candeur naïve. Certains doivent penser que c'est là notre charme. Pour ma part, j'abandonnerais bien ce charme au profit d'autres si c'est ainsi que je dois me battre. Je l'aime, oui, je ne dois pas l'abandonner, je ne le pourrais jamais d'ailleurs, ou sinon j'en mourrais. Mais je ne sais plus que faire. Je ne peux pas le forcer à ne plus la voir, je sais qu'il ne m'écouterait pas... Je suis perdue, totalement perdue. Et en même temps, il ne le faut pas. Non, je ne renonce pas.

-Tu as raison.
dis-je en l'approuvant doucement d'un hochement de tête. Mais je ne sais quelles armes utiliser.

On ne peut se battre sans armes. C'est un fait bien connu et avéré, et que je ne saurais ignorer, mais qu'ai-je d'atouts à opposer à ma rivale ? Cette complicité bien étrange qui nous unit depuis l'enfance ? Peut-être bien, oui, mais elle ne semble plus lui faire grand effet sur lui. Même, il semble dernièrement vouloir s'en protéger. Qu'en ai-je à faire, pourtant, qu'il soit supposément mon frère, puisqu'il ne l'est pas ! J'ai besoin de conseils, j'ai besoin d'aide, mais je ne crois pas qu'Esmeralda - Esmeralda ou quiconque d'autre - sache la solution à mes problèmes.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mar 30 Juin - 15:02

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
Esmeralda se rendait compte que son amie se trouvait dans une situation compliqué avec son frère, qui n’était pas vraiment son frère en fait. Jusqu’à présent, la gitane ne savait pas que Déa avait des sentiments pour Gwynplaine, mais elle le découvrait et elle voyait bien que la situation était difficile pour elle. En même temps, Esmeralda ne pouvait que comprendre. Elle trouvait que c’était vraiment horrible de souffrir à cause de l’amour qu’on pouvait porter à quelqu’un, ce n’était pas normal. Quand son cœur battait pour une autre personne, normalement cela ne devait que nous porter sur un petit nuage. C’était ce qu’elle vivait en tout cas, concernant Phoebus, qui l’a transporté sur un petit nuage de bonheur. Evidemment, la gitane ne savait rien de la vraie situation de l’homme qu’elle aimait et donc elle ne souffrait pas parce qu’elle ignorante. Elle ne pouvait pas souffrir puisqu’elle n’en savait rien, elle préférait fermer les yeux sur l’évidence.

En tout cas, Esmeralda ne pouvait que conseiller à Déa de se battre. Elle devait faire en sorte que celui qu’elle aimait n’ait plus que d’yeux pour elle. Cependant, c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Sauf qu’elle ne pouvait pas abandonner, elle devait être forte et l’amour qu’elle ressentait ne pouvait que la rendre forte. C’était une vision bien trop naïve de la vie, mais Esmeralda était comme cela. Elle était naïve, innocente et n’avait pas vraiment l’intention de changer. Elle découvrirait peut-être le monde tel qu’il était dans le futur, mais pour l’instant elle continuait de le voir de ses yeux innocents. Sans se rendre compte de ce qui tournait autour d’elle, des malheurs qui risquaient de lui tomber dessus. Esmeralda sourit quand Déa lui dit qu’elle avait raison, bien sûr qu’elle avait raison. Même si bien sûr, la jeune aveugle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait faire pour contrer la duchesse.

« Ca ne sera pas facile non… »
Esmeralda laissa un soupire s’échapper de ses lèvres, avant de reprendre doucement. « Mais le principale, c’est que tu ne baisse pas les bras. »

Esmeralda aurait bien aimé pouvoir mieux aider son amie, pouvoir lui donner plus de conseil pour qu’elle puisse récupérer l’homme qu’elle aimait. Malheureusement, elle n’avait pas vraiment d’idée à lui proposer. La gitane n’avait jamais eu besoin de se battre pour quelqu’un (pas encore), elle ne savait vraiment pas comment Déa pouvait faire pour récupérer l’affection de son « frère ». Mais elle était sûre qu’il ne fallait pas abandonner, qu’il ne fallait pas simplement le regarder (quoi qu’une aveugle puisse difficilement regarder quelqu’un) s’éloigner et partir loin. Elle préférait voir les choses d’une manière positives plutôt que d’une façon pessimiste, c’était dans son caractère.

