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 Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]

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Message#Sujet: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 1 Sep - 22:20




Nous sommes le 5 juin 1832, le choléra a emporté le général Lamarque, figure majeure du parti républicain. Un vent de révolte souffle sur la ville de Paris, à l'occasion des funérailles du général, l'insurrection se prépare au sein des groupuscules révolutionnaires, dont les Amis de l'ABC font partie.

Au coeur de la rue Saint-Denis, des barricades ont été dressées pour faire face à l'assaillant... La nuit est tombée sur Paris, le calme est revenu... mais pas pour longtemps... les gardes nationaux se préparent à l'attaque. Et nos révolutionnaires en herbe ne seront peut-être pas de taille.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 2 Sep - 10:29


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
L

e calme après la tempête, le calme qui en précède une autre. Un silence de plomb s’était imposé sur les barricades de la rue Saint-Denis où Enjolras et les Amis de l’ABC s’étaient établis, aux aguets, armes à la main, prêts à repousser les amis de l’ABC si ces derniers devaient, éventuellement, venir à leur rencontre. Et bien sûr, en dépit du calme présent, le chef de file du groupuscule révolutionnaire ne se leurrait pas, il savait que ça allait bel et bien arriver, d’une manière ou d’une autre. Et quelque part, il attendait que cela arrive… Il l’avait sans doute attendu toute sa vie. Il se sentait envahi de sentiments contradictoires. De la crainte, bien sûr, car il faudrait être totalement fou pour n’en ressentir aucune alors qu’il songeait que cette nuit était peut-être la dernière de son existence. Il le savait, il mourrait sans doute cette nuit… une part de lui n’en avait pas envie, avait envie de voir de ses propres yeux le monde qu’il luttait pour construire. Une autre, en revanche, ne demandait qu’à respecter jusqu’au bout son sens du sacrifice. Quitte à mourir, oui, il préférait de loin mourir en martyre. N’importe quelle autre option lui paraissait diablement superflue. Oui, il était inquiet, mais plus encore, il se sentait exalté. Il s’était préparé au combat durant des mois et des années, et ils y étaient enfin. C’était le moment de faire la différence, de brandir leur drapeau, d’afficher leurs couleurs, de prouver leur valeur, en bref de faire une véritable différence. De changer la face du monde ou tout du moins le visage de la France, ce qui ne serait déjà pas rien, en réalité. Il était fier de se tenir ici, auprès de ses frères d’arme, et fusil au poing, il était prêt à lutter jusqu’à son dernier souffle. Mais pour l’heure, ils étaient dans l’attente, et ce n’était sans doute pas plus mal, car les événements ne les avaient jusqu’alors pas ménagé.

Ils avaient dû affronter les gardes nationaux dès la procession funéraire engagée, et dresser au plus vite les barricades qui les maintenaient plus ou moins protégés de l’ennemi, même si ce ne serait pas pour longtemps, sans doute. Tout cela n’avait pas été une mince affaire, et ils avaient été éprouvés aussi bien physiquement que mentalement, car il y a une infinie différence entre parler de se battre et le faire réellement, et cela n’avait certes pas échappé à notre jeune révolutionnaire, même s’il était convaincu que la cause qu’il défendait valait tous les sacrifices et toutes les concessions possibles. Ils attendaient donc, certains se reposaient, d’autres buvaient pour se donner du courage (et en l’occurrence, Enjolras n’y redisait rien, au vu des circonstances, c’était plus que concevable), Enjolras, quant à lui, s’employait à renforcer leurs barricades faites de bric et de broc autant que cela se pouvait. Elle ne tiendrait clairement pas le coup face à des assaillants armés jusqu’aux dents, ou pire face à un canonnier, mais il fallait tenter le coup malgré tout. C’était tout affairé à la tâche qu’il entendit des pas s’approcher. Quelqu’un venait.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 4 Sep - 15:22

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
C’était enfin le jour J, celui où les Amis de l’ABC se mettait en marche afin de provoquer cette révolution qu’ils avaient préparé depuis bien longtemps. Ils s’étaient mis en marche donc, lors de l’enterrement du Générale Lamarque et maintenant ils se trouvaient tous derrière des barricades, au niveau de la rue Saint-Denis. Tous… oui, même Grantaire se trouvait là. Pourtant, beaucoup aurait peut-être pu imaginer qu’il allait se défiler à la dernière minute, au moment où ils allaient devoir se battre et mettre en place leur plan. Cet instant n’avait rien à voir avec ce qu’ils pouvaient prévoir au café Musain après tout, alors qu’ils buvaient beaucoup (enfin, surtout Grantaire donc), et criait énormément. Là, ils devaient se mettre à l’action, ils prenaient les armes, ils se battaient et ça n’avait rien de simple. C’était même assez compliqué d’ailleurs. Mais on n’avait rien sans rien en même temps. Tout le monde était motivé en tout cas, tout le monde était prêt à se battre. Grantaire aussi, il ne se retenait pas de prendre les armes et de se battre, quand bien même il faisait peut-être un peu tâche dans le décor.

Et pourtant, il était motivé quand même. Il était prêt à se battre, il était prêt à se donner à fond pour défendre cette cause qui valait tout ce remu ménage. Pour la cause ? Non, clairement pas, Grantaire ne parvenait toujours pas à croire que ce qu’ils faisaient pouvait servir concrètement à quelque chose. Même s’il ne pouvait que reconnaître qu’Enjolras n’avait pas tort quant au fait qu’ils devaient se battre afin de changer les choses. Est-ce que ça allait servir à quelque chose ? Peut-être pas, non. Sans doute pas non, mais en même temps on ne savait jamais. Grantaire verrait bien de toute façon et en attendant, il était bel et bien là, prêt à se battre. Et s’il devait mourir ? Eh bien, il mourrait tout simplement. Grantaire n’avait même pas de crainte à ce sujet. Non pas qu’il avait spécialement envie de mourir non plus, il aimait la vie et il aimait profiter de la vie. Mais en même temps, il n’avait aucune envie de se rabaisser devant la mort. Pour le moment, les choses étaient calmes. Ils n’avaient pas vraiment d’autres choses à faire que d’attendre, en se tenant prêts pour agir. Il valait mieux qu’ils soient en forme après tout afin de se battre, parce que les forces de l’ordre n’allaient pas tarder à arriver. Et quand ça serait le cas, il était évident qu’ils allaient avoir du pain sur la planche. Ces barricades ne tiendraient pas très longtemps. Tout le monde semblait un peu dans son coin, dont Enjolras qui était en train de renforcer un peu la barricade. Grantaire décida de s’approcher de lui, une bouteille de vin à la main (bah ouais, quand même, on n’allait pas en plus rester sobre).

« Tu devrais te reposer un peu. » Dit-il alors, en tendant la bouteille à Enjolras. Son ton était sérieux, pour une fois.  
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 16:38


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

ponine n’avait suivi que de très loin les actions des amis de l’ABC, elle connaissait en substance les idées qu’ils défendaient (grâce à Louison, surtout, qui était intarrissable – même trop – sur le sujet) et c’était tout. Et, bien sûr, ces idées étaient à son goût, puisqu’elle était typiquement de ces masses silencieuses, de ces miséreux du peuple auxquels les groupuscules révolutionnaires de ce genre cherchaient à redonner un semblant de dignité. Oui, elle comprenait leur position et l’appréciait, mais de là à les défendre sur le front… Il y avait un fossé. Fossé qu’elle avait pourtant décidé de franchir. Dès lors qu’elle avait compris que Marius en serait. L’insurrection promettait d’être violente, un véritable massacre bien ordonné, mais elle ne se débinerait pas. Ce n’est pas comme si mourir lui ferait grand-chose. C’est pas qu’elle y tenait non plus, mais sa vie n’avait pas beaucoup de valeur, celle de Marius, en revanche, beaucoup plus, définitivement plus. Ce jour-là, elle s’était donc habillée et coiffée à la garçonne afin de pouvoir se mêler au reste des révolutionnaires en herbe sans être refoulée. Cela fonctionna bel et bien, et la procession funéraire du général Lamarque connut les bouleversements attendus, et d’autres dérapages sans doute plus inattendus. Le moment venu, quand les amis de l’ABC décidèrent d’ériger leurs barricades sur la rue Saint-Denis, elle se joignit à leurs forces pour empiler meubles et monticules de bois afin de leur assurer une protection certes relative contre les gardes nationaux, mais suffisante, pour l’heure. Et pour cause, leurs barricades n’avaient pas encore été prises d’assaut. Pour l’heure, l’ambiance était un peu plus apaisée, et même si certains s’affairaient à la tâche, d’autres avaient compris qu’il était temps de se détendre avant un nouvel assaut.

