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 Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)

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Message#Sujet: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 17 Fév - 15:22

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Il faisait froid, si froid. Marius se trouvait assit dans un coin de ce qui lui servait d’habitation, en face d’un petit feu dans l’âtre de la petite cheminée qu’il avait. Tout était petit, tout était bien loin de la vie qu’il avait eu avec son grand-père. Mais jamais l’homme ne regrettait le choix qu’il avait fait en quittant le domicile familial. Il ne pouvait pas continuer de vivre avec son grand-père, qu’il peinait encore à considérer comme un grand-père en réalité, alors que ce dernier avait mentit tout au long de sa vie. Alors oui bien sûr, sa vie était bien mieux avant, mais au moins il vivait selon ses propres convictions. Même si ces derniers temps, on ne pouvait pas dire que son esprit était assez tourné vers ses actions, ou vers ses études encore. D’ailleurs, cela faisait quelques jours qu’il ne s’était pas rendu en classe. Rien d’étonnant s’il passait son temps en compagnie de ses amis de l’ABC, mais ce n’était pas le cas. Dernièrement, le jeune homme avait tendance à être obnubilé par une seule chose, ou plutôt une seule personne. Elle était tellement belle, elle semblait si douce. Elle hantait son esprit et ses rêves, alors qu’il ne savait rien d’elle. Chaque minute qu’il passait loin d’elle était un vrai calvaire, qu’il ne pouvait apaiser qu’en la voyant. Il n’avait pas besoin de grand-chose, juste l’avoir dans son champ de vision quand il se rendait au jardin du Luxembourg. Sauf que ces derniers temps, il ne la voyait plus. Cela faisait quelque jour qu’elle ne venait plus en compagnie de l’homme qu’il pensait être son père (à juste titre). Par conséquence, Marius ne se sentait pas aussi bien que d’ordinaire, si on pouvait vraiment dire qu’il se sentait bien.

Marius avait l’intention de la revoir, il ne pouvait pas vivre sans elle de toute façon. Il n’imaginait pas son avenir loin de cette jeune femme qui hantait son esprit. Il n’avait aucune idée de l’endroit où sa belle pouvait se trouver et si elle ne venait plus au jardin, il ne pouvait pas la revoir. Il espérait donc la recroiser, ou trouver une solution pour avoir une idée de l’endroit où elle vivait. Marius regrettait sérieusement de  ne pas avoir décidé de suivre la jeune femme et son père afin de connaitre l’endroit où ils vivaient, il se promettait même de le faire si jamais il avait l’occasion de la recroiser un jour. Pour l’heure, Marius décida de quitter ce qui lui servait de logis, dans l’espoir de pouvoir la croiser au gré d’une rue. Il portait un manteau assez chaud, mais cela ne l’empêcha pas de ressentir la fraicheur du temps. Et pourtant, il ne faisait pas beaucoup plus frais dehors que dans son logis. Alors qu’il descendait les marches rapidement, l’esprit ailleurs tourné vers une belle blonde, le jeune homme ne remarqua pas l’autre personne qui arrivait également et qu’il percuta.

« Oh Eponine ! » Dit-il en retrouvant ses esprits maintenant qu’il reconnaissait sa voisine. « Excuse-moi ! »
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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 17 Fév - 21:30


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
L

a jeune fille était éreintée et transie de froid. Elle avait passé la journée entière dehors, vêtue de ses guenilles qui lui découvraient les bras et les jambes, à errer dans les rue de Paris, d'habitations en habitations, afin d'accomplir la basse besogne que lui avait confiée Thénardier père. Ce dernier avait rédigé une série de lettres, sans jamais les signer de son vrai nom, cela va de soi (d'ailleurs, à l'heure actuelle, les Thénardier ne se faisaient pas appeler Thénardier, mais Jondrette), où il se faisait passer pour telle ou telle personnalité en difficulté financière, venant réclamer de quoi se redresser financièrement à un parisien fortuné ou l'autre. C'était une stratégie rarement payante, d'autant que le Thénardier était incapable d'écrire sans faire un nombre incalculable de fautes d'orthographe (quelque fois jusqu'à se tromper dans l'orthographe du nom de son correspondant)... mais quelques fois, les Thénardier pouvaient être surpris. Dans le cas présent, Éponine avait de sérieux doutes, y'avait pas, gringalette comme elle l'était, misérable comme si c'était gravé sur son visage, elle n'était pas spécialement de ceux qui attirent l'attention, la sympathie et qui font qu'on lâche un peu d'oseille. La pitié pouvait fonctionner à la limite, quelques fois, mais si Ponine avait été contrainte à faire la manche plus d'une fois, on ne peut pas franchement dire qu'elle aimait ça. Elle préférait encore ces sales arnaques réprimées par la morale, elle avait l'impression d'en tirer un peu plus de dignité. Elle avait parcouru le tout Paris, son père s'était bien fichu que plusieurs kilomètres séparent parfois une destination d'une autre, elle devait aller partout, et ne pas rentrer tant que ce ne serait pas fait. Parfois, elle se disait que tout bazarder dans les égouts serait encore une solution plus rapide, mais le paternel lui faisait peur. Et puis quelque part, si cela pouvait faire bouillir la marmite au moins un soir dans la semaine, c'était pas un mal. Bon Dieu ce qu'elle avait faim, d'ailleurs. Elle avait rien graillé de la journée, et avec le froid qui s'était invité lui aussi, elle ne se sentait pas au mieux. Elle n'était pas mécontente, pour le coup, d'en avoir fini, et de pouvoir rentrer enfin chez elle. Elle remontait à pas rapide les escaliers pour rentrer chez elle, elle ne put éviter le jeune homme qui fonçait dans la direction opposée. C'était pas pour lui déplaire, au fond. Son coeur s'emballa légèrement, et le froid et la faim eurent moins d'importance quand son regard croisa celui de Marius Pontmercy.

-Vous faites pas de bile, Monsieur Marius.
dit-elle, un sourire s'imposant à ses lèvres alors qu'elle s'excusait, s'exprimant dans cet argot coutumiers qu'elle essayait de calmer quand l'étudiant était dans les environs. Où est-ce que vous courrez, comme ça ?

La question était sûrement indiscrète, mais Éponine ne posait pas tant la question par curiosité mal placée que pour prolonger un peu la conversation. Elle guettait le moindre moment qu'elle pouvait passer avec Marius, et ceux-ci n'étaient pas si nombreux. Ils avaient beau être voisins, tous les deux, les prétextes à se causer n'étaient pas si nombreux.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Dim 8 Mar - 17:40

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Comme Marius ne regardait pas devant lui, ce n’était pas si étonnant que cela que son corps eut heurté celui d’Eponine, sa voisine. Les Jondrette vivait à côté de chez lui, c’était une famille un peu étrange. Enfin, les parents surtout étaient étranges. Marius avait toujours eu un peu de mal avec eux, il ne les appréciait pas réellement. Ce qui n’était pas le cas pour les filles, qu’il aimait bien. Enfin, surtout l’une plus que l’autre en réalité, parce qu’il avait eu l’occasion de passer plus de temps en compagnie d’Eponine. Il l’aimait bien oui, mais cela n’avait rien à voir avec ce qu’elle pouvait ressentir pour lui. Elle n’était qu’une voisine amicale à ses yeux, une amie, mais elle ne deviendrait jamais plus. Surtout pas maintenant que son cœur avait commencé à battre pour les beaux yeux d’une blonde. Le jeune homme s’excusa donc auprès de la jeune femme de l’avoir percuté, s’imaginant que la conversation allait s’arrêter là. Ce n’était pas qu’il ne voulait pas passer du temps en compagnie de sa voisine, mais il avait eu l’idée de partir dans l’espoir de croiser éventuellement celle qui hanté son esprit. Sauf que celle qu’il venait de percuté, reprit la conversation.

