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 Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)

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Message#Sujet: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Sam 8 Juil - 16:33

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
À quelque chose près, les journées d’Esmeralda se ressemblaient toutes. La jeune femme sortait de la cour des miracles pour rejoindre les rues de Paris afin de danser et gagner de l’argent. En espérant, évidemment, tomber sur son beau soleil. Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas vu que la jeune gitane commençait à doucement désespérer. Quand elle pensait à son Phoebus, elle continuait toujours de sourire, d’afficher ce sourire bien trop pur au vu de la situation. Mais pour autant, cela ne suffisait pas à son bonheur. En ce moment, Esmeralda se sentait quelque peu morose, parce qu’elle ne pouvait même pas apercevoir de loin l’homme qui faisait battre son cœur. Elle se demandait où il était, même s’il était encore à Paris. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? L’épidémie du choléra se répandait dans les rues de Paris et même si Phoebus avait une vie bien meilleure que les personnes comme elle, constamment dans la rue, constamment dans le froid, il n’était pas immunisé. Et s’il avait attrapé la maladie ? À force, la jeune femme ne pouvait vraiment pas s’empêcher de se poser mille questions, parce qu’elle n’apercevait pas l’ombre d’un soleil à l’horizon. Ce qui avait passablement le don d’agacer sa chèvre d’ailleurs, qui avait décidé de faire la tête à sa maîtresse depuis la matinée. Ça c’était parce qu’elle sentait bien qu’Esmeralda n’était pas vraiment à sa danse et qu’elle ne s’amusait pas autant de la voir faire ses tours, alors qu’en temps normal elle était son meilleur public. Esmeralda était préoccupée par autre chose que Djali, ce qui avait donc le don de l’agacer.

Esmeralda se « disputait » donc avec Djali depuis le début de la journée, alors qu’elle tendait de gagner des sous. Elle était en train de faire le compte de ce qu’elle avait eu pour le moment, c’était dire pas grand-chose. Esmeralda poussa un soupir, accompagné d’un bêlement de Djali. Quand la gitane tourna son regard vers sa chèvre, celle-ci lui lança un regard noir avant de s’enfuir en courant. Sans vraiment plus de cérémonie, Esmeralda se releva pour courir derrière elle, l’appelant pour le sommet de revenir à elle. Djali avait son caractère et si Esmeralda était sa maîtresse, elle ne pouvait pas constamment lui faire entendre raison. Mais la gitane n’avait pas envie de la laisser partir comme cela, c’était injuste, alors elle courait du mieux qu’elle pouvait avec ses pieds nus dans la rue. Mais à force de fixer son regard sur Djali, Esmeralda ne fit pas assez attention et percuta assez violement une personne – qu’elle ne reconnue pas tout de suite – tomba lourdement par terre. Djali en profita, évidemment, pour se faire la male, à tous les coups elle chercherait à rejoindre Gringoire. Esmeralda se releva donc, tournant son regard vers la personne qu’elle avait percutée.

« Oh Ponine ! »
S’exclama-t-elle en la reconnaissant enfin, heureuse de « tomber » sur une personne qu’elle connaissait. « Je suis désolée, je ne faisais pas assez attention. »
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Sam 8 Juil - 17:00


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
V

oilà, c'était fait, c'était acté, irrémédiable et certain : Marius avait épousé sa Cosette, Marius était parti pour de bon, et en conséquence. La jeune femme ne se faisait pas d'illusion, ce fait était la fin de tout, la fin d'absolument tout. Enfin, elle était un peu mélodramatique. C'est vrai, la terre ne s'arrêterait pas de tourner pour autant, sa vie ne s'arrêterait pas pour autant, mais pour la jeune femme, c'était tout comme, parce que l'homme qu'elle aimait, le premier homme pour lequel elle ait éprouvé des sentiments si puissants, si forts, lui échappait pour de bon. C'est vrai, il ne lui aurait jamais appartenu dans tous les cas, mais à présent qu'il était marié, l'espoir d'être sienne et qu'il soit sien s'amenuisaient pour de bon. Elle allait devoir tourner la page, passer à autre chose, faire le deuil de sentiments qu'elle avait éprouvé avec trop de force et trop de vigueur... C'était plus simple à dire qu'à faire. Elle aimait vraiment trop Marius pour envisager que l'on puisse aimer autant quelqu'un d'autre... et elle l'avait perdu. Pas seulement parce qu'il était à présent l'époux d'une autre, mais parce que leurs chemins allaient à présent se séparer pour de bon. Ils n'avaient jamais appartenu au même monde, tous les deux. Mais à présent, cela se confirmait, l'écart entre eux se creusait car il y avait plus d'un mur peu épais pour mettre de la distance entre eux. Elle lui deviendrait étrangère, et d'ici quelques années, il se souviendrait d'elle, peut-être, sans se rappeler son nom, avec une nostalgie feinte de l'époque où il menait une existence désargentée à soupirer après la fille qu'il aimait. Une époque à laquelle il ne voudrait plus jamais revenir, en somme. Oui, voilà, ça y était, c'était sûr, elle l'avait perdu pour de bon. Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, elle ne vit pas la jeune femme qu'elle heurta... ou qui la heurta ? Elle n'aurait su dire. Dans tous les cas, ce n'était pas si grave, ce n'était même pas grave du tout. Car la jeune femme en question, Ponine la connaissait, et elle était ravie de la croiser.

"T'excuse donc pas, j'regardais pas où j'allais non plus."
répondit Ponine dans un fin sourire, qui préférait largement faire l'impasse là-dessus. Elle était seulement contente d'être en présence d'une amie, c'était exactement ce dont elle avait besoin, maintenant. "Comment vas-tu ?"

La question intéressait honnêtement la jeune femme mais elle devait quand même reconnaître qu'elle apprécierait de pouvoir s'épancher sur ses propres problèmes... c'était sûrement égoïste, mais pouvoir se confier lui ferait du bien. A qui d'autre le faire ? Zelma ? Elle ne voulait pas l'ennuyer avec ses problèmes.




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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mer 23 Aoû - 20:28

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
À choisir, Esmeralda préférait largement avoir percuté une personne qu’elle connaissait qu’une parfaite inconnue. Surtout qu’elle se doutait qu’Eponine n’allait pas lui en vouloir. Elle n’avait aucune envie de s’attirer des ennuis, elle en avait assez comme cela. Comme elle le pensait, la jeune femme ne lui tint pas rigueur de l’avoir percuté et heureuse. Elle ajouta même qu’elle ne regardait pas non plus où elle allait. Si ça avait été le cas, peut-être qu’elle l’aurait évité alors que la gitane courait à perdre haleine après sa chèvre. Chèvre qui avait disparue pour le coup. À tous les coups, elle rentrait à la cour des miracles afin de rejoindre le mari de la danseuse. Très bien, qu’elle continue de bouder dans son coin, Esmeralda allait pouvoir passer du temps en compagnie d’une vraie amie. Pas d’une tête de mule qui passait son temps à faire la tête, pour des raisons parfaitement idiotes. Eponine lui demanda alors comment elle allait, elle ne tarda pas à répondre.

