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 La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)

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Message#Sujet: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Dim 4 Déc - 0:12

Déa & Gwynplaine
La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.
La décision de Gwynplaine était prise, il ne pouvait pas mettre de côté ce qu'il avait découvert sur sa famille. Avec ce qu'il venait d'apprendre, il ne pouvait pas faire comme s'il ne savait rien. Après tout, il était quand même l'héritier d'une grande fortune, qui allait pouvoir lui permettre d'avoir une vie bien meilleure. Bon, le saltimbanque n'avait pas non plus vraiment à se plaindre, ils s'en sortaient pas trop mal tous les trois. Ils ne roulaient pas sur l'or, bien sûr, mais ils n'avaient pas trop à se plaindre. Ils avaient quand même du pain sur la table chaque jour maintenant, leur pièce de théâtre marchait très bien. Gwynplaine aimait l'idée de monter sur scène chaque soir pour jouer les pièces d'Ursus, il aimait se retrouver devant la foule, de pouvoir montrer son visage à tous. Mais il ne pouvait pas faire comme s'il ne savait rien et comme si cet argent ne dormait pas tranquillement en l'attendant. Gwynplaine savait parfaitement que le théâtre allait sans doute lui manquer, mais la vie qu'il allait avoir et qu'il allait pouvoir offrir à Déa allaient prendre le dessus. Il pensait vraiment à sa soeur de coeur, il pensait vraiment à la jeune femme quand il pensait au fait d'accepter son héritage. L'aveugle allait pouvoir avoir la vie qu'elle méritait vraiment, qu'un ange comme elle méritait plus que tout. Peut-être, pour la première fois de leurs vies, il allait enfin pouvoir offrir quelque chose de beau à Déa. Ce n'était pas rien après tout, ça comptait énormément pour Gwynplaine. Et alors qu'il pensait au fait qu'ils allaient vivre dans un château - parce que c'était le cas, ils allaient vraiment avoir une vie de noble - le jeune homme devait bien se rendre à l'évidence que certain de ses démons prenaient beaucoup moins de place dans son esprit. De démon ou de sorcière, cela dépendait du point de vue.

C'était sans doute étrange, mais Gwynplaine devait bien se rendre à l'évidence que la duchesse prenait quand même beaucoup moins de place dans ses pensées, sans doute parce qu'il ne pensait plus autant aux pièces de théâtre également. Evidemment, la femme avait quand même sa place dans sa "nouvelle" histoire, mais c'était différent. Il ne cherchait pas à la revoir pour l'heure en tout cas, ce qui l'écartait un peu de lui au final. Rien n'était fait encore, Gwynplaine n'avait pas pris la peine d'aller voir l'inspecteur Javert encore pour l'informer qu'il voulait récupérer son nom et sa fortune (ainsi que sa place dans le parlement évidemment), parce qu'il avait envie d'en discuter avec Déa a avant. Il ne pensait pas que ça pourrait changer grand-chose, il n'avait pas envie que ça change quoi que ce soit. Mais puisque depuis sa grande conversation avec son père et sa "soeur de coeur" - qui n'avait vraiment plus rien de soeur dans son coeur - il avait eu l'occasion de discuter seul à seul avec Ursus. Gwynplaine avait juste envie d'en reparler à Déa. Ce fut donc pour cette raison qu'alors qu'ils se trouvaient seuls tous les deux dans la roulotte où ils vivaient pour l'heure, qu'il s'approcha d'elle.

« Déa. » D'un geste instinctif, Gwynplaine attrapa dans un geste tendre la main de l'aveugle. « Est-ce que ça te dit qu'on aille se promener un peu tous les deux ? »

Il avait le sentiment que ça faisait vraiment longtemps qu'ils ne l'avaient pas fait, qu'ils n'avaient pas été que tous les deux un peu.
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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Mer 7 Déc - 10:01


La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.

