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 Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]

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Message#Sujet: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Sam 2 Sep - 10:09


Amis, c'est l'heure
E

njolras n’avait jamais eu d’estime pour aucun homme de la haute, moins encore quand ils occupaient de hautes fonctions politiques, quand ils se trouvaient dans des positions où leurs actes et opinion pourraient changer la face du monde et n’en profitaient pas. Normal, ces hommes ne prenaient pas la peine de ne serait-ce que jeter un regard vers le bas et constater la présence, l’existence des hommes qui vivaient, survivaient même pourrait-on affirmer, à leurs pieds. A ce titre pourtant, un homme avait su faire singulièrement exception, un véritable partisan des valeurs républicaines, et qui n’avait pas hésité à assumer haut et fort ses opinions à ce titre. Le général Lamarque. Enjolras avait une immense estime à son adresse. Si le jeune révolutionnaire restait quoi qu’il puisse advenir tributaire des idées de Robespierre, il ne niait pas la véritable influence qu’avait pu avoir sur lui cet homme de renom, un homme que l’on pouvait à plus d’un titre prendre en exemple. Mais cet homme n’était plus. La nouvelle avait éclaté comme un coup de tonnerre, si elle n’avait rien eu d’une surprise en fin de compte. L’épidémie de choléra qui sévissait sur la capitale et avait d’ores et déjà fait tant de victimes, n’avait pas le moins du monde épargné cet homme, qui après avoir lutté contre ce mal comme tant d’autres en ce bas monde, y avait finalement succombé. La nouvelle avait été difficile à accepter, et avait donné un coup au moral au chef des amis de l’A B C, qui s’était bien vite mu en vive et impénétrable résolution. Les funérailles du général Lamarque auraient lieu d’ici quelques jours, et s’il était évident pour le jeune homme qu’il devait y assister, il avait une idée à présent précise de la manière dont il se devait de le faire. Quel plus vibrant ait hommage accorder à cet homme d’honneur que de transformer la procession en insurrection, l’oraison en protestation. Pour lui, sa décision était prise. Il était temps de dresser les barricades et de montrer leurs couleurs.

C’était donc en toute hâte qu’il avait demandé à tous les membres des Amis de l’ABC de le rejoindre en urgence dans leur quartier général, dans l’arrière-salle du Musain. Tout le monde avait répondu présent au rendez-vous, sans doute parce que chacun avait cerné la véritable urgence de la situation, à plus forte raison qu’il ne devait pas être le seul à avoir pris connaissance de la mort du général Lamarque. Quand tout le monde fut présent, Enjolras balaya l’assemblée du regard avant de prendre la parole, sûr de lui mais surtout certain que la situation nécessitait qu’ils en parlent et qu’ils s’organisent dans les plus brefs délais s’ils voulaient espérer être prêts le jour J, ce qui pour l’heure n’était pas assuré.

-Merci d’être tous venus.
Son regard s’attarda une seconde sur Marius. Il devait bien l’avouer, il avait douté de sa présence. Même si sa présence ici et maintenant ne signifiait pas qu’il serait bel et bien là quand se dresseraient les barricades. La situation, comme vous le savez peut-être, est critique. Il marqua une légère pause. Le général Lamarque est mort.


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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Lun 4 Sep - 22:42

Amis, c'est l'heure.
Marius savait bien qu’il n’était sans doute pas le meilleur des amis de l’ABC ces derniers temps, qu’il se concentrait un peu trop sur d’autre chose, sur d’autres « causes ». Parce qu’il ne pouvait évidemment pas s’empêcher de se concentrer sur Cosette, sur son épouse, puisqu’ils étaient mariés maintenant. Sa vie était liée à celle de la jeune femme et donc forcément, les choses sont quelque peu différentes. Cependant, quand il eut le message de Enjolras, il comprit que cela avait une grande importance. Même s’ils étaient quelque peu en froid, qu’ils n’étaient pas d’accord à longueur de temps, cela ne voulait pas dire que Marius ne pouvait pas répondre à l’appel de son ami. Il avait conscience que c’était grave, même s’il ne savait pas du tout pour quelle raison. Il ne suivait pas suffisamment les actualités pour savoir que le Générale Lamarque était mort. Pourtant, il aurait pu le découvrir sans doute, il aurait même dû, mais ce n’était pas le cas. Pourtant, même sans connaître l’information qui poussait Enjolras à les convoquer tous de la sorte, il comprenait quand même qu’il y avait urgence. Autant dire qu’il ne pouvait que se retrouver dans l’arrière salle du café Musain en cet instant précis.

