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 La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)

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Message#Sujet: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Jeu 4 Aoû - 11:21

Frollo & Marius
La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
Marius savait parfaitement que le temps était compté, qu’il ne pouvait pas attendre trop longtemps. Le père de Cosette avait l’intention de les faire quitter le pays, alors il fallait qu’il trouve un moyen de ne pas perdre la femme de sa vie. Parce que c’était ce qu’elle était, il l’avait su dès que son regard s’était posé sur elle (enfin, quand elle était une jeune femme, pas avant). Elle était son tout et il n’était pas question qu’il la perde. Marius avait promis de ne pas délaisser les Amis de l’A B C et la révolution qu’ils mettaient en place, ce qu’il avait bel et bien l’intention de ne pas faire. Le jeune homme osait croire qu’il pouvait tout faire et il allait prouver à Enjolras que Cosette ne le détournait pas de ce qu’il considérait le droit chemin. Le jeune révolutionnaire n’allait pas prendre le risque de rater une réunion, une action ou il ne savait quoi d’autre. Mais en même temps, il n’était pas question qu’il laisse la femme de sa vie disparaître sans avoir tenté son possible pour la retenir. Et le jeune homme avait sa petite idée là-dessus, même s’il était évident que le père de la jeune femme n’allait pas apprécier. Mais Marius osait croire que Cosette n’avait pas plus envie de partir, que lui envie de la voir partir. Si elle partait, il était évident qu’il n’allait pas pouvoir la revoir un jour et jamais il ne pourrait aimer une jeune femme comme elle. Marius se voyait déjà vivre comme son père, en solitaire, parce qu’il ne pourrait plus être avec celle qui était son âme sœur. Quoi que les autres puissent le penser, Marius pensait vraiment que Cosette était son âme sœur et il n’était pas question qu’il la laisse disparaitre de sa vie. Il ne savait pas comment il ferait sans elle.

Par chance, Marius pouvait compter sur le soutien d’Eponine qui avait accepté de l’aider. Evidemment, le jeune homme ne se rendait pas compte du tout de la position dans laquelle il mettait sa voisine (qu’il ne voyait qu’en amie, alors qu’elle voyait bien plus en lui que ça), il n’avait pas conscience des sentiments qu’elle avait pour lui. Il ne voyait en cette situation qu’une amie qui était capable de l’aider, parce qu’elle avait envie de l’aider simplement. Sans se rendre compte du mal qu’il pouvait lui faire. Donc après avoir quémandé l’aide de la jeune femme, afin de pouvoir rejoindre Cosette et l’enlever de son père, Marius s’occupait de la suite de son plan. Il ne savait pas vraiment comment les choses allaient se passer, si c’était possible ou non, mais le jeune homme décida d’aller récolter des informations en l’église de Notre Dame de Paris. Cette grande et belle église. Il y avait d’autre église, d’autre chapelle dans la capitale, mais c’était le premier endroit que Marius avait décidé de visiter. A la recherche d’un prêtre, d’une personne apte à faire ce qu’il cherchait à faire. Il entra donc dans la bâtisse, trainant un peu son regard sur la beauté de l’endroit, avant de se diriger vers un homme qui avait tout l’air d’un homme d’église.

« Bonjour, est-ce que je peux m’entretenir avec vous un instant ? »

Il tentait de mettre un peu les formes, même s’il brûlait d’envie d’en venir aux faits.
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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Sam 6 Aoû - 18:38