Dea ♠ Gwynplaine


Attendre, ne rien dire, voir venir... Voir dans le sens le plus métaphorique du terme, en ce qui me concerne. Voilà plusieurs jours que j'ai le sentiments de ne plus vivre dans l'instant présent, comme j'ai souvent eu usage de le faire, mais dans l'expectative. De quoi ? Si seulement je le savais ! Je ne le sais pas, malheureusement ! Je devine, j'esquisse, mais le dessin complet m'échappe. Je ne me faisais pas de soucis de notre avenir jusqu'à il y a peu, parce que pour moi, mon avenir serait comme ma vie : il y aurait Gwynplaine, il y aurait Ursus, il y aurait Homo, nous parcourerions les routes ensemble, sans autre but que d'être ensemble, nous étions une finalité en soi, il n'y avait pas autre chose, il n'y avai pas besoin d'autre chose. Puis l'ambition a dévoré les âmes, et nous avons rencontré Paris. Je peux bien blâmer toutes les duchesses du monde pour le sentiment de jalousie qu'elles me font découvrir, le vrai antagoniste est là, nous sommes en lui, nous respirons son air, nous sommes prisonniers de lui. C'est cet endroit, c'est cette ville, elle dévore nos âmes, elle émiette les coeurs à sa guise, sans considération pour ses hôtes. Ni moi, ni Ursus, ni Gwynplaine ne sommes les mêmes depuis que la capitale a fait sur nous son oeuvre dominatrice. Et elle continue, elle continue... Voilà donc que je découvre la terrible attente. L'attente d'une chose que je sais pourtant inéluctable.

Tout va changer, notre destin va changer. Comment pourrais-je seulement reprocher à Gwynplaine d'accepter son héritage ? Il en a le droit, il a parfaitement raison, et sans doute est-ce agréable, de dormir dans des draps de satin, de manger à chaque repas non seulement à sa faim mais des mets raffinés... Mais. Mais... J'étais naïve. Je voulais que rien ne change, et j'ai peur de ce qui nous attend maintenant. J'ai peur qu'à force de vouloir mon bonheur, Gwynplaine me rende malheureuse, pire encore, qu'il se rende malheureux aussi. On est toujours déçu par ce qu'on idéalise. Et je crois qu'il en attend trop des promesses qui lui ont été faites. Qu'est-ce que ce nom-là, d'ailleurs, Clancharlie ! J'aime tant mieux le nom que nous avons hérité de notre père ! Je ne veux l'échanger ni le nier. D'ailleurs, je crois qu'Ursus souffre plus que moi. Mais ce sera comme toujours, il râlera comme il sait si bien le faire. Mais il ne contestera pas. Pour lui.

Alors que nous nous retrouvons seuls, Gwynplaine prend doucement sa main. C'est incroyable comme un simple geste de lui sait si bien m'apaiser, même quand il est lui-même à l'origine de mes tourments. Je hoche la tête quand il me propose d'aller nous promener ensemble.

-Bien sûr.


Je me laisse entraîner à l'extérieur, hume un bol d'air frais quand nous mettons un premier pied dehors. Le temps est de plus en plus clément, ces temps derniers, de plus en plus agréable.

-Il fait un temps superbe.


Non pas que je tienne à parler météo, mais je tiens à ce que ce soit Gwynplaine qui engage les sujets importants.


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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Sam 4 Fév - 16:22

