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 Être ou ne pas être... feat Ursus

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Message#Sujet: Être ou ne pas être... feat Ursus   Dim 3 Sep - 11:15

Être ou ne pas être...
Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit.
Assit dans un fauteuil bien trop souvent rapiécé au fil des décennies, Aymeric se tapotait les lèvres de ses deux index tout en observant le directeur du Théâtre qui faisait les cent pas en tenant, entre ses mains, la dernière pièce qu’il avait écrit.

Le texte est excellent, vraiment… Mais tu oublies pour qui tu écris. Ici, c’est un théâtre populaire. Ta pièce et beaucoup recherchée, trop complexe pour la populace.


Trop complexe ?, répéta Aymeric comme s’il venait d’entendre la plus grande absurdité de toute son existence.

L’homme face à lui reposa la liasse de papier sur le bureau en soupirant.

Tu as un talent indéniable mais peut-être devrais-tu plutôt envisager d’écrire pour ceux… De ton rang ?

Aymeric poussa un soupire excédé en se relevant dans un mouvement félin avant de venir se planter de l’autre côté du bureau, prenant appui sur le rebord de ses deux mains pour se pencher en avant.

Ceux de mon rang comme tu dis ne demandent que des pièces de grandes moralités mettant en scènes des nobles et des bourgeois finissant toujours vainqueur afin de se rassurer eux-mêmes sur leur condition et leur pied d'estal ! Je ne leur donnerais pas cette satisfaction !

Le directeur de théâtre, largement en âge d’être son père, lui adressa un regard justement paternel. Le genre de regard qu’un père adresserait gentiment à son enfant trop buté.

Vivre parmi le peuple et ne pas signer tes œuvres de ton titre de noblesse ne fais pas de toi l’un des leurs pour autant Aymeric. Tu as gardé ton arrogance de Comte, tu n’as pas conscience de ce qu’est réellement leur existence et de ce qu’ils veulent voir pour se divertir.


C’est ridicule !, explosa Aymeric en reprenant rageusement ses écrits.

20 minutes plus tard, sa pièce rangée dans le sac qu’il portait en bandoulière, Aymeric arpentait les rues de la capitale. Arrivé au bord de la Seine, il tira sa flasque de son sac et en prit plusieurs longues gorgées avant d’observer longuement l’objet, de belle manufacture, soigneusement gravée et en argent pur. Dans un accès de colère, il prit de l’élan et lança la flasque qui alla se perdre dans les eaux tumultueuses.

Plusieurs pas plus tard, il repéra une silhouette connue et s’en approcha. Sans un mot, il vint se placer aux côtés d’Ursus, s’appuyant à la barrière, face au vide, et resta ainsi quelques secondes à fulminer silencieusement avant d’enfin tourner le regard vers son comparse.

Me trouves-tu arrogant ? Hautain ? Penses-tu que je me complais à vivre dans ma propre illusion ?

Les mots employés eux-mêmes en disaient déjà probablement suffisamment long sur la réponse à sa question.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Mer 6 Sep - 16:36


Être ou ne pas être...
I

l était toujours là, et chaque jour, il se trouvait un nouveau prétexte pour ne pas quitter Paris. Parce que la capitale et ses attraits faisaient aujourd’hui partie de son quotidien et qu’il n’était plus capable d’y renoncer ? Pas le moins du monde, et il s’en défendrait, en tout cas, toujours. Non, ça n’avait rien à voir… Paris était ce qu’il serait plus simple pour lui de quitter, et retrouver ses bonnes vieilles routes de campagne serait un soulagement. Dea et Gwynplaine, c’était par contre une autre affaire, même s’il s’en défendait tout autant. Renoncer à la capitale, c’était aussi faire ses adieux définitifs à ses enfants de cœur, et donc à la vie toute particulière qu’il avait fini par mener grâce à eux (à cause d’eux), mais sa décision, à ce sujet, était irrévocable (ou il la voulait irrévocable). Gwynplaine allait accepter son héritage, il allait faire ses premiers pas dans un monde auquel Ursus avait toujours refusé d’appartenir, et Dea se laisserait, pour son plus grand bonheur, entraîner dans son sillage. Lui, dans ce tableau idyllique, n’avait plus sa place. Un jour ou l’autre, les oisillons quittent le nid, ça devait être ainsi. Ursus devait s’estimer chanceux, à la vérité, de s’être imposé si longtemps à leurs côtés. Oui, il fallait qu’il s’en aille. Mais pour chacune des fois où il était proche de s’y résigner, il se trouvait une excuse pour remettre cela à plus tard. Ainsi de cette dernière représentation qu’ils s’étaient à tous les trois promises, même si Ursus n’y croyait pas franchement. L’homme qui rit avait sans doute déjà entendu ses derniers applaudissements. Il n’y en aurait pas d’autres. Mais le prétexte était bon, et donc il en abusait, et il pouvait longer les bords de Seine en toute légitimité ou presque. Perdu dans ses réflexions, il mit un certain temps à constater la présence d’Aymeric. Loin de lui l’envie d’avoir la moindre compagnie, en réalité, mais puisqu’il était là et avait manifestement besoin de parer.

