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 Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]

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Message#Sujet: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 1 Sep - 22:20




Nous sommes le 5 juin 1832, le choléra a emporté le général Lamarque, figure majeure du parti républicain. Un vent de révolte souffle sur la ville de Paris, à l'occasion des funérailles du général, l'insurrection se prépare au sein des groupuscules révolutionnaires, dont les Amis de l'ABC font partie.

Au coeur de la rue Saint-Denis, des barricades ont été dressées pour faire face à l'assaillant... La nuit est tombée sur Paris, le calme est revenu... mais pas pour longtemps... les gardes nationaux se préparent à l'attaque. Et nos révolutionnaires en herbe ne seront peut-être pas de taille.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 2 Sep - 10:29


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
L

e calme après la tempête, le calme qui en précède une autre. Un silence de plomb s’était imposé sur les barricades de la rue Saint-Denis où Enjolras et les Amis de l’ABC s’étaient établis, aux aguets, armes à la main, prêts à repousser les amis de l’ABC si ces derniers devaient, éventuellement, venir à leur rencontre. Et bien sûr, en dépit du calme présent, le chef de file du groupuscule révolutionnaire ne se leurrait pas, il savait que ça allait bel et bien arriver, d’une manière ou d’une autre. Et quelque part, il attendait que cela arrive… Il l’avait sans doute attendu toute sa vie. Il se sentait envahi de sentiments contradictoires. De la crainte, bien sûr, car il faudrait être totalement fou pour n’en ressentir aucune alors qu’il songeait que cette nuit était peut-être la dernière de son existence. Il le savait, il mourrait sans doute cette nuit… une part de lui n’en avait pas envie, avait envie de voir de ses propres yeux le monde qu’il luttait pour construire. Une autre, en revanche, ne demandait qu’à respecter jusqu’au bout son sens du sacrifice. Quitte à mourir, oui, il préférait de loin mourir en martyre. N’importe quelle autre option lui paraissait diablement superflue. Oui, il était inquiet, mais plus encore, il se sentait exalté. Il s’était préparé au combat durant des mois et des années, et ils y étaient enfin. C’était le moment de faire la différence, de brandir leur drapeau, d’afficher leurs couleurs, de prouver leur valeur, en bref de faire une véritable différence. De changer la face du monde ou tout du moins le visage de la France, ce qui ne serait déjà pas rien, en réalité. Il était fier de se tenir ici, auprès de ses frères d’arme, et fusil au poing, il était prêt à lutter jusqu’à son dernier souffle. Mais pour l’heure, ils étaient dans l’attente, et ce n’était sans doute pas plus mal, car les événements ne les avaient jusqu’alors pas ménagé.

Ils avaient dû affronter les gardes nationaux dès la procession funéraire engagée, et dresser au plus vite les barricades qui les maintenaient plus ou moins protégés de l’ennemi, même si ce ne serait pas pour longtemps, sans doute. Tout cela n’avait pas été une mince affaire, et ils avaient été éprouvés aussi bien physiquement que mentalement, car il y a une infinie différence entre parler de se battre et le faire réellement, et cela n’avait certes pas échappé à notre jeune révolutionnaire, même s’il était convaincu que la cause qu’il défendait valait tous les sacrifices et toutes les concessions possibles. Ils attendaient donc, certains se reposaient, d’autres buvaient pour se donner du courage (et en l’occurrence, Enjolras n’y redisait rien, au vu des circonstances, c’était plus que concevable), Enjolras, quant à lui, s’employait à renforcer leurs barricades faites de bric et de broc autant que cela se pouvait. Elle ne tiendrait clairement pas le coup face à des assaillants armés jusqu’aux dents, ou pire face à un canonnier, mais il fallait tenter le coup malgré tout. C’était tout affairé à la tâche qu’il entendit des pas s’approcher. Quelqu’un venait.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 4 Sep - 15:22