Déa & Gwynplaine
La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.
Gwynplaine ne dit rien quand Déa accepta de venir faire un tour avec lui. Le jeune homme n’avait pas vraiment douté du fait qu’elle avait accepté, mais il aurait sans doute mal pris si elle avait refusé. Il entraîna donc avec lui à l’extérieur de la roulotte, dans laquelle il vivait pour le moment, afin qu’ils puissent profiter un peu du beau temps. Ces derniers temps la météo se montrait beaucoup plus clémente, les beaux jours étaient de retour. Déa ne manquait pas de faire la réflexion ailleurs. Le jeune homme afficha un sourire, en plus de son sourire habituel qui ne pouvait pas envie de son visage, quand sa sœur de cœur fit cette remarque. Il se douter que la jeune femme n’avait pas spécialement envie de parler du beau temps, de la météo, ils avaient d’autres sujets à aborder. Mais Gwynplaine comprenait que la jeune femme n’avait pas envie d’entamer des sujets délicats d’elle-même. Le jeune homme ne reprit pas dessus de la parole se contentant de marché avec sa sœur (qui en réalité été bien plus qu’une sœur), ne lâchant pas sa main. Gwynplaine pourrait faire passer ce geste de tendresse, la manière qu’il avait de la tenir quand ils marchaient tous les deux, pour de la simple vigilance parce qu’elle ne voyait rien, mais il y avait bien sûr bien plus que ça. Gwynplaine aimé tenir la main de Déa, il aimait tous les gestes tendresse qui pouvait avoir avec la jeune femme.

Gwynplaine garda dans le silence pendant quelques minutes, se dirigeant vers un endroit où vous allez pouvoir parler tranquillement. Finalement, le jeune homme invita Déa à s’installer sur un banc, qui ne payait pas de mine, mais qui leur permet de ses commandes de prendre un peu l’air. Gwynplaine avait des choses à dire à la jeune femme, mais il devait bien avouer que je redoute un peu d’entamer la conversation. Non pas qu’il puisse imaginer que l’aveugle avait complètement changé d’avis, qu’elle allait lui demander de renoncer à son héritage, mais il savait qu’elle n’avait pas forcément envie de tous ces changements. Et après sa compensation avec Ursus, l’homme qui rit ne pouvait pas s’empêcher de douter un peu. Alors qu’au fond de lui, il avait vraiment envie d’accepter son héritage pour offrir à celle qui comptait le plus pour lui (malgré le fait qu’il ne montrait pas vraiment bien) une vie parfaitement une foule à se soucier de gagner de l’argent.

« J’Ai parlé à Ursus. » commença le jeune homme, se disant qu’il valait mieux se lancer tout de suite et parler de ce sujet qui envahissait leurs esprits depuis quelques jours. Cela ne savait rien de tourner autour du pot, autant se lancer. Et le jeune homme savait parfaitement que c’était à lui de faire. « Il m’a dit, qu’il ne viendrait pas avec nous, qu’il allait repartir sur les routes. »

La voie du jeune homme vacilla un peu parce qu’il n’aimait vraiment pas cette idée. »
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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Ven 10 Fév - 9:40


La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.

Dea ♠ Gwynplaine


Pendant un temps, seul le silence nous enveloppe. Nous faisons quelques pas sans rien dire. Ça ne me dérange pas. Je sais que nous devons parler, que c'est important, mais je ne suis pas si pressée. Pour le moment, j'apprécie cette absence de bruit qui nous environne, seulement respirer l'air frais, sentir le contact de la main de Gwynplaine contre la mienne, éprouver la douceur et la tendresse de ce simple geste qui, j'en suis sûr, est moins innocent que ne le laissent peut-être penser les apparences. J'apprécie donc ce moment de flottement, où nous ne parlons de rien de grave, où nous sommes ensemble et où je peux complètement oublier qu'autour de nous, il y a les autres. Là, en cet instant, j'ai le sentiment qu'il n'y a plus que nous deux, et je sens le regard de Gwynplaine tourné vers moi.

Ça aussi, ça me fait du bien, plus de conflits, plus de duchesse, je crois bien que pour l'heure, toute son attention est focalisée sur mi. Je me sens seule avec lui. C'est doux, c'est agréable. Mais, c'était bien sûr couru, cela ne dure pas. Ce ne pouvait bien évidemment pas durer. Il n'y a pas que nous deux en ce monde. Tout serait si simple, sinon. Encore que je ne concevrais pas ma vie sans Ursus, sans notre père de cœur, non plus. Et justement, c'est de lui que Gwynplaine me parle pour commencer. Et sa réponse me fait un véritable coup au cœur. Ursus ? S'en aller, nous laisser, prendre la route ? C'est impossible. Je ne m'y attendais pas, je ne le veux surtout pas. Comment peut-il s'imaginer nous abandonner à un moment si charnière de nos existences ? C'est hors de question ! J'ai besoin de lui, nous avons besoin de lui.