La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
P

lusieurs jours passés sans la voir. Plusieurs jours, surtout, sans chercher à la voir. Ce n'était pas de ce genre d'exploits qu'il aurait voulu être capable de se targuer (encore que l'orgueil soit un péché qui devrait normalement ne pas incomber à un homme d'Église - mais il n'était plus vraiment à un sacrement bafoué pour sa part, force lui était de l'admettre), mais néanmoins, il en éprouvait un certain soulagement. Tant qu'elle n'était pas dans son sillage, elle, tentatrice, il songeait pouvoir reprendre le contrôle de ses pensées et de réflexions. Ce n'était pas entièrement efficace, cela va de soi. Preuve en était qu'en cet instant, c'était bien vers elle que se tournaient ses pensées, mais il s'autorisait l'optimisme qui revient normalement aux individus bien plus sages que lui-même. Il se concentrait sur ce qui avait longtemps été sa priorité, il lisait beaucoup, revenait à ses fondamentaux : science, philosophie, religion. Il savait retrouver plus d'apaisement dans ses prières et en définitive, il songeait que son obsession n'était sans doute qu'une étape, une mise à l'épreuve dont il parvenait peut-être enfin à s'acquitter après des mois et des mois d'errance et d'erreurs. Mais pour cela, pour en être sûr, il faudrait qu'il la revoie. Il ne voulait pas la revoir. Mais il le voulait, en même temps, ainsi ne pouvait-il qu'admettre qu'il était trop tôt, se laisser accaparer par sa fonction d'archidiacre était encore son remède, et c'était de cette fonction qu'il allait pouvoir s'acquitter, semble-t-il, puisque tandis qu'il s'évertuait à une prière en laquelle il ne voulait voir que les intentions les plus pures (ce qui n'était qu'en partie réussi), il fut interrompu.

L'homme d'Église tourna son regard vers l'homme qui venait de le distraire de ses obligations, pour d'autres qui sauraient cela dit sans doute mieux éloigner ses démons. Un jeune homme d'une vingtaine d'année demandait à s'entretenir avec lui quelques instants. Frollo ne refusa pas. Il hocha doucement la tête avant de prendre la parole à voix basse de sorte de ne pas déranger les quelques communiants assis sur les bancs de la cathédrale à cette heure relativement vide.

-Bien sûr, mon fils.


Il l'invita d'un signe de la tête à le suivre un peu à l'écart, afin que leur conversation ne puisse en rien incommoder les personnes présentes à proximité, il ne reprit la parole que dès lors qu'il fut certain que leurs propos ne pouvaient ni déranger, ni être entendus d'oreilles indiscrètes, sait-on jamais. Il ne savait pas le moins du monde de quoi son interlocuteur pouvait bien vouloir lui parler, mais tout entretien demandé avec un prêtre ou quelque homme d'Église que ce soit impliquait généralement une certaine confidentialité. Et Frollo, à force d'expérience, avait appris à respecter cette dernière.

-Que puis-je faire pour vous ?


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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Jeu 22 Sep - 21:57

Frollo & Marius
La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
Marius fut heureux d’entendre l’homme d’Eglise affirmer qu’il avait effectivement du temps pour lui. Le jeune homme devait bien avouer qu’il était quand même soulagé, même s’il s’était dit qu’il y avait peu de raison que cet homme ne puisse pas lui accorder un peu de son temps. Ils étaient là pour cela non ? Enfin, l’homme aurait pu être occupé quand même et donc, Marius était content de pouvoir lui parler. Il s’éloigna en compagnie de l’homme, pour rejoindre un endroit un peu plus discret. Ainsi, ils allaient pouvoir parler tous les deux plus discrètement et surtout sans déranger les autres personnes dans l’église. Marius devait bien avouer qu’il appréciait aussi l’idée que personne n’entende les entende, parce que c’était quelque chose qu’il avait l’intention de prévoir en espérant que personne ne mette des bâtons dans ses roues. Ce qui n’était pas forcément évident, au vu de la situation. Surtout que Cosette n’avait pas encore idée de ce qu’il était en train de prévoir, mais il n’osait pas imaginer qu’elle puisse ne pas être d’accord avec cette idée. C’était la meilleure manière pour eux de pouvoir être ensemble et de ne jamais se quitter. Quand l’homme d’Eglise lui demanda ce qu’il pouvait faire pour lui, Marius n’hésita pas une seule seconde avant de reprendre la parole. En même temps, il savait parfaitement ce qu’il avait besoin de demander à son interlocuteur.