Ponine, pour sa part, attendait, assise un peu en hauteur des barricades, observant de l’autre côté, où nulle vie ne se laissait signaler encore. C’était étrange, de passer du tumulte de ces dernières heures à cette situation plus apaisée, même si elle ne devait bien sûr abuser personne. Ils n’avaient rencontré que les premiers sursauts de cette nouvelle révolution, la suite risquait fort d’être beaucoup plus violente. Beaucoup plus éprouvante et bien moins évidente. Elle détourna un instant les yeux, et les posa sur Marius, qui se trouvait plus loin. Cosette savait-elle que, après avoir officiellement prononcé ses vœux, il avait pris la suicidaire décision de se joindre force révolutionnaire qui, aujourd’hui, faisait l’insurrection. Une part d’elle se laissa envahir de cette satisfaction malsaine. S’il devait mourir cette nuit ou le jour qui suivrait, ce serait auprès d’elle et non dans les bras de sa si chère et tendre épouse. Elle la chassa aussi vite que possible de son esprit. Non, il ne fallait pas qu’il meure, elle était là pour qu’il ne meure pas. Perdue dans ses pensées, elle constata, soudainement qu’il y avait du mouvement, de l’autre côté de la barricade.

-Il y a quelqu’un,
prévint-elle à la cantonade.

Et en effet, il y avait un homme, seul, qui, les bras levés, marchait dans la direction.

-Je viens me joindre à vous, affirma-t-il.

Et d’où elle se trouvait, elle ne reconnut ni la voix, ni la silhouette de l’inspecteur Javert.





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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 6 Sep - 21:21

Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de


l'ignorance




Si Éponine ne gardait qu'un œil lointain sur les démarches entreprises par les amis de l'ABC, imaginez ce qu'il en était du côté d'Azelma. La cadette, aussi fascinée par les discours de ces étudiants qu'ignorante de leur sens profond, était à l'occasion amenée à croiser leur route prospère, s'intéressant sans vraiment comprendre ce qui attisait tout sa curiosité, car l'intérêt d'une jeune fille est quelque chose d'hasardeux, et le premier à le happer pouvait être certain de le voir dévoué.
Il lui arrivait, d'un jour à l'autre, de venir traîner aux alentours du café Musain, d'y saluer Louison et de se poser à quelque coin où elle voyait sans être vue, mais surtout, où elle entendait aussi bien que la situation le lui permettait. Elle écoutait, elle soupirait aussi, et parfois -et ce, malheureusement- elle venait à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle allait de l'avant, abordait ces jeunes hommes qui lui semblaient si nobles d'esprit et si honnêtes d'allure (bien qu'elle éprouvait tout naturellement une certaine méfiance à leur égard, comme c'était le cas avec tous et tout le monde), et les accablait de ses questions dont certaines étaient futiles tout comme d'autres étaient perspicaces. La réflexion de la jeune Azelma ayant toujours été une chose à double tranchant, il lui arrivait de temps en temps d'avoir de surprenants élans de lucidité tout comme elle pouvait faire preuve d'un manque de pertinence monotone.

Ainsi, cette fois, la chanson était chantée sur un air bien différent. La mort du général Lamarque, les barricades... qu'y comprenait-elle réellement ? Et pourtant, aussi absurde que cela en avait l'air, ce n'était pas bien important. Elle était obstinée, et décidée à aider de quelque manière possible et imaginable. Surprenant, car il n'est pas dans la nature d'une enfant Thénardier de faire des choses par plaisir ou par bonté. Ce n'était pas non plus le cas ici. Alors qu'est-ce qui poussa Zelma à se joindre aux barricades ? Bien des choses, ou alors, rien de bien précis. Elle devait elle-même ignorer les raisons d'une telle décision, aussi dangereuse qu'irréfléchie, et pourtant, elle devait aussi s'en moquer royalement. Après tout, elle était de celles qui, même en commettant des bêtises, affrontent les conséquences envers et malgré tout.

Derrière les barricades, la jeune fille (qui, accessoirement, était habillée d'une manière telle qu'elle la faisait passer un peu moins pour une jeune fille sans pour autant lui donner l'air d'un jeune homme, la mettant ainsi dans un état "entre les deux" qui nécessite un deuxième coup d'œil pour s'assurer de la véritable nature du personnage) n'était pas encore curieuse de voir ce qui approchait de l'autre côté. Pour le moment, elle se faufilait entre ceux qui s'adonnaient à quelques funestes préparatifs, et elle veillait à ne croiser le regard de personne tout en scrutant les yeux d'un chacun. C'est donc avec une certaine aisance que l'on peut également mettre sur le dos d'un coup de chance qu'elle avait remarqué le fameux Enjolras (qu'elle avait d'ailleurs laissé tranquille) ainsi que l'encore plus fameux Grantaire, et d'autres plus-ou-moins sympathiques révolutionnaires en devenir qui se trouvaient ici, à tort ou à raison.

Seulement, la paisible et grave flânerie d'Azelma prit fin très rapidement. La cause était telle qu'elle la fit d'abord sursauter, puis se retourner lentement en direction de la barricade (qui d'ailleurs, avait ce quelque chose d'impressionnant aux grands yeux de la jeune fille) et de regarder dans plusieurs directions bien précises.
Elle avait entendu deux voix qui ne lui étaient que trop familières, et encore plus problématiques à croiser ici et surtout, maintenant. La première était celle d'Éponine, la seconde, celle de l'inspecteur Javert.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 0:02

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Il en avait tant entendu parler, de cette révolution à venir, de ces barricades qui s'élèveraient dans le ciel du tout Paris, qu'il avait fini pour le prendre pour un mythe. C'est pas qu'il le voulait pas, lui, il avait appris à vivre avec sa misère, mais il admettait qu'il apprécierait qu'il y en ait moins, mais en même temps, il avait vu beaucoup de vent brasser et pas beaucoup de vent souffler. Mais ça avait changé, et finalement, c'était un ouragan qui leur tombait dessus, parce que le brave général Lamarque était mort, et que sa procession funéraire avait été un bon prétexte pour beaucoup d'aller plus loin, de pousser plus loin les actions de tous les néo-révolutionnaires qui avaient attendu ça toute leur (courte) vie, après tout... La manifestation avait viré à la révolte, et ensuite, tout était allé très vite. Gavroche n'avait pas mis longtemps à savoir quel camp choisir. C'est pas qu'il fallait qu'elle se décide forcément non plus, mais il aimait bien prendre parti. Il avait donc rejoint les barricades érigées par les Amis de l'ABC... et par ses soins aussi, parce qu'il n'avait pas tardé à participer à cette construction. L'ambiance avait été animée. Puis elle était retombée d'un coup. La nuit était tombée, et maintenant, on attendait la venue des gardes nationaux. Et l'attente était assez pesante... mais exaltante, aussi. Gavroche était presque impatient de les voir débarquer.

Adossé à un mur, assis au sol, il somnolait plus ou moins. Il ne dormait pas complètement, mais Morphée lui faisait de l'oeil. Il ne rouvrit l'oeil que quand il entendit une voix familière. Est-ce que ce serait pas sa frangine, là-haut ? On dirait bien, oui... Il ne l'avait pas reconnu, dans ses vêtements tout masculins. Qu'est-ce qu'elle était venue faire dans cette galère. Ah oui, c'est vrai, Pontmercy... En tout cas, quelqu'un venait en effet, il entendit des bruits de pas... Puis une voix. Il avait l'impression de la connaître aussi, celle-là. Il fut sûr de ses présomptions quand il vit l'homme arriver, lui qui prétendait se joindre à leurs forces. Ah ça, évidemment qu'il le connaissait. Il le reconnaissait, quelle que soit la manière dont il était attifé.


"Mais j'le connais, c't'incongru là, ce serait pas l'inspecteur Javert, par hasard ?"

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 13 Sep - 19:02


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D

ès l'instant où l'on avait appris le décès du général Lamarque, cela n'avait fait de doute pour personne, une rébellion de haute ampleur allait se préparer dans les rues de Paris.
Et il ne tenait qu'à eux de juguler la situation. L'insurrection allait s'organiser, mais l'offensive tout autant, pour la peine. Les gardes nationaux étaient parés bien avant la procession funéraire, et ces étudiants qui pour la plupart combattaient pour la première fois n'auraient aucune chance de s'en tirer. Javert, lui, avait pris son parti, il avait l'intention de s'infiltrer parmi les insurrectionnaires. Il avait pour la peine revêtu une tenue de civil, aux antipodes de son habituelle tenue protocolaire, qui devait l'aider à se joindre à ces révolutionnaires en herbe sans donner l'air de rien. Il avait donc suivi de très près la procession funéraire de ce général républicain dont beaucoup, en réalité, étaient bien heureux d'être débarrassés une bonne fois pour toutes, car ses idées étaient considérées comme dangereuses pour la politique en place. Comme cela avait été envisagé, la procession se mua en révolution, puis en insurrection. Des coups furent tirés, des insultes proférées, du sang fut versé... Décidément, elle était belle, leur révolution. Et ces jeunes idiots, pourtant, restaient cantonnés à leurs convictions. Des barricades furent dressées dans le tout Paris, le hasard voulut que Javert jette son dévolu sur celle de la rue Saint-Denis.