Quand Enjolras remarqua qu’ils étaient au complet, il prit la parole afin de les remercier d’être tous venu. Pendant un court instant, les deux hommes s’échangèrent un regard. Marius se doutait que son ami n’avait pas forcément été sûr de le voir arriver. Mais il était présent et c’était normal après tout. Même s’il était marié, même s’il voulait profiter de la vie avec son épouse, il ne voulait pas pour autant mettre de côté sa cause et le combat qu’il menait quand même depuis un moment maintenant. Il voulait prouver à Enjolras qu’il n’abandonnait pas, que ce n’était pas parce qu’il avait une vie un peu différente qu’il ne pouvait pas se battre. Il n’y avait aucune raison que ça ne soit pas le cas après tout, même si forcément il n’était pas si prompt à se jeter dans les flammes… il n’avait aucune envie de mourir. Mais il avait quand des convictions, il avait envie que ce combat soit mené à bien. Et donc, par conséquence, Marius écoutait attentivement les propos de Enjolras. Et ce dernier affirma alors que le Général Lamarque était mort. Marius avait entendu parler de son état de santé, du fait qu’il était malade, qu’il avait justement attrapé le choléra. Mais il ne pensait pas qu’il allait mourir… il n’avait pas envisagé que c’était le cas.

« Qu’est-ce que tu as en tête ? »

Dit-il alors en prenant la parole sans forcément être invité à le faire, mais en même temps il osait croire qu’il parlait au nom de tout le monde. Les Amis de l’ABC savaient que si l’homme leur avait demandé de venir maintenant, en de telles circonstances, c’était forcément que le leader avait quelque chose en tête. Sinon ils ne seraient pas là et Marius avait envie d’en savoir plus.  
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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Mar 5 Sep - 20:09


Amis, c'est l'heure
L

a nouvelle aurait pu éclater comme un coup de tonnerre et soulever directement de nombreuses harangues, exclamations et protestations, mais comme il s’en était doutée, ce n’était pas le cas… parce que la plupart d’entre eux n’était pas le cas. La nouvelle était importante, troublante, et le général Lamarque méritait que l’on pleure sa dépouille. Mais ils n’étaient pas là pour débattre de cette situation, il s’agissait surtout d’honorer sa mémoire de la meilleure manière possible. Il attendit un instant que les quelques commentaires d’usages soient passés. Il avait songé à reprendre la parole, exprimer directement sa pensée, mais Marius prit la parole, demandant immédiatement ce que le chef de file des amis de l’ABC avait à l’esprit. Enjolras soutint le regard de Marius, il se doutait qu’il devinait ce qui allait se passer. Mais il lui laissait le soin d’exposer son plan d’action. Et c’était bel et bien ce qu’il comptait faire. Il était grand temps d’agir. Ils attendaient, depuis longtemps, une opportunité telle que celle-ci. Faire du décès d’un estimé général le prétexte à leur révolte, ce pouvait sembler bas, mais elle était absolument convaincue du fait que Lamarque ne leur reprocherait pas leur impulsivité, loin s’en faut, même. Il serait fier. Il était mort, mais les idées qu’il avait défendues tout au long de sa vie ne devaient pas mourir avec lui. Au contraire.

