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 Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)

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Message#Sujet: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Sam 8 Juil - 15:55

Si tu veux un ami, sois son ami.
Il n’en revenait vraiment pas de ce qu’elle avait fait. Quand Valjean était rentré de vadrouille un jour, trouvant une lettre de Cosette pour lui expliquait qu’elle partait, il avait vu son monde complètement se chambouler. Il n’en revenait pas de la manière dont les chose s’étaient passé, comment Cosette avait pu lui planter un couteau dans le dos comme ça. Parce que c’était un peu le sentiment qu’il avait. Bon, en un sens, Valjean ne désirait pas voir sa fille de cœur être malheureuse non plus.  Bien sûr qu’il voulait son bonheur, mais il avait un peu de mal à accepter que ce bonheur soit loin de lui. Et alors qu’il voyait la jeune femme s’attacher pour la vie à un parfait petit français, son désir de départ pour l’Angleterre était quelque peu compromis. Valjean pouvait très bien décider de laisser Cosette en compagnie de son époux – parce qu’ils étaient bel et bien mariés, le vieil homme n’avait rien vu venir, mais ils étaient mariés – et partir pour l’autre côté de la Manche, dans le but de se protéger. Après tout, en un sens, la jeune femme était quand même entre de « bonnes mains ». Du moins, elle était entre les mains de l’homme qu’elle avait choisi, il n’avait plus son mot à dire. En même temps, même quand il avait encore son mot à dire, elle ne l’écoutait pas. Sauf que non… Jean Valjean ne pouvait pas se résoudre à quitter le pays sans sa vie et maintenant, il pouvait difficilement forcer la jeune femme à quitter le pays. C’était risqué, le vieil homme en avait bien conscience, parce que Javert était là, peut-être même qu’il était dans son ombre et qu’il attendait le moment propice pour l’attaquer et l’arrêter. Il n’y avait vraiment plus un moment où Valjean ne se retournait pas dans la rue, par crainte de voir l’inspecteur lui tomber dessus. Il aurait dû partir… il devrait partir, mais il ne pouvait pas encore le faire. Mais pourquoi Cosette lui avait-elle fait ça ?

Parce qu’elle était amoureuse tout simplement, qu’il ne pouvait pas empêcher son cœur de battre pour quelqu’un. Mais bon, ce n’était pas parce que Jean Valjean pouvait techniquement la comprendre – non parce que d’une manière générale, on ne pouvait pas vraiment dire qu’il avait aimé lui de son côté, avant que sa fille de cœur n’entre dans sa vie – qu’il acceptait quand même ce qu’elle lui avait fait. Parce qu’elle l’avait trahi, elle lui avait menti. Et avec tout cela, le vieil homme ne savait plus du tout ce que les choses allaient devenir. Finalement, il devait s’en doute la laisser prendre son envol, mais c’était vraiment difficile. En attendant, Jean Valjean ruminait encore et toujours. Ce jour-là, ou plutôt ce soir-là, Valjean avait attendu que le soleil soit bien bas dans le ciel pour sortir de chez lui et se « promener ». Sans vraiment trop y réfléchir, son chemin le conduisit tout droit vers le Jardin du Luxembourg. Un peu comme si son inconscient le poussait à revenir là où il avait encore la chance de pouvoir profiter de la présence de sa fille de cœur. Il marcha dans les allées, complètement perdu dans ses pensées. Jusqu’au moment où son regard se posa sur une figure connue. Il aurait aimé tomber sur Cosette plutôt, mais ça lui convenait très bien.

« Bonsoir Ursus. »
Salua-t-il l’homme sous ses yeux, en lui adressant un fin sourire. « Je ne pensais pas vous croiser ici. » En fait, il ne pensait pas le croiser tout court.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Sam 8 Juil - 16:40


Si tu veux un ami, sois son ami.
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rsus n'était pas parti, pas encore, parce que Gwynplaine n'avait pas encore endossé ses nouvelles fonctions et parce que, plus l'échéance approchait, plus il lui devenait difficile de faire abstraction de l'imminence d'une rupture. Il le savait, ni Dea, ni Gwynplaine, ne voulaient qu'il s'en aille, malheureusement, certains désirs n'étaient tout simplement pas compatibles. Ursus restait convaincu du fait que la vie qui leur était promise était sans rapport avec celle à laquelle il devait aspirer. Ce serait étrange, de reprendre la route avec Homo, son loup, après tant d'années passées dans un climat qu'il n'aurait jamais imaginé, un climat de complicité, de tendresse, de gentillesse... En bref, il avait trouvé une famille, une famille qui avait été le socle de tout son univers... maintenant, il fallait qu'il accepte que cette famille se dissipe, disparaisse, ne soit plus. Dea et Gwynplaine allaient poser les jalons d'une nouvelle famille, et Ursus était convaincu qu'ils sauraient trouver le bonheur, ensemble, sans lui, mais il n'était plus de la partie. Il ne disait pas cela à brûle-pourpoint, non, c'était une chose à laquelle il avait mûrement réfléchi, et qui exigeait de sa part une résignation sans borne. Maiis il n'y était pas encore, et en attendant, il se trouvait là, au beau milieu du jardin du Luxembourg, à attendre que le temps passent, que les minutes se changent en heure, qu'elles amènent avec elles un nouveau flux de pensée. Ces promenades solitaires avaient été fréquentes, Ursus étant un solitaire dans l'âme, mais elles étaient devenues récurrentes ces derniers temps. Il avait besoin de prendre ses distances, et il se disait que cela ne ferait pas de mal non plus à ses enfants de coeur, bien au contraire. Il les préparait psychologiquement à l'inéluctable.

Il avait choisi de se rendre au jardin du Luxembourg sans vraiment de raison particulière, si ce n'est que l'endroit était beau, agréable et plaisant à cette période de l'année. Il se promenait donc là, sans véritable but ni intention particulière. Cet endroit était l'idéal, quand on cherchait à s'abandonner à ses pensées. Des pensées qui n'étaient pas toujours heureuses ou positives mais qui étaient pour autant nécessaires. Il devenait important qu'il songe à la suite, à l'après, et pour cela, il n'y avait pas mille manières de procéder. Ce fut alors qu'il en était à ces promenades, à ces considérations, qu'il croisa un visage connu, un visage connu oui, et sympathique par ailleurs. Clairement, il ne devait y avoir que cet homme pour avoir su se faire d'Ursus, qui n'était pas à prendre avec le dos de la cuillère, comme ami.

