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 Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]

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Message#Sujet: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Sam 8 Juil - 11:48


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
C

ela faisait plusieurs jours que Ponine n'avait pas vu Marius, et les pensées à ce sujet se bousculaient dans son esprit. Serait-il parti sans dire au revoir ? En même temps, pourquoi lui dirait-il au revoir ? Etait-il déjà marié à la belle Cosette ? Les pensées remuaient ses méninges, la rendaient totalement folle. Elle se rendait compte des petites habitudes qu'elle avait prises et qui le concernaient, et qui lui faisaient tant de bien. Il y avait un mur presque aussi fin qu'une feuille de papier pour les séparer l'un de l'autre, elle aimait entendre sa porte s'ouvrir quand il rentrait chez lui, elle aimait entendre du mouvement, là, de l'autre côté. Elle l'imaginait respirer et vivre à quelques mètres d'elle, et ça lui faisait un bien fou. Tout ça, tous ces petits riens, ça lui communiquait du courage, de l'espoir. Et depuis qu'il n'était plus là, eelle avait le sentiment que plus rien n'allait. Elle avait supporté sa famille, les coups de son père, durant des années sans la présence du jeune homme... Mais maintenant, cette présence lui était devenue indispensable. Il avait mis du baume sur ses plaies, et même si la non-réciprocité de son amour pour lui lui avait fait plus d'une fois du mal, cela n'ôtait rien au fait qu'elle se sentait mieux, plus heureuse, quand il était tout à proximité... Au point qu'elle ne savait savourer en cet instant l'absence du reste des Thénardier/Jondrette, alors qu'elle aurait pu le savourer, souffler, respirer. Son père était allé vaquer à ses affaires, sa mère s'en était allée allez savoir où avec Zelma, et on l'avait autorisée à rester seule chez elle. En d'autres circonstances, ça lui aurait fait le plus grand bien, là, cela ne l'aidait qu'à ruminer plus encore ses sombres pensées. Allongée sur la paillasse qui lui servait de matelas, elle guettait les bruits du monde et se demandait ce qu'elle allait devenir. La réponse était simple : sans Marius, elle serait personne, absolument personne.

Puis elle l'entendit. Elle l'avait presque oublié. Ce cliquetis familier, celui d'une clé dans une serrure, d'une clé dans la serrure voisine. Ponine sentit son coeur battre à tout rompre. Est-ce que c'était vraiment possible ? Ce pouvait-il qu'il soit revenu ? Ou ne revenait-il que pour une dernière fois avant de définitivement disparaître. Dans tous les cas, la jeune femme devait savoir. Elle se redressa aussitôt, rajusta ses haillons comme s'ils lui donnaient une chance d'avoir l'air plus élégante, et elle sortit dans le couloir pour découvrir la porte de chez Marius bel et bien ouverte. Avec précaution, elle passa la tête dans l'encadrement de la porte, et un sourire fleurit sur ses lèvres, c'était bel et bien lui.

-J'ai cru que j'vous reverrai plus,
avoua-t-elle alors.



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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Mer 23 Aoû - 16:10

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Tout se passait si bien, trop bien, qu’en un sens, Marius se demandait quand les choses allaient se compliquer. Mais il n’avait aucune envie de se laisser envahir par de sombres pensées, alors qu’il était officiellement l’époux de Cosette. C’était incroyable, presque surréaliste, mais c’était tout simplement génial. Maintenant qu’ils étaient mari et femme, le jeune homme savait que son père n’allait plus pouvoir l’emmener loin de lui et lui faire traverser la Manche. Cela avait peu de chance de plaire au père de Cosette, mais ce n’était pas réellement ce qui le préoccupait. Marius avait envie de croire qu’il pouvait être apprécié par l’homme, il suffisait simplement qu’il prenne le temps de le connaître. Ce qu’il n’aurait pas pu faire s’il était parti et maintenant… eh bien, il n’y avait aucune raison qu’il parte. Bien sûr, Marius savait qu’il avait encore des choses à régler, mais il avait vraiment le sentiment que tout prenait un sens. Tout prenait enfin un sens.

Et parce qu’il était temps d’avancer un peu, Marius revenait chez lui. Enfin, dans l’appartement qu’il avait occupé pendant très longtemps et qu’il n’allait plus occuper maintenant, parce qu’il ne pouvait évidemment pas accueillir Cosette dans un tel endroit. Elle ne pouvait pas vivre dans cet endroit miteux, raison pour laquelle il était allé trouver son grand-père en mettant sa fierté de côté. Il revenait donc dans cet appartement qu’il ne pouvait plus réellement considérer comme chez lui, dans le but de rassembler ses affaires. Il entra dans l’appartement en utilisant comme d’habitude sa clef et se concentra sur son œuvre. Quand tout d’un coup, une voix s’éleva derrière lui. Marius se retourna vers Eponine, lui adressant un sourire.