-Non !
je m'indigne sans savoir m'en empêcher. Je sais que cette décision ne tient pas à moi mais je la refuse, catégoriquement, il est hors de question que notre vie se poursuive sans Ursus. C'est notre père, après tout, il ne peut pas nous laisser. Il ne peut pas vouloir nous laisser. Il a beau ne pas trop manifester ses émotions, je sais qu'il nous aime. Alors pourquoi nous abandonner ? Pour moi, ça n'a vraiment aucun sens. Il ne peut pas nous faire ça. C'est hors de question, ajouté-je, catégorique. On doit le convaincre de rester avec nous, dis-je en serrant plus fermement la main de Gwynplaine dans la même. Quoi qu'on fasse, on doit le faire ensemble.

Je sais que Gwynplaine tient à son héritage, qu'il veut embrasser la nouvelle vie qu'on lui propose, je sais que c'est en partie pour moi, parce qu'il pense que j'ai besoin de plus, même si c'est entièrement faux. Mais il ne me rendra certainement pas heureuse si dans la vie qui me propose, Ursus ne fait pas partie.


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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Lun 3 Avr - 15:53

Déa & Gwynplaine
La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.
Sans grande surprise, Déa ne manqua pas de montrer son indignation en entendant les propos de Gwynplaine. Ce dernier n’était pas étonné non, parce qu’au fond c’était un peu la réaction qu’il avait espéré obtenir de sa part. De son côté, « l’homme qui rit » n’avait aucune envie que son père de cœur les abandonne maintenant, quand bien même il savait qu’Ursus pouvait se montrer vraiment têtu par moment. L’homme n’avait pas le droit de les abandonner, il n’avait pas le droit de les laisser maintenant, alors qu’ils vivaient tous les trois depuis tant de temps. Ils étaient une famille… et une famille, ça ne devait pas se séparer. En tout cas, c’était ainsi que Gwynplaine voyait les choses. Quand il avait dit vouloir accepter son héritage, c’était dans le but d’en profiter en compagnie de son père et de sa sœur. Bien sûr, le jeune homme espérait surtout offrit une belle vie à sa sœur de cœur (qui arrêtons de le nier, était bien plus qu’une sœur de cœur à ses yeux), mais il avait l’intention d’en faire profiter quand même son père. Ursus s’était sacrifié pour eux après tout, pendant très longtemps. Il vivait seul autrefois, il avait eu d’un coup trois bouches à nourrir. Maintenant, c’était à Gwynplaine de lui rendre la pareille.

Déa n’était pas d’accord, donc, ils étaient sur la même longueur d’onde. La jeune femme se montra catégorique, en affirmant que c’était hors de question. Cela se voyait évidemment qu’elle n’avait pas l’intention de le laisser faire et ça rassurait le jeune homme. Parce qu’ainsi, ils étaient deux pour parvenir à convaincre Ursus de changer d’avis. Ce qu’elle ne manqua pas de dire. Gwynplaine adorait le fait qu’ils soient sur la même longueur d’onde, qu’ils pensent de la même manière. Par moment, le jeune homme avait un peu le sentiment de ne plus être compris par Déa, qu’ils ne se comprenaient plus en fait. Ils avaient eu des tensions, ce qui n’était jamais arrivé avant qu’ils n’arrivent à Paris. Mais pour le coup, ils étaient vraiment sur la même longueur d’onde. Quoi qu’ils fassent, c’était ensemble oui.