-Et pourtant
, répondit Ursus dans un haussement d'épaules. Il n'y avait rien à ajouter, le hasard faisait parfois bien les choses. Vous allez bien ? Vous semblez soucieux.



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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Jeu 24 Aoû - 12:43

Si tu veux un ami, sois son ami.
Valjean était surpris en effet de croiser Ursus, parce qu’il savait que la situation de l’homme était un peu particulière. Que son fils avait retrouvé sa famille génétique, qu’il était l’héritier d’une grande fortune et que son interlocuteur n’avait pas l’intention de le suivre dans cette vie. Alors Jean Valjean devait bien avouer qu’il ne pensait pas le croiser en cet instant précis dans le jardin du Luxembourg. Mais c’était le cas et en un sens, cela lui faisait vraiment plaisir. Un peu égoïstement sans doute, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il allait pouvoir se confier un peu. L’ancien forçat savait que c’était parfaitement égoïste, mais tant pis. Et d’ailleurs, Ursus après avoir souligner qu’il était effectivement là sans rentrer dans les détails, lui demanda s’il allait bien, parce qu’il avait l’air soucieux. Effectivement, il avait l’air soucieux et il avait clairement de bonnes raisons de l’être. Du moins, c’était ce qu’il pensait. Il devrait sans doute hésiter un peu plus, parce qu’il ne pouvait pas non plus se contenter de parler de ses soucis à Ursus, sans se pencher sur les siens également. Mais en même temps, la disparition de Cosette l’inquiétait tellement. Même s’il savait qu’elle était partie afin d’épouser son Marius Pontmercy. Elle n’avait techniquement pas disparu et clairement pas dans la pire des manières. Parce qu’elle était partie de chez eux dans un but, elle n’avait pas été enlevé par exemple. Elle n’avait pas non plus été arrêté par Javert. En gros, les choses pourraient être pire, mais elles étaient telles qu’elles étaient et cela n’empêchait pas Valjean de s’inquiéter énormément.

« J’avoue que je ne suis pas vraiment dans mon assiette. »
Dit-il alors, appréciant de pouvoir quand même se pencher un peu sur ses soucis. « Cosette a décidé de fuir la maison afin de se marier avec son Don Juan. » Valjean poussa un soupir. Il savait bien que si elle avait décidé de fuir et de faire cela en cachette, c’était en grande partie parce qu’il avait été trop dur avec elle et qu’il l’empêchait de voir ce Marius. Qu’il avait l’intention de partir d’ailleurs en Angleterre, alors qu’elle aimait ce jeune homme à Paris. Mais il ne pensait qu’à son bien et il ne voulait pas la pousser à faire tout cela. « Je n’ai aucune idée d’où elle se trouve. »

Et il se doutait que quand il allait la revoir – parce qu’il osait croire qu’il allait quand même la revoir et qu’elle n’allait pas se contenter de disparaître de sa vie, qu’elle tenait suffisamment à lui afin de revenir vers lui – elle allait être mariée à ce Pontmercy et il n’allait rien pouvoir y faire. Parce que même si Cosette n’avait pas l’âge requit afin de s’unir de cette manière… eh bien, lui il n’était pas réellement son père et ne pouvait pas vraiment faire de réclamation. Et dans tous les cas, il ne pouvait pas se permettre de se faire remarquer. Donc, il était bloqué.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Ven 25 Aoû - 21:19


Si tu veux un ami, sois son ami.
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rsus avait trouvé une petite mine à Valjean, en effet, mais il ne s'était pas le moins du monde imaginé d'où tant de soucis pouvaient bien provenir exactement, et il tomba des nues en le découvrant. Il avait supposé que son ami n'était pas dans un bon jour, ce qui peut arriver à tout un chacun (l'homme, pour sa part, serait tenté de dire que tous les jours étaient de mauvais jours pour lui), mais il ne serait jamais allé jusqu'à concevoir le récit que lui délivra alors l'homme. Oh, il lui avait déjà parlé des amours de sa Cosette, mais y avait-il lieu de s'en inquiéter, il avait cru que non. Cosette était jeune, il était normal qu'elle se laisse influencer par un coeur encore trop neuf pour savoir reconnaître une passion fugace et un amour plus sincère. A plus d'un titre, la jeune fille lui avait fait penser à Déa, et pour la peine, il s'était imaginé qu'elle avait l'intelligence et la docilité qui, au fond, ne correspondait pas davantage à Dea, mais qu'un père espère toujours pour sa fille. Jamais, grand Dieu, il n'aurait cru cette gamine capable de fuir le domicile familial pour aller se marier. Il ne fallait donc jamais présumer du romantisme de ces demoiselles et des extrêmes auxquels il pouvait les conduire. L'inquiétude de Valjean était, de fait, proprement compréhensible. Normal qu'il s'inquiète tant, il devait se demander ce qui était arrivé à la prunelle de ses yeux, et si Cosette avait sans doute eu la prudence de choisir un bon futur mari, l'absence de nouvelles qu'elle donnait à son père de coeur avait des raisons de le contrarier. Et plus d'une, même...

-Elle reviendra
, affirma Ursus, qui ne savait que dire d'autre et qui malgré son ton assuré, n'avait aucun moyen de s'en assurer totalement. Mais il voulait croire que ce serait effectivement le cas. Parce qu'il avait bien pu constater que Cosette tenait à son père, ce n'était qu'à contrecoeur qu'elle avait dû accepter de contrevenir à son autorité pour dire oui à son Dom Juan, elle reviendrait donc forcément, mais en attendant, il comprenait que son interlocuteur ne soit pas rassuré pour autant. Est-ce que vous vous êtes renseigné auprès des églises de la ville ? Ce serait peut-être un début.

