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 On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.

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Message#Sujet: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Mar 2 Aoû - 23:02


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
U

rsus, durant très longtemps, n'avait vécu que pour lui-même (et vaguement pour son loup, si l'on veut), ses priorités et choix étaient très simples et ne concernaient que des besoins directs et naturels, toujours focalisés sur sa propre personne. Il ne se souciait que de la manière dont il saurait satisfaire à ses désirs purement primitifs, avec dans l'intention de voir encore le lendemain le jour se lever. Il ne subissait pas le souci de la plupart de ses congénères, qui empêtrés dans des mariages, des amitiés, des amours, des histoires de famille complexes, ne passaient jamais la moindre journée sans avoir la peur au ventre et le besoin d'être tourné vers l'autre. C'était simple, comme vie. Certainement primitif, pas le genre de projet d'existence que l'on souhaite à quelqu'un que l'on voulait voir se hisser dans les plus hautes sphères de la société, mais le saltimbanque avait su sans mal s'en satisfaire, et sans se penser idiot pour autant. À ses yeux, son intelligence venait justement de son absence de sociabilité. Il était cultivé, il était philosophe, mais sa culture et sa philosophie, il ne les réservait et appliquait qu'à lui, et il trouvait cela largement suffisant. Du moins, il l'avait cru suffisant.

Et puis, un jour, Gwynplaine et Déa étaient venus à lui, soufflés par une bourrasque de neige. Et tout ce qu'il avait cru impossible, tout ce à quoi il s'était refusé, tout ce qu'il réservait aux autres mais pas à lui même s'était imposé à lui. Il aimait ces mômes, ses mômes, et son plus grand souci les concernaient bel et bien, à présent. Et en tête de liste, il y avait sans le moindre doute possible le souci de les perdre, et plus le temps passait, plus il craignait que cela n'arrive avec Gwynplaine. Il s'y était malheureusement attendu, connaissant bien son caractère, et l'irruption de la duchesse d'Aurevilly dans leur vie ne l'en avait assuré que plus encore. Mais depuis qu'il avait connaissance de ses véritables origines, de l'héritage à sa disposition, la menace se précisait, et elle n'était pas engageante. Voilà plusieurs jours que la nouvelle était tombée, et ils n'en avaient pas reparlé. Il faut dire qu'Ursus ne s'était pas montré bien bavard, il avait eu besoin d'encaisser le coup. Mais il était temps d'en reparler, à présent. Le silence n'était pas une bonne chose. C'est pourquoi l'homme était allé rejoindre Gwynplaine quand il le trouva seul.

-Je peux te parler un moment ?


Il ne savait pas de quelle manière il allait exactement aborder le sujet. Il ne souhaitait pas le faire de manière trop frontale mais il ne savait pas s'il pouvait y en avoir une autre. Il ne voulait pas voir le jeune homme se braquer. Dernièrement, leurs conversations étaient généralement houleuses et conflictuelles. Ursus ne voulait pas qu'il en soit ainsi, cette fois. Ça ne les mènerait nulle part.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Sam 17 Sep - 12:10

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Cela faisait maintenant plusieurs jours que Gwynplaine avait annoncés à sa famille ce qu’il avait découvert sur son héritage. Le jeune homme savait parfaitement que c’était un chamboulement pour tout le monde, pour lui mais aussi pour son père et sa sœur. Le saltimbanque n’avait pas encore pris de décision concernant ce qu’il devait faire de cette information, qui restait encore secrète sauf pour l’inspecteur Javert. Il ne pouvait pas nier qu’il avait forcément envie de prendre cet argent et cette fortune, ainsi que ce titre qui lui revenait normalement de droit. Parce qu’il se disait que comme ça, ils allaient avoir une vie parfaite, qu’ils allaient avoir une vie sans avoir besoin de se soucier de gagner de l’argent. Ils allaient pouvoir vivre sans se soucier de rien, en profitant de l’argent de son père, de son grand château. Gwynplaine avait envie d’offrir une vie parfaite à sa famille, puisqu’il n’envisageait pas du tout d’en profiter sans en faire profiter Ursus et Déa. Il savait que tout pouvait être différent et parfait à partir du moment où ils prendraient la décision d’accepter cet héritage. Parce qu’il n’était évident qu’il n’avait pas l’intention d’accepter cet héritage sans l’avis de Déa et Ursus. Même si pour l’heure, on ne pouvait pas dire qu’ils en avaient reparlé depuis.

Gwynplaine ne savait pas vraiment quoi penser du silence d’Ursus notamment, il se doutait quand même que la situation était beaucoup trop changeante pour lui. L’homme était un homme bourru, qui n’aimait pas tellement les changements (quand bien même il avait accepté d’adopter deux enfants pour les élever comme les siens). Le jeune homme espérait vraiment que son père de cœur n’allait pas lui dire d’abandonner cet héritage, qu’il ne devait pas y renoncer, parce qu’il aimait bien trop la vie qu’ils avaient ensemble maintenant. Gwynplaine aussi aimait sa vie, c’était évident, mais il savait quand même qu’il pouvait espérer mieux encore. Il savait d’ores et déjà qu’il n’allait pas forcément apprécier si Ursus lui demandait de tout abandonner. Et d’ailleurs, quand Ursus vint le trouver en lui demandant s’ils pouvaient parler un moment, le jeune homme ne put s’empêcher d’angoisser un peu.