« Je sortais. » Se contenta-t-il de répondre, ne sachant pas réellement où il était en train de courir comme elle lui demandait. Il avait bien l’intention d’essayer de croiser celle qu’il aimait, mais il ne savait vraiment pas où ses pas allaient le conduire. « Je voulais faire une petite promenade. »

Il n’était pas honteux de son envie de revoir la belle inconnue, il pouvait très bien en parler, mais il ne le faisait pas. Après tout, il ne pouvait pas savoir s’il allait la revoir. Ce fut à ce moment-là que Marius posa réellement ses yeux pour la première fois sur Eponine. Elle avait l’air frigorifié, ce n’était pas étonnant au vu de sa tenue. On ne pouvait pas dire que les vêtements qu’elle portait étaient vraiment chauds et avec le froid de l’extérieur, il se demandait comment elle faisait pour ne pas être au bord de la pneumonie. Marius avait la chance de pouvoir porter un manteau chaud et il souffrait déjà de la fraicheur de l’air. Evidemment, le jeune homme était au courant de la situation difficile de la famille habitant à côté de chez lui, il ne se trouvait pas forcément dans une meilleure situation. Ils ne vivraient pas ici en fait sinon.

« Tu vas bien Eponine ? Tu m’as l’air frigorifié ? » Est-ce qu’il mettait complètement de côté la femme qui hantait son esprit ? Pas vraiment non, mais pour l’instant son esprit était plus tourné vers sa voisine en effet. « Tu veux venir te réchauffer chez moi ? »

Ce n’était pas forcément le luxe, elle ne parviendrait pas à éviter de tomber malade sans doute, mais c’était surement mieux que chez elle. Marius avait emporté quelques affaires de sa vie chez son grand-père.
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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 10 Mar - 16:29


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
I

l ne répondit qu'en surface à la question d'Eponine, mais cette dernière ne lui en tint pas rigueur. Après tout, il pouvait bien faire ce qu'il voulait, ça le concernait. Bien sûr, oui, l'aînée Thénardier aurait voulu que cela la concerne également, mais elle n'en espérait pas tant d'un homme comme lui. Les souvenirs de sa fortune passée devaient laisser à son regard sur la misère des accents de mépris qu'elle ne se voyait pas à elle seule annihiler, même si elle osait croire avoir su faire naître chez "Monsieur Marius" un semblant d'affection, faute qu'il s'agisse là d'un amour similaire à celui qu'elle éprouvait pour lui, et qu'il réservait à une jolie blonde de la haute contre laquelle il serait plus qu'absurde de rivaliser. Savait-il seulement où il allait ? Il avait beau dire, on était point si pressé à affronter le froid de cette fin d'hiver juste pour se promener, sans rien avoir à l'esprit. Peut-être qu'il allait la retrouver. Non, sans doute pas. Sinon, il n'aurait pas manqué de le lui dire, il se serait moquer de le lui dire. Il ne devait pas imaginer qu'il y avait des sentiments qui pouvaient être heurter, elle n'était même pas certain qu'il sache qu'Éponine, la Jondrette sache ressentir, aussi bien peut-être mieux que sa belle. C'est un mythe qu'on ait besoin d'être lettré et de belle condition pour connaître les grandes passion. Éponine n'éprouvait qu'assez puissamment la sienne pour savoir ce qu'il en était.

Elle allait le laisser partir, mais il reprit la parole, et son coeur battit un peu plus fort. Pour rien. Ou pour pas grand chose en tous cas, juste parce qu'il faisait vraiment attention à elle. Est-ce qu'elle était vraiment frigorifiée ? L'instant d'avant oui, mais le regard qu'il lui adressait l'embrasait de l'intérieur, et elle se sentait bien mieux. Elle ne put s'empêcher de sourire en l'entendant se soucier ainsi d'elle. Le simple fait qu'il la considère du regard, qu'il admette qu'elle soit là et prenne la peine de se soucier de son existence, c'était déjà beaucoup pour elle. Qu'il veille à son bien-être, c'était encore mieux.

-C'est que je voudrais pas contrarier vos projets.
dit-elle sans pour autant esquisser de mouvement pour le laisser repartir et, elle, retrouver sa famille. J'aimerais pas m'imposer.

Et malgré tout, avec bien peu de gêne, parce que ses parents n'avaient guère prit le temps de lui apprendre pleinement la bienséance (il y avait bien mieux à voir autrement), elle entrait déjà chez son voisin. Trop longtemps qu'elle avait envie de voir comment était cette piaule concommittante, où elle se suppliciait à l'entendre vivre. Très près... et pourtant bien loin.

-C'est vrai qu'on se glacerait les os, là-dehors.
ajouta-t-elle en souriant tout en adressant un regard plus que curieux à ce qui était donc le lieu de vie de Marius Pontmercy. Ce n'était sans doute pas si différent de ce que les Thénardier partageaient  à quatre, mais elle s'arrêtait sur chaque détail, comme pour mieux les imprimer dans son esprit. C'était plus de lui qu'il ne lui en avait accordé jusqu'alors.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Jeu 9 Avr - 10:54

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Il était fort probable, évident même, que si Marius avait eu la certitude de pouvoir retrouver celle qui hantait son esprit, il n'aurait pas porter ainsi attention à sa voisine. Sauf qu'il n'avait aucune idée d'où la jeune blonde pouvait se trouver, ni même s'il pouvait la voir aujourd'hui. Cela faisait des jours qu'il ne la voyait plus, alors rien ne pouvait l'en garantir. Peut-être était-il en train de passer à côté de sa chance, peut-être qu'aujourd'hui était le jour où elle se promènerait au jardin du Luxembourg. Avec ce temps ? Non il y avait peu de chance vraiment. Si Marius avait eu envie de sortir pour la chercher, c'était qu'il espérait la croiser en train de courir pour se rendre dans une voiture, dans une maison ou n'importe où pour s'abriter alors qu'elle avait mis les pieds dehors. Et pour cela, il fallait qu'elle ait mis les pieds dehors et surtout qu'elle ne se retrouve pas loin à présent que son père l'avait remarqué. Il y avait donc très peu de chance que l'ancien "riche" puisse trouver sa belle. Et c'était pour cela que son attention avait finalement remarqué que sa voisine était plus que trempée et frigorifiée. Est-ce que Marius s'en voulait de ne pas à ce point prêter attention à Eponine ? De ne pas remarquer de suite qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme et de ne pas chercher à passer un peu de temps avec elle dès le début ? Non, malheureusement non. Parce que vraiment, il s'en rendait bien compte d'ailleurs, s'il avait eu la chance de vraiment croiser Cosette il n'aurait pas prêté attention une seconde à sa jeune voisine.