Il faisait sans doute à son interlocuteur des suggestions auxquelles il avait déjà songé, mais dans la panique, va savoir. Il était possible de ne pas raisonner convenablement quand ce genre de situation advenait. Et Ursus, le cas échéant, était prêt à apporter son aide à son ami (son seul ami en l'occurrence, et il était déjà assez miraculeux qu'il en soit un, en vérité), même s'il avait les églises en horreur et préférait les éviter autant qu'il le pouvait.


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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mer 11 Oct - 15:09

Si tu veux un ami, sois son ami.
Quand Ursus affirma que Cosette reviendrait, Jean Valjean ne savait pas s’il pouvait se permettre d’être à ce point optimiste pour la suite. Valjean avait bien vu à quel point ce Pontmercy avait touché Cosette et il avait cru pouvoir l’en éloigner, mais visiblement, celle-ci avait décidé qu’elle devait lier son existence à ce jeune homme. C’était compréhensible en un sens. Le vieil homme se disait qu’avec le temps, Cosette avait dû en avoir assez de sa présence, en avoir assez de lui. Alors que de son côté, l’ancien forçat ne parvenait pas à savoir comment il allait poursuivre son existence sans sa belle Cosette. Bon… en même temps, c’était dans l’ordre des choses et cela faisait un moment que Jean Valjean se questionnait. Mais il ne parvenait décidemment à se dire qu’il serait capable de vivre sans sa fille de cœur. Elle avait été le soleil de son existence, celle qui avait donné un sens à sa vie. Depuis qu’il avait décidé de l’élever, Valjean pensait qu’il servait vraiment à quelque chose en ce bas monde. Oh, il y avait eu le moment où il avait été Monsieur Madelaine – mais cette vie lui semblait lointaine, comme une autre vie, une autre existence – mais ce moment avait une pâle figure à côté de sa vie avec Cosette.

Est-ce qu’elle allait revenir donc… Valjean n’en était pas sûr du tout. En même temps, il se rendait bien compte qu’il avait fait n’importe quoi, qu’il n’avait pas agis de la bonne manière. En voulant maintenant son oiseau en cage, il n’avait fait que lui donner encore plus envie de s’envoler. Il espérait quand même que sa fille tenait suffisamment à lui pour ne pas entièrement l’abandonner, pour lui revenir un jour ou l’autre. Il aimerait bien l’empêcher de se marier, mais quelque chose lui disait que c’était trop tard dans tous les cas. Parce que quand elle avait laissé un message pour lui expliquer son départ, il se doutait que tout était prêt et qu’elle devait donc déjà être une femme mariée. Une femme comblée…

« Non, effectivement, je ne l’ai pas fait. » Dit-il alors, quand Ursus mentionna les églises. Bêtement, le vieil homme devait bien avouer qu’il n’avait pas eu cette idée. Pour quelle raison ? Il ne savait pas trop. La seule chose qu’il savait, c’était qu’il se sentait complètement perdu depuis qu’il avait lit les lignes du mot du message de Cosette. « Il faudrait que je le fasse. » Il poussa alors un soupir. « Même si c’est trop tard de toute façon. »

Trop tard pour l’empêcher de se marier, donc, ce qu’il aurait bien aimé faire honnêtement. Cela ne signifiait pas forcément qu’il l’ait perdu, mais en même temps Jean Valjean ne pouvait pas rester trop longtemps dans le coin. Il avait décidé de partir de Paris, de France, ce n’était pas pour rien. Alors il allait devoir le faire, mais Cosette n’allait pas pouvoir le suivre. Qu’elle revienne ou pas, ça ne changerait rien.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Jeu 12 Oct - 18:11


Si tu veux un ami, sois son ami.
A

pparemment, l'homme n'avait pas pensé à la suggestion d'Ursus. C'était compréhensible, le saltimbanque supposait qu'à sa place, il n'envisagerait pas forcément non plus les propositions les plus pragmatiques. Il ne savait pas comment il le vivrait, si Déa devait disparaître en lui laissant seulement un mot, sans le prévenir. Il ne saurait sans doute pas réfléchir posément à une situation beaucoup trop perturbante. En tout cas, s'il pouvait donner des conseils à son ami qui soient susceptibles de le rassurer, de lui donner un nouvel espoir. Il hocha la tête quand il affirma qu'il faudrait qu'il le fasse, il était d'accord. Il était inutile de se laisser abattre dans tous les cas. Ursus allait suggérer de l'aider, afin que sa quête soit un peu moins pénible, mais il fut un peu pris de court par les propos de Valjean, as qu'il affirmait que c'était trop tard dans tous les cas. Pour le coup, Ursus devait bien admettre qu'il avait du mal à comprendre la position de son interlocuteur. Il lui avait parlé de ce jeune homme qui courtisait Cosette et de la crainte qu'il avait de perdre sa fille, et Ursus comprenait, encore plus maintenant, alors qu'il savait que Gwynplaine et Dea étaient proches de lui échapper. Mais il devait accepter que sa fille quitte le lit, qu'il ne voie pas ça comme une fatalité. Il ne pouvait pas aller à l'encontre des sentiments de sa fille, la preuve, à force de s'opposer à elle, il était en train de la perdre, et garder l'affection de sa fille, n'était-ce pas plus important tout de même que le mariage de la demoiselle.

-Pour l'empêcher d'épouser son don Juan, c'est sûr, c'est trop tard,
confirma alors Ursus, qui n'avait pas l'intention de mâcher ses mots à l'adresse de son interlocuteur, pas pour le contrarier mais pour l'inviter à se satisfaire de ce que la situation avait de positive sans se concentrer forcément sur le négatif. Oui, sa fille était mariée à présent, et il ne pouvait rien y faire, mais il y avait encore des choses pour lesquelles Valjean avait des raisons de lutter. Mais pour la retrouver, non. C'est ce qui compte, non ? En tout cas, c'est ce qu'il pensait. Qui sait, vous allez peut-être finir par l'apprécier, votre beau-fils !