Ce fut avec la plus grande prudence qu'il approcha des barricades. Il savait quel discours tenir et quoi faire, mais il savait également que les hommes en face pourraient bien briller par leur imprévisibilité. Et en ce cas, il faudrait la jouer fine pour n'éveiller aucun soupçon et ne pas devenir la cible de ce qu'il avait décidé en premier d'avoir dans le collimateur. Les mains levées vers le ciel en signe de presque reddition, il s'approcha donc, et quand une voix féminine (il y avait donc des femmes aux barricades ? Il ne l'avait pas imaginé, mais soit, ça ne changeait rien à son initiative). D'emblée, il décida d'affirmer vouloir joindre ses forces à celle des jeunes étudiants. Celui qui semblait être le meneur l'autorisa, d'un signe de tête, à se joindre à eux, mais non sans manifester sa défiance. Il semblait d'ailleurs tout prêt à l'interroger, mais il n'en eut guère le temps, car une voix familière s'éleva alors familière et très jeune. Ce gamin de Gavroche était là et évidemment, il ne fallut pas longtemps pour qu'il le reconnaisse, et que tout son stratagème tombe à l'eau. Sitôt qu'il entendit cette information, l'homme qui semblait en effet être le chef de file braqua son arme dans sa direction. Javert riposta d'un coup de genou an le ventre du jeune révolutionnaire. Mais d'autres viendraient sans doute à sa rescousse et ne tarderaient pas à l'immobiliser.

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 17:25

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Marius était là, sans réellement savoir si c’était là sa place. Il le savait pourtant, qu’il ne pouvait pas se permettre de mettre de côté la cause, il avait promis à ses amis de toujours être là pour eux. Mais les barricades, les combats… la mort, ce n’était peut-être pas sa place quand même. Juste parce que… parce qu’il y avait Cosette. Le jeune homme avait pendant un long moment affirmé haut et fort que sa relation avec la jeune femme, son mariage à présent, n’allait rien changer à sa motivation… mais force lui était de constater que si, bien sûr, ça changeait quelque chose. Le jeune homme se trouvait là, mais il n’avait pas envie de mourir. Il aurait eu envie de mourir en d’autres circonstances, si Cosette était partie avec son père de l’autre côté de la Manche, si le destin avait décidé de le séparer d’elle. Mais ce n’était pas le cas, ils étaient mari et femme à présent. Il n’avait aucune envie de ne pas survivre à cette nuit, de ne pas pouvoir retrouver son épouse ensuite. Cette époque à qui il avait simplement laissé un mot avant de partir, parce qu’il ne parvenait pas de lui dire droit dans les yeux ce qu’il allait faire. Marius s’en voulait, mais il n’avait pas eu le choix. Comme le fait qu’il se retrouvait ici maintenant.

Mais bon, il y était, il avait l’intention de se battre comme n’importe qui. Ce n’était pas parce qu’il avait trop tendance à penser à autre chose – à quelqu’un d’autre, pour être plus précis, même s’il était inutile de préciser l’objet de ses pensées – qu’il n’allait pas se battre pour cette révolution. Il espérait simplement un peu plus que les autres, sans doute, de survivre. Marius était dans son coin en tout cas, ne parvenant pas entièrement à se mêler aux autres révolutionnaires. Au point qu’il ne remarqua même pas que la jeune femme qui se trouvait au niveau des barricades, déguisée en homme, était une femme. Qu’elle était même une personne qu’il connaissait bien, trop bien sans doute. Alors qu’elle interrogeait un nouvel arrivant. Comme d’habitude il était aveugle. Et si certain parvint à la reconnaître, ce ne fut pas son cas. Quand bien même il connaissait bien sa voix normalement. Et en parlant de reconnaissance, le jeune Gavroche fit mouche sur le nouvel arrivant. La scène se passa très rapidement. Gavroche prononça le nom de Javert, Enjolras braqua son arme sur lui et ce dernier lui donna un coup de genou dans le ventre.

Sans plus attendre, Marius se précipita, comme d’autres Amis de l’A B C vers ce Javert afin de l’arrêter. Il se servit d’une crosse d’arme afin de le frapper, tentant de l’immobiliser.

« Attachez-le ! »

Ils ne pouvaient évidemment pas le laisser partir, alors qu’il était clairement un mouchard. Par chance, l’un des membres de la révolution arriva avec une corde et puisqu’ils étaient plusieurs, ils parvinrent à avoir le dessus sur l’homme et à l’attacher.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 14 Sep - 20:09


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

njolras, pour une fois, était bien contraint de donner raison à Grantaire, et il avait, au final, d'autant plus de facilité à le faire qu'il devait bien constater, du fait de la présence de son interlocuteur face à lui, qu'il s'était trompé sur son compte. Il avait été convaincu du fait que, le moment venu, le jeune homme ferait profil bas ou pis encore, se riait de leu initiative, tandis qu'ils risqueraient leurs vies depuis les barricades, mais non, il était là. Quoi qu'il ait pu dire ou faire, ça n'avait plus d'importance, maintenant, parce que comme tous les autres, il avait entendu l'appel du peuple et y avait répondu. Alors oui, force lui était d'admettre qu'il était temps qu'il se repose un peu. S'il voulait être capable de faire face aux forces armées quand celles-ci se pointeraient, il fallait certainement qu'il ménage ses efforts. Et puis leur barricade était solide, il avait envie de croire qu'elle tiendrait le coup. Il adressa donc un fin sourire à Grantaire, sans doute le premier qu'il lui ait jamais accordé, en acceptant la bouteille qu'il lui tendait. Il était le premier à témoigner son mécontentement quand les esprits se faisaient trop avinés lors des réunions namis de l'ABC, mais pour une fois, un peu de vin ne semblait pas être du luxe. Il fallait garder l'esprit clair certes, mais l'alcool donnait du courage. Il ne pouvait pas s'ôter de la tête la pensée que cette soirée serait sans doute la dernière. Il but donc une gorgée et rendit la bouteille à Grantaire. Il pourrait bien l'avertir de ne pas en abuser, mais il l'imaginait clairement plus instable sans un seul gramme d'alcool dans l'organisme que dans le cas inverse, alors...

Ce fut à ce moment-là qu'on les avertit d'une présence étrangère, qui approchait. Ni une ni deux, Enjolras escalada la barricade pour observer le nouveau venu. Son erreur fut de ne pas savoir qui il était. Il n'eut pas confiance directement, certes, mais il ne fallait pas négliger l'importance du nombre, et le leur était sans doute inférieur à l'éventuel ennemi. Si cet homme voulait se joindre à leurs forces, alors qu'ils viennent. Enjolras fit signe à deux hommes d'escorter le nouveau venu, qui paru alors au regard de tous les aspirants révolutionnaires présents, et notamment à celui de Gavroche, qui lui ne se laissa pas duper. L'inspecteur Javert. Enjolras le connaissait, de réputation, et il croyait sans chercher à le contester le discours du tout jeune Thénardier. Ni une ni deux, il pointa son arme en direction de Javert, mais l'homme riposta. Le coup qu'il porta au jeune homme fut douloureux, et le déstabilisa un moment. Heureusement, il pouvait compter sur les autres pour s'acquitter de cette besogne. Marius assomma l'inspecteur avec la crosse de son arme, une fois redressé, Enjolras lui adressa un signe d'approbation. Il n'avait pas misé sur sa présence à lui non plus, il était pourtant là. Pour lui, c'était un signe. A la demande de Marius, ils l'attachèrent solidement et le traînèrent contre le mur le plus proche.

-Nous attendrons son réveil et jugerons alors du sort qu'il mérite
, décida-t-il tandis qu'il avait le sentiment que les regards tournés vers lui attendaient ses recommandations. Pour l'heure, amis, gardez l'oeil, mais surtout, ménagez vos forces.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 3 Oct - 14:09

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Louison & ?


J'ai l'impression de vivre le moment le plus important de ma vie, j'ai le sentiment de l'avoir attendu toute mon existence. Je me sens fébrile, sûre de moi, impatiente... Je ne devrais pas éprouver tout cela. Je le sais bien, au fond, car du sang a coulé, et beaucoup de sang va couler encore. Ce n'est pas rien, ce n'est pas anodin. Mais je n'ai jamais cru que l'avenir de la France pourrait se construire sur des allégations pacifistes, pas à ses débuts, du moins. Alors je suis prête à assumer, en réalité... Et le sang qui coulera cette nuit a toutes les chances d'être le mien. Jonah n'a pas voulu que je l'accompagne aux funérailles du général Lamarque.

J'ai eu beau protester, il a refusé. Je le connais. Il respecte mes opinions et ma volonté d'agir, et je lui dois beaucoup,mais là, il sait que c'est ma vie que je risque, et il veut me protéger. Sauf que je ne peux être ailleurs qu'ici, c'est hors de question pour moi de ne pas me joindre aux barricades. Qui plus est, j'estimais comme un devoir d'assister aux funérailles du général Lamarque. L'homme qui portait à lui seul la voix de ceux qui n'en ont pas. Je ne pouvais pas ne pas lui rendre hommage. J'ai laissé Jonah prendre de l'avance, et moi, je me suis grimé, ait emprunté une tenue à mon frère pour me joindre en temps voulu à la cohue.

Et cela n'a pas manqué. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la procession funéraire s'est métamorphosée en véritable cohue. Et les barricades se sont constituées aux quatre coins des rues de Paris. Je me suis joint discrètement au groupe mené par Enjolras, ait récupéré un fusil laissé à l'abandon, plus pour me sécuriser qu'autre chose (parce que je doute de réussir à m'en sortir), et maintenant, j'attends. En tout cas, j'ai attendu jusqu'à ce qu'une voix, étonnamment féminine, nous annonce la venue de quelqu'un. Je reconnais la voix d'Eponine. Elle aussi s'est déguisée, mais que fait-elle ici ?... Dans tous les cas, je préfèrerais qu'elle ne soit pas des nôtres. Mais il est trop tard.

