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  À la volonté du peuple [pv Marius]

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Message#Sujet: À la volonté du peuple [pv Marius]   Lun 16 Fév - 14:33


À la volonté du peuple
S

ur les tables laissées à l'abandon, des restes de ripailles, multitude de bouteilles vide et un halo persistant nuage de fumée qui embaumait la pièce d'une odeur proche d'être étouffante. Comme c'était souvent le cas, ils étaient partis vaquer à leur occupation sans guère se soucier vraiment du désordre qu'il pouvait bien mettre. Le résultat final était en lui-même peut-être plus affligeant encore que la "réunion" à laquelle il venait tout juste d'assister. Par moments, la situation rappelait à Enjolras que ces soi-disants partisans de la révolutions et prêts à tout pour défendre les idéaux de cette-dernière n'étaient jamais qu'une bande d'étudiants bon camarades et bon vivants, qui pour certains paraissaient aimaient se trouver le prétexte des réunion des Amis de l'ABC pour se souler allègrement sans évoquer un seul instant le moindre semblant de conscience politique. Bien sûr, ce n'était pas toujours le cas, il arrivait que cette arrière-salle du café Musain sache être le lieu d véritables conversations dont le jeune homme pensait l'impact et l'importance sans doute bien plus grands que cela n'était le cas en vérité. Même lors de réunions comme celle-ci, où Enjolras n'avait jamais l'impression que d'avoir affaire à une bande d'adolescents braillards et indisciplinés, il y avait toujours Combeferre et Courfeyrac pour rehausser un rien le niveau. Mais ils étaient partis. La réunion était achevée, tous s'en étaient allé à leurs.... vies... Et comme toujours, Enjolras était le dernier à daigner déserter les lieux, c'est que d'avoir dans la vie autre chose que l'ambition de sauver sa patrie était un concept qui échappait quelque peu à l'étudiant qui, du lever au coucher, ne semblait avoir d'yeux et de pensées que pour sa chère révolution.

Il demeurait donc là, assis sur une chaise, les pieds reposant sur une autre, quand il entendit des bruits de pas se rapprocher. Son regard se posa sur la porte qui, quelques instants après, s'ouvrit en effet. Marius venait d'arriver, illustrant au mieux ce que cela peut être que de débarquer bien après la tempête. Enjolras se contenta de lui adressait l'expression la plus neutre possible avant de reprendre la parole.

-Tu arrives trop tard.
déclara-t-il d'un ton où perçait l'ombre d'un reproche.

Dernièrement, il était moins que rare de voir Marius débarquer à leurs réunions et retard, après l'heure, ou de tout simplement ne pas le voir du tout. C'était regrettable. Enjolras avait rapidement éprouvé à l'égard de cet ancien monarchiste reconverti en parfait révolutionnaire une profonde sympathie. Comment ne pas apprécier un parcours tel que celui de Marius, alors qu'il avait abandonné le confort d'une vie luxueuse et bien rangée pour celle d'un étudiant sans le sous, ce uniquement par conviction politique ? Ceci dit, dernièrement, il était distant, et même lorsqu'il était présent, le chef de file des amis de l'A B C avait quelque part le sentiment (erroné, qui sait) qu'il était absent, comme si son esprit vagabondait ailleurs. Où ça ? La rumeur courait qu'il avait rencontré une fille... La gente féminine ou la plaie de l'humanité. Avec un peu de chance, ce n'était que des ragots. Dans tous les cas, il était sérieusement temps que le jeune homme se resaisisse. Pour son propre bien. Et dans l'intérêt général.







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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Dim 8 Mar - 1:10

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Il l’avait cherché pendant des heures encore une fois, comme à souvent ces derniers temps. Cela faisait des jours que Marius n’avait pas eu l’occasion de croiser la jeune femme de ses pensées, il ne pouvait pas s’empêcher de vouloir la revoir. Et c’était pour cette raison qu’il passait tout son temps au jardin du Luxembourg, espérant pouvoir croiser de nouveau sa route. Mais pour l’heure, cela l’avait toujours mené à rien. Le jeune homme était resté des heures sur place, la cherchant encore et encore, au point d’en oublier la réunion des amis de l’ABC qui devait avoir lieu. C’était assez récurant ces derniers temps. Soit il arrivait en retard, soit il ne venait pas du tout. C’était comme ses cours, le jeune homme n’avait clairement pas l’esprit tourné vers ses études de droit. Il s’en rendait bien compte, il était conscient de cela, mais il ne parvenait pas à faire des efforts. Et ce fut encore bien tard que Marius se rappela du rendez-vous qu’il avait avec ses amis.

Il devait se rendre à l’évidence, il n’allait pas croiser la belle inconnue aujourd’hui. Marius décida donc de rejoindre le café Musain afin de retrouver ses amis, dans l’espoir de ne pas arriver trop tard. Il espérait surtout ne pas trop se faire remarquer, parce qu’il n’avait pas envie d’avoir encore des remarques. Le plus important, c’était qu’il se rende sur les lieux et qu’il fasse acte de présence. Le jeune homme s’en voulait pour cela, mais il devait bien avouer que la révolution se trouvait bien loin dans son esprit. Même quand il n’arrivait pas en retard, on ne pouvait pas dire que l’ancien monarchiste était réellement concentré sur ce qui se disait. Il n’y pouvait rien, il ne parvenait pas à retirer cette inconnue de son esprit. Il marcha rapidement jusqu’à l’arrière salle du café, ouvrit la porte et pu constater qu’il était plus qu’en retard.

Enjolras, le dernier à partir comme toujours, se trouvait encore assit sur une chaise. Il avait tourné son regard vers lui et Marius n’eut aucun mal à lire dans son regard. Dans ses mots aussi, il entendait les reproches derrière cette simple phrase. Il n’avait pas réellement d’excuse, il n’en avait aucune en réalité. S’il y avait bien une personne moins bien placé que toutes les autres pour comprendre sa situation, c’était Etienne. Marius avait énormément de respect pour son ami, mais il trouvait qu’il se donnait trop à la cause. Ce n’était pas un reproche autrefois, mais il savait que ses pensées seraient un frein aux yeux de son camarade. Enjolras serait bien le dernier à se laisser emporter dans les beaux yeux d’une femme.