« Ça allait mieux avant que Djali ne décide de me faire courir dans les rues. »

Dit-elle alors, en époussetant un peu sa robe qui était sale depuis sa chute (en fait, elle était sale déjà d’avant, mais elle le fit quand même). Elle ne précisa rien de plus, elle ne pensait pas utile d’ennuyer Eponine avec le caractère de sa chèvre. Celle-ci lui faisait la tête pour des raisons bêtes, simplement parce qu’elle était jalouse. Bon, en même temps, elle avait sans doute de bonnes raisons d’être jalouse mais quand même. Comme si elle pouvait réellement négliger sa meilleure amie, même pour son Phoebus. Bon, d’accord, elle pouvait le faire… mais quand même c’était normal qu’elle s’inquiète pour le chef de la garde qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps. Elle craignait qu’il lui soit arrivé malheur. Elle ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il était peut-être malade à cause du choléra, quelque part, sans qu’elle ne puisse le voir. Mais bon, encore une fois, la jeune femme décida de ne pas ennuyer son amie avec ses pensées obscures. Non pas qu’elle n’ait pas envie de se confier, mais cela ne servirait sans doute à rien.

« Comment tu vas toi ? » Demanda-t-elle alors, s’inquiétant sincèrement du sort de la jeune femme. Elle savait que tout n’était pas rose pour elle, entre l’homme qu’elle aimait sans que ce dernier ne l’aime en retour, son père qui lui demandait de truander afin de gagner de l’argent. Par moment, Esmeralda se disait qu’Eponine aurait dû être gitane pour être mieux. Mais ce n’était pas ce qu’elle était. Et il était évident que la jeune femme ne pourrait pas épouser son amie afin de la faire entrer dans le cercle privé des gitans, comme elle avait fait pour Gringoire. « Je trouve que tu as une petite mine. »

Remarqua-t-elle, sans cacher l’inquiétude qu’elle ressentait à ce propos. Elle se faisait peut-être des idées, mais c’était l’impression qu’elle avait. Et elle espérait vraiment qu’elle se trompait en fait.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mer 23 Aoû - 22:42


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
P

onine parvint à esquisser un fin sourire quand Esmeralda affirma qu'elle se portait tout de même mieux quand Djali ne lui faisait pas de caprices et ne l'obligeait pas à courir à travers rues. Pour le peu que Ponine connaissait l'animal, elle savait tout de même qu'il avait un fort caractère, parce que la belle danseuse ne manquait pas de lui en parler souvent. Il faut dire que cet animal était pour elle un ami et un complice, autant de choses que la jeune femme peinait déjà à trouver chez des êtres humains, alors ne s'était pas risquée à rechercher chez un animal. Si Esmeralda allait bien, alors c'était très clairement ce qui importait, et Ponine était heureuse pour elle. Savoir ses proches heureux était un bon début, dans son cas, même si on ne pouvait pas dire qu'elle en ait beaucoup, ni qu'ils soient tous vraiment très... enjoués... Elle-même, d'ailleurs, ne dérogeait pas à la règle, et elle ne fut pas surprise d'entendre son amie lui faire remarquer qu'elle avait une petite mine. Elle aurait préféré que ses états d'âme ne se lisent pas en transparence sur son visage, mais elle n'était pas réellement étonnée d'apprendre que c'était le cas, parce que si elle pouvait dissimuler certaines de ses émotions (trop bien pour certaines, on dirait bien, d'ailleurs), celles qui l'assaillaient ces derniers temps n'étaient pas de celles que l'on peut dissimuler d'un claquement de doigts.

Ponine n'avait jamais été complètement heureuse, ou si ça avait été le cas, elle ne s'en souvenait plus, elle devait bien l'admettre... Sa vie miséreuse n'encourageait pas forcément à la joie d'exister, et le traitement terrible que lui infligeait son paternel n'arrangeait rien du tout à l'affaire. Mais tout avait empiré depuis qu'elle avait croisé la route de Monsieur Marius. Avoir le bel étudiant pour voisin avait été une malédiction et une bénédiction tout en même temps. Il lui avait appris le sentiment le plus pur qui puisse être au monde, et dans le même temps,il lui avait appris la douleur qui ne pouvait qu'aller de pair avec ce sentiment (à moins d'être bien chanceuse et de se nommer Cosette - ou de se faire surnommer ainsi, tout du moins)... Mais bien sûr, ce n'était pas le moins du monde son cas. Elle hésita. Elle n'avait pas envie d'accabler son amie avec ses problèmes. Ces temps derniers, elle avait le sentiment de se plaindre sans cesse, et elle trouvait cela plus qu'épuisant. Pas seulement pour les autres mais pour elle aussi. L'amour devait-il être à ce point invasif qu'il influait ainsi à jamais sur votre caractère ? De toute évidence oui, et au fond, Esmeralda l'éprouvait autant qu'elle, mais d'une autre manière.

-J'ai connu mieux,
avoua-t-elle en fin de compte. Mais ça va aller, ajouta-t-elle pour pondérer.




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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Lun 9 Oct - 13:00

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
On ne pouvait pas dire que Eponine était la personne qui avait la meilleure mine dans les rues de Paris, mais au vu de sa condition c’était parfaitement normale. Il y avait deux catégories de personne dans les rues de la ville. Celles qui avaient le temps de prendre soin d’elle et surtout les moyens, et les autres. Esmeralda et Eponine faisaient partie de la deuxième moitié de la population. Elles n’avaient pas les moyens d’avoir de belles et neuves tenues, ou même de porter des chaussures. Cependant, la gitane trouvait quand même que son amie avait un teint plus pâle que d’habitude. Est-ce que c’était parce que son père n’avait pas été sympa avec elle encore une fois ? La jeune femme savait bien que le père de Eponine et de Azelma était loin d’être une personne bien, bien au contraire. Pour le coup, la gitane ne pouvait que se rendre compte à quel point elle avait de la chance de faire partie de la communauté des gitans. Même si ce n’était pas facile tous les jours, même si les policiers cherchaient à les arrêter – et à connaître la position de la cour des miracles – c’était quand même bien mieux que d’être l’enfant de Jondrette.