-J’en suis convaincu, répliqua Ursus de son habituel ton bourru, qui, parmi tous ses défauts, avait au moins un mérite, à savoir celui d’être honnête, quitte à blesser certains égos. Mais en l’occurrence, oui, c’était la pure vérité. Mais ces défauts n’étaient pas si condamnables que cela aux yeux d’Ursus, loin s’en faut, même. Mais un dramaturge digne de ce nom ne saurait se complaire dans la réalité, et encore moins faire preuve d'humilité, affirma-t-il, ce qu’il tenait effectivement pour vrai… Quiconque se lançait dans la création artistique se revendiquait de fait marchant d’illusion, peu importe l’ancrage dans le réel auquel il pouvait autrement aspirer, et c’était d’ailleurs ce que le public recherchait quoi qu’il puisse en dire. A quoi dois-je toutes ces questions ?
[/u]
Et pas la moindre salutation. Mais de cela, à la limite, Ursus ne se formalisait pas. Lui-même n’avait jamais été un parangon de politesse, après tout. Et c’était aussi le genre de chose qu’il appréciait chez Aymeric : son caractère impétueux et sa manifeste irrévérence.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Lun 11 Sep - 12:38

Aymeric Roselin a écrit:
Être ou ne pas être...
Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit.
Aymeric avait questionné Ursus sans même être sûr de vouloir entendre sa réponse. Il était juste agacé, énervé même, par ce refus face à sa nouvelle pièce. C’était la première fois que cela lui arrivait et on aurait pu le gifler tel un enfant qu’il ne l’aurait pas plus mal vécu. Pour la première fois de sa vie, le comte Aymeric Roselin avait été véritablement vexé, voir humilié et ce n’était clairement pas là une expérience qu’il voulait revivre un jour.

A la première réponse d’Ursus, Aymeric se redressa d’un coup, arquant un sourcil avant de se rappeler qui est-ce qu’il avait questionné et il se calma avec un petit ricanement d’à peine une seconde.

C’était vrai dans le fond, Aymeric était imbu de sa personne. Il estimait ne plus rien avoir à apprendre de qui que ce soit. Sauf peut-être justement de celui-là même qui lui rappelait sans détour les défauts de sa nature arrogante. Et ce fut donc bien sagement et sans s’indigner qu’il écoutât le reste des propos de son compère dramaturge comme un enfant de cœur écouterait la messe dominicale.

Quand Ursus eut terminé, Aymeric resta silencieux un instant pour méditer ses paroles. D’un certain côté, sa réponse le rassurait mais d’un autre, il n’était quand même pas beaucoup plus avancé avec son problème. En même temps, Ursus ignorant la situation, il ne pouvait pas l’aider à ce niveau-là pour l’instant.

Bressac refuse de faire jouer ma dernière pièce, expliqua enfin Aymeric avec un long soupire déchirant. Il les a toujours toutes faites jouer jusqu’à présent mais maintenant il me dit que ma dernière est trop complexe… Pas adaptée à la populace. Ce cafard répugnant est allé jusqu’à me dire que je ferais bien mieux d’écrire pour ceux de mon rang, ajouta-t-il avec une grimace en faisant référence aux nobles avant de ricaner. Ceux de mon rang, la bonne blague ! Ils ne veulent que de grandes et pures morales en adéquations avec les préceptes de l’église Romaine.

Il n’y avait pas besoin de le connaitre mais juste de le regarder quelques minutes pour facilement deviner qu’Aymeric n’était pas du genre en phase avec ces mêmes morales et préceptes.