« Oh, Ponine, je ne savais pas que tu étais là. » En même temps, il était rare que la jeune femme soit chez elle, du moins à cette heure de la journée. D’habitude, elle était souvent en vadrouille quelque part pour son père. Et assez souvent, le jeune homme se rendait compte de la présence des Jondrette en les entendant. Ce qui arrivait quand même très facilement, parce qu’ils n’avaient qu’un fin mur entre leurs deux appartements. Enfin, pour le moment, puisque Marius n’allait pas rester ici. « Comment tu vas ? »

Et il posait la question honnêtement, se demandant vraiment comment elle allait. Ne se rendant pas compte que la jeune femme avait vraiment craint de ne plus le voir et que cela lui aurait causé beaucoup de tristesse. En même temps, Marius, comme à son habitude, ne voyait rien du tout. Il ne se rendait pas compte que la jeune femme avait foncé chez lui dès qu’elle l’avait entendu, qu’elle se trouvait là alors qu’il venait à peine d’arriver, parce qu’elle avait espéré l’entendre revenir. Comme il ne se rendait pas compte qu’il allait lui faire du mal, parce qu’il n’avait pas l’intention de rester. Puisque sa vie se trouvait ailleurs maintenant, auprès de celle qu’il avait déjà épousé. Il ne se rendait vraiment compte de rien.
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Mer 23 Aoû - 21:23


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
P

onine se contenta d'esquisser un fin sourire, qui était en réalité douloureux, quand le jeune homme observa qu'il ignorait qu'elle était là. Malheureusement. Cette réplique anodine n'était pas simple à entendre, pour la jeune femme, car cela ne faisait que confirmer ce qu'elle savait déjà : il était revenu ici, oui, mais il n'était pas revenu dans l'espoir de la voir. Quelles que soient les motifs de son passage, cela ne la concernait pas. Oh, elle était suffisamment lucide pour en avoir conscience, mais pour autant, ça lui faisait du mal tout de même, parce qu'elle garderait toujours au fond d'elle l'espoir qu'il tienne plus à elle que ce n'était le cas en réalité. Elle aurait peut-être préféré, au fond, ne pas être là, ça lui aurait évité une nouvelle désillusion. Et en même temps, elle ne voudrait être nulle part ailleurs, car le simple fait de pouvoir entendre sa voix, le simple fait de pouvoir lire son sourire, tendre et agréable, lui réchauffait un coeur qui semblait comme en suspens quand le jeune homme était loin d'elle... Et maintenant, il serait constamment loin d'elle. Alors pourquoi continuerait-il de battre, exactement ? Pour rien, il n'y avait rien il n'y aurait plus rien. Elle prit donc sur elle de ne faire aucun commentaire et adressa au jeune homme un haussement d'épaules quand il lui demanda comment elle se portait. S'il savait.

-On fait aller...

C'était une manière comme une autre de ne pas dire ce qu'elle pensait pourtant, que loin de lui, elle dépérissait, qu'il avait donné à sa vie morose plus de sens, que de ne plus l'entendre vivre à quelques pas d'elle constituait à ses yeux un manque terrible... Oui, elle aurait pu lui dire tout cela, mais à la place, elle se contenta d'une réponse creuse et indifférente, et elle savait dors et déjà qu'il ne comprendrait pas, qu'il ne devinerait pas... Il avait été aveugle à ses sentiments quand il l'avait sous les yeux tous les jours... Alors il n'allait certainement pas comprendre maintenant que la distance les séparait inéluctablement. D'ailleurs, ne serait-ce pas la dernière fois qu'ils se voyaient. Elle craignait fort que ce soit bel et bien le cas. Et elle ne se trompait sans doute pas.

-Et vous, alors ?
demanda-t-elle sans être sûre de vouloir connaître la réponse, parce qu'elle se disait que son beau Marius était sans doute aux anges, parce qu'il avait épousé la belle Cosette, la femme qu'il aimait, celle qui avait tous les privilèges que Ponine, elle, ne possèderait jamais. Qu'est-c'qui vous ramène ici ?

Sans doute une affaire oublié, ou quelque chose à régler avec le propriétaire. Elle savait en tout cas qu'il était juste de passage, et elle n'aimait pas ça.

