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 Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)

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Message#Sujet: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 14 Avr - 10:56


Le retour du fils légitime de Linnaeus Clancharlie avait bouleversé les hautes sphères de la noblesse au plus haut point, et si deux acteurs de cet univers devaient être frontalement touchés par ce concours de circonstances, c’étaient bien la duchesse d’Aurevilly et celui qui avait été son promis jusqu’alors, et le seul à pouvoir alors prétendre à l’héritage des Clancharlie, tout illégitime était-il. David Dirry-Moir, donc.

Pour ce dernier, la situation apparaissait plus que compromise. Il ne pouvait rien contre l’homme qui n’avait qu’un mot à dire pour lui voler tous ses biens, tous ses titres (et à vrai dire, sa fiancée également), et jusqu’à sa dignité. Josiane, elle pouvait encore s’en tirer à bon compte.

L’accord avait été plus ou moins conclu sans l’aval des principaux concernés. L’on avait convenu que laisser au parvenu qu’était le saltimbanque Gwynplaine Girardet (l’homme qui rit, donc) une fortune que tout un chacun trouvait qu’il déméritait, ce n’était pas concevable. Josiane avait pris soin de la fortune des Clancharlie depuis de nombreuses années, à présent. Et à grand renfort de closes obscures et d’alinéas. Considérée comme pair de France, Josiane avait tous les droits de ne pas se laisser destituer de ses titres et de choisir de les partager encore. Mais restait alors qu’une condition sine qua non se devait d’être remplie : Josiane devait épouser Gwynplaine. Gwynplaine devait épouser Josiane.

L’on pourrait penser que ça ne la dérangerait pas tant que ça. Ceux qui s’étaient permis d’y être attentifs savaient que Josiane connaissait déjà celui qui pourrait bien être son futur époux, et qu’elle lui portait un intérêt soutenu. Mais si, cela la dérangeait.

Josiane avait convenu d’une chose, sûre et certaine, évidente. Elle voulait de Gwynplaine pour amant tout comme elle acceptait David pour mari (sans pour autant avancer la date de leur union, qui n’avait maintenant plus de réelle raison d’être). L’inverse était concevable, mais difficilement tolérable.

La laideur grossière de Gwynplaine la séduisait, l’attirait, réellement. Mais elle ne se voyait certainement pas un homme tel que celui-ci partager son foyer, sa vie, son nom, sa fortune… S’il devenait son mari, alors elle ne voulait plus du tout qu’il soit son amant. Elle serait la risée de toute la France. Elle n’avait rien mérité de tel… mais renoncer à la fortune sur laquelle elle avait veillé jusqu’alors comme à la prunelle de ses yeux était hors de question. L’avarice dominait sur la luxure. D’autant plus que si elle la suggérait sans cesse, cette luxure, elle n’y goûtait jamais, n’y goûterait pas pour l’heure.

Quoi qu’il en soit, revoir Gwynplaine était pour l’heure indispensable. La duchesse était donc allée le trouver à Montmartre, où il se trouvait avec sa famille. Quand elle le trouva, elle s’adressa à lui alors avec plus de froideur que jusqu’alors.


« Bonjour, Gwynplaine. »

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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Jeu 1 Juin - 22:35

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
C’était officiel, Gwynplaine était de retour sur le devant de la scène, mais clairement pas de la même façon qu’autrefois. L’homme qui rit n’existait plus vraiment, parce qu’il ne jouait plus sur scène, mais Gwynplaine Clancharlie arrivait sur scène. Au fond, Gwynplaine ne savait pas du tout ce qu’il devait penser de tout cela. Oh, il adorait l’idée d’avoir ces richesses, parce que tout cela lui faisait de l’œil depuis qu’il était arrivé à Paris en compagnie de sa famille. Autrefois, l’homme qui rit pensait qu’il pouvait se contenter de peu avec Ursus et Déa, mais depuis qu’ils étaient là, depuis que Gwynplaine avait eu l’occasion de voir la haute société, elle lui avait fait de l’œil. Il avait cru désirer jouer devant le roi de France, mais au final ce n’était plus du tout ce qu’il désirait. En tout cas, le jeune homme appréciait l’idée d’avoir tout cet argent et de pouvoir offrir à Déa la vie qu’elle méritait vraiment. Eux et Ursus – parce que même si l’écrivain avait décidé de les quitter, Gwynplaine n’acceptait pas cette décision et il comptait d’ailleurs sur sa « sœur de cœur » pour faire changer d’avis à leur père d’adoption – n’auraient plus du tout à se soucier de quoi que ce soit dans la vie. Ils allaient pouvoir vivre, tranquillement, sans avoir peur de ne pas pouvoir manger le lendemain. Sans devoir se donner du mal pour gagner leur vie. En un sens, cela pinçait un peu le cœur du jeune homme de se dire qu’il ne monterait plus sur scène, mais c’était une nouvelle aventure qui commençait.

Du moins, c’était ce que Gwynplaine avait en tête, sans se douter une seule seconde de ce qui avait été prévu dans son dos. Parce que le jeune homme était incapable de se douter qu’au final, il n’était pas vraiment décisionnaire et que des personnes plus hautement placées encore décidait de son sort. Parce que non, il ne pensait pas une seconde qu’on pouvait décider les choses à sa place. Il pensait, au vu de l’héritage de son père (enfin, de son géniteur) et du pouvoir qu’il avait, qu’il pourrait prendre ses propres décisions. Gwynplaine ignorait complètement de la réalité de ce monde, parce que finalement il n’en avait jamais fait partie. Et au final, il aurait sans doute dû ne jamais y faire partie non plus. Parce qu’il était complètement ignorant du « noble jeu ». Mais il ne pouvait plus faire marche arrière et dans tous les cas, il n’avait aucune envie de faire marche arrière. Même si pour l’heure, il n’était pas encore à sa « place ». Il profitait tout simplement d’une journée calme avec sa famille, quand il eut la visite de la duchesse. Depuis toute cette histoire, le jeune homme ne savait plus quoi penser de la « sorcière rouge ». Le fait de la voir, cela lui rappelait tout ce qu’il avait pu ressentir à chaque fois qu’elle venait voir le spectacle. Mais maintenant, il avait quand même découvert des choses étranges grâce à l’inspecteur Javert.