Que suis-je donc censé faire ? demanda-t-il en quittant la barrière pour faire quelques pas au hasard, levant les bras de dépit.

Écrire des pièces à l’humour grivois et vulgaire pour plaire à la populace ? Est-ce vraiment cela qu’ils veulent et demandent ? Dis-moi Ursus, est-ce moi qui surestime le peuple ou Bressac qui le sous-estime ? Et toi ? Comment as-tu pu trouver le parfait équilibre faisant naître la magie sur scène ?

Aymeric avait eu la meilleure des éducations, avait même étudié la littérature à l’université de Paris et pourtant, jamais aucun de ses précepteurs ni de ses professeurs ne lui avaient un jour parlé de cela.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Mar 12 Sep - 17:33


Être ou ne pas être...
A

ymeric sembla tout d’abord prendre ombrage des remarques d’Ursus, mais ce dernier n’y prêta pas garde, et quand bien même il l’aurait remarqué, son discours n’aurait pas varié pour autant. Il n’avait nulle intention de brosser son interlocuteur dans le sens du poil. Le jeune homme lui avait posé une question, Ursus lui répondait très sincèrement, et il pouvait bien en faire ce qu’il voulait. D’ailleurs, le jeune noble prit sur lui et accepta de donner à son interlocuteur plus de détails sur ses mésaventures, celles qui avaient invité le jeune homme non pas forcément à remettre en cause son travail, mais tout du moins l’accueil qu’on lui adressait. L’on refusait de faire jouer sa pièce sous le prétexte qu’elle ne serait pas accessible aux gens du peuple. Ursus trouvait que c’était mal considérer les manants susceptibles de voir ses pièces. L’homme du peuple n’est pas plus idiot qu’un autre, et il est tout à fait capable de comprendre les enjeux de la tragédie la plus sublime, tout autant que la drôlerie d’une comédie de mœurs. Mais bon, ces grands patrons de théâtre n’étaient pas des preneurs de risques, c’était entre autres pour cela qu’Ursus avait décidé de ne pas se frotter à ce genre de personnes, il préférait se produire en plein air, sur des scènes éphémères, cela avait ses contraintes, mais cela lui donnait également plus de libertés.

-J’ai pas beaucoup de mérite à rameuter le bon peuple devant notre scène,
affirma-t-il alors, pas pour faire montre d’humilité mais parce qu’il était lucide, il savait bien que ce qui intéressait le peuple et son public, et il n’était pas vraiment responsable pour cela. Le mérite en revenait à un autre. Les gens viennent voir l’homme qui rit, ils applaudiraient Gwynplaine, peu importe son texte.

C’était triste à dire, c’était la vérité, Gwynplaine intriguait, Gwynplaine fascinait, et c’était ce qui attirait, chaque soir, un public de plus en plus large. Certes, la présence radieuse de Déa ajoutait à l’envoutement, mais lui, il n’avait pas vraiment de rôle à jouer dans tout ça.

-Tu devrais peut-être envisager de te lancer dans le théâtre de rue,
suggéra-t-il alors, sincèrement, parce qu’il considérait que c’était effectivement quelque chose qui lui conviendrait, quoique peut-être un peu trop déshonoant pour ce titre dont il cherchait tant à se détacher d’autre part. Tes pièces feraient fureur. Le peuple n’est pas idiot, il sait apprécier le bon théâtre. Il marqua une légère pause. Et puis, il faudra bien qu’ils trouvent quelque chose sur quoi se rabattre quand l’Homme qui rit ne se produira plus. Ce qui n’allait plus tarder du tout à présent.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Ven 3 Nov - 8:39

Être ou ne pas être...
Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit.
La vie d’artiste en faisait peut-être rêver plus d’un mais elle était pourtant loin d’être facile. Jusqu’à présent, Aymeric avait eu de la chance, ses pièces s’étaient bien vendues. Mais malgré cela, même s’il rechignait à se l’avouer, la pension mensuelle que lui versait son père l’aidait grandement à vivre. Ses pièces se vendaient, certes, mais pas à prix d’or. Une chose était sûre, ce n’était pas en continuant de produire ses pièces dans les théâtres populaire qu’il ferait fortune. Mais pourtant, il refusait de céder et de se tourner vers les présentations dans les théâtres plus raffinés de ceux de son rang. Pas encore du moins, pas avant de s’être fait un nom, autre que de part son titre de noblesse. Il voulait être joué pour eux parce qu’ils l’auront demandé, voir même supplié, et non pas juste parce que son nom seul le lui permettait. Et donc pour cela, il se devait de travailler lui-même à sa célébrité.