« J’aimerais me renseigner sur la célébration d’un mariage. » Voilà, c’était clairement dit. Il était bel et bien présent parce qu’il avait l’intention d’épouser Cosette, de faire d’elle sa femme, pour qu’elle n’ait plus besoin de suivre son père au-delà de la manche et le quitter. Il ne supporterait pas qu’elle le quitte. « Ma fiancée et moi avons envie de célébrer ce mariage. » Il appelait Cosette comme sa fiancée, parce qu’il ne se voyait pas vraiment affirmer à l’homme sous ses yeux que celle qu’il avait l’intention d’épouser, n’était pas encore au courant de son plan. Ce n’était qu’un détail au fond, le prêtre n’avait pas besoin de le savoir. Même s’il avait quand même l’intention de lui parler un peu de la situation compliquée qu’ils vivaient, parce qu’il fallait bien que la cérémonie se déroule de la bonne manière. Si Marius et Cosette se mariaient bel et bien (parce qu’après tout, le jeune homme avait envie d’être certain, mais il ne pouvait pas être sûr à cent pour cent non plus que les choses allaient se passer comme il l’espérait), ils n’allaient pas avoir un mariage comme les autres. « Cependant, je dois vous avouer que notre situation est quelque peu… compliqué. » Même s’il ne savait pas exactement pourquoi Monsieur Le Blanc avait envie d’éloigner sa tendre Cosette de lui et heureusement qu’il ne connaissait pas tout. « Notre famille n’est pas du tout… d’accord. Mais nous aimerions quand même nous unir. »

Il ne pensait pas avoir besoin de raconter plus pour que l’homme d’Eglise comprenne quand même l’enjeu de la situation.
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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Ven 23 Sep - 18:04


La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
L

e jeune homme n'avait pas vraiment besoin de lui préciser que le mariage dont il voulait parler avec lui était le sien pour qu'il le devine. C'était le cas, il le comprenait très bien, car quelle autre raison aurait-il de vouloir parler mariage avec lui sinon celle-ci ? D'autant qu'il était jeune, il devait avoir l'âge auquel de nombreux mariages étaient organisés. Rien d'anormal donc, à ce qu'il veuille demander plus d'informations, même si c'était généralement les parents qui venaient mettre au clair ce genre de choses. Mais les raisons pour lesquelles Marius était venu en personne s'enquérir sur le sujet lui apparurent très rapidement. Les parents des deux jeunes amants n'étaient pas au courant de la situation. Voilà qui, sans nul doute, compliquait les choses. Si dans les grands ouvrages romantiques, on fuyait après un mariage parfaitement illégal, dans les faits, quand on avait affaire à un homme d'Église consciencieux, ce n'était pas si simple. Et Claude Frollo était un homme d'Église consciencieux. Les lieux où avaient tendance à s'égarer ses pensées étaient sa honte il est vrai, mais d'ordinaire, son engagement envers le Très-Haut était fort et indéniable. Il fixa un instant son interlocuteur, tentant de déterminer son âge. Qui sait, peut-être avait-il l'âge requis, auquel cas les difficultés qu'il pensait entrevoir serait balayées d'un revers du manche... Enfin, encore fallait-il que la fiancée de son interlocuteur ait elle aussi l'âge requis. Autant de variables qui risqueraient fort de poser difficulté au jeune Pontmercy.

-Sachez d'avance que je ne célèbrerai pas de mariage clandestin, jeune homme,
lui apprit-il avec une grande neutralité, non pour fustiger le jeune homme, mais pour mettre les choses au clair. Avec toute l'intégrité dont il était capable, il était hors de question pour lui de jouer à ce jeu-ci, qui pourrait lui coûter au-delà de son emploi et de ses réputations (que sa pensée même pourrait compromettre). Les mariages clandestins, quand ils étaient découverts, étaient non seulement annulés mais mettaient en difficulté ceux qui les célébraient. Quel âge avez-vous ? Et quel âge à votre compagne ? demanda-t-il alors. Si vous n'avez pas l'âge requis, je ne pourrai qu'exiger une autorisation, orale ou écrite, de la part de vos parents, même s'ils ne peuvent être présents durant vos noces.

