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 Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]

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Message#Sujet: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 1 Sep - 22:20




Nous sommes le 5 juin 1832, le choléra a emporté le général Lamarque, figure majeure du parti républicain. Un vent de révolte souffle sur la ville de Paris, à l'occasion des funérailles du général, l'insurrection se prépare au sein des groupuscules révolutionnaires, dont les Amis de l'ABC font partie.

Au coeur de la rue Saint-Denis, des barricades ont été dressées pour faire face à l'assaillant... La nuit est tombée sur Paris, le calme est revenu... mais pas pour longtemps... les gardes nationaux se préparent à l'attaque. Et nos révolutionnaires en herbe ne seront peut-être pas de taille.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 2 Sep - 10:29


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
L

e calme après la tempête, le calme qui en précède une autre. Un silence de plomb s’était imposé sur les barricades de la rue Saint-Denis où Enjolras et les Amis de l’ABC s’étaient établis, aux aguets, armes à la main, prêts à repousser les amis de l’ABC si ces derniers devaient, éventuellement, venir à leur rencontre. Et bien sûr, en dépit du calme présent, le chef de file du groupuscule révolutionnaire ne se leurrait pas, il savait que ça allait bel et bien arriver, d’une manière ou d’une autre. Et quelque part, il attendait que cela arrive… Il l’avait sans doute attendu toute sa vie. Il se sentait envahi de sentiments contradictoires. De la crainte, bien sûr, car il faudrait être totalement fou pour n’en ressentir aucune alors qu’il songeait que cette nuit était peut-être la dernière de son existence. Il le savait, il mourrait sans doute cette nuit… une part de lui n’en avait pas envie, avait envie de voir de ses propres yeux le monde qu’il luttait pour construire. Une autre, en revanche, ne demandait qu’à respecter jusqu’au bout son sens du sacrifice. Quitte à mourir, oui, il préférait de loin mourir en martyre. N’importe quelle autre option lui paraissait diablement superflue. Oui, il était inquiet, mais plus encore, il se sentait exalté. Il s’était préparé au combat durant des mois et des années, et ils y étaient enfin. C’était le moment de faire la différence, de brandir leur drapeau, d’afficher leurs couleurs, de prouver leur valeur, en bref de faire une véritable différence. De changer la face du monde ou tout du moins le visage de la France, ce qui ne serait déjà pas rien, en réalité. Il était fier de se tenir ici, auprès de ses frères d’arme, et fusil au poing, il était prêt à lutter jusqu’à son dernier souffle. Mais pour l’heure, ils étaient dans l’attente, et ce n’était sans doute pas plus mal, car les événements ne les avaient jusqu’alors pas ménagé.

Ils avaient dû affronter les gardes nationaux dès la procession funéraire engagée, et dresser au plus vite les barricades qui les maintenaient plus ou moins protégés de l’ennemi, même si ce ne serait pas pour longtemps, sans doute. Tout cela n’avait pas été une mince affaire, et ils avaient été éprouvés aussi bien physiquement que mentalement, car il y a une infinie différence entre parler de se battre et le faire réellement, et cela n’avait certes pas échappé à notre jeune révolutionnaire, même s’il était convaincu que la cause qu’il défendait valait tous les sacrifices et toutes les concessions possibles. Ils attendaient donc, certains se reposaient, d’autres buvaient pour se donner du courage (et en l’occurrence, Enjolras n’y redisait rien, au vu des circonstances, c’était plus que concevable), Enjolras, quant à lui, s’employait à renforcer leurs barricades faites de bric et de broc autant que cela se pouvait. Elle ne tiendrait clairement pas le coup face à des assaillants armés jusqu’aux dents, ou pire face à un canonnier, mais il fallait tenter le coup malgré tout. C’était tout affairé à la tâche qu’il entendit des pas s’approcher. Quelqu’un venait.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 4 Sep - 15:22

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
C’était enfin le jour J, celui où les Amis de l’ABC se mettait en marche afin de provoquer cette révolution qu’ils avaient préparé depuis bien longtemps. Ils s’étaient mis en marche donc, lors de l’enterrement du Générale Lamarque et maintenant ils se trouvaient tous derrière des barricades, au niveau de la rue Saint-Denis. Tous… oui, même Grantaire se trouvait là. Pourtant, beaucoup aurait peut-être pu imaginer qu’il allait se défiler à la dernière minute, au moment où ils allaient devoir se battre et mettre en place leur plan. Cet instant n’avait rien à voir avec ce qu’ils pouvaient prévoir au café Musain après tout, alors qu’ils buvaient beaucoup (enfin, surtout Grantaire donc), et criait énormément. Là, ils devaient se mettre à l’action, ils prenaient les armes, ils se battaient et ça n’avait rien de simple. C’était même assez compliqué d’ailleurs. Mais on n’avait rien sans rien en même temps. Tout le monde était motivé en tout cas, tout le monde était prêt à se battre. Grantaire aussi, il ne se retenait pas de prendre les armes et de se battre, quand bien même il faisait peut-être un peu tâche dans le décor.