Eponine confirma donc qu’elle avait connu mieux, ce qui attrista un peu Esmeralda. La jeune femme n’aimait pas savoir que son amie n’allait pas très bien (même si dans tous les cas, elles n’avaient pas des vies idéales non plus). Cependant, quand elle ajouta le fait que ça allait, Esmeralda afficha un léger sourire. Elle fut tentée d’insister un peu, de savoir ce que pouvait rendre triste Eponine. Pas parce qu’elle serait dotée d’une curiosité malsaine, simplement parce qu’elle s’inquiétait pour la jeune femme. Mais Eponine était une grande fille, une femme, si elle avait envie de parler de ce qui pouvait lui causer du tort, elle le ferait. Et que si elle n’en parlait pas, c’était peut-être qu’elle n’avait pas envie de le faire. Autant dire qu’Esmeralda se dit que cela ne servait à rien d’insister, que son amie savait parfaitement qu’elle allait l’écouter si elle ressentait le besoin de se confier et qu’elle respectait aussi le fait qu’elle n’ait pas envie de le faire. Si elle avait besoin de lui dire quelque chose, la gitane serait là pour l’écouter. Parce qu’elles étaient amies et que c’était ce qu’on faisait quand on était amie.

« Je dois avoir de quoi acheter un petit pain, ça te dit de le partager avec moi ? »
Demanda-t-elle alors. Elle avait faim, Esmeralda n’avait rien mangé depuis le début de la journée. On ne pouvait pas dire qu’elle croulait sous les pièces, parce que ses danses de la journée ne lui avaient pas apporté grand-chose, mais elle en avait quand même un peu. De quoi aller chiner un peu de pain en tout cas. Et la gitane se disait qu’on était toujours mieux quand on pouvait mettre quelque chose dans son estomac.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mar 10 Oct - 17:29


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
L

a jeune danseuse eut la délicatesse de ne pas interroger Eponine sur les raisons de son vague à l'âme, et la jeune femme lui en était infiniment reconnaissante. Si elle lui avait posé plus que de questions, elle aurait répondu, bien sûr, mais au fond, ça lui allait très bien de garder tout cela pour elle, et de ne pas déranger Esmeralda avec ses ennuis. Elle avait déjà le sentiment de n'avoir que trop agacé son entourage à force de se lamenter au sujet de Marius Pontmercy et de son mariage avec la belle Cosette. Elle en avait parlé à Grantaire, elle en avait parlé à Zelma, mieux valait, au fond qu'elle fasse l'impasse sur sa triste humeur et sur ses problèmes pour profiter de l'instant présent. Elle était en compagnie d'une amie, une amie avec qui elle se sentait de sincères affinités, elle avait envie d'en profiter et de tout simplement passer à autre chose. Pour passer à autre chose, au demeurant, quoi de mieux que de laisser Esmeralda mener la conversation ? Et c'est donc ce qu'elle fit. Et la jeune femme sut très exactement de quelle manière lui remonter au mieux le moral. Elle lui apprit qu'elle allait s'acheter un petit pain avec les quelques sous qu'elle avait récolté grâce à ses danses. Esmeralda avait au moins le mérite de payer sa nourriture, Ponine, pour sa part, ne pouvait qu'affirmer en mentant qu'elle achetait quoi que ce soit. Le plus souvent, elle dérobait... Elle n'en était pas forcément bien, mais c'était dans ses habitudes, alors elle ne s'en rendait plus vraiment compte. Dans tous les cas, la proposition lui allait droit au coeur, elle savait qu'il n'était pas simple pour elle de manger à sa faim tous les jours. Si la proposition lui faisait très plaisir, elle n'était pas sûre de devoir l'accepter.

-Tu es sûre que ça ne te dérange pas ? Je voudrais pas te priver d'la moitié de ton repas.

Elle était sincère, et c'était bien parce qu'elle aimait passer du temps avec la jeune femme et qu'elle la considérait comme une véritable amie. Elle avait faim, en même temps, elle avait faim constamment, réellement, parce qu'elle n'avait jamais vraiment l'occasion de faire un vrai repas. Alors, la perspective de mordre dans un petit pain, c'est certain, ça ne pouvait que la faire saliver. Mais elle pouvait bien y renoncer si Esmeralda lui laissait entendre que c'était pour elle une trop grande concession. En même temps, il était très possible que son interlocutrice se dévoue tout simplement par pure amitié. Elle verrait bien, mais elle préférait quand même faire comprendre à la jeune danseuse qu'elle avait le choix dans tous les cas. C'est vrai qu'elle aurait pu refuser, effectivement. Mais elle n'y tenait pas.



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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mar 5 Déc - 16:52

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
Au fond, Esmeralda ne pouvait pas nier qu’elle était quand même curieuse et qu’elle se demandait ce qui pouvait tracasser à ce point son amie. Mais elle n’avait pas envie de lui forcer la main non plus pour qu’elle réponde. Si elle ne voulait pas en parler, la jeune femme n’allait pas la forcer à le faire. Et si elle avait envie de le faire, Esmeralda se doutait que Eponine savait qu’elle pouvait se confier à elle. En un sens, autant qu’elles ne pensent pas à ce qui pouvait tracasser la jeune femme, plus sur quelque chose qui pouvait lui remonter le moral. Ce n’était pas pour rien que la gitane proposait à son amie de manger avec elle. Esmeralda ne savait que trop bien les difficultés que Ponine vivait avec sa famille, à quel point ses parents étaient loin d’être idéaux en plus. Quelque chose lui disait donc que Eponine apprécierait de manger un petit pain en sa compagnie. Après tout, autant qu’elles se serrent les coudes. Esmeralda s’en sortait mieux, parce que les gitans étaient une grande famille unie. Ceux qui volaient partageaient ensuite leurs récoltes avec les autres. Quand Esmeralda dansait et qu’elle récoltait beaucoup d’argent, elle ne le gardait pas que pour elle, elle en donnait aux autres aussi. C’était comme ça, ils étaient une communauté et Esmeralda savait qu’ils pouvaient compter les uns sur les autres. C’était ce qui manquait à Ponine et Zelma, quand bien même elles étaient déjà là l’une pour l’autre.

« Ne t’en fais pas. » Dit-elle dans un sourire quand Eponine lui demanda si elle était sûre, parce qu’elle ne voulait pas la priver de la moitié de son repas. « Je l’aurais partagé avec Djali de toute façon. Et elle, elle va aller réclamer de la nourriture ailleurs. »

Sans doute auprès de Gringoire qui lui passait tout. Quand elle allait rentrer à la cour des miracles, elle allait sans doute retrouver sa chèvre en compagnie du poète, continuant sans doute de lui faire la tête. Elle n’allait donc pas lui garder un bout de pain, elle ne le méritait pas. Surtout après le coup qu’elle lui avait fait, la faisant courir après elle dans la rue. Autant que ça serve à mieux.