Le jeune homme devait avoir 25 ans, la jeune fille 21 ans. Quand bien même ils avaient déjà l'âge nubile requis, ils dépendaient encore de leurs géniteurs ou tuteurs légaux. En vérité, les deux jeunes gens pouvaient aisément contourner les règles, même si Frollo serait le dernier à le leur suggérer. Ils ne dépendaient plus, ni l'un ni l'autre de leurs vrais géniteurs, et il n'était pas si difficile de mandater un homme de paille pour se faire passer pour un parent afin de bénir une union qui resterait, mais sans que l'homme d'Église puisse le savoir, fondamentalement illégale.

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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Lun 21 Nov - 15:23

Frollo & Marius
La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
Quand Marius entendit l’homme d’Eglise affirmer qu’il ne célèbrerait pas un mariage illégal, le jeune homme se tendit légèrement. Il prenait un risque à parler à cet homme du mariage qu’il avait envie de le voir l’unir avec sa belle Cosette, il n’avait aucune envie que quelqu’un l’empêche de le faire. Il n’avait pas envie de voir une nouvelle personne le séparer de Cosette, mais en même temps cet homme n’avait pas forcément la possibilité de le faire non plus. Après tout, il se contentait simplement de se renseigner et si l’homme qui se trouvait sous ses yeux, Marius n’aurait pas d’autre choix que de trouver quelqu’un. Une personne qui soit moins rigoureuse sur le règlement, quelqu’un de plus… corruptible. Le jeune homme était persuadé qu’il pouvait trouver quelqu’un capable d’être plus vicieux, plus corruptible, même s’il s’agissait normalement d’un homme devant propageait la parole du Tout Puissant. Malheureusement, Marius ne roulait pas sur l’or et ça ne serait pas évident de « payer » quelqu’un pour le marier à Cosette en fermant les yeux sur les détails. L’homme reprit la parole, en lui demandant quel âge il avait, avant de préciser qu’il n’avait pas l’intention de les marier s’ils n’avaient pas l’âge légal sans l’autorisation écrite ou orale de leurs parents. Concernant Marius ce n’était pas évident. Parce que son grand-père était son tuteur légal, celui qui devrait normalement donner cette autorisation puisque ses deux parents étaient morts. Et au vu de leur relation, Marius n’avait aucune envie d’aller voir son grand-père pour lui demander cette faveur et ce dernier n’allait sans doute pas accepter. Ce n’était pas plus facile du côté de Cosette, Monsieur Le Blanc n’allait évidemment pas accepter de les marier (et en même temps, le jeune homme ne savait même si Cosette accepterait de l’épouser, mais il osait croire qu’elle accepterait sa proposition).

« J’ai vingt-cinq ans. » Répondit-il en mentant comme un arracheur de dent. Il savait parfaitement quel était l’âge légal d’un mariage, c’était le genre de de chose qu’il fallait connaître quand même. Et Marius avait l’habitude de mentir dans le cadre de ses études de droit, il ne fallait pas croire que tous les avocats étaient honnêtes quand même. Marius pensait s’en sortir assez bien, même si rien ne pouvait lui garantir que l’homme d’Église allait accepter de le marier à Cosette, puisqu’il avait précisé avant que leurs parents n’étaient pas favorables à cette union. « Ma fiancée vient de fêter ses vingt-deux ans. » Mensonge, mensonge… « Mes deux parents sont décédés. » Pour le coup, c’était la vérité, même s’il se permettait de ne pas préciser qu’il avait quand même son grand-père. « Le père de ma fiancée ne m’apprécie guère et s’oppose à notre union. Mais nous nous aimons… »

Encore une fois, c’était la vérité. Même si Marius n’avait pas encore pris la peine de parler de son idée à Cosette, ils s’aimaient et c’était quelque chose dont personne ne pouvait douter. Leur amour était plus fort que tout.
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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Lun 21 Nov - 22:17