« C’est ce que je pense aussi. »
Dit-il comme pour rassurer Déa, pour lui préciser qu’il n’avait aucune envie qu’Ursus les abandonne. Ni maintenant, ni jamais en fait, le jeune homme voulait qu’ils passent leurs vies ensemble parce que c’était comme ça et qu’ils étaient une famille. Le jeune homme s’arrêta, pour tourner son regard vers Déa, quand bien même elle ne pouvait pas le voir, déposant une main douce sur son visage. « J’ai tenté de le convaincre, mais il n’a rien voulu entendre. À deux, on peut y arriver. Il faut que tu parviennes à lui faire changer d’avis. Il va plus t’écouter que moi. »

Parce qu’après tout, qui était mieux placé que Déa pour convaincre Ursus ? Personne… parce que personne ne pouvait refuser quelque chose à la jeune femme. Si elle demandait à Ursus de ne pas partir, Gwynplaine osait croire qu’il allait l’écouter. Plus que lui en tout cas, au vu de leur relation actuelle.
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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Jeu 4 Mai - 18:01


La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.

Dea ♠ Gwynplaine


Je me sens rassurée d'entendre Gwynplaine dire que lui aussi pense qu'Ursus ne doit pas courir les routes et doit rester auprès de nous, qu'il est hors de question pour nous de le voir partir. Je ne sais pas pourquoi, j'ai douté. J'ai craint que Gwynplaine tienne plus à la vie qui se présente à lui qu'à sa famille. C'est idiot, je m'en rends compte, maintenant. Et cela me rassure. C'est nous trois ou rien. Cela a toujours été ainsi, et cela restera ainsi. Il ne reste plus qu'à convaincre Ursus de demeurer auprès de nous. Je ne comprends pas son attitude, je ne saisis pas vraiment ses motivations. Pourquoi vouloir partir maintenant ? Est-ce qu'il a peur ? Est-ce qu'il pense ne plus avoir sa place parmi nous ?

Si oui, comme cette manière de penser les choses est absurde ! J'ai besoin de lui, j'aurais toujours besoin de lui ! Et je suis sûre que c'est la même chose pour Gwynplaine. Il faut le convaincre, à tout prix. Je ne me vois pas tourner un chapitre si important de nos vies si je dois découvrir que celui qui est mon père en mon coeur ne fera pas partie du chapire suivant. C'est une chose à laquelle je ne me vois vraiment pas me résoudre. Oui, convaincre Ursus est la solution. Apparemment, Gwynplaine a essayé, sans succès. Cela ne m'étonne pas. Les deux sont constamment en tension, ils se disputent sans arrêt (bien plus dernièrement), ils sont si fiers et si bornés, tous les deux ! Les débats sont souvent infructueux, entre eux, parce qu'ils restent campés sur leurs positions. Je pense qu'il a raison. Je ne veux pas accorder trop d'importance à ma parole, mais je sais qu'elle a de l'impact sur Ursus. Que je peux l'attendrir. Que je peux véritablement influer son sentiment, ses émotions. Je le ferai. Je refuse qu'on soit séparés. Je ne le supporterai pas.

-J'irai lui parler
, réponds-je avec douceur en tournant vers lui mon visage pour lui adresser un fin sourire que je veux sincère, même si je suis tout de même un peu inquiète. Je ferai de mon mieux, j'essaierai de convaincre Ursus du mieux possible, mais je sais que je ne peux pas faire de miracles non plus. Si Ursus est vraiment sûr de sa décision, s'il a vraiment de bonnes raisons (mais j'ai du mal à concevoir lesquelles), je ne suis pas sûre que mon propos suffise à le convaincre. Je ne peux par conséquent m'empêcher de partager mon inquiétude en reprenant la parole. Et s'il ne veut pas m'écouter... ?

Devrais-je choisir entre Gwynplaine et Ursus, devrais-je renoncer à l'une des deux personnes que j'aime le plus au monde ? Je serais incapable de faire de tels choix.