« Bonjour. » Répondit-il sur un ton qui égalait celui, plus froid (que Gwynplaine ne put que constater), de la Duchesse. « Qu’est-ce que vous voulez ? »
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 16 Juin - 10:12


Pendant des semaines et des semaines, Josiane avait éprouvé envers Gwynplaine une attirance proportionnellement égale à l'horreur que son visage lui inspirait. Elle qui n'avait jamais jeté sincèrement son dévolu sur aucun homme, elle qui avait séduit pour mieux rejeter, s'était sincèrement laissée tentée par l'apparence singulière et terrible du saltimbanque. Elle l'avait cru, pensé sincèrement, Gwynplaine Girardet serait son amant.

Gwynplaine Girardet, oui, mais certainement pas Gwynplaine Clancharlie. Quand elle posait les yeux sur cet homme, elle ne reconnaissait plus rien de ce qui lui avait plu en premier lieu, le sentiment de transgression, l'attirance implacable, étaient de lointains souvenirs. En le regardant, en s'attardant sur les détails de son hideuse incarnation, elle avait conscience de ce qui lui avait plu, mais elle avait aussi conscience de ce qui ne lui plaisait plus à présent. Gwynplaine aurait été un amant parfait, il serait tout sauf le mari de ses rêves. Pourrait-elle retarder l'échéance de leurs épousailles comme ils avaient su si bien le faire avec David ? Elle redoutait que non. Les enjeux n'étaient plus le même, et on le lui ferait sans doute comprendre sans l'ombre d'un doute.


« Bonjour. Qu’est-ce que vous voulez ? »

Le ton dont Gwynplaine fit usage était froid, aussi froid que celui qu'elle avait employé tantôt. C'était sûrement normal et de bonne guerre, mais Josiane se sentit à vrai dire vexée d'une telle attitude. S'il ne l'attirait plus, elle avait tout de même la fierté de vouloir croire qu'elle l'attirait toujours, elle voulait que cette nouvelle le dévaste lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons qu'elle. Elle était en colère contre cette situation, alors elle était en colère contre lui. Quoi de plus normal.

Ce qu'elle voulait n'avait rien à voir avec ce qu'on exigeait d'elle. Rien à voir du tout. Et elle n'allait pas tarder à l'expliquer presque en ces termes à son interlocuteur.


"Ce que je veux n'a malheureusement que peu à voir avec ce que je suis venu te dire", répondit-elle, toujours passablement froide.

En froideur, elle s'y connaissait, Josiane pouvait être au-delà de glaciale avec ceux qui avaient le malheur de l'importuner. Mais en cette situation, sa froideur n'avait pas pour but de seulement mettre à vif les nerfs de son interlocuteur. Elle vivait une situation très désagréable, et elle l'exorcisait en mot et en acte.

Elle ne dit rien. Elle préféra tendre à Gwynplaine le mot fatidique qu'elle avait reçu le matin même.


Madame,

Nous vous envoyons gracieusement la copie ci-jointe d’un procès-verbal, certifié et signé par notre serviteur William Cowper, lord chancelier de ce royaume d’Angleterre, et duquel il résulte cette particularité considérable que le fils légitime de lord Linnaeus Clancharlie vient d’être constaté et retrouvé, sous le nom de Gwynplaine, dans la bassesse d’une existence ambulante et vagabonde et parmi des saltimbanques. Cette suppression d’état remonte à son plus bas âge. En conséquence des lois du royaume, et en vertu de son droit héréditaire, lord Fermain Clancharlie, fils de lord Linnaeus, sera, ce jourd’hui même, admis et réintégré parmi les siens. C’est pourquoi, voulant vous bien traiter et vous conserver la transmission des biens et domaines des seigneurs Clancharlie, nous le substituons dans vos bonnes grâces au seigneur David Dirry-Moir. Nous commandons et voulons que monsieur Clancharlie, nommé jusqu’à ce jour Gwynplaine, soit votre mari, et vous l’épouserez, et c’est notre plaisir royal.


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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 11 Aoû - 17:11

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine ne pouvait pas nier qu’il voyait toujours en quoi la duchesse avait pu l’attirer, les attraits qu’il avait aimé chez elle. Mais il y avait quand même quelque chose de différent à présent. Le jeune homme ne saurait dire ce que cela était, il ne savait pas pourquoi il ressentait beaucoup moins d’attirance pour elle. Est-ce qu’il n’en ressentait plus ? Évidemment que non, c’était impossible que ça arrive. La duchesse était quand même une femme magnifique, qui avait plus d’un charme. Elle avait aussi se côté où elle semblait toujours obtenir ce qu’elle voulait, qui avait eu le don de plaisir au jeune homme. Sauf que maintenant, sa vision avait quelque peu changé. Gwynplaine avait été fasciné par ce monde, par la noblesse, sans doute parce qu’une part de lui avait cherché à vivre de nouveau à l’intérieur, parce qu’il était né dans ce monde. Dans tous les cas, il sentait bien qu’il y avait quelque chose de différent maintenant, même s’il ne pouvait pas vraiment l’expliquer. Et lorsque Josiane d'Aurevilly lui parlait, il sentait bien qu’il y avait une différence de son côté également. Il était évident qu’elle devait savoir maintenant qui il était réellement et Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher de se demander si elle n’était pas responsable de sa disparition, afin de mettre la main sur la fortune de sa famille.