Et pourtant, il était motivé quand même. Il était prêt à se battre, il était prêt à se donner à fond pour défendre cette cause qui valait tout ce remu ménage. Pour la cause ? Non, clairement pas, Grantaire ne parvenait toujours pas à croire que ce qu’ils faisaient pouvait servir concrètement à quelque chose. Même s’il ne pouvait que reconnaître qu’Enjolras n’avait pas tort quant au fait qu’ils devaient se battre afin de changer les choses. Est-ce que ça allait servir à quelque chose ? Peut-être pas, non. Sans doute pas non, mais en même temps on ne savait jamais. Grantaire verrait bien de toute façon et en attendant, il était bel et bien là, prêt à se battre. Et s’il devait mourir ? Eh bien, il mourrait tout simplement. Grantaire n’avait même pas de crainte à ce sujet. Non pas qu’il avait spécialement envie de mourir non plus, il aimait la vie et il aimait profiter de la vie. Mais en même temps, il n’avait aucune envie de se rabaisser devant la mort. Pour le moment, les choses étaient calmes. Ils n’avaient pas vraiment d’autres choses à faire que d’attendre, en se tenant prêts pour agir. Il valait mieux qu’ils soient en forme après tout afin de se battre, parce que les forces de l’ordre n’allaient pas tarder à arriver. Et quand ça serait le cas, il était évident qu’ils allaient avoir du pain sur la planche. Ces barricades ne tiendraient pas très longtemps. Tout le monde semblait un peu dans son coin, dont Enjolras qui était en train de renforcer un peu la barricade. Grantaire décida de s’approcher de lui, une bouteille de vin à la main (bah ouais, quand même, on n’allait pas en plus rester sobre).

« Tu devrais te reposer un peu. » Dit-il alors, en tendant la bouteille à Enjolras. Son ton était sérieux, pour une fois.  
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 16:38


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

ponine n’avait suivi que de très loin les actions des amis de l’ABC, elle connaissait en substance les idées qu’ils défendaient (grâce à Louison, surtout, qui était intarrissable – même trop – sur le sujet) et c’était tout. Et, bien sûr, ces idées étaient à son goût, puisqu’elle était typiquement de ces masses silencieuses, de ces miséreux du peuple auxquels les groupuscules révolutionnaires de ce genre cherchaient à redonner un semblant de dignité. Oui, elle comprenait leur position et l’appréciait, mais de là à les défendre sur le front… Il y avait un fossé. Fossé qu’elle avait pourtant décidé de franchir. Dès lors qu’elle avait compris que Marius en serait. L’insurrection promettait d’être violente, un véritable massacre bien ordonné, mais elle ne se débinerait pas. Ce n’est pas comme si mourir lui ferait grand-chose. C’est pas qu’elle y tenait non plus, mais sa vie n’avait pas beaucoup de valeur, celle de Marius, en revanche, beaucoup plus, définitivement plus. Ce jour-là, elle s’était donc habillée et coiffée à la garçonne afin de pouvoir se mêler au reste des révolutionnaires en herbe sans être refoulée. Cela fonctionna bel et bien, et la procession funéraire du général Lamarque connut les bouleversements attendus, et d’autres dérapages sans doute plus inattendus. Le moment venu, quand les amis de l’ABC décidèrent d’ériger leurs barricades sur la rue Saint-Denis, elle se joignit à leurs forces pour empiler meubles et monticules de bois afin de leur assurer une protection certes relative contre les gardes nationaux, mais suffisante, pour l’heure. Et pour cause, leurs barricades n’avaient pas encore été prises d’assaut. Pour l’heure, l’ambiance était un peu plus apaisée, et même si certains s’affairaient à la tâche, d’autres avaient compris qu’il était temps de se détendre avant un nouvel assaut.

Ponine, pour sa part, attendait, assise un peu en hauteur des barricades, observant de l’autre côté, où nulle vie ne se laissait signaler encore. C’était étrange, de passer du tumulte de ces dernières heures à cette situation plus apaisée, même si elle ne devait bien sûr abuser personne. Ils n’avaient rencontré que les premiers sursauts de cette nouvelle révolution, la suite risquait fort d’être beaucoup plus violente. Beaucoup plus éprouvante et bien moins évidente. Elle détourna un instant les yeux, et les posa sur Marius, qui se trouvait plus loin. Cosette savait-elle que, après avoir officiellement prononcé ses vœux, il avait pris la suicidaire décision de se joindre force révolutionnaire qui, aujourd’hui, faisait l’insurrection. Une part d’elle se laissa envahir de cette satisfaction malsaine. S’il devait mourir cette nuit ou le jour qui suivrait, ce serait auprès d’elle et non dans les bras de sa si chère et tendre épouse. Elle la chassa aussi vite que possible de son esprit. Non, il ne fallait pas qu’il meure, elle était là pour qu’il ne meure pas. Perdue dans ses pensées, elle constata, soudainement qu’il y avait du mouvement, de l’autre côté de la barricade.