« Bien sûr. »

Répondit-il seulement donc, attendant qu’Ursus reprenne la parole pour lui dire la raison de cette entrevue. Gwynplaine savait parfaitement que c’était en rapport avec ce qu’il venait de lui apprendre, mais il n’avait pas envie de lancer le sujet lui-même. Puisqu’Ursus avait fait le premier pas en lui demandant s’ils pouvaient parler un peu tous les deux, il le laissait entamer le sujet. En espérant qu’ils n’allaient de nouveau pas se prendre la tête, comme c’était quand même régulièrement le cas ces derniers temps. Gwynplaine savait parfaitement qu’il était responsable de leurs prises de bec ces derniers temps, mais il n’y pouvait rien. Quand bien même il savait parfaitement que ça ne risquait pas vraiment de les mener quelque part, s’ils recommençaient. Sauf que cette nouvelle semblait encore plus importante que tout ce qui concernant la duchesse.
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Dim 18 Sep - 11:24


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
U

rsus et Gwynplaine avaient tant pris l'habitude de se prendre la tête pour tout et n'importe quoi ces temps derniers que Ursus en venait à redouter les conversations importantes qu'il pourrait avoir avec son fils d'adoption. Ils avaient bien du mal à communiquer ces derniers temps, et il craignait que cette fois-ci ne fasse pas exception, et il ne voulait absolument pas que lui et le jeune homme se querellent encore. C'était même hors de question pour lui. Ils devaient parler de la situation actuelle, mais pour autant, Ursus voulait que les choses se passent sereinement; Discuter de la duchesse, c'était une chose, et ils rentreraient sans doute toujours en conflit de ce point de vue-là, mais là, ce n'était pas seulement de cette femme aussi riche et sublime que dangereuse qu'il était question, c'était de son avenir. Et en discutant l'avenir de Gwynplaine, on discutait forcément le sien propre, mais surtout celui de Dea, et c'était ce qui le concernait le plus. Si Gwynplaine décidait d'assumer son héritage et qu'il n'y avait qu'eux deux, Ursus laisserait faire sans hésiter, songeant de toute façon que, sur ses vieux jours, ce n'était pas une affaire qui le concernait totalement, et tant mieux si le jeune homme devait ne manquer de rien avant son départ à lui. Mais il y avait sa fille de cœur, aussi, et il voulait être certain que Gwtnplaine ne la perdrait pas en chemin s'il devait se perdre lui-même dans ses rêves de gloire et de richesse. Il espérait que sa fortune nouvelle ne lui monterait pas à la tête, somme toute. Mais pour cela, il fallait qu'il sache quelle allait être la décision de Gwynplaine pour commencer (même s'il pensait en avoir déjà une idée certaine). L'homme qui rit acceptait le dialogue avec lui, c'était déjà une excellente chose. Ursus hésita quant à la manière d'aborder le sujet, mais il décida finalement d'être direct. De toute façon, Gwynplaine n'était pas idiot, il savait quel était le but de cette conversation.

-Tu dois te douter de ce dont je voudrais te parler
, dit-il pour commencer, qui savait pertinemment que son fils était bien loin d'être un idiot, et devait seulement attendre qu'il s'exprime de vive voix au sujet de ce qu'ils avaient tu ces derniers jours, mais qui ne pouvaient plus l'être à présent. J'aimerais savoir si tu as réfléchi à ta... décision.

Bon, en vérité, il savait très bien que Gwynplaine y avait réfléchi, cela devait tourner en boucle dans son cerveau dernièrement, et il imaginait que cette pensée devait l'habiter constamment. Ce qu'il voulait surtout savoir om l'avaient mené ses réflexions jusqu'ici et ce qu'il comptait faire en définitive. Nul doute que le jeune homme comprendrait. Quelque soit sa réponse, Ursus ne savait pas ce qui vaudrait le mieux, mais il était prêt à l'entendre quoi qu'il en soit.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Lun 14 Nov - 14:49

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Gwynplaine se doutait évidemment de la raison pour laquelle Ursus voulait lui parler, il ne pensait même pas que ça puisse être autre chose. Il n’y avait aucune raison que ça soit une autre raison qui pousse son père de cœur à lui demander de discuter un peu. Au vu de la situation, il était normal qu’ils discutent un peu de la décision du jeune homme concernant son héritage. Gwynplaine n’avait pas encore décidé d’aller voir l’inspecteur Javert pour lui dire qu’il acceptait que l’affaire soi révélé au grand jour. Quand bien même sa décision était prise. Au fond, l’homme qui rit devait bien avouer qu’il avait pris sa décision assez vite. Très rapidement même d’ailleurs, puisqu’elle avait sans doute déjà été prise avant même qu’il n’avoue la vérité aux membres de sa famille. Il n’était quand même pas évident pour lui de refuser son héritage, surtout que cela allait leur permettre d’avoir une belle vie. Gwynplaine se voyait donc très difficilement refuser, mais en même temps il n’avait pas l’intention d’aller à l’encontre des désirs de sa famille. Et quand ils en avaient parlé, la décision avait finalement définitivement été prise. Mais l’homme n’avait pas encore fait les démarches, sans savoir exactement pour quelle raison. Sans doute parce qu’il craignait un peu ce que le futur allait leur donner. L’homme qui rit était plus que ravi de ne plus avoir besoin de trimer afin de manger, de pouvoir jouir d’une grande fortune et du pouvoir qui allait avec. Il allait pouvoir vivre dans un château avec les membres de sa famille. Ursus n’aurait plus à se soucier de ses vieux jours, pas plus d’eux au final. Déa allait pouvoir avoir tout ce qu’elle désirait (quand bien même la jeune femme affirmait que la seule chose qu’elle désirait, c’était lui). Il n’y avait aucune raison qu’il refuse, vraiment pas. Ursus lui demanda donc où il en était dans sa réflexion.