« Je suis désolé. » Se contenta-t-il de dire, refermant la porte derrière lui. Il aurait très bien pu partir puisque la réunion était terminée, laissant Enjolras seul, mais il décida de rester. Il était là après tout, il n’avait rien à faire et il avait envie de se rattraper un peu. « La réunion c’est bien passé ? »

Au vu de la tête du chef de file des amis de l’ABC, non.
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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Dim 8 Mar - 14:27


À la volonté du peuple
L

es excuses de Marius ne pouvaient en rien calmer la rancoeur et la déception d'Enjolras. Il ne pouvait techniquement pas reprocher au jeune homme de ne pas assister à toutes les réunions qui étaient organisées par les amis de l'A B C, elles étaient assez nombreuses, et ses membres y allaient et venaient sans forcément participer à toutes les réunions avec assiduité. À part bien sûr Combeferre et Courfeyrac, qui eux aussi mettaient un point d'honneur à être toujours présents, à moins d'excuses qui étaient à chaque fois parfaitement valables. Celle de Marius ne l'était pas. Certes, il n'avait encore donné aucune raison à son absence, mais il n'en avait pas besoin. Enjolras n'était normalement pas homme à se fier aux rumeurs, mais celles qui concernaient le jeune homme, il était prêt à y croire sans demander confirmation. L'attitude de Marius avait changé assez brutalement. De révolutionnaire invétéré prêt à tout sacrifier à sa patrie, l'on était passé à un homme distrait, qui même lorsqu'il était présent, paraissait ailleurs. Et ce genre de comportement était malheureusement caractéristique de l'homme amoureux. Amoureux, Enjolras ne l'avait jamais été, et ne se donnait pas l'opportunité de l'être, quand il voyait l'effet néfaste de la gente féminine sur les individus les plus convaincus autrement, il se l'épargnait bien. Restait à espérer que cette demoiselle n'était qu'une lubie, et que Marius la délaisserait bien vite, et comme il se devait, au profi de causes plus importantes et plus essentielles. Enjolras balaya donc ses excuses d'un revers de manche (inutile de revenir là-dessus, il était en retard, un point c'est tout) avant d'entendre Marius l'absentéiste lui demander comment s'était déroulée la réunion. En toute mauvaise foi, le chef de file des amis de l'A B C avait envie de répliquer à son interlocuteur que s'il voulait être tenu au courant, il fallait qu'il soit présent. Mais à quoi bon, après tout ? Ce n'est pas comme s'il s'agissait là d'une information qu'il soit capable d'ignorer.

-Elle n'a guère été productive.
se contenta-t-il de répondre évasivement.

Et il y avait, il faut dire, peu de choses à ajouter sur le sujet. Cette réunion avait certes été longue, mais tout aussi vaine. Si des sujets d'importance avaient pu être traités, ils ne l'avaient été qu'en surface. Sur ce point également, l'absence de Marius n'en était que plus déplorable au regard d'Enjolras, car quand il prenait la peine de s'investir dans les débats qui avaient lieu dans cette arrière-salle, il n'en faisait pas seulement semblant, et ses opinions étaient toujours profitables, et ses interventions judicieuses. Quel dommage de gâcher un esprit rhétorique tel que le sien en badinage sentimental insipide.

-Où étais-tu ?
demanda-t-il ensuite, bien que dors et déjà conscient de ce qu'il allait sans doute lui répondre.

Quand bien même il lui fournirait peut-être une toute autre excuse, le jeune homme serait tout simplement incapable d'y croire, portant un crédit total à la rumeur qui courait concernant celui qui, il le voulait, serait tout de même son compagon d'arme le moment venu.







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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Lun 6 Avr - 14:56

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Marius sentait bien les reproches de son ami, il savait bien qu’il n’était pas content de son absence. Il s’en voulait d’ailleurs, il sentait la culpabilité s’emparer de son cœur alors qu’Enjolras renvoyait ses excuses d’un revers de la main. L’ancien « riche » connaissait assez bien son ami pour savoir reconnaitre les signaux, pour deviner quand il y avait vraiment quelque chose qui l’agaçait. En même temps, Enjolras avait un caractère ou rapidement quelque chose pouvait l’agacer. Sauf que Marius n’aimait pas quand cela était tourné vers lui, quand il était responsable. Puisque c’était bien le cas après tout. Il s’en rendait bien compte, il aurait été un idiot fini s’il ne s’en rendait pas compte, ce qu’il n’était pas. Son esprit était complètement tourné vers la jeune femme qu’il croisait d’ordinaire au jardin du Luxembourg et qu’il ne voyait plus à présent. Son cœur et son âme étaient tournés vers cette beauté, vers cette donzelle qui s’était emparé de tout son être sans même qu’ils se soient adressé à un seul moment la parole. Marius se rendait bien compte de la situation, mais il ne pouvait pas se défaire de l’attirance qu’il avait pour cette inconnue, même si cette dernière semblait l’éloigner de ses nouvelles convictions et de ses amis. Quand Enjolras répondit concernant la situation de la réunion qui venait de se terminer, le jeune homme ne put s’empêcher de se sentir encore plus coupable. Les réunions n’étaient pas toujours constructives, il y en avait tellement en même temps, mais il avait sans aucun doute sa part de responsabilité.

Marius attrapa une bouteille qui traîné sur une des tables et vint s’installer aux côtés de son ami, servante deux verres. Il était loin d’être comme certain de ses camarades très portés sur la bouteille, mais un petit verre ne pouvait pas vraiment faire de mal. Et puisqu’ils étaient là tous les deux. Marius aurait très bien pu partir, puisque la réunion était terminée, mais il avait bien envie de profiter un peu de la présence d’Enjolras. Il fallait bien le dire, cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas pris le temps de discuter rien que tous les deux. Cependant, Marius aurait aimé qu’Enjolras ne commence pas par lui demander où il se trouvait. Il se doutait bien que le jeune homme n’allait pas trouver son « excuse » valable, parce qu’il était loin de perdre du temps avec les affaires de cœur. Marius était comme cela aussi, avant de se perdre dans le regard magnifique de celle qui faisait à présent battre son cœur.

« Je cherchais quelqu’un… »

Se contenta-t-il de répondre, sans oser lever son regard vers celui d’Enjolras. Il aurait très bien pu inventer une histoire, mais Marius se doutait que son ami allait rapidement le griller. Cependant, le jeune homme n’avait pas spécialement envie de rentrer dans les détails pour autant, surtout qu’il sentait approcher les reproches. Il ne s’en occuperait sans doute pas autant s’il ne se sentait pas coupable à la base, sauf qu’il était loin d’être au clair avec sa conscience. Il se sentait coupable oui, il regrettait de ne plus se donner autant à la cause. Mais ce n’était pas pour autant qu’il arrivait à être concentré.
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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Mar 7 Avr - 18:49


À la volonté du peuple
E

njolras considéra du regard les deux verres que Marius venait de leur servir. En ce qui le concernait, il ne se sentait ni d'humeur, ni de boire un verre... à la santé de quoi, d'ailleurs ? Du peuple et du triomphe de la vérité d'accord, mais n'était-ce pas aux amours inutiles et vagues du jeune Pontmercy qu'il allait falloir trinquer ? Dans ce cas, ça ne l'intéressait pas du tout. Privilégier une inutile amourette au mépris de la cause, c'était une réaction puérile et indigne de lui, c'est certain, et il n'avait pas franchement envie de s'épancher sur le sujet... Quand bien même c'était plus ou moins lui qui initiait le sujet en le mettant devant le fait accompli, mais il ne le faisait certainement pas pour avoir le détail des badineries amoureuses de son interlocuteur, seulement dans l'espoir de le mettre devant le fait accompli. Il avait envie que Marius culpabilise, oui, de se laisser ainsi guider par un coeur qui ne devrait logiquement battre qu'au nom de leurs idéaux révolutionnaires. Il avait envie qu'il prenne la pleine conscience de ce qui se déroulait ici.