« Aller viens. » Dit-elle en trainant Eponine avec elle, pour s’approcher de la boulangerie la plus proche. Le fumé qui sortait de l’établissement était particulièrement appétissant. Mais il fallait bien plus que quelques sous pour pouvoir réellement en profiter. Esmeralda rentra dans la boulangerie donc, où les certains regards se tournèrent vers elle et pas forcément d’une bonne manière, mais elle n’y prêta guère. Elle se contenta donc de demander du pain au boulanger et de l’échanger contre les quelques pièces qu’elle avait en sa possessions avant de sortir et de rejoindre Eponine. À qui elle tendit rapidement la moitié du pain.

« Bon appétit ! »

Ce n’était pas grand-chose en soit, mais c’était quand même déjà quelque chose. Même si ça ne valait pas un bon repas chaud.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mer 6 Déc - 19:01


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
E

smeralda n'avait pas besoin de mille et un arguments pour que Ponine se laisse convaincre. Elle avait faim, la perspective de manger ne serait-ce qu'un dixième de petit pain lui mettait l'eau à la bouche d'une manière considérable, alors si la belle danseuse lui assurait que ça ne la dérangeait pas, elle allait la croire sur parole, même si elle devait mentir comme une arracheuse de dent. D'une manière ou d'une autre, elle espérait pouvoir se rattraper, plus tard. En soi, ça lui était vraiment égal de soutirer de quoi subvenir à ses besoins au premier chaland venu, mais c'était une autre paire de manche avec les gens qu'elle appréciait. Et Esmeralda, eh bien, elle la considérait comme une amie, et forcément, sa reconnaissance à son égard était d'une tout autre forme. Elle comptait bien lui rendre la pareille. Pas forcément en termes de nourriture (parce que quand elle en avait à disposition, elle en gardait pour elle, c'était obligé... ou pour sa famille, parce que c'était obligé aussi, en fait... sous réserve de prendre une volée de bois vert), mais il y avait d'autres façons de rendre service. Ponine adorait jouer les fouineuses, alors elle ne devrait pas avoir de mal à lui dénicher une info ou l'autre si ça pouvait lui faire plaisir - concernant son beau Phoebus, par exemple -, elle lui proposerait, tiens. Mais pour l'heure, elle n'était pas capable de réfléchir à quoi que ce soit d'autre  à l'heure actuelle, elle était accaparée par la perspective de pouvoir manger à sa faim et l'estomac avait très clairement pris le relai du cerveau. Elle ne se fit en tout cas pas prier pour accompagner Esmeralda jusque chez le boulanger.

Elle ne pénétra pas à l'intérieur, à la suite de son ami, elle préféra rester à distance raisonnable du commerce. Elle savait très bien qu'elle était de trop mauvais genre pour ue ce soit envisageable, et d'ailleurs, il lui semblait bien avoir volé une ou deux miches de pain au boulanger. Oui, il était préférable aussi bien pour l'une que pour l'autre qu'elle se tienne à carreaux. Résultat des courses, la belle danseuse quitta la boulangerie avec son pain à la main et elle ne mit pas longtemps à le partager avec son amie.

-Merci,
dit Ponine avec gratitude avant de mordre avec appétit dans le petit pain. Si elle savait qu'elle devrait manger lentement pour savourer cela au mieux, mais elle était affamée, elle était incapable de manger autrement que goulument. C'est délicieux !

En même temps, même du pain rassis aurait été apprécié de sa part tant tout ce qui mangeait lui plaisait.

-J'te revaudrai ça,
lui promit-elle avant d'arracher avec ses dents un nouveau morceau de pain bien croustillant.

Et si elle pouvait parfois le dire sans le penser, cette fois, il n'en était rien.



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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Sam 27 Jan - 21:10

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
Esmeralda afficha un sourire quand Eponine la remercia, au moment où elle lui tendit la moitié du pain qu’elle venait d’acheter. Elle n’avait pas besoin de la remercier et le simple fait de voir la jeune femme mordre avec une grande vitesse dans le pain qu’elle venait de lui donner prouvait à Esmeralda qu’elle faisait bien de le lui donner. Elle fit de même d’ailleurs, mordant avec appétit dans ce pain encore croustillant et chaud. Il était vraiment délicieux, Eponine ne mentait pas en le disant. Même si, dans tous les cas, quand on avait faim, n’importe quel pain pouvait faire l’affaire. Mais là, en cet instant précis, Esmeralda se régalait réellement. Elle se disait que Djali allait sans doute regretter de ne pas avoir partagé ce repas avec sa maitresse, mais pour le coup Esmeralda considérait vraiment que Eponine le méritait bien plus que sa chèvre. Oui bon, la jeune femme mettait sa chèvre et Eponine sur le même plan, à la même hauteur, mais puisqu’elle les considérait toutes les deux comme des amies c’était normal. D’ailleurs, Djali était même sa meilleure amie, quand elle ne passait pas son temps à bouder.

Esmeralda était en train de mordre de nouveau dans ce pain, profitant vraiment de pouvoir manger et se remplir l’estomac quand Eponine affirma qu’elle lui revaudrait ça. Elle savait qu’elle pouvait croire la jeune femme quand elle lui disait ça, que ce n’était pas des paroles qu’elle prononçait à la légère. Peut-être avec d’autre, elle n’était pas si naïve que cela quand même, mais pas avec elle.

« Tu n’as pas de raison de me rendre la pareille. » Dit-elle sincèrement en plantant une nouvelle fois ses dents dans son pain. Finalement, ce morceau n’allait pas réellement faire long feu. Mais c’était quand même déjà suffisant pour caler un peu l’estomac. Pas assez sans doute pour le reste du temps pour Eponine, mais elle espérait quand même que ça lui irait pour le moment. Avant qu’elle ne parvienne à trouver autre chose. « Je ne le fais pas pour que tu me rendes un service ensuite. »

Elle ne pouvait pas s’empêcher de le préciser, parce qu’elle tenait à ce que Eponine comprenne qu’elle n’avait rien besoin de lui rendre en retour de ce morceau de pain. Déjà, ce n’était pas grand-chose. Elle n’allait pas mourir de faim de son côté en donnant un peu de pain à Eponine. Et de plus, la gitane le faisait de gaité de cœur, par plaisir, parce qu’elle considérait la jeune femme comme son amie et qu’elle trouvait ça normale de s’aider entre amie.