Lui qui était d'un naturel pessimiste se montrait optimiste, pour une fois. Ce que l'amitié peut faire ! I avait surtout à coeur de rassurer son interlocuteur et de le guider sur la bonne voie. Il ne se rendait pas compte du fait que Valjean avait aussi d'autres préoccupations à l'esprit, qu'il devait à tout prix quitter le pays, et que s'il ne le faisait pas, il risquait sa vie.


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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Jeu 7 Déc - 19:25

Si tu veux un ami, sois son ami.
Valjean ne pouvait pas s’empêcher d’être pessimiste, parce qu’il avait beaucoup de mal à encaisser le fait que Cosette ait décidé de partir comme ça, sans rien lui dire (ou presque, parce que sa lettre ne suffisait pas à ses yeux, elle ne lui avait rien dit de vive voix) afin d’épouser son Don Juan. Le vieil homme ne voyait pas comment il pouvait se montrer optimiste en cet instant précis, alors oui, il se disait qu’il devait faire le tour des églises, ce qu’il n’avait bêtement pas pensé à faire, mais ça ne changerait rien en soit. Parce que c’était trop tard. Depuis le temps que la jeune femme avait disparu, il était évident qu’elle était l’épouse de ce Marius Pontmercy maintenant et donc concrètement, Jean Valjean ne pouvait plus rien faire à ce sujet. Ursus ne manqua pas de souligner ce détail, d’ailleurs, ils étaient d’accord c’était bien trop tard pour que Jean Valjean puisse arrêter Cosette et l’empêcher d’épouser son prétendant. Et donc, à ses yeux, c’était perdu. Son ami affirma qu’il pouvait tout de même la retrouver et que c’était la chose la plus importante. L’ancien forçat avait envie d’être d’accord avec lui, il aimerait bien, mais il savait que ce n’était pas possible qu’il pense juste comme ça. Le principal, c’était qu’il puisse retrouver sa fille. Il était évident que tout ne pouvait pas s’arrêter comme ça, sur un coup de tête et qu’il ne puisse plus jamais voir Cosette. Il avait consacré bien trop dans sa vie pour elle, pour que tout s’arrête maintenant. Sauf que ce n’était pas si simple.

« Un jeune homme capable d’enlever une fille à son père, sans sa permission, afin de l’épouser alors qu’elle n’est même pas en âge de le faire… je ne pense pas non. »

Elle était en âge, techniquement, mais pas sans son accord. Jean Valjean ne parvenait vraiment pas à supporter l’idée que ce jeune homme ait quand même réussi à convaincre Cosette de fuir leur demeure afin de l’épouser, parce que ça venait forcément de lui. Ça ne pouvait que venir de lui. Donc, non, Valjean ne se voyait définitivement pas apprécier ce Pontmercy. Quand bien même, il devenait son beau-fils. Enfin, techniquement, Cosette n’était pas sa fille et le nom qu’elle portait (ou qu’elle avait porté avant de porter celui de son mari… cette idée ne manquait pas de lui serrer le cœur d’ailleurs) n’était même pas le sien réellement, seulement celui d’emprunt qu’il avait pu prendre en se faisant passer pour le frère de Père Fauchelevent. Mais malgré tout, elle était tout de même sa fille et par conséquence, cela faisait bien de Pontmercy son beau-fils.

« J’aimerais que ça soit si facile. » Dit-il alors dans un soupir, ne parvenant définitivement pas à se montrer optimiste. Valjean avait besoin de se confier. Il ne savait pas si c’était vraiment une bonne chose ou pas, mais il avait besoin. Ursus ne comprendrait pas de toute façon, s’il restait sur ses positions sans expliquer la situation à son ami. Pour une fois qu’il avait un ami. « Il y a une chose dont je ne vous ais pas parlé. » Valjean marqua une pause. « Il me faut partir en Angleterre, sans plus tarder. Je règle mes dernières affaires pour pouvoir partir. Je devais partir avec Cosette. » Ce qui expliquait bel et bien la raison qui avait poussé la jeune femme à se précipiter.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Jeu 7 Déc - 21:31


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on, c'est sûr, le portrait que son interlocuteur faisait de son beau-fils (car qu'il le veuille ou non, c'était ce que ce jeune homme était, à présent) n'avait rien d'idéal, et il était véridique. Ce jeune homme avait épousé Cosette dans le dos de son père et l'avait soustrait à lui, mais à chaque histoire il y a deux versions, et même si Ursus appréciait beaucoup Valjean, il n'allait tout de même pas se ranger à son opinion par pure et simple convenance. Il comprenait la colère et la crainte de Valjean, mais d'un autre côté, il pouvait comprendre le sentiment du jeune premier qui avait épousé Cosette. L'amour ne justifie pas tout, mais en même temps, face à la réticence de cet homme qui ne céderait jamais sa fille à aucun homme, pour que Cosette puisse espérer vivre une idylle à la hauteur de ses sentiments, cela devait forcément passer par une certaine désobéissance à l'adresse de son géniteur. C'était triste, c'était dommage, mais c'était ainsi. Enfin, il comprenait qu'il n'était pas capable d'entendre raison pour le moment, et qu'il allait falloir attendre un bon moment avant qu'il n'accepte de comprendre un peu la situation... Encore que peut-être qu'il ne l'accepterait pas du tout, pas une seule seconde. Il semblait bien parti pour, en tout cas.

Ursus hésita à répondre quelque chose. Mais que répondre, exactement ? Il ne saurait pas trop le dire. Rien ne parviendrait à raisonner son interlocuteur à l'heure actuelle, c'est évident. Ursus n'aurait de toute façon rien eu le temps de dire, car Valjean reprit la parole. Il y avait une chose qu'il ne lui avait pas dite. Et Ursus n'était pas au bout de ses surprises, car ce n'était vraiment pas rien. Il devait quitter la France, mettre ses affaires en ordre et partir pour l'Angleterre. Ursus fronça les sourcils. Il ne s'y était pas attendu, à celle-là. Alors bon, cela expliquait certaines choses, notamment le fait que justement, sa fille se soit empressée de se marier pour échapper à sa manière à cet exil. Mais ce n'était pas vraiment ce qui le préoccupait pour le moment. Il se posait surtout beaucoup de questions. Et il se sentait un peu... blessé ? Oui, blessé, effectivement, on peut le dire. Parce que même s'il ne l'admettrait pas, il avait abaissé certaines de ses barrières en acceptant de se faire un ami, et cet ami avait l'intention de partir, et ne l'aurait sans doute pas prévenu avant de prendre le large si toute cette histoire n'avait pas eu lieu. Il ne comprenait pas, vraiment pas.