La femme lui affirma alors que ce qu’elle désirait ne correspondait pas à ce qu’elle était venue lui dire. Gwynplaine s’apprêta à reprendre la parole, afin de poser plus de question à la duchesse, afin d’en savoir plus, mais celle-ci lui tendit alors un billet. Curieux, évidemment, le jeune homme l’ouvrit afin de lire le mot qui s’y trouvait (merci Ursus de savoir lire et écrire et d’avoir partagé ses connaissances), sans se douter une seule seconde de ce qu’il était sur le point de découvrir.

Gwynplaine reconnu le nom de son père sur le billet, le même que celui que l’inspecteur Javert lui avait montré. La lettre parlait donc du fait qu’il avait été retrouvé dans une vie de saltimbanque, une vie que Gwynplaine avait apprécié quand même soit dit en passant, même si cela ne semblait pas plaire aux plus hauts. Il vit ensuite son nom, Fermain Clancharlie. C’était lui, évidemment, le fils de Lord Linnaeus Clancharlie, mais il ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça étrange. Le courrier affirmait qu’il était réintégré à son rang, dans sa place. Ça c’était une bonne nouvelle, mais il n’y avait pas que ça. Ça parla un instant de l’héritage du saltimbanque qui devait lui revenir, quoi de plus normal et apparemment, la duchesse devait s’en occuper. Et puis, il y eu cette phrase, à la toute fin, ordonnant que la duchesse épouse Fermain Clancharlie. Pendant quelques seconde, Gwynplaine observa les mots sans rien dire, surpris de lire tout cela. C’était une lettre plus qu’officielle, une demande royale… mais ce n’était pas possible.

« Il n’est pas question que je devienne votre mari. » S’insurgea-t-il alors, sans se préoccuper du fait qu’il n’avait normalement pas le droit de tenir de tels propos. « Pourquoi on devrait m’ordonner de vous épouser ? »
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 25 Aoû - 14:27



La réaction première de Gwynplaine, à mesure qu'il lisait la missive qui lui avait été adressée mais qui les concernait tous les deux, ne se fit pas attendre et fut à la hauteur de ce que la duchesse avait imaginé, il se décomposa peu à peu de surprise.

Il faut dire que pour lui, qui ne pouvait pas être aussi sensible qu'elle aux rouages de la haute société... Elle, elle s'était doutée que les choses se passeraient ainsi. En même temps, ce semblait plus que logique. On s'était engagée auprès d'elle quant à la fortune des Clancharlie, et puisque ses fiançaille avec David Dirry-Moir se révélaient à présent caduques, quoi de plus logique que l'on veuille la marier au fils qui, lui, même si surgi de nulle part et jusque-là saltimbanque, était on ne peut plus légitime ? Ce n'était pas pour autant qu'elle appréciait la nouvelle, cela étant dit...

... Mais tout de même, elle aurait apprécié une autre réplique de la part de son interlocuteur.


« Il n’est pas question que je devienne votre mari. »

Ah oui, il n'en était pas question ? Même si elle rejoignait logiquement son point de vue, elle ne savait s'empêcher de se sentir blessée dans son orgueil que de voir le jeune homme réagir à la nouvelle sans réserve, avec à ce point de véhémence.

Avait-il déjà oublié toutes ces occasions effleurées, après ses spectacles, avait-il oublié l'attirance qu'elle avait su exercer sur lui ? (Elle était peut-être présomptueuse à s'exprimer de la sorte, mais elle pensait chaque mot). Et à présent, il jouait les offusqués. Il n'était pas au bout de ses peines, à ce titre.

"Tu apprendras bien vite, Fermain..."


Elle avait utilisé volontairement le prénom qui lui avait été attribué à la naissance avant qu'il ne l'oublie, car ce serait ainsi que tout un chacun l'appellerait, et elle épouserait un Fermain, pas un Gwynplaine, autant qu'il s'y fasse. Son ton était froid et son regard perçant tandis qu'elle le toisait, bien décidé à le remettre à sa place. Il n'avait pas le choix, les décisions ne lui revenaient pas.

"... que plus le titre est attrayant, plus mince est la liberté."

Et elle parlait en connaissance de cause. Elle s'était amusée à atteindre les extrêmes de ses entraves, elle avait grapillé de la liberté où cela était permis, mais au fond, Gwynplaine avait toujours été plus libre qu'elle, et c'était sans nul doute ce qui l'avait séduite chez lui pour commencer.

"Tu n'as pas le choix, n'aie pas l'audace de penser le contraire."
Elle marqua une pause qu'elle accompagna d'un soupir presque théâtral. Même si elle ne disait rien qu'elle ne pense pas en cet instant précis. "Et moi non plus, d'ailleurs."

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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Mer 11 Oct - 23:59

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine n’aurait sans doute pas dû dire les choses comme ça, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Le jeune homme considérait vraiment qu’il était hors de question qu’il épouse la duchesse. Il ne pouvait pas complètement oublier l’attirance que le jeune homme avait eu (parce qu’il ne considérait plus réellement l’avoir, pas de la même manière en tout cas) pour la femme, mais quand même. Cela ne voulait pas dire qu’il avait l’intention de l’épouser, il n’avait aucune envie de le faire. Encore moins alors qu’il décidait d’accepter cet héritage, qu’il considérait qu’il pouvait avoir un peu de pouvoir entre ses mains… il ne pouvait quand même pas accepter ne pas avoir la liberté de choix. Oh non, ce n’était évidemment pas de cette manière que le jeune homme avait l’intention de vivre. Il s’était dit qu’il allait accepter l’héritage de son père, qu’il allait reprendre le nom de son père, qu’il allait donc vivre dans le château de son père, profiter de sa richesse et tout cela en compagnie de Déa et de Ursus (même si pour l’homme, rien n’était encore fait). C’était tout, il n’avait aucune envie que les choses soient autrement, mais visiblement, il n’avait pas le choix.