-Il y a quelqu’un,
prévint-elle à la cantonade.

Et en effet, il y avait un homme, seul, qui, les bras levés, marchait dans la direction.

-Je viens me joindre à vous, affirma-t-il.

Et d’où elle se trouvait, elle ne reconnut ni la voix, ni la silhouette de l’inspecteur Javert.





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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 21:21

Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de


l'ignorance




Si Éponine ne gardait qu'un œil lointain sur les démarches entreprises par les amis de l'ABC, imaginez ce qu'il en était du côté d'Azelma. La cadette, aussi fascinée par les discours de ces étudiants qu'ignorante de leur sens profond, était à l'occasion amenée à croiser leur route prospère, s'intéressant sans vraiment comprendre ce qui attisait tout sa curiosité, car l'intérêt d'une jeune fille est quelque chose d'hasardeux, et le premier à le happer pouvait être certain de le voir dévoué.
Il lui arrivait, d'un jour à l'autre, de venir traîner aux alentours du café Musain, d'y saluer Louison et de se poser à quelque coin où elle voyait sans être vue, mais surtout, où elle entendait aussi bien que la situation le lui permettait. Elle écoutait, elle soupirait aussi, et parfois -et ce, malheureusement- elle venait à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle allait de l'avant, abordait ces jeunes hommes qui lui semblaient si nobles d'esprit et si honnêtes d'allure (bien qu'elle éprouvait tout naturellement une certaine méfiance à leur égard, comme c'était le cas avec tous et tout le monde), et les accablait de ses questions dont certaines étaient futiles tout comme d'autres étaient perspicaces. La réflexion de la jeune Azelma ayant toujours été une chose à double tranchant, il lui arrivait de temps en temps d'avoir de surprenants élans de lucidité tout comme elle pouvait faire preuve d'un manque de pertinence monotone.

Ainsi, cette fois, la chanson était chantée sur un air bien différent. La mort du général Lamarque, les barricades... qu'y comprenait-elle réellement ? Et pourtant, aussi absurde que cela en avait l'air, ce n'était pas bien important. Elle était obstinée, et décidée à aider de quelque manière possible et imaginable. Surprenant, car il n'est pas dans la nature d'une enfant Thénardier de faire des choses par plaisir ou par bonté. Ce n'était pas non plus le cas ici. Alors qu'est-ce qui poussa Zelma à se joindre aux barricades ? Bien des choses, ou alors, rien de bien précis. Elle devait elle-même ignorer les raisons d'une telle décision, aussi dangereuse qu'irréfléchie, et pourtant, elle devait aussi s'en moquer royalement. Après tout, elle était de celles qui, même en commettant des bêtises, affrontent les conséquences envers et malgré tout.

Derrière les barricades, la jeune fille (qui, accessoirement, était habillée d'une manière telle qu'elle la faisait passer un peu moins pour une jeune fille sans pour autant lui donner l'air d'un jeune homme, la mettant ainsi dans un état "entre les deux" qui nécessite un deuxième coup d'œil pour s'assurer de la véritable nature du personnage) n'était pas encore curieuse de voir ce qui approchait de l'autre côté. Pour le moment, elle se faufilait entre ceux qui s'adonnaient à quelques funestes préparatifs, et elle veillait à ne croiser le regard de personne tout en scrutant les yeux d'un chacun. C'est donc avec une certaine aisance que l'on peut également mettre sur le dos d'un coup de chance qu'elle avait remarqué le fameux Enjolras (qu'elle avait d'ailleurs laissé tranquille) ainsi que l'encore plus fameux Grantaire, et d'autres plus-ou-moins sympathiques révolutionnaires en devenir qui se trouvaient ici, à tort ou à raison.