-Et pourquoi cet empressement à partir si loin ?

S'il ne le connaissait pas, il pourrait croire qu'il comptait prendre la fuite. Mais pour quelles raisons ?


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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Lun 29 Jan - 20:30

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Au fond, Valjean ne savait pas vraiment pourquoi, mais l’opinion de Ursus comptait quand même énormément pour lui. Par conséquence, en cet instant précis, alors qu’il lui apprenait qu’il devait avec hâte quitter Paris et se rendre de l’autre côté de la Manche, le vieil homme ne pouvait pas s’empêcher de se demander comment son ami allait prendre la nouvelle. Parce qu’il ne lui avait jamais parlé de tout cela. Il en avait eu l’intention, avant de se raviser, quand il avait compris que Ursus avait ses propres ennuis et qu’il ne voulait pas le déranger. Autant dire que en cet instant précis, l’ancien forçat n’en menait pas large. Il n’était pas facile de décrypter les sentiments de Ursus, Valjean en avait conscience, et en cet instant précis il ne savait pas quoi penser. Il ne savait pas comment il réagissait réellement. En dehors du fait qu’il semblait curieux, forcément, se demandant pourquoi il voulait à ce point partir si rapidement et si loin.

Valjean poussa un soupire, ne sachant pas réellement où il était en train de mettre les pieds. Il ne savait pas exactement ce qu’il allait pouvoir répondre à son ami. En un sens, le vieil homme avait envie de lui raconter tout, de tout lui dire, mais il ne savait pas vraiment s’il pouvait se le permettre. Après tout, pour cela, il faudrait qu’il déroge à sa règle la plus importante... mentionner réellement son passé.

« Il y a certaines choses que je ne vous ais jamais raconté. »
Il n’était pas spécialement fier de son coup, mais il espérait quand même que Ursus allait comprendre. « J’ai fais de la prison, dans ma jeunesse. Et au lieu de me conforter à ma libération toute relative j’ai... j’ai décidé de détruire mon passeport jaune et de vivre sous une autre identité. » Sous plusieurs autres identités, pour le coup, mais le vieil homme n’allait pas non plus entrer dans les détails. Il n’avait pas besoin de le faire. « Mais il y a un inspecteur qui ne m’a pas oublié, qui est sur ma trace et il m’a retrouvé. »

C’était pour cette raison qu’il devait donc s’en aller. Il savait quand quittant définitivement Paris et surtout la France, il allait pouvoir se mettre à l’abri de l’inspecteur Javert. Il n’aurait plus jamais l’homme sur le dos, il allait pouvoir vivre plus sereinement. Enfin, normalement, mais puisque Cosette avait disparu pour aller épouser son bel âtre, l’ancien forçat ne savait pas réellement comment il allait agir. Il pourrait partir sans elle, lui souhaiter le meilleur mais... il ne parvenait pas à s’y faire.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Lun 29 Jan - 21:34


Si tu veux un ami, sois son ami.
D

e toute évidence, oui, il y avait des choses, de nombreuses choses (et lourdes, aussi, il faut bien le dire), que son interlocuteur n'avait pas dite à Ursus. C'était une chose qu'il avait très rapidement ressentie le concernant, qu'il portait derrière lui un passé encombrant, attaché à sa cheville tel un boulet gigantesque. Ursus n'avait pas cherché à en savoir plus, admettant que chacun avait ses secrets. Lui-même, après tout, avait les siens, et les rares personnes à qui il savait s'attacher avaient d'ordinaire ce trait commun de ne pas avoir eu un passé pavé d'or. Il fallait avoir vécu, subi et faire subir pour l'intéresser... Il n'empêche que maintenant, il regrettait de ne pas s'être intéressé davantage à ces secrets maintenant, parce qu'il avait réellement le sentiment de s'interroger trop tard. Trop tard pour y faire quoi que ce soit, trop tard pour arranger, modifier les choses... Il ne lui restait plus qu'à écouter sans interférer. En même temps, l'aurait-il fait, interférer ? Sans doute pas, non, il avait tendance à être fataliste, à prendre les choses comme elles venaient, et si elles étaient déplaisantes, se dire que c'était le monde qui était déplaisant... En tout cas, son interlocuteur, pour la première fois, se confia honnêtement sur son passé... Il avait connu le bagne, il était un hors-la-loi qui avait décidé de changer de vie et d'identité pour pouvoir redémarrer de zéro... avec sa fille. Tant de questions se profilaient dans l'esprit d'Ursus, à présent. Il n'irait pas dire qu'il était surpris, mais pris au dépourvu, ça oui. Il comprenait mieux, en tout cas, la volonté express qu'il avait de quitter les lieux au plus vite, surtout si un inspecteur surgi du passé cherchait à lui nuire et à détruire le semblant d'équilibre qu'il était parvenu à construire.

-Qu'est-ce que vous avez bien pu faire qui vous l'ai fait mériter, ce passeport jaune ?

Ursus avait tendance à penser que moins l'on se souciait de la vie des autres, mieux l'on se portait, mais il lui était difficile d'adopter une telle philosophie de vie quand il se trouvait face à son interlocuteur, parce que oui, c'était ainsi, sans qu'il y prenne garde, il était devenu son ami. Et donc, il se souciait très sincèrement de son sort. Est-ce qu'il le jugerait pour ce qu'il avait fait, quoi qu'il ait fait ? Non, certainement pas, il n'était pas dans sa nature de juger si hâtivement autrui, et il ne se le permettrait pas, par ailleurs, il côtoyait son interlocuteur depuis suffisamment longtemps pour lui savoir un très bon fond. Il se posait seulement la question pour mieux analyser la situation. Son interlocuteur lui avait demandé son avis, il voulait le lui donner en bonne et due forme.