« Tu es mon amie, c’est normal. »

Esmeralda ne pouvait qu’avoir envie de venir en aide à son amie donc, tout naturellement sans chercher à obtenir quelque chose par la suite. Si on ne devait agir que dans le but malsain d’obtenir quelque chose, il était évident qu’on irait sans doute pas très loin dans la vie. Et puis, elle ne pouvait pas nier le fait que la situation de Eponine était quand même plus compliquée que la sienne.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Dim 28 Jan - 14:12


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
E

ponine avait vécu si longtemps dans la fange qu'elle ne se souvenait pas de temps plus glorieux, plus confortables et prospères. Elle savait qu'il y en avait eu, elle se rappelait vaguement l'auberge du sergent de Waterloo, mais tout ça s'était tout de même bien vite dissipé, évaporé. C'est fou comme la douleur vous colle à la peau et ne veut pas se détacher quand le bonheur se montre si fugace, si difficile à saisir, même du bout des doigts... Bref, elle connaissait la misère depuis longtemps maintenant, et ceux qui la subissaient également. Elle savait par conséquent que naissaient dans ces circonstances les tempéraments les plus corrompus, les personnes les moins intentionnées. Elle le savait, et pourtant, elle avait sous les yeux un manifeste contre-argument, car on pouvait difficilement imaginer âme aussi belle et pure que celle de la belle Esmeralda. Ponine, elle, savait être le produit de l'endroit où la vie l'avait jetée, des circonstances, son âme était terne, sombre, elle n'était pas quelqu'un de bien, elle volait, elle mentait, elle jurait, il n'y avait rien en elle, pensait-elle, que le bon Dieu jugerait bon de sauver. Ce n'était clairement pas le cas de son intrlocutrice qui lui faisait bien comprendre qu'elle tenait pas à ce que Ponine lui rende la pareille, malgré l'accueil plus qu'enthousiaste qui avait été réservé à son offrande, car elle lui avait tendu la main sans la moindre intention, sans aucune contrepartie, parce qu'elles étaient amies.

Ponine n'était pas habituée à ce genre de discours. D'une part parce que le nombre de ses amis était bien peu nombreux (et pour certains d'entre eux, elle n'était même pas sûre qu'on puisse finalement parler d'amitié), d'autre part parce que le fait que l'on n'ait rien sans rien dans la vie était bien l'une des premières leçons que ses parents avaient eu grand soin de lui enseigner. Alors elle ne connaissait rien aux actes purement désintéressés. Bien sûr, elle savait Esmeralda douce et généreuse, elle ne remettait pas du tout en cause sa sincérité. Elle savait seulement s'étonner toujours que tant de douceur et de générosité sachent exister justement dans un monde si sombre, où tout semblait pourtant corrompu. Rien à sauver, tout à jeter.

-C'est bien parce que t'es mon amie que je compte te rendre la pareille,
répondit-elle dans un sourire.

Ce qui n'avait rien de faux en soi, puisque la jeune femme n'aurait sans doute que prétendu vouloir rendre à son interlocutrice ce qu'elle lui avait accordé si elle n'avait été personne pour elle. Il était dans la méthode des prétendus Jondrette que de promettre sans rien donner, que de prendre en faisant mine de promettre. Mais Esmeralda avait son affection et son estime, alors il était hors de question pour elle de la mener en bateau, comme elle pouvait le faire avec d'autres.


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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Jeu 22 Mar - 14:45

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
Esmeralda considérait vraiment que Eponine n’avait aucune raison de lui rendre un service en contrepartie du morceau de pain qu’elle venait de lui donner. En soit, ce n’était pas grand-chose, même si la gitane savait que ça voulait dire beaucoup pour son amie, parce qu’elle n’avait pas autant de chance qu’elle. Même si la danseuse devait se donner du mal pour tenter de gagner de l’argent sans se faire arrêter par les forces de l’ordre, elle avait quand même de la chance d’avoir une famille unie, puisque les gitans n’étaient autre qu’une grande famille, même s’ils ne partageaient pas forcément le même sang. Même s’ils ne partageaient pas du tout le même sang en fait. Esmeralda se considérait donc chanceuse par rapport à Eponine, qui avait quand même une famille plus… complexe. Ses parents n’avaient rien de tendre, surtout son père. Donc clairement, ce n’était qu’un morceau de pain, mais Esmeralda se doutait qu’elle devait trouver ça important quand même.

Mais ce n’était pas pour autant que la gitane attendait quelque chose de la part de son amie, pour la simple et bonne raison qu’elle faisait ça juste parce que c’était son amie. Elle n’allait pas manger du pain à ses côtés, sans partager quand même. C’était juste comme ça, parce que la danseuse tenait à son amie. Mais justement, Eponine lui affirma que c’était bien parce qu’elle la considérait comme une amie qu’elle voulait lui rendre la pareille. Au final, elles ne pensaient pas la même chose, mais ça ne voulait pas dire qu’elles ne tenaient pas l’une à l’autre. Elles n’avaient simplement pas la même façon de le montrer.

« C’est comme tu veux. »
Dit-elle alors, dans un sourire, parce qu’elle n’allait pas empêcher Eponine faire ce qu’elle voulait. Elle n’avait pas besoin de le faire, la gitane l’avait affirmé, mais elle ne pouvait pas non plus décider pour son amie. Elle n’allait pas l’empêcher de faire quelque chose, juste lui prouver qu’elle n’avait pas besoin de se casser la tête tout simplement. « Je ne vais pas te dire quoi faire. »

Parce que la jeune femme était tout simplement libre de faire ce qu’elle voulait. Esmeralda avait sans doute une vie plus « libre » que celle de son amie cependant, puisque celle-ci devait quand même suivre les demandes et les choix de ses parents. Et justement, Esmeralda n’avait pas l’intention de pousser son amie à faire quelque chose parce qu’elle avait décidé. Même si, concrètement, la jeune femme considérait vraiment que son amie n’avait définitivement rien à faire pour la remercier de ce bout de pain qu’elles partageaient toutes les deux.

« Et pour le moment, j’ai juste envie de me remplir l’estomac ! »

Ce qu’elle ne manquait pas de faire bien sûr, parce qu’il n’y avait aucune raison qu’elles ne profitent pas de ce pain tout chaud qu’elles avaient en main. Ça serait du gâchis de ne pas le savourer comme il se doit. Et il était hors de question de le gâcher.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Jeu 22 Mar - 19:22