La duchesse ne manqua pas de l’appeler par le prénom qu’on lui avait donné à la naissance, sans pour autant qu’il n’arrive à s’y faire. Il était Gwynplaine et il n’avait aucune envie que son prénom change. Ce Fermain n’existait plus depuis le jour où il avait été enlevé et où il s’était retrouvé avec les comprachicos. Malheureusement, le jeune homme se doutait que la duchesse sous ses yeux ne manquait pas de faire exprès, quand bien même il ne goûtait absolument pas à sa provocation. Elle précisa donc que plus il y avait de titre, moins il y avait de liberté et donc qu’il n’avait pas le choix, qu’elle ne l’avait pas non plus. Ainsi, cela la dérangeait tant que ça de l’épouser ? Non pas qu’il regrette qu’elle puisse ne pas avoir envie de l’épouser, mais elle lui donnait ce sentiment de dégoût qui avait le don de le vexer un peu tout de même. Surtout après tous les beaux discours qu’elle avait pu lui faire, quand ils se retrouvaient après les spectacles de L’Homme qui rit.

« Mais… pourquoi ? »

Demanda-t-il simplement. Il ne comprenait vraiment pas. Pourquoi est-ce qu’il devait épouser cette femme ? Pourquoi est-ce qu’on ne lui donnait pas le choix ? Pourquoi les grandes instances du pays se permettaient donc de choisir sa destinée, de choisir son épouse. Parce que ce n’était quand même pas n’importe quelle lettre, cela ne venait pas de n’importe qui. Il ne comprenait pas que des personnes de la si haute société, que la royauté, puisse ainsi jouer avec le destin des autres personnes. Pourquoi est-ce qu’il devrait suivre ces ordres ? Pourquoi ne pouvait-il pas choisir son épouse ? Parce qu’il était évident que s’il devait choisir, cela n’était clairement pas la duchesse sous ses yeux qu’il souhaitait épouser.
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 20 Oct - 13:29


« Mais… pourquoi ? »

Une question simple, mais à laquelle il était en réalité bien complexe de répondre. Josiane ne se voyait pas apprendre à son interlocuteur toutes les circonvolutions qui menaient à ce genre de décision, de quels rouages était faite la machine que l'on nomme noblesse. Elle ne se voyait vraiment pas lui faire un cours appliqué de ce qu'elle avait appris pour sa part tout au long de sa vie. Ce serait aussi désagréable qu'éprouvant à ses yeux.

Elle pouvait comprendre les interrogations de son interlocuteur, ils n'étaient pas du même monde (et c'était ce qui lui plaisait, d'ailleurs. Avant, car à présent, ce n'était plus le cas), il devait tout découvrir sur le tard, il était normal qu'ils ne sachent pas forcément d'y faire.

Alors à ce "pourquoi", elle n'allait rien répondre du tout, ou rien de ce qu'attendait Gwynplaine. Toute cette histoire n'avait rien de censée, de raisonnée ou de logique. Sinon, il n'y aurait pas d'histoire du tout.

Pourquoi, oui...Si l'on commençait par là, on pouvait se poser cette question pour n'importe quoi, et depuis ses origines, vraiment. Elle daigna tout de même articuler une réplique. Qui ne satisferait ni la curiosité du jeune homme, ni n'apaiserait sa frustration.


"Rien dans les hautes sphères n'est affaire de sentiments, répondit-elle alors. Crois-tu que le roi ait choisi son épouse par amour ?"

Non, bien sûr, ce n'était pas du tout le cas. Tout était affaire de pouvoir, de privilèges, de politique, d'extension de pouvoir. L'amour était un privilège des plus pauvres, leur seule richesse, donc. Le maître n'était pas le roi, le maître n'était même pas humain, en vérité, c'était le pouvoir, la fortune, l'ambition... Ils guidaient les hommes, les changeaient... Et les sentiments n'avaient pas leur place dans tout ça.

Il n'y avait pas de moyens de se dérober, il n'y avait pas d'alternative. Gwynplaine devait épouser Josian, et Josiane devait épouser Gwynplaine. Ils n'avaient pas le choix.


"Ne fais donc pas tant d'histoires"
, ajouta-t-elle d'un ton las. Parce qu'ils n'avaient pas le choix quoi qu'il en soit. Alors autant l'accepter et faire avec. La duchesse n'avait pas la moindre intention de se rebeller contre le système quoi qu'il en soit. "Celle que tu comptais épouser deviendra ta maîtresse, et celui que l'on m'avait promis pour mari deviendra mon amant, voilà tout."


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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Lun 25 Déc - 19:10

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Pourquoi oui, pourquoi il devait se retrouver à épouser la femme qui se trouvait sous ses yeux ? Il ne ressentait rien pour elle, mais en même temps, Gwynplaine se doutait qu’il ne devait pas avoir besoin de le faire… que dans ce monde il n’y avait pas de question de sentiment. Pour autant, il ne pouvait pas s’empêcher de se poser la question. Josiane affirma d’ailleurs que rien dans la haute sphère n’était question de sentiment et au fond, Gwynplaine comprenait bien qu’il ne parviendrait pas à obtenir une réponse qui pourrait réellement le satisfaire. Quand la duchesse lui demanda s’il pensait que le roi avait choisi son épouse, Gwynplaine ne pouvait que comprendre que quoi qu’il dise, il ne parviendrait pas à réellement comprendre la situation. Pour la simple et bonne raison qu’au fond, il ne comprenait pas ce monde. Oh, il n’était pas naïf au point de croire que toutes les personnes de la haute société choisissaient leurs époux, mais en même temps, il ne pensait pas que quelqu’un, que le roi lui-même, viendrait choisir son épouse à lui. Pourquoi donc ? Pourquoi est-ce qu’après toutes ces années où il avait vécu comme un saltimbanque, il devait se retrouver à un homme de la haute sphère et donc devoir épouser celle qu’on lui demandait d’épouser. Non… qu’on lui ordonnait de le faire.