Une chose qu’avait réussit Ursus, même s’il n’en semblait pas vraiment conscient. Certes, Gwyplaine attirait la curiosité des badauds mais ce n’était pas uniquement pour lui qu’ils restaient, ni même qu’ils revenaient encore et encore. La curiosité, même malsaine, s’essoufflait toujours très vite.

Peut-être devrais-je embaucher ton Homme qui Rit, rétorqua Aymeric sur une pointe de sarcasme tout en réfléchissant à ce qu’Ursus lui disait.

Se lancer dans le théâtre de rue. Voilà bien une idée qui ne lui avait jamais traversé l’esprit. Pour Aymeric, le théâtre était une affaire… De théâtre justement. Il se souvenait des pièces qu’il avait regardé dans le rues de Paris en passant lorsqu’il était enfant mais curieusement, cela n’avait jamais été du véritable théâtre à ses yeux habitués aux salles. Pourtant, la recette était bien la même. Mais ses parents lui avaient toujours répétés que ce genre de représentation manquaient de noblesse. Qu’il ne s’agissait pas là de véritable théâtre. Des propos reprit ensuite par ses professeurs à l’Université. Selon eux, ce n’était là qu’un ersatz destiné à divertir le peuple, sans plus.

Mais pourtant, depuis qu’il connaissait Ursus, Aymeric commençait à revoir son jugement sur la question. Les écrits de son interlocuteur étaient excellents et magnifiquement bien joués par ses acteurs. Aymeric devait-il lui aussi en passer par-là pour accéder à cette renommée qu’il désirait tant ?

Je n’y connais strictement rien au théâtre de rue, finit-il par admettre. Je n’ai jamais vraiment eu l’âme d’un nomade. D’un saltimbanque vivant là où le vent le porte. Enlève-moi de mon bien-aimé Paris et je serais tel un oisillon tombé hors du nid.

Aymeric connaissait la Capitale. Il connaissait les grandes villes du pays. Egalement plusieurs grandes villes étrangères. Mais pour le reste… Pour lui, province rimait avec bouseux, maladie et vulgarité. Il valait donc mieux ne même pas lui parler de campagne. Un jugement erroné, c’était un fait. Mais il n’avait jamais eu l’occasion de découvrir son erreur.

Mais les derniers propos d’Ursus prirent Aymeric par surprise et ce dernier ne s’en cachait nullement alors qu’il observait l’homme en face de lui en fronçant les sourcils.

Que veux-tu dire par là ? Ton protégé aurait-il émit le souhait de te tourner le dos ? Quelle ingratitude si cela devait bien être le cas.



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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Sam 4 Nov - 15:50


Être ou ne pas être...
I

l était assez étonnant de constater à quel point Aymeric et Ursus parvenaient à s'entendre alors même que leurs tempéraments et leurs visions de la vie étaient aux antipodes. L'amour du théâtre et de la dramaturgie permettait cela, sans doute. Ursus ne se reconnaissait dans aucun des propos de son jeune interlocuteur, mais il savait ne pas lui en tenir rigueur. Comment pourraient-ils être faits du même bois, tous deux, alors que leurs parcours étaient si différents. Aymeric était jeune, avait grandi dans l'opulence et la richesse, Ursus, lui, était bien plus âgé, et surtout, la vie lui avait rarement accordé l'ombre d'un répit. Il n'avait jamais connu la fortune, il n'avait jamais évolué au sein des plus hautes sphères (ce qui justifiait sans doute un peu sa révulsion à leur égard aujourd'hui), il avait passé sa vie sur les routes. Le jeune et le vieux, le riche et le pauvre, le sédentaire et le nomade. Oui, tout les opposait. Quand Aymeric affirmait qu'il ne quitterait Paris pour rien au monde, Ursus, au fond regrettait d'avoir cédé aux sirènes de la grande ville pour y installer le spectacle de l'Homme qui rit. Certes, Gwynplaine semblait y avoir trouvé son destin, et comme toujours, il entraînait Dea dans son sillage. La ville, affamé, les dévorait petit à petit, elle finirait par dévorer complètement ses deux enfants, et lui, on le recracherait dans un coin de campagne où il reprendrait ses habitudes d'autrefois, à vendre ses potions au plus offrants, tentant d'oublier ce pan de sa vie au cours duquel il avait eu une vie de famille. Oui, c'est ce qui se passerait. Mais bon, au moins, Déa et Gwynplaine seraient heureux. Gwynplaine, surtout. Peut-être était-ce de cela que venait le semblait d'affection que le saltimbanque avait pour Aymeric, il lui faisait penser à son fils, par certains aspects.