La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
L

e jeune homme mentit allègrement, affirmant qu'il était âgé de vingt-cinq ans. Frollo entendit sa réponse sans y déceler le mensonge sous-jacent : à voir ainsi son interlocuteur, on lui devinait plus de la vingtaine. Qu'il puisse être âgé de vingt-cinq ans n'avait donc pas grand-chose de bien surprenant. Restait à savoir quel était l'âge de sa compagne, mais le jeune homme le rassura bien vite en affirmant qu'elle aussi avait l'âge requis. Ils étaient donc légitimement aptes à se passer la bague au doigt, approbation des parents ou non. Certes, la famille était une valeur prônée par l'Église, son aval était donc des plus souhaitable, mais ces deux jeunes gens étaient des adultes, qui eux-mêmes pourraient fonder leur propre famille, aussi n'y avait-il rien de contestable dans la décision de Marius... si ce n'est son mensonge éhonté, bien évidemment. Ce dernier lui apprit d'ailleurs que ses parents étaient décédé. Puisqu'il reprit la parole directement, l'homme d'Église n'eut pas l'occasion de lui adresser ses condoléances, il se contenta par conséquent d'un regard contrit qui devait être suffisamment parlant de lui-même. Quant au père de la jeune promise de son interlocuteur, il était apparemment réfractaire à ces noces, cela ne plaisait pas forcément à Frollo que de l'apprendre, mais le confortait néanmoins dans l'idée que le jeune homme ne mentait pas sur son âge (à tort), dans le cas contraire, quel besoin aurait-il de se justifier à ce point quant à sa situation familiale et à celle de sa jeune fiancée. Frollo avait habitude et plaisir à célébrer des noces bien plus protocolaires que cela, mais les réticences du beau-père ne constituaient pas un motif de refus en soi, du moins le pensait-il. L'amour n'était pas davantage un prétexte... On exigeait beaucoup de choses pour rendre des noces valides, mais pas de l'amour, étrangement. C'était, semble-t-il, une notion très secondaire dans une célébration au cœur de laquelle elle devrait se trouver.

-Puisque votre fiancée et vous avez l'âge requis, l'autorisation de vos parents n'est pas nécessaire,
le rassura-t-il dans un très fin sourire. Cela ne signifiait pas qu'il célèbrerait à coup sûr cette union, mais qu'il n'y voyait en soi pas d'inconvénient, puisque tout était aux normes. Sans vouloir être indiscret... mais à ce stade, il pensait que la situation méritait qu'il le soit, ne serait-ce qu'un peu, pourquoi le père de votre fille s'oppose-t-il à votre union ?

Il ne serait pas forcément nécessaire pour lui de connaître cette réponse, et elle n'influencerait pas forcément sa décision, mais il ne voulait pas avoir un père en colère sur le dos sous le prétexte qu'il aurait approuvé de telles noces. Certains pères influents pourraient bien lui faire payer cher des légèretés de la sorte. Il ne voulait pas risquer sa place pour favoriser le bonheur de deux tourtereaux qui ne vivaient peut-être qu'une idylle passagère.


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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Ven 20 Jan - 15:24