« Je suis certaine qu’il va revenir vers toi. »

Et elle le croyait sincèrement quand elle disait cela. Elle avait envie d’espérer que son amie allait pouvoir retrouver un esprit serein, qu’elle puisse de nouveau sourire sans se forcer.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 1 Juil - 10:25

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


L'enthousiasme d'Esmeralda, sa foi dans l'amour - l'amour vrai - me mets du baume au coeur et me redonne de l'espoir. Comment pourrais-je lui donner tort ? Elle a totalement raison, il n'est pas autorisé de geindre et de se lamenter sur son sort dans ce genre de cas, si l'on ne s'est pas assez battu pour ce que l'on désire, pour ce que l'on désire vraiment. Cela ne change rien au fait que j'ignore quelles armes je pourrais bien employer pour parvenir à mes fins. Mais attendais-je vraiment de mon interlocutrice qu'elle ait la réponse à ma question ? Non, pas vraiment. Et un peu quand même, en même temps. On aime souvent à se délester auprès des autres du poids de ses propres problèmes, et je crois que c'est là un art où je passe progressivement maîtresse. Il faut que j'emploie tous les moyens possibles pour garder Gwynplaine. C'est le plus important. Rien d'autre ne compte. Je vais lui parler, je vais trouver les mots. Ce n'est pas désespéré, après tout. Cette duchesse lui tourne la tête, c'est vrai. Mais je sais, malgré tout, qu'il m'aime, et qu'il est arrêté par des considérations que je lui ferai vite oublier. Peu m'importe sa prétendue laideur, puisque je le sais le plus beau des hommes, et que je suis plus à même de le voir et de le comprendre que n'importe quel voyant. Peu m'importe que nous ayons grandi ensemble. Même à Ursus, cela semble importer bien peu. Alors pourquoi m'en soucierais-je ? Je vais lui dire et lui faire comprendre tout cela, et tout ira mieux. Je me tourne vers la belle bohémienne et lui adresse un sourire à la fois confiant et déterminé.

-Tu as raison, je vais me battre et je ne dois pas m'en faire.


C'est pour cela que j'ai besoin d'amis comme Esmeralda dans la vie, je ne connais personne qui soit de meilleur conseil qu'elle. J'ignore seulement qu'elle va un jour perdre ses belles illusions amoureuses tout comme les miennes s'évanouissent progressivement. La douceur naïve qui nous caractérise n'est pas prompte à servir les desseins de l'humanité. Alors elle nous foule aux pieds sans vergogne. J'aurais l'occasion de le comprendre. Esmeralda tout autant.

-Tu sembles tout à coup connaître beaucoup de l'amour.
je constate alors, réalisant seulement à présent combien j'avais pu monopoliser la conversation avec MES craintes et MES incertitudes. Se pourrait-il qu'il y ait un homme derrière cela ?

Entendre le récit d'une histoire heureuse et épanouie, je crois qu'il n'y aura rien de mieux pour raviver la flamme d'un espoir pour le moment vacillante, quoiqu'attisée par les précieuses recommandations et les conseils avisés de mon amie. Je ne serais pas surprise qu'il y ait un homme. Elle ravit tant de coeurs sans le savoir qu'il était normal que, un jour ou l'autre, l'on ravisse le sien. Elle ne s'en rend pas compte, mais moi, j'entends ce que l'on dit d'elle. Elle a la réputation d'être belle en diable. Je ne peux pas en juger, mais si j'estime qu'elle est aussi belle extérieurement qu'elle l'est d'âme, alors oui, elle doit être une splendeur parmi les splendeurs, normal que Cupidon ait su agir en sa faveur.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 22 Juil - 23:01