Il avait beau essayé de mettre tout cela de côté, parce qu'il vivait maintenant dans un autre monde, il pouvait difficilement oublier l'éducation de son grand-père et la différence qu'il y avait entre ses voisins et lui. Ne serait-ce que dans le langage. Marius était un homme de lettre, il étudiait, il apprenait, Eponine était une fille de rue. Il était plus qu'évident que les bonnes manières n'auraient pas du pousser Eponine à entrer ainsi chez Marius, sans qu'il ne l'invite concrètement et pas après qu'elle ait affirmé ne pas vouloir contrarier ses projets. Mais le jeune homme ne lui en tenu pas rigueur, parce qu'elle était justement ce qu'elle était. Une fille des rues, une fille sans éducation. Une personne bien loin de lui, malgré le fait qu'ils vivaient côte à côte. Marius entra chez lui, juste après Eponine, fermant la porte afin d'empêcher un peu le vent frais de rentrer. Ce n'était pas pleinement efficace mais c'était mieux que rien. Il s'approcha de l'âtre de la cheminée afin de raviver un peu le feu qui était toujours allumé. Il n'avait as pris la peine de l'éteindre, afin de ne pas retrouver une pièce complètement gelé à son retour. Finalement, la pièce n'avait même pas eu le temps de refroidir (ce qui ne signifiait pas qu'il faisait si chaud que ça non plus).

« Il est temps que les beaux jours reviennent. » Se contenta-t-il de commenter, parlant de la météo avec sa voisine. La vie serait un peu plus douce une fois que la température allait monter de quelques degrés. « Je vais te prendre une couverture. »

Ce n'était finalement là, que des bonnes manières envers une personne qu'il appréciait. Il n'y avait aucunes mauvaises intentions, aucune idée déplacée. Ce qui n'aurait sans doute pas dérangé la jeune femme, mais ce n'était pas le cas. Il s'approcha d'une male située au fond de la pièce, qu'il ouvrit afin d'en sortir une couverture, sans prêter attention aux autres affaires s'y trouvant. C'était les vestiges de son ancienne vie, quelques souvenirs, de son père notamment. Il la referma aussi rapidement qu'il l'avait ouverte.

« Tiens, réchauffe toi un peu avec ça. » Dit-il en tendant la couverture à sa voisine
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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Sam 11 Avr - 15:00

Éponine Thénardier a écrit:

Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
É

ponine adressait un regard curieux, et qui ne se privait pas de l'être à l'appartement où elle se trouvait désormais, une pièce un peu plus spacieuse que celle où les Thénardier avaient élu domicile, mais assez semblable de manière générale, assez défraichie, puisque la masure Gorbeau était loin d'être de toute première jeunesse, et tout de même réservé aux misérables seulement capables d'un loyer infime. Mais il y avait du bon, chez lui, notamment cette cheminée où crépissait encore un feu agréable, et qui aurait vite fait de lui réchauffer un peu la carcasse. Instinctivement, elle se rapprocha de l'âtre de la cheminée en question y approchant ses doigts. Un frisson de soulagement lui traversa l'échine. Elle ne détourna les yeux des flammes qui mordaient la pierre que pour tourner son regard en direction de Marius, qui fouillait l'intérieur d'une malle, sans doute à la recherche de la couverture qu'il lui avait promise. Elle ne put s'empêcher d'essayer de zyeuter ce qu'il y avait à l'intérieur. Ça aussi, c'était un vieux réflexe, et dont elle n'arrivait pas à se débarrasser (ni ne cherchait vraiment à le faire, d'ailleurs). Elle n'eut guère le temps de voir quoi que ce soit, mais elle était désormais curieuse d'en apprendre davantage. Même s'il n'était peut-être question de rien. Dans un sourire reconnaissant, elle attrapa la couverture que lui tendit Marius et s'emmitouffla confortablement à l'intérieur. C'est sûr, ça faisait un bien fou ! Elle adressa ensuite un regard indéchiffrable au jeune homme. Allait-il s'installer à côté d'elle, ou se contenter d'attendre qu'elle ait fini de trembler comme une feuille morte pour la renvoyer fissa chez elle ?

-Vous êtes bien généreux, monsieur Marius.
Elle resta muette quelques instants, détournant cette fois le regard pour le concentrer sur la cheminée. Le regarder trop longtemps lui faisait de sérieux bleus au coeur tant elle pouvait l'aimer. Mais même son élan de générosité ne suffisait pas à Ponine pour s'imaginer ce qui ne s'imagine pas. Elle devait s'estimer chanceuse, déjà, qu'il lui prête de l'attention et se soucie de son bien être. Elle ne devait pas en attendre davantage. C'est quoi, que vous planquez si bien dans cette malle ?

Au moment-même où elle posa cette question, elle le regretta. Elle pouvait se montrer souvent indiscrète, et ne pas éprouver de scrupules à cela, parce que c'était dans sa nature et qu'elle ne pouvait l'empêcher, mais en présence de Marius, être une moins que rien lui pesait bien plus qu'auprès d'autres. Elle aurait envie qu'il sache la remarquer comme le jolie fille du jardin du Luxembourg. Elle regrettait tout, dans ces moments-là. Ses sales habitudes langagières, son aspect défraichi à à peine dix-sept ans, son caractère abrupt, tout lui semblait tout à coup indigne de lui, et elle ne pouvait pas moins s'aimer que dans ces moments-là.

-Désolée, vous sentez pas de me répondre, pour c'que ça me concerne.


Elle poussa un léger soupir, serrant un peu plus la couverture autour d'elle. De l'autre côté du mur, cette fine cloison mal insonorisée qui séparait les deux appartements, on entendait du mouvement, son père était peut-être en train de rosser Zelma, c'était bruyant, en tous cas.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mer 6 Mai - 0:49

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Il était généreux, oui, sans doute. Mais il n’y avait pas que la générosité qui le poussait à agir comme cela avec Eponine. Bien sûr, il l’appréciait, il trouvait sa compagnie agréable (mais pas au point de voir en elle autre chose qu’une simple voisine), mais ce n’était pas que par générosité qu’il agissait ainsi avec elle. Au fond, le jeune homme devait bien avouer qu’elle lui faisait de la peine, qu’elle lui faisait pitié même. Ils vivaient au même endroit, dans presque les mêmes conditions, mais Marius s’en sortait quand même beaucoup mieux. Parce qu’il avait eu la chance d’avoir l’éducation, parce qu’il était capable de faire quelque chose de sa vie. Oui, vraiment, Marius pensait qu’Eponine avait peu de chance de faire vraiment quelque chose de sa vie. Ce n’était pas vraiment glorieux, mais c’était son éducation qui voulait ça. Comme elle voulait qu’il porte son dévolue sur une fille de « bonne » famille et non sur une fille des rues. Le jeune homme ne répondit rien aux paroles de sa voisine, se contentant de lui adresser un sourire avant de s’installer à ses côtés. La pièce n’était vraiment chaude qu’à côté de l’âtre du feu. Pendant de longues secondes, Marius se perdit dans ses pensées alors que ses yeux étaient fixés sur les flammes. Il n’était pas utile de préciser ce à quoi il pensait, vers qui son esprit était tourné. Et puis finalement, Eponine reprit la parole.