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
E

ponine adressa un sourire à son amie en guise de réponse quand cette dernière consentit à la laisser lui rendre la pareille à l'avenir, sans doute parce qu'elle avait compris que son interlocutrice était têtue et n'en démordrait pas. Elle le présenta d'ailleurs d'une manière qui plus beaucoup à la jeune femme. Elle n'allait pas lui dire quoi faire. Cela pouvait n'avoir l'air de rien (d'ailleurs, ce n'était effectivement pas grand-chose, ce n'étaient que des mots, ce n'est pas pour autant qu'ils n'avaient pas leur importance... même si Ponine, en ce qui la concernait, ne les maniait malheureusement pas très bien, pas aussi bien qu'elle le voudrait en tout cas, c'est sûr), mais ça avait de la valeur pour elle. Elle n'allait pas lui dire quoi faire. Eh bien c'était une promesse agréable, car en règle générale, les gens n'avaient justement de cesse que de lui dire ce qu'elle devait faire, constamment. Bon, pas tout le monde, bien sûr, c'était surtout à son père qu'elle pensait en la circonstance, mais comme elle avait tendance à conditionner son existence en fonction de se que son paternel pourrait bien penser, ça n'oubliait clairement pas d'avoir un impact sur elle. C'était clairement pour cela qu'Eponine appréciait tant la compagnie d'Esmeralda, elle lui proposait de l'inédit sur tous les plans possibles : une relation amicale désintéressée où ce que l'on obtenait n'avait pas nécessité d'être rendu et où faire plaisir pour faire plaisir n'avait rien d'un mythe et la liberté d'agir selon ses envies. Parfois, Ponine se disait que si toutes ces valeurs lui avaient été inculquées auprès de la cour des miracles, alors elle aimerait bien fuir et s'y rendre elle aussi. Certes, elle ne savait pas danser mais elle trouverait une autre façon de gagner son pain, elle avait le sentiment qu'Esmeralda gagnait plus auprès d'une famille de coeur qu'elle auprès d'une famille de sang. Mais c'était faire exception d'Azelma, et c'était justement pour elle qu'elle ne renoncerait jamais à sa situation telle qu'elle était à l'heure actuelle.

-Et moi donc,
approuva la jeune femme quand son amie remarqua que pour le moment, elle avait juste envie de se remplir l'estomac. Alors elles étaient deux. La faim était un sentiment constant pour Ponine, et elle savait que pour son amie aussi, alors quand elles pouvaient se rassasier, au moins un peu, c'était un vrai bonheur. D'ailleurs, pour illustrer son propos, elle avala goulument une autre bouchée de pain qu'elle savoura à sa juste valeur. Y avait longtemps que j'avais rien graillé d'aussi goûtu, se délecta-t-elle à voix.

Dommage que ces repas, même savourés, ne duraient jamais suffisamment longtemps.


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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Ven 18 Mai - 14:35

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
Dans leur situation, dès que les jeunes femmes pouvaient avaler quelque chose de goûtu – ou même juste quelque chose de mangeable – elles n’avaient aucune raison de s’en priver. Les temps n’étaient clairement pas toujours simple, ni pour l’une, ni pour l’autre. Même si Esmeralda avait conscience que sa situation était par certain aspect beaucoup plus agréable. La jeune danseuse n’avait pas un père pour la battre quand elle ne ramenait pas suffisamment d’argent d’une journée de vol. Au contraire. Celui qu’elle pouvait considérer comme un père, même s’il n’était pas son père, était parfaitement bon avec elle. Cherchant constamment à la protéger. Ce qu’elle savait, ce qu’elle ne pouvait que remercier d’ailleurs. Quand on voyait la manière dont le vrai père de Eponine avait de la traiter... ce n’était pas juste du tout. La jeune femme avait une famille de sang, ce que Esmeralda regrettait par moment de ne pas avoir (puisqu’elle désirait plus que tout pouvoir retrouver sa mère un jour, ne se doutant pas qu’elle était plus proche d’elle qu’elle ne pensait), mais elle n’avait pas l’amour qu’une famille de sang était censée apporter. Ce n’était pas juste du tout. Mais Esmeralda se doutait qu’elle ne pouvait pas faire grand chose non plus. Elle constatait simplement que sa situation était bien souvent plus enviable que celle de son amie.

« C’est vrai qu’il est bien bon. » Confirma-t-elle alors, en mordant une nouvelle fois dans son morceau de pain.

Autant qu’elles en profitent donc un maximum, parce que les deux jeunes filles savaient parfaitement qu’elles n’allaient peut-être pas pouvoir en manger un si bon rapidement. Esmeralda ne dit rien pendant quelques secondes, se contentant simplement d’observer son pain, avant de finalement relever son regard vers Eponine.

« Pourquoi tu ne viendrais pas avec moi à la cours des miracles ? » Demanda-t-elle en plongeant son regard dans celui de son amie. « Je suis sûre que tu pourrais entrer dans notre famille. Tu as toutes les qualités pour ça. »

Bon, en fait, on ne rentrait pas si facilement chez les gitans, mais Esmeralda avait envie de croire qu’elle pourrait parfaitement le faire. Et clairement, il était évident que Eponine aurait une vie bien plus agréable avec les gitans qu’avec ses parents. En plus, elle était très débrouillarde, elle saurait forcément s’en sortir. Elle n’aurait pas besoin de danser forcément, elle pourrait faire autre chose. Bon, pas vendre son corps comme certaines gitanes non plus, Esmeralda ne lui souhaitait clairement pas ça. Mais elle savait s’en sortir pour le compte de son père, elle pourrait très bien voler. En tout cas, la jeune femme était persuadée que Eponine saurait s’en sortir chez les gitans et même qu’elle aurait une vie bien plus agréable avec eux qu’avec sa famille de sang. Ce qui en soit n’était pas réellement difficile quand on voyait la dite famille de sang en même temps. Au moins, elle n’aurait plus à craindre de se faire battre par son père, juste parce que l’homme aurait passé une mauvaise journée.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Ven 18 Mai - 18:18


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
P

endant quelques secondes, Ponine ne dit rien, elle se contenta de savourer le morceau de pain qu'elle tenait entre ses mains et qui, bien trop vite, se réduisit en quelques miettes. Si cela avait eu le don d'apaiser son appétit, elle ne se serait pas privée de manger encore davantage, mais elle n'allait certainement pas cracher sur ce qu'elle avait. C'était déjà une chance d'avoir quelque chose à grailler, et elle était infiniment reconnaissante envers son amie pour cela. Rien ne l'obligeait à tant de générosité, et pourtant, elle avait fait preuve de cet altruisme qui la caractérisait si bien, et la jeune femme n'avait pas oublié d'en profiter. Elle savourait donc sa pitance dans un silence presque religieux quand la jeune danseuse reprit la parole, rompant le silence à la grande surprise de la jeune femme. Pas parce qu'elle s'attendait à ce que son amie demeure muette mais surtout parce qu'elle n'avait pas été le moins du monde préparée à ce que la jeune femme lui proposa.