« J’ai réfléchi oui. »
Il ne faisait finalement que cela depuis qu’il avait appris la nouvelle. C’était une vraie bombe dans sa vie, une explosion dans son existence. Tout cela semblait irréel par moment, tellement de chose allait changer. « Je vais accepter. »

Autant que les choses soient claires, c’était pour cette raison qu’Ursus voulait lui parler non ? Cela ne servait à rien du tout de continuer de ménager le suspense, de dire à l’homme qu’il ne savait pas exactement ce qu’il voulait. Alors qu’il le savait, il voulait accepter, il voulait cette fortune, il voulait ce pouvoir, il voulait ce château, il voulait cette vie de rêve qui se trouvait juste devant lui. Il n’avait qu’à tendre des bras pour l’avoir et il avait bien l’intention de l’avoir. Même s’il savait parfaitement que c’était risquait.

« A moins que tu ais quelque chose à dire à ce sujet ? »

La voix de Gwynplaine était posée, il ne faisait aucun reproche à son père de cœur. Il n’avait aucune envie de se disputer à ce sujet avec lui, bien au contraire.
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Lun 14 Nov - 22:15


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
A

u fond, la question d'Ursus ne pouvait qu'être toute rhétorique, car il était évident que Gwynplaine ne pouvait qu'avoir réfléchi à la situation, au choix qui s'imposait à lui (si on pouvait réellement parler de choix en de telles circonstances). Une telle décision ne pouvait qu'envahir son esprit, pas tant parce que le choix était cornélien, mais parce qu'il n'était pas si simple d'accepter que sa vie change complètement, et c'était ce qui l'attendait. Ursus ignorait si l'homme qui rit, de par sa difformité et malgré son intellect, saurait être aimé des gens de la cour, peut-être qu'il serait affreusement déçu de tout ce dont, pour le moment, il rêvait en pensant que tout était simple, que tout serait facile, que tous ses problèmes seraient pour de bon résolus. Alors oui, Ursus savait qu'il avait réfléchi... mais la question, c'était surtout de savoir comment le jeune homme appréhendait la situation, à présent, et cela, Ursus l'avait manifestement bien compris. Ce ne fut pas une surprise pour le vieil homme que d'apprendre que Gwynplaine allait accepter de regagner ses titres et toutes les propriétés qui lui étaient dues. Il allait accepter. C'était logique, c'était évident. Quand il lui demanda s'il avait quelque chose à redire à ce sujet, Ursus sut que cette fois, ce n'était pas une nouvelle invitation au conflit, mais une question en définitive sincère. Est-ce qu'il avait quelque chose à redire ? Pas forcément. L'homme qui rit méritait bel et bien ce que la providence lui accordait... et Dea également... Mais lui. Il considérait que, finalement, c'était peut-être là que cette histoire cessait d'être liée à la leur.

-Je te l'ai dis, Gwynplaine,
répondit Ursus de son habituel ton bougon, c'est ta décision, je n'ai rien à y redire. Il marqua une pause. Mais quel fou refuserait ce qui t'attend, hein ? Si tu es heureux, si Dea est heureuse, alors... c'est que c'est ce qu'il faut faire. Et c'était le cas, d'ailleurs, il le pensait vraiment. Il n'avait jamais fait grand cas de son propre bonheur, d'autant plus que notre pessimiste devant l'éternel y avait renoncé depuis longtemps. Mais il avait bien envie de croire en celui de ses enfants, même s'il le montrait souvent très mal. Et moi je reprendrais la route, ça me fera de l'air.

Il n'avait jamais exprimé avant cela son intention de ne pas suivre Gwynplaine et Dea, mais lui aussi avait réfléchi... et c'était mieux comme ça, même si s'éloigner de ses enfants n'aurait rien de simple. Il avait beau dire (et se dire sans le penser franchement) qu'ils pouvaient bien aller au diable, l'un comme l'autre, parce que seule sa solitude et la présence de son loup comptait, il n'était pas sûr du sens que tout cela aurait sans eux. Mais il n'aurait d'autre choix que de le découvrir.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Mar 10 Jan - 20:07