Enjolras n'était pas dupe, beaucoup venaient aux réunions des amis de l'ABC pour "l'ambiance", très peu se rendaient compte de ce qu'ils pourraient véritablement accomplir le moment venu. À vrai dire, beaucoup devaient penser que ce n'était qu'une lubie adolescente qui finirait bien par passer à ses révolutionnaires en herbe, raison pour laquelle on les laissait faire à leur guise sans trop se défier. Mais ces gens-là, clairement, ne connaissait pas leur leader, et ce dernier était prêt à tout, même à sacrifier sa propre vie le moment venu, pour les bienfaits de ce en quoi il croyait. Que certains n'en aient que faire, soit. Mais Marius et son parcours invitaient Enjolras à penser qu'il serait plus que du gâchis qu'une simple donzelle le détourne de ses objectifs. Il posait les questions parce qu'il voulait confirmer les rumeurs, et agir en conséquences, raisonner Marius et le détourner de son idylle qui ne pourrait en aucun cas durer. Et il semblait lui donner en effet la confirmation de ce que la plupart des amis de l'ABC supposait dors et déjà. Bien sûr, "quelqu'un", ça pouvait, au fond, être n'importe qui. Mais avec les à priori qu'il avait déjà en tête, impossible pour lui de ne pas imaginer que ce quelqu'un puisse être autre chose qu'une demoiselle dont il se pensait amoureux... Se pensait, oui, car ces sentiments, c'est bien connu, sont toujours inutiles et fugaces. Tout sacrifier en leur nom était par conséquent regrettable.

-Ce quelqu'un ne serait pas une jeune femme, par hasard ?


À ce stade, autant ne pas tourner autour du pot plus longtemps. le chef de file des amis de l'ABC n'avait pas forcément envie de l'entendre, mais y tenait tout de même s'il le fallait, il voulait que Marius, sans ambages, admette qu'il était dernièrement tête en l'air et peu investi parce qu'il avait revu à la baisse l'ordre de ses priorités.








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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Mar 21 Avr - 16:46

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Marius n’avait aucune envie de mentionner la jeune femme de ses rêves à Enjolras. Non pas qu’il souhaite réellement le lui cacher, cependant le jeune homme pensait le connaitre assez pour anticiper sa réaction. Enjolras était un jeune homme plein d’ambition et qui était voué à la cause des Amis de l’ABC. Marius le savait, il était plus ou moins comme lui avant que son chemin ne croise les grands yeux de celle qui hantait à présent son esprit. Il avait abandonné sa vie de luxe pour vivre dans un taudis, parce qu’il était incapable de continuer de vivre au crochet de son grand père, cet homme qui lui avait mentit et était partisan de la monarchie. Enjolras ne pouvait donc comprendre les motivations de son ami à chercher cette jeune femme, à croiser de nouveau sa route. Marius ne pouvait pas nier qu’il culpabilisait, parce qu’il savait parfaitement qu’il manquait à tous ses devoirs. Il arrivait en retard aux réunions, quand il venait, il n’était pas aussi investit qu’avant. Il s’en rendait bien compte et même s’il culpabilisait, le jeune homme ne savait guère comment s’en sortir et faire autrement. Parce qu’il savait bien qu’il était incapable d’oublier cette magnifique jeune femme qu’il rêvait de revoir plus que tout, qu’il cherchait pendant tout son temps libre. Autant dire que cela ne pouvait évidemment pas coller avec les activités des Amis de l’ABC et donc avec les pensées d’Enjolras. Quand ce dernier demanda d’ailleurs à l’étudiant si la personne qu’il cherchait ne serait pas une jeune femme, cela se voyait bien qu’il n’avait pas envie que ça soit le cas. Les rumeurs avaient tendance à tourner vite parmi leur groupe de camarade, cela n’étonnait même pas Marius qu’Enjolras ait entendu parler de la demoiselle qu’il recherchait. Ce qui n’arrangeait pas vraiment ses affaires.

« Enjolras… » Commença-t-il, cherchant en même temps ce qu’il allait pouvoir dire, son regard tourné vers les deux verres qu’il avait servi mais qu’ils ne touchaient pas. Il prit alors une grande inspiration, avant de lever ses yeux vers son ami. « Si tu la voyait, tu comprendrais… Elle est tellement… »

Il ne parvenait même pas à terminer sa phrase, alors qu’il se mettait à sourire rien qu’en pensant au visage de la belle Cosette dont il ignorait encore le nom pour le moment. Evidemment, le jeune homme se doutait bien qu’Enjolras aurait du mal à comprendre, mais peut-être que s’il la voyait quand même. Il ne pouvait pas être à ce point insensible à une beauté féminine pareille (quoi que Marius n’avait aucune envie que la beauté de Cosette saute aux yeux d’un autre homme tout de même). Marius comprenait parfaitement le fait que son ami soit dévoué à la cause qu’ils menaient ensemble, mais il ne pouvait pas pour autant se fermer complètement. L’étudiant n’y pouvait rien, cela lui était tombé dessus sans qu’il ne s’y attende. Un coup de foudre comme on disait, une flèche qui avait traversé son cœur dès que ses yeux s’étaient posés pour la première fois sur le visage de la belle jeune femme du jardin du Luxembourg.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Mer 22 Avr - 23:26