-Ses funérailles auront lieu dans trois jours.
Il marqua une légère pause, embrassant du regard l’assemblée dans son entier. Il était évident qu’il ne pouvait pas passer à côté d’un tel événement sans aller au-delà. Lamarque était le seul parmi ceux de la haute à s’intéresser au peuple, il en était le fils et le représentant, un très grand général, ses idées ne doivent pas mourir avec lui. Nous devons faire éclater ses idées à l’heure où son corps sera enterré. Il marqua une pause. Nous avons trois jours pour nous organiser, trois jours pour mettre en place une insurrection. Nous manifesterons, drapeaux rouges et armes à la main, et si la garde nationale doit s’en prendre à nous, nous riposterons, nous hisserons des barricades au plus haut du paysage de Paris, et nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle pour la cause que nous défendons tous.

On pouvait aisément taxer Enjolras d’utopiste. En l’occurrence, il considérait que s’il l’était, c’était une bonne chose. Etre utopiste, c’était avoir des aspirations aussi grandes que possibles. Certes, en certaines occasions, ces projets s’avéraient irréalisables, mais plus on visait haut, mieux c’était, il fallait avoir les ambitions les plus grandes possibles. En l’occurrence, il ne s’était jamais senti plus proche d’accéder à son but, de réaliser ses rêves et ses ambitions, d’aller au bout de ses idéaux. Dans trois jours, ils changeraient peut-être à tout jamais la face de la France, du pays tout entier. Et cette idée ne manquait pas de lui plaire et de lui donner des ailes, cela s’entendait au ton de sa voix.

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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Jeu 19 Oct - 7:13

Amis, c'est l'heure.
Alors c’était maintenant ? Visiblement, au vu de la situation. Grantaire était suffisamment détaché de tout cela pour ne pas avoir remarqué tout de suite que la poudre commençait à s’embraser. Mais alors que tous les amis de l’A B C étaient réunis sous la demande de Enjolras – et quand on disait tous, c’était bien tous, même ce bon Marius qui avait arrêté de roucouler avec sa belle Cosette – Grantaire ne pouvait pas douter une seule seconde que la situation était grave, que le moment était venu. Il s’y était attendu, en fait. Même s’il voyait le groupe pédaler par moment sans grand résultat, il se doutait un peu qu’un moment tel que celui-ci allait arriver. Parce que Enjolras avait suffisamment de conviction pour conduire tout le monde à ce genre d’instant. Lamarque était donc mort et l’homme, après la question de Pontmercy, exposa son plan. Le fait qu’il était important pour lui d’utiliser le moment de sa mort pour faire ressortir les idées du général, pour que ses idées éclatent à tous et que le monde change. Rien que cela. Ils avaient donc trois jours pour mettre en place tout cela, pour préparer leurs manifestations avec un drapeau rouge et les armes à la main, pour se préparer à riposter contre la garde nationale – parce qu’évidemment, celle-ci n’allait pas les laisser faire – pour être prêt à monter les barricades, à se battre… à mourir.

C’était joyeux ma foi. Et alors que la plupart des Amis de l’A B C acclamait Enjolras, visiblement très enthousiaste à l’idée de se battre, à l’idée de mourir, Grantaire ne bougea pas. Il se contenta de regarder le chef de file, ce révolutionnaire dans l’âme, qui ne manquait vraiment pas de conviction. Et qui ne manquait pas de partager ses convictions d’ailleurs. Il ne détourna un instant son regard que dans le but de regarder rapidement les autres, qui semblaient sur motivé à l’idée de se battre, avant de porter son attention rapidement sur une bouteille à ses côtés et de l’attraper pour en boire une longue gorgée, avant de reposer son regard sur Enjolras. Non, il n’était en aucun cas motivé, non, il n’avait absolument pas envie de mourir et encore moins pour des idées qu’il ne partageait pas. À quoi bon se battre ? À quoi bon mourir ? Ils n’allaient pas y arriver. Du moins, c’était ce qu’il parvenait encore à se dire, quand bien même… eh bien, la détermination de Enjolras avait quand même le don de le toucher. Trois jours, ça faisait quand même peu pour profiter pleinement de la vie. Très franchement, en cet instant précis, Grantaire n’avait aucune idée de s’il avait envie ou non de se rendre à cet enterrement afin de manifester à côté des autres.