Marius ne put s’empêcher de sentir un frisson parcourir son corps à l’évocation de la vieille malle qu’il avait ouverte et qui attisait visiblement la curiosité de la jeune femme. Le jeune homme n’avait pas spécialement envie d’en parler non. Sa voisine sembla s’en rendre compte, ou alors pas du tout, mais en tout cas elle lui annonça qu’il n’avait pas besoin de lui en parler. Il laissa donc le silence planer. Mais ce n’était pas vraiment le silence qu’ils pouvaient écouter, il y avait du mouvement dans les appartements voisins. Marius entendait toujours du bouquant chez Eponine, qu’elle soit chez elle ou non. Raison pour laquelle, le membre des Amis de l’ABC n’appréciait guère le paternel.

« Ce sont de vieilles affaires. »
Finalement, il répondit à la question de la jeune femme. Parce qu’il entendait le père de cette dernière crier ? Sans doute. « De vieilles affaires de mon ancienne vie. »

Il n’avait pas vraiment envie d’en dire plus. Est-ce qu’elle comprendrait de toute façon ? Il avait la chance de pouvoir avoir un foyer chaud tous les jours, de dormir dans un lit confortable, de jouir de domestique, mais il vivait dans ce taudis. Elle ne comprendrait pas, Marius en était certain. Parce qu’elle rêverait sans doute de la vie que le jeune homme avait quitté pour rejoindre la sienne. Ce n’était pas ce chemin qu’on faisait normalement, mais qu’il avait bel et bien emprunté. Pour respecter ses convictions qui étaient malheureusement remises en cause à cause de l’amour qu’il portait pour la belle fleur du jardin du Luxembourg.

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Quel vide que l'absence de l'être qui à lui seul remplit le monde ! Oh ! comme il est vrai que l'être aimé devient Dieu. On comprendrait que Dieu en fût jaloux si le Père de tout n'avait pas évidemment fait la création pour l'âme, et l'âme pour l'amour.
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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mer 6 Mai - 21:22


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
E

lle détestait ce qu'elle entendait, ou discernait, plutôt, de l'autre côté de la fine cloison qui séparait leurs deux appartements. Le père Thénardier braillait sévère, et Éponine craignait quelque peu que sa soeur se prenne une volée de bois vert, pour une raison ou pour une autre, qui ne serait jamais justifiée. Bien sûr, elle pourrait bien retourner voir sa famille dans l'espoir de calmer le jeu, mais elle ne se faisait pas d'illusions, elle se ferait rosser à son tour. Difficile pour elle de vouloir être ailleurs qu'ici, avec cette couverture qui lui réchauffait le corps et la présence de Marius qui lui réchauffait si agréablement le coeur... Elle voudrait bien que ce moment dure longtemps, très longtemps, autant que possible, ne serait-ce que pour savourer cette compagnie que, pour sa part, il aurait peut-être préféré éviter. C'était pour cette raison (et au nom d'une certaine curiosité, certes) que la jeune femme se montrait si prompte à relancer la conversation, quoique la question qu'elle avait posé était tout de même le fruit d'une curiosité sincère et véritable. Elle aurait bien compris, s'il l'avait trouvé trop indiscrète, et elle n'aurait pas insisté, mais finalement, il accepta de lui apprendre ce que contenait cette fameuse malle. De vieilles affaires, de son ancienne vie...

C'est vrai, le voisin déshérité avait un grand père qui ne manquait pas d'oseille, mais qui refusait d'en lâcher le moindre à son petit-fils, il avait tout lâché par conviction politique, si ça c'était pas être courageux ! Ponine devait bien reconnaître qu'elle avait du mal à comprendre que l'on puisse ainsi décider de renoncer à la richesse et au confort pour une vie triste et désargentée... Elle qui n'avait jamais si ce que ça pouvait être que de mener une vie riche, que de vivre dans l'opulence, et qui par conséquent en avait toujours rêvé, devait bien avouer qu'elle n'aurait vraiment pas pensé pouvoir agir comme ce brave Marius... Dans tous les cas, d'ailleurs, car c'était finalement un conflit familial qui l'avait invité à venir s'installer ici, dans la masure Gorbeau. Combien de fois Ponine n'avait-elle pas songé à abandonner ses parents pour ne plus avoir à être la victime de leurs manigances. Elle s'était imaginé à plus d'une reprise prendre la route avec Zelma, le plus loin possible de ce qui était leur enfer quotidien... Mais elle n'avait aucune opportunité, aucun chance de s'en sortir si elles décidaient de s'en aller. Elles passeraient d'un enfer à un autre, alors à quoi bon.

-Vous avez été courageux.
dit-elle finalement, exprimant sa pensée à haute voix, non sans que cette-dernière soit teintée d'une admiration certaine, qui en disait long sur ses sentiments. D'avoir laissé votre famille pour vos principes. Une sentence presque élégante. En présence de Marius, elle y arrivait. Elle tourna son regard vers la malle, si elle avait été plus Thénardier qu'elle ne voulait l'être à cet instant, elle aurait certainement trouvé un prétexte à la fouiller, mais à Marius, elle ne pouvait pas faire une chose pareille. Des fois j'aurais comme l'envie de faire tout comme.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Jeu 28 Mai - 22:10

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Marius avait l’habitude d’entendre les bruits venir de l’appartement de ses voisins, on ne pouvait pas dire que les murs étaient vraiment isolés. Le jeune homme avait donc souvent l’occasion de « participer » aux engueulades du paternel. Ce n’était donc pas nouveau, il n’y faisait plus vraiment attention au final. Non pas qu’il ne s’intéressait pas à la vie de ses voisins et au sort de ses jeunes voisines surtout, mais il ne pensait pas que c’était son affaire. Et surtout, c’était tellement fréquent qu’il ne pouvait pas y prêter attention à chaque fois. Pendant un temps, le jeune homme écouta donc son voisin crier sans doute sur sa deuxième fille, jusqu’à ce qu’Eponine ne prenne la parole pour le questionner sur ce qu’il y avait dans sa mallette. Marius n’avait pas vraiment envie d’en dire trop, il n’aimait pas spécialement parler de sa vie d’avant son installation dans cet endroit et son engagement chez les Amis de l’ABC. Quand Eponine lui annonça qu’il avait été courageux, Marius leva son regard vers elle légèrement étonné. Il ne se trouvait pas particulièrement courageux au final, parce qu’il n’avait pas été capable de complètement tenir tête à son grand-père et de lui imposer sa vision des choses. Le jeune homme s’était simplement contenté de fuir cette vie de luxe, qui ne lui convenait pas. Oui, il avait abandonné le confort de son ancienne vie pour ce qu’il vivait maintenant, peu de personne aurait été vraiment capable de le faire. Parce que c’était quand même une chance de pouvoir appartenir à la classe aisée. Evidemment, Marius ne voyait pas du tout l’admiration dans la voix de la jeune femme avec qui il avait cette conversation.