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
L’amour était une denrée rare, il n’était pas facile de l’obtenir. Du moins, c’était ce qu’Esmeralda avait compris de sa petite expérience de la vie. Mais quand on le trouvait, il ne fallait pas le lâcher. C’était le moteur de la vie, sans amour il n’y avait aucune raison de vivre. La gitane le croyait encore, il y a peu, mais elle s’était vite rendu compte que ce n’était pas possible. Que deviendrait-elle sans l’amour de Phoebus (qu’elle n’avait pas complètement en réalité) ? Elle ne serait, tout comme Déa ne pouvait être rien sans Gwynplaine. Esmeralda ne voulait pas qu’elle baisse les bras, elle voulait la voir se battre pour l’homme qu’elle aimait. Parce que l’aveugle méritait vraiment de recevoir cet amour, d’être heureuse avec l’homme qu’elle aimait. Il n’y avait pas plus pur personne qu’elle, Esmeralda n’en connaissait pas en tout cas. La jeune femme était peut-être peu objective pour le coup, mais elle considérait vraiment que la saltimbanque méritait plus que n’importe qui d’être heureuse. Un large sourire s’afficha sur son sourire quand Déa affirma d’ailleurs qu’elle allait se battre et qu’elle n’allait pas se laisser faire devant la duchesse. Esmeralda se permit même de prendre la jeune femme dans ses bras.

« Tu y arriveras ! »

Elle n’avait aucun doute, Esmeralda ne voyait pas comment Gwynplaine ne pouvait pas choisir la jeune femme. Après tout, elle était tellement belle et pure. Elle était gentille comme un cœur. Ce fut à ce moment-là que la comédienne revint sur la gitane, lui demandant si elle n’avait pas un homme dans sa vie. Esmeralda fut incapable de retenir de sourire, ses joues se rosirent également. Et cela, simplement parce qu’elle pensait au beau capitaine de la garde royale. Depuis qu’elle l’avait rencontré, depuis que son chemin avait croisé celui de Phoebus, elle avait le sentiment de vivre sur un petit nuage. Comme si elle découvrait ce que cela faisait de vivre. Elle était amoureuse oui, Esmeralda n’avait aucun doute là-dessus. Et malheureusement, elle s’imaginait que cela en était de même pour le soleil de sa vie. Cependant, l’amour avait tendance à rendre aveugle et la gitane ne faisait pas exception à la règle. Elle ne voyait pas les malheurs qui approchaient et allait peiner à les voir.

« C’est le cas. » Dit-elle doucement, sans que le feu de ses jours ne se calme. Esmeralda devait bien avouer qu’elle aimait parler de Phoebus à ses proches, parce qu’elle avait le sentiment de rendre cette idylle bien plus concrète encore. Comme si elle avait eu réellement besoin de ça pour que son esprit soit complètement tourné vers cet amour fou. « Il s’appelle Phoebus, c’est le capitaine de la garde. » Son sourire s’agrandit de nouveau en prononçant ces mots, avant de reprendre.  « Il est tellement… merveilleux. »

Esmeralda ne voyait pas vraiment quoi dire d’autre pour qualifier l’homme qui faisait battre son cœur. Ou plutôt, il y avait beaucoup de chose qui lui venait en tête, mais elle ne pouvait pas tout déballer à la jeune femme comme ça.    

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Ven 14 Aoû - 15:30

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Je souris avec une très grande sincérité quand j'entends Esmeralda m'avouer qu'elle aussi a la faiblesse à présent de laisser à un homme le soin de faire battre son coeur. Je m'en doutais, elle a toutes les inflexions et intonations d'une femme amoureuse, et je trouve ça beau. C'est vrai que le sentiment amoureux n'est pas toujours simple à gérer, et j'en suis même l'indéniable preuve. Mais je crois en l'amour, quoi qu'il en soit, et mon expérience n'est même pas si malheureuse, au fond. Gwynplaine m'aime, je le sais, je suis infiniment certaine, son esprit se laisse seulement abuser par une femme sans doute très belle, et aux richesses très attirantes. Ça peut lui passer, et je peux surtout le convaincre de n'être qu'à moi comme je ne suis qu'à lui.

Esmeralda m'a donné un regain de confiance, et qui m'invite à un entier optimisme quant à ce qui se passera ensuite, et quant à la nouvelle idylle entre la belle bohémienne qui fait tourner la tête de tous les hommes et son capitaine de la garde, dont le titre à lui seul suffirait à faire soupirer de rêverie n'importe quelle jeune fille en fleur. En tous les cas, Esmeralda est éprise et bien éprise. Rien que le fait de parler de lui donne à sa voix des intonations différentes, comme un filet de miel qui se diluerait dans chacun des mots qu'elle prononce. Pour être sous le charme, elle l'est, c'est certain, et je ne compte pas battre froid ses rêves, c'est même tout l'inverse, j'ai bien l'intention de les encourager. Car s'il y a une valeur que je respecte plus que n'importe quelle autre, c'est l'amour, et je souhaite à Esmeralda que son capitaine de la garde ne cesse jamais de la rendre aussi heureuse que je la ressens l'être maintenant.