Gwynplaine baissa son regard quand Josiane lui affirma qu’il ne devait pas faire tant d’histoire. C’était facile à dire pour elle, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie d’en faire des histoires. Il apprenait que ses parents étaient des membres de la haute société et maintenant, il devait épouser cette femme devant lui alors… alors qu’au fond, il s’était dit qu’il pouvait enfin offrir la vie que Déa méritait. Même s’il ne pouvait pas nier qu’il y avait toujours eu quelque chose de particulier chez cette femme. Mais il n’avait plus réellement de raison de l’apprécier ou encore d’apprécier la situation, encore moins quand la duchesse affirma que celle qu’il voudrait épouser n’avait qu’à devenir sa maitresse, pendant que l’homme qu’elle aurait dû épouser normalement deviendrait son amant. Sérieusement ? Le jeune homme avait conscience du fait que ce monde était particulièrement corrompu, mais il avait un peu de mal avec le fait d’entendre cette femme parler si naturellement d’adultère.

« Voilà tout ? » Demanda-t-il alors, ne parvenant pas à s’empêcher de montrer à quel point il était tout de même choqué d’entendre de tels propos. Cela semblait si naturel, ce qui ne manquait pas de prouver que ce monde était particulièrement corrompu. Qu’à cause du pouvoir, ceux qui se trouvaient dans la haute société vivait dans des travers. Trop concentré sur ce genre de chose, au point de ne pas voir à quel point le bas peuple pouvait souffrir. « Vous trouvez cela normal de se marier et de planifier déjà d’avoir des maitresses ou des amants ? »

Ce qu’il ne pouvait pas envisager de son côté, clairement pas.
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Mar 9 Jan - 17:14


« Voilà tout ? »
La situation ne plaisait pas le moins du monde à la duchesse, qui n'avait pas la moindre envie d'épouser Gwynplaine, qui voyait des plans planifiés de longue date être contrariés par des événements extérieurs sur lesquels elle n'avait guère su ni pu avoir de prise. Tout était parfaitement clair dans sa tête, elle savait très exactement comment les choses se passeraient, et ça lui convenait très bien ainsi.

Mais malgré tout, elle trouvait assez amusant de constater l'attitude de Gwynplaine, la manière dont il s'offusquer d'une chose à laquelle il devrait pourtant s'habituer dès maintenant s'il voulait se faire sa place dans le monde de requins qu'était la haute noblesse. Josiane baignait dedans depuis sa plus tendre enfance, rien ne pouvait vraiment la surprendre. L'attrister, l'agacer, oui, mais la surprendre non.

Gwynplaine, en revanche, révélait de lui une innocence bien moins séduisante que toute l'irrévérence dont il faisait preuve quand il était sur scène et qui avait su si bien l'attirer jusqu'alors.


« Vous trouvez cela normal de se marier et de planifier déjà d’avoir des maitresses ou des amants ? »


Au fond, Josiane le trouverait presque hypocrite. Choisir de se marier et planifier d'avoir des maîtresses et des amants, tout le monde le faisait, dans les hautes sphères de la noblesse tout comme dans le petit pays. Combien de paysans mariaient leurs enfants dans l'espoir de
dots un peu plus confortables ? Les mariages d'amour n'était que des songes.


"Je ne te pensais pas à ce point crédule"
, observa la duchesse avec dans la voix une pointe de déception.

Et au-delà de la crédulité, elle avancerait bien aussi une petite pointe d'hypocrisie. Avec un peu d'insistance, elle était convaincue que le jeune homme aurait fini par céder à ses avances. Il était tenté d'être l'amant alors qu'il prétendait dans le même temps n'avoir d'yeux que pour la pure et sensible Dea. Il est facile de s'offusquer, moins facile de se regarder en face... sans doute moins encore quand on avait le faciès de l'homme qui rit, d'ailleurs.


"Qu'est-ce qui est normal, Gwynplaine ?"
demanda-t-elle en plantant son regard dans le sien. "La normalité ne sait même pas se définir alors pourquoi lui accorderais-tu la moindre valeur ? Es-tu seulement normal, toi ?" En un regard, nombre d'hommes et de femmes assureraient que non. Elle ajouta alors : "Ne voulais-tu pas faire de moi ta maîtresse ?"
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Mer 7 Mar - 12:29

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Ça semblait si naturel pour la duchesse, elle ne semblait que si peu offusqué qu’on ne lui laisse pas le choix. En un sens, Gwynplaine savait bien que dans les hautes sphères de la société, c’était toujours l’argent et le pouvoir qui régissait tout. Son père n’avait-il pas fuit à cause de cela d’ailleurs ? Au point que nulle ne sache qu’il existait, et que ça aurait continuait comme cela si l’inspecteur Javert n’avait pas mis son nez dans ces affaires. Alors oui, Gwynplaine devait se rendre à l’évidence, c’était sans doute tout cela qui était normal. Mais en même temps, il trouvait ça si horrible. Comment pouvait-elle lui proposer sincèrement de l’épouser et de faire de Déa sa maitresse, comme si c’était juste naturel. Comme si un mariage n’avait que si peu d’importance. Et c’était le cas sans doute en fait…

La duchesse lui rétorqua qu’elle le trouvait crédule, avant de le questionner sur la normalité. Le jeune homme n’appréciait clairement pas leur conversation, ça n’avait définitivement rien à voir avec les instants où ils parlaient autrefois, où il était même prêt à céder à ses avances. En parlant de ça d’ailleurs… Gwynplaine tiqua quand Josiane lui demanda si lui-même était normal, se doutant parfaitement de la réponse qu’elle attendait. C’était sûr que le jeune homme n’avait sans doute rien de normal pour le commun des mortels, ce n’était pas pour rien qu’il se cachait d’ailleurs. Mais ce ne fut rien en comparaison de sa dernière remarque.