L'homme qui arrive prétend vouloir joindre ses forces à celles déjà présentes est vite reconnu par le petit Gavroche. L'inspecteur Javert. Il est bien vite maîtrisé ceci dit, et un calme de plomb pèse de nouveau sur les barricades. Je jette un oeil autour de moi, un jeune homme tend une bouteille à la cantonade. Je l'attrape presque mécaniquement. Pour une fois, c'est moi qui consomme et non qui sème. Je m'adosse à la barricade. Je dois garder l'esprit clair pour la suite, je le sais. Mais même si je suis impatiente, motivée, j'ai peur aussi. J'ai besoin de courage.


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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 7 Oct - 23:57

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
C’était un sourire ça sur le visage de Enjolras ? Non ? Si… c’était bel et bien un sourire, alors qu’il prenait la bouteille que Grantaire lui tendait pour en boire une gorgée. La situation avait beau être grave (non parce que concrètement, ils s’apprêtaient tous à mourir quand même), Grantaire devait bien avouer qu’il avait bien envie de s’en réjouir. Parce que le jeune homme avait quand même souri et que c’était la première fois qu’il le voyait sourire. Comme quoi, l’approche de la mort pouvait faire des miracles. Le fait qu’il soit là, c’était peut-être un miracle aussi. Grantaire ne croyait toujours pas à tout cela, il ne pensait pas que ça allait changer grand-chose, mais il était là pourtant, prêt à se battre et même prêt à mourir pour cette barricade. Grantaire s’attendait à entendre Enjolras lui dire de ne pas trop abuser de la bouteille quand il la lui rendit, mais il n’en fit rien. Comme quoi, le leader des A B C pouvait se détendre un peu. En même temps, ils n’avaient pas le choix. S’ils se contentaient simplement d’être sur les nerfs, ils n’allaient pas du tout s’en sortir.

Grantaire avait bien envie de dire quelque chose, après avoir pris la peine de boire une nouvelle gorgée après Enjolras (juste après lui !), mais il entendit une voix affirmer que quelqu’un arrivait. Comme tous les autres, Grantaire ne remarqua pas du tout qu’il connaissait cet homme et qu’il n’était autre que l’inspecteur Javert. Par chance, il y avait quand même des gamins bien futés dans l’histoire, puisque ce fut Gavroche qui affirma que c’était l’inspecteur. Ni une, ni deux, la situation se dégrada rapidement au point que le leader des Amis de l’A B C se prit même un violent coup. Quelle idée d’abimer un visage d’ange. Grantaire aida du mieux qu’il pouvait ses camarades à arrêter cet homme, qui fut assommé par le bon Pontmercy (il était là celui-là ? Et il fait quoi de sa femme au juste ?) de la crosse de son arme. Il ne manquait plus qu’à l’attacher, ce qui arriva très rapidement. Enjolras affirma alors qu’ils allaient attendre son réveil pour juger ce qu’ils allaient faire de lui, qu’en attendant ils devaient rester sur leurs gardes. Même s’ils devaient ménager leurs forces. Bien, Grantaire allait faire ça surtout, ménager ses forces. Alors, toujours accompagné de sa fidèle bouteille, il s’installa dans un coin. Il y avait un jeune homme dans un coin, buvant un coup aussi, Grantaire s’adossa à la barricade près de lui. Et il l’observa. Il avait rarement l’esprit clair et il était évident que son esprit était loin d’être vraiment clair maintenant aussi, mais il avait quand même assisté à suffisamment de réunion pour connaître plus ou moins les personnes présentes. Enfin, c’était peut-être juste un jeune homme qui avait suivi le mouvement sur le moment, sans rien savoir du groupe. Cependant, il y avait quelque chose. Il ne connaissait pas ce garçon, mais en même temps il y avait un air familier qu’il avait l’impression de connaître. Ne se doutant pas une seule seconde que c’était la serveuse déguisée.

« On se connaît ? » Demanda-t-il alors simplement.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 9 Oct - 16:52


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
L

a voix de l'homme qui prétendit vouloir joindre ses forces aux leurs interpella légèrement la jeune femme, mais ce n'était pas pour autant qu'elle reconnut l'homme qui à présent passait de l'autre côté de la barricade. Elle ne comprit d'ailleurs en quoi ce timbre lui était familier qu'au moment où Gavroche affirma haut et fort connaître l'identité du nouveau venu. La jeune femme n'aimait pas savoir son petit frère ici (et elle apprécierait moins encore de découvrir la présence de Zelma ici, mais pour l'heure, elle n'avait pas remarqué que sa cadette se trouvait là), mais elle le connaissait, elle savait bien que le dissuader ne ferait que l'encourager, elle était convaincue aussi du fait qu'il était très fier de se trouver là, et qu'il était sans doute prêt à affirmer qu'il n'avait d'autre place qu'ici si elle lui demandait de déguerpir. Il avait sans doute plus sa place, en tout cas, qu'elle-même, qui n'agissait pas tant par conscience politique qu'au nom d'un amour qui ne connaîtrait jamais le plaisir d'être partagé. Alors elle s'abstint d'intervenir ou de dire quoi que ce soit.

Depuis sa place, elle observait simplement la scène qui se jouait sous ses yeux. L'homme n'était autre que l'inspecteur Javert, voilà pourquoi cette voix lui était à ce point familière, elle avait déjà eu quelques fois affaire à lui, difficile d'y échapper quand on s'est adjoint aux traditions familiales, celles de malfrats sans aucun scrupule. Et l'inspecteur Javert démasqué, tout se déroula très vite. Il chercha bien à se défendre, mais Marius et quelques autres, que Ponine n'avait jamais vraiment pris la peine de connaître, eurent le dessus sur le gêneur et surent le ligoter fermement, bien assez pour qu'il ne puisse envisager de fuir. Tant mieux. Même si elle n'appréciait pas cet inspecteur de malheur, même si elle en avait vu des vertes et des pas mûres (et elle en verrait d'autres dans pas longtemps), elle préférait ne pas assister à l'exécution en règle du représentant de la Justice (car c'était bien ce qui l'attendait, non ?).

Elle décida de quitter son poste en constatant que pour l'heure, rien ne se laissait voir de l'autre côté. Peut-être aussi parce qu'elle craignait de voir exactement ce qui s'annonçait. L'ambiance était étonnamment silencieuse. Le calme avant la tempête, comme on dit. Certains s'échangeaient quelques mots à voix basse, d'autre restaient dans leur coin, certains semblaient réciter des prières silencieuses, d'autres buvaient pour se donner du courage. Elle elle ne savait pas. Elle errait. Elle passa à côté de Marius, hésita à lui adresser quelques mots, se ravisa, fit quelques pas... découvrit un visage qu'elle ne voulait pas voir dans ce décor.

-Zelma ? Qu'est-ce que tu fais là ?




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 10 Oct - 18:14

Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de


l'ignorance




Si elle en avait maintes fois ressenti l’envie irréfléchie et le besoin instinctif, Azelma s’était bien gardée d’intervenir dans ce premier « incident » arrivé au sein-même de la barricade. Si elle était parvenue à s’y trouver une place assez facilement, ne ressemblant ni exactement à une fille, ni franchement à quelque individu suspect, l’inspecteur Javert, en revanche, avait eu beaucoup moins de chance à ce niveau-là. S’il était parvenu à franchir les archaïques murs de la barricade, il n’y avait pas fait long feu. Rapidement reconnu par Gavroche, aussitôt dénoncé aux yeux de tous, il avait été ligoté tandis qu’Azelma ne pouvait s’empêcher de ressentir un remord montant. Non pas qu’elle l’aimait, cet inspecteur, mais de toutes les gens présentes, elle était sûrement celle à avoir une relation à- peu-près convenable avec lui. D’ailleurs, pour beaucoup cela constituerait déjà une sacrée surprise en soi. N’était-elle pas une enfant Thénardier, ce clan de vagabonds ayant leurs sales mains dans toutes les sales affaires ? Eh bien, oui. Mais on ne peut pas dire qu’elle était des plus fidèles à son patronyme, au contraire ; elle était même celle qui le dénonçait. Allez savoir si sa volonté y était pour beaucoup. Après tout, peu importe de quel côté elle se serait trouvée ; elle aurait agi par peur et sous pression.
Ainsi, lorsque l’inspecteur Javert fut assommé, Zelma fut à la fois soulagée et d’autant plus tendue. Les deux émotions s’enchaînaient et se cédaient la place, lui faisant croire, au bout du compte, que si Javert sortait d’ici vivant et qu’il n’apprenait rien de sa présence aux barricades, elle n’aurait rien à craindre.