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
C’était enfin le jour J, celui où les Amis de l’ABC se mettait en marche afin de provoquer cette révolution qu’ils avaient préparé depuis bien longtemps. Ils s’étaient mis en marche donc, lors de l’enterrement du Générale Lamarque et maintenant ils se trouvaient tous derrière des barricades, au niveau de la rue Saint-Denis. Tous… oui, même Grantaire se trouvait là. Pourtant, beaucoup aurait peut-être pu imaginer qu’il allait se défiler à la dernière minute, au moment où ils allaient devoir se battre et mettre en place leur plan. Cet instant n’avait rien à voir avec ce qu’ils pouvaient prévoir au café Musain après tout, alors qu’ils buvaient beaucoup (enfin, surtout Grantaire donc), et criait énormément. Là, ils devaient se mettre à l’action, ils prenaient les armes, ils se battaient et ça n’avait rien de simple. C’était même assez compliqué d’ailleurs. Mais on n’avait rien sans rien en même temps. Tout le monde était motivé en tout cas, tout le monde était prêt à se battre. Grantaire aussi, il ne se retenait pas de prendre les armes et de se battre, quand bien même il faisait peut-être un peu tâche dans le décor.

Et pourtant, il était motivé quand même. Il était prêt à se battre, il était prêt à se donner à fond pour défendre cette cause qui valait tout ce remu ménage. Pour la cause ? Non, clairement pas, Grantaire ne parvenait toujours pas à croire que ce qu’ils faisaient pouvait servir concrètement à quelque chose. Même s’il ne pouvait que reconnaître qu’Enjolras n’avait pas tort quant au fait qu’ils devaient se battre afin de changer les choses. Est-ce que ça allait servir à quelque chose ? Peut-être pas, non. Sans doute pas non, mais en même temps on ne savait jamais. Grantaire verrait bien de toute façon et en attendant, il était bel et bien là, prêt à se battre. Et s’il devait mourir ? Eh bien, il mourrait tout simplement. Grantaire n’avait même pas de crainte à ce sujet. Non pas qu’il avait spécialement envie de mourir non plus, il aimait la vie et il aimait profiter de la vie. Mais en même temps, il n’avait aucune envie de se rabaisser devant la mort. Pour le moment, les choses étaient calmes. Ils n’avaient pas vraiment d’autres choses à faire que d’attendre, en se tenant prêts pour agir. Il valait mieux qu’ils soient en forme après tout afin de se battre, parce que les forces de l’ordre n’allaient pas tarder à arriver. Et quand ça serait le cas, il était évident qu’ils allaient avoir du pain sur la planche. Ces barricades ne tiendraient pas très longtemps. Tout le monde semblait un peu dans son coin, dont Enjolras qui était en train de renforcer un peu la barricade. Grantaire décida de s’approcher de lui, une bouteille de vin à la main (bah ouais, quand même, on n’allait pas en plus rester sobre).

« Tu devrais te reposer un peu. » Dit-il alors, en tendant la bouteille à Enjolras. Son ton était sérieux, pour une fois.  
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 16:38


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

ponine n’avait suivi que de très loin les actions des amis de l’ABC, elle connaissait en substance les idées qu’ils défendaient (grâce à Louison, surtout, qui était intarrissable – même trop – sur le sujet) et c’était tout. Et, bien sûr, ces idées étaient à son goût, puisqu’elle était typiquement de ces masses silencieuses, de ces miséreux du peuple auxquels les groupuscules révolutionnaires de ce genre cherchaient à redonner un semblant de dignité. Oui, elle comprenait leur position et l’appréciait, mais de là à les défendre sur le front… Il y avait un fossé. Fossé qu’elle avait pourtant décidé de franchir. Dès lors qu’elle avait compris que Marius en serait. L’insurrection promettait d’être violente, un véritable massacre bien ordonné, mais elle ne se débinerait pas. Ce n’est pas comme si mourir lui ferait grand-chose. C’est pas qu’elle y tenait non plus, mais sa vie n’avait pas beaucoup de valeur, celle de Marius, en revanche, beaucoup plus, définitivement plus. Ce jour-là, elle s’était donc habillée et coiffée à la garçonne afin de pouvoir se mêler au reste des révolutionnaires en herbe sans être refoulée. Cela fonctionna bel et bien, et la procession funéraire du général Lamarque connut les bouleversements attendus, et d’autres dérapages sans doute plus inattendus. Le moment venu, quand les amis de l’ABC décidèrent d’ériger leurs barricades sur la rue Saint-Denis, elle se joignit à leurs forces pour empiler meubles et monticules de bois afin de leur assurer une protection certes relative contre les gardes nationaux, mais suffisante, pour l’heure. Et pour cause, leurs barricades n’avaient pas encore été prises d’assaut. Pour l’heure, l’ambiance était un peu plus apaisée, et même si certains s’affairaient à la tâche, d’autres avaient compris qu’il était temps de se détendre avant un nouvel assaut.