« Ce… » Ce quoi ? Gwynplaine ne pouvait pas réellement lui donner tort en un sens. Il n’avait jamais réellement pu cacher les sentiments qu’il avait pour Déa, celle qu’il ne considérait plus comme sa sœur depuis bien longtemps, celle qu’il aimait d’un amour si pur qui détonnait avec son visage de monstre. Celle qu’il n’avait pas eu envie de ternir par son amour justement, par sa présence, mais avec qui il ne pouvait plus nier avoir de l’espoir cependant. « Ce n’est pas la même chose. »

Tenta-t-il de s’expliquer, quand bien même ce n’était sans doute pas du tout crédible. En même temps, Josiane avait raison, on ne pouvait pas vraiment dire qu’il avait mis tant de cœur que cela à repousser ses avances. Ils savaient l’un comme l’autre que ça aurait pu aller bien plus loin, qu’avec un peu de temps… ça aurait été plus loin. Mais est-ce que ça changeait grand-chose à la situation ? Non, parce qu’il n’était alors pas question de mariage, d’union officielle et de relation cachée ensuite. Il ne voulait pas faire ça à Déa. Mais pouvait-il seulement envisager de tout refuser, de renoncer à tout ?

« Et si je refuse ? »
Demanda-t-il alors, se doutant malheureusement de la réponse.

Il était évident que le jeune homme n’aurait pas l’occasion de jouir de l’héritage de son père biologique s’il décidait de refuser le mariage. Est-ce que ça serait la seule conséquence ? Peut-être, mais c’était la pire. Parce qu’il ne pouvait pas réellement faire marche arrière.
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Lun 19 Mar - 17:14

« Ce… Ce n’est pas la même chose. »

Josiane ne prit même pas la peine de contredire son interlocuteur, elle était convaincue qu'il savait qu'il disait vrai. Il cherchait à s'en défendre, il n'empêche que c'était tout de même elle qui avait raison. Il n'aimait sans doute pas devoir entendre tout cela, mais il n'y a que la vérité qui blesse, après tout.

C'était la même chose, sensiblement la même chose. Et forcément, il devait en avoir conscience. Il pouvait se draper derrière son orgueil et une certaine bonne conscience mais ils n'étaient pas loin d'être faits du même bois tous les deux. C'était ce qui l'avait attirée chez lui pour commencer, et cela, ça n'avait pas changé, elle le pensait toujours.

Il n'y avait pas matière à discuter la situation dans tous les cas, elle était comme elle était. Gwynplaine se retrouvait propulsé dans les rouages de la noblesse, de la fortune et du pouvoir, et il n'avait pas le choix. Il fallait qu'il l'accepte. C'était ce qu'il avait voulu, il avait juste refusé de voir la laideur derrière la façade attirante de tout ce qui a trait au faste et au luxe. Il était bien placé, pourtant, pour savoir à quel point les apparences pouvaient bien être trompeuses.


« Et si je refuse ? »

C'était bien simple de refuser maintenant, mais il était trop tard. Il était là, cet univers qui avait longtemps été fantasmé pour lui devait devenir le sien, et maintenant que son nom était connu (et moqué) dans les plus hautes sphères, il n'était plus en droit de se détourner et de faire comme si de rien n'était.

Il pouvait bien refuser et en admirer les conséquences, mais Josiane l'estimait plus intelligent que cela. Il devait savoir, comprendre à l'avance ce qui allait se passer et ce que ça représenterait très spécifiquement.

Elle donna à Gwynplaine la réponse qu'il n'attendait peut-être pas, mais peut-être aussi celle qu'il savait inévitable, parce que les choses devaient se passer comme ça.

"Tu peux toujours essayer... pour voir"
, suggéra-t-elle dans un fin sourire. "Mais prends garde à toi." Elle marqua une pause. "Ton père a voulu s'extraire de notre monde, je ne crois pas que ça lui ait vraiment réussi."


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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Lun 14 Mai - 14:03

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine n’était pas naïf au point de croire que s’il refusait, il n’y aurait aucune conséquence. Au vu de la situation, il ne pouvait que considérer qu’il ne pouvait clairement pas refuser… à moins de tout perdre. Il se doutait donc que ce n’était pas si facile que ça, mais ce n’était pas pour autant qu’il ne pouvait pas poser un la question, afin de s’assurer de la situation. Parce que non, forcément, le jeune homme ne pouvait en aucun cas avoir envie d’épouser la duchesse devant ses yeux. Non pas qu’il ne puisse pas l’apprécier, mais ce n’était pas cette femme qu’il avait envie d’épouser. Au vu de la situation, au vu de ce qui se passait, Gwynplaine ne pouvait qu’avoir envie de se rapprocher officiellement de Déa, de faire d’elle sa femme officiellement, puisqu’elle était celle qu’il aimait. Forcément, le jeune home n’avait donc aucune envie de gâcher ça, parce qu’il voulait épouser Déa et que s’il épousait Josiane, ça ne serait pas possible.

La duchesse lui affirma donc qu’il pouvait toujours essayer pour voir, mais Gwynplaine comprenait parfaitement qu’elle ne disait pas ça dans le but de le pousser à le faire, bien au contraire. Elle disait ça justement parce qu’il n’était pas vraiment envisageable qu’il le fasse en réalité, qu’il était sans doute allé bien trop loin pour pouvoir reculer à présent. Parce qu’il ne se contentait pas de savoir qu’il appartenait à un cercle de la société particulière, ce cercle le savait parfaitement maintenant. Tout le monde avait conscience – du moins, ceux qui faisaient parti de ce monde, il était évident que les petits gens ne savaient rien du tout de leur côté et ils ne devaient pas en avoir quelque chose à faire, puisque ça n’allait clairement pas changer leur situation – et donc il ne pouvait pas se contenter de revenir à sa petite vie tranquille. Et en un sens, Gwynplaine ne pouvait pas nier qu’il n’avait pas spécialement envie de revenir en arrière. Parce qu’il avait en vision cette « belle » vie qu’on était en train de lui offrir et il n’avait pas spécialement envie d’y renoncer, surtout avec tout ce qu’il osait croire pouvoir s’offrir. Mais malheureusement, le prix à payer était loin d’être petit. La duchesse ne manqua pas de préciser d’ailleurs que son père avait tenté de s’extraire de cette vie et on voyait bien ce que ça avait donné. Mais justement, en un sens, le jeune homme n’aurait sans doute pas vécu ce qu’il avait vécu tout ce temps, avec les Comprachicos si jamais son père n’avait pas cherché à renoncer à ce monde. Le jeune homme ne répondit pas tout de suite, parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de se dire justement qu’il ne pouvait pas revenir en arrière, mais que c’était ce qu’il devrait faire. Qu’en toute logique, il devrait abandonner, renoncer et reprendre sa vie sur les routes avec Ursus et Déa. Sauf que tout cela était à porté de main…