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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Lun 9 Oct - 10:46

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Eponine ne sembla pas particulièrement enthousiaste quand elle prit la parole pour lui dire comment elle allait. Elle se contenta d’un « on fait aller », qui voulait tout dire et ne rien dire en même temps. Une personne normale aurait pu s’inquiéter, aurait pu se demander ce qui poussait la jeune femme à ne pas se sentir si bien que cela. Parce qu’évidemment, les propos de Eponine ne laissaient rien de côté, la jeune femme ne se sentait pas bien. Mais Marius n’était pas quelqu’un de normal, il regardait sans voir. Il posait ses yeux sur Eponine, mais il ne voyait rien. Il l’entendait, mais il ne l’écoutait pas. Pourtant, quand il lui avait demandé si elle allait bien, le jeune homme était vraiment sincère et s’inquiétait pour le sort de la jeune femme, il se demandait vraiment s’il allait bien. Mais alors qu’elle répondait comme ça, Marius comprenait surtout qu’elle n’allait pas si mal que ça. Pour sa défendre, le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire que Eponine ne pouvait pas aller entièrement bien non plus, au vu de ses conditions de vie et du fait que son père ne manquait pas de se montrer dur avec elle. Mais il ne se rendait pas compte que c’était surtout parce qu’il n’était plus là qu’elle ne se sentait pas bien. Il ne voyait vraiment aucun lien avec lui.

Donc, il voyait qu’elle n’allait pas trop mal que cela et il s’en satisfaisait tout simplement. Il lui adressa un sourire d’ailleurs. Et puis, elle lui retourna la question, lui demandant ce qu’il faisait ici. C’était vrai que normalement, on ne pouvait pas dire que le jeune homme avait des raisons de venir dans cet ancien appartement qu’il avait occupé pendant si longtemps. Mais en même temps, il fallait bien qu’il clôture ses affaires.

« Je vais très bien. »
Répondit-il alors, ne parvenant toujours pas à se rendre compte du contraste entre sa réponse et celle de Eponine. Sans non plus se préoccuper du fait qu’exprimer son bonheur comme il le faisait, ça risquait de faire du mal à la jeune femme. Il ne se rendait définitivement compte de rien. « Je suis venu ici pour récupérer mes dernières affaires. » Dit-il alors, en désignant les quelques petites choses qui restaient dans l’appartement. En un sens, tout cela n’avait rien d’importance (mais en même temps, rien n’avait de l’importance en dehors de Cosette maintenant), mais Marius tenait quand même à les récupérer. C’était une manière pour lui de définitivement tourner la page, quand bien même tout ce qu’il y avait eu avant son mariage avec sa bien-aimée ne disparaissait pas de son esprit non plus. Simplement cet appartement, cette vie de célibataire dans ce taudis donc. « Je vais rendre les clefs aussi et payer les derniers loyers que je dois. »

Et c’était donc la fin, complètement. Marius venait pour la dernière fois dans cet endroit en tant que locataire. Parce qu’il n’avait plus aucune raison d’y vivre.
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Lun 9 Oct - 17:43


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
I

l allait mieux que bien, il allait très bien, disait-il, et si Eponine voudrait se réjouir seulement du bonheur de celui qu'elle aimait, elle n'y parvenait pas, parce qu'elle savait pertinemment pourquoi il était heureux, et ce bonheur était ce qui faisait son malheur, réellement. Parce que s'il rayonnait à ce point, c'était parce qu'il était à présent marié avec sa belle Cosette, sa magnifique Cosette, et de toute évidence, le mariage lui réussissait, pour lui, tout allait bien dans le meilleur des mondes... Pour elle, eh bien... c'était un renoncement, un couteau planté en plein coeur... Peut-être qu'elle n'aimait pas assez Marius, au fond, car si elle l'aimait assez, le voir heureux lui suffirait, elle ne se torturerait plus, elle le laisserait vivre sa vie et disparaîtrait dans la sienne... Mais elle n'y arrivait pas. Le voi lui donnait envie de le retenir, de trouver un prétexte, n'importe lequel, pour le faire renoncer à sa si charmante épouse et rester ici, avec elle... même pas pour l'aimer comme elle voudrait qu'il le fasse, mais pour redevenir ne serait-ce que son voisin, celui qu'elle aimait entendre vivre derrière la fine cloison de ses appartements.

Elle savait, à présent, qu'elle devait s'imprégner de sa voix, de son parfum, de son regard, parce que ce serait sans doute la toute dernière fois. Il venait en effet là pour quelques formalités, ça et rien de plus. Il devait rendre ses clés, payer ses quelques loyers de retard... que du prosaïque... Ponine ne savait s'empêcher de se sentir un peu vexée à l'idée qu'il n'ait pas un seul instant songé au fait que repasser par chez lui serait l'occasion de revoir sa voisine. Elle aurait apprécié qu'il le dise, même sans le penser vraiment, juste pour se sentir un peu aimée... même si ça ne devait forcément qu'être illusoire. Mais elle fit comme si de rien n'était. Elle fit de son mieux, tout du moins. Elle hocha donc doucement la tête, gardant pour elle ce qu'elle avait sur le coeur, quand bien même ce serait peut-être la dernière occasion qu'elle aurait de le faire. Elle n'en était pas capable. Pour la peine, elle n'allait pas suivre les recommandations de Grantaire, de toute façon, ce n'était pas comme si ça pourrait changer quoi que ce soit, à présent. Les dés étaient jetés. Elle avait perdu la partie. Mais en même temps, ce n'est pas comme si elle avait véritablement joué. Elle n'avait pas les critères.