-Non, il ne s'agit pas de ça,
répondit Ursus quand son interlocuteur émit l'hypothèse que Gwynplaine ait décidé volontairement de se détourner de lui... non, ce n'était pas le cas, ce serait même l'inverse, en fin de compte. A l'heure actuel, le jeune homme cherchait surtout un moyen de retenir son père d'adoption. Les sujets de tension étaient légion entre eux, leurs caractères forts n'aidant en rien, pour autant, Ursus le savait, Gwynplaine n'avait jamais eu l'intention de le trahir ou de se détourner de lui. Paris a rendu à Gwynplaine son identité. Il a hérité de son père, de son vrai père, une belle fortune. C'était un résumé concis d'une situation plus complexe, mais l'essentiel lui semblait là. Peut-être as-tu entendu parler de Clancharlie ?


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Lun 29 Jan - 12:59

Être ou ne pas être...
Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit.
Aymric avait en horreur que l’on lui dise quoi faire. Il n’avait que faire des conseils que l’on lui prodiguait et se riait de ceux qui osaient lui en donner, surtout quand ils le faisaient par sagesse, parce qu’ils étaient plus âgés, qu’ils avaient mieux connu la vie que lui.

A chaque fois que son propre père tentait de le raisonner, Americ se braquait immédiatement, lui coupait la parole pour ne pas avoir à l’écouter et invariablement, cela se terminait par une dispute entre le père et le fils. Ainsi, Aymeric avait depuis longtemps acquis une réputation de jeune homme buté, fermé. De caractériel s’énervant à la moindre remarque et à l’égo, finalement, digne de son rang qu’il s’efforçait de faire oublier.

Et il y avait Ursus. La seule personne en ce monde pouvant parler franchement à Aymeric, le conseiller comme lui faire des remontrances. Le seul dont l’avis importait réellement aux yeux du jeune auteur, tout comme son aval. Même s’il ne le montrait pas particulièrement et pouvait tout de même parfois se braquer à ses propos, Aymeric avait pour Ursus une attache particulière. Peut-être tout simplement parce que le saltimbanque avait été le seul à comprendre comment fonctionnait le jeune homme et à faire avec a lieu de vouloir à tout prix le changer. Quoiqu’il en soit, Aymeri était intimement persuadé que le seul enterrement auquel il pleurerait un jour serait celui de l’homme se tenant face à lui.

Lorsqu’Ursus lui demanda s’il connaissait Clancharlie, Aymeric eut un petit ricanement suivit tout de fois d’un sourire amusé et sincère.

Ai-je donc finalement si bien réussi à me fondre dans la populace de Paris pour que tu en oubli mon nom et mon ascendance ?


Son sourire amusé persista quelques secondes puis Aymeric reprit tranquillement son sérieux en faisant quelques pas de-ci de-là au hasard.

Je ne l’ai jamais connu. Je sais que Clancharlie était un ami de mon père mais il a quitté Paris avant même ma naissance. Je n’aurai même probablement jamais entendu parler de lui s’il n’y avait eu cette histoire tragique avec son fils disparu qui a fait que tant d’années plus tard, certains en parlent encore. Mais quel rapport avec le soudain héritage de ton pro…


Aymeric s’interrompit tout à coup en tournant vers Ursus des yeux ronds… Et d’éclater de rire.