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Quand Gwynplaine demandait son avis à Ursus, ce n’était évidemment pas un reproche du tout. C’était parce qu’il avait envie de connaître l’avis de son père de cœur, de savoir si l’homme avait quelque chose à redire à la situation. A ses yeux, Ursus était l’expression même de la sagesse. Quand bien même il avait été assez âgé quand il avait croisé la route de l’homme, c’était quand même ce dernier qui l’avait élevé. S’il était le jeune homme qu’il était maintenant, c’était parce qu’Ursus l’avait élevé comme un père élevait son enfant. D’ailleurs, Gwynplaine ne se voyait pas considérer Ursus autrement que comme son père. Même s’il ne l’appelait pas papa, qu’il utilisait toujours son prénom, dans son cœur c’était son père tout simplement. Son avis comptait donc énormément, même si ces derniers temps ils avaient eu bien souvent l’occasion de se prendre la tête. Gwynplaine en avait assez de se disputer avec son père de cœur, il avait envie de retrouver une certaine paix entre eux. Ces derniers temps, le jeune homme devait bien avouer qu’il ne pensait plus autant à la duchesse qui lui retournait le cerveau, même s’il avait envie de connaître un peu les résultats des recherches de l’inspecteur Javert la concernant. Ils n’avaient donc plus trop de raison de se disputer, du moins c’était ce qu’il pensait.

Quand Ursus affirma qu’il avait dit que c’était sa décision et qu’il n’avait rien à y redire, Gwynplaine comprenait qu’il acceptait donc ce qu’il venait de lui dire. L’homme acceptait donc qu’il accepte son héritage, il disait même qu’il serait fou de ne pas accepter. Le jeune homme afficha un sourire en entendant son père de cœur affirmer que s’il était heureux et que Déa était heureuse, alors c’était ce qu’il fallait faire. L’homme qui rit appréciait vraiment d’entendre le soutien de son père de cœur, ça lui faisait du bien. C’était ce dont il avait besoin. Parce que même si le jeune homme était sûr de lui, qu’il ne voyait pas faire autrement que d’accepter l’héritage de ses parents, il ne pouvait pas s’empêcher de craindre un peu les changements. Et il ne voulait pas que son père pense qu’il le remplaçait. Ce n’était pas parce que Gwynplaine avait retrouvé sa vraie famille, qu’il avait donc retrouvé son vrai père, qu’il allait sans doute devoir prendre son nom d’ailleurs, qu’il reniait l’héritage qu’Ursus lui avait offert. Bien au contraire, il louait tout autant ces deux héritages. Le jeune homme s’apprêtait à dire quelque chose, quand Ursus ajouta un dernier élément, qui le figea sur place.

« Pardon ? »
Il avait très bien entendu bien sûr, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se demander s’il avait bien compris les mots de son père. Il venait d’affirmer qu’il avait l’intention de reprendre la route… de ne plus vivre avec eux. C’était la première fois qu’il en parlait, cette idée n’avait jamais traversé l’esprit du jeune homme. « Non tu ne peux pas nous laisser ! » En soit, il faisait ce qu’il voulait, mais Gwynplaine n’avait aucune envie qu’il reprenne la route. « Tout ça, c’est pour nous trois. Tu vas vivre avec nous. »
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Mar 10 Jan - 20:33


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
L

a décision d'Ursus était sans appel, radicale, et le saltimbanque savait très bien qu'elle n'allait pas plaire le moins du monde à son fils de cœur. Elle ne lui plaisait pas entièrement à lui non plus, parce qu'il s'était trop attaché à Gwynplaine et Dea pour que l'idée de s'éloigner d'eux ne lui fasse pas du mal. Mais il fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre. Après tout, il l'avait su dès l'instant où il avait décidé d'élever les deux infirmes comme ses propres enfants : il ne serait pas toujours auprès d'eux, parce que la mort et la vieillesse l'emporteraient à un moment ou à un autre, bien sûr, mais pas seulement. C'était dans l'ordre des choses, dans l'ordre de tout être humain (voire de tout animal) que de finir par s'éloigner de la personne qui vous à élever pour voler de ses propres ailes. Dea et Gwynplaine, en dépit de leurs handicaps respectifs, avaient dorénavant l'âge de vivre leur vie. Ils étaient adultes, ils étaient libres de leurs choix, et le rôle d'Ursus, de son côté, était de s'éclipser, et tant qu'à faire, de le faire aussi dignement que possible.

Alors oui, l'indignation de Gwynplaine lui faisait chaud au cœur, même si physiquement il n'en montrait rien. Cela lui rappelait ce qu'il pourrait oublier parfois, que le jeune homme tenait à lui et qu'il craignait de le perdre, mais ça ne suffirait pas à changer l'opinion d'Ursus. Il était comme tout le monde, bien sûr : les titres et les richesses ne le laissaient pas de marbre, et c'étaient là des sirènes à l'appel desquelles il se savait bien capable de succomber, mais il n'en ferait rien, il avait passé l'âge de ses frivolités. Et sa vie n'avait jamais été plus belle que lorsqu'elle était simple, il avait la nostalgie de sa vie nomade et des routes de campagne. S'établir à Paris lui avait prouvé que ce genre de vie ne lui convenait qu'à demi. Il pouvait le souhaiter à ses deux enfants, car comme tout parent qui se respecte, il ne voulait pas que ses enfants puissent manquer de quoi que ce soit. C'était une pensée agréable de se dire qu'il les abandonnait ainsi, dans le confort et l'opulence. C'était certainement le meilleur moment et la meilleure manière de s'éclipser, pour lui. Oh, bien sûr, Dea et Gwynplaine en souffriraient peut-être, au début, mais ils l'oublieraient bien vite. Ça aussi, c'était un talent de la jeunesse, que de savoir si aisément faire table rase du passé. Ursus fit non de la tête.