À la volonté du peuple
C

e n'était pas, en soi, une révélation. Les rumeurs allaient bon train, largement dispersées par les amis de l'A B C, dernièrement, et toutes s'accordaient à justifier les absences (aussi bien physiques que mentales) de Marius Pontmercy de la sorte : le jeune homme souffrait d'un mal bien connu de ses pairs, et du genre humain de manière général : la maladie d'amour. Enjolras considérait qu'accorder quelque importance à d'absurdes bluettes était une faiblesse monstrueuse, mais il pouvait bien le laisser passer tant que l'on ne perdait pas de vue l'ordre de ses priorités. Marius Pontmercy n'était pas le premier ni le seul de leur groupuscule à s'être laissé distraire par les beaux yeux d'une demoiselle, mais lui, ne faisait vraiment pas les choses à moitié. Qu'il soit quelqu'un d'entier était normalement une qualité que le chef de fil du groupuscule révolutionnaire estimait et appréciait, c'était ce qui avait donné à Enjolras la certitude qu'il pourrait tenir un rôle majeur dans la révolte en approche, et pour le bien de leur cause. Sauf que, puisqu'il était tout aussi entier en amour, il en délaissait ses convictions premières, et c'est là que ça posait un problème. Car oui, cette fois, il n'y avait plus de doute possible, Marius le lui confirmait, il était bien tombé sous le charme d'une jeune femme qui, visiblement, lui vrillait suffisamment les sens et le désorientait bien assez pour qu'il perde de vue l'essentiel. À l'entendre parler, il était dors et déjà une cause perdue, personne ne lui avait jamais semblé à ce point... transi d'amour pour un membre du beau sexe... à part dans quelques romans d'une littérature qu'il répugnait à lire (seuls les ouvrages des Lumières méritaient toutes son attention, quoi qu'il en soit)... Perdu pour la cause ? En apparence, oui, mais Enjolras n'allait pas pour autant baisser les bras et abandonner Marius à cette idylle absurde et inutile, il était voué à un dessein plus grand, que cela lui plaise ou non, il était sans doute tant encore de le ramener sur le droit chemin, l'unique chemin qui en valait la peine.

-Elle pourrait être Cléopâtre, Hélène de Troie ou la reine de Saba que ça n'aurait pas plus d'importance.
décréta-t-il sévèrement.

Oh, cela, il voulait bien le croire, que la jeune femme qui ait si bien su ravir le coeur du jeune étudiant soit une femme d'une extrême beauté, sans doute charmante, et pleine d'esprit, mais tous ces arguments ne suffisaient pas à justifier la situation. Car aucune âme humaine ne pouvait prévaloir sur le destin d'une nation toute entière, aucune âme humaine ne méritait de tels traitements de faveur. Marius ne pouvait privilégier cette demoiselle au destin de sa patrie toute entière.

-Je me demande si tu comprends vraiment l'ampleur de ce que nous cherchons à accomplir, Marius. Il marqua une pause, laissant à son interlocuteur le temps de prendre toute l'amplitude de ce qu'il avait dit, et de ce qu'il s'apprêtait à dire également. Si tu ne parviens pas à comprendre l'importance de ce que nous faisons, ici, alors autant ne plus venir.












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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Dim 3 Mai - 21:54

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
C’était dit, Marius avait enfin mentionné la belle de ses pensées à voix haute à Enjolras. Le jeune homme connaissait suffisamment son ami pour savoir que ce n’était pas le genre de personne à se perdre dans les beaux yeux de la gente féminine. C’était à se demander parfois si le jeune homme était capable de ressentir des sentiments. Marius n’en était pas sûr, pas ce genre de sentiment en tout cas. Enjolras était tellement dévoué à la cause, le jeune homme était transit d’admiration pour cela. Cependant, il y avait des moments où ça posait problème, où les deux hommes se retrouvaient en désaccord. Marius se disait vraiment que si son ami voyait la jeune femme qui emplissait ses pensées, il pourrait comprendre. Mais au vu de sa réaction, il était certain de ne jamais la lui présenter un jour. Il se contenta de lever les yeux aux ciels concernant sa remarque sur l’identité de sa belle (dont il ignorait encore le nom d’ailleurs). Il ne voyait pas bien ce qu’il pouvait répondre de toute façon, ce n’était pas comme s’il s’imaginait capable de faire changer d’avis le leader des amis de l’ABC. C’était une tache tout bonnement impossible.

Cependant, les remarques suivantes d’Enjolras touchèrent bien plus durement Marius. Le jeune homme ne quittait pas son ami des yeux, serrant des dents en comprenant qu’il sous entendait qu’il n’avait plus sa place dans la cause. Il n’aurait sans doute pas pu plus le blessé qu’en cette seconde. Remettre en doute son implication dans la cause était plus que douloureux à entendre. Marius pouvait bien concevoir que ces derniers temps, il n’assurait vraiment pas, mais quand même. Il laissa quelques secondes s’écouler après les paroles d’Enjolras, sans le lâcher du regard. Et finalement, il reprit la parole d’une voix légèrement tremblante.

« Tu sais mieux que personne à quel point je suis dévoué à la cause. » Il avait quitté le luxe d’une vie chez son grand père pour la cause, il vivait dans un taudis pour la cause. Il était même prêt à mourir pour la cause, même si honnêtement il avait légèrement mis se détail de côté ces derniers temps. Mais Marius était plus qu’impliqué dans leur combat, il n’avait aucune envie d’arrêter. Et encore moins de se faire virer. « Je veux bien admettre que je n’ai pas été très présent ces derniers temps et… je suis désolé pour ça. » La jeune femme lui prenait tout son esprit, il ne faisait que penser à elle et passait son temps à la chercher. Il s’en rendait bien compte. Mais ce n’était pas pour autant qu’il ne voulait plus se battre. « Je ne vais pas te mentir, je l’aime comme un fou. Mais ce n’est pas pour autant que je n’ai plus conscience de l’importance de ce que nous faisons. Je croyais que tu me faisais confiance ! »

Il ne restait plus qu’à savoir si le jeune homme serait capable de concilier son amour pour la cause et celui pour cette jeune inconnue.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Lun 4 Mai - 20:00


À la volonté du peuple
O

ui, c'est vrai, Enjolras savait que Marius avait déjà donné et fait beaucoup pour les principes qu'il défendait lui-même corps et âme, et qui justifiaient l'existence des amis de l'ABC, il avait renié sa famille, un grand-père qui lui garantissait un héritage digne de ce nom, pour venir vivre cette vie désenchantée et sans le sous à Paris... Il avait déjà donné plus de lui-même à la cause que bien d'autres de leurs camarades. Et c'était justement parce que le jeune homme attendait beaucoup de la part du jeune homme, puisqu'il avait vu déjà ce qu'il avait fait en son nom, qu'il se permettait d'être plus déçu encore. S'il en était un qu'il pensait ne pas se laisser détourner de la cause, pour une bluette, qui plus est, c'était bien lui, mais son attitude dernièrement prouvait tout le contraire. Il était souvent absent, ça oui, au moins daignait-il le reconnaître et s'en excuser (des excuses qu'Enjolras dédaigna d'un geste, comme s'il les avait essuyées d'un revers de manche), mais cela n'était pas tout, même lorsqu'il était présent, son esprit semblait ailleurs, et c'est là que le bas blesse. Beaucoup prenaient tout cela bien trop à la légère alors que l'affaire était en vérité sérieuse. Et Marius semblait désormais faire partie de ce nombre, il pouvait tenter de convaincre son interlocuteur autant qu'il le voulait, ce dernier n'était pour l'heure absolument pas enclin à le croire, loin de là, même. Une seule phrase, déjà, suffisait à alimenter toute sa réticence. Il l'aimait comme un fou... C'était de ces passions-là, souvent vives, mais généralement courtes, que naissaient tous les drames ainsi que les manières d'agir les plus inconséquentes.