Frollo & Marius
La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
Marius espérait que son mensonge allait prendre. Il mentait vraiment comme un arracheur de dent, se rajoutant plusieurs années et en rajoutant aussi à Cosette afin qu’ils aient l’âge requis pour se marier. Même s’il y avait un fond de vérité dans son histoire, que ses parents étaient bels et bien morts – le jeune révolutionnaire cru percevoir un regard compatissant chez l’homme d’Eglise – que le père de Cosette ne l’appréciait pas, il mentait. Il se servait simplement de la vérité qu’il pouvait dire afin de rendre tout ça beaucoup plus crédible. En soit, le jeune homme pouvait très bien se marier, mais pour cela il faudrait qu’il ait l’aval de ses parents. Puisqu’ils étaient décédés, c’était à son grand père de le faire et autant dire que ce n’était pas encore maintenant que le jeune révolutionnaire allait retrouver son grand-père, surtout pas pour lui demander un tel service (il était persuadé de toute façon qu’il ne le lui accorderait pas, parce qu’il était égoïste, pensait-il à tort). Et puisque le père de Cosette n’était visiblement pas plus à même d’accepter ce mariage, autant dire qu’ils ne pouvaient pas compter sur l’aval de leurs parents. Ils n’avaient donc pas le choix. Marius espérait que ça n’allait pas lui retomber dessus, mais il se disait que dans tous les cas, une fois le mariage célébré, personne ne pourrait revenir en arrière et personne ne pourrait séparer son âme sœur de lui. Il fallait juste que le mensonge tienne suffisamment longtemps.

Quand l’homme d’Eglise reprit la parole, le jeune homme se sentit soulagé de l’entendre lui dire qu’ils avaient l’âge requit. Marius se sentait soulagé oui, de comprendre que l’homme l’avait cru quand il lui avait donné leur âge présumé. Et donc, qu’ils n’avaient pas besoin de l’autorisation de leurs parents. Marius espérait vraiment qu’ils allaient pouvoir mettre tout ça en place, enfin qu’il allait pouvoir le faire puisque Cosette n’était pas encore vraiment au courant de ses projets. Mais il n’y avait aucune raison qu’elle refuse n’est-ce pas ? Marius serra cependant légèrement les dents quand le prêtre se montra plus curieux encore. Il comprenait qu’il cherchait à comprendre un peu plus la situation, mais ça ne l’arrangeait guère.

« Le père de ma fiancée ne pense pas que je suis quelqu’un d’assez bien pour elle. » C’était une nouvelle fois la vérité, mais en même temps il ne connaissait pas entièrement les raisons de Monsieur Le Blanc de ne pas voir d’un bon œil sa relation avec sa fille. La seule chose qu’il savait, c’était qu’il voulait l’éloigner de lui, qu’il voulait partir loin afin qu’ils ne soient plus ensemble. « Elle ne fait pas partie d’une bonne famille… » Du moins, Marius ne pensait pas qu’elle faisait partie de la noblesse, pas comme lui avait pu faire partie autrefois quand il vivait avec son grand-père. « Mais je ne suis pas assez bien pour elle quand même à ses yeux. »

Du moins, c’était ce qu’il se disait à force de tourner cette histoire dans sa tête. Ça ne pouvait qu’être ça non ?
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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Ven 20 Jan - 18:41


La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
L

a question que l'homme d'Église s'était autorisé à poser était assez indiscrète, il le savait, mais il n'avait pas interrogé le jeune étudiant pour le mettre en porte-à-faux ou mal à l'aise, il voulait simplement avoir toutes les informations à sa disposition pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. S'il devait accepter de célébrer cette union, il voulait le faire en toute connaissance de cause. il trouvait par ailleurs cela on ne peut plus naturel que de s'intéresser aux personnes que l'on unissait par des liens aussi sacrés que les liens du mariage. Ce n'était pas rien que de procéder un tel engagement face au Très-Haut, et il fallait être sûr de ce que l'on faisait. Marius ne sembla pas, quoi qu'il en soit, dérangé par sa question. Il accepta sans aucun problème de lui apprendre la situation, et les raisons qui rendaient son futur beau-père réticent à l'idée de ces épousailles. Encore que ces raisons restaient obscurs. Marius n'était, semble-t-il, pas assez bien pour la jeune fille après laquelle il soupirait. Il est vrai qu'un étudiant désargenté n'était pas forcément un premier choix pour tout père voulant introduire sa fille dans le beau monde. Cet homme n'était pas issu d'une riche famille... C'était peut-être cela, en fait, qui le dérangeait. Peut-être avait-il espéré pouvoir organiser un mariage non d'amour mais d'intérêt, et que la présence de ce jeune étudiant dérangeait tout. C'était probable. Au fond, si l'archidiacre y prêtait plus d'attention, peut-être pourrait-elle faire le lien entre ce père réticent et l'homme qui s'était confessé auprès de lui quelques semaines plus tôt. Mais tant d'hommes et de femmes en quête de repentir défilaient dans cette cathédrale, il ne pouvait pas garder en mémoire la moindre confession, c'est certain.