-Vous n'avez plus besoin de moi, maintenant, ça devait arriver à un moment ou à un autre. Je n'appartiens pas à ce monde-là.
Il appartenait déjà à peine au monde des humains selon lui, au point qu'il considérait que son loup était plus humain que lui. Vous vous y ferez bien vite, ne t'inquiète donc pas. C'est dans l'ordre naturel des choses.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Mer 1 Mar - 14:23

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Gwynplaine n’en revenait pas de ce que son père de cœur était en train de lui dire. Il n’avait pas songé une seule seconde que l’homme puisse décider de ne pas les accompagner. Pour lui, c’était toujours le même scénario, dans tous les cas ils étaient tous les trois ensembles. Qu’il accepte son héritage, qu’il le rejette, qu’il reste à Paris, qu’il s’en aille, il n’avait pas songé une seule seconde que ça ne puisse pas avoir lieu avec Déa et Ursus. Oh, Gwynplaine ne pouvait pas nier non plus que parfois, ses rêves avaient tendances à l’emmener un peu trop loin, mais ce n’était pas pour autant qu’il avait envie de perdre Ursus et Déa. Bien au contraire, ils étaient sa famille et il ne voyait pas vivre sa vie loin d’eux. Même s’il ne serait plus techniquement un Girardet, même s’il allait assumer une vie héritée de ses vrais parents, pour lui Ursus était toujours son père et il voulait lui offrir ce qu’il pouvait. Il voulait lui donner le meilleur. Sauf que visiblement, Ursus avait fait un autre choix. Le problème, c’était que Gwynplaine savait pertinemment que son père de cœur était têtu et qu’il n’allait pas changer d’avis si facilement. Mais de son côté, l’homme qui rit n’avait pas spécialement envie de changer d’avis non plus. Déa souffrirait trop de toute façon si Ursus devait les quitter. Lui aussi, bien sûr, mais il pensait surtout à Déa. Ursus affirma que c’était normal, que ça devait arriver à un moment ou à un autre, précisant qu’il ne faisait pas partie de ce monde-là. Gwynplaine sentit son cœur se serrer en entendant les paroles de son père de cœur, comprenant parfaitement que l’homme regrettait sans doute qu’ils se retrouvent dans une telle situation, qu’ils avancent vers une vie qui ne ressemblait pas du tout à celle qu’il avait avant. Et forcément, Gwynplaine ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était à cause de cela et non parce que c’était dans l’ordre naturelle des choses.

Bien sûr Gwynplaine avait aimé la vie qu’il avait eu avec Ursus, il ne l’échangerait pas. Même en sachant qu’il était le fils d’un Duc, il ne voulait pas changer sa vie. Parce qu’il tenait trop à Ursus et Déa pour ça, parce qu’il avait adoré chaque instant qu’ils avaient passé ensemble. Mais en même temps, Gwynplaine avait la possibilité de vivre une toute autre vie, peut-être plus belle, peut-être pas en soit, mais en tout cas plus riche. Le jeune homme ne voyait que des biens faits dans le fait de ne plus avoir besoin de gagner son pain, de pouvoir manger à sa faim tous les jours. Ursus avait travaillé si dur pendant toutes ces années pour eux, il méritait bien de se reposer et donc de profiter d’une vie confortable.

« Non, ça ne doit pas arriver et on ne s’y fera pas. »
Il parlait au nom de Déa aussi, mais il ne pensait pas se tromper en le faisant. « C’est parce que j’ai pris cette décision ? Autrement, tu n’aurais pas songé à partir n’est-ce pas ? »
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Mer 1 Mar - 20:26


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
U

rsus aurait sans doute pu choisir une manière plus... délicate d'apprendre sa décision à son fils d'adoption, mais la délicatesse n'avait jamais trop fait partie de ses attributions, bien au contraire. Il disait les choses telles qu'il les pensait, et il ne craignait jamais de blesser ses interlocuteurs. Ou du moins, en temps normal, ça lui était égal. C'était plus difficile, tout de même, quand il était question de Gwynplaine et de Dea. Il faisait mine d'être aussi indifférent que possible, la vérité, c'était qu'il était douloureux pour lui de faire un tel choix. Il avait vécu si longtemps avec ses deux enfants de coeur qu'il n'était plus vraiment certain de savoir vivre seul, quand bien même cela avait été le cas une grande partie de sa vie. Mais Ursus le savait, il l'avait toujours su, il ne serait pas toujours présent auprès d'eux. A un moment ou à un autre, il n'aurait plus sa place au sein de cette famille singulière qu'ils étaient parvenu à former, tous les trois. C'était normal, c'était le lot de tout parent, après tout. Un jour, vos enfants volent de leurs propres ailes, et vous devez leur laisser la place. La richesse, le confort et la sécurité que conférait la fortune étaient tout ce qu'un père se doit de souhaiter pour ses enfants, mais ce n'était pas ce qu'il souhaitait pour lui-même. Il ne pourrait pas vivre une telle vie. Il ne le pourrait pas, et il ne le voulait pas forcément en réalité. Il était temps pour lui de s'effacer du décor. A présent, il savait que Gwynplaine et Dea ne manqueraient de rien. Il y avait beaucoup réfléchi, longuement, et cette décision lui était apparue comme une évidence. C'était ainsi qu'il devait agir, c'était en partant qu'il se montrerait le moins égoïste. Et contrairement à ce que prétendait Gwynplaine, il l'oublierait bien vite.