-J'avais confiance en toi.
confirma le chef du groupuscule révolutionnaire, prenant bien soin d'employer cette famille au passé. À présent, je me dis que je suis peut-être allé trop vite en besogne. Pourtant, il avait encore beaucoup d'estime pour Marius. Quand tous les deux parlaient autrement que pour faire des reproches ou essuyer les reproches de l'autre, ils pouvaient se perdre dans de longues conversation sur leurs visions très proches de la politique. Il devait bien lui reconnaître qu'il pourrait tout à fait être essentiel à leurs hauts desseins... Mais pour cela, il fallait vraiment qu'il cesse de se laisser distraire, et pour de bon. Bientôt, Marius, les barricades s'élèveront de nouveau, et alors, il nous faudra sans doute tout sacrifier à notre idéal. Il marqua une pause. Y compris elle, dans ton cas. Il planta son regard dans le sien. Qui privilégieras-tu le moment venu ?

Et de sa réponse dépendait tout le reste. Il ne prononçait pas seulement ces mots pour tester la loyauté de Marius. Il considérait vraiment qu'il faudrait bien, à un moment ou à un autre, ils devraient prendre les armes, au mépris de tous ceux qu'ils pourraient abandonner derrière eux. Le jeune homme pouvait bien aimer cette fille "comme un fou", ça ne changerait rien le moment venu.












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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Jeu 21 Mai - 14:28

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Enjolras savait parfaitement où appuyer pour faire mal. Quand il lui affirmait qu’il avait confiance en lui, Marius entendait bien le passé dans son phrasé et ne pouvait que comprendre le sous-entendu. Le leader du groupe n’avait plus confiance en lui, simplement parce que son cœur appartenait à présent à une femme. Sans doute que s’il n’était pas directement touché par les propos de son ami, il pourrait le comprendre. La cause était importante, ils ne devaient pas se laisser distraire. Marius le savait parfaitement, mais il ne pouvait rien faire contre les sentiments naissants qu’il avait pour Cosette (quoi qu’on ne puisse pas vraiment dire qu’ils étaient vraiment naissants). Si cela concernait une autre personne, le jeune homme se serait sans doute tourné vers l’avis d’Enjolras, mais il en était incapable pour l’heure. Parce qu’il avait cru qu’il comprendrait ce qu’il vivait, il l’avait espéré sans vraiment l’espérer au final. Il connaissait suffisamment Enjolras pour savoir que la cause passait avant tout autre chose pour lui, ce qui faisait de lui leur leader. Le jeune homme parla des barricades qui allaient de nouveau s’élever, du fait qu’ils allaient devoir tout sacrifier pour le combat. Marius avait parfaitement conscience de cela, il le savait depuis le premier jour où il était entré dans l’aventure. Il le savait oui, ce qui ne rendait pas la situation plus facile.

Marius entendit la question de son ami, mais ne put y répondre dans la foulée. Quelques jours avant, à peine quelques jours, il aurait répondu directement qu’il privilégierait la cause. Sauf que ce n’était plus le cas maintenant, il hésitait et ne savais pas quoi répondre. Il avait envie de rassurer Enjolras en lui affirmant qu’il sera tout à la cause, qu’il sa sacrifierait pour elle, mais il en était incapable. Parce qu’il n’avait pas envie de la perdre elle, parce qu’il était incapable de la sacrifier. Marius baissa son regard, laissant planer le silence entre lui et le chef des Amis de l’ABC.

« Je ne sais pas… » Finit-il par dire, incapable de répondre à sa question. Il aurait aimé le faire vraiment, mais il s’en sentait incapable. Lui, plus que tous les autres, était complètement perdu et il ne savait plus ce qui était bon de faire ou non. Il se rendait compte qu’il allait devoir faire un choix à un moment où à un autre.

Il allait devoir choisir, mais il en était parfaitement incapable. S’il pouvait, Marius réclamerait d’avoir ces deux choses. De pouvoir se battre avec ses camarades tout en vivant une vie heureuse en compagnie de celle qui hantait son esprit. Il aimerait pouvoir aimer sans regretter cette magnifique fleur sans constater de la déception dans les yeux de son ami. Parce qu’il était forcément déçu, il ne cachait en rien des sentiments négatifs qu’il ressentait à présent. Il y avait peut-être une chance pour qu’ils n’aient pas besoin de tout sacrifier dans la cause, qu’ils parviennent à aller jusqu’à leur but sans devoir tout perdre. Mais là encore, ce n’était qu’une des rêveries d’un jeune cœur battant pour une femme.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Dim 24 Mai - 12:58


À la volonté du peuple
N

e serait-ce pas là un parti-pris des plus défaitistes que d'envisager la pre situation pour le combat qu'ils mèneraient de front à venir ? Non, Enjolras, du moins, préférait envisager cela comme de la prudence, nier les éventualités les plus tragiques serait se voiler la face, et si plusieurs d'entre eux devaient éventuellement trouver la mort, ce ne serait pas pour autant un échec. Il fallait d'ailleurs, souvent, pour marquer les esprits, accepter qu'il y ait quelques sacrifices. Pas de révolutions sans martyres, somme toute... Alors oui, peut-être Marius parviendrait à combattre et, mu pour son affection naissante et absurde à l'égard de cette jeune femme qui lui vrillait les sens, survivrait, pour rejoindre sa belle et fonder avec elle une famille heureuse et unie. Mais ce restait très incertain, et Enjolras demeurait convaincu que ce genre de considérations étaient un frein à l'investissement plutôt qu'un moteur. Il fallait entièrement être dévoué à la cause si l'on voulait tirer le meilleur parti de soi-même et ne pas se laisser abuser par des rêves absurdes, si l'on sentait qu'il y avait des choses que l'on ne pouvait envisager d'abandonner au profit de ce qui devait pourtant porter la France vers une ère nouvelle, alors c'était qu'on était pas fait pour rejoindre les barricades, mais pour se barricader dans un cocon familial et l'espérance d'un bonheur sans failles... Qui ne serait jamais qu'illusoire, puisque le bonheur futur du peuple était justement entre les mains des personnes comme eux, soucieux de défendre leur patrie d'un monarque nuisible, qui n'avait visiblement pas retenu la leçon de son prédécesseur à la tête tranchée.

La réponse de Marius n'avait malheureusement rien d'engageante. En situation direct de conflit, on ne pouvait se permettre de se montrer incertain ou hésitant, bien au contraire, c'était l'occasion d'être fort de ses opinions et de clamer haut et fort ses positions, avec foi et assurances. Des sentences telles que "je ne sais pas" ne pouvaient par conséquent pas se laisser entendre, et obligation était d'y réagir avec distance et mépris. Marius avait une histoire, les idées, et le potentiel... fallait-il vraiment subir une telle réponse de sa part ? Supposer qu'il ne reviendrait pas sur son discours ? Sans doute... Alors, Marius était peut-être perdu pour l'Histoire.

