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 Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)

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Message#Sujet: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 14 Avr - 10:56


Le retour du fils légitime de Linnaeus Clancharlie avait bouleversé les hautes sphères de la noblesse au plus haut point, et si deux acteurs de cet univers devaient être frontalement touchés par ce concours de circonstances, c’étaient bien la duchesse d’Aurevilly et celui qui avait été son promis jusqu’alors, et le seul à pouvoir alors prétendre à l’héritage des Clancharlie, tout illégitime était-il. David Dirry-Moir, donc.

Pour ce dernier, la situation apparaissait plus que compromise. Il ne pouvait rien contre l’homme qui n’avait qu’un mot à dire pour lui voler tous ses biens, tous ses titres (et à vrai dire, sa fiancée également), et jusqu’à sa dignité. Josiane, elle pouvait encore s’en tirer à bon compte.

L’accord avait été plus ou moins conclu sans l’aval des principaux concernés. L’on avait convenu que laisser au parvenu qu’était le saltimbanque Gwynplaine Girardet (l’homme qui rit, donc) une fortune que tout un chacun trouvait qu’il déméritait, ce n’était pas concevable. Josiane avait pris soin de la fortune des Clancharlie depuis de nombreuses années, à présent. Et à grand renfort de closes obscures et d’alinéas. Considérée comme pair de France, Josiane avait tous les droits de ne pas se laisser destituer de ses titres et de choisir de les partager encore. Mais restait alors qu’une condition sine qua non se devait d’être remplie : Josiane devait épouser Gwynplaine. Gwynplaine devait épouser Josiane.

L’on pourrait penser que ça ne la dérangerait pas tant que ça. Ceux qui s’étaient permis d’y être attentifs savaient que Josiane connaissait déjà celui qui pourrait bien être son futur époux, et qu’elle lui portait un intérêt soutenu. Mais si, cela la dérangeait.

Josiane avait convenu d’une chose, sûre et certaine, évidente. Elle voulait de Gwynplaine pour amant tout comme elle acceptait David pour mari (sans pour autant avancer la date de leur union, qui n’avait maintenant plus de réelle raison d’être). L’inverse était concevable, mais difficilement tolérable.

La laideur grossière de Gwynplaine la séduisait, l’attirait, réellement. Mais elle ne se voyait certainement pas un homme tel que celui-ci partager son foyer, sa vie, son nom, sa fortune… S’il devenait son mari, alors elle ne voulait plus du tout qu’il soit son amant. Elle serait la risée de toute la France. Elle n’avait rien mérité de tel… mais renoncer à la fortune sur laquelle elle avait veillé jusqu’alors comme à la prunelle de ses yeux était hors de question. L’avarice dominait sur la luxure. D’autant plus que si elle la suggérait sans cesse, cette luxure, elle n’y goûtait jamais, n’y goûterait pas pour l’heure.

Quoi qu’il en soit, revoir Gwynplaine était pour l’heure indispensable. La duchesse était donc allée le trouver à Montmartre, où il se trouvait avec sa famille. Quand elle le trouva, elle s’adressa à lui alors avec plus de froideur que jusqu’alors.


« Bonjour, Gwynplaine. »

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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Jeu 1 Juin - 22:35

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
C’était officiel, Gwynplaine était de retour sur le devant de la scène, mais clairement pas de la même façon qu’autrefois. L’homme qui rit n’existait plus vraiment, parce qu’il ne jouait plus sur scène, mais Gwynplaine Clancharlie arrivait sur scène. Au fond, Gwynplaine ne savait pas du tout ce qu’il devait penser de tout cela. Oh, il adorait l’idée d’avoir ces richesses, parce que tout cela lui faisait de l’œil depuis qu’il était arrivé à Paris en compagnie de sa famille. Autrefois, l’homme qui rit pensait qu’il pouvait se contenter de peu avec Ursus et Déa, mais depuis qu’ils étaient là, depuis que Gwynplaine avait eu l’occasion de voir la haute société, elle lui avait fait de l’œil. Il avait cru désirer jouer devant le roi de France, mais au final ce n’était plus du tout ce qu’il désirait. En tout cas, le jeune homme appréciait l’idée d’avoir tout cet argent et de pouvoir offrir à Déa la vie qu’elle méritait vraiment. Eux et Ursus – parce que même si l’écrivain avait décidé de les quitter, Gwynplaine n’acceptait pas cette décision et il comptait d’ailleurs sur sa « sœur de cœur » pour faire changer d’avis à leur père d’adoption – n’auraient plus du tout à se soucier de quoi que ce soit dans la vie. Ils allaient pouvoir vivre, tranquillement, sans avoir peur de ne pas pouvoir manger le lendemain. Sans devoir se donner du mal pour gagner leur vie. En un sens, cela pinçait un peu le cœur du jeune homme de se dire qu’il ne monterait plus sur scène, mais c’était une nouvelle aventure qui commençait.