Ponine, pour sa part, attendait, assise un peu en hauteur des barricades, observant de l’autre côté, où nulle vie ne se laissait signaler encore. C’était étrange, de passer du tumulte de ces dernières heures à cette situation plus apaisée, même si elle ne devait bien sûr abuser personne. Ils n’avaient rencontré que les premiers sursauts de cette nouvelle révolution, la suite risquait fort d’être beaucoup plus violente. Beaucoup plus éprouvante et bien moins évidente. Elle détourna un instant les yeux, et les posa sur Marius, qui se trouvait plus loin. Cosette savait-elle que, après avoir officiellement prononcé ses vœux, il avait pris la suicidaire décision de se joindre force révolutionnaire qui, aujourd’hui, faisait l’insurrection. Une part d’elle se laissa envahir de cette satisfaction malsaine. S’il devait mourir cette nuit ou le jour qui suivrait, ce serait auprès d’elle et non dans les bras de sa si chère et tendre épouse. Elle la chassa aussi vite que possible de son esprit. Non, il ne fallait pas qu’il meure, elle était là pour qu’il ne meure pas. Perdue dans ses pensées, elle constata, soudainement qu’il y avait du mouvement, de l’autre côté de la barricade.

-Il y a quelqu’un,
prévint-elle à la cantonade.

Et en effet, il y avait un homme, seul, qui, les bras levés, marchait dans la direction.

-Je viens me joindre à vous, affirma-t-il.

Et d’où elle se trouvait, elle ne reconnut ni la voix, ni la silhouette de l’inspecteur Javert.





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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 21:21

Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de


l'ignorance




Si Éponine ne gardait qu'un œil lointain sur les démarches entreprises par les amis de l'ABC, imaginez ce qu'il en était du côté d'Azelma. La cadette, aussi fascinée par les discours de ces étudiants qu'ignorante de leur sens profond, était à l'occasion amenée à croiser leur route prospère, s'intéressant sans vraiment comprendre ce qui attisait tout sa curiosité, car l'intérêt d'une jeune fille est quelque chose d'hasardeux, et le premier à le happer pouvait être certain de le voir dévoué.
Il lui arrivait, d'un jour à l'autre, de venir traîner aux alentours du café Musain, d'y saluer Louison et de se poser à quelque coin où elle voyait sans être vue, mais surtout, où elle entendait aussi bien que la situation le lui permettait. Elle écoutait, elle soupirait aussi, et parfois -et ce, malheureusement- elle venait à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle allait de l'avant, abordait ces jeunes hommes qui lui semblaient si nobles d'esprit et si honnêtes d'allure (bien qu'elle éprouvait tout naturellement une certaine méfiance à leur égard, comme c'était le cas avec tous et tout le monde), et les accablait de ses questions dont certaines étaient futiles tout comme d'autres étaient perspicaces. La réflexion de la jeune Azelma ayant toujours été une chose à double tranchant, il lui arrivait de temps en temps d'avoir de surprenants élans de lucidité tout comme elle pouvait faire preuve d'un manque de pertinence monotone.

Ainsi, cette fois, la chanson était chantée sur un air bien différent. La mort du général Lamarque, les barricades... qu'y comprenait-elle réellement ? Et pourtant, aussi absurde que cela en avait l'air, ce n'était pas bien important. Elle était obstinée, et décidée à aider de quelque manière possible et imaginable. Surprenant, car il n'est pas dans la nature d'une enfant Thénardier de faire des choses par plaisir ou par bonté. Ce n'était pas non plus le cas ici. Alors qu'est-ce qui poussa Zelma à se joindre aux barricades ? Bien des choses, ou alors, rien de bien précis. Elle devait elle-même ignorer les raisons d'une telle décision, aussi dangereuse qu'irréfléchie, et pourtant, elle devait aussi s'en moquer royalement. Après tout, elle était de celles qui, même en commettant des bêtises, affrontent les conséquences envers et malgré tout.