-Alors que fais-tu encore ici ?
demanda le chef de file des amis de l'A B C, froidement, cela va sans dire.

Oui, que faisait-il encore ici ? Il ne pouvait se permettre de jouer sur tous les tableaux. S'il éprouvait l'ombre d'un conflit intérieur, s'il se sentait victime de dilemmes quels qu'ils soient, c'était dors et déjà qu'il n'était pas prêt à ce qui se préparait, qu'il n'était pas digne de prendre les armes quand le moment serait venu. Enjolras allait apaiser son âme une bonne fois pour toutes, s'il hésitait, c'est qu'il n'était pas digne de ce qui se tramait en ces lieux, s'il ne l'était pas, alors qu'il abandonne ses idéaux révolutionnaires et se consacre à sa jolie blonde. Enjolras n'avait pas envie d'en arriver là, il avait placé beaucoup d'espoirs en Marius, mais il ne pouvait certainement pas se satisfaire d'une réponse à ce point indécise.












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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Mar 16 Juin - 23:06

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Marius aurait aimé ne pas être indécis, parvenir à donner une réponse clair à la question d’Enjolras. Sauf qu’il en avait été parfaitement incapable et il ne pouvait pas non plus mentir. Le jeune homme aurait pu affirmer qu’il choisirait la cause à Cosette, qu’il déciderait d’aller se sacrifier au combat au lieu d’espérer avoir une longue vie en compagnie de celle qu’il aimait. Sauf qu’il était parfaitement incapable de mentir, pas à celui qu’il avait sous les yeux. Marius était persuadé que le leader des amis de l’ABC se serait rendu compte s’il mentait de toute façon, il préférait donc ne pas jouer avec le feu. Il ne savait pas effectivement, il était incapable de savoir ce qu’il prendrait comme décision au moment venu. Rien ne pouvait lui garantir que la belle blonde qu’il aimait puisse passer sa vie à ses côtés, il n’était pas certain de pouvoir avoir une vie heureuse avec la jeune femme. Il pouvait donc très bien se retrouver à choisir ses compatriotes, à choisir de se battre à leur côté. Mais en cette seconde, il n’avait vraiment aucune idée du choix qu’il allait faire. Et visiblement, cela ne plaisait pas à Enjolras. En même temps, le jeune homme ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, c’était une qualité incroyable qu’il avait d’être à ce point dévoué à la cause. Un peu trop sans doute, puisqu’il était parfaitement prêt à mourir (comme Marius avant qu’il ne croise le regard envoutant de celle qui faisait battre son cœur maintenant). Les mots que l’homme prononça cependant furent comme un coup tranchant dans son esprit.

Que faisait-il ici encore ? Est-ce qu’Enjolras l’invitait simplement à quitter cette pièce, le groupe ? Sans doute, il n’y avait pas d’autre explication. Marius savait pourquoi il était encore là, il n’avait pas envie d’abandonner même si son esprit était en plein conflit. Il tenait vraiment à cette cause dans laquelle il s’était lancé et pour laquelle il avait abandonné une vie de luxure contre une vie de misérable. Quand Marius avait pris la décision d’entrer dans les Amis de l’ABC, ce n’était pas une décision à la légère qu’il avait pris. Il n’avait aucune envie d’abandonner.

« Je n’abandonne pas… »
Affirma-t-il le plus sincèrement possible, en plantant son regard dans celui d’Enjolras. Même si concrètement Marius n’était pas le membre le plus présent ces derniers temps et le plus dévoué à la cause, il restait utile pour le groupe. Parce qu’il avait une réelle motivation, pas comme la moitié des personnes qui venaient aux réunions. « J’ai plus ma place ici que la plupart de ceux qui viennent simplement boire et s’amuser. » Non, il n’avait aucune envie de se faire renvoyer comme un mal propre. « Tu as besoin de moi. »

Il l’affirmait, mais il n’était pas complètement sûr de lui. Le jeune homme prenait simplement le risque, afin de prouver à Enjolras qu’il n’était pas qu’un amoureux transit. Il continuait d’avoir de l’ambition pour la cause.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Ven 19 Juin - 19:43


À la volonté du peuple
C

ette conversation devait avoir lieu à un moment ou à un autre, et le jeune homme, avait préparé ses arguments, mais il n'était finalement nul besoin d'en avoir, Marius avait pleinement conscience de la situation, de ses dérives et de ses contradictions. Malheureusement, ce n'était pas un bien, non. Il n'était pas, comme il l'avait présumé, égaré, il s'était perdu, complètement perdu. Et ce qu'il avait trouvé sur ce chemin perpendiculaire et qui ne pouvait en aucun cas rejoindre la digne voie qu'il s'était tracé auparavant, en abandonnant son grand-père et sa vie de luxe, pour vivre en accord avec ses contradictions politiques, il ne voulait pas l'abandonner. Alors oui, si cela devait demeurer ainsi, qu'importe qu'il fût un bon élément, il n'avait absolument rien à faire là, et ne devait pas espérer trouver sa place parmi eux, intervenir au besoin quand il daignerait se présenter, le tout pour disparaître complètement au moment fatidique. Cela ne pouvait pas fonctionner, cela ne pouvait pas convenir. Les convictions politiques les plus fortes ne valaient plus rien dès lors que l'on ne se sentait pas entièrement prêts à se battre pour elles. Elles n'étaient alors que de belles coquilles, mais des coquilles entièrement vides, et donc inutiles.

Quand Marius lui disait ne pas abandonner, Enjolras voulait le croire, mais pour autant ne le pouvait, car il n'avait pas à lui demander si, en contrepartie, il accepterait de l'abandonner, elle, il connaissait déjà la réponse. Sur ce point, il avait su se montrer des plus clairs. Alors certes, le jeune homme lui avait accordé plus de crédit et plus de valeur qu'à certains de ces amis de l'A B C, qui semblaient plus prompts à participer à quelques beuveries et conversations futiles, qu'à la révolution en marche, mais en se détournant comme il le faisait, il ne méritait à ses yeux pas plus de clémence qu'à ceux qu'il ne manquait pas de juger à voix haute quand il le voulait.

-Je n'ai pas besoin de toi.
répliqua-t-il, catégorique, en soutenant le regard de son interlocuteur. Encore moins si tu ne dois t'impliquer qu'à l'occasion, quand ta mauvaise conscience te travaille. Il marqua une pause. Pour l'heure, tu ne vaux pas mieux qu'eux.