Car, évidemment, Gwynplaine refusait catégoriquement l'idée de son départ. C'était normal, au fond, rien n'aurait pu le préparer à ce que les choses aillent si vite. Ursus n'avait pas été davantage préparé à cela, même s'il y avait déjà pensé, avec ou sans héritage mirobolant en jeu. Apprendre qui était le père véritable de Gwynplaine et l'héritage qui lui avait été légué, ça n'avait jamais été, au fond, que l'élément qui avait accéléré un processus inévitable. Aux yeux d'Ursus, tout du moins.

-J'y songeais,
affirma Ursus avec sincérité. Quand bien même ça n'aurait pas été le cas, il aurait menti. Il ne voulait pas rendre cette décision plus difficile encore pour ses deux enfants. Il fallait bien que je m'en aille tôt ou tard, et je pense que c'est le bon moment. Il marqua une pause et osa une remarque qui dénotait avec son indifférence usuelle. Je peux partir tranquille maintenant que je sais que vous ne manquerez de rien.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Ven 21 Avr - 16:08

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Au final, Gwynplaine savait qu’il avait un peu forcé la main à tout le monde concernant cet héritage. Le jeune homme aurait très bien pu se contenter de faire comme s’il ignorait d’où il venait, mais ce n’était pas ce qu’il avait fait. Parce qu’il ne pouvait pas nier qu’il avait très envie de profiter de cet héritage, de profiter de cet argent qui lui revenait de droit. Bon, il n’avait peut-être pas pensé comme cela tout le temps, mais cela n’empêchait que pour le moment, il avait la possibilité d’offrir vraiment une belle vie à sa famille. Et quand il pensait à sa famille, ce n’était pas seulement Déa. C’était Ursus aussi, qui avait plus que mérité de jouir d’une retraite bien méritée. Gwynplaine ne comprenait pas que son père puisse prendre une telle décision. Il savait bien que la situation ne lui plaisait pas vraiment, qu’il aurait peut-être aimé qu’il refuse, mais quand même… il n’avait pas envisagé une seule seconde que l’homme décide pour autant de partir.

Il affirma qu’il songeait à cette décision avant, que cela n’avait donc pas trop de rapport avec la découverte des origines de Gwynplaine. L’homme qui rit avait envie d’y croire, mais il devait bien avouer qu’il n’y parvenait pas vraiment. Au fond de lui, le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire que c’était un peu de sa faute. Et malgré le fait qu’il souhaite sincèrement cet héritage, il n’avait aucune envie de ne plus avoir Ursus dans sa vie pour cela. Oh, cela ne voulait pas vraiment dire qu’ils n’auraient plus jamais contact mais… Gwynplaine vivait avec Ursus depuis si longtemps, ils vivaient trois depuis tellement longtemps qu’il ne s’imaginait pas vivre sans son père de cœur et sans sa sœur de cœur. L’homme qui rit sentit son cœur se serrer en entendant son père lui dire que maintenant qu’il savait qu’ils n’allaient manquer de rien, il pouvait donc partir tranquille.

« Mais il nous manquera toi. » Il se répétait peut-être, mais il n’y pouvait rien. Il n’avait vraiment aucune envie qu’Ursus parte et il savait d’avance que ça serait le cas de Déa. Ils ne pouvaient pas envisager de vivre sans leur père… ce n’était pas possible. « Je ne veux pas que tu t’en ailles. » Encore une fois il se répétait, mais en même temps il n’avait pas vraiment d’argument pour le retenir. Malheureusement, il aimerait pouvoir avoir quelque chose à lui dire tout de suite pour qu’Ursus change d’avis. Déa trouverait sans doute, Déa avait toujours plus d’influence que lui. De toute façon, il était évident que le jeune homme allait parler de sa sœur de cœur (pouvons-nous encore la considérer comme une sœur de cœur ?) de tout cela. « Et tu n’as aucune raison de partir un jour. Je ne vois pas en quoi il le faudrait. »

D’accord, ils prendraient leur indépendance, mais ils n’étaient pas une famille comme les autres. Ursus n’avait pas besoin de les laisser voler de leurs propres ailes.
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Ven 21 Avr - 18:46


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
U

rsus aimait à prétendre qu'il avait un coeur de pierre, qu'il était insensible à tout et à tout le monde, mais bien sûr, c'était loin d'être la vérité, la vérité, c'était qu'il apprécierait sans doute d'être plus insensible, plus indifférent que ce qu'il se révélait être sous l'influence bénéfique de ses deux enfants, qui ne l'étaient certes pas par le sang que par le coeur. Entendre ainsi affirmer qu'à leur vie, il manquerait sa présence s'il ne venait pas avec eux, Ursus ne pouvait s'empêcher de se montrer touché par ce qu'il découvrait. Son coeur se serra plus encore quand le jeune homme affirma qu'il ne voulait pas qu'il parte. Oh, il s'était attendu à une telle réaction, bien évidemment, mais l'entendre dire, c'était pire que d'imaginer ce qui allait se dire. Ursus avait bien envie de rompre avec sa décision, juste parce que son fils de coeur le lui demandait. Mais cette décision était mûrement réfléchie, et il n'avait pas envie de s'en départir. La vie qui attendait Gwynplaine et Dea ne lui conviendrait pas de toute manière. De cela, il était sûr et certain. Mais pour eux, ferait-il cette concession ? Il n'aimait pas l'idée de douter d'une décision mûrement réfléchie, mais ses enfants adoptifs avaient clairement ce pouvoir sur lui, qu'aucun autre ne pourrait se targuer d'avoir, cela va sans dire, bien évidemment. Il n'avait pas tort en soi, il n'avait pas la moindre obligation à suivre ses enfants dans leur nouvelle vie. Ce qu'il choisissait était une réponse à de profondes convictions, mais qui n'avaient guère de rapport avec une quelconque obligation qu'il pourrait avoir envers... l'univers, ou peu importe. Il poussa un profond soupir.