Du moins, c’était ce que Gwynplaine avait en tête, sans se douter une seule seconde de ce qui avait été prévu dans son dos. Parce que le jeune homme était incapable de se douter qu’au final, il n’était pas vraiment décisionnaire et que des personnes plus hautement placées encore décidait de son sort. Parce que non, il ne pensait pas une seconde qu’on pouvait décider les choses à sa place. Il pensait, au vu de l’héritage de son père (enfin, de son géniteur) et du pouvoir qu’il avait, qu’il pourrait prendre ses propres décisions. Gwynplaine ignorait complètement de la réalité de ce monde, parce que finalement il n’en avait jamais fait partie. Et au final, il aurait sans doute dû ne jamais y faire partie non plus. Parce qu’il était complètement ignorant du « noble jeu ». Mais il ne pouvait plus faire marche arrière et dans tous les cas, il n’avait aucune envie de faire marche arrière. Même si pour l’heure, il n’était pas encore à sa « place ». Il profitait tout simplement d’une journée calme avec sa famille, quand il eut la visite de la duchesse. Depuis toute cette histoire, le jeune homme ne savait plus quoi penser de la « sorcière rouge ». Le fait de la voir, cela lui rappelait tout ce qu’il avait pu ressentir à chaque fois qu’elle venait voir le spectacle. Mais maintenant, il avait quand même découvert des choses étranges grâce à l’inspecteur Javert.

« Bonjour. » Répondit-il sur un ton qui égalait celui, plus froid (que Gwynplaine ne put que constater), de la Duchesse. « Qu’est-ce que vous voulez ? »
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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 16 Juin - 10:12


Pendant des semaines et des semaines, Josiane avait éprouvé envers Gwynplaine une attirance proportionnellement égale à l'horreur que son visage lui inspirait. Elle qui n'avait jamais jeté sincèrement son dévolu sur aucun homme, elle qui avait séduit pour mieux rejeter, s'était sincèrement laissée tentée par l'apparence singulière et terrible du saltimbanque. Elle l'avait cru, pensé sincèrement, Gwynplaine Girardet serait son amant.

Gwynplaine Girardet, oui, mais certainement pas Gwynplaine Clancharlie. Quand elle posait les yeux sur cet homme, elle ne reconnaissait plus rien de ce qui lui avait plu en premier lieu, le sentiment de transgression, l'attirance implacable, étaient de lointains souvenirs. En le regardant, en s'attardant sur les détails de son hideuse incarnation, elle avait conscience de ce qui lui avait plu, mais elle avait aussi conscience de ce qui ne lui plaisait plus à présent. Gwynplaine aurait été un amant parfait, il serait tout sauf le mari de ses rêves. Pourrait-elle retarder l'échéance de leurs épousailles comme ils avaient su si bien le faire avec David ? Elle redoutait que non. Les enjeux n'étaient plus le même, et on le lui ferait sans doute comprendre sans l'ombre d'un doute.


« Bonjour. Qu’est-ce que vous voulez ? »

Le ton dont Gwynplaine fit usage était froid, aussi froid que celui qu'elle avait employé tantôt. C'était sûrement normal et de bonne guerre, mais Josiane se sentit à vrai dire vexée d'une telle attitude. S'il ne l'attirait plus, elle avait tout de même la fierté de vouloir croire qu'elle l'attirait toujours, elle voulait que cette nouvelle le dévaste lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons qu'elle. Elle était en colère contre cette situation, alors elle était en colère contre lui. Quoi de plus normal.

Ce qu'elle voulait n'avait rien à voir avec ce qu'on exigeait d'elle. Rien à voir du tout. Et elle n'allait pas tarder à l'expliquer presque en ces termes à son interlocuteur.


"Ce que je veux n'a malheureusement que peu à voir avec ce que je suis venu te dire", répondit-elle, toujours passablement froide.

En froideur, elle s'y connaissait, Josiane pouvait être au-delà de glaciale avec ceux qui avaient le malheur de l'importuner. Mais en cette situation, sa froideur n'avait pas pour but de seulement mettre à vif les nerfs de son interlocuteur. Elle vivait une situation très désagréable, et elle l'exorcisait en mot et en acte.

Elle ne dit rien. Elle préféra tendre à Gwynplaine le mot fatidique qu'elle avait reçu le matin même.