« Si je n’ai pas le choix. »

Se contenta-t-il donc de dire, acceptant à demi mot ce qu’il devait faire.
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 18 Mai - 12:57


« Si je n’ai pas le choix. »

Un léger sourire décora les lèvres de Josiane. Elle n'était pas beaucoup plus enthousiaste que lui à l'idée de l'épouser et, en conséquence, de remettre en cause tout ce qu'elle avait estimé devoir fonder son avenir, mais se révolter ne résoudrait rien, il fallait faire avec cette nouvelle situation et, à long terme, en tirer avantage.

Et franchement, si l'un des deux devait avoir à perdre dans l'affaire, c'était bien elle. En devenant madame de Clancharlie, elle deviendrait également la risée de la cour, la femme du défiguré. Lui, épousait une femme dont on avait plus d'une fois vanté les charmes. Il était assez certain que l'inverse ne se produirait pas. Josiane était la plus à plaindre, oui, car même si elle avait toujours éprouvé une fascination certaine pour la "monstruosité" de Gwynplaine, elle n'était pas prête à lui céder sa main. Mais puisqu'elle n'était pas prête non plus à renoncer à la fortune sur laquelle elle veillait depuis si longtemps... Eh bien, tant pis.

Elle trouvait, en fin de compte, que Gwynplaine se résignait assez rapidement. Certes, il n'avait en effet qu'un choix illusoire, qu'on lui ferait chèrement payé s'il ne faisait pas le bon (et à elle aussi, mais elle payait déjà le prix fort également), mais elle s'était attendue à ce qu'il insiste tout de même bien plus que cela. Finalement, peut-être n'était-il pas si dérangé, si indigné. Sa seule réserve devait concerner la belle et pure Dea, mais elle ne serait restée ni belle, ni pure bien longtemps dans leur monde. Cette issue était la seule qu'il pouvaient convoiter, ne leur en déplaise.


"N'aie pas l'air si déçu, Gwynplaine. Tu posséderas bientôt tout ce que tu as toujours convoité." Y compris elle. Du moins sur le papier. Physiquement, c'était une autre affaire. "Quant au reste... la réalité aurait tôt fait de te décevoir."

Et la réalité de ce monde était cruelle, elle n'épargnait personne, même les individus les plus rodés à l'exercice, dont elle appréciait affirmer faire partie. Il commençait à l'entrevoir, mais il était loin d'avoir tout vu encore. Cela viendrait, et rapidement. Il pensait voir l'envers de la médaille, mais quand ce serait fait, il comprendrait.

"Je ne saurais que trop te conseiller de faire tes adieux à ton prétendu père et à la belle Dea, tant que tu le peux encore."

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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Mar 31 Juil - 17:02

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine avait envie de se dire qu’il avait quand même le choix, qu’il pouvait faire autrement… mais il se rendait bien compte que ce n’était pas si évident que ça. S’il voulait pouvoir obtenir sa fortune, récupérer ce qui lui était dû, il devait faire selon le bon vouloir de la couronne. Et en cet instant précis, le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il comprenait peut-être un peu mieux pourquoi son géniteur avait décidé de tout quitté, il y avait de cela bien longtemps. Il avait envie de protester, mais il semblait évident qu’il ne pouvait pas le faire. Il devait avoir un autre choix quand même, comme celui de tout abandonner et de repartir sur les routes en compagnie de sa famille… d’Ursus et de Déa. Mais il avait tant espéré après cette fortune, après ce monde de lumière. Comment pourraient-ils repartir sur les routes ? Sans rien, sans argent. Est-ce que même ils pouvaient revenir en arrière comme cela ? Ne viendrait-on pas le blâmer de tout abandonner pour une vie sur les routes ? Clairement, Gwynplaine était de plus en plus perdu et il n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire. Le pire, c’était que les seules personnes à qui il pourrait réellement se confier étaient son père de cœur et Déa et… comment leur dire ça ? Comment lui dire ça ? Déa allait forcément avoir le cœur brisé en découvrant qu’on lui demandait d’épouser la duchesse.

Celle-ci qui lui affirma d’ailleurs qu’il n’avait pas à être si déçu, parce qu’il allait justement pouvoir obtenir tout ce qu’il avait désiré. Effectivement, il y avait la fortune de son père tout de même, une vie sans ventre vide, plus aucun besoin de se poser des questions. Mais aussi, peut-être la possibilité de changer un peu la mentalité des hautes instances de la société. Il aurait une voix, il allait pouvoir parler, s’exprimer. Et puis… il ne pouvait pas nier que même s’il aimait éperdument Déa, il avait quand même désiré la femme sous ses yeux. Mais malgré tout, Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher de se sentir mal, surtout alors que la duchesse ne manqua pas d’affirmer qu’elle lui conseillait de faire ses adieux à son père et à Déa.