Voilà donc toute l'histoire... Ce mariage d'amour dérangeait peut-être un mariage d'intérêt. La promise de l'étudiant se vouerait peut-être à une vie malheureuse en épousant celui qu'elle aimait, si elle perdait son père dans le processus. Mais cela ne le regardait pas vraiment. Tant que ces deux jeunes gens s'épousaient en leur âme et conscience, la suite ne dépendait que d'eux. Mais c'était justement cela, qu'il voulait déterminer. Que ces deux personnes agissaient en leur âme et conscience, savaient vraiment ce qu'ils faisaient, d'où ses nombreuses interrogations.

-C'est donc cela
, répondit-il très posément. Si vous avez tous deux réfléchi aux conséquences de vos choix, alors ceux-ci ne dépendent que de vous. Mais ces derniers devaient y réfléchir. Si ses mots pouvaient trouver de l'écho dans l'esprit de Marius, alors ce serait une excellente chose. Il marqua une pause avant de reprendre. Écoutez, faites-la venir ici, que je puisse vous rencontrer tous les deux. Ainsi nous pourrons parler plus en détail de la manière dont vous souhaitez organiser cette cérémonie.

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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Sam 11 Mar - 23:21

Frollo & Marius
La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
Au final, Marius ne mentait pas énormément à l'homme d’Église avec qui il était en train de s'entretenir. Certes, il avait mentit sur certain détail comme sur son âge et celui de sa belle Cosette, mais il ne mentait pas quand il disait que le père de la jeune femme ne le pensait pas suffisamment bien pour sa fille. Bon en même temps, il n'en savait rien en réalité et c'était la seule explication qu'il avait trouvé pour justifier le fait qu'il cherche à l'éloigner de lui. C'était ça non ? La raison qui poussait cet homme à vouloir partir en emportant son ange. Le fait qu'ils s'aiment et qu'il ne l'accepte pas. Évidemment, Marius avait un peu trop tendance à croire que le monde tournait autour de lui. Enfin, il pensait donc ne pas trop mentir à l'archidiacre qui se trouvait sous ses yeux, donc il pensait qu'il allait obtenir ce qu'il voulait. Marius ne savait pas vraiment comment il ferait si jamais il ne trouvait pas un moyen d'épouser sa Cosette, parce qu'il n'avait aucune idée de comment il pourrait vivre sans elle. En fait, c'était sûr même, il ne pouvait pas vivre sans elle. Alors s'il ne pouvait pas l'avoir à ses côtés, si elle devait disparaître, il n'aurait plus qu'à disparaître aussi. Mais bon, ils n'en étaient pas là encore.

Le prêtre en tout cas sembla comprendre la situation et ne sembla pas plus que cela choqué d'apprendre les tenants de cette histoire. Sans doute parce qu'il en avait déjà vu d'autre. Et quand il affirma au jeune homme que s'ils avaient réfléchi aux conséquences de leurs actes, la décision ne dépendait qu'eux, Marius eut pour la première fois le sentiment qu'on le soutenait dans sa décision. Ce n'était pas Enjolras là pour lui dire qu'il faisait une erreur, qu'il ne devait pas s'accrocher à une femme, parce qu'il y avait la cause. Ce n'était pas ce père qui cherchait à éloigner sa fille de lui. C'était un homme prêt à soutenir leur union. Il leur demanda alors de venir tous les deux, pour qu'ils puissent discuter de ma manière dont ils voulaient organiser cette cérémonie. En plus de cela, il allait donc accepter d'organiser le mariage.