Seulement, la paisible et grave flânerie d'Azelma prit fin très rapidement. La cause était telle qu'elle la fit d'abord sursauter, puis se retourner lentement en direction de la barricade (qui d'ailleurs, avait ce quelque chose d'impressionnant aux grands yeux de la jeune fille) et de regarder dans plusieurs directions bien précises.
Elle avait entendu deux voix qui ne lui étaient que trop familières, et encore plus problématiques à croiser ici et surtout, maintenant. La première était celle d'Éponine, la seconde, celle de l'inspecteur Javert.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 0:02

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Il en avait tant entendu parler, de cette révolution à venir, de ces barricades qui s'élèveraient dans le ciel du tout Paris, qu'il avait fini pour le prendre pour un mythe. C'est pas qu'il le voulait pas, lui, il avait appris à vivre avec sa misère, mais il admettait qu'il apprécierait qu'il y en ait moins, mais en même temps, il avait vu beaucoup de vent brasser et pas beaucoup de vent souffler. Mais ça avait changé, et finalement, c'était un ouragan qui leur tombait dessus, parce que le brave général Lamarque était mort, et que sa procession funéraire avait été un bon prétexte pour beaucoup d'aller plus loin, de pousser plus loin les actions de tous les néo-révolutionnaires qui avaient attendu ça toute leur (courte) vie, après tout... La manifestation avait viré à la révolte, et ensuite, tout était allé très vite. Gavroche n'avait pas mis longtemps à savoir quel camp choisir. C'est pas qu'il fallait qu'elle se décide forcément non plus, mais il aimait bien prendre parti. Il avait donc rejoint les barricades érigées par les Amis de l'ABC... et par ses soins aussi, parce qu'il n'avait pas tardé à participer à cette construction. L'ambiance avait été animée. Puis elle était retombée d'un coup. La nuit était tombée, et maintenant, on attendait la venue des gardes nationaux. Et l'attente était assez pesante... mais exaltante, aussi. Gavroche était presque impatient de les voir débarquer.

Adossé à un mur, assis au sol, il somnolait plus ou moins. Il ne dormait pas complètement, mais Morphée lui faisait de l'oeil. Il ne rouvrit l'oeil que quand il entendit une voix familière. Est-ce que ce serait pas sa frangine, là-haut ? On dirait bien, oui... Il ne l'avait pas reconnu, dans ses vêtements tout masculins. Qu'est-ce qu'elle était venue faire dans cette galère. Ah oui, c'est vrai, Pontmercy... En tout cas, quelqu'un venait en effet, il entendit des bruits de pas... Puis une voix. Il avait l'impression de la connaître aussi, celle-là. Il fut sûr de ses présomptions quand il vit l'homme arriver, lui qui prétendait se joindre à leurs forces. Ah ça, évidemment qu'il le connaissait. Il le reconnaissait, quelle que soit la manière dont il était attifé.


"Mais j'le connais, c't'incongru là, ce serait pas l'inspecteur Javert, par hasard ?"

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 19:02


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D

ès l'instant où l'on avait appris le décès du général Lamarque, cela n'avait fait de doute pour personne, une rébellion de haute ampleur allait se préparer dans les rues de Paris.
Et il ne tenait qu'à eux de juguler la situation. L'insurrection allait s'organiser, mais l'offensive tout autant, pour la peine. Les gardes nationaux étaient parés bien avant la procession funéraire, et ces étudiants qui pour la plupart combattaient pour la première fois n'auraient aucune chance de s'en tirer. Javert, lui, avait pris son parti, il avait l'intention de s'infiltrer parmi les insurrectionnaires. Il avait pour la peine revêtu une tenue de civil, aux antipodes de son habituelle tenue protocolaire, qui devait l'aider à se joindre à ces révolutionnaires en herbe sans donner l'air de rien. Il avait donc suivi de très près la procession funéraire de ce général républicain dont beaucoup, en réalité, étaient bien heureux d'être débarrassés une bonne fois pour toutes, car ses idées étaient considérées comme dangereuses pour la politique en place. Comme cela avait été envisagé, la procession se mua en révolution, puis en insurrection. Des coups furent tirés, des insultes proférées, du sang fut versé... Décidément, elle était belle, leur révolution. Et ces jeunes idiots, pourtant, restaient cantonnés à leurs convictions. Des barricades furent dressées dans le tout Paris, le hasard voulut que Javert jette son dévolu sur celle de la rue Saint-Denis.

Ce fut avec la plus grande prudence qu'il approcha des barricades. Il savait quel discours tenir et quoi faire, mais il savait également que les hommes en face pourraient bien briller par leur imprévisibilité. Et en ce cas, il faudrait la jouer fine pour n'éveiller aucun soupçon et ne pas devenir la cible de ce qu'il avait décidé en premier d'avoir dans le collimateur. Les mains levées vers le ciel en signe de presque reddition, il s'approcha donc, et quand une voix féminine (il y avait donc des femmes aux barricades ? Il ne l'avait pas imaginé, mais soit, ça ne changeait rien à son initiative). D'emblée, il décida d'affirmer vouloir joindre ses forces à celle des jeunes étudiants. Celui qui semblait être le meneur l'autorisa, d'un signe de tête, à se joindre à eux, mais non sans manifester sa défiance. Il semblait d'ailleurs tout prêt à l'interroger, mais il n'en eut guère le temps, car une voix familière s'éleva alors familière et très jeune. Ce gamin de Gavroche était là et évidemment, il ne fallut pas longtemps pour qu'il le reconnaisse, et que tout son stratagème tombe à l'eau. Sitôt qu'il entendit cette information, l'homme qui semblait en effet être le chef de file braqua son arme dans sa direction. Javert riposta d'un coup de genou an le ventre du jeune révolutionnaire. Mais d'autres viendraient sans doute à sa rescousse et ne tarderaient pas à l'immobiliser.