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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Mar 27 Juin - 8:10

Déa & Gwynplaine
La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.
Gwynplaine afficha un sourire quand Déa tourna son visage vers lui, lui souriant également, en lui affirmant qu’elle irait lui parler. Le jeune homme savait parfaitement que sa sœur de cœur (si franchement on pouvait encore la qualifier de la sorte) ne pouvait pas le voir sourire – surtout qu’en réalité, il souriait tout le temps – mais il osait croire qu’elle le ressentirait quand même d’une certaine manière. C’était ça qu’il y avait de beau chez Déa, elle était capable de voir où les autres ne voyaient pas. Elle savait voir à travers son âme, plutôt que ses yeux. C’était en quelque sorte ce qu’il aimait chez elle, ce qui faisait qu’elle parvenait encore à le supporter sans doute. Parce qu’elle n’avait pas constamment sous ses yeux son visage horrible. Enfin, cette pensée n’avait pas lieu d’être pour le moment. Gwynplaine savourait simplement le sourire de la jeune femme, quand bien même ce dernier était léger. Il savait que Déa n’avait aucune envie de voir Ursus partir, qu’elle ne le supporterait pas d’ailleurs. Lui non plus ne pouvait pas renoncer à son père de cœur, mais en même temps… sans doute qu’au fond, oui, il serait capable de supporter son absence plus que ce qu’il n’avait dit à l’homme quand ils avaient discuté. Déa en revanche… dans tous les cas, ce n’était pas envisageable. Ursus ne pouvait pas les abandonner, pas plus maintenant qu’avant. Ce n’était pas parce que leurs vies allaient changer qu’il fallait qu’il s’en aille, qu’il abandonne. Au contraire, il n’était pas question pour lui de le laisser partir. Même s’il se doutait au final que tout cela était à cause de lui, que s’il n’y avait pas eu cette histoire d’héritage, Ursus n’aurait pas envisagé une seconde de s’en aller. Mais bon… Ils devaient le retenir et plus précisément, Déa devait le retenir.

« Il t’écoutera, c’est obligé. » Gwynplaine attrapa doucement le visage de Déa dans ses mains, plongeant son regard dans ses yeux morts. Elle ne pouvait pas le voir, mais il essayait simplement de lui communiquer sa confiance. « Il n’y a aucune raison qu’il ne t’écoute pas, tu as toujours su comment lui parler. » Contrairement à lui. Les deux hommes avaient plus d’une fois eu l’occasion de se prendre la tête, parce qu’au final… ils avaient le même caractère. Ils étaient bornés tous les deux et bien souvent, ils ne parvenaient pas à se comprendre parce qu’ils ne voulaient pas faire l’effort de changer leurs positions. Mais avec Déa c’était différent. L’un comme l’autre se montrait bien plus ouvert. « Il pense qu’il n’a plus sa place parmi nous. Que nous n’avons plus besoin de lui. Il se trompe et il ne veut pas m’écouter. Mais toi, il le fera forcément. »

Gwynplaine le pensait vraiment. En un sens, c’était peut-être égoïste de sa part, mais oui il misait vraiment sur le fait que Déa avait plus d’influence que lui, que Déa savait plus y faire… qu’on ne pouvait tout simplement rien refuser à la jeune femme. Ou presque.
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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Mar 25 Juil - 13:21


La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.

Dea ♠ Gwynplaine


Je sais, je ressens que Gwynplaine place en moi d'immenses espoirs, et je n'ai pas envie de le décevoir. Je l'ai entendu sourire (oui, j'entends les sourires, si étrange et improbable cela pourra-t-il peut-être vous paraître), et je crois qu'il pense vraiment que ma parole seule dissuadera Ursus de nous abandonner. Oh, je l'espère, de tout coeur, même, mais quelle folle serais-je de me reposer sur de tels lauriers ? Je n'oserais pas, j'aurais trop peur d'être déçue, mais je ferais mon possible, malgré tout. Pour lui, et pour nous trois, au fait, car je crois que cette situation nous rendrait tous les trois très malheureux, sans aucune distinction. Gwynplaine dépose doucement ses mains sur mon visage. Je sens un long frisson me traverser l'échine.