-Et où ce que vous vivez, maintenant ?
demanda-t-elle alors, curieuse.

Ce n'était pas une bonne chose qu'elle en sache le moins possible à son sujet. Mais c'était véritablement plus fort qu'elle.

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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Lun 4 Déc - 15:42

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Ce n’était en soit que de simples formalités et Marius devait bien avouer que s’il avait eu le choix, il se serait bien épargné de revenir dans son ancien chez lui. Même si cela lui permettait de voir Eponine, qu’il n’avait pas vu depuis un moment maintenant. Il devait bien l’avouer, le jeune homme n’y avait pas pensé une seule seconde en décidant de faire un détour vers son ancien appartement, afin de régler les dernières formalités pour laisser tout cela derrière lui. En grande partie peut-être parce que la jeune femme n’était pas souvent chez elle non plus, elle passait quand même le plus clair de son temps dehors. Ça ou simplement parce qu’il n’y avait pas pensé. Depuis son mariage avec Cosette – et malgré les ennuis que cela lui apportait vis-à-vis des Amis de l’A B C – il était sur un petit nuage, il ne voyait plus grand-chose autour de lui. Il ne voyait déjà pas grand-chose avant, mais depuis que sa tendre Cosette était devenue officiellement son épouse et qu’il savait qu’ils ne seraient plus jamais séparés (à moins que la révolution ne les sépare, mais le jeune homme ne voulait pas penser à ce genre de chose), il ne voyait définitivement plus rien. Il était bien trop heureux pour ça.

Il ne se rendait donc pas compte à quel point il pouvait faire du mal à Eponine, alors qu’il lui exposait à ce point le bonheur qu’il ressentait d’être enfin l’époux de sa tendre Cosette. Et le fait qu’il ne soit pas venu ici pour elle, qu’il n’avait même pas spécialement cherché à la voir. Cela ne voulait pas dire que ça ne lui faisait pas plaisir de discuter avec elle, bien au contraire. Marius appréciait de voir Eponine et sa présence lui convenait très bien. C’était simplement qu’il ne l’avait pas cherché et qu’il ne la chercherait sans doute jamais.

« Oh, eh bien, nous vivons chez mon grand-père maintenant. »
Il parlait de « nous » parce qu’il vivait avec Cosette bien évidemment. Sa vie ne se détachait plus du tout de celle de son épouse à présent. Ils vivaient bel et bien chez son grand-père et Marius devait bien avouer qu’il ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça un peu étrange. Pas qu’il vive de nouveau chez lui, mais c’était… eh bien, il n’avait pas spécialement présagé que ça arriverait. Parce qu’il avait abandonné son grand-père au vu de leurs divergentes de convictions. Ils ne s’entendaient pas du tout sur le point politique et Marius n’avait pas pensé une seule seconde vivre de nouveau chez lui. Mais c’était le cas, il vivait chez son grand-père et avec Cosette en plus. « Je n’avais pas vraiment les moyens d’aller ailleurs. »

Précisa-t-il, comme pour justifier un peu ce choix. Parce que ce n’était pas parce qu’il vivait chez l’homme qu’il acceptait sa vision des choses et qu’ils étaient en accord tous les deux concernant la politique. Rien ne changeait le combat qu’il menait avec les amis de l’A B C.
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Mar 5 Déc - 18:41


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
M

oins Ponine en connaissait sur la nouvelle vie de Marius, mieux c'était, elle en avait pertinemment conscience, elle jouait bien trop avec le feu en lui posant toutes ces questions. Il fallait impérativement qu'elle l'oublie, qu'elle tourne la page, qu'elle retrouve sa vie dans tout ce qu'elle avait de morne et de misérable et qu'elle arrête de vouloir grapiller un ou deux instants de bonheur auprès du bel étudiant. Malheureusement, force lui était de constater que c'était plus fort qu'elle, véritablement, et si une part d'elle s'en voulait de s'être montrée trop curieuse, une autre part jubilait à l'idée de savoir où le jeune homme se trouvait à présent, à l'idée de ne pas perdre totalement sa trace. Elle fut tout de même surprise, elle dut bien le reconnaître, d'entendre que le jeune homme vivait à présent chez son grand-père. Elle ne savait pas tout des Gillenormand/Pontmercy, mais elle en savait assez pour avoir bien cerné le fait que Marius s'était totalement ligué contre les idées de son grand-père et que tous les deux étaient en froid, un froid glacial, même. Alors elle était surprise qu'il ait dépassé sa fierté pour aller vivre chez lui... mais en même temps, cela se comprenait. Sa femme (oui, c'était sa femme, à présent, et il disait "nous" pour parler de lui, ce qui lui faisait vraiment mal) et lui ne pouvaient se contenter d'un taudis, le confort que lui offrait sa famille était bien évidemment préférable à n'importe quoi d'autre. Par amour, on pouvait bien négliger un peu sa fierté, oui ? Oui... Ponine aurait été capable de tout oublier, de tout sacrifier, y compris le peu qu'elle possédait mais qui lui était quand même précieux, pour Marius. Alors elle comprenait. Ca lui faisait juste encore un peu plus mal. Mais elle comprenait quand même.