« Pourquoi tu ne le ferais pas ? » Lui demanda-t-il sérieusement, après qu’elle lui ait affirmé qu’elle aimerait pouvoir en faire de même. Marius ne voyait pas pourquoi Eponine hésitait, quand on voyait sa famille. Son père n’avait sans aucun doute aucun sentiment pour ses filles. Ponine n’avait donc aucune raison de rester avec eux, il n’y avait au fond rien qui la retenait chez ses parents. A moins l’éventuelle affection qu’elle pouvait avoir pour eux. Mais Marius se demandait si elle en avait. « Tu perds pas grand-chose à les quitter. »

Clairement pas autant que lui quand il avait décidé de quitter son grand-père pour cette vie de « misérable ». Eponine ne pouvait pas perdre plus d’argent, elle n’en avait déjà pas. Ce qu’elle perdrait ? Un toit où vivre, quoi qu’on puisse quand même difficilement affirmer que l’endroit où ils vivaient était réellement vivable. Aux yeux de Marius, cela n’allait donc pas changer grand-chose pour la jeune femme si jamais elle décidait de quitter ses parents. Du moins, c’était son avis et sans doute pas celui d’Eponine. Sinon, elle aurait déjà agis en conséquence.

En parlant du père, ce denier se mit à crier encore plus fort soudainement. Marius ne savait pas ce que la jeune sœur d’Eponine avait bien pu faire, mais cela ne semblait vraiment pas plaire à son paternel.

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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Dim 31 Mai - 15:15


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
F

uir, abandonner ses parents sans un regret, se soustraire à leurs griffes... Combien de fois Eponine en avait rêvé ! Mais il y avait un différence de poids entre le rêve et sa concrétisation, et la demoiselle ne se sentait tout simplement pas apte à franchir cet obstacle de taille. Oh, il y avait longtemps qu'elle avait abandonné l'idée même d'obtenir de ses parents un semblant d'affection. Autrefois, quand elles étaient gosses, elle et Azelma, cela avait pu arriver, bien sûr, mais de l'eau avait coulé sous les ponts, depuis. Dès lors qu'elles étaient devenues "utiles", elles étaient devenues par voie de fait bien moins aimables. Peut-être les parents Thénardier aimaient-ils leurs filles, tout comme Ponine gardait peut-être un fond d'affection pour sa génitrice et son géniteur, mais cela était enseveli sous le poids des insultes, des fois où elle s'était faite rosser, et des magouilles dans lesquelles elle s'était laissée entraîner sans vergogne. Oh oui, elle rêvait bien souvent de partir. Et elle enviait plus qu'à son tour son cadet qui ne donnait pas vraiment l'impression de l'être, Gavroche, qui déambulait librement dans Paris, sans toit ni attaches... Elle l'enviait... Et pourtant, non, elle ne se sentait pas capable de l'imiter, d'écouter son envie impérieuse, et de lâcher cette vie pour se consacrer à une autre. Ça l'avait effleuré, sans l'ombre d'un doute, mais elle ne passait jamais de la pensée aux actes... Et même maintenant, alors que les propos de Marius lui donnaient envie de tenter sa chance loin de ses parents, elle savait pertinemment qu'elle ne le ferait pas.

D'une part, parce qu'il y avait Azelma. Fuir sans sa soeur cadette était impensable. Elles s'étaient toujours serrées les coudes, quelle que soit la situation, et surtout, personne ne comptait plus qu'elle à ses yeux (bien que le jeune homme face à elle était en train de prendre une place bien conséquente, peut-être même encombrante), alors non, elle ne l'abandonnerait pas. Bien sûr, Zelma serait sans doute la première à approuver un "projet d'évasion", mais se débrouiller entièrement par elles-mêmes, malgré tout ce que la rue leur avait déjà appris, malgré leur débrouillardise naturelle, semblait quand même laborieux, et dangereux, aussi, si Ponine n'arrivait pas à protéger Zelma comme il se doit, en l'assumant seule, elle ne saurait jamais se le pardonner. C'était ça, aussi, qui la retenait. Elle avait beau connaître mieux les rues de Paris que beaucoup d'autres, savoir s'assumer sans toit sur la tête, et survivre constamment sans s'abandonner à des magouilles dignes de son père, c'était un pari hautement risqué, et elle le savait bien. Ça pourrait mal finir, très mal finir. Les filles comme elle, de sa physionomie et de son âge, abandonnées à la ville, finissaient à peu près toutes de la même manière. Jamais Ponine n'avait vendue ses charmes, hors de question qu'elle le fasse un jour.

-On perd rien quand on a rien à perdre, mais je peux pas laisser Zelma... et si jamais, j'pourrais pas la prendre avec moi non plus.
Elle esquissa un sourire, qui avait quelque chose d'un peu triste. De toute façon, ils nous laisseraient pas partir, ils nous retrouveraient forcément.

Ça, elle en était sûre. Escorté de sa bande de malfrats, les patron-minette. Le sort qu'ils lui réserveraient alors serait bien pire que tout ce qu'elle avait pu endurer jusqu'ici.

-À moins que le vieux me vende à un gars de la haute pour finir le mois, je suis coincée ici.




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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 23 Juin - 9:20

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Marius ne voyait vraiment pas ce qui pouvait retenir Eponine de quitter sa famille et de se lancer dans sa propre vie, avec ses propres décisions. On ne pouvait pas vraiment dire qu'elle ait beaucoup d'attache pour ses parents, qui semblaient surtout se servir d'elle afin de ramener de l'argent au foyer. En plus de cela, le géniteur ne semblait pas enclin à avoir de la reconnaissance pour ses filles, vu le nombre de fois où le jeune homme pouvait l'entendre hurler contre elle, comme en cette seconde. Marius avait été celui qui avait quitté sa vie de luxe pour se retrouver dans ce taudis, afin de pouvoir suivre la voix qu'il chérissait. Il ne s'en sortait pas trop mal au final, même si ce n'était pas facile tous les jours. Le jeune homme avait donc envie de croire que sa voisine pouvait bien s'en sortir aussi, surtout qu'elle avait bien plus de ressource que lui. Il ne fallait pas demander à l'ancien aristo d'aller voler quelque chose dans une maison afin de pouvoir avoir du pain dans son assiette le soir même. Il passait plutôt son temps à rêver. C'était cela la grande différence entre lui et Eponine, l'une avait bien plus la tête sur les épaules que l'autre. Marius avait envie de croire que ce petit groupe de révolutionnaire qu'il avait intégré pouvait faire de grande chose avec leurs actions (alors qu'au fond, ils n'étaient qu'une pichenette dans la société), qu'il pouvait terminer ses jours aux bras de la belle blonde aux grands yeux bleus qu'il aimait, et tout cela sans rien perdre de plus. Marius était un beau rêveur.