« Et pourquoi tu ne fais pas venir des femmes alors Enjolras ? » Lança-t-il, un sourire amusé sur le visage, sachant parfaitement que ça n’allait pas lui plaire. « Tu nous demandes de mourir pour la France, alors offre nous les derniers jours les plus beaux de notre vie ! »
 
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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Jeu 19 Oct - 19:02


Amis, c'est l'heure
S

on discours avait su, semble-t-il, convaincre l'assistance, et on décelait dans cette pièce où parfois, l'enthousiasme se faisait attendre, une sorte d'impatience presque fièvreuse, comme si enfin, chacun se révélait à soi-même et à son devoir, peut-être parce qu'ils attendaient tous ce moment fatidique, celui où les actes remplaceraient les mots, et ce moment était enfin arrivé. Mais bien sûr, pour tant d'esprit échaudés et enthousiasmés par cette perspective aussi suicidaire que nouvelle, il en fallait bien un pour formuler une requête plus prosaïque et placer cette conversation sur une nouvelle échelle. Et pour cela, bien sûr, il fallait compter sur Grantaire, qui ne manqua pas à son rôle en lui demandant expressément pourquoi il n'amenait pas des femmes ici, s'il ne leur restait que peu de temps à vivre. L'avait-il pris pour une mère maquerelle ? Non, il cherchait à le provoquer, comme d'habitude, mais son propos ne devait pas accueillir les mêmes réflexions que d'ordinaire, parce que la situation, justement, n'avait absolument rien d'ordinaire, elle exigeait en effet que l'on s'attarde sur certaines considérations que d'aucuns trouveraient basses lui en premier) mais qui demeuraient celles de beaucoup. S'il adressa à Grantaire un regard réprobateur, son ton se fit tout de même moins sévère qu'il pouvait parfois l'être quand il s'adressait à son interlocuteur, celui qui savait si bien le contredire et qui réussissait mieux encore à l'agacer.

-Peut-être que certains d'entre nous survivront, mais c'est vrai. Si vous acceptez de vous joindre à moi, ces heures sont sans dout nos dernières heures. Et vous pouvez bien les occuper comme vous voulez. Allez trouver vos amis, si ce doit être la dernière fois, embrassez une dernière fois vos parents, buvez, même, s'il n'y a que cela qui vous intéresse
(aucun sous-entendu là-dessous, bien sûr). Tant que vous gardez l'esprit clair, peu importe, vos derniers instants sont précieux, ne les gâchez pas. Il marqua une pause. Et si vous pensez, maintenant, que vous n'êtes pas prêts à tout abandonner, que vous préférez aux barricades la compagnie des femmes, une table garnie, ou tout simplement la présence de votre épouse. A ces derniers mots, ce fut en direction de Marius que son regard se posa, lourd de sous-entendus. Alors vous pouvez encore tout arrêter. Nul ne vous blâmera pour cela. Ce qui veulent encore vivre, il est temps de partir. Mais je vous conseille alors de partir maintenant.

C'était en effet un discours indispensable, s'il voulait croire que tous autant qu'ils étaient, ils sauraient se battre pour la cause jusqu'à leur dernier souffle, il n'ignorait pas ce à quoi ils s'exposaient, et il ne voulait pas être responsable de vies anéanties ou brisées. Ceux qui se battraient le feraient en leur âme et conscience. Et Enjolras ne pensait pas que Grantaire en soit.