-J'dois avouer qu'j'aurais pas cru ça. Vous l'détestiez pas, vot' vieux ?

Elle ne s'exprimait pas forcément très aimablement, mais c'était sans doute le fond de rancoeur qu'elle conservait vis-à-vis de cette situation qui parlait à sa place, en fin de compte. Elle s'intéressait à lui, oui, mais une part maligne d'elle avait peut-être aussi envie de lui faire comprendre qu'il avait changé, qu'il avait renoncé à ses convictions pour une femme... C'était hypocrite de sa part, parce que si quelqu'un comprenait bien que l'on ne peut pas lutter contre son coeur, c'était bien elle. Peu importe, les élans du coeur invitait aussi au plus bas sentiment de jalousie, elle ne pouvait ni ne voulait lutter contre ça, parce que ça la dominait. Alors elle dirait ce qu'elle pensait, voilà tout. Qu'avait-elle encore à perdre, après tout ? Rien, certainement.

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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Ven 26 Jan - 23:37

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Au fond, Marius n’appréciait pas tant que ça d’avouer à Eponine qu’il vivait chez son grand père. Pas lui apprendre à elle spécifiquement, en soit il n’avait rien contre même s’il ne se rendait pas compte que la jeune femme avait des raisons de le questionner et de s’intéresser à son sort pour des raisons qu’il n’envisageait pas une seconde. Le truc, c’était simplement d’avouer haut et fort qu’il vivait à présent chez son grand-père, alors qu’il avait quand même été fier de le quitter par conviction. D’ailleurs, son ancienne voisine ne manqua pas l’occasion de souligner ce détail. Elle avoua qu’elle n’aurait pas cru qu’il puisse vivre chez son grand-père et pour le coup, on ne pouvait pas dire que le jeune homme pouvait réellement lui donner tort. De son côté, il n’aurait pas cru non plus possible de retourner vivre chez l’homme qui l’avait élevé, alors qu’ils ne parvenaient plus à s’entendre. Parce que c’était le cas, ils ne s’entendaient plus du tout. Le jeune homme ne parvenait pas à pardonner à son grand-père les mensonges qu’il lui avait assigné, il ne parvenait pas à le rejoindre dans ses convictions.

Est-ce qu’il détestait son grand-père, son vieux, comme lui demanda Eponine ? En soit, ce n’était pas si simple que cela. Évidemment, Marius avait des choses à reprocher à son grand-père, mais il n’en restait pas moins qu’il était l’homme qui l’avait élevé. Mais forcément, il l’avait détesté quand même, parce qu’il lui avait menti, parce qu’ils étaient contre lui dans ses opinions politique. Et sans Cosette, sans son mariage, sans le fait de vouloir offrir à on épouse une vie digne de ce nom dans une maison digne de ce nom – et non ce taudis qui lui servait de demeure jusqu’à présent – il ne serait sans doute pas retourné vers lui.

« Nos divergences ne sont pas terminées si c’est de ça que tu parles. » Dit-il alors, pour répondre à Eponine, peut-être un peu plus durement que la manière dont il avait l’habitude de lui parler d’ordinaire. En grande partie, il ne pouvait pas le nier, parce que le jeune homme se sentait de nouveau jugé. C’était idiot, mais depuis que Cosette était entrée dans sa vie, il avait le sentiment que tout le monde le jugeait. Enjolras en premier, incapable de comprendre qu’il puisse éperdument aimer son épouse mais ne pas avoir envie de quitter la révolution dans laquelle il s’était engagé. Et il avait le sentiment que Eponine le jugeait à son tour, parce qu’il avait décidé de retourner chez son grand-père (mais sans doute qu’il se jugeait déjà suffisamment lui-même pour penser ça), alors qu’elle n’avait pas été du genre à le faire normalement. Du moins jusqu’à présent. « Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord, que nous ne pouvons pas vivre sous le même toit. » D’accord, il tentait aussi de se convaincre lui-même. « Et je n’avais pas le choix… »

C’était évident, sans Cosette, il n’aurait jamais fais ce choix.
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Dim 28 Jan - 11:35