Eux, à savoir les étudiants buveurs, brailleurs et paillards, à la valeur relative et à l'investissement contestable, qui vantaient de la France le bon vin et en défendait les intérêts en le buvant jusqu'à la lie tout en braillant fort contre un pouvoir en place  dont ils ne participeraient à l'effondrement que si cela ne leur apportait pas trop de complications et ne ruinait pas leur confort. Enjolras ne voulait pas fermer entièrement la porte à Marius, ni ne le pouvait d'ailleurs, le nombre de membres de son groupuscule n'était pas limité, et par conséquent, plus ils étaient nombreux, plus grandes étaient la ferveur et leurs chances, il en serait de même au moment plus fatidique qui, il l'espérait, modifierait le cours de l'Histoire, mais il ne voulait pas pour autant perdre son temps avec des individus qui n'en avaient que faire ou n'en auraient que faire à un moment ou à un autre.













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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Sam 11 Juil - 0:03

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Marius tentait de se montrer le plus convainquant possible, afin qu’Enjolras soit convainque de sa bonne foi. Quand il affirmait qu’il n’abandonnait pas, il le pensait vraiment. Evidemment, le fait qu’il soit amoureux de la belle blonde ne pouvait que le détourner un peu du droit chemin, mais cela ne changeait rien à ses convictions politique. Le jeune homme savait parfaitement pourquoi il le pensait incapable de tenir, parce qu’il n’était pas prêt à se sacrifier pour la cause. Enjolras l’était, il l’avait toujours été, c’était sans doute celui qui était le plus prompte à aller sur la ligne de front. Marius l’avait été aussi, avant que son regard ne croise les grands yeux de Cosette. Est-ce qu’il pouvait vraiment mourir pour sa cause alors qu’une jeune femme telle qu’elle avait pris place dans son cœur ? Il ne le savait plus. Il avait envie de se battre pour la cause, mais effectivement il n’avait pas envie de perdre dans la cause. Ce qu’il voulait, c’était gagner et pouvoir ensuite vivre une vie heureuse avec celle qu’il aimait et qu’évidemment, il avait envie d’épouser. Dès qu’il l’avait vu, il avait sût qu’elle était la femme de sa vie.

Cela n’enlevait cependant en rien à la motivation du jeune homme pour la cause. Il fallait qu’Enjolras le comprenne, qu’il l’accepte. Marius n’avait aucune envie d’abandonner, comme il ne souhaitait pas se faire renvoyer comme ça d’un revers de la main. Quoi que puisse penser le leader des amis de l’ABC, il avait besoin de lui, Marius le savait. Malheureusement, il semblait que les paroles de l’amoureux n’aient pas réussit à le convaincre. Quand Enjolras affirma haut et fort qu’il n’avait pas besoin de lui, Marius reçu le coup en plein visage. Il ne pensait pas entendre l’homme lui affirmer cela, le regard encré dans le sien. Le pensait-il vraiment ? Ou alors il disait simplement cela pour le faire réagir ? Le jeune homme n’en savait rien en fait. Une chose était sûre, Marius n’appréciait vraiment pas les paroles de son camarade. Il était vexé qu’il le compare aux personnes qui venaient simplement pour boire de l’alcool et manger, sans réellement motivation pour la cause. Marius serra des dents, observant son ami quelques secondes sans parler, avant de finalement reprendre la parole.

« Soit… » Il tentait de garder une contenance dans la voix, qu’elle ne soit pas trop dur non plus. « Ne viens pas te plaindre quand tu te retrouveras seul. »

Il ne put pas empêcher une certaine sècheresse dans la voix en prononçant ces mots. Ce n’était clairement pas agréable, mais Marius était trop vexé pour se contenir. Il n’était évidemment pas parfait, mais il n’était pas le pire non plus. Malheureusement, si on lui demandait de choisir et au vu de cette conversation, le jeune homme n’allait sans doute pas aller dans le sens d’Enjolras. Pas après ce qu’il lui avait dit. Ce n’était même pas comme s’il cherchait à le convaincre de rester, il se contentait simplement de lui demander de partir.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Dim 12 Juil - 10:25


À la volonté du peuple
O

ui, les mots qu'Enjolras avait prononcé à l'adresse de Marius. Non, Enjolras ne le pensait pas vraiment, ou du moins complètement. Il voulait seulement que son interlocuteur prenne la pleine conscience de la situation, de ce que s'impliquer pour la cause signifiait, qu'il n'occulte pas les faits et l'évidence. Mais Marius avait ceci de défaut qu'il voyait l'individuel et ne songeait pas au collectif. Ils ne pouvaient pas faire dans le sentiment. Les sentiments étaient des traîtres, qui occultaient tout jugement. Il n'y avait qu'un idéal à poursuivre, un seul objectif à atteindre, celui qui libèrerait leur patrie du joug monarchique, et quiconque pensait qu'avancer des arguments d'ordre personnel ferait que ces arguments seraient pris en considération, n'avait pas tout compris. Il n'y avait pas de doute à avoir, pas de question à se poser. Ce qui s'apprêtait à arriver, les sacrifices que cela impliquerait. Tout cela s'exemptait de la moindre amourette fugace, ou même des amitiés des plus solides. Ils ne se réunissaient pas en ces lieux pour boire tout leur content (quoique certains cachaient à peine que c'était là leur seul raison de se déplacer) ou pour célébrer une belle et infaillible amitié. Une seule chose comptait. La France. Le reste était fugace, le reste n'avait ni sens ni intérêt. Le reste pouvait aisément s'oublier et se laisser oublier. Enjolras espérait que Marius prendrait conscience de ses priorités, mais il avait de moins en moins de certitudes sur la question. Il réagissait, oui, mais pas dans le bon sens. Il n'y avait rien à prendre personnellement. Car au final, la cause était au-dessus d'eux, au-dessus de ce qu'ils étaient, et de toute aspiration triviale, et non, il n'appréhendait pas de se retrouver seul, car lui-même ne comptait pas, le tout comptait, et il y en aurait toujours pour partager sa ferveur quand d'autres opinions flancheraient sous le poids de ce que l'humain a de faiblesses.

-Toi, ne te plains pas, si le monde de demain n'était pas celui que tu souhaitais construire. Il vaut mieux lutter seul et fort de ses convictions que de léguer son âme aux rabais à la trivialité humaine. Si je dois être seul à la fin, alors je serai seul.
affirma-t-il, de ce ton toujours aussi fier et déterminé, ce ton qui accompagnait toujours ses élans oratoires.