Derrière les barricades, la jeune fille (qui, accessoirement, était habillée d'une manière telle qu'elle la faisait passer un peu moins pour une jeune fille sans pour autant lui donner l'air d'un jeune homme, la mettant ainsi dans un état "entre les deux" qui nécessite un deuxième coup d'œil pour s'assurer de la véritable nature du personnage) n'était pas encore curieuse de voir ce qui approchait de l'autre côté. Pour le moment, elle se faufilait entre ceux qui s'adonnaient à quelques funestes préparatifs, et elle veillait à ne croiser le regard de personne tout en scrutant les yeux d'un chacun. C'est donc avec une certaine aisance que l'on peut également mettre sur le dos d'un coup de chance qu'elle avait remarqué le fameux Enjolras (qu'elle avait d'ailleurs laissé tranquille) ainsi que l'encore plus fameux Grantaire, et d'autres plus-ou-moins sympathiques révolutionnaires en devenir qui se trouvaient ici, à tort ou à raison.

Seulement, la paisible et grave flânerie d'Azelma prit fin très rapidement. La cause était telle qu'elle la fit d'abord sursauter, puis se retourner lentement en direction de la barricade (qui d'ailleurs, avait ce quelque chose d'impressionnant aux grands yeux de la jeune fille) et de regarder dans plusieurs directions bien précises.
Elle avait entendu deux voix qui ne lui étaient que trop familières, et encore plus problématiques à croiser ici et surtout, maintenant. La première était celle d'Éponine, la seconde, celle de l'inspecteur Javert.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 0:02

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Il en avait tant entendu parler, de cette révolution à venir, de ces barricades qui s'élèveraient dans le ciel du tout Paris, qu'il avait fini pour le prendre pour un mythe. C'est pas qu'il le voulait pas, lui, il avait appris à vivre avec sa misère, mais il admettait qu'il apprécierait qu'il y en ait moins, mais en même temps, il avait vu beaucoup de vent brasser et pas beaucoup de vent souffler. Mais ça avait changé, et finalement, c'était un ouragan qui leur tombait dessus, parce que le brave général Lamarque était mort, et que sa procession funéraire avait été un bon prétexte pour beaucoup d'aller plus loin, de pousser plus loin les actions de tous les néo-révolutionnaires qui avaient attendu ça toute leur (courte) vie, après tout... La manifestation avait viré à la révolte, et ensuite, tout était allé très vite. Gavroche n'avait pas mis longtemps à savoir quel camp choisir. C'est pas qu'il fallait qu'elle se décide forcément non plus, mais il aimait bien prendre parti. Il avait donc rejoint les barricades érigées par les Amis de l'ABC... et par ses soins aussi, parce qu'il n'avait pas tardé à participer à cette construction. L'ambiance avait été animée. Puis elle était retombée d'un coup. La nuit était tombée, et maintenant, on attendait la venue des gardes nationaux. Et l'attente était assez pesante... mais exaltante, aussi. Gavroche était presque impatient de les voir débarquer.

Adossé à un mur, assis au sol, il somnolait plus ou moins. Il ne dormait pas complètement, mais Morphée lui faisait de l'oeil. Il ne rouvrit l'oeil que quand il entendit une voix familière. Est-ce que ce serait pas sa frangine, là-haut ? On dirait bien, oui... Il ne l'avait pas reconnu, dans ses vêtements tout masculins. Qu'est-ce qu'elle était venue faire dans cette galère. Ah oui, c'est vrai, Pontmercy... En tout cas, quelqu'un venait en effet, il entendit des bruits de pas... Puis une voix. Il avait l'impression de la connaître aussi, celle-là. Il fut sûr de ses présomptions quand il vit l'homme arriver, lui qui prétendait se joindre à leurs forces. Ah ça, évidemment qu'il le connaissait. Il le reconnaissait, quelle que soit la manière dont il était attifé.


"Mais j'le connais, c't'incongru là, ce serait pas l'inspecteur Javert, par hasard ?"