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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mar 27 Mar - 16:48

Si tu veux un ami, sois son ami.
C’était la première fois que Valjean parlait de son passé à quelqu’un d’autre. Même Cosette ne savait rien de ce qui s’était passé avant qu’elle n’entre dans sa vie. Elle le questionnait souvent, mais il ne lui disait rien, du moins il n’entrait pas dans les détails. Parce qu’il était hors de question qu’il avoue à Cosette qu’il était un hors-la-loi, il ne voulait pas voir la déception dans son regard. Donc, personne ne le savait, en dehors de Javert bien évidemment… et maintenant de Ursus. L’homme sembla surpris de ce qu’il apprit et Valjean ne pouvait pas réellement lui en tenir rigueur. Est-ce que ça allait changer grand-chose à ce qui se passait maintenant ? Sans doute pas. L’inspecteur était toujours sur ses traces, Cosette avait toujours disparu avec son bel âtre et il n’avait aucune idée d’où elle se trouvait. Au final, il ne savait pas du tout comment il devait faire, ce qu’il devait faire même et si la situation allait changer ou non, si elle allait s’arranger ou non. Alors en soit, qu’il en parle à Ursus, ça n’allait clairement pas changer la situation.

Ursus se montra plus curieux encore, en lui demandant comment il avait mérité ce passeport jaune. Valjean hésita une seconde avant de reprendre la parole, parce qu’il hésitait encore une fois à entrer dans les détails. Même s’il n’y avait aucune raison qu’il ne puisse pas lui dire la raison qui l’avait poussé à finir au bagne.

« J’ai volé du pain… pour nourrir mes neveux. » Dit-il alors, se remémorant des souvenirs qu’il n’avait pas pour habitude de revoir venir dans son esprit depuis longtemps. Il n’aimait pas réellement penser encore à cette période – même si ça lui arrivait forcément – surtout que sa vie avait quand même sacrément changé depuis cette période. Outre le fait qu’il avait une vie bien plus agréable que celle qu’il avait au bagne, forcément, il avait aussi Cosette. C’était le rayon de soleil de sa vie, ce même rayon qu’il avait perdu maintenant qu’elle avait décidé de fuir avec ce Pontmercy. Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire maintenant, parce qu’il ne savait pas où se trouvait sa fille et s’il allait pouvoir la convaincre de ne pas disparaître de sa vie. S’il allait pouvoir continuer à vivre à Paris, alors que l’inspecter Javert se trouvait sur ses traces. « C’était il y a de nombreuses années, mais… ça me poursuit encore. »

Ça c’était parce que le vieil homme avait été incapable de vivre avec ce passeport jaune. En même temps, ce n’était pas une vie. Il avait été condamné toute sa vie, simplement parce qu’il avait eu envie de permettre à sa famille de se nourrir. Il ne pouvait pas vivre de cette manière, il n’aurait pas pu s’en sortir avec ce passeport jaune. Il avait donc fait un choix et c’était pour le mieux à ses yeux. Sans cela, il n’aurait jamais croisé la vie de Cosette après tout, et c’était la meilleure chose qui lui était arrivé.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mar 27 Mar - 23:00


Si tu veux un ami, sois son ami.
C

ertes, Ursus avait été quelque part déçu et blessé que son interlocuteur n'estime pas nécessaire de le prévenir de son départ et qu'il doive le découvrir par des voies détournées, mais il avait peine à le lui reprocher encore quand il découvrait son ami si prompt à lui révéler son histoire. L'homme était quelqu'un de secret, Ursus l'avait rapidement compris (et à ce titre, il n'avait aucun mal à se reconnaître en lui, entre autres choses), et il n'aurait pas été surpris qu'il se dérobe aux explications que le dramaturge attendit de lui. Mais il ne le fit pas, il lui répondit bel et bien. Est-ce qu'il était sincère ? Ursus ne pouvait pas en être sûr, mais il avait envie de le croire. Son interlocuteur lui avait parlé du fameux passeport jaune, ce fameux papier officiel qui vous rendait intolérable, inacceptable au regard du monde, c'était une marque de confiance, et il le voyait mal avoir admis une telle chose pour ensuite se dérober à la vérité, une vérité qu'Ursus ne savait s'empêcher d'attendre de la part de son interlocuteur. L'explication se fit et le saltimbanque en fut tout bonnement offusqué. Il avait été condamné au bagne pour avoir seulement volé du pain, et ce dans le seul but de le donner à ses neveux, qui avaient sans doute la faim au ventre, comme tant de miséreux qui n'avaient plus que ce genre de mesures illégales comme recours pour circonvenir à leurs conditions de vie misérables. Visiblement, l'homme s'était refait un nom et une identité, et à l'heure actuelle, il ne semblait plus appartenir à la classe inférieure de la société. Cela pourrait suffire à Ursus pour remettre en cause le discours de son interlocuteur, mais il ne le faisait pas, il croyait en lui, sincèrement. Il n'accordait foi et crédit qu'à peu de gens, s'il devait se mettre à douter de ces personnes-là, où irait-on ?

-La justice en fait vraiment de belles...,
grommela Ursus entre ses dents, indigné tout de même que l'on ait pu faire tant de mal à un homme qui s'était après tout contenté de pourvoir aux besoins de sa famille comme le ferait n'importe qui d'un tant soit peu prévenant et attentionné. Ceci dit, son ton était plus blasé que surpris. De l'injustice, on en découvrait à chaque coin de rue, et ce n'était clairement pas son installation sur Paris qui allait changer la perception que l'homme avait de ce monde, de son système et de l'humanité en règle générale. Compte tenu de son histoire, Valjean continuait de faire partie de l'exception, quelque part, c'était une chance. C'est qui cet inspecteur, est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de faire en sorte qu'il vous laisse tranquille ?

Pour Ursus, aucun homme n'était corruptible, il se trompait peut-être.