Mais Eponine lui ouvrit les yeux en lui expliquant qu'elle ne pouvait pas quitter ses parents et pour de bonnes raisons. Eponine avait une jeune soeur qu'elle n'avait aucune envie d'abandonner, mais qu'elle pouvait difficilement assumer seule. Et elle n'avait pas tort en pensant que ses parents n'allaient pas les laisser faire. Visiblement, ses voisins avaient besoin de leurs filles pour gagner leur croute, puisqu'ils leur laissaient tout le sale travail. Il y avait peu de chance qu'ils apprécient qu'elles prennent la tangente. Et même si elles pouvaient quitter Paris et s'éloigner d'eux, elles n'avaient aucune ressource pour survivre. Il était bien plus facile de tout quitter quand on avait de quoi emporter avec lui, comme Marius. Marius qui réalisait que son voisin pouvait très bien vendre Eponine à un homme de la haute société, afin de pouvoir gagner plus d'argent. Etrangement, le jeune homme ne put s'empêcher de ressentir un frisson à cette idée. Malheureusement, c'était simplement la vérité d'une situation qu'il ne parvenait pas vraiment à comprendre et il préférait ne pas imaginer ce qu'un homme pourrait faire de la jeune femme en l'achetant.

« Si jamais... »
Commença-t-il, hésitant un peu. « Si jamais tu as besoin, toi et ta soeur avaient besoin, je vous aiderais. »

Il avait pitié, clairement. Ce n'était pas vraiment jolie, mais c'était comme cela, Eponine lui faisait tout simplement pitié. Parce qu'elle pouvait très bien se retrouver obligé de vendre son corps pour se nourrir et cela ne devrait jamais arriver normalement, dans un monde correct.


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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mer 24 Juin - 16:14


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
À

entendre ainsi Marius prononcer ces mots, elle ne pouvait avoir aucun doute, vraiment aucun, quant aux raisons qui l'avaient poussée en premier lieu à éprouver ces sentiments intenses et indéfectibles, qui lui rongeaient l'âme au quotidien, mais en même temps, faisaient son plus grand bonheur pour les quelques instants qu'elle pouvait passer avec lui, ces quelques instants au cours desquels elle avait le sentiment de compter pour lui, de se soucier d'elle. Si jamais elle et Azelma décidaient de démarrer une nouvelle vie, à l'écart de leurs parents et de ce qu'ils faisaient subir à leurs filles, il les aiderait. Comment ? Ponine préférait ne pas lui poser la question, pour la simple et bonne raison qu'elle savait très exactement ce qu'elle devait répondre, ce qu'il lui convenait de répondre... Il pouvait peut-être les supporter financièrement, qui sait ? Mais le jeune homme ne roulait pas sur l'or, en quittant le domicile de son grand-père, il avait renoncé à une vie pour le moins fastueuse... peut-être avait-il autre chose à l'esprit, mais elle ne lui laisserait pas le temps de s'expliquer. Pas même pour Zelma, à qui elle tenait comme à la prunelle de ses yeux. Elle ne pouvait pas accepter, elle n pouvait rien accepter de lui. Elle ne demandait pas la charité, vraiment pas. Et s'il devait un jour lui accorder quelque chose, elle voulait que ce soit par amour, pas par pitié. Surtout pas par pitié.

-Merci. dit-elle dans un sourire tout ce qu'il y a de plus reconnaissant. Mais je ne vous demande rien, monsieur Marius.

Elle ne lui demandait rien, non. Elle attendait de lui des choses qui n'arriveraient jamais. Elle nourrissait à son sujet des rêves et des espoirs, qu'elle savait vains et irréalisables. C'était douloureux, mais c'était une information qu'elle avait comprise et intégrée, d'une façon d'autant plus prégnante que l'homme n'avait d'yeux désormais que pour sa jolie blonde du jardin du Luxembourg. Non, elle ne pouvait rien lui demander, car il ne pouvait rien lui offrir de ce qu'elle attendait de lui. Et elle ne voulait pas être celle à qui il faisait la charité pour soigner sa conscience, elle ne voulait pas être celle qui lui faisait éprouver de la compassion et de la pitié, elle ne voulait que lui inspirer un seul sentiment. Un seul. Et il ne le ressentirait jamais. Mieux valait supporter sa misère, en protégeant sa cadette comme elle le pouvait, que de devoir son Salut à l'ampathie de celui pour qui son coeur battait, encore maintenant, alors qu'il s'emballait comme un train fou. Nul ne devrait pouvoir aimer avec autant de douleur. Oh, comme elle l'enviait, son bel étudiant, que d'aimer sans douleur, sans souffrance, que d'apprendre et pouvoir apprivoiser l'autre. La réciprocité tenait plus à ses yeux de l'idée et du mythe que d'une possibilité quelconque. Ou du moins pas pour elle. L'amour partagé, les plus belles idylles, étaient belles mais offertes à d'autres. Pour elle, il ne restait que des miettes de sentiments.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Jeu 16 Juil - 17:37

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Quand Marius proposait à Eponine de l’aider, il le faisait effectivement parce qu’il avait pitié d’elle. Il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir pitié pour elle et pour sa sœur, parce qu’elles vivaient dans une situation plus que compliquée. Marius n’était pas vraiment aidé de ce côté-là, il avait une vie assez misérable comparé à celle qu’il avait quand il vivait avec son grand-père, mais il avait la chance de ne pas avoir les mêmes parents que les deux jeunes femmes. Concrètement, le jeune homme n’aimait vraiment pas ce qu’elles vivaient. Ce n’était pas vraiment glorieux d’avoir de la pitié comme ça, mais Marius n’y pouvait pas grand-chose. Il était évident que s’il ne vivait pas à côté d’elles, il ne serait pas aussi intéressé par leurs sors que maintenant. Marius était loin d’être quelqu’un de bien au fond, du moins il ne s’intéressait pas toujours à autre chose que ce qu’il vivait. En dehors de la cause qu’il défendait en compagnie des Amis de l’ABC, il ne prenait parti que pour peu de chose. La misère humaine ne le touchait que quand elle était proche de lui, même maintenant alors qu’il vivait à son tour dans la misère. C’était des restes de son ancienne vie. Et ce n’était pas pour rien au fond que le jeune homme était attiré par une jeune femme jolie comme un cœur, il se fiait énormément aux apparences. Eponine était jolie aussi, il ne pouvait pas dire le contraire, mais elle était loin d’être comme Cosette. Les apparences, toujours les apparences.

La jeune femme refusa son aide, du moins elle lui affirma qu’elle ne lui demandait rien. Soit, il n’allait pas la forcer non plus après tout. Mais il était important qu’Eponine sache qu’elle pouvait compter sur lui dans tous les cas. Quoi qu’il affirmait cela maintenant, mais ce n’était pas forcément évident. Marius n’était pas aussi fiable qu’il pouvait le penser. Une fois que la jeune femme qui emplissait son esprit approchait, il n’y avait plus rien à tirer de sa part. Ce n’était pas pour rien qu’il était régulièrement absent lors des réunions des amis de l’ABC, ce n’était pas forcément évident de lui faire confiance du coup.