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 19:02


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
D

ès l'instant où l'on avait appris le décès du général Lamarque, cela n'avait fait de doute pour personne, une rébellion de haute ampleur allait se préparer dans les rues de Paris.
Et il ne tenait qu'à eux de juguler la situation. L'insurrection allait s'organiser, mais l'offensive tout autant, pour la peine. Les gardes nationaux étaient parés bien avant la procession funéraire, et ces étudiants qui pour la plupart combattaient pour la première fois n'auraient aucune chance de s'en tirer. Javert, lui, avait pris son parti, il avait l'intention de s'infiltrer parmi les insurrectionnaires. Il avait pour la peine revêtu une tenue de civil, aux antipodes de son habituelle tenue protocolaire, qui devait l'aider à se joindre à ces révolutionnaires en herbe sans donner l'air de rien. Il avait donc suivi de très près la procession funéraire de ce général républicain dont beaucoup, en réalité, étaient bien heureux d'être débarrassés une bonne fois pour toutes, car ses idées étaient considérées comme dangereuses pour la politique en place. Comme cela avait été envisagé, la procession se mua en révolution, puis en insurrection. Des coups furent tirés, des insultes proférées, du sang fut versé... Décidément, elle était belle, leur révolution. Et ces jeunes idiots, pourtant, restaient cantonnés à leurs convictions. Des barricades furent dressées dans le tout Paris, le hasard voulut que Javert jette son dévolu sur celle de la rue Saint-Denis.

Ce fut avec la plus grande prudence qu'il approcha des barricades. Il savait quel discours tenir et quoi faire, mais il savait également que les hommes en face pourraient bien briller par leur imprévisibilité. Et en ce cas, il faudrait la jouer fine pour n'éveiller aucun soupçon et ne pas devenir la cible de ce qu'il avait décidé en premier d'avoir dans le collimateur. Les mains levées vers le ciel en signe de presque reddition, il s'approcha donc, et quand une voix féminine (il y avait donc des femmes aux barricades ? Il ne l'avait pas imaginé, mais soit, ça ne changeait rien à son initiative). D'emblée, il décida d'affirmer vouloir joindre ses forces à celle des jeunes étudiants. Celui qui semblait être le meneur l'autorisa, d'un signe de tête, à se joindre à eux, mais non sans manifester sa défiance. Il semblait d'ailleurs tout prêt à l'interroger, mais il n'en eut guère le temps, car une voix familière s'éleva alors familière et très jeune. Ce gamin de Gavroche était là et évidemment, il ne fallut pas longtemps pour qu'il le reconnaisse, et que tout son stratagème tombe à l'eau. Sitôt qu'il entendit cette information, l'homme qui semblait en effet être le chef de file braqua son arme dans sa direction. Javert riposta d'un coup de genou an le ventre du jeune révolutionnaire. Mais d'autres viendraient sans doute à sa rescousse et ne tarderaient pas à l'immobiliser.

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 17:25

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Marius était là, sans réellement savoir si c’était là sa place. Il le savait pourtant, qu’il ne pouvait pas se permettre de mettre de côté la cause, il avait promis à ses amis de toujours être là pour eux. Mais les barricades, les combats… la mort, ce n’était peut-être pas sa place quand même. Juste parce que… parce qu’il y avait Cosette. Le jeune homme avait pendant un long moment affirmé haut et fort que sa relation avec la jeune femme, son mariage à présent, n’allait rien changer à sa motivation… mais force lui était de constater que si, bien sûr, ça changeait quelque chose. Le jeune homme se trouvait là, mais il n’avait pas envie de mourir. Il aurait eu envie de mourir en d’autres circonstances, si Cosette était partie avec son père de l’autre côté de la Manche, si le destin avait décidé de le séparer d’elle. Mais ce n’était pas le cas, ils étaient mari et femme à présent. Il n’avait aucune envie de ne pas survivre à cette nuit, de ne pas pouvoir retrouver son épouse ensuite. Cette époque à qui il avait simplement laissé un mot avant de partir, parce qu’il ne parvenait pas de lui dire droit dans les yeux ce qu’il allait faire. Marius s’en voulait, mais il n’avait pas eu le choix. Comme le fait qu’il se retrouvait ici maintenant.

Mais bon, il y était, il avait l’intention de se battre comme n’importe qui. Ce n’était pas parce qu’il avait trop tendance à penser à autre chose – à quelqu’un d’autre, pour être plus précis, même s’il était inutile de préciser l’objet de ses pensées – qu’il n’allait pas se battre pour cette révolution. Il espérait simplement un peu plus que les autres, sans doute, de survivre. Marius était dans son coin en tout cas, ne parvenant pas entièrement à se mêler aux autres révolutionnaires. Au point qu’il ne remarqua même pas que la jeune femme qui se trouvait au niveau des barricades, déguisée en homme, était une femme. Qu’elle était même une personne qu’il connaissait bien, trop bien sans doute. Alors qu’elle interrogeait un nouvel arrivant. Comme d’habitude il était aveugle. Et si certain parvint à la reconnaître, ce ne fut pas son cas. Quand bien même il connaissait bien sa voix normalement. Et en parlant de reconnaissance, le jeune Gavroche fit mouche sur le nouvel arrivant. La scène se passa très rapidement. Gavroche prononça le nom de Javert, Enjolras braqua son arme sur lui et ce dernier lui donna un coup de genou dans le ventre.