Non ? Ton Gwynplaine ? Le fils disparu du Baron Clancharlie ? Je ne peux que lui souhaiter bien du courage car c’est un monde de vipères dans lequel il va entrer. Ils ne feront qu’une bouchée de ton protégé et, tu sais, de son visage rieur, ajoutait-il en mimant des doigts les cicatrices de l’acteur sur son propre visage.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Mer 31 Jan - 18:49


Être ou ne pas être...
S'

il était dans les habitudes d'Ursus de sourire (mais ce n'était très clairement pas le cas), il aurait sans doute esquissé un sourire, à entendre son interlocuteur suggérer l'idée qu'il ait peut-être si bien su se fondre dans la populace que ses nobles origines aient pu être oubliées. Si ce devait être là l'objectif d'Aymeric, il avait encore du progrès à faire, car la noble extraction du jeune homme était aux yeux du dramaturge assez évidente... Peut-être était-il aveuglé par l'habitude, incapable de voir une nouvelle évolution à son interlocuteur, mais dans tous les cas, il ne pouvait qu'admettre que le propos de son interlocuteur suintait l'ironie. Oui, il connaissait les Clancharlie... contrairement à Ursus, qui s'était bien épargné de connaitre ce nom jusqu'alors et aurait aimé, à dire vrai, ne jamais le connaître. Il maudissait ce nom et le laissait pourtant prendre une réelle importance. Quelque part, il était responsable de la situation, mais ce n'était pas la question de toute manière. Ursus avait escompté que d'un simple nom, Aymeric tire ses propres conclusions, et de toute évidence, c'était un succès.

Clancharlie était un ami du père d'Aymeric avant son exil volontaire, qui montait à bien des années, à présent, et comme bien d'autres, il avait eu vent de l'enlèvement de son fils... Ursus laissa à son interlocuteur le soin d'en tirer ses propres conclusions, et ce dernier ne manqua pas de le faire, effectivement. Avec succès, bien sûr. Ursus ne prit même pas la peine d'acquiescer quand Aymeric comprit que Gwynplaine n'était autre que l'héritier de Clancharlie. Ce ne semblait pas vraiment nécessaire, à ce stade.

-C'est ce que je crains également,
admit Ursus qui daignait enfin partager cette crainte avec autrui, ce qu'il s'était épargné de faire avec ses enfants adoptifs. Une manière de les laisser libres de leurs choix. Aymeric était bien placé pour savoir dans quelles sphères Gwynplaine allait bientôt évoluer, combien elles étaient redoutables, et impitoyables envers ceux qui, comme l'homme qui rit, étaient différents. Mais Gwynplaine a voulu s'approprier son titre avant même de savoir qu'il lui était dû. Je doute fort qu'il dédaigne son héritage.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Mer 2 Mai - 13:32

Être ou ne pas être...
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Aymeric n’avait jamais eu de paroles tendres pour ce monde dans lequel il était né et avait grandi. Et pour cause, à ses yeux l’aristocratie ne méritait pas la moindre parole tendre à son égard. Ils n’étaient que des hyènes, se ruant tels des charognards sur les plus faibles, les attaquants avec un rire de dédain avant de m’en laisser que la charpie derrière eux et d’aller se chercher une nouvelle cible. Parfois, leur proie parvenait à leur échapper ou à se montrer bien plus coriace qu’ils ne ‘avaient cru. C’était son cas à lui. Les hyènes lui tournaient autour depuis des années, faisant siffler leur rire fou à ses oreilles dès la première occasion. Mais Aymeric ne s’était jamais laissé flancher. Il leur tenait tête, encore et encore. Mais c’était surtout parce qu’il connaissait les règles du jeu. Il avait été élevé par ses mêmes hyènes. Avait grandit parmi les charognards, avait eu plus d’une fois l’occasion de les voir à l’œil et savait donc comment mettre le grain de sable dans le roulement si bien huilé de leur petit jeu si cruel.

Mais Gwynplaine…

Peut-être que ton jeune artiste s’imagine rendu assez fort pour tout endurer après les moqueries de badauds à propos de son visage. Mais il n’a fait que croiser des chiens errant galeux. Ils ne sont rien comparés à la meute de hyènes qui l’attend.


Si Gwynplaine s’imaginait pouvoir apparaitre comme une fleur, sa belle aveugle au bras, et être aussitôt accepté et adulé en tant que Baron de Clancharlie, il allait tomber de haut. Son héritage était convoité depuis toujours pas les héritiers de lignées plus éloignées qui faisaient dans l’ombre des pieds et des mains pour qu’enfin il soit officiel que le jeun Baron était perdu et que la fortune soit partagée par les autres héritiers. De ce point de vue-là, Aymeric avait d’ailleurs hâte de voir leur tête quand ils comprendraient qu’ils pourraient s’asseoir sur l’or et les titres.