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
E

ponine comprit assez rapidement qu'elle avait vexé son interlocuteur avec sa question qui était bien davantage une réflexion, en vérité, qu'une véritable question. Elle s'en voulait, car déjà qu'il ne l'aimait pas, elle ne voulait surtout pas qu'il la déteste, mais la question avait immédiatement franchi le seuil de ses lèvres tant sa surprise avait été grande. Marius répliquait en parlant de divergences, mais le terme semblait un peu léger à la jeune Thénardier pour décrire ce qui l'opposait jusqu'alors à son grand-père. Elle, elle n'aurait pas parlé de divergences mais plutôt de conflit ouvert entre le grand-père et son petit-fils. Après tout, il avait quand même quitté le confort de la demeure familiale, refusé tout l'argent qu'il pouvait lui offrir, rompu tout lien et tout contact avec lui... Il avait fait, au fond, tout ce qu'Eponine voudrait réussir avec ses propres parents tout en sachant qu'elle en était proprement incapable, et pour elle, oui, ce retour en arrière était tout de même comme une trahison de ses propres résolutions, des résolutions qu'elle avait sincèrement admirés (à plus forte raison qu'elles lui avaient permis pendant si longtemps de l'avoir pour voisin, pour son plus grand bonheur - et malheur en même temps, il faut bien le dire). Visiblement, il n'appréciait pas d'être placé face à ses propres contradictions, et Eponine, qui n'avait pas voulu le prendre en faux, le regrettait honnêtement. S'ils devaient se voir pour la dernière fois, elle ne voulait surtout pas qu'ils se disputent, mais elle faisait tout n'importe comment... Ce n'était que trop pour lui ressembler, malheureusement. Bien sûr, le fait de ne pas être d'accord ne leur interdisait pas de vivre sous le même toit, mais ça avait quand même été une raison suffisante pour Marius pour quitter ce tout en question autrefois. Alors Ponine ne pouvait pas vraiment cacher sa surprise. Cela ne ferait pas qu'elle admirerait moins sa remarquable force de caractère, mais tout de même. Qu'il n'ait pas eu le choix lui semblait déjà une réponse plus probante, en revanche.

-Prenez pas la mouche, j'voulais pas vous vexer,
se rembrunit Ponine. C'est beau, c'que vous faites pour elle.

Mettre sa fierté de côté, accepter d'aller à l'encontre de ses propres convictions pour pouvoir offrir le meilleur à la femme qu'il aimait, il n'avait pas à s'en justifier, au fond. Il avait trouvé une femme pour laquelle il se sentait capable de consentir à tous les sacrifices. C'était fort, c'était beau, et cela, bien sûr, ne faisait qu'accentuer la jalousie déjà si grande de Ponine. Il aurait tant aimé qu'il soit capable de la même chose pour elle... Mais elle, personne ne viendrait la sortir de sa cage faite de poussière et de misère.


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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Lun 26 Mar - 21:42

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Ces derniers temps, il était évident que Marius était quand même sacrément susceptible quand il était question de son mariage avec Cosette ou encore maintenant de son installation chez son grand-père. Et encore, le jeune homme n’avait pas encore parlé de cela à Enjolras et aux autres Amis de l’A B C. Bon, en même temps, ses camarades n’avaient pas besoin de savoir ce genre de chose non plus. Déjà qu’ils seraient au courant du fait qu’il avait épousé Cosette, il n’était sans doute pas nécessaire de préciser en prime qu’il vivait de nouveau chez son grand-père. Alors que mine de rien, quand il avait décidé de quitter la maison de cet homme, c’était bien parce qu’ils étaient en divergences d’opinion et qu’il ne pouvait pas supporter de vivre avec lui. Mais il n’avait pas d’autres choix que de changer d’avis. Du moins, il devait prendre sur lui pour offrir quand même une belle vie à son épouse. Même si… en soit, le jeune homme n’assumait pas vraiment. C’était clairement pour cette raison que la jeune femme en face de lui avait eu le don de piquer au vif.

Eponine lui affirma qu’il ne devait pas prendre la mouche, qu’elle ne voulait pas le vexer et à ces propos, Marius se rendit compte qu’il avait sans doute un peu surréagit aux propos de son interlocutrice. Parce qu’il était évident que si Cosette n’avait pas été dans sa vie en cet instant précis, le jeune homme n’aurait pas du tout pris une telle décision. Eponine affirma qu’elle trouvait que ce qu’il faisait était beau, que ce qu’il faisait pour elle était beau. Marius avait envie de le croire oui, de le penser oui. Même si ce n’était peut-être pas si beau que ça en soit. En tout cas, il ne pouvait pas nier qu’il se sentait quand même beaucoup moins vexé pour le coup, même si forcément il ne pouvait pas s’empêcher d’être quand même sur la défensif. Simplement parce qu’il n’était peut-être pas au clair avec lui-même, avec ses choix. Il savait bien que ses choix n’étaient pas forcément les biens vus, qu’ils n’étaient pas vraiment les choix idéals fait à ce moment-là. Parce qu’au vu de la situation, il était évident quand même que ce n’était pas le moment idéal pour se marier et pour retourner vivre chez son grand-père (en fait, il n’aurait jamais du retourner chez son grand-père sans doute déjà).