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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mar 22 Mai - 22:15

Si tu veux un ami, sois son ami.
Valjean ne devrait normalement pas parler de tout cela, c’était évident. En temps normal, le vieil homme ne parlait jamais de tout cela. Même pas à Cosette d’ailleurs, sa fille ne savait rien du tout de ce qu’il en était de son passé. Mais l’ancien forçat avait confiance en Ursus. L’homme était son seul ami depuis... eh bien, depuis presque toujours en fait. La seule personne en qui il avait confiance (en dehors de Cosette évidemment, mais la jeune femme était à part forcément), la seule personne à qui il pouvait dire tout cela donc en cet instant précis. Valjean ne rentra pas pour autant trop dans les détails, non pas parce qu’il avait l’intention de cacher quoi que ce soit à son ami, mais juste parce que ça ne lui venait pas à l’esprit. Le fait qu’il n’avait pas passé tout ce temps au bagne juste à cause de ce pain qu’il avait volé pour ses neveux et nièces, mais aussi parce qu’il avait cherché à s’en aller. Cela dit, rien n’enlevait le fait qu’il avait fini au prison parce qu’il avait volé du pain afin de permettre à sa famille de manger.

Ursus sembla résigné un peu quand il prit la parole, affirmant que la justice en faisait vraiment des belles. Le vieil homme ne pouvait clairement pas dire le contraire, la justice n’était pas si juste par moment. Enfin, malheureusement, on ne pouvait pas refaire l’histoire et par moment, Valjean se disait surtout que sans cela, il n’aurait pas pu avoir Cosette à ses côtés maintenant. Mais effectivement, il était dans une position vraiment délicate avec cet inspecteur Javert. S’il était possible de lui faire changer d’avis... comme Ursus le mentionna.

« C’est l’inspecteur Javert. »
Affirma-t-il alors, dans un soupir. Il ne pensait pas forcément nécessaire de le présenter, parce que mine de rien l’inspecteur était quand même bien connu dans les rues de Paris. Enfin, Ursus n’avait peut-être jamais eu de raison d’avoir à faire avec l’inspecteur. En tout cas, Valjean l’espérait c’était sans doute beaucoup mieux pour lui. « Je pense qu’il n’y a pas inspecteur plus borné que lui. » Valjean ne le pensait pas en fait, il en était certain. Il le savait, parce que ça faisait des années que cet homme le poursuivait, le pourchassait sans jamais renoncer au fait de le ramener au bagne. En un sens, c’était une bonne chose parce que ça voulait dire qu’il prenait son travail à coeur... mais Jean Valjean espérait qu’un jour, il finisse quand même par le laisser tranquille. « Il n’y a aucune raison qu’il me laisse tranquille un jour. A moins de me ramener au bagne. »

Ce que Valjean avait forcément envie d’éviter. Même si pour le coup, Cosette semblait avoir décidé de l’abandonner et s’en était allé épouser son Don Juan, il n’avait aucune envie de retourner en prison. Il avait profité de sa liberté depuis toutes ces années après tout. Ça ne serait pas facile de retrouver le bagne, les chaines et la vie misérable. Même s’il savait que l’inspecteur n’allait jamais en démordre et la seule solution aurait été de quitter la France.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mer 23 Mai - 19:00


Si tu veux un ami, sois son ami.
L'

inspecteur en question se nommait donc Javert. Ce nom aurait pu ne rien dire à Ursus qui avait tendance à se tenir autant à l'écart que possible de la vie citadine et de la Justice, et qui par ailleurs ne se trouvait pas à Paris depuis si longtemps (mais regrettait malgré tout d'y avoir un jour mis les pieds, c'était véritablement une erreur de sa part), mais il lui était pourtant familier. Et pour cause, c'était ce même inspecteur qui, en se renseignant sur les Comprachicos, avait su retrouver le véritable nom de Gwynplaine et lui avait donné la possibilité d'être rendu à sa famille de sang. Autant dire que pour la peine, et même si jusqu'alors, il n'avait pas eu de raison particulière d'avoir une dent spécifique contre cet homme qui n'avait fait que son travail (c'était contre le système judiciaire tout entier qu'il avait une dent, pour tout dire), cela ne faisait que renforcer l'a priori négatif que le saltimbanque pouvait avoir de lui. Un inspecteur borné et incorruptible qui était incapable de laisser un homme qui n'avait plus fait de mal à la société depuis tant d'années (si tant est que l'on puisse considérer qu'il en ait jamais fait un jour) vivre des jours heureux en compagnie de sa fille - même si la fille en question avait semble-t-il pris la tangente et décidé de se marier dans le dos de son père.

-Je le connais,
apprit Ursus à son ami, c'est ce bougre même qui a ouvert la boîte de Pandore en agitant son héritage sous le nez de Gwynplaine...

Ce qui ne faisait pas vraiment de lui le fautif de quoi que ce soit. Il avait mis en lumière l'existence de cet héritage, mais c'était son fils de coeur qui avait décidé d'en profiter. D'un autre côté, qui irait lui jeter la pierre ? Au fond, Valjean et Ursus étaient les mêmes, incapables de donner à leurs enfants d'adoption la vie dont ces derniers rêvaient, si bien que ces derniers se débrouillaient par eux-mêmes pour l'obtenir tout de même... Enfin, en l'occurrence, il n'était pas question de lui, de Gwynplaine et de Déa, il était question de son interlocuteur et, par extension, de sa fille, qui accusait les retombées d'un passé si lointain que Valjean ne devrait plus avoir à l'assumer à l'heure actuelle. Mais il ne faut jamais tant en demander. N'avait-il donc pas d'autre os à ronger, ce vieil inspecteur ? Semble-t-il que non, et en attendant, Valjean se trouvait dans une impasse dont Ursus ne demanderait qu'à le tirer, si possible.

-Si je peux faire quoi que ce soit, pour vous...

Il n'était pas sûr d'en avoir les moyens, mais il le souhaiterait vraiment. Il s'était vanté longtemps de n'avoir aucun ami, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui, et l'ancien forçat pouvait compter sur lui.