Tu as fais de ton Gwynplaine un homme bon et juste Ursus, reprit le jeune homme en posant une main sur le bras de son aîné. Le genre d’homme que j’aurai aimé que mon père fasse de moi. Il a le cœur trop pur pour ce monde qu’il veut apprendre à connaitre. Je suis la brebis galeuse de ce même monde, le mouton noir… Mais j’y ai ma place malgré tout, qu’ils le veuillent ou non, à chaque fêtes, à chaque repas mondain. Alors je garderais un œil sur ton protégé.


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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Ven 4 Mai - 12:21


Être ou ne pas être...
L

e discours d'Aymeric n'était pas vraiment surprenant en soi, car le jeune homme ne lui apprenait rien qu'Ursus ne sache ou n'appréhende déjà, mais cela eut le don de l'angoisser encore plus. Car oui, Ursus se sentait angoissé. Il ne voulait pas aller à l'encontre de la volonté de son fils d'adoption. Gwynplaine devait rester maître de ses propres choix. Mais il espérait tout de même que ces choix sauraient le rendre heureux... et il en doutait de plus en plus, pour tout dire... Ce n'était en tout cas pas les propos de son jeune interlocuteur qui allaient lui communiquer une autre impression... Et si, en laissant Gwynplaine vivre sa propre vie, en fonction de ses propres choix, il ne le précipitait pas dans la gueule du loup (et là, on parlerait d'un loup sauvage, pas d'un loup domestiqué comme Homo) ? Et pire encore, si Déa le suivait sur la même voie, ne se ferait-elle pas, elle aussi, dévorer ? L'appréhension le gagnait, et il se sentait de moins en moins capable de les abandonner à leur sort... D'autant que Déa et Gwynplaine n'avaient de cesse que de le prier de ne pas repartir sur les routes, loin d'eux...

Ursus ne s'en vanterait jamais de son propre chef, c'est certain, mais il considérait lui aussi avoir fait de son fils adoptif une bonne personne, peut-être plus encore que n'aurait su le faire son père légitime s'il avait eu le loisir de l'élever... Et être une bonne personne faisait de vous une proie malheureuse dans ce triste monde de prédateur. Ursus n'était pas peu fier de ce qu'il avait fait de Gwynplaine, seulement, il n'avait pas songé un seul instant à le préparer à la vie qui allait devenir la sienne sous peu... Quand Aymeric promit de garder un oeil sur lui, Ursus se sentit en partie soulagé. Il savait que ce ne serait pas assez, et qu'Aymeric aurait mieux à faire que de garder sans cesse le jeune homme sous sa vigilance, mais déjà, savoir qu'il y aurait ne serait-ce qu'un seul individu pour se ranger de son côté, ça le rassurait... même si ce ne serait pas assez. Est-ce que lui-même devrait songer à rester.

-Merci, répondit Ursus, qui ne pouvait qu'exprimer une sincère gratitude envers son interlocuteur. Déa compte l'accompagner. Je m'inquiète plus encore pour elle que pour lui.

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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Jeu 13 Sep - 17:46

Être ou ne pas être...
Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit.
Aymeric pouvait comprendre la fascination de la « populace » pour la noblesse et la bourgeoisie. Ils n’en voyaient que le côté chatoyant. Les bals, les banquets, les magnifiques tenues, les serviteurs… En effet, pour quelqu’un sans le sou, cela devait faire rêver. Mais ils ne voyaient pas la partie immergée de l’iceberg. Et le pire était que la majorité des nobles et autres bourgeois aimaient ce mode de vie. Ils se complaisaient dans cette hypocrisie constante et toute cette démesure frôlant le ridicule. Aymeric se disait parfois qu’il tait le seul à avoir réussit à ouvrir les yeux et à réellement voir la crasse tapie sous les draperies et les brocards.

Devant l’inquiétude d’Ursus face à la décision de Déa, Aymeric eut un petit sourire.

Compte tenu de la situation, elle serait peut-être finalement la moins aveugle des deux.

Ce n’était pas elle qui allait hériter d’une fortune et d’un titre. Pas elle qui allait voir se précipiter sur elle tout les profiteurs beaux parleurs qui voudraient profiter de sa naïveté. Alors peut-être était-ce une bonne chose qu’elle l’accompagne. Peut-être pourrait-elle se laisser moins aveugler que lui.