Les songes et doutes d’Azelma l’avaient poussée à rester éloignée du prisonnier, comme le faisaient d’autres hommes avec un peu moins de courage et un peu plus de prudence. Mais son anonymat tranquille ne fit pas long feu, puisqu’elle se fit à son tour démasquer par celle qui était sûrement une des dernières personnes qu’elle aurait voulu trouver ici, mais dont la présence semblait si évidente maintenant... Ponine ; Ponine était là.
Azelma détourna donc son attention distraite de l'inspecteur Javert -maintenant assommé- au moment où son aînée l'interpella. Elle se retourna, un peu surprise, mais essayant au mieux de garder un calme qui ne les trahirait pas, ni l'une, ni l'autre. Elle se contenta de garder une mine légèrement trouble, ce qui était plutôt normal aux barricades. Elle, ou il -ou plutôt, aucun des deux- répondit à Éponine sur un ton assez bas, comme s'il ne fallait pas trouver ce moment de répit accordé aux hommes qui patientaient ici.

« J'pourrai te poser la même question... »
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 10 Jan - 22:10

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Prétendre que le petit Gavroche n'était en rien fier de son effet serait mentir. C'était bien tout le contraire, il jubilait, même. Il n'avait pas beaucoup de mérites d'avoir reconnu l'inspecteur Javert, pourtant. C'est qu'il avait souvent eu affaire à ce bonhomme-là, et que son faciès ne pouvait pas simplement s'oublier. Mais quand même, il était celui qui avait permis l'immobilisation d'un espion qui vu la trempe du monsieur aurait pu être dangereux, et ça valait son pesant de cacahuètes pour lui. Il n'avait pas décidé de se joindre aux barricades pour faire de la figuration ou tromper le temps qui passe, il avait la ferme intention de se montrer le plus utile possible, alors il aimait que cette opportunité se présente à lui, et il la saisissait sans aucune hésitation. L'inspecteur fut bien vite maîtrisé. Face à tous ces jeunes gaillards avides de justice, même s'il pouvait avoir de la repartie physique et langagière, il ne pouvait pas faire le poids. L'homme fut assommé et ligoté et ce fut le calme après la mini-tempête. Il régnait dans l'air une atmosphère où se mêlaient tension et excitation. Un peu de peur aussi, parce que tout le monde ici présent savait qu'il jouait sa vie, c'était pas rien, quand même.

Gavroche se hissa jusqu'aux hauteurs de la barricade après avoir dérobé une bouteille de rouge à l'un des étudiants les plus maigrelets du groupe. Le gamin des rue gagerait qu'il tiendrait pas le coup. Pas pour autant qu'il éprouvait des scrupules à l'avoir privé de la dernière bouteille qu'il boirait peut-être jamais. Il en avait bien besoin, lui aussi, pour se réchauffer le coeur, mais le corps aussi, parce que même si le mois de mars chassait un peu l'hiver, on ne pouvait pas non plus prétendre à une chaleur étouffante. De ses hauteurs, il observait toutes les personnes en contrebas, sûrement beaucoup de futurs cadavres dans le lot. Il aperçut ses deux soeurs, Ponine et Zelma, en pleine conversation. Il hésita à les rejoindre, mais choisit de rester à sa place en fin de compte. Il espérait qu'elles s'en sortiraient mais n'y croyait pas vraiment. Leur sang versé serait aussi son sang. Cela le rendait quand même assez triste. Son regard se perdit ensuite de l'autre côté de la barricade, ses oreilles se mirent à l'affût du moindre son... Qu'attendre, maintenant ? Amis ? Ennemis ? Canons ? Armes d'assaut ? Au fond, il avait hâte de le découvrir.


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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 12 Jan - 14:26

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Depuis que Cosette avait décidé de partir de leur maison pour rejoindre son bien-aimé, Valjean n’avait pas eu l’occasion de la voir, de même avoir la moindre nouvelle d’elle. Il ne savait pas si elle allait bien, si elle avait finalement bel et bien épousé son cher et tendre, si elle se portait correctement, où elle vivait, si elle était heureuse… bref, le vieil homme ne savait rien du tout. Il n’avait aucune idée d’où elle se trouvait, si elle allait bien et ça avait le don de l’angoisser. Il se sentait mal. Valjean avait donc interrompu entièrement son voyage en Angleterre, il avait tout annulé, parce qu’il ne pouvait pas envisager de s’en aller alors qu’il n’était pas avec Cosette, alors qu’il ne savait pas du tout où elle se trouvait et comment elle allait. Valjean ne trouvait pas ça forcément raisonnable, parce qu’il avait quand même croisé Javert, qu’il savait que l’homme avait compris qu’il était encore vivant, qu’il était là. Valjean ne pouvait pas prendre le risque de retourner en prison, de se faire arrêter de nouveau, Cosette mariée ou non. Mais en même temps, il ne pouvait pas se résigner à partir sans avoir au moins des nouvelles de sa fille. Quoi que même avec des nouvelles, Valjean ne savait pas s’il serait capable de traverser la Manche et tirer un trait définitif sur sa vie avec Cosette.

Le vieil homme avait donc annulé son voyage et il s’efforçait de trouver sa fille. Ce fut d’ailleurs parce qu’il voguait dans les rues de Paris qu’il avait entendu la rumeur, qu’il avait entendu la colère du peuple gronder. Il avait fait le rapprochement entre cette colère, cette rumeur de combat, et les amis de l’homme qui lui avait enlevé sa fille. Il ne savait pas grand-chose à leur sujet, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se montrer curieux et ce fut pour cette raison qu’il s’était approché de ces barricade. Cependant, dans le but de pouvoir réellement s’en approcher, l’homme fut obligé de faire preuve de stratagème. Pour cela, il avait profité de croiser le cadavre mort d’un garde royal afin de pouvoir revêtir sa veste. Par chance, il semblait encore s’en sortir quand il était question de se glisser discrètement quelque part. Et il arriva aux abords de la barricade. Et une vois s’éleva.

« Qui va là ? » Jean Valjean n’eut pas beaucoup de mal à savoir qui était l’homme qui était en train de lui parler, en cet instant précis. Il le reconnu et eut du mal à garder contenance. Il s’agissait de Marius Pontmercy, ce jeune homme qui avait enlevé sa Cosette et qui se trouvait donc là, bel et bien, sur ces barricades ? Vraiment ? Était-il donc fou ? Valjean ne put s’empêcher de se sentir partagé entre la colère de le savoir en face de lui après ce qu’il avait fait, de lui avoir pris Cosette, ou encore la peur de savoir sa fille veuve si rapidement après s’être mariée (parce qu’il ne se faisait pas d’illusion sur le fait que l’union avait déjà eu lieu. « Je suis venu vous aider ! »

Dit-il alors, en se montrant un peu plus, les bras levés pour prouver sa bonne foi et que ceux qui pouvaient éventuellement le connaître le reconnaisse. Et avant que quelqu'un n'ait le temps de dire quoi que ce soit, l'ancien forçat aperçu un mouvement en hauteur. Un homme, de la garde, visant le groupe de jeune gens... peut-être même plus précisément Pontmercy. Alors sans réfléchir, Valjean attrapa un fusil qui se trouvait juste là et tira sur l'assaillant.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 12 Jan - 18:40


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
U

n calme oppressant, de ces calmes qui précèdent les tempêtes les plus violentes, enveloppait toute l'assistance des jeunes révolutionnaires qui pour l'heure ne pouvaient malheureusement rien faire. Rien si ce n'est atteindre. Ils décidaient d'être maître de leur sort, c'est vrai, et il était assez ironique, au fond, de les voir prostrés à attendre l'ennemi alors que pour suivre leur coeur et leurs ambitions, ils devraient sans doute pourfendre l'ennemi, arme au point, le déloger de sa tanière et lui faire payer la monnaie de sa pièce. Mais non, ils attendaient. Ils ne savaient pas quand l'ennemi frapperait, cela pourrait bien prendre des heures, voire même durer jusqu'au matin, mais ils se devaient de rester à l'affût, de conjurer la fatigue, le découragement et l'angoisse, pour garder le coeur vaillant et l'esprit aiguisé quand adviendrait le moment de s'en prendre à l'ennemi. Ne restait donc qu'à attendre, encore et encore. l'alcool réchauffait le coeur mais n'aiguisait pas forcément l'esprit ni n'aidait la fatigue... Enjolras ne voulait pas flancher, mais à mesure que les minutes passaient, il fallait bien qu'il reconnaisse qu'il sentait la fatigue le gagner, et il n'aurait peut-être pas su résister aux bras de Morphée si la voix de Marius n'avait pas fini par résonner dans le relatif silence des lieux. Quelqu'un approchait. Aussitôt, le jeune révolutionnaire se tendit, et ses doigts se crispèrent sur son arme : était-ce les gardes nationaux qui approchaient ? Il n'entendait qu'une seule voix. Encore un intrus isolé. De la même trempe que l'inspecteur qu'ils avaient réduit - temporairement tout du moins - au silence ? Ils ne tarderaient pas à le savoir.