-Tu penses avoir encore besoin de moi, mais tu vas vite t'en rendre compte, tu m'oublieras bien vite.


Evidemment, c'était faux. Et même lui savait que c'était faux. En tout cas, il espérait bien qu'il ne l'oublierait pas trop vite quand même. Il les avait élevé, nourri, logé, il avait pris soin d'eux durant toutes ces années, il espérait bien que les choses n'allaient pas se passer de cette manière. Mais malgré tout, avec le temps, il deviendrait un simple souvenir. Heureux, fallait-il l'espérer, mais rien qu'un souvenir malgré tout.

-Et désolé, un jour je partirai, par cette voie ou par une autre.
Et c'était un fait. Il espérait bien partir avant ses enfants, quand la mort viendrait le cueillir. Il n'était plus de toute première jeunesse, après tout. Cette vie n'est pas pour moi, c'est tout, il n'y a rien à comprendre d'autre.

Mais il était de plus en plus difficile pour lui de s'opposer à Gwynplaine. Si Dea embrayait à son tour, peut-être effectivement qu'il finirait par céder.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Sam 17 Juin - 11:39

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Gwynplaine savait que son père était particulièrement têtu, c’était l’une des choses qui le qualifié. Mais en cet instant précis, le jeune homme aurait bien aimé qu’il le soit moins. Alors qu’il lui disait qu’il avait encore besoin de lui, qu’il aurait toujours besoin de lui, Ursus rajouter qu’il pensait que c’était le cas, mais qu’il se rendrait compte ensuite que non. Qu’il l’oublierait vite. Gwynplaine ne savait vraiment pas quoi répondre à cette affirmation, en dehors de lui dire qu’il avait tort. Parce qu’il avait tort évidemment. Il ne pouvait qu’avoir tort. Gwynplaine ne se voyait pas un jour oublié son père de cœur, l’homme qui l’avait recueilli et élevé comme s’il était son propre fils. Le jeune homme ne serait jamais assez reconnaissant envers son père de cœur, sans lui, Déa et lui ne seraient pas là aujourd’hui. Et donc, forcément, Gwynplaine avait envie de lui offrir quelque chose en retour, de lui offrir une vie simple et agréable. Même si, bien sûr, le jeune homme se doutait en un sens que son père n’avait pas spécialement envie de changer de vie.

En tout cas, Gwynplaine ne s’imaginait pas une seconde oublier un jour Ursus comme il ne se voyait pas vraiment vivre sans lui. Bon… le jeune homme n’était pas idiot au point de ne pas savoir que ce dernier allait forcément partir un jour et l’ordre des choses voudraient que ça soit lui qu’il parte en premier (ce qui ne serait pas le cas en fait…), mais il n’aimait pas entendre Ursus dire ce genre de chose. Il le savait, mais il n’avait aucune envie d’y penser. Et justement, c’était bien parce qu’ils n’étaient pas éternels qu’ils n’avaient aucune raison de ne pas continuer de vivre ensemble. Ursus n’avait pas besoin de partir, ils n’avaient pas besoin de se séparer. Quand bien même, il ne manqua pas de confirmer le fait que cette vie n’était pas pour lui. Gwynplaine voulait bien reconnaître que c’était un changement radical, mais ça ne voulait pas dire qu’ils ne pouvaient pas s’y faire. Et justement, ils allaient vraiment être à l’abri de tous les soucis.

« Tu n’as même pas essayer. » Gwynplaine ne savait pas s’il pouvait convaincre son père de cœur de ne pas les abandonner, mais il n’avait pas l’intention de rendre les armes dans tous les cas. Et évidemment, le jeune homme allait en parler à Déa, qu’il savait bien plus convaincante que lui. Si jamais les deux jeunes gens se mettaient à deux pour convaincre Ursus de ne pas partir, l’homme qui rit avait l’espoir qu’ils allaient lui faire changer d’avis. Parce que même si Ursus était têtu, Gwynplaine l’était tout autant et il ne pensait pas que Déa accepterait de voir leur père s’en aller. « Comment tu peux savoir que ça ne sera pas fait pour toi ? »

Après tout, rien ne garantissait qu’Ursus ne s’y plairait pas dans cette nouvelle vie. Parce qu’ils n’auraient vraiment plus aucune raison de s’inquiéter, plus aucune peur de ne pas avoir à manger, plus qu’un effort à fournir.
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Sam 17 Juin - 12:09