« Je n’ai aucune envie de leur faire mes adieux. » Rétorqua-t-il, quand bien même encore une fois il avait le sentiment de ne pas avoir son destin entre ses mains. Il pensait ne pas l’avoir quand il n’était qu’un saltimbanque devant gagner sa vie tant bien que mal. Il avait cru pouvoir prendre sa vie en main en découvrant ses origines, mais finalement il s’avérait que c’était encore moins le cas. Mais une chose était sûre, il n’avait aucune envie de renoncer à son père de cœur et à la belle Déa. « On ne me prendra pas tout. » Précisa-t-il, même s’il était sans doute évident qu’il n’aurait pas son mot à dire dans tous les cas.

Et qu’il ne pouvait pas forcer Ursus et Déa a supporter cette situation.
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 3 Aoû - 13:55



« Je n’ai aucune envie de leur faire mes adieux. »


Josiane poussa un soupir, partagé entre agacement et ennui. Définitivement, Gwynplaine lui apparaissait bien plus agréable et séduisant quand il n'était qu'un saltimbanque à l'ignoble figure. Ce monde et le rôle qu'on l'exhortait de remplir ne lui convenaient absolument pas.

Le jeune homme ne disait rien que la duchesse ne sache déjà. Oui, elle avait bien compris qu'il n'avait pas envie de renoncer à l'homme qu'il considérait comme un père, et à la soeur qu'il considérait comme une déesse, mais elle était lasse de s'obstiner à lui faire comprendre tout cela. Elle se disait que les circonstances s'en chargeraient bien mieux qu'elle, et elle y comptait.

Même si elle aussi, au fond, ne serait pas contre un quelconque contrecoup du sort qui annulerait l'ordre d'au-dessus qui les sommait de se marier. Elle avait envisagé son avenir de bien des manières, mais pas ainsi. Mais qu'importe le début d'état d'âme qu'elle pourrait avoir, ce dernier serait naturellement étouffé par ceux de Gwynplaine qui les exprimait à grand cri, dans des élans aussi impérieux qu'épuisants.


« On ne me prendra pas tout. »


Oh mais ce qu'il pouvait être mélodramatique, ce Gwynplaine ! Combien d'hommes rêveraient d'être à sa place, pourtant : passer de la fange à la gloire, du taudis au palace, de la paillasse à la fortune. Lui-même en avait rêvé avant de se rappeler, pauvre bougre, que l'on obtient jamais rien sans sacrifier à la vie autre chose en retour. C'est ainsi que les choses avaient toujours fonctionné, il était bien temps qu'il le découvre, Josiane aurait pensé qu'il le savait déjà.

On ne lui prenait pas tout, on lui donnait tout. Mais Gwynplaine était certainement de ces éternels insatisfaits qui ne savent se complaire dans aucune situation.


"Tu me fatigues, Gwynplaine", soupira Josiane que l'homme qui rit ne faisait plus tant rire à présent. "Va donc présenter tes doléances au roi, si la situation te dérange. Je serais curieuse d'entendre sa réponse."

Qu'il cesse de s'obstiner ou de croire qu'il était libre de faire ce qu'il voulait, ce n'était pas le cas, et il fallait qu'il l'admette une bonne fois pour toutes plutôt que d'insister à l'aveugle.

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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Lun 8 Oct - 11:03

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine n’y pouvait rien, il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’on lui demandait beaucoup trop de sacrifice comparé à ce qu’il allait obtenir. En même temps, on ne pouvait pas cacher le fait qu’il obtenait beaucoup, par la force des choses, mais il était hors de question pour le jeune homme d’abandonner sa famille. Même si évidemment, il pourrait difficile justifier le fait qu’il était obligé d’épouser la femme sous ses yeux. Comment Déa allait prendre cette information ? Mal, forcément, elle ne pouvait que le prendre mal, surtout avec toutes les promesses que le jeune homme n’avait pas manqué de lui faire. Et il les avait fait, évidemment, en était parfaitement sincère. Sauf qu’il n’avait pas réalisé ce qu’il y avait derrière tout cela, le fait que sa vie ne lui appartenait pas forcément autant qu’il le voudrait. Qu’en acceptant un héritage qu’il n’avait pas envisagé d’obtenir, il allait perdre une partie de sa liberté. Sauf qu’en même temps, il ne parvenait pas à se dire qu’il pouvait juste revenir en arrière. Gwynplaine n’était même pas certain de pouvoir revenir en arrière, de pouvoir abandonner la machine qui s’était mise en route si rapidement l’entraînant vers une destination qu’il n’avait pas imaginé telle qu’elle était. Qui avait pourtant eu l’air savoureuse en premier abord, si lumineuse.

Josiane affirma qu’il la fatiguait, et Gwynplaine ne prit pas forcément la peine de se préoccuper de ce détail. La Duchesse avait été particulièrement attirante jusqu’à présent, il y avait comme un sentiment d’interdit, de dangereux, d’envie de jouer avec le feu. Mais ce sentiment était en train de disparaître, il avait même déjà disparu en réalité. Il avait cru pendant un temps qu’il désirait cette femme, mais maintenant qu’il apprenait devoir logiquement l’épouser, il n’en voulait plus une seule seconde. Elle lui affirma donc qu’il n’avait qu’à présenter ses doléances au roi, ne manquant pas de confirmer le fait qu’il ne répondrait pas en sa faveur, bien au contraire.

« Je le ferais. »
Dit-il alors, même si en réalité on ne pouvait pas dire qu’il pensait vraiment ces mots. Parce qu’en fait, Gwynplaine ne pouvait pas nier qu’il s’imaginait assez mal se présenter devant le roi et réclamer à ne pas épouser Josiane, à ne pas perdre sa famille. Il voulait simplement être le fils de son père, l’héritier de Clancharlie et ne plus avoir à se soucier de la vie, pouvoir être heureux, riche et sans soucis. Mais avait-il le choix ? Non sans doute pas, il valait mieux qu’il tente le tout pour le tout. « Il me faut y aller. » Il ne pensait pas utile de continuer cette conversation et la présence de la Duchesse lui était clairement plus difficile à supporter.
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