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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Dim 10 Déc - 13:11

Amis, c'est l'heure.
Marius savait parfaitement qu’un tel moment ne pourrait qu’arriver, et en un sens, il l’avait attendu. Ils l’avaient tous attendu visiblement, au vu de la manière dont les hommes présents acclamèrent Enjolras. Presque tous l’acclamèrent, puisque sans grande surprise, Grantaire ne manqua pas de faire une petite remarque de son habitude. Marius poussa un soupire, ce n’était vraiment pas le genre de discourt qu’il appréciait. Mais en même temps, le jeune homme était un romantique, donc il ne pouvait pas s’empêcher de considérer qu’un homme ne pouvait qu’être avec une seule et même femme, comme il était avec sa belle Cosette. Ce n’était pas du tout de son goût d’imaginer des femmes de petites vertus venir dans le but de satisfaire l’instinct animal des hommes présents dans l’arrière salle du café Musain. Mais le jeune homme ne dit rien du tout, laissant Enjolras reprendre la parole.

En un sens, l’homme n’avait pas tort d’affirmer que s’ils vivaient leurs dernières heures, il valait sans doute mieux qu’ils profitent de ces instants du mieux qu’ils pouvaient. De la manière dont ils voulaient en profiter. La seule chose qu’ils devaient faire, c’était se tenir prêt et garder l’esprit clair. Forcément, Marius ne put s’empêcher de se dire que la remarque sur l’alcool était destinée à Grantaire. Enjolras reprit en affirmant que s’ils ne se sentaient pas prêt, c’était le moment d’abandonner. Il y eu un instant où Enjolras tourna son regard vers lui, alors qu’il mentionnait les épouses. Marius savait bien que son ami pensait directement à lui et honnêtement, le jeune homme ne pouvait pas nier qu’il sentait un pincement au cœur à l’idée d’abandonner Cosette. S’ils devaient mourir dans trois jours, parce qu’ils allaient se battre, Marius regretterait de faire de son épouse une veuve si peu de temps après l’avoir épousé. Forcément, il s’en voulait, mais il n’avait pas eu le choix que de l’épouser pour la garder à ses côtés. C’était égoïste sans doute, puisqu’il aurait sans doute mieux fait de la laisser partir plutôt que de la lier à lui. Alors, oui, pendant un instant Marius douta. Est-ce qu’il devait vraiment s’y rendre, il hésita. Franchement, il ne savait pas exactement s’il devait y aller ou pas. Est-ce que ça n’était pas le moment d’affirmer que c’était trop pour lui. Finalement, Marius se leva et s’approcha de Enjolras, faisant face à l’assemblée.

« Ecoutez le mes amis ! »
Dit-il alors. « Ne prenez pas le risque de ne pas vous donner à cent pour cent à la cause au moment venu ! C’est normal d’avoir peur et si vous avez peur, vous avez le droit d’abandonner. » Le jeune homme tourna son regard vers Enjolras, posant une main sur son épaule. « Nous on va se battre ! »

Il scellait son destin.  
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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Dim 10 Déc - 19:43


Amis, c'est l'heure
E

njolras s'attendait, lucidement, à ce qu'il y ait des démissionnaires dans ses rangs, il trouverait même cela parfaitement logique, c'était une chose que de planifier une guerre semblant si lointaine qu'on finissait par oublier qu'elle puisse réellement se produire ailleurs que dans notre imagination, c'en était une tout autre que de partir, arme au poing, au combat, en sachant qu'on ne verrait peut-être plus jamais la lumière du jour, que c'était une opportunité plus que probante. Il ne pourrait pas reprocher à ceux qui s'en iraient de le faire, il ne voulait pas gâcher inutilement des vies qui n'étaient pas prêtes à un si grand sacrifice, si noble soit-il. Il toisait donc chacun des amis de l'A B C, dans l'attente de la réaction, et apprécia de constater qu'aucun d'entre eux n'esquissait le moindre mouvement pour quitter l'arrière-salle du Musain. Enjolras s'en sentait, de fait, on ne peut plus satisfait, et fier, même, il fallait bien le reconnaitre. Il avait parfois douté de la loyauté de ses camarades, il avait parfois remis en question leur foi dans la cause, mais à l'heure de se dresser comme un seul homme contre l'opposition, à l'heure où naissait le maigre mais plaisant espoir de changer la face de leur patrie, ils répondaient présent, et, de toute évidence, sans une once d'hésitation. Voilà ce que le chef de file du groupuscule révolutionnaire avait toujours voulu, voilà ce qu'il était plus qu'heureux d'avoir obtenu, un parfait sentiment d'unité, qui lui laissait penser qu'en fait de sacrifice, c'était bel et bien la victoire qui les attendait au bout du chemin. Il y croyait plus que jamais, et y crut encore davantage quand Marius éleva la voix afin de prendre à son tour la parole.