« Tu trouves vraiment ? »

Demanda-t-il alors, cherchant la confirmation des propos de Eponine. En soit, ce qu’elle pensait de tout cela n’allait pas changer la situation. Marius n’allait pas changer, parce qu’il devait quand même offrir une « bonne » vie à son épouse – même si pour cela, Cosette aurait sans doute mieux fait de ne pas l’épouser, parce qu’elle risquait quand même d’être veuve avant l’heure – il n’avait donc pas l’intention de changer sa décision. Mais pour autant, ça ne lui déplairait pas de savoir ce que pensait réellement son ancienne voisine.
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Mar 27 Mar - 20:00


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
E

st-ce que Ponine pensait vraiment ce qu'elle disait au sujet de Marius ? Pensait-elle vraiment que ce qu'il faisait pour sa chère et tendre était beau. Oui, quelque part, oui, bien sûr, parce qu'elle trouvait ça follement romantique. Ponine connaissait Marius depuis longtemps, maintenant, suffisamment pour connaître l'opinion de son voisin (qui ne l'était plus en réalité) sur son grand-père et la classe dont il était issu. Cette force de caractère, l'aptitude qu'il avait eu à renoncer à sa famille et à ses titres pour vivre conformément à ses idéaux, c'était une chose qu'elle avait terriblement admirée chez lui, et qui avait sans doute encouragé les sentiments qu'elle avait développés à son adresse. Mais le fait qu'il soit prêt à piétiner son idéal par amour, ça aussi c'était beau. Il mettait sa fierté de côté, faisait une entorse à ses convictions les plus profondes parce qu'il était désespérément amoureux de sa Cosette et voulait faire sa vie avec elle. Oui, c'était beau. Bien évidemment que c'était beau.

La jeune femme en était d'autant plus ému qu'elle aurait aimé qu'il soit capable de la même chose pour elle, qu'il puisse tout envoyer balader, jusqu'à ce qui avait motivé même toute son existence, parce que c'était elle et qu'elle en vaudrait la peine. Mais non, ces privilèges, il les adressait à une autre, une autre qu'il aimait visiblement plus que tout et à qui il paraissait très évident qu'il serait bien capable de sacrifier jusqu'à sa vie. C'était beau, et triste. Parce que Marius ne l'aimerait jamais de cette façon-là. En fait, elle était convaincue qu'aucun homme ne l'aimerait jamais de cette façon-là. Ces belles romances qui font battre les coeurs, elles étaient faites pour les autres, celles qui étaient autorisées à croire, celles qui avaient les atouts et le charme. Elle, elle n'avait rien pour elle. Ponine eut le sentiment que son assentiment était important pour Marius... mais elle se disait qu'elle s'illusionnait sans doute comme cela arrivait trop souvent. Peut-être qu'il se cherchait juste une alliée, n'importe laquelle, dans sa folle entreprise, et il avait de la chance... Ponine était toujours cette alliée. Parce qu'elle était incapable de ne pas abonder dans le sens de l'homme qu'elle aimait, même si ça ne l'empêcherait pas d'être laissée sur le bord de la route au bout du compte. Elle hocha donc la tête avec vigueur.

-J'ai pas d'raisons de vous mentir
, affirma-t-elle avec ce qui ressemblait avec de la conviction.

Même si en fin de compte elle lui avait tout de même menti plus d'une fois depuis qu'ils se connaissaient.

-Vous allez être heureux, moi c'est tout c'que j'vois, alors c'est très bien comme ça.


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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Jeu 24 Mai - 16:22

Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Que Eponine pense réellement ou non ses propos, cela n’allait pas changer la situation en réalité. Marius n’avait pas l’intention d’abandonner ses projets, de renoncer à partir vivre chez son grand-père dans le but d’offrir une vie digne de ce nom à son épouse. Il ne pouvait pas décider de changer d’avis donc, quand bien même Eponine pourrait penser que c’était une bonne ou mauvaise chose. Pour autant, même si le jeune homme avait conscience qu’il ne changerait pas d’avis et que la situation était déjà engagée comme elle devait l’être, il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie de connaître réellement l’avis de son ex voisine. Même s’il était évident que le jeune homme ne rendait pas à Eponine ses sentiments comme il le faudrait, qu’il était aveugle et ne se rendait pas compte que la jeune femme tenait énormément à lui. Son opinion comptait quand même, il avait envie de savoir ce qu’elle pensait de tout cela, parce qu’il tenait à elle. Elle était l’une de ses amies après tout. Même si la jeune femme aimerait bien que ça soit plus que ça.