Enjolras escalada la barricade pour rejoindre Marius à son poste d'observation afin de mieux jauger du regard l'homme qui venait d'arriver. Il semblait bien innocent, les bras ainsi levés, mais Javert avait eu l'air innocent, lui aussi, avant que le petit Gavroche ne leur apprenne qui il était exactement et quelle était la nature de ses intentions. Il allait le mettre en garde, le menacer de son arme, mais alors, constatant la présence d'un membre de la garde qui les visait depuis les toits, et dont Enjolras n'avait pas remarqué la présence, il se saisit d'un fusil et leur sauva littéralement la vie. Les tirs volèrent alors en direction du toit, afin de s'assurer que d'autres hommes ne comptaient pas les attaquer, et une odeur de poudre, bien vite, enveloppa l'atmosphère. Sa volonté sincère de les rejoindre ne faisait plus aucun doute. Enjolras adressa un signe à certains de ses camarades, qui y répondirent en allant chercher l'arrivant, qui lui fit bientôt face.

-Merci,
le congratula-t-il très honnêtement. Que pourrait-il faire d'autre, en même temps. Nous vous devons une fière chandelle. Que pouvons-nous faire pour vous remercier ?

-




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Ven 9 Fév - 11:43

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Louison & ?


Ce vin se boit comme du petit lait. Je dois y prendre garde si je ne veut pas qu'un peu de courage supplémentaire brime en revanche ma lucidité. Même si je sais et assume la possibilité malheureusement très probable de mourir ce soir, je ne veux pas que cette mort ait l'absurdité et l'absence de sens de tous ces sacrifiés de la République, mais en même temps, si c'est la dernière fois que je dois boire, autant ne pas le faire à moitié, non ? Ma parole, à m'entendre penser, j'ai l'impression que Grantaire parle dans ma tête. Et à ce sujet, d'ailleurs, voilà qu'il s'approche de moi. Mon coeur s'accélère, c'est bête. Mais je n'y peux rien. Le simple fait qu'il soit là m'étonne... et pourtant, ça me rassure aussi. Le fait qu'il décide de me parler aussi.

Comme si j'avais vraiment besoin qu'il me parle, comme si c'était nécessaire pour moi. Je ne pense pas que ça doive l'être, mais d'un coup il me parle et je m'apaise. Il ne m'a pas reconnue. Cette pensée m'arrache un sourire, et j'hésite à ne rien dire. Mais il aura tôt fait de comprendre, et contrairement à d'autres, je doute fort qu'il m'empêche de rester, qu'il me somme de rentrer chez moi par n'importe quel moyen. Je ne pense pas non plus qu'il me balancera. Alors je tourne mon regard vers lui pour lui permettre de mieux me reconnaître. Le son de ma voix devrait lui mettre la puce à l'oreille.

-Ça se pourrait bien,
je lui réponds, avec une esquisse de sourire aux lèvres.

Je m'apprête à ajouter autre chose, à le questionner. Il va peut-être être surpris de me retrouver ici, mais moi aussi je suis surprise de le voir là. Avec tous les couplets qu'il a pu me sortir sur la vacuité de notre combat (auquel on me refusait de participer), je n'imaginais vraiment pas le trouver là. Mais de l'agitation, à nouveau. Un nouvel intrus semble vouloir nous rejoindre. La défiance est de mise, mais le nouvel arrivant rentre bien vite dans les bonnes grâces de tout un chacun en nous sauvant la mise contre un membre de la garde royale. Je serre plus fermement mon arme au creux de ma main. Il faut être vigilant.

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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Lun 12 Fév - 23:02

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Grantaire ne pouvait pas s’empêcher d’avoir une impression de déjà vu concernant le jeune garçon qui se trouvait à côté de lui, sans se rendre compte que cette personne n’était pas un garçon, mais une fille. En même temps, il était impossible pour lui d’imaginer Louison aillant pris des armes pour se battre. Mais quand celle-ci tourna son regard vers lui, lui affirmant qu’il était possible qu’il le connaisse… Grantaire n’eut pas d’autre choix que de se rendre compte qu’il connaissait bel et bien cette personne. Le jeune homme ne put s’empêcher d’être surpris, parce que donc il n’avait pas pu imaginer une seule seconde qu’il puisse s’agir d’elle. Et pourtant, la jeune femme juste là c’était bien Louison.

« Oh, ma serveuse préférée ! »
Lança-t-il, peut-être un peu trop à haute voix, mais il semblerait que les personnes autour ne leur prêtaient de toute façon pas suffisamment pour s’occuper de ce qu’ils venaient de dire.

Parce qu’évidemment, même s’il ne cherchait pas spécialement à protéger Louison pour le coup, le jeune homme comprenait que la jeune femme n’avait pas forcément envie que tout le monde sache qu’elle était là, qu’elle s’était déguisée dans le but de combattre. Ce n’était pas sa place, ça c’était sûr, Grantaire lui-même pour le dire. Mais en même temps, le jeune homme n’avait pas l’intention de l’empêcher de faire ce qu’elle voulait. À quoi bon ? Chacun faisait comme il voulait non ? Grantaire avait eu envie de dire autre chose, mais il y eu du mouvement. Un nouvel homme intervint et forcément, le groupe ne pouvait que se demander s’il était de leur côté ou non. Sauf que ce dernier ne manqua pas de prouver qu’il cherchait bien à les défendre, puisqu’il tua un des gardes sur le toit. Cool, ils avaient un nouveau membre avec eux. C’était une bonne chose, non ? Parce qu’ils avaient besoin de monde s’ils voulaient voir le lendemain. Oui… à moins qu’ils ne voient rien du tout, ça c’était possible. Après cette petite pause, donc, Grantaire reporta son attention sur Louison.

« Qu’est-ce que tu fais là toi ? » Demanda-t-il, un peu comme si au final, tout cela n’avait rien d’importance, comme si ce qui venait d’arriver n’était pas si important que ça. Mais en même temps, c’était un peu ce qu’il pensait aussi. « Il est où ton frère ? Il est au courant que tu es là ? »

Il se doutait que ce n’était pas du tout le cas, sinon elle ne serait pas là. Quelque chose lui disait que le Jonah ne devait rien savoir. D’ailleurs, il ne se retint pas de le chercher du regard, comme pour s’assurer que ce monsieur était bien présent. En tout cas, pour l’heure, il avait juste envie de s’occuper un peu du « sort » de Louison, il n’avait rien de mieux à faire de toute façon. Parce que même en cet instant précis, Grantaire continuait de prendre tout à la légère.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 13 Fév - 18:20


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
C'

est sûr, en effet, Zelma pouvait exactement lui poser la même question, l'un comme l'autre n'avaient rien à faire ici. Si leurs parents devaient apprendre où elles se trouvaient, elles passeraient un sale quart d'heure. D'un autre côté, il était possible qu'elles ne retournent jamais chez elle, qu'elles ne revoient jamais leurs parents... alors l'un dans l'autre. Quoi qu'il en soit, si Ponine n'avait pas plus de raisons que sa soeur de se trouver là, elle ne pouvait s'empêcher malgré tout de penser que sa cadette n'était pas là à sa place. Quelles motivations pouvait-elle bien avoir ? Elle doutait fort qu'un sursaut de conscience politique l'ait menée aux barricades, tout comme ça n'avait pas été son cas à elle... Est-ce qu'elle l'avait suivi ? Est-ce que c'était pour ça qu'elle était là ? Si Zelma y restait et Ponine non, elle ne se le pardonnerait jamais c'est une évidence. Elle pouvait peut-être encore la dissuader, elle avait la ferme intention de la dissuader.

-Il faut que tu partes d'ici,
la pria Eponine, protectrice... Elle ne pouvait plus demeurer sereinement ici si sa cadette s'y trouvait également, il n'en était pas du tout question, même, c'était tout bonnement inconcevable.

Elle allait ajouter encore quelques mots de plus, une manière comme une autre de la convaincre de prendre la fuite tant qu'il en était encore temps, mais ce fut à ce moment-là que de l'agitation se fit découvrir. L'attention de Ponine dévia irrésistiblement. Un nouvel intrus affirmait vouloir se joindre à leurs forces. Cette voix... Ponine était convaincue de la connaître. Elle ne voulait pas s'y tromper mais en était quasiment certaine. Tout s'emballa très vite, alors. Un homme de la garde embusqué avait bien manqué les attaquer mais avait été arrêté à temps par l'inconnu, pas si inconnu que cela... Eponine en fut définitivement certaine quand l'homme les rejoignit pour de bon. Enjolras le prit à parti et le congratula pour son geste égoïste. Sans oublier totalement la présence de sa soeur à ses côtés, la jeune femme n'arrivait pas à détacher les yeux de cet homme, qui était bel et bien celui qu'elle croyait. L'homme à la poupée, celui qui avait adopté Cosette. Instinctivement, son regard se tourna vers Marius, allait-il le reconnaître ? Et sa Cosette, leur Cosette, où était-elle quand les deux hommes de sa vie couraient à la mort ? Quelque part, ça ne la concernait pas, mais tout ce qui concernait de près ou de loin monsieur Marius avait aussi fini par la concerner par la force des choses, parce que c'était plus fort qu'elle, elle n'y pouvait tout simplement rien. Ponine hésita à se signaler au nouvel arrivant, mais il y avait sans doute plus urgent à faire. Il fallait qu'elle parvienne à convaincre sa soeur de quitter les lieux.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 12 Mai - 18:29

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
La tension ne manquait pas d’être palpable, clairement, tout le monde était sur les nerfs et ce n’était pas pour rien donc. Parce que la situation n’était pas si évidente que cela. Raison pour laquelle, quand l’inconnu arriva, ils étaient méfiants. En même temps, ils venaient quand même d’empêcher l’inspecteur Javert de prendre place dans leur groupe. Autant dire qu’ils devaient donc vraiment être prudent et puisque Marius ne reconnu pas tout de suite l’homme qui s’approchait d’eux, il ne pouvait qu’être prudent. Mais rapidement... ce dernier prouva qu’il était de leur côté, en attrapant un fusil pour tirer sur un des gardes se trouvant sur le toit. D’accord, il semblait clair qu’ils pouvaient leur faire confiance. Enjolras lui demanda ce qu’ils pouvaient faire pour eux et ce fut à ce moment là qu’il le reconnu. Marius ne put s’empêcher de se sentir mal à l’aise... C’était le père de Cosette, mais que faisait-il ici ? Pourquoi se trouvait-il ici ? Marius ne pouvait pas avoir de réponse et concrètement, il valait sans doute mieux qu’il n’en ait pas. Parce qu’il avait quand même volé la jeune femme à son père, l’épousant en secret. Voulait-il se venger ? Savait-il qu’il était ici ? Il s’éloigna, par principe, décidant de se diriger vers Eponine, sans tourner plus son regard vers le père de son épouse. Parce qu’il ne voulait pas avoir à faire à lui.