« Si jamais vous avez besoin, vous pouvez venir vous réfugier ici. »

Après tout, les parents des deux jeunes femmes n’étaient pas agréable et il arrivait souvent qu’ils se montrent violent, Marius les entendait très souvent. Si jamais c’était trop, elles pouvaient toujours chercher un refuge chez lui. Eponine et Azelma, les deux pouvaient tenter de trouver un refuge (s’il était présent bien sûr, ce qui n’était pas forcément évident). Mais il ne fallait pas se leurrer, Marius allait sans doute rapidement oublier les problèmes de ses deux voisines, quand il allait s’éloigner et poursuivre sa vie donc. Mais ce n’était même pas volontaire en plus, il ne le faisait pas exprès. Un jour, il allait peut-être ouvrir un peu les yeux et se rendre compte qu’il y avait quelque chose de bien plus important avec Eponine. Il fallait espérer que cela n’arriverait pas trop tard.

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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Jeu 16 Juil - 19:37


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
S

i l'on demandait à Éponine d'énumérer les qualités de Marius Pontmercy, nulle doute qu'elle serait capable d'y passer la journée, elle trouvait tant à dire ! La vie lui avait donné beaucoup, et il avait renoncé à ces richesses pour demeurer fidèle à ses convictions. Qui d'autre serait capable d'une telle chose ? Très peu de personnes, selon Ponine. La jeune femme elle-même, d'ailleurs, n'était pas vraiment certaine qu'elle serait capable de faire ce qu'il avait fait si elle se trouvait dans sa situation. Non pas qu'elle veuille vraiment accéder au statut des gens de la haute qu'elle troussait allègrement, mais une vie un peu différente, elle ne serait pas contre. Une vie où elle ne connaitrait pas la faim et la misère, une vie où elle pourrait être aimée de celui qui veillait à sa protection mais, sans le savoir, ne veillait pas à ce coeur qui ne cessait de battre la chamade quand elle le regardait comme maintenant, et quand elle l'entendait comme maintenant se montrer si généreux. Car oui, parmi les qualités les plus grandes que Ponine reconnaîtrait à Marius, il y avait la générosité, et elle lui allait si bien. Quelle belle perspective que de se sentir à l'abri de tout ce qui les tourmentait, protéger par ce héro de Marius. L'ennui, c'est que c'était impossible. Ils étaient voisins, leurs parents sauraient immédiatement. Et alors, Marius risquait de s'exposer aux foudres de ses parents, et elle ne souhaitait à personne d'être dans le collimateur des parents Thénardier. Son offre était aussi généreuse que lui, mais une fois de plus, elle ne pouvait pas accepter. Ce n'était pas l'envie qui manquait, pourtant, vraiment pas. Elles seraient tellement mieux, ici. Les murs étaient relativement les mêmes, quoique sa fenêtre, à Marius, semblait bien fermer, au moins, mais la compagnie était quand même bien meilleure. À choisir, Ponine en profiterait pour elle toute seule... Mais si elle ne voulait pas croire que Marius soit un homme qui se partage, elle croyait malheureusement volontiers qu'il soit par contre tout entier à une autre.

-Merci. Pour sûr, vous êtes un vrai gentilhomme.
Elle poussa un léger soupir. Elle n'osait pas lui opposer de nouveau un "non" franc et direct, et pourtant, avait-elle vraiment le choix ? Peut-être que c'est elles qui n'auraient pas le choix, un jour, mais jamais Ponine ne tolèrerait d'exposer Marius aux foudres de ses parents. Vous les connaissez pas bien encore, fit-elle en désignant d'un geste de la tête l'appartement voisin, j'voudrais pas qu'il vous cause des embrouilles.

Quoique sa mère n'était pas à redouter, pas vraiment... Toute mégère qu'elle était, elle avait ce seul et étrange mérite d'aimer ses deux filles. C'était son père, surtout, dont elle cautionnait les méfaits, qu'il fallait redouter, et redouter fort, si l'on avait un peu de présence d'esprit. Pour le nombre de fois où elle avait taté de son ceinturon, elle ne pouvait vouloir que celui pour qui son coeur battait subisse la violence de cet homme que rien n'avait jamais arrêté, absolument rien, et pas même sa famille, d'ailleurs.






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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 11 Aoû - 13:54

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Quand Marius proposait à Eponine de venir se réfugier chez lui avec sa sœur si jamais leurs parents (surtout leur père) se montraient trop durs, ce n’était pas des paroles en l’air. Le jeune homme souhaitait vraiment apporter son aide à la jeune femme et sa sœur. Evidemment, ce n’était pas comme Eponine l’aurait souhaité. Ce n’était pas simplement parce qu’il était son prince charmant qui allait la sauver des griffes du méchant dragon. Marius avait envie de lui venir en aide, mais ce n’était en rien par des sentiments amoureux. Parce que son cœur était entièrement pris par Cosette, cette merveilleuse blonde qui était entré dans sa vie. Si le jeune homme devait qualifier sa relation avec sa voisine, cela ressemblerait bien plus à une relation fraternelle. Ce qui était donc à mille lieues des espoirs de la jeune femme qui était éperdument amoureuse de lui, alors que lui ne voyait rien. Non, Marius était incapable de voir les sentiments de sa voisine à son égard. Il ne les imaginait même pas une once de seconde. Peut-être parce qu’ils ne venaient pas du même monde. Même si le jeune homme avait abandonné sa condition afin de suivre ses convictions politique, il n’empêchait qu’il venait quand même d’un monde bien plus haut que celui de sa voisine (un peu comme Cosette donc, même si elle était loin d’être comme lui). Le jeune homme peinait donc à voir sa voisine comme une jeune femme digne du mariage, puisqu’évidemment il n’y avait pas relation sans union officielle. Et Marius avait bel et bien l’intention d’épouser Cosette, même si ce n’était pas tout à fait évident. Mais malgré tout cela, son geste était quand même pur envers sa voisine. Il entendait régulièrement son voisin engueuler (voir plus) ses filles et il ne pouvait qu’avoir envie de leur apporter son soutien. Quoi qu’il puisse avoir comme ennuis.

« Il ne faut pas que tu t’inquiètes pour moi Ponine, je sais me défendre. » Après tout, le jeune homme était quand même un membre des Amis de l’ABC et il avait l’intention de se battre physiquement pour ses convictions, même si clairement ces dernières étaient remises en cause avec les sentiments qu’il avait pour Cosette. « Et je ne vois pas ce qu’il peut me causer plus d’embrouille. »

Evidemment, l’homme pouvait très bien décidé de lui faire du mal physiquement et il était clair que ce dernier pouvait très bien lui causer des ennuis. Mais en dehors de cela, Marius ne voyait pas ce qu’il pouvait vivre de pire. Techniquement parlant, il n’avait plus rien à lui. Au niveau du matériel, il n’avait plus grand-chose de valeur en dehors de léger vestige de son passé. Il était clair que le paternel d’Eponine pouvait très bien lui sauter à la gorge, mais tant pis. Franchement, le jeune homme ne craignait pas l’homme, il ne lui faisait pas peur. Alors il n’avait aucun souci à prendre des « risques » en aidant ses filles.