Marius apprécia d’entendre que Eponine n’avait aucune raison de lui mentir. Mine de rien, ce n’était pas grand-chose, mais c’était quand même quelque chose qu’il appréciait parce qu’il aimait l’idée de pouvoir compter sur son ancienne voisine. Pouvoir lui faire confiance à l’heure où certaines personnes avaient des raisons de lui tourner le dos. Marius savait bien que ses amis du café Musain ne comprenait pas réellement ce qu’il faisait (et en même temps, c’était normal sans doute, lui-même ne comprendrait pas à leur place et en un sens, il ne comprenait pas tant que ça sa propre situation), il avait conscience qu’ils ne lui apportaient donc pas vraiment tout le soutien qu’il pourrait avoir besoin. Mais Eponine était là et ça lui faisait du bien. Eponine affirma qu’il allait être heureux, et que c’était très bien comme ça. Marius avait envie de croire en effet qu’il allait être heureux, parce qu’il n’y avait aucune raison qu’il ne le soit pas au vu de la situation. Il avait quand même épousé Cosette, il vivait avec elle chez son grand-père, il n’y avait rien qu’il puisse vraiment demander de plus. Enfin, oui, bien sûr, la révolution, le combat contre la monarchie, pour les droits communs, pour le peuple, mais personnellement sa vie prenait un sens parfait. Le jeune homme avait conscience de son bonheur, qu’il l’avait à porté de main. Mais ça lui faisait du bien de l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre, surtout une personne en qui il avait tant confiance comme la jeune femme.

« Merci. » Se contenta-t-il donc de répondre à la jeune femme, parce qu’il avait de bonne raison de la remercier en effet. Ne se rendant toujours pas compte que c’était quand même compliqué pour elle de dire tout cela, d’accepter tout cela. Mais pour ça, il faudrait sans doute que Marius soit capable d’ouvrir les yeux. « Ça me fait plaisir de savoir que tu le penses. »
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Message#Sujet: Re: Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu [pv Marius <33]   Jeu 24 Mai - 18:18


Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu
S

i en plus d'une occasion, Ponine estimait avoir largement mérité les remerciements de son interlocuteur, pour sa dévotion et sa résignation n'en était clairement pas un. Ceci dit, la jeune femme n'avait aucun scrupule à accepter sa gratitude sans protester. Après tout, combien d'occasions aurait-elle encore de l'entendre lui dire "merci" ? D'ailleurs, combien d'occasions aurait-elle de l'entendre lui dire quoi que ce soit ? Peu. Trop peu... Non, elle devait sans doute se résigner. Mais c'était difficile. Lui parler devrait être agréable, et pourtant, c'était douloureux, parce qu'elle ne savait pas si ce moment ne serait pas le dernier. Cela éveillait en elle des sentiments tout à fait contradictoires : d'un côté l'envie de faire en sorte que cette conversation ne cesse jamais, d'un autre celle de le voir partir, comme si cela pourrait apaiser un peu sa douleur. Oh, elle n'y croyait pas réellement. Mais à quoi se raccrocher si elle ne parvenait pas à se persuader de cela ? Elle avait besoin de se raccrocher à cette pensée. Et en même temps, elle avait surtout besoin de le voir, de l'entendre. Elle se sentait à deux doigts de lui dire la vérité. Et si elle lui apprenait qu'elle l'aimait, est-ce que ce ne serait pas mieux ? Non, ce serait pire. S'ils ne devaient plus jamais se croiser, autant qu'il se souvienne d'elle comme de cette amie précieuse qui lui avait tant de fois rendu service que comme cette amoureuse désespérée qui attendait de sa part un amour qu'il ne lui rendrait jamais. Parce qu'il ne l'éprouvait pas, point barre.

-Faut pas trop vous faire du mouron sur c'que les aut' pensent, du moment qu'vous êtes heureux, c'est c'qui compte.

Du moment qu'il était heureux, parce que, à ses yeux, il le méritait plus que n'importe qui d'autre en ce bas monde. Un constat assez douloureux à faire pour elle mais malgré tout bien réel, pas parce qu'il était douloureux de le savoir heureux, mais parce qu'elle-même ne connaîtrait jamais ce bonheur-là. Et elle n'arrivait même pas à le vivre par procuration. Imaginer Marius avec Cosette lui fendait le coeur. Elle marqua une pause, elle ne savait que dire. Elle voudrait qu'il existe un mot magique susceptible de le retenir, mais c'était trop tard, bien sûr. Après tout, il était déjà parti.

-Vous savez, c'est vide ici depuis votre départ.

Cela ne servait à rien de parler de ça. En plus, ce n'était qu'en partie vrai. Ca avait été réconfortant d'entendre Marius vivre de l'autre côté du mur, mais le vide et le calme, Ponine ne connaissait pas. Son père braillait bien assez pour dix. Au fond, Marius devait être heureux aussi de ne plus s'embarrasser d'un tel voisinage.




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