Elle, rejoindre la cour des miracles ? Dans un premier temps, elle envisagea de répondre sans y réfléchir. C'était bien évidemment impensable. Mais en même temps, en considérant cette suggestion, elle songea qu'elle serait peut-être bien plus heureuse auprès de la famille de coeur d'Esmeralda qu'auprès de sa famille de sang à elle. Bon, en même temps, il n'était pas bien difficile de se sentir mieux qu'en compagnie des Thénardier, il n'empêche... l'offre la titilla un peu, et elle songea à l'éventuel bonheur qu'elle pourrait se construire en ces circonstances. Bon, il faudrait convaincre Zelma de la suivre, hors de question de la laisser seule. Encore moins en compagnie de leurs géniteurs, qui passeraient sans doute doublement leurs nerfs sur elle faute d'avoir l'aînée de la fratrie sous la main. Oui c'était tentant, diablement tentant, même... Mais en même temps...

-C'est bien gentil d'proposer
, répondit Ponine dans une esquisse de sourire, en baissant les yeux. Elle aimerait que ce soit aussi simple. Vivre dans un monde où il suffirait de vouloir pour pouvoir. Malheureusement, elle était bien placée pour savoir que cet adage était totalement erroné. Si elle avait pu avoir tout ce qu'elle désirait, sa vie serait bien différente à ce jour. Elle vivrait dans l'opulence, loin de ses parents, avec Marius à son bras... En fait, elle serait Cosette. Mais c'est pas possible. Les parents me laisseraient pas partir, et y m'retrouveraient. Elle poussa un léger soupir. C'est comme ça.

Et pas autrement. Elle vivrait sous l'influence des Thénardier tant que ceux-ci vivraient, et le fait est que les Thénardier étaient de sacrés coriaces, dans leur genre. Pas de ceux qu'on enterre mais de ce qui vous enterrent. Ou vous déterrent pour peu que vous ayez emporté quelque fortune dans la tombe.


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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Lun 30 Juil - 17:49

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
Quand Esmeralda proposa à Eponine de rejoindre la cour des miracles, il était évident que la danseuse était sérieuse. Ce n’était pas si facile en soit de rentrer dans leurs familles, mais ça se faisait. La preuve, l’époux de la jeune femme était devenu par la force des choses un gitan et il lui semblait que Gringoire ne se débrouillait pas trop mal d’ailleurs. Alors oui, Eponine pourrait très bien entrer dans leur famille et au fond, Esmeralda avait réellement envie que son amie accepte. Parce qu’elle ne savait que trop bien que sa vie avec ses parents n’avait rien de simple et elle ne voulait pas la voir continuer de souffrir, de la voir continuer à mourir de faim. Les gitans ne roulaient pas sur l’or non plus, mais comme ils étaient nombreux, ils arrivaient quand même à s’en sortir un minimum. Et elle se disait que Eponine avait donc toute sa place avec eux, qu’elle serait bien mieux à la cour des miracles qu’auprès de ses parents à subir les foudres de son père et la faim à longueur de temps.

Mais quand Eponine reprit la parole, en affirmant que la proposition de Esmeralda était gentille, la danseuse comprenait qu’elle n’allait pas accepter. En même temps, ça se voyait, puisqu’elle avait baissé son regard vers le sol. La danseuse osait penser tout de même qu’elle avait trouvé tentant comme proposition, qu’elle ne refusait pas parce qu’elle n’avait pas envie, mais parce qu’elle ne pouvait vraiment pas. D’ailleurs, la jeune femme précisa que ses parents n’allaient pas la laisser partir et qu’ils parviendraient à la retrouver. Esmeralda ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie d’insister un peu, afin de préciser à son amie que la cour des miracles était un endroit caché, qu’ils ne pourraient pas la retrouver et que les gitans se protégeaient entre eux. Mais en même temps, elle savait que les Thénardier n’étaient pas en reste non plus et elle n’avait pas envie de promettre quelque chose d’impossible à la jeune femme.

« C’est dommage. » Dit-elle simplement, ne cherchant donc pas à insister plus. Ce n’était pas l’envie qui manquait, réellement, mais elle comprenait bien que son amie ne pouvait vraiment pas. « J’aurais adoré t’avoir dans ma famille. » Ajouta-t-elle dans un fin sourire. « Mais sache que si tu as besoin… tu pourras toujours compter sur moi. Et si un jour ça ne va vraiment pas… je t’aiderais à te cacher. Toi et Zelma bien sûr. »

Parce qu’il ne fallait pas oublier la jeune sœur de Eponine, que Esmeralda appréciait également. Esmeralda ne savait pas si elle pouvait vraiment faire quelque chose pour son amie en réalité, mais elle tenait quand même à être présente pour elle. Eponine ne méritait pas de vivre sous les coups de ses géniteurs, ce n’était vraiment pas juste. Esmeralda ne parvenait pas à considérer les parents de la jeune femme comme de vrais parents. De vrais parents, c’était ceux qui aimaient si forts leurs enfants qu’ils se sacrifieraient pour eux. Mais la jeune danseuse avait toujours une vision un peu trop naïve des choses.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Lun 30 Juil - 18:57


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
L

a jeune femme afficha un sourire un peu triste en entendant la réponse de la belle danseuse. Elle était du même avis : c'était dommage, et elle aurait aimé pouvoir répondre favorablement à la proposition de son interlocutrice, mais elle se devait d'être lucide, réaliste... et donc pessimiste, bien évidemment. C'était dommage, et elle serait sans doute bien plus heureuse au seul de la cour des miracles qu'en compagnie des Thénardier. Seulement, tout ceci ne dépendait pas d'elles, et la jeune femme, même si elle voudrait s'en libérer, restait sous l'emprise de sa mère et surtout de son père. Elle n'était pas capable d'envisager d'échapper à leur giron, même si elle le voudrait réellement. Elle avait depuis longtemps oublié ce qu'était le bonheur sans déception, ce qu'était la vie sans sévices. Elle aimerait, un jour, connaître un climat familial doux et agréable, elle aimerait, un jour, goûter au bonheur simple et pur d'aimer et d'être aimée en retour, mais quand elle y pensait, elle se disait que ce genre de privilèges appartiendraient à une autre vie, à une autre Eponine... Elle, sa vie semblait toute travée, et elle serait sans doute bien trop courte.

-Merci, ça me touche beaucoup
, répondit Ponine avec toute la sincérité du monde.

La jeune femme était en effet touchée par la proposition d'Esmeralda, d'autant plus qu'elle sentait qu'elle était vraiment sincère, que la jeune femme n'inventait rien quand elle proposait ainsi de veiller sur elle et sur Zelma si la situation devait le nécessitait. C'était rassurant de se dire qu'elles pouvaient peut-être avoir une solution de secours, toutes les deux, que quelqu'un, quelque part, était prêt à leur apporter de l'aide. Ponine se promettait de garder en mémoire cette offre généreuse (qu'elle aurait bien du mal à oublier de toute façon. En pensant à sa soeur cadette, surtout, elle se disait que cette situation pourrait bien être leur ultime secours. Dans certaines circonstances, Ponine avait parfois le sentiment que rien ne saurait jamais les protéger définitivement de la situation. Un jour, elle se disait que elle ou sa soeur finiraient peut-être par faillir sous les coups du paternel. Un jour, il y aurait la frappe de ceinturon de trop, et rien, plus rien ne saurait les préserver. Elle devrait peut-être directement négocier sa place dans la cour des miracles, mais elle pensait que c'était trop tôt. C'était difficile à expliquer, en réalité. Elle cherchait à les protéger tout en sachant que rien ne les protégerait jamais complètement. Elle laissait parler son instinct de survie, tout simplement.