Je ne saurais jamais me passer de cette douceur là, de tant de tendresse. Je ne le vois pas, mais je sens son regard me brûler le visage, déposer sur ma peau un voile de chaleur, comme baignée par un soleil incandescent. Je mourrais s'il devait un jour cesser de me regarder de la sorte. Ce regard à lui seul à calmer mes peurs, à apaiser mes appréhensions. Et alors, je me sens mieux, beaucoup mieux. Il m'assure que je saurais trouver les mots, que je saurais parler à notre père de coeur, à le convaincre. Il n'a pas tort, je crois. Il nous connaît bien, ce qu'il dit est donc entièrement juste.

C'est vrai, quand Gwynplaine et Ursus s'y entendent dans l'art du conflit tout en s'aimant pourtant profondément, tous les deux, je ne me suis pas disputé une seule fois avec notre père. Il me couve, il me protège, je pense qu'il me met sur un piédestal que je ne mérite peut-être pas. Ma parole a du poids en conséquence. Ce n'est pas qu'il ne peut rien me refuser, c'est qu'il ne veut rien me refuser.

Ma seule crainte, c'est qu'il s'acharne à penser que tout cela est pour notre bien (même si c'est proprement absurde, réellement), sans écouter mes arguments, mais je vais faire tout mon possible. J'ai envie d'y croire. Nous vivrons tous les trois ensemble, nous serons heureux dans cette nouvelle vie étrange, c'est vrai, mais qui sera belle si nous restons ensemble. Les uns des autres, c'est tout ce dont nous avons besoin.

-Tu as raison,
réponds-je en espérant ne pas me leurrer. Je dépose doucement mes mains sur les siennes, un sourire aux lèvres. Je me pose tant de questions, sur notre vie, sur ce que nous allons devenir. J'ai hâte et peur d'y être en même temps. Mais je ne veux pas l'inquiéter, juste partager le fond de ma pensée. À quoi penses-tu que ressembleront nos vies ?

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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Sam 9 Sep - 23:26

Déa & Gwynplaine
La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.
Gwynplaine aimait entendre Déa lui dire qu’il avait raison, reprendre confiance en ses capacités. Il savait parfaitement qu’elle sera capable de convaincre Ursus. Le jeune homme passait bien trop son temps à se disputer avec son père de cœur, même s’il l’aimait plus fort que tout. Ursus était un père pour lui, bien plus que ce Clancharlie qui était donc officiellement son géniteur et qui lui donnait tout cet héritage. Il était un Girardet, parce qu’il était le fils d’Ursus. Pour autant, il était évident que les deux hommes avaient bien du mal se comprendre la plupart du temps. Alors qu’avec Déa, le jeune homme avait le sentiment que leur père se montrer plus… doux. Parce qu’elle était un ange, au final et que personne ne pouvait s’opposer à la volonté d’un ange. C’était ce qu’il avait envie de croire. En tout cas, il était persuadé que Déa parviendrait à convaincre Ursus. Il aurait peut-être pu y arriver, quand il avait discuté avec lui, s’il s’était montré moins dur par moment. Déa n’était jamais dur, elle était la douceur incarnée. Comment vouloir résister à ce qu’elle dégageait quand elle souriait comme elle le faisait maintenant, tout en déposant ses mains sur celle de Gwynplaine. Un sourire dans lequel l’Homme qui rit ne pouvait que se perdre. Elle était si magnifique. Ce sourire était si magnifique, si pur, bien loin du sien. Mais cette pensée ne l’assombrit pas autant qu’autrefois, parce qu’il pensait à présent à la vie de rêve qu’ils allaient avoir tous les trois (parce que Déa parviendrait à convaincre Ursus, il ne pouvait penser autrement).

Quand Déa lui confie avoir hâte et peur en même temps de cette nouvelle vie, il parvenait à la comprendre. Il ne voulait pas réellement le lui montrer, parce que c’était une décision qu’il avait prise, qu’il devait donc assumer. Mis par moment, le jeune homme ne pouvait pas nier qu’il avait un peu peur de ce que la vie allait leur réserver.