-C'est un très beau nom, Phoebus.
je lui affirme dans un sourire des plus rayonnants, pour lui prouver que je suis ce qu'il y a de plus ravie pour elle, et je n'ai en rien à forcer les traits pour cela, son bonheur me rend heureuse. Dis m'en plus. je lui demande alors, très curieuse, voulant tous savoir de ces amours que la belle gitane a su si bien me cacher jusqu'ici. Il est merveilleux, en quoi est-il merveilleux ? Qu'a-t-il fait ou que n'a-t-il pas fait pour ainsi dérober son coeur, je veux qu'elle me dise tout et n'omette rien, quitte à me montrer bien plus intrusive que je ne devrais l'être. Comment vous êtes vous rencontrés ? Comment est-il ?

La curiosité que j'exprime n'est pas feinte, je m'interroge sincèrement au sujet de cet homme, et j'espère bien qu'il est digne de mon interlocutrice, tout comme j'espère qu'elle ne tiendra pas sa langue et m'en dira plus. Je tiens à vraiment tout savoir, autant sur la manière dont leurs regards se sont croisés pour la toute première fois que sur ce qui fait le charme de ce Phoebus. Voilà qui devrait rapidement me faire oublier mes déconvenues sentimentales pour me rappeler combien il est bon et agréable de croire dans les autres.


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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Lun 14 Sep - 15:41

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
Il ne fallait pas grand-chose à Esmeralda pour que son cœur s’emballe pour son beau capitaine. En fait, il lui suffisait de penser à lui et de parler de lui, pour que ça soit le cas. Elle était complètement sous le charme de Phoebus et elle était bien incapable de le cacher. Cela se voyait sur son visage, au sourire qu’elle portait rien qu’en prononçant son prénom, mais pas seulement. Déa parvenait à le voir également, malgré le fait que ses yeux étaient perdus dans le noir. Le sourire que la jeune femme affichait, faisait plus que plaisir à Esmeralda. La gitane appréciait que son amie soit heureuse pour elle. Même si évidemment, cette histoire n’avait rien de raisonnable. Mais puisque la bohémienne était incapable de se rendre elle-même compte qu’il y avait un souci dans cette idylle (que ses sentiments n’étaient pas partagés), elle ne pouvait pas le faire comprendre à Déa. Le propre sourire de l’égyptienne s’agrandit quand Déa lui affirma que Phoebus était un très beau prénom. En effet, c’était un prénom magnifique tout comme l’homme qui le portait et ce dernier lui allait donc à ravir. La comédienne voulait en savoir plus sur le beau capitaine et sur la manière dont les deux êtres s’étaient rencontrés. Esmeralda s’était retenue de parler de son idylle (qui n’en était pas vraiment une en réalité, surtout une amourette d’un cœur innocent), mais maintenant qu’elle était lancée elle pouvait difficilement se retenir. Et à quoi bon le faire, puisque Déa voulait connaitre pus de détail. Si c’était elle qui le demandait, la gitane ne serait vraiment pas très polie de ne pas lui répondre.

« Il est tellement beau. » Dit-elle dans un soupire, ses yeux s’illuminant encore une fois d’étoile. « J’aimerais que tu puisses le voir, je n’ai jamais rencontré d’homme aussi beau. »

Et c’était un homme en plus. Pas de ceux qui était frêle, jeune, idiot. Non, Phoebus était un homme avec une belle carrure, de la personnalité (elle pensait le connaitre sur le bout des doigts, quelle belle erreur) et surtout il était fort. Quand elle se trouvait près de lui, la jeune femme se sentait tellement en sécurité. En même temps, les circonstances de leur rencontre étaient sans doute la raison de tout cela.