-Commence à prendre soin de toi avant de vouloir prendre soin de tous les autres,
ajouta-t-elle alors.

Si la vie lui avait appris quelque chose, c'est qu'il fallait penser à soi avant de penser aux autres.


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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mer 3 Oct - 17:17

Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
La proposition de la jeune Esmeralda était évidemment sincère, elle avait vraiment envie de venir en aide à son amie et à sa sœur. Quand elle avait proposé à Eponine d'entrer dans la cours des miracles, de devenir gitane (bon ça ne se faisait pas comme ça, mais la danseuse avait envie de se dire qu'elle pouvait très bien y arriver), elle lui faisait une réelle proposition. La jeune femme avait sincèrement envie d'aider son amie, de lui venir en aide et quand elle affirmait qu'elle pourrait toujours compter sur elle pour se cacher (et évidemment pour cacher sa sœur, Esmeralda savait bien que Eponine tenait énormément à sa sœur), elle était encore une fois entièrement sincère. La danseuse ne pouvait pas s'empêcher de se dire que son amie méritait quand même bien mieux, qu'elle devait partir de chez ses parents, qu'elle devait quitter leur influence néfaste. Même si c'était évidemment plus facile à dire qu'à faire. Dans tous les cas, la gitane ne pouvait pas forcer la jeune femme à quitter sa famille, mais elle pouvait quand même lui apporter son aide si jamais elle devait en avoir besoin. Si un jour son père dépassait les bornes (mais en réalité, il l'avait déjà fait) et qu'elle avait besoin de se cacher, Esmeralda allait être la.

La gitane afficha donc un sourire quand son ami l'a remercia, précisant en prime que ça la touchait vraiment. Mine de rien, la jeune danseuse ne pouvait pas nier qu’elle était un peu touchée de son côté qu'elle soit touchée. Parce que cette amitié lui était sincère et précieuse. Elle n'avait en réalité pas beaucoup de mal se se faire des amis, mais l'amitié qu'elle avait avec Eponine était parmi les plus belles qu'elle avait. La jeune femme lui rétorqua alors qu’elle devait quand même envisager de prendre soin d’elle, avant de penser aux autres. La gitane lui adressa un grand sourire. C'était gentil de lui dire ça, mais en même temps elle ne pensait pas qu'elle avait réellement besoin de prendre plus soin d'elle que des autres. Sa vie était loin d'être parfaite et la jeune femme aimerait pouvoir retrouver plus son soleil, mais en même temps elle n'était pas la plus à plaindre non plus.

« Je prends soin de moi. » Dit-elle dans un nouveau sourire, parce qu'elle le pensait vraiment. Après tout, la jeune femme ne se mettait pas de côté. « L’un n'empêche pas l'autre. »

Et c'était bel et bien ce qu'elle pensait. Elle ne se considérait pas comme égoïste, vraiment, elle était même plutôt altruiste. Mais en même temps, elle pensait quand même à elle. Bon peut être pas autant que les autres, mais ça n’enlevait pas le fait qu'elle pensait quand même à elle de temps en temps. Ou plutôt, elle pensait à son soleil à longueur de temps en fait, mais c'était quand même une autre histoire.
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Message#Sujet: Re: Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi. (Eponine)   Mer 3 Oct - 19:08


Il vaut mieux percuter un ami qu'un ennemi.
P

onine se doutait bien qu'Esmeralda n'avait pas eu la vie facile. Quand on était jeté dans la rue comme elles l'étaient toutes les deux, chacune à leur échelle respective, on ne pouvait pas être né dans des draps en soie et avoir grandi dans du satin. Des horreurs, des coups durs, elle avait dû en subir plus que ce ne devrait être acceptable pour une jeune femme de son âge, et pourtant, rien dans son attitude et dans sa façon de penser ne laissaient imaginer une chose pareille. Esmeralda était une énigme, pour Ponine : comment pouvait-on être si doux, si gentil, si fondamentalement bon et confiant en l'humanité quand on avait vécu comme elle l'avait vécu ? Elle, il y avait bien longtemps qu'elle avait perdu toute illusion concernant l'humanité, peu importe de quel côté de la barrière on se trouvait, il y avait du pourri, du sale... rien de beau, tout à jeter. Et au moins, en se focalisant sur soi, on oubliait d'être déçu. Bien sûr, on pouvait se décevoir soi-même, c'était entièrement possible, mais au moins, il n'y avait qu'à soi qu'on pouvait faire des reproches. Là, rien de tout ça. La jeune femme était partagée entre l'admiration pour cette jeune femme altruiste dans l'âme et qui le resterait sans doute jusqu'au bout et l'envie de la bousculer pour la faire réagir enfin, une bonne fois pour toutes. Elle n'allait pas nier le fait qu'elle était assez attendrissante, car c'était vrai qu'elle l'était effectivement, mais il ne suffisait pas d'être attendrissant pour obtenir ce que l'on voulait dans la vie. Au contraire, c'était souvent ainsi qu'on finissait par se faire marcher sur les pieds.

-Non, c'est sûr, mais les autres méritent pas toujours l'attention et la gentillesse que tu leur portes, tu sais.


En fait, tout bien considéré, Eponine avait tendance à penser que personne, non personne en ce bas monde ne pouvait mériter l'attention et la gentillesse de la belle danseuse de rue. Elle était trop pure, trop douce pour ce monde, et même si tout le monde n'était pas forcément mal intentionné envers elle, n'en demeurait pas moins que le revers de bâton devait forcément être douloureux. Clairement, personne ne méritait cette attention ou cette gentillesse. Et Ponine se comptait dans le lot. Elle l'appréciait, vraiment, et c'était agréable de bénéficier de tant de douceur, mais ce n'était pas pour autant qu'elle le méritait. Esmeralda devrait se protéger, se protéger des autres... C'était peut-être triste que de penser ainsi, mais l'homme est un loup pour l'homme, ce n'est pas juste une affirmation en l'air, ce n'est ni plus ni moins qu'un fait. Quoi qu'il en soit, elle se doutait que le dire ne changerait pas grand-chose pour sa jeune interlocutrice.


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