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 17:25

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Marius était là, sans réellement savoir si c’était là sa place. Il le savait pourtant, qu’il ne pouvait pas se permettre de mettre de côté la cause, il avait promis à ses amis de toujours être là pour eux. Mais les barricades, les combats… la mort, ce n’était peut-être pas sa place quand même. Juste parce que… parce qu’il y avait Cosette. Le jeune homme avait pendant un long moment affirmé haut et fort que sa relation avec la jeune femme, son mariage à présent, n’allait rien changer à sa motivation… mais force lui était de constater que si, bien sûr, ça changeait quelque chose. Le jeune homme se trouvait là, mais il n’avait pas envie de mourir. Il aurait eu envie de mourir en d’autres circonstances, si Cosette était partie avec son père de l’autre côté de la Manche, si le destin avait décidé de le séparer d’elle. Mais ce n’était pas le cas, ils étaient mari et femme à présent. Il n’avait aucune envie de ne pas survivre à cette nuit, de ne pas pouvoir retrouver son épouse ensuite. Cette époque à qui il avait simplement laissé un mot avant de partir, parce qu’il ne parvenait pas de lui dire droit dans les yeux ce qu’il allait faire. Marius s’en voulait, mais il n’avait pas eu le choix. Comme le fait qu’il se retrouvait ici maintenant.

Mais bon, il y était, il avait l’intention de se battre comme n’importe qui. Ce n’était pas parce qu’il avait trop tendance à penser à autre chose – à quelqu’un d’autre, pour être plus précis, même s’il était inutile de préciser l’objet de ses pensées – qu’il n’allait pas se battre pour cette révolution. Il espérait simplement un peu plus que les autres, sans doute, de survivre. Marius était dans son coin en tout cas, ne parvenant pas entièrement à se mêler aux autres révolutionnaires. Au point qu’il ne remarqua même pas que la jeune femme qui se trouvait au niveau des barricades, déguisée en homme, était une femme. Qu’elle était même une personne qu’il connaissait bien, trop bien sans doute. Alors qu’elle interrogeait un nouvel arrivant. Comme d’habitude il était aveugle. Et si certain parvint à la reconnaître, ce ne fut pas son cas. Quand bien même il connaissait bien sa voix normalement. Et en parlant de reconnaissance, le jeune Gavroche fit mouche sur le nouvel arrivant. La scène se passa très rapidement. Gavroche prononça le nom de Javert, Enjolras braqua son arme sur lui et ce dernier lui donna un coup de genou dans le ventre.

Sans plus attendre, Marius se précipita, comme d’autres Amis de l’A B C vers ce Javert afin de l’arrêter. Il se servit d’une crosse d’arme afin de le frapper, tentant de l’immobiliser.

« Attachez-le ! »

Ils ne pouvaient évidemment pas le laisser partir, alors qu’il était clairement un mouchard. Par chance, l’un des membres de la révolution arriva avec une corde et puisqu’ils étaient plusieurs, ils parvinrent à avoir le dessus sur l’homme et à l’attacher.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 20:09


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

njolras, pour une fois, était bien contraint de donner raison à Grantaire, et il avait, au final, d'autant plus de facilité à le faire qu'il devait bien constater, du fait de la présence de son interlocuteur face à lui, qu'il s'était trompé sur son compte. Il avait été convaincu du fait que, le moment venu, le jeune homme ferait profil bas ou pis encore, se riait de leu initiative, tandis qu'ils risqueraient leurs vies depuis les barricades, mais non, il était là. Quoi qu'il ait pu dire ou faire, ça n'avait plus d'importance, maintenant, parce que comme tous les autres, il avait entendu l'appel du peuple et y avait répondu. Alors oui, force lui était d'admettre qu'il était temps qu'il se repose un peu. S'il voulait être capable de faire face aux forces armées quand celles-ci se pointeraient, il fallait certainement qu'il ménage ses efforts. Et puis leur barricade était solide, il avait envie de croire qu'elle tiendrait le coup. Il adressa donc un fin sourire à Grantaire, sans doute le premier qu'il lui ait jamais accordé, en acceptant la bouteille qu'il lui tendait. Il était le premier à témoigner son mécontentement quand les esprits se faisaient trop avinés lors des réunions namis de l'ABC, mais pour une fois, un peu de vin ne semblait pas être du luxe. Il fallait garder l'esprit clair certes, mais l'alcool donnait du courage. Il ne pouvait pas s'ôter de la tête la pensée que cette soirée serait sans doute la dernière. Il but donc une gorgée et rendit la bouteille à Grantaire. Il pourrait bien l'avertir de ne pas en abuser, mais il l'imaginait clairement plus instable sans un seul gramme d'alcool dans l'organisme que dans le cas inverse, alors...