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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Mar 11 Aoû - 17:56


Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux
Ç

a, que le beau Marius sache se défendre, Ponine en était tout à fait convaincue et certaine, elle n'avait pas le moindre doute à ce sujet, et, si elle en avait eu, elle l'aurait immédiatement occulté, car elle n'avait pas envie de trouver le moindre défaut à son voisin qui avait tout ce que les autres hommes devraient vouloir posséder. Le courage, la force de volonté, la générosité. Mais tout beau prince qu'il était, il aurait, s'il s'opposait au père Thénardier (envers lequel il croyait avoir une dette d'honneur, chose qu'il ne réalisait heureusement pas pour le moment), pour adversaire un monstre conséquent. Alors oui, elle s'inquiétait pour lui, qu'il sache se défendre ou pas, qu'il ait peur ou non de son géniteur, la jeune femme était à présent certaine qu'il ne mesurait pas les risques qu'il pourrait prendre en les secourant elle et Azelma, et puis, en fin de compte, qu'est-ce qui se passerait s'il tenait ses engagements. Il ne pourrait pas les protéger ou leur permettre de se réfugier chez lui éternellement, bien sûr que non. Il n'en avait pas les moyens, et peut-être pas l'envie sur le long terme, si cela compromettait ses plans pour se rapprocher de la jolie blonde qui lui tournait la tête. Un secours temporaire pour la revanche que saurait prendre sur lui le père Thénardier, ça en valait vraiment pas la peine, surtout que si Marius n'avait pas grand chose, il avait au moins ce toit au-dessus sa tête. Elle allait pas lui ôter, tout de même. Il ne voyait pas ce qu'il pouvait lui faire de plus, mais Ponine voyait très bien, elle. Parfois, Alphonse Thénardier ne se contentait pas d'arnaquer les braves gens, il était capable de bien pires, il s'était déjà rendu coupables terribles. Le mot "embrouille", qu'elle avait employé tantôt, était bien léger, mais il y avait des secrets que, même à lui, elle ne répèterait pas, ne pouvait pas répéter. Ponine ne voulait pas alarmer ou angoisser son beau voisin, mais, pour son propre bien, elle ne le laisserait pas faire, sans quoi des deux, ce ne serait pas forcément qui l'on croit qui se retrouverait à protéger l'autre.

-Mieux vaut qu'vous voyez pas.
se contenta-t-elle de répondre, refusant par conséquent et pour des bons la main tendue par son interlocuteur, et ce n'était pas faute, pourtant, de vouloir la serrer dans la sienne pour ne plus jamais la lâcher. Elle poussa un soupir. Dans l'idéal, elle serait bien restée là, à oublier ce qui se tramait de l'autre côté de ce mur fin comme du papier qu'elle observait maintenant avec l'ombre d'une inquiétude. Si elle restait, il allait insister. Ce serait pas désagréable, mais elle ne pouvait pas le permettre. J'ferais bien de me rentrer avant qu'ils se demandent où j'ai passé. affirma-t-elle, collant à son visage un sourire qui se voulait habitué. Puis, vous aviez l'air pressé, tantôt, j'vais plus vous retenir.

Même si elle avait aimé qu'il la retienne, surtout qu'à courir comme ça, il se pouvait bien que ce soit après sa belle apparition, et elle, la brave Ponine, moins belle mais plus accessible, avait pour une fois eu l'avantage. Ce serait sans doute la seule et unique fois.





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Message#Sujet: Re: Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux (Eponine)   Lun 7 Sep - 15:19

Eponine & Marius
Il n'y a pas plus aveugle qu'un amoureux.
Marius insistait, mais il voyait bien qu’Eponine n’avait pas l’intention d’accepter son offre. Il ne pouvait pas la forcer bien sûr, mais c’était important qu’elle sache quand même qu’il était présent pour elle si jamais il en avait besoin. Parce qu’il espérait quand même qu’elle vienne le voir en cas de gros ennuis avec son paternel. Mine de rien, Marius tenait quand même énormément à sa voisine. Sans doute pas de la manière dont celle-ci aimerait (ce qu’il ne devinait pas du tout bien sûr), mais il tenait quand même à elle. Parce qu’il l’appréciait et qu’il l’a considérait comme une amie. C’était cela, elle était une amie pour lui alors qu’elle aimerait clairement qu’ils soient plus que cela. Mais Marius ne voyait rien des attentes de la jeune femme, parce qu’il était tout bonnement incapable de voir quoi que ce soit en ce moment. Quoi qu’il était déjà aveugle avant même que Cosette n’entre dans sa vie, il connaissait Ponine bien avant la blonde. Avec le temps, sans la jeune blonde qui emplissait son esprit, il aurait pu se voir naître des sentiments pour elle (quoi qu’il n’était pas possible de le savoir au final). Au final, Marius tenait énormément à Ponine plus comme si elle était une jeune sœur qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’avoir autrement. A ses yeux, il était donc important qu’elle sache qu’elle pouvait compter sur lui en cas de problème. Il s’en voudrait s’il ne faisait pas quelque chose pour elle, alors qu’elle en avait besoin (même s’il ne faudrait pas grand-chose finalement pour qu’il oublie ensuite). Il n’insisterait donc pas d’avantage, surtout que la jeune femme avait décidé de s’en aller.

Marius ne répondit rien, se contentant d’observer le sourire qui s’était installé sur le visage de la jeune femme. Il ne savait pas vraiment quoi penser de tout cela au final, parce qu’il entendait bien que le patriarche était en colère (au vu de la manière dont il criait sur son autre fille). Mais en même temps, Eponine avait raison sans doute de rentrer avant que son père ne se pose des questions et donc par conséquence, la punisse de son retard. Et puis, elle fit mouche en mentionnant le fait qu’il était pressé quand ils s’étaient croisés. Effectivement, maintenant qu’il y pensait (c’était à se demander comment il avait pu oublier), il s’apprêtait à sortir afin de se rendre dehors espérant croiser celle qu’il aimait (malgré le mauvais temps qui régnait dehors). Forcément, maintenant qu’il y pensait de nouveau, le jeune homme avait envie d’enfiler de nouveau son manteau afin de quitter ce logis et espérer croiser celle qui faisait battre son cœur.

« C’est vrai, je devais sortir. » Dit-il doucement, se perdant quelques secondes dans ses pensées avant de retourner ses yeux vers Eponine. « Prends soin de toi et n’oublie pas ce que je t’ai dit. »

Il ne l’a retenait pas donc, puisqu’elle avait l’intention de rentrer il ne voyait pas de raison de la retenir. Et lui, il avait l’intention de sortir justement.

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