« Eh bien… » Dit-il dans un premier temps, réfléchissant à cette vie qu’ils allaient avoir tous les trois et comment elle allait être. « Nous allons vivre dans un immense château. » Même s’il était petit, ils le trouveraient forcément immense puisqu’il contrasterait avec la roulotte qui leur servait de maison. « Au moment de manger, nous aurons de grande table remplit de nourriture. » L’enthousiasme que cette vie lui faisait ressentir, s’entendait dans le son de sa voix. « Nous ferons venir des musiciens, qui joueront pour nous. Tu porteras de magnifiques robes. Et nous danserons tous les deux. » Son sourire se fit plus grand à cette remarque, son cœur se mit à battre plus rapidement aussi. « Ursus passera son temps à râler comme d’habitude. C’est trop grand, c’est trop riche. Mais il sera heureux, de nous voir heureux. Et il continuera d’écrire, je suis sûr. »

Une vie idyllique en effet, sur le papier. Qui n’allait évidemment pas être aussi facilement accessible.
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Message#Sujet: Re: La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)   Mar 3 Oct - 15:55


La richesse est un voile qui couvre bien des plaies.

Dea ♠️ Gwynplaine


L'avenir me fait peur, mais le rêver en compagnie de Gwynplaine le rend moins froid, hostile, terrifiant, et sous mes paupières closes qui, ouvertes, n'éveilleraient mes yeux qu'à l'obscurité la plus noire, je me laisse habiter de la façon dont il conçoit pour nous ce futur qu'il a longtemps espéré, je pense, avant que le destin ne le lui offre tel un présent presque trop beau pour nous et nos jusque-là humbles vies.

Nous vivrons, selon lui, dans un somptueux château. Un château. Comme dans les contes. Je reconnais que cette pensée me plaît. J'aime notre simple roulotte, mais Gwynplaine et Ursus méritent le meilleur. Le luxe et le confort seront pour eux une maigre récompense en comparaison de tous les cadeaux qu'ils m'ont fait, ceux de leur présence et de leur amour, qui sont les plus importants de tous. Notre table sera toujours garnie, nous ne connaîtrons plus jamais la faim, ces périodes de vache maigre durant lesquelles nous devions nous serrer la ceinture. Bien sûr, cette pensée me plaît beaucoup.

J'aime aussi l'idée que nous soyons sans cesse environnés de musique, j'aime tant cela. J'y suis d'autant plus sensible que ce que je ne goûte pas par la vue, je le goûte par l'ouïe. Porter de belles robes, par exemple, m'importe guère, puisque je ne les trouverais pas plus élégantes que celles que je porte à ce jour, mais Gwynplaine m'y trouvera belle, lui, et cette pensée me plaît. Je les imagine virevolter au rythme de nos pas de danse, et toutes ces promesses me paraissent plus séduisantes encore, à présent. Et puis, nous serons tous les trois. Et nous serons tous les trois heureux, y compris Ursus, même s'il prendra plaisir à prétendre le contraire. Gwynplaine sait comment me plaire et me rassurer. Ce dont j'avais besoin. Si plus rien ne doit être pareil, tout sera mieux. Alors il n'y aura aucune raison de s'inquiéter. Un sourire angélique, sans doute beaucoup trop naïf pour la réalité de la situation, celle dont je parviens à faire abstraction, étire mes lèvres tandis que je parviens à jumeler mes rêves aux siens. Et je songe alors qu'il ne manque plus qu'une seule chose pour que le tableau soit plus idyllique encore.

-Et nous ? j'ose demander avec douceur, sans perdre mon sourire. Je ne serai plus ta soeur. Je marque une légère pause. Je ne suis plus ta soeur.

Et je ne le dis pas à mal. Si je ne supporterai pas de ne plus être considérée comme la fille d'Ursus, je sais que Gwynplaine a bien vite été au-delà d'un frère pour moi. Il est l'homme que j'aime et qui s'est toujours dérobé à cet amour en se pensant indigne de moi. Mais aujourd'hui, selon ses propres critères, il l'est, non ?

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La richesse est un voile qui couvre bien des plaies. (Déa)
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