Ce fut à ce moment-là qu'on les avertit d'une présence étrangère, qui approchait. Ni une ni deux, Enjolras escalada la barricade pour observer le nouveau venu. Son erreur fut de ne pas savoir qui il était. Il n'eut pas confiance directement, certes, mais il ne fallait pas négliger l'importance du nombre, et le leur était sans doute inférieur à l'éventuel ennemi. Si cet homme voulait se joindre à leurs forces, alors qu'ils viennent. Enjolras fit signe à deux hommes d'escorter le nouveau venu, qui paru alors au regard de tous les aspirants révolutionnaires présents, et notamment à celui de Gavroche, qui lui ne se laissa pas duper. L'inspecteur Javert. Enjolras le connaissait, de réputation, et il croyait sans chercher à le contester le discours du tout jeune Thénardier. Ni une ni deux, il pointa son arme en direction de Javert, mais l'homme riposta. Le coup qu'il porta au jeune homme fut douloureux, et le déstabilisa un moment. Heureusement, il pouvait compter sur les autres pour s'acquitter de cette besogne. Marius assomma l'inspecteur avec la crosse de son arme, une fois redressé, Enjolras lui adressa un signe d'approbation. Il n'avait pas misé sur sa présence à lui non plus, il était pourtant là. Pour lui, c'était un signe. A la demande de Marius, ils l'attachèrent solidement et le traînèrent contre le mur le plus proche.

-Nous attendrons son réveil et jugerons alors du sort qu'il mérite
, décida-t-il tandis qu'il avait le sentiment que les regards tournés vers lui attendaient ses recommandations. Pour l'heure, amis, gardez l'oeil, mais surtout, ménagez vos forces.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 3 Oct - 14:09

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Louison & ?


J'ai l'impression de vivre le moment le plus important de ma vie, j'ai le sentiment de l'avoir attendu toute mon existence. Je me sens fébrile, sûre de moi, impatiente... Je ne devrais pas éprouver tout cela. Je le sais bien, au fond, car du sang a coulé, et beaucoup de sang va couler encore. Ce n'est pas rien, ce n'est pas anodin. Mais je n'ai jamais cru que l'avenir de la France pourrait se construire sur des allégations pacifistes, pas à ses débuts, du moins. Alors je suis prête à assumer, en réalité... Et le sang qui coulera cette nuit a toutes les chances d'être le mien. Jonah n'a pas voulu que je l'accompagne aux funérailles du général Lamarque.

J'ai eu beau protester, il a refusé. Je le connais. Il respecte mes opinions et ma volonté d'agir, et je lui dois beaucoup,mais là, il sait que c'est ma vie que je risque, et il veut me protéger. Sauf que je ne peux être ailleurs qu'ici, c'est hors de question pour moi de ne pas me joindre aux barricades. Qui plus est, j'estimais comme un devoir d'assister aux funérailles du général Lamarque. L'homme qui portait à lui seul la voix de ceux qui n'en ont pas. Je ne pouvais pas ne pas lui rendre hommage. J'ai laissé Jonah prendre de l'avance, et moi, je me suis grimé, ait emprunté une tenue à mon frère pour me joindre en temps voulu à la cohue.

Et cela n'a pas manqué. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la procession funéraire s'est métamorphosée en véritable cohue. Et les barricades se sont constituées aux quatre coins des rues de Paris. Je me suis joint discrètement au groupe mené par Enjolras, ait récupéré un fusil laissé à l'abandon, plus pour me sécuriser qu'autre chose (parce que je doute de réussir à m'en sortir), et maintenant, j'attends. En tout cas, j'ai attendu jusqu'à ce qu'une voix, étonnamment féminine, nous annonce la venue de quelqu'un. Je reconnais la voix d'Eponine. Elle aussi s'est déguisée, mais que fait-elle ici ?... Dans tous les cas, je préfèrerais qu'elle ne soit pas des nôtres. Mais il est trop tard.