Le lui aurait-il reproché, s'il avait décidé de rester auprès de sa femme plutôt que de se battre ? Il aurait été déçu, évidemment, mais il ne l'aurait pas pu, car à présent que Marius était marié, il avait envers son épouse une responsabilité qu'il trahissait en se trouvant ici. Cosette saurait-elle le lui pardonner ? Enjolras décidait que ce n'était pas son affaire, lui était seulement ravi de voir son ami si prompt à défendre leurs couleurs, de toute évidence déterminé à lutter. Enjolras adressa une esquisse de sourire à Marius quand il lui posa une main sur l'épaule après son discours enflammé. Après cela, il n'avait plus aucun droit de se désister, c'est une certitude. Enjolras n'ajouta rien à ces propos éloquents, il se contenta de constater que personne n'esquissait le moindre mouvement. De toute évidence, le groupe était conquis, et prêt à en découdre. Ils n'étaient qu'une poignée de jeunes hommes pour la plupart étudiant et avant tout idéaliste, mais Enjolras avait le sentiment que, pour l'heure, ils constituaient une armée.

-Très bien,
constata-t-il en voyant que personne n'esquissait le moindre mouvement. Alors, au travail.

Ou bien avait-il parlé trop vite.

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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Sam 3 Fév - 12:53

Amis, c'est l'heure.
C’était tellement sérieux tout cela, cette conversation, Grantaire comprenait que l’instant était réellement intense. Il en perdait même son sourire amusé d’ailleurs, alors que Enjolras reprenait la parole pour lui répondre, mais surtout pour donner ses pensées à l’assemblée, invitant quiconque ne voulant pas se donner à cent pour cent, quiconque aillant peur, quiconque ne voulant pas quitter leur famille à faire marche arrière. En gros, c’était maintenant qu’il fallait partir si on n’était pas prêt à mourir pour la France. Très franchement, en d’autres circonstances, peut-être que le jeune homme aurait pris sa bouteille de vin et aurait quitté l’arrière salle du café Musain – où il n’avait sans doute pas vraiment sa place de base d’ailleurs – afin de pouvoir continuer sa petite vie. Mais… eh bien, les propos de Enjolras l’invitait en réalité à faire autrement. C’était comme ça à chaque fois, dès que le leader des Amis de l’A B C prenait la parole, il avait le don d’attiser les foules, d’attiser les consciences. Et là, tout de suite, Grantaire n’avait pas l’intention de s’en aller. Comme la plupart de ses camarades apparemment, puisque personne ne bougea ou presque.

Mais quand Pontmercy se manifesta, ce fut pour confirmer les propos du leader des amis de l’A B C et confirmer qu’ils ne devaient pas rester s’ils ne se sentaient pas prêt à s’investir à cent pour cent. En soit, il n’y avait rien d’étonnant dans ce qu’il disait, bien au contraire, mais le jeune homme ne put s’empêcher de se sentir quand même agacé par les propos de son camarade. Sans grande raison, surtout qu’au final, Marius Pontmercy se contentait d’affirmer qu’il allait se battre au côté des autres, et c’était un peu ce que tout le monde attendait de lui quand même. Normalement. Enjolras semblait satisfait d’entendre ces propos, quelque chose donna l’impression à Grantaire qu’il était soulagé, qu’il était satisfait. Et ça avait le don de d’agacer une nouvelle fois l’alcoolique notoire. Il affirma donc qu’ils devaient se mettre au travail, certain de leur camarade se levèrent dans le but de le faire justement. Mais Grantaire, qui n’avait pas pris la peine de se lever, devait bien avouer qu’il n’avait pas spécialement envie d’en rester là. Pourquoi ? Sans grande raison sans doute.