De son côté, Jean Valjean se contenta d’adresser un sourire au jeune homme qui le remercia. Il n’avait pas besoin de le faire. En tout cas, l’homme ne pensait pas croiser Enjolras ici, quand bien même ça semblait logique. Il savait que lui et Marius étaient proches, ce n’était pas pour rien qu’ils avaient eu l’occasion de se croiser autrefois.

« Laissez moi vous rejoindre, je souhaite me battre avec vous. » Il ne mentait pas, il espérait vraiment pouvoir se battre aux côtés de ces étudiants, quand bien même ses raisons étaient peut-être un peu plus obscure. La présence de Pontmercy n’était pas pour rien dans sa propre présence. Mais ils n’étaient pas les seuls qu’il connaissait. Son regard se tourna vers le prisonnier et son sang ne fit qu’un tour. Javert... il était là ? Que faisait-il là ? Bon, il semblait être un prisonnier, pour le coup Jean Valjean ne pouvait pas douter une seule seconde, mais ce n’était pas pour autant qu’il comprenait comment il avait fini dans cet état. « Que comptez vous faire de lui ? »

Demanda-t-il alors, ne sachant pas réellement où ça pourrait bien le mener. Il se doutait que le sort de Javert devait déjà être décidé et... oui, Valjean ne pouvait pas s’empêcher de se dire que s’il disparaissait ce soir, ça lui sauverait clairement la mise. Et en même temps, il ne savait pas trop.


Marius après avoir prit la peine de s’éloigner était évidemment retourné dans un poste d’observation, parce qu’ils devaient continuer d’être sur leurs gardes. Sauf qu’ils n’auraient pas réellement besoin de ça. Il y eu un silence, et pendant ce silence... des bruits sourds, des bruits de pas.

« Préparez vous ! » Lança-t-il alors, ils arrivaient.
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Sam 12 Mai - 19:05


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
E

njolras se contenta de hocher la tête avec détermination quand, pour seule récompense, le nouvel arrivant suggéra de le laisser se joindre à eux. Il n'allait certainement pas refuser. Manifestement, l'homme était déterminé à poursuivre leur combat, il avait vraiment l'air sûr de lui et volontaire, et ils avaient besoin de toutes les forces disponibles s'ils voulaient défendre cette barricade autant que leurs idées. Alors oui, puisque tel était son désir, il se joindrait à eux, mais ce qu'il adviendrait de sa vie, à partir de maintenant, lui seul en aurait la responsabilité, et personne d'autre ne saurait lui en être tenu pour responsable. L'homme observa l'inspecteur de police avec attention, Enjolras ne comprit pas qu'il l'avait reconnu, tout comme il ne pouvait rien deviner du destin qui les liait, bien sûr. Mais ce qu'il comprit, en revanche, c'est que le sort de cet homme l'intéressait... Enjolras devait bien admettre que pour le moment, c'était le cadet de ses soucis. A l'heure actuelle, la tension ambiante le faisait davantage craindre pour la vie de ces hommes que pour celle de ce traître qui connaîtrait peut-être le destin qu'il méritait sans qu'aucun d'eux ait besoin de s'en soucier à l'heure actuelle. Il ne lui adressa donc qu'une réponse concise et sans beaucoup de détails.

-Nous déciderons ensemble du sort qu'il mérite dès que tout sera fini... pour ceux qu'il restera d'entre nous.

Enjolras avait une opinion radicale quant à ce que l'inspecteur Javert méritait de subir, mais il avait ausssi une grande idée de la Justice qui se voulait commune et participative. Aucune décision devait se prendre seule, c'était même hors de question. Alors il passerait devant le tribunal de peuple, pour ceux qui survivraient. Malheureusement, ce ne serait pas le cas pour tous, car ils ne devaient pas espérer survivre tous à cette épreuve. Il voulut ajouter autre chose, mais il n'en eut guère l'occasion, car dans l'instant où il ouvrit la bouche, un bruit sourd et menaçant se fit attendre. Il reconnut ce bruit particulier, celui des caissons et des boîtes à mitrailles, de canonniers qui se mettent à l'ouvrage.

-Abritez-vous, ralliez le mur ! ordonna-t-il alors, certain que les premiers coups allaient aussitôt fuser.

Et cela ne manqua pas d'arriver, en effet. La garde royale attaqua, les coups de mitraille plurent, et les avertissements du chef de file des Amis de l'A B C ne prévinrent pas plusieurs hommes d'être touchés. Le groupe de jeunes insurgés connaissait ses premières pertes humaines. Et à présent, il était grand temps qu'ils ripostent.

-Attaquez !

Et pour donner l'exemple, il se hissa au sommet de la barricade, carabine à la main, et tira un premier coup. Parler d'ôter des vies humaines était une chose, le faire en était une autre... Mais il était grand temps. Pour le peuple, pour la France. Et l'échange de feux promettait d'être sans pitié.






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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Jeu 17 Mai - 11:23

Rouge, la flamme de la colère, noire, la nuit de l'ignorance

Louison & ?


Sa serveuse préférée... Ne t'emballe pas, Louison, ce n'est pas comme s'il en connaissait beaucoup d'autres, de serveuses. En bon pilier de bar qu'il est, il ne fréquente aux dernières nouvelles pratiquement que le Musain. Et quand bien même, ça ne change rien du tout. D'un autre côté, s'il est une occasion où se bercer d'illusion est admis, c'est bien maintenant, maintenant plus que jamais, alors que nos vies sont en jeu, qu'elles ne tiennent qu'à un fil, qu'elles touchent peut-être à leur fin. L'avantage, c'est que je n'ai ni le temps ni le besoin de répondre à cela, puisque le nouvel intrus interrompt l'égarement de mes pensées et m'ancre à nouveau dans la réalité de ce moment fondateur. D'instinct, je me méfie, comme nous tous, mais il coupe court à nos inquiétudes quand il nous protège en tuant d'une balle bien placée un garde embusqué sur le toit qui avait échappé à notre vigilance. Nous avons donc un nouvel allié, nous ne pouvons pas cracher dessus. Quiconque est prêt à nous prêter main forte mérite que nous nous intéressions à lui.

Cet événement passé, Grantaire reprend le cours de notre conversation comme si de rien n'était. Au fond, ça a le don de me détendre. Plus rien n'est vraiment grave à présent. Et si ces instants doivent être les derniers, ça ne me dérange pas outre mesure de les passer avec lui. Au contraire, même, il est mon premier choix. Avec mon frère, évidemment. Je fais d'ailleurs non de la tête quand il me demande si mon frère sait que je suis ici. Non, je suis parti après lui pour qu'il ne se doute de rien. Il a toujours respecté mes opinions, il a toujours voulu que je puisse prendre part au combat, mais au moment de risquer ma vie, il ne l'a pas accepté. Ce que je comprends. Moi aussi, je ne suis pas rassurée de savoir Jonah ici, moi aussi j'ai peur de le perdre. Mais justement, ce n'est qu'une raison supplémentaire pour moi d'être là. Je ne pouvais pas l'empêcher de venir. Et inversement, évidemment. Je regarde un instant autour de moi puis fais un signe discret de la tête pour désigner l'endroit où mon frère se trouve. Je n'estime aucun mot nécessaire. Il est là, et je compte sur Grantaire pour ne pas me dénoncer auprès de lui.

De toute façon, il est trop tard.

La voix de Marius se distingue de la cohue. Un frisson me parcourt. Je tiens fermement mon arme, me poste contre la barricade, respecte les ordre d'Enjolras et Marius. Une première salve de balles nous frappe alors... Et elle fait des dégâts, des dégâts humains. Mon angoisse se change en terreur quand l'un de nos frères d'armes tombe, gisant, à mes pieds... Je ne peux m'empêcher de le fixer, paralysée d'horreur, tandis que son regard vide de vie semble me toiser d'en bas. J'entends à peine l'ordre d'Enjolras d'attaquer. Moi qui ai clamé haut et fort que je serai sans peur et sans reproche, cette vision de la mort me rend tout à coup d'une inutilité flagrante.