« Il m’a sauvé la vie. »
Dit-elle, son sourire s’agrandissant encore plus. « Une ombre dans la nuit, un monstre, a essayé de m’enlever. » Ce monstre n’était autre que Quasimodo, le sonneur de cloche de Notre Dame de Paris à qui la gitane avait offert de l’eau par la suite, alors qu’il se trouvait sur la potence. Elle ne pensait pas être trop méchante en le qualifiant de monstre, puisque son corps le montrait lui-même après tout. Elle était loin encore de connaitre l’ange qui se cachait sous cette laideur. « Il était là et il m’a sauvé de ses griffes. Il m’a pris dans ses bras… jamais je ne pourrais oublier ça. »

Ce qui n’allait pas manquer de la perdre dans le temps.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 16 Sep - 14:33

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Je pense que, si j'étais dans la capacité de voir ce Phoebus au sujet duquel Esmeralda ne tarit pas d'éloges, je serais incapable de savoir s'il est effectivement beau ou non, l'on n'a guère pu m'inculquer les canons de la beauté commune, je ne sais pas si je pourrais reconnaître ce qui est selon tous beau si mes yeux s'éveillaient tout à coup au monde. Mais je veux bien croire que le capitaine de la garde le soit. Puisque la belle bohémienne la voit comme telle. C'est le coeur qui reconnaît la vraie beauté. Si celui de la gitane a reconnu celle de son sauveur, c'est que, quoi que le monde puisse en penser, il est bel et bien beau. Comme Gwynplaine est pour moi ce qu'il y a de plus beau quand sa vue, m'a-t-on pourtant dit, révulse tout un chacun quand il ôte le foulard qui lui couvre bien souvent le visage à demi.

C'est alors qu'elle m'apprend combien elle aime, pour ne pas dire adore, son beau Phoebus, que j'apprends une information qui ne me laisse pas de marbre, et qui même m'intrigue et m'inquiète. Elle a été agressée par un monstre, dit-elle, un monstre qui avait cherché à l'enlever. Si tout cela avait trouvé une issue heureuse et lui avait permis de retrouver l'homme qu'elle aimait, elle avait tout de même bien manqué de se faire enlever, et si un "monstre" avait eu cette idée un jour, il pourrait bien l'avoir de nouveau. Même si la jeune femme a un homme pour la protéger, on est jamais trop prudent. Et moi, de savoir cela, je peux difficilement faire comme si l'information ne donnait en moi lieu qu'à de l'indifférence, c'est loin d'être le cas.

-Si cet homme si merveilleux t'as en plus sauvé la vie, Esmeralda, je n'ai pas même besoin de le voir et le rencontrer pour l'aimer déjà et reconnaître qu'il est un bel homme, tel que tu le mérites.
Je ne sais si je dois revenir ou non sur cette tentative terrible d'enlèvement, je la sens si heureuse, et le coeur si légé car porté par les ailes d'un amour peut-être un peu trop frivolement accordé. Pourrais-je mener son coeur aux souvenirs d'un soir dangereux et sombre ? D'un autre côté, si un mal guette autour d'elle, mieux vaut savoir pour tenter de l'empêcher. Ce monstre qui a tenté de t'enlever, a-t-il été arrêté ?

Son beau capitaine avait peut-être, en plus, sauvée définitivement Esmeralda de son agresseur. Peut-être n'est-il plus, à ce jour, d'ailleurs, sujet au couperet infaillible d'une guillotine dont on fait bien trop usage. Au fond, je le souhaite, je préfère la savoir sauve et à mes côtés, que ce rôdeur monstrueux dans la nature, capable du pire. Que se serait-il passé si la jeune femme n'avait pas été sauvée in extremis ? Je n'ose y penser. Je n'aurais pas supporté de perdre une amie. Encore moins une amie aussi précieuse qu'Esmeralda qui, encore, avec cette conversation me prouve quel individu exceptionnel et sans défauts elle sait si bien être.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mar 13 Oct - 14:55