Sans plus attendre, Marius se précipita, comme d’autres Amis de l’A B C vers ce Javert afin de l’arrêter. Il se servit d’une crosse d’arme afin de le frapper, tentant de l’immobiliser.

« Attachez-le ! »

Ils ne pouvaient évidemment pas le laisser partir, alors qu’il était clairement un mouchard. Par chance, l’un des membres de la révolution arriva avec une corde et puisqu’ils étaient plusieurs, ils parvinrent à avoir le dessus sur l’homme et à l’attacher.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 20:09


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

njolras, pour une fois, était bien contraint de donner raison à Grantaire, et il avait, au final, d'autant plus de facilité à le faire qu'il devait bien constater, du fait de la présence de son interlocuteur face à lui, qu'il s'était trompé sur son compte. Il avait été convaincu du fait que, le moment venu, le jeune homme ferait profil bas ou pis encore, se riait de leu initiative, tandis qu'ils risqueraient leurs vies depuis les barricades, mais non, il était là. Quoi qu'il ait pu dire ou faire, ça n'avait plus d'importance, maintenant, parce que comme tous les autres, il avait entendu l'appel du peuple et y avait répondu. Alors oui, force lui était d'admettre qu'il était temps qu'il se repose un peu. S'il voulait être capable de faire face aux forces armées quand celles-ci se pointeraient, il fallait certainement qu'il ménage ses efforts. Et puis leur barricade était solide, il avait envie de croire qu'elle tiendrait le coup. Il adressa donc un fin sourire à Grantaire, sans doute le premier qu'il lui ait jamais accordé, en acceptant la bouteille qu'il lui tendait. Il était le premier à témoigner son mécontentement quand les esprits se faisaient trop avinés lors des réunions namis de l'ABC, mais pour une fois, un peu de vin ne semblait pas être du luxe. Il fallait garder l'esprit clair certes, mais l'alcool donnait du courage. Il ne pouvait pas s'ôter de la tête la pensée que cette soirée serait sans doute la dernière. Il but donc une gorgée et rendit la bouteille à Grantaire. Il pourrait bien l'avertir de ne pas en abuser, mais il l'imaginait clairement plus instable sans un seul gramme d'alcool dans l'organisme que dans le cas inverse, alors...

Ce fut à ce moment-là qu'on les avertit d'une présence étrangère, qui approchait. Ni une ni deux, Enjolras escalada la barricade pour observer le nouveau venu. Son erreur fut de ne pas savoir qui il était. Il n'eut pas confiance directement, certes, mais il ne fallait pas négliger l'importance du nombre, et le leur était sans doute inférieur à l'éventuel ennemi. Si cet homme voulait se joindre à leurs forces, alors qu'ils viennent. Enjolras fit signe à deux hommes d'escorter le nouveau venu, qui paru alors au regard de tous les aspirants révolutionnaires présents, et notamment à celui de Gavroche, qui lui ne se laissa pas duper. L'inspecteur Javert. Enjolras le connaissait, de réputation, et il croyait sans chercher à le contester le discours du tout jeune Thénardier. Ni une ni deux, il pointa son arme en direction de Javert, mais l'homme riposta. Le coup qu'il porta au jeune homme fut douloureux, et le déstabilisa un moment. Heureusement, il pouvait compter sur les autres pour s'acquitter de cette besogne. Marius assomma l'inspecteur avec la crosse de son arme, une fois redressé, Enjolras lui adressa un signe d'approbation. Il n'avait pas misé sur sa présence à lui non plus, il était pourtant là. Pour lui, c'était un signe. A la demande de Marius, ils l'attachèrent solidement et le traînèrent contre le mur le plus proche.

-Nous attendrons son réveil et jugerons alors du sort qu'il mérite
, décida-t-il tandis qu'il avait le sentiment que les regards tournés vers lui attendaient ses recommandations. Pour l'heure, amis, gardez l'oeil, mais surtout, ménagez vos forces.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   

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