Et je sens à peine cette balle qui m'effleure l'épaule.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mar 14 Aoû - 10:30

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
Après les interludes, on reprenait pleinement le court de sa vie… ou presque. Grantaire ne voyait pas pourquoi il ne continuerait pas à discuter avec Louison, surtout qu’il ne manquait pas d’être curieux quand même, malgré le fait qu’ils se retrouvaient au niveau de la barricade et qu’ils étaient donc censés se préparer au combat. Mais bon, franchement… ils pouvaient discuter non ? Dans tous les cas, Grantaire ne pouvait pas s’empêcher de se demander si le frère de la petite serveuse était au courant de sa présence ici, surtout qu’elle n’avait pas manqué de se déguiser justement. Si l’alcoolique de service ne manquait pas par moment d’être un peu à l’ouest et de manquer aussi surtout de jugeotte… il n’en était pas moins capable de réfléchir quelque peu. Donc oui, il comprenait bien qu’il y avait anguille sous roche, pour ne pas dire baleine sous gravier.

Louison ne manqua pas de lui préciser qu’effectivement, son frère ne savait rien et elle le désigna de la tête. Le jeune homme suivit son geste, posant son regard sur Jonah qui ne se doutait de rien, sans aucun doute. Il était tenté, évidemment, de lui dire. Pourquoi ? Sans vraiment de raison en réalité, simplement pour dire la vérité, pour que son camarade (ils étaient tous ses camarades, mais en réalité Grantaire ne pouvait peut-être pas parler d’eux de cette manière) soit au courant que sa sœur avait décidé de venir se battre. Parce que bon, elle devrait plutôt rester à sa place et se contenter de servir du vin non ? C’était aux hommes de se battre. Enfin, logiquement, il faudrait que personne ne se battre, parce que ça ne servait à rien et ça n’allait que mener à la mort, mais ça…

Dans tous les cas, Grantaire n’eut le temps de rien faire, parce que la voix de Marius s’éleva et ils surent tous que c’était le moment. Enjolras leur ordonna de s’abriter et de rallier le mur, d’une voix qu’on ne pouvait évidemment que suivre, le genre d’ordre qui prenait place dans son esprit et qu’on était obligé de respecter. Parce que Enjolras avait cette manie de savoir rallier les troupes justement. Beaucoup s’avancèrent armes à la main vers la barricade donc, et Grantaire… il ne prit aucune arme, se contenta de garder sa bouteille dans la main pour continuer de boire. Non pas qu’il ne voulait pas se battre (enfin si un peu), mais juste parce que… eh bien sans raison, il resta planté là quelques instants. Et les premières attaques eurent lieues, les bruits sourds des armes tirant résonnait dans la rue. Et le bruit sourd des hommes tombant à terre remplir l’espace, alors que certain cadavre tombait lourdement au sol, et d’autres justes blessés criaient de douleur. Grantaire n’avait toujours pas bougé et il ne savait même pas s’il allait réellement le faire. Jusqu’à ce qu’il soit bousculé par un camarade, qui s’approchait d’un blessé juste touché, Louison. Au final, Grantaire se réveilla et commença à aider ceux qui mettaient à l’écart les blessés et surtout les morts (de toute façon, s’il devait prendre un fusil pour tirer, il y avait peu de chance qu’il vise sa cible, bourré comme il était comme toujours).
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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 15 Aoû - 13:26


Rouge, la flamme de la colère, noire la nuit de l'ignorance
C

e ne fut que quand les premières balles sifflèrent à les oreilles que Ponine sut faire entendre raison à sa soeur. Elle la poussa le plus loin possible des barricades et la somma de se réfugier derrière la première porte à proximité. Zelma voulut qu'elle l'accompagne, et la jeune femme était bien tentée de se mettre à l'abri, elle aussi. D'autant plus qu'elle n'était pas certaine que ce combat était le sien. Mais un seul regard en direction des barricades lui suffit à comprendre définitivement où était sa place. Pas auprès de ces jeunes révolutionnaires pétris d'espoir, mais auprès de Marius, qui risquait ici sa vie. Et la sienne, de vie, quel sens aurait-elle si Marius n'était plus là ? C'est vrai, elle ne l'aurait jamais, c'est vrai, c'est avec la belle Cosette qu'il avait l'intention de façonner son avenir... mais quelle importance. Elle avait besoin de le savoir vivre pour oser respirer, que lui resterait-il sinon ? Zelma. Mais Zelma était à l'abri, à présent, et elle, elle resterait ici, et si elle devait mourir sur les barricade, ce ne serait pas si grave. Au moins échapperait-elle pour de bon à la violence d'un père qui ne savait que communiquer avec elle qu'à coup de ceinturons.

Quand Enjolras demanda à tous de rallier les barricades, elle exécuta donc les ordres, prenant tous les risques. Au pire, il y avait sans doute de pires manières de mourir en ce bas monde qu'ici, auprès de personnes fières de leurs convictions et prêtes à changer le monde. Elle, elle était sans doute trop pessimiste pour réellement croire que ce monde pourrait bel et bien changer. Mais il fallait peut-être que d'autres y croient pour que le peuple se gargarise de ce qui lui manquait sans doute trop souvent : ni plus ni moins que de l'espoir. Au plus près des barricades, elle était également au plus près de Marius. Et quand elle vit une balle fuser dans sa direction, son premier réflexe, évident, fut de se précipiter devant lui pour l'empêcher de se prendre la balle de plein fouet. Les mains levées en guise de protection, la balle traversa sa main de part en part.

La douleur était terrible, insupportable, lancinante. Jamais elle n'en avait connu de telle... Elle avait l'impression que le monde s'effondrait autour d'elle. Un regard à sa main lui suffit à constater qu'on pouvait voir à travers... Il y avait du sang, beaucoup de sang. Elle sentit la tête lui tourner et ses jambes s'écrouler sous son poids. Elle se vit à peine s'effondrer au sol. Mais Marius était en vie, le pire avait été évité, et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.




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Message#Sujet: Re: Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance [intrigue]   Mer 19 Sep - 17:01

Rouge, la flamme de la colère, noir, la nuit de l'ignorance.
La bataille faisait rage, bien évidemment. Au vu de la situation, c’était évident qu’elle ne pouvait que faire rage, c’était le moment, c’était l’instant. Ils ne devaient évidemment pas flancher, même si ce n’était pas forcément évident de mettre en pratique les pensées qu’ils avaient depuis tout ce temps. Mais ils ne pouvaient pas flancher, ils ne pouvaient pas se débiner. C’était le moment où jamais. Quand bien même, forcément, Marius ne pouvait pas s’empêcher par instant de penser à Cosette. Il n’avait pas envie de mourir maintenant, il avait envie de pouvoir retrouver son épouse, de pouvoir retrouver sa belle et tendre Cosette. Mais en même temps, il ne pouvait pas baisser les bras non plus. Il devait donc se battre et il se battait.

En haut de cette barricade, le jeune homme visait donc avec les armes qu’il avait à disposition, dans le but de toucher les hommes en face de lui. De tuer. Oui, il tuait et ce n’était pas forcément une très bonne chose en soit, mais il était évident que dans tous les cas ils ne pouvaient pas faire autrement. Ils devaient prendre la vie des autres, même si ça pouvait peser sur la conscience, ils n’avaient pas le choix. Donc c’était ce qu’ils faisaient, ce qu’ils faisaient tous. Du moins, Marius voyait les choses comme cela parce que forcément ce n’était pas évident de se concentrer sur ce qui l’entourait. Marius devait surtout se concentrer sur ce qu’il avait devant lui, même s’il entendait les corps de ses amis tomber, même s’il les voyait mourir. Mais ce n’était pas quelque chose qui devait le déconcentrer, malheureusement. Ils avaient parfaitement conscience de ce qu’ils risquaient.

Sauf que clairement, la situation n’était pas évidente et ils n’avaient pas du tout le dessus, au contraire leurs adversaires prenaient clairement le dessus. Bien au contraire. Il y eut un moment, où Marius sentit une angoisse le prendre parce qu’il y avait un homme de la police qui tira en sa direction. Sauf qu’il parvint à s’en sortir, contrairement à ce qu’il crut sur le moment, puisqu’un jeune homme qu’il n’avait pas spécialement reconnu s’interposa devant lui. Marius le vit tomber, il eut envie d’aller vers lui, sauf qu’il ne pouvait pas se le permettre. Ils étaient en train de se laisser submerger. Ce fut en tournant un instant son regard vers un baril de poudre qu’il eut une idée, qui allait clairement à l’encontre de son envie de ne pas mourir et de revoir Cosette. Mais il n’avait pas le choix. Il attrapa le baril de poudre et monta un peu plus sur la barricade, attrapant une troche au passage.

« Poussez-vous ! » Cria-t-il. « Éloignez-vous ! »

Il approcha la flamme du baril et les hommes comprirent qu’il n’était pas en train de plaisanter. Si Marius devait exploser avec le baril et la barricade... il allait le faire. Finalement, il n’eut pas besoin, parce que les hommes reculèrent.
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