« Bien sûr, je vais prévenir ma fiancée et nous viendrons dès que possible. » Et quand il disait prévenir sa fiancée, il ne pensait évidemment pas seulement à la prévenir qu'ils pouvaient rencontrer un homme d’église afin que ce dernier les épouse. Non... il faudrait déjà qu'il la prévienne qu'il avait envie de l'épouser, mais il ne pensait pas qu'elle serait contre. Elle l'aimait non ? Elle ne devait pas avoir envie de s'éloigner non plus. Ils avaient trop besoin l'un de l'autre. « Elle sera ravie de l'apprendre. » Ajouta-t-il alors, même si pour le coup, il anticipait un peu trop sa réaction. Mais il n'avait pas envie que l'homme comprenne que la situation était encore plus compliquée que cela. « Merci infiniment. » Il n'avait aucune idée de comment il pourrait remercier correctement son interlocuteur.
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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   Sam 11 Mar - 23:42


La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église.
L'

homme d'Église n'irait pas jusqu'à dire approuver entièrement ce mariage clandestin, au sens ou le simple fait qu'il le soit signifiait forcément une infractions aux institutions familiales, même si il respectait la grande institution qu'était l'institution sainte, mais malgré quelques réserves, il n'avait pas de raison de refuser à son interlocuteur les noces dont il rêvait tant. Ses intentions étaient honnêtes, et si ces deux jeunes gens devaient réellement s'unir, y étaient fermement décidés, qu'on concède légalement ou non à leur union, autant leur octroyer la bénédiction divine. Marius Pontmercy ne semblait pas être un mauvais homme, bien au contraire, il apparaissait même à Frollo comme quelqu'un d'assez bienveillant autant que sûr de lui. Il lui inspirait une réelle confiance, qui défiait par conséquent l'idée d'un refus. Rien n'était fait encore, bien sûr, il tenait à rencontrer la jeune femme à qui son interlocuteur voulait se lier et discuter avec eux deux des formalités. Mais il n'avait nulle raison de s'y opposer. Il n'encourageait rien non plus, d'ailleurs, il se contentait de respecter à la lettre les préceptes du Seigneur, auxquels dans certains autres domaines parfois, il lui arrivait malheureusement de faillir, malgré toute la volonté dont il pouvait bien faire preuve et à son grand dam. Mais ce n'était pas la question pour l'heure. Autant, justement, se focaliser sur ce sur quoi il pouvait avoir un minimum de prise plutôt que d'en rester à ses chimères et de ne jamais savoir s'en défaire... Pour peu qu'il soit vraiment possible de se débarrasser d'une chose telle que ce sentiment oppressant qui se collait si fermement à vous qu'il en devenait une sorte de seconde peau.

-Ne me remerciez pas, répondit simplement Frollo, d'un ton d'une neutralité parfaite. Vous n'en avez pas besoin.

Car après tout, il ne faisait que ce qui lui semblait devoir être fait. Au mieux le jeune homme pouvait-il se féliciter d'avoir su trouver les mots pour le convaincre, mais en tous les cas, il n'avait guère de mérite à retirer de cette conversation, conversation qui, quoi qu'il en soit, nécessitait suite. Tout était donc loin d'être acquis, et rien ne le serait entièrement tant que Frollo n'aurait pas fait la connaissance de la jeune Cosette. Cette jeune femme qui, aux yeux du jeune homme et selon ses dires, serait ravie d'apprendre la nouvelle. Au vu de la manière dont les faits lui étaient présentés, l'archidiacre trouverait l'inverse étonnant, il devait bien le dire.

-Vous me trouverez sans peine ici quand vous choisirez de revenir. Et si vous ne m'y trouvez pas, demandez Claude Frollo, l'on saura me retrouver.


Ou bien le projet des deux amants tomberait dans l'oubli et il n'entendrait plus jamais parlé d'eux. L'on ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

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Message#Sujet: Re: La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)   

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La véritable prière n'est pas celle que l'on fait dans l'église, mais celle que l'on fait pour l'Église. (Frollo)
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