Déa & Esmeralda
Le théâtre ou la vie
De cette nuit où Esmeralda avait été agressée et sauvée par Phoebus, la jeune femme retenait surtout le fait qu’elle avait rencontré son beau capitaine. Elle avait rapidement oublié le fait qu’un monstre avait tenté de l’enlevé, elle avait même fait preuve de bonté envers lui ensuite. Elle retenait vraiment un bon souvenir de cette nuit, parce que son soleil était arrivé dans sa vie et qu’il lui avait réchauffé le cœur. Sans cette agression, sans le sonneur de cloche, elle n’aurait jamais pu être sauvée par Phoebus. Le sourire de la belle gitane s’étira d’ailleurs quand elle entendit Déa affirma que ce dernier devait être beau et qu’elle le méritait, parce qu’il était son sauveur. La jeune femme était vraiment contente que son amie comédienne la comprenne et la soutienne, même si elle n’avait pas vraiment besoin de cela pour être heureuse quand même. Elle apprécie de pouvoir parler de son amour à une amie proche comme elle, c’est des plus agréables. Et Esmeralda ne pouvait qu’apprécier que les choses aillent dans son sens. Elle n’était pas le genre de personne à vraiment apprécier qu’on lui dise le contraire de ce qu’elle pensait, de ce qu’elle avait envie de croire. Parce qu’elle était complètement perdue dans ses rêves d’adolescente presque femme, de jeune fille en fleur qui avait le cœur bien trop sensible pour ce monde de brute.

Déa revint alors sur le monstre qui avait tenté de l’enlever, elle afficha une légère moue. Elle n’avait pas vraiment envie d’en parler, mais elle comprenait que son amie puisse s’en inquiéter. Ce n’était pas forcément rassurant d’apprendre qu’un monstre tentait d’enlever les jeunes femmes dans les rues, même si l’agression d’Esmeralda avait bien terminée. La jeune femme fit un signe de la tête, avant de reprendre la parole se rappelant que Déa ne pouvait pas le voir.

« Oui. » Elle marqua une pause, repensant au sonneur de cloche et à sa laideur. « Il a été arrêté et il a été jugé. » La jeune femme n’avait pas vraiment suivit cet évènement, mais elle avait vu la suite. « Et il a été puni. » Elle repensa à ce moment où elle l’avait vu réclamer à boire sur la place de Grève, sans que personne en dehors d’elle ne réponde à son appel. Elle poussa un long soupire, se laissant ensuite aller à un frisson en repensant au visage du monstre. Qu’est-ce qu’il était laid. « Tu sais, il m’a fait pitié. Je lui ai même donné à boire. C’est le sonneur de cloche, celui qui vit dans Notre Dame. Si tu pouvais voir son visage… »

En contrepartie de Phoebus, Esmeralda ne souhaitait pas vraiment que son amie retrouve la vue pour observer la laideur de Quasimodo. La jeune femme ne pouvait pas dire qu’elle n’avait plus peur de ce sonneur, bien au contraire, mais elle l’effaçait de son esprit dès qu’elle en avait la possibilité. En même temps, ce dernier était vraiment remplit de l’image de son si merveilleux soleil.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Mer 18 Nov - 11:18

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Loin de moi, vraiment, l'idée de replonger mon amie dans l'horreur de son agression, si je me montre curieuse, c'est par considération et par inquiétude, pas pour faire revivre par la pensée un cauchemar qu'Esmeralda a sûrement grand hâte de pouvoir enfin oublier, et qu'elle a l'air de savoir aisément oublier, pour peu qu'elle pense au beau Phoebus, à son soleil, comme elle le disait si bien. L'amour peut vous préserver des pires horreurs, et changer la douleur en douceur. J'en sais quelque chose. Dès ses origines, ma vie n'a pas été des plus simples. Mais auprès de Gwynplaine, je me sens pousser des ailes. Il rend simple ce qui est difficile... Parfois, aussi, il complique les choses, mais toujours je veux croire que cela en vaut la peine. L'homme a été jugé et puni. Je crois, un temps, qu'il a été exécuté, c'est ce qui arrive bien souvent à ce que l'on juge et ceux que l'on punit. Mais quand elle me parle du sonneur de cloche de Notre-Dame, je comprends bien qu'il n'en est rien. Tout au contraire. Je sais qu'il oeuvre encore dans la cathédrâle, j'en ai beaucoup entendu parler.