Les femmes ont toujours eu un bien meilleur instinct que les hommes, c’est reconnu. Ce n’est pas pour rien que la majorité d’entre elles ne veulent pas plus de moi que le temps d’une escapade dans leurs draps
, ajouta-t-il en riant. Aymeric n’était pas un jeune homme fréquentable, il en avait parfaitement conscience et en était même fier. Il n’avait aucunement l’intention d’entrer un jour dans le moule ennuyeux du jeune héritier bien sous tout rapport.

Si tu le souhaite, je peux parler à ton protéger. Je n’ai pas l’intention de lui conseiller de refuser son héritage. C’est ça vie, à lui de la mener comme bon lui semble et d’apprendre de ses éventuelles erreurs pour avancer mais je peux au moins le mettre en garde contre certains pièges… et certaines personnes. La fortune dont il va hériter était très convoitée et certains ne sont pas encore prêt d’y renoncer. Ni certaines d’ailleurs. C’est peut-être même de celles-ci dont il devrait le plus se méfier.


Sans compter les pères qui n’hésitaient pas à littéralement vendre leurs filles dans des mariages arrangés pour y gagner titre et fortune. Combiens d’entre eux avaient tenté d’imposer leurs filles auprès des siens, les proposant au mariage avec Aymeric. Encore maintenant, alors qu’il était si mal considéré, sa fortune et son titre continuait d’attiser les attraits malgré sa sulfureuse réputation.



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Message#Sujet: Re: Être ou ne pas être... feat Ursus   Jeu 13 Sep - 22:29


Être ou ne pas être...
U

rsus ne pouvait effectivement pas donner tort à son interlocuteur, il est vrai qu'entre Gwynplaine et Dea, le plus aveugle des deux n'était pas forcément celui que l'on soupçonnerait, dans cette situation ou dans d'autres, d'ailleurs. La cessité de la jeune femme n'y était peut-être pas entièrement pour rien, d'ailleurs, elle était d'une lucidité et d'une clairvoyance à toute épreuve. Elle voyait mieux parce qu'elle ne voyait pas. C'était sans doute très égoïstement qu'il redoutait de laisser Dea accompagner Gwynplaine, car alors elle ne serait plus avec lui, mais il était fort possible en revanche que la présence de la jeune femme à ses côtés soit un plus nécessaire dans la nouvelle vie qu'il avait choisi d'embrasser (même si la présence de Déa ne l'avait pas toujours préservé de certains tort, comme celui de lorgner de trop près la duchesse d'Aurevilly). Peut-être est-ce que cela venait en effet du fait qu'elle soit une femme, va savoir, dans tous les cas, Aymeric apporterait peut-être à la situation un éclairage qui ne manquait pas d'être nécessaire, en plus de lui faire une proposition qu'Ursus se voyait mal refuser. Certes, il n'aimait pas compter après l'aide d'autrui, mais aux grands maux les grands remèdes, en l'occurrence il était assez évident que ce serait lui rendre service.

Ursus avait bien essayé de dialoguer avec Gwynplaine sur la question, mais les deux hommes parvenaient difficilement à débattre sans s'arrêter sur un simple désaccord. Leur fierté n'aidant pas, ils étaient bien incapables de discuter posément, et Ursus par ailleurs n'en savait pas assez sur la noblesse et ses attraits pour pouvoir véritablement prétendre à la moindre légitimité quand il s'exprimait sur la question. Le but n'étant pas, en effet, de le dissuader d'emprunter la voie qu'il avait choisie. Ce n'était pas ce qu'Ursus voulait, absolument pas, il voulait simplement que les décisions de son fils de coeur soient prises en son âme et conscience, et pour l'heure, il n'avait clairement pas le sentiment que ce soit le cas.

-Tu ferais ça ?
demanda-t-il, sachant qu'après tout, Aymeric pouvait bien simplement décider de ne pas se mêler de tout ça. Tu me rendrais un fier service.

Et ce ne serait pas peu de le dire. Qui sait, le jeune homme serait peut-être un peu plus disposé à l'écouter lui que son interlocuteur.

code by Mandy


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La nature l'avait fait pour être triste.
Il lui était difficile de sourire, et il lui avait toujours été impossible de pleurer.
Il lui manquait cette consolation, les larmes, et ce palliatif, la joie.
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