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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mer 1 Aoû - 14:30

Si tu veux un ami, sois son ami.
Le monde semblait vraiment petit, clairement. Parce que quand Valjean affirmait à Ursus que l’inspecteur qui s’acharnait sur lui – non parce que à ce stade, c’était clairement de l’acharnement, il ne permettrait personne de penser le contraire – s’appelait Javert, il n’avait pas vraiment imaginé qu’il le connaîtrait. Bon, l’inspecteur en question avait sa petite réputation, forcément. Mais quand même, Valjean ne s’était pas attendu à ce que cet homme soit justement celui qui avait permis au fils de Ursus de retrouver sa vraie famille. Comme quoi, le monde était donc définitivement petit. Jean Valjean ne savait vraiment pas si c’était une bonne chose donc que Ursus ait croisé la route de l’inspecteur Javert, au vu de la situation. Parce qu’au vu de ce qu’il savait, ce n’était pas vraiment une bonne chose que le fils de son ami ait pu retrouver l’identité de ses parents. Quoi qu’en même temps, il avait accès à énormément de ressource en conséquence. Mais clairement, Jean Valjean ne pouvait pas juger la situation. Il ne pouvait pas se mettre à la place de son ami, comme ce dernier avait forcément un peu de mal à se mettre à la sienne. Au vu de la manière dont l’homme était incapable de laisser partir Cosette, il ne pouvait pas reprocher à Ursus d’en faire de même.

« Je regrette que votre route ait croisé la sienne. »

Il le pensait vraiment. Il considérait qu’à choisir, on devait quand même bien mieux se porter quand on ne croisait pas la route de l’inspecteur Javert. Non pas que cet homme soit une si mauvaise personne que cela non plus, Valjean lui reconnaissait un sens de la justice à toute épreuve. Mais en même temps, il se montrait par moment bien trop borné. Après toutes ces années, Jean Valjean aimerait qu’il ne cherche plus à l’arrêter. Même s’il n’avait pas payé sa dette à la société selon le code de la justice.

« Je vous remercie, je ne manquerais pas d’y penser. » Est-ce qu’il allait solliciter l’aide de Ursus ? Cela allait clairement dépendre de la manière dont les événements se passaient. S’il avait besoin d’aide et qu’il ne pouvait pas s’en sortir seul, sans doute qu’il prendrait la peine de demander un coup de main de la part de son ami. Mais en même temps, il n’avait aucune envie de compliquer sa propre situation. Valjean avait l’habitude de s’en sortir seul. Et en même temps, il ne pouvait pas nier que c’était quand même agréable de se dire qu’il y avait un ami quelque part qui nous voulait du bien. À part Fauchelevent, qui lui avait permis d’avoir un toit, un nom, pendant des années, il n’avait vraiment compté sur personne. « Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Il me semble évident que partir n’est peut-être pas la solution. » Parce qu’il ne parviendrait pas à abandonner Cosette. Comment vivre sans la voir ? Sans au moins s’assurer qu’elle allait bien. Il ne pouvait pas s’en aller.
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Message#Sujet: Re: Si tu veux un ami, sois son ami. (Ursus)   Mer 1 Aoû - 18:07


Si tu veux un ami, sois son ami.
U

rsus haussa les épaules, bougon comme à son habitude, quand son interlocuteur affirma regretter que son chemin ait rencontré celui de l'inspecteur Javert. Ce qui était fait était fait, à présent, inutile de le déplorer davantage (même si cela pouvait être tentant). Et par ailleurs, quand bien même cet inspecteur n'aurait pas été celui à blâmer pour la découverte des origines de Gwynplaine, un autre s'en serait peut-être chargé. C'était Gwynplaine, après tout, qui semblait avoir voulu en savoir plus en premier lieu... Ce qui était sans doute d'autant plus blessant. Ursus ne croyait pas dans le destin ni dans la fatalité, mais il est vrai que dans des circonstances telles, il était assez tentant de blâmer le destin, la vie, toujours là pour vous jouer les tours les plus décourageants, ne vous accordant jamais, ô grand jamais, le moindre instant de répit.

Quand Valjean ajouta qu'il ne manquerait pas de penser à quémander son aide si la situation devait se présenter, il ne savait trop s'il était de bon ton de le croire ou non. Après tout, quand bien même il s'agissait du premier ami qu'il ait su se faire depuis bien longtemps, ils ne pouvaient ignorer que leurs routes se croisaient parfois, mais étaient loin d'être les mêmes malgré tout... Après tout, son ami avait bien eu l'intention de quitter la France sans même chercher à le prévenir, à l'avertir de ce départ précipité... Enfin, dans de telles situations, la rancoeur n'avait pas sa place, le saltimbanque espérait seulemen que son interlocuteur prendrait la peine de prendre ses propos en considération et ne les entendrait pas à la légère puisque Ursus, lui, était loin de les prononcer légèrement de son côté, et se montrait totalement honnête.

Ursus, quoi qu'il en soit, hocha la tête quand Valjean observa que partir ne semblait plus servir à rien. Certes, cela lui permettrait une bonne fois pour toutes d'échapper au giron de cet inspecteur par trop obstiné, et ce n'était sans doute pas une mauvaise chose, mais il y avait une autre personne à intégrer à ce calcul, et même deux si l'on décidait d'accorder au jeune époux de Cosette le crédit qu'il méritait sans doute, n'en déplaise à son père adoptif. Il ne pourrait prendre aucune décision raisonnée tant qu'il n'aurait pas revu sa fille, c'était tout ce qu'Ursus était capable de conclure de la situation, il ne pouvait par conséquent qu'encourager son ami à faire les choix qui s'imposaient, même si cela devait le mettre dans la situation déplaisante d'accorder ne serait-ce que le bénéfice du doute au jeune époux de sa fille chérie.

-Pour sûr non. Le plus important pour l'heure, c'est de retrouver votre fille. Je peux sûrement vous aider pour ça.
Ce qu'il pensait effectivement, Paris n'était pas si grande après tout, pas tant qu'on le croirait du moins. Et si vous voulez mon avis, vous feriez bien de lui dire la vérité, à votre gamine. Elle est maligne, Cosette, elle comprendra.


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