Cet homme difforme que l'on peut à peine appeler un homme. Je m'insurge contre ceux qui qualifient autrui de monstre parce que autrui ne répond pas à leurs standards de la beauté. Moi qui ne peut observer cette horreur physique, et qui sait d'expérience combien l'on peut souffrir de ne pas avoir une apparence conforme (cela trouble Gwynplaine plus que de raison, et je ne suis pas sans l'ignorer, j'en souffre, même), je me défie des jugements liés au physique, mais dans les actes aussi, le sonneur de cloches est semble-t-il un homme horrible. Cela change tout, je suis heureuse que la bohémienne s'en soit sortie indemne, et pas entièrement rassurée de le savoir susceptible de rôder dans Paris, de s'en prendre à nouveau à Esmeralda. Ou à d'autres jeunes filles sans défense, qui n'auront pas toujours la chance d'avoir un chevalier servant pour leur porter secours.

-J'ai entendu dire qu'il était horrible, en effet.
dis-je avec la plus grande des réserves. J'ose espérer qu'il ne te posera plus jamais problème, ni à toi ni à quiconque.

C'est un voeu sincère. J'espère vraiment qu'Esmeralda n'aura plus à subir les assauts de cet individu, et j'espère que son Phoebus saura la protéger comme elle pense qu'il le fera toujours. Je crois en l'amour, j'ai un besoin viscéral d'y croire. Même s'il semble compromis, dans mon cas particulier. Alors je veux que ce Phoebus soit sincère, qu'il protège Esmeralda de tout. Et j'espère qu'on me protègera, moi aussi. Même si je ne compte pas apprendre cette histoire avec Dea, si Ursus et Gwynplaine finissent par l'apprendre, ils ne me laisseront plus jamais m'éloigner d'eux, et même si je passe de bon coeur le plus clair de mon temps en leur compagnie, je ne pourrais tout de même pas me passer d'instants comme celui-ci, ou j'ai l'impression de ne pas être une pauvre chose fragile mais un être humain à part entière.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Ven 11 Déc - 13:29

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Esmeralda n’avait pas envie de juger les autres sur leur physique, mais elle n’avait pas vraiment le choix concernant le sonneur de cloche. Dès qu’elle avait posé pour la première fois son regard sur l’homme, elle avait vu l’horreur qu’il fût. Il était informe, véritablement. La gitane ne pouvait évidemment pas oublier cet instant horrible qu’il lui avait fait vivre, mais en même temps elle avait tendance à le rapprocher plus de sa rencontre avec Phoebus (ce qui n’était quand pas désagréable). Ce Quasimodo était un être horrible, autant en dehors qu’en dedans, mais il lui avait quand même fait de la peine. La jeune femme ne parvenait pas vraiment à comprendre ce qu’elle ressentait pour lui, parfois de la pitié, parfois de la peur. Mais en tout cas, elle espérait vraiment qu’il n’allait pas recommencer encore une fois ce qu’il avait fait. Envers elle, ou envers une autre jeune femme. Déa ne manqua pas de soulever le point d’ailleurs, affirmant également qu’elle espérait qu’il ne lui pose plus de souci et qu’il ne le fasse pas non plus à d’autre personne. La jeune femme ne voulait en effet pas que le bossu fasse du mal à quelqu’un. Esmeralda ne pouvait pas s’empêcher de penser à Déa, ou même à Eponine, ses deux amies qu’elle n’avait pas envie de voir vivre ce genre d’instant. Mais au moins, Eponine avait plus de facilité pour se défendre.

« J’espère aussi. »

La gitane avait envie de croire que son Phoebus allait être toujours présent pour la sauver (elle allait se rendre compte que ce n’était pas vraiment le cas prochainement), qu’il arriverait toujours à temps. Mais en même temps, elle ne s’amusait pas vraiment à traîner trop tard le soir dans les rues de Paris, ou jamais sans un ou deux gitans avec elle. Même si elle avait offert de l’eau à ce monstre alors qu’il se trouvait sur la place de Grève, elle ne pouvait de toute façon pas avoir que des sentiments positifs à son égard et elle continuait à avoir peur. Alors qu’il était sans doute l’homme aux intentions les plus nobles envers elle, mais elle était bien trop naïve pour le voir. Esmeralda leva son regard, apercevant au loin le frère de Déa. Elle afficha un léger sourire avant de retourner son regard vers l’aveugle.