L'homme qui arrive prétend vouloir joindre ses forces à celles déjà présentes est vite reconnu par le petit Gavroche. L'inspecteur Javert. Il est bien vite maîtrisé ceci dit, et un calme de plomb pèse de nouveau sur les barricades. Je jette un oeil autour de moi, un jeune homme tend une bouteille à la cantonade. Je l'attrape presque mécaniquement. Pour une fois, c'est moi qui consomme et non qui sème. Je m'adosse à la barricade. Je dois garder l'esprit clair pour la suite, je le sais. Mais même si je suis impatiente, motivée, j'ai peur aussi. J'ai besoin de courage.


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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 7 Oct - 23:57

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
C’était un sourire ça sur le visage de Enjolras ? Non ? Si… c’était bel et bien un sourire, alors qu’il prenait la bouteille que Grantaire lui tendait pour en boire une gorgée. La situation avait beau être grave (non parce que concrètement, ils s’apprêtaient tous à mourir quand même), Grantaire devait bien avouer qu’il avait bien envie de s’en réjouir. Parce que le jeune homme avait quand même souri et que c’était la première fois qu’il le voyait sourire. Comme quoi, l’approche de la mort pouvait faire des miracles. Le fait qu’il soit là, c’était peut-être un miracle aussi. Grantaire ne croyait toujours pas à tout cela, il ne pensait pas que ça allait changer grand-chose, mais il était là pourtant, prêt à se battre et même prêt à mourir pour cette barricade. Grantaire s’attendait à entendre Enjolras lui dire de ne pas trop abuser de la bouteille quand il la lui rendit, mais il n’en fit rien. Comme quoi, le leader des A B C pouvait se détendre un peu. En même temps, ils n’avaient pas le choix. S’ils se contentaient simplement d’être sur les nerfs, ils n’allaient pas du tout s’en sortir.

Grantaire avait bien envie de dire quelque chose, après avoir pris la peine de boire une nouvelle gorgée après Enjolras (juste après lui !), mais il entendit une voix affirmer que quelqu’un arrivait. Comme tous les autres, Grantaire ne remarqua pas du tout qu’il connaissait cet homme et qu’il n’était autre que l’inspecteur Javert. Par chance, il y avait quand même des gamins bien futés dans l’histoire, puisque ce fut Gavroche qui affirma que c’était l’inspecteur. Ni une, ni deux, la situation se dégrada rapidement au point que le leader des Amis de l’A B C se prit même un violent coup. Quelle idée d’abimer un visage d’ange. Grantaire aida du mieux qu’il pouvait ses camarades à arrêter cet homme, qui fut assommé par le bon Pontmercy (il était là celui-là ? Et il fait quoi de sa femme au juste ?) de la crosse de son arme. Il ne manquait plus qu’à l’attacher, ce qui arriva très rapidement. Enjolras affirma alors qu’ils allaient attendre son réveil pour juger ce qu’ils allaient faire de lui, qu’en attendant ils devaient rester sur leurs gardes. Même s’ils devaient ménager leurs forces. Bien, Grantaire allait faire ça surtout, ménager ses forces. Alors, toujours accompagné de sa fidèle bouteille, il s’installa dans un coin. Il y avait un jeune homme dans un coin, buvant un coup aussi, Grantaire s’adossa à la barricade près de lui. Et il l’observa. Il avait rarement l’esprit clair et il était évident que son esprit était loin d’être vraiment clair maintenant aussi, mais il avait quand même assisté à suffisamment de réunion pour connaître plus ou moins les personnes présentes. Enfin, c’était peut-être juste un jeune homme qui avait suivi le mouvement sur le moment, sans rien savoir du groupe. Cependant, il y avait quelque chose. Il ne connaissait pas ce garçon, mais en même temps il y avait un air familier qu’il avait l’impression de connaître. Ne se doutant pas une seule seconde que c’était la serveuse déguisée.

« On se connaît ? » Demanda-t-il alors simplement.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 9 Oct - 16:52


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
L

a voix de l'homme qui prétendit vouloir joindre ses forces aux leurs interpella légèrement la jeune femme, mais ce n'était pas pour autant qu'elle reconnut l'homme qui à présent passait de l'autre côté de la barricade. Elle ne comprit d'ailleurs en quoi ce timbre lui était familier qu'au moment où Gavroche affirma haut et fort connaître l'identité du nouveau venu. La jeune femme n'aimait pas savoir son petit frère ici (et elle apprécierait moins encore de découvrir la présence de Zelma ici, mais pour l'heure, elle n'avait pas remarqué que sa cadette se trouvait là), mais elle le connaissait, elle savait bien que le dissuader ne ferait que l'encourager, elle était convaincue aussi du fait qu'il était très fier de se trouver là, et qu'il était sans doute prêt à affirmer qu'il n'avait d'autre place qu'ici si elle lui demandait de déguerpir. Il avait sans doute plus sa place, en tout cas, qu'elle-même, qui n'agissait pas tant par conscience politique qu'au nom d'un amour qui ne connaîtrait jamais le plaisir d'être partagé. Alors elle s'abstint d'intervenir ou de dire quoi que ce soit.