Madame,

Nous vous envoyons gracieusement la copie ci-jointe d’un procès-verbal, certifié et signé par notre serviteur William Cowper, lord chancelier de ce royaume d’Angleterre, et duquel il résulte cette particularité considérable que le fils légitime de lord Linnaeus Clancharlie vient d’être constaté et retrouvé, sous le nom de Gwynplaine, dans la bassesse d’une existence ambulante et vagabonde et parmi des saltimbanques. Cette suppression d’état remonte à son plus bas âge. En conséquence des lois du royaume, et en vertu de son droit héréditaire, lord Fermain Clancharlie, fils de lord Linnaeus, sera, ce jourd’hui même, admis et réintégré parmi les siens. C’est pourquoi, voulant vous bien traiter et vous conserver la transmission des biens et domaines des seigneurs Clancharlie, nous le substituons dans vos bonnes grâces au seigneur David Dirry-Moir. Nous commandons et voulons que monsieur Clancharlie, nommé jusqu’à ce jour Gwynplaine, soit votre mari, et vous l’épouserez, et c’est notre plaisir royal.


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Message#Sujet: Re: Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent. (Gwynllaine)   Ven 11 Aoû - 17:11

Un mariage n'est rien qu'un contrat. Œil pour œil, dent pour dent.
Gwynplaine ne pouvait pas nier qu’il voyait toujours en quoi la duchesse avait pu l’attirer, les attraits qu’il avait aimé chez elle. Mais il y avait quand même quelque chose de différent à présent. Le jeune homme ne saurait dire ce que cela était, il ne savait pas pourquoi il ressentait beaucoup moins d’attirance pour elle. Est-ce qu’il n’en ressentait plus ? Évidemment que non, c’était impossible que ça arrive. La duchesse était quand même une femme magnifique, qui avait plus d’un charme. Elle avait aussi se côté où elle semblait toujours obtenir ce qu’elle voulait, qui avait eu le don de plaisir au jeune homme. Sauf que maintenant, sa vision avait quelque peu changé. Gwynplaine avait été fasciné par ce monde, par la noblesse, sans doute parce qu’une part de lui avait cherché à vivre de nouveau à l’intérieur, parce qu’il était né dans ce monde. Dans tous les cas, il sentait bien qu’il y avait quelque chose de différent maintenant, même s’il ne pouvait pas vraiment l’expliquer. Et lorsque Josiane d'Aurevilly lui parlait, il sentait bien qu’il y avait une différence de son côté également. Il était évident qu’elle devait savoir maintenant qui il était réellement et Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher de se demander si elle n’était pas responsable de sa disparition, afin de mettre la main sur la fortune de sa famille.

La femme lui affirma alors que ce qu’elle désirait ne correspondait pas à ce qu’elle était venue lui dire. Gwynplaine s’apprêta à reprendre la parole, afin de poser plus de question à la duchesse, afin d’en savoir plus, mais celle-ci lui tendit alors un billet. Curieux, évidemment, le jeune homme l’ouvrit afin de lire le mot qui s’y trouvait (merci Ursus de savoir lire et écrire et d’avoir partagé ses connaissances), sans se douter une seule seconde de ce qu’il était sur le point de découvrir.

Gwynplaine reconnu le nom de son père sur le billet, le même que celui que l’inspecteur Javert lui avait montré. La lettre parlait donc du fait qu’il avait été retrouvé dans une vie de saltimbanque, une vie que Gwynplaine avait apprécié quand même soit dit en passant, même si cela ne semblait pas plaire aux plus hauts. Il vit ensuite son nom, Fermain Clancharlie. C’était lui, évidemment, le fils de Lord Linnaeus Clancharlie, mais il ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça étrange. Le courrier affirmait qu’il était réintégré à son rang, dans sa place. Ça c’était une bonne nouvelle, mais il n’y avait pas que ça. Ça parla un instant de l’héritage du saltimbanque qui devait lui revenir, quoi de plus normal et apparemment, la duchesse devait s’en occuper. Et puis, il y eu cette phrase, à la toute fin, ordonnant que la duchesse épouse Fermain Clancharlie. Pendant quelques seconde, Gwynplaine observa les mots sans rien dire, surpris de lire tout cela. C’était une lettre plus qu’officielle, une demande royale… mais ce n’était pas possible.

« Il n’est pas question que je devienne votre mari. » S’insurgea-t-il alors, sans se préoccuper du fait qu’il n’avait normalement pas le droit de tenir de tels propos. « Pourquoi on devrait m’ordonner de vous épouser ? »
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