« Et qui nous dit qu’on peut vraiment compter sur toi Pontmercy ? » Demanda-t-il en s’adressant donc directement à Marius, qui tournant son regard vers lui. « Vous avez vraiment envie de mettre votre vie entre les mains d’un homme qui va passer son temps à penser à sa toute jeune épouse ? » Demanda–il alors en tournant son regard vers l’assemblée. Quoi, lui aussi pouvait très bien chercher à lever les foules non ? Il ne voyait pas en quoi il ne pourrait pas le faire en tout cas. Mais en réalité, ce n’était pas tant tous ces camarades qu’il voulait interpeler, mais une personne en particulier. Vers qui il tourna son regard d’ailleurs, attendant une réaction de sa part.
 
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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Sam 3 Fév - 14:22


Amis, c'est l'heure
E

njolras était satisfait de constater que des heures et des heures de réunions qui par instant lui avaient semblé vaines payaient finalement leurs fruits. Le nombre de jeunes révolutionnaires prêts à se battre au nom du peuple et de leur pays serait peut-être moindres en comparaison du nombre d'hommes armés qui chercheraient à juguler leur révolte, mais néanmoins, ils étaient là, fiers et combattifs, ils n'avaient pas peur de s'engager quitte à le payer de leur vie, le chef de file des Amis de l'ABC devait bien avouer qu'il avait craint moins de ferveur de la part de ses camarades, et il était d'autant plus satisfait de découvrir que ceux même en qui il plaçait le plus de doute étaient prêts à se placer en première ligne pour affronter victorieusement les gardes nationaux afin de faire valoir leur idéal d'égalité et de parité. Il ne leur restait à présent qu'à se mettre à l'ouvrage pour être le mieux préparés possible quand il leur faudrait prendre d'assaut les rues de Paris et y fonder leurs barricades. Mais il était sans doute allé trop vite en besogne, à pense que tout le monde allait se mettre au travail, sans tension ni objection aucune. Car une voix s'éleva. Celle de Grantaire. Non seulement le jeune homme avait décidé de rester (ce qui était en soi un exploit aux yeux d'Enjolras), mais maintenant, il se permettait de remettre en cause les propos de ses camarades. Enjolras lui adressa un regard noir, ce n'était vraiment pas le moment.

-J'espère qu'aucun de vous ici n'a encore l'absence d'esprit de penser que nos vies résident en d'autres mains que les siennes propres, répliqua-t-il catégorique. Que cela soit bien clair, ajouta-t-il alors sans lâcher Grantaire du regard, mais faisant porter plus haut sa voix que ne l'avait fait Grantaire auparavant, qui pour autant s'adressait toujours à la cantonade. Aucune révolution n'a jamais dépendu d'un seul homme, qu'il s'agisse de moi, de Marius ou de qui que ce soit d'autre. Nos vies reposent entre les seules mains du destin, à vous de la défendre avec autant de ferveur que le peuple pour qui nous avons choisi de nous battre. Il baissa un peu la voix, se rapprocha de Grantaire pour s'adresser à lui et à lui seule. L'heure n'est plus à ce genre d'enfantillages. Si tu n'es pas d'accord, tu peux encore t'en aller.