Depuis sa place, elle observait simplement la scène qui se jouait sous ses yeux. L'homme n'était autre que l'inspecteur Javert, voilà pourquoi cette voix lui était à ce point familière, elle avait déjà eu quelques fois affaire à lui, difficile d'y échapper quand on s'est adjoint aux traditions familiales, celles de malfrats sans aucun scrupule. Et l'inspecteur Javert démasqué, tout se déroula très vite. Il chercha bien à se défendre, mais Marius et quelques autres, que Ponine n'avait jamais vraiment pris la peine de connaître, eurent le dessus sur le gêneur et surent le ligoter fermement, bien assez pour qu'il ne puisse envisager de fuir. Tant mieux. Même si elle n'appréciait pas cet inspecteur de malheur, même si elle en avait vu des vertes et des pas mûres (et elle en verrait d'autres dans pas longtemps), elle préférait ne pas assister à l'exécution en règle du représentant de la Justice (car c'était bien ce qui l'attendait, non ?).

Elle décida de quitter son poste en constatant que pour l'heure, rien ne se laissait voir de l'autre côté. Peut-être aussi parce qu'elle craignait de voir exactement ce qui s'annonçait. L'ambiance était étonnamment silencieuse. Le calme avant la tempête, comme on dit. Certains s'échangeaient quelques mots à voix basse, d'autre restaient dans leur coin, certains semblaient réciter des prières silencieuses, d'autres buvaient pour se donner du courage. Elle elle ne savait pas. Elle errait. Elle passa à côté de Marius, hésita à lui adresser quelques mots, se ravisa, fit quelques pas... découvrit un visage qu'elle ne voulait pas voir dans ce décor.

-Zelma ? Qu'est-ce que tu fais là ?




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 10 Oct - 18:14

Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de


l'ignorance




Si elle en avait maintes fois ressenti l’envie irréfléchie et le besoin instinctif, Azelma s’était bien gardée d’intervenir dans ce premier « incident » arrivé au sein-même de la barricade. Si elle était parvenue à s’y trouver une place assez facilement, ne ressemblant ni exactement à une fille, ni franchement à quelque individu suspect, l’inspecteur Javert, en revanche, avait eu beaucoup moins de chance à ce niveau-là. S’il était parvenu à franchir les archaïques murs de la barricade, il n’y avait pas fait long feu. Rapidement reconnu par Gavroche, aussitôt dénoncé aux yeux de tous, il avait été ligoté tandis qu’Azelma ne pouvait s’empêcher de ressentir un remord montant. Non pas qu’elle l’aimait, cet inspecteur, mais de toutes les gens présentes, elle était sûrement celle à avoir une relation à- peu-près convenable avec lui. D’ailleurs, pour beaucoup cela constituerait déjà une sacrée surprise en soi. N’était-elle pas une enfant Thénardier, ce clan de vagabonds ayant leurs sales mains dans toutes les sales affaires ? Eh bien, oui. Mais on ne peut pas dire qu’elle était des plus fidèles à son patronyme, au contraire ; elle était même celle qui le dénonçait. Allez savoir si sa volonté y était pour beaucoup. Après tout, peu importe de quel côté elle se serait trouvée ; elle aurait agi par peur et sous pression.
Ainsi, lorsque l’inspecteur Javert fut assommé, Zelma fut à la fois soulagée et d’autant plus tendue. Les deux émotions s’enchaînaient et se cédaient la place, lui faisant croire, au bout du compte, que si Javert sortait d’ici vivant et qu’il n’apprenait rien de sa présence aux barricades, elle n’aurait rien à craindre.

Les songes et doutes d’Azelma l’avaient poussée à rester éloignée du prisonnier, comme le faisaient d’autres hommes avec un peu moins de courage et un peu plus de prudence. Mais son anonymat tranquille ne fit pas long feu, puisqu’elle se fit à son tour démasquer par celle qui était sûrement une des dernières personnes qu’elle aurait voulu trouver ici, mais dont la présence semblait si évidente maintenant... Ponine ; Ponine était là.
Azelma détourna donc son attention distraite de l'inspecteur Javert -maintenant assommé- au moment où son aînée l'interpella. Elle se retourna, un peu surprise, mais essayant au mieux de garder un calme qui ne les trahirait pas, ni l'une, ni l'autre. Elle se contenta de garder une mine légèrement trouble, ce qui était plutôt normal aux barricades. Elle, ou il -ou plutôt, aucun des deux- répondit à Éponine sur un ton assez bas, comme s'il ne fallait pas trouver ce moment de répit accordé aux hommes qui patientaient ici.

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   

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Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]
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