Il savait, bien sûr, qu'il serait suicidaire de se dresser seul contre tout un gouvernement. Mais il en était bien capable. Quoiqu'il pensait que d'autres pouvaient, avec la même pureté d'intention se joindre à la cause populaire, prêt à considérer que le peuple compte et vaut plus que soi. Et au fond, Enjolras espérait bien que Marius saurait recouvrir la raison et serait de ceux-là. Il ne l'admettrait certainement pas maintenant, au vu du tournant qu'avait pris la conversation, mais il comptait tout de même après Marius. Politiquement, ils s'entendaient parfaitement, et la force de ses convictions n'avait pas tolérer d'écart avant qu'il rencontre sa Cosette. Qui sait, cette idylle absurde s'achèverait peut-être bien vite, et il recouvrirait la raison.












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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Mer 5 Aoû - 16:10

Enjolras & Marius
À la volonté du peuple
Marius parvenait à peine à réaliser ce qu’Enjolras était en train de lui dire. Même si le jeune homme avait bien conscience que la cause et le groupe valait plus que l’individuel, il avait quand même cru que l’homme avait plus d’estime à son égard. Mais ce n’était pas le cas visiblement, puisqu’il ne semblait pas particulièrement touché par le fait que Marius puisse quitter la cause. Le jeune homme n’avait aucune envie de le faire, il espérait pouvoir servir la cause des Amis de l’ABC tout en possédant cette idylle avec Cosette, mais Enjolras ne pensait pas de cette manière. Il considérait que comme son cœur battait pour une jeune femme, il n’était plus apte à se battre à leur côté. Les mots d’Enjolras blessaient énormément Marius, ce qui avait surtout le don de le vexer et donc de le braquer. Il aurait pu reconsidérer la question, se dire que son camarade avait en partie raison. Ce n’était pas facile de vivre une telle cause quand on avait peur de mourir, parce qu’il fallait savoir se sacrifier le moment venu. Ce que Marius pouvait difficilement faire à présent puisqu’il était amoureux d’une donzelle et qu’il espérait pouvoir vieillir à ses côtés. Cependant, le tournant de cette conversation ne permettait pas au jeune Pontmercy de mettre de l’eau dans son vin. Il se contentait donc de se vexer des paroles de son camarade, ce qui n’était d’ailleurs pas prêt de s’arrêter au vu de ce qu’il s’apprêtait à lui dire.

« Et bien tu mourras seul alors et tu l’auras bien cherché. »

Marius ne pensait pas vraiment les mots qu’il était en train de prononcer. Il se retrouvait simplement dans un engrenage. Comme il était blessé par les propos d’Enjolras, il en rajoutait une couche de son côté. Il n’avait évidemment aucune envie de voir son ami mourir seul. En réalité, il n’avait déjà pas spécialement envie de le voir mourir. Le jeune homme avait bien trop d’estime pour le leader des Amis de l’ABC pour ça, même s’il n’était pas question qu’il l’exprime en cet instant. Evidemment, il était parfaite conscience que le combat qu’ils menaient (même si visiblement, il n’avait plus le « droit » de le mener lui) était dangereux et qu’ils risquaient leurs vies. Evidemment, Marius avant de rencontrer Cosette était prêt à se sacrifier pour la cause. Mais c’était des solutions extrêmes qu’il espérait ne pas atteindre quand même. L’idéal était qu’ils se battent et parviennent à leur fin, sans perdre la vie. Le fait de penser à cela faisait peut-être de Marius un naïf, mais il assumait pleinement.

« Je crois que je n’ai plus rien à faire ici… »

C’était en effet peut-être mieux qu’ils arrêtent de se parler pour le moment, afin de ne pas envenimer les choses. Quoi que la conversation avait déjà fait son petit effet et il était clair que la situation était plus que tendue entre les deux jeunes hommes. Ce qui ne risquait pas de s’arranger puisqu’ils étaient du genre à rester camper sur leurs positions.

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Message#Sujet: Re: À la volonté du peuple [pv Marius]   Sam 8 Aoû - 13:21


À la volonté du peuple
L

es propos de Marius étaient secs et blessants... En même temps, on ne pouvait pas dire qu'Enjolras avait été tendre de son côté non plus, mais il ne comptait pas en éprouver quelque culpabilité que ce soit malgré tout. Tout ce qu'il avait dit, il l'avait pensé. Ou du moins presque tout. Le chef de file des amis de l'ABC n'avait pas envie que le jeune homme quitte le groupuscule révolutionnaire, il avait beaucoup à lui apporter, mais il cherchait à concilier deux aspirations complètement contradictoires, et Enjolras essayait de pointer cela du doigt. Il voulait le mettre face à ses contradictions, l'obligeait à faire un choix. Malheureusement, le choix semblait déjà être fait, et ce n'était pas celui qu'attendait Enjolras. Alors oui, les mots étaient tranchants, mais si Marius était incapable de réagir de la bonne manière, alors tant pis. Le problème n'était pas insoluble, il ne se résolvait simplement pas de la bonne manière. Il mourait seul s'il le fallait, oui, ce "tu l'auras bien cherché" était insupportable. Pas tant parce que le propos était agressif que parce qu'il était puéril. La cause avait donc si peu d'importance à ses yeux qu'il sache en parler en des termes à ce point réducteur. Alors s'il devait échouer, et le peuple dans son entier par la même, ça ne lui faisait rien ? Vraiment rien ? De la part d'autres, pour qui il avait bien moins d'estime (comme Grantaire, par exemple), il aurait pu entendre ces mots et ne pas s'en affliger, mais de la part de son interlocuteur... Il avait le sentiment de s'être fourvoyé dès sa rencontre avec lui, d'avoir placé sa foi en quelqu'un qui ne le méritait pas. Ce n'était pas vraiment plaisant, comme constat. Même si une part de lui voulait encore croire qu'il était erronné, et que Marius saurait se raisonner le moment venu.

-En effet.
se contenta de répliquer très sèchement le jeune homme, qui n'allait certainement pas prendre soin de retenir son "ami", encore moins après les mots que ce dernier venait de prononcer. Va t'en.

Et sur ces mots, il détourna à son tour le regard. Il avait beau considérer l'attitude de Marius comme puérile, la sienne ne valait sans doute pas mieux. Ce n'était pas en refusant obstinément le dialogue que l'on arrivait à quoi que ce soit. Lui qui militait si activement pour le droit du peuple à s'exprimer et à formuler haut ses opinions, il se montrait pour le moins intolérant à quiconque ne suivait pas le même chemin de vie que lui. Quand on vouait son existence à une cause, c'est ainsi, il était difficile d'entendre que certains pouvaient avoir d'autres priorités. Alors non, il ne voulait pas entendre parler de la belle Cosette, alors même qu'il aurait pu en faire le moteur personnel de Marius dans leur combat régulier et singulier, dont il pressentait l'apogée incessamment sous peu. Aucune des Lumières qu'il avait en référence ne foulait au pied l'amour, bien au contraire. Mais il n'avait d'yeux et d'amour que pour sa mère patrie, et ce fait inaltérable le rendait incapable de prendre en considération les sentiments d'autrui.












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