Bon, c'étaient des enfantillages dont il avait fait preuve lui-même en accusant Marius de son absence, en le blâmant d'avoir consacré trop de temps à son épouse et pas assez à la cause. Mais à l'aune de leur combat, ces constats prosaïques devaient passer au second plan un point c'est tout, et il n'avait plus le temps ni la patience pour cela. Et Grantaire n'était pas le mieux placé pour parler, d'ailleurs. Ou bien devaient-ils remettre leur destin entre les mains d'un alcoolique notoire ?


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Message#Sujet: Re: Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]   Mer 4 Avr - 21:32

Amis, c'est l'heure.
Ils ne pouvaient clairement plus reculer maintenant. Et tant mieux sans doute, parce que Marius se disait qu’il valait sans doute mieux qu’ils ne réfléchissent pas trop. Le moment était venu en tout cas et le jeune homme ressentait une certaine fébrilité qu’il ne pensait pas ressentir un jour. Après tout, c’était quand même quelque chose qu’ils attendaient depuis un moment maintenant, réunion après réunion, sans savoir exactement quand ça allait arriver. Mais c’était le moment donc, et c’était maintenant qu’ils allaient donc agir. Et visiblement, la plupart des personnes présentes dans le café Musain – dans l’arrière salle plus précisément – étaient motivés pour se mettre au travail. Parce qu’ils avaient vraiment du pain sur la planche. Ce n’était pas tout de décider que la révolution était en marche, il fallait quand même se mettre au travail parce qu’ils avaient énormément de chose à faire. Mais il y en avait qui mettait bien plus en doute la situation visiblement.

Marius fut un peu pris de court quand Grantaire le mentionna, en demandant à la foule s’ils voulaient vraiment mettre leur vie entre les mains d’une personne qui allait penser constamment à sa jeune épouse. Le jeune homme ne pouvait pas nier qu’il allait forcément penser à Cosette et en un sens, il s’en voulait un peu de prendre un tel risque en de telles circonstances… mais en même temps il n’avait pas l’intention de reculer quand même. Et il n’avait pas l’intention de mourir non plus, parce qu’il ne voulait pas faire de Cosette une jeune veuve. Ce fut Enjolras qui reprit la parole en affirmant qu’il ne fallait pas mettre sa vie et son sort dans les mains d’une tierce personne. C’était vraiment agréable de se sentir à ce point soutenue. Marius ne savait pas si en d’autres circonstances, Enjolras ne l’aurait pas forcément soutenu. Mais il le faisait maintenant. Et Enjolras se rapprocha d’ailleurs vers Grantaire, Marius ne put s’empêcher d’avoir envie d’entendre ce qu’il lui dit. Mais il n’entendit rien, parce que Enjolras parlait bien trop bas pour qu’il puisse décerner les morts. Il vit cependant la réaction de Grantaire. Ce dernier se leva, prenant son verre dans sa main et affirma haut et fort.

« J’ai besoin d’un verre. »

Lança-t-il avec ce même air de défit de d’habitude. Marius ne savait pas du tout quoi penser de sa réaction, mais en même temps il valait mieux sans doute qu’il ne se préoccupe pas de ça. Quoi que pense Grantaire, ça n’allait rien changer à la situation. Au fait qu’ils allaient tous faire la révolution, qu’ils allaient tous se battre, qu’ils allaient changer enfin le pays. Et c’était la seule chose qui devait compter. C’était la seule chose qui devait compter pour quiconque et qui allait compter pour Marius, parce qu’ils ne pouvaient pas avoir autre chose en tête. Il n’avait aucune idée en un sens de comment les choses allaient se passer. En tout cas, pour l’heure ils avaient du pain sur la planche. Marius s’approcha de Enjolras, posa une main sur son épaule en guise de remerciement, avant de se mettre au travail.
 
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Quel vide que l'absence de l'être qui à lui seul remplit le monde ! Oh ! comme il est vrai que l'être aimé devient Dieu. On comprendrait que Dieu en fût jaloux si le Père de tout n'avait pas évidemment fait la création pour l'âme, et l'âme pour l'amour.
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Amis, c'est l'heure [pv Marius & Grantaire]
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