« Ton frère est là-bas. » Nul doute qu’il attendait qu’elles aient terminé de discuté pour venir voir Déa. « Je vais te laisser. » Esmeralda n’avait pas spécialement envie de s’imposer et puis, elle se doutait que Déa avait envie de passer un peu de temps avec Gwynplaine. Encore plus maintenant qu’elle connaissait les sentiments de la jeune femme pour son frère adoptif. « Il est temps pour moi d’aller gagner de quoi me nourrir. » La bourse de la danseuse n’était pas encore pleine de sous, mais elle espérait pouvoir remédier à ce détail en bougeant un peu son corps dans les rues de Paris. Elle prit délicatement la main de la jeune femme, pendant que Djali venait se frotter un peu plus contre elle. « Je viendrais voir ton spectacle dès que je peux ! »

Et sur ses mots, la gitane se leva pour s’éloigner, de son pas léger suivit de près par sa chèvre trottinant.

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Message#Sujet: Re: Le théâtre ou la vie (Esmeralda)   Dim 7 Fév - 9:59

Le théâtre ou la vie

Dea ♠ Esmeralda


Inutile de sombrer dans la psychose, vraiment, c'est inutile. L'épreuve endurée par la belle bohémienne n'a pas dû être simple, mais résultat des comptes, elle en est sorti indemne, et si cela lui a permis de faire la rencontre de celui qui fait battre son cœur, c'est peut-être un mal pour un bien. Savoir ce monstre en liberté, susceptible de sévir de nouveau, cela n'est guère pour me rassurer, pas tant vis à vis de moi-même que vis à vis de mon amie, mais celle-ci semble prendre la situation avec grande philosophie, et beaucoup d'optimisme. Alors je décide de m'imprégner de cet optimisme et d'en tirer les meilleures leçons possibles. L'optimisme est aussi supposé être l'une de mes attributions majeures, et je le néglige bien souvent ces derniers temps, alors que je connais les affres du doute, moi qui pensais ne jamais avoir à les endurer. Allons, pensons que tout ira pour le mieux,  pour moi comme pour elle. Il ne sert à rien de s'inquiéter sans cesse, jusqu'à s'empêcher de vivre. Je ne peux le concevoir.

Un sourire naît presque mécaniquement sur mon visage quand mon interlocutrice m'apprend que Gwynplaine se trouve à proximité. Il doit attendre que j'ai terminé ma conversation, m'observe de loin. Je n'avait pas constaté sa présence, souvent, j'arrive à la ressentir. Maintenant que je le sais non loin, j'ai l'impression de sentir la chaleur de son regard sur moi. Il n'en est peut-être rien, mais cette pensée me rassure et me réconforte incroyablement. Esmeralda, profitant de me savoir entre de bonnes mains, en profite pour s'éclipser. Il est temps pour elle de s'en aller, de gagner son paix. Je ne vais pas la retenir. Je sais qu'elle travaille dur, et je ne veux pas la retenir plus longtemps dans son labeur. J'aquiesçe, confiante, quand elle me dit qu'elle viendra voir notre spectacle. Je n'ai aucun mal à la croire, je sais qu'elle est parfaitement sincère.

- À bientôt, dans ce cas.

Ce sont les derniers mots que je prononce avant de laisser à Esmeralda le soin de vaquer à ses occupations. Moi-même, je décide de rejoindre mon frère qui, je crois, s'avance déjà vers moi, à présent que mon amie a pris congé de moi. Je suis heureuse de la conversation que je viens d'avoir avec elle. Je me suis laissée aller à des confidences que je ne pensais pas forcément partager, et cela m'a fait le plus grand bien. Je passe le plus clair de mon temps avec Gwynplaine et Ursus (de temps à autres avec Sylvain, également), je dois reconnaître que, quand bien même je les adore plus que n'importe qui d'autre, voir d'autres personnes me fait toujours du bien. Et cela encore plus ces temps derniers, car ces temps derniers, l'ambiance au sein de notre foyer familial n'est pas au meilleur fixe. Ce n'est pas toujours simple à vivre, je dois le dire. Ça me rassure que de pouvoir un peu m'échapper, par instants, auprès d'eux. Même si ce n'est que quelques temps.

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