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
N

on, c'est vrai, il n'avait effectivement pas essayé, mais ce n'était pas comme si la noblesse et tous ses apparats étaient une chose que l'on pouvait expérimenter réellement à moins d'être né dedans ou de connaître une occasion telle que celle rencontrée par Gwynplaine. Alors oui, peut-être que, s'il s'y risquait, le vieux saltimbanque saurait prendre goût à tout cela, à ce nouveau monde si différent de celui où il avait évolué jusqu'alors. Comment cela pourrait-il bien lui déplaire, après tout ? Il semblait n'y avoir que des avantages à tout cela. Pouvoir manger à sa faim les plats les plus raffinés chaque jour que Dieu faisait, pouvoir dormir dans des draps de soie, vivre dans l'inconscience et la démesure... voir ses enfants s'épanouir dans un luxe qu'il n'avait jamais été capable de leur offrir de lui-même. Etait-ce pour cela qu'il était réticent à ce point ? Parce que rejoindre Déa et Gwynplaine dans cette nouvelle vie serait un constat d'échec, la preuve qu'il avait été lui-même incapable d'offrir à ses enfants de coeur la vie qu'il méritait réellement. Il s'était abandonné à certaines ambitions, mais ce n'était jamais qu'au nom de la volonté de ses enfants. Lui-même se serait très bien contenté de courir seulement les routes et de ne pas chercher plus loin. Il en aurait été heureux, même. Il n'avait peut-être pas fait montre d'ambitions suffisamment grandes pour eux, et maintenant, la vie le lui faisait comprendre, le punissait peut-être de n'avoir pas été un assez bon père, et ce n'était pas un spectacle auquel il tolérait d'assister... Peut-être, peut-être, mais il n'était pas capable de comprendre et encore moins d'admettre cela. Quoique son interlocuteur puisse dire, le constat était le même, et sa décision lui paraissait irrévocable.

-Parce que je ne veux pas que ce soit fait pour moi,
répliqua-t-il alors d'un ton des plus tranchant, sans appel.

Et en effet, il s'agissait de cela, il ne voulait pas se perdre dans une vie oisive qui lui donnerait le sentiment de perdre de vue ses convictions les plus sincères. Elle voulait vraiment le bonheur de ses enfants, et elle ne leur empêcherait pas de vivre cette vie de luxe et d'opulence totale. Il n'avait aucun mal à comprendre que Gwynplaine ne comprenait pas. Pourtant, il ne voulait vraiment pas se laisser retenir, c'était bien trop difficile, beaucoup trop douloureux. Car oui, ça faisait du mal, effectivement. Il n'avait pas envie de s'éloigner de ses enfants, qu'il considérait quoi qu'il advienne comme la chair de sa chair. Mais il ne pouvait plus être un poids pour eux. Cette histoire lui en donnait la preuve évidente : ils n'avaient plus besoin de lui.




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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Ven 11 Aoû - 17:01

Ursus & Gwynplaine
On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
Gwynplaine et Ursus étaient très peu souvent sur la même longueur d’onde ces derniers temps, en grande partie parce qu’ils étaient bien trop têtus pour accepter la vision de l’autre. En cet instant précis, encore une fois, ils n’étaient pas du tout d’accord. Le jeune homme ne comprenait pas l’entêtement que faisait preuve son père de cœur, qui ne voulait pas accepter la vie qu’il était en mesure d’offrir. L’homme qui rit avait marché ces derniers temps, ils n’avaient vraiment aucune raison de se plaindre, mais ils méritaient quand même d’avoir une vie encore plus belle non ? Gwynplaine pouvait leur offrir tout cela, il pouvait assurer un avenir à ses proches et ces proches comprenaient évidemment Déa et Ursus. L’homme bourru s’était sacrifié pendant très longtemps afin de pouvoir offrir à ces enfants qui n’étaient même pas les siens, une vie digne de ce nom. Sans Ursus, les deux jeunes enfants qu’ils étaient à cette époque n’auraient pas du tout survécu. Ils seraient sûrement morts de froid, parce qu’l n’y avait aucune autre issue possible. La mère de Déa était déjà morte à cause du froid et ce dernier avait attaqué ses yeux. Sans Ursus, ils ne seraient pas vivant, sans lui ils n’auraient pas eu leur vie actuelle. Ils lui devaient beaucoup et Gwynplaine avait juste envie que son père de cœur vive une nouvelle vie en leur compagnie. C’était sans doute idiot, mais là, le jeune homme ne se sentait pas capable de vivre sans son père. Il avait besoin de lu, comme il avait toujours eu besoin de lui.

Quand Ursus rétorqua qu’il n’avait aucune envie que cette vie de noble soit fait pour lui, Gwynplaine ne pouvait que capter la dureté dans ses propos. Il connaissait son père de cœur et il voyait bien que l’homme n’avait pas l’intention de revenir sur ses propos, de changer d’avis. Autant dire qu’il ne pouvait pas vraiment lui faire changer d’avis. Mais en même temps, il n’avait pas pour autant l’intention d’en démordre.

« Tu cherches simplement une raison pour te débarrasser de nous. »

Dit-il alors en croisant les bras. Le jeune homme faisait peut-être un peu trop preuve de mauvaise foi, mais il n’y pouvait rien. Il n’aimait pas l’idée que son père décide de les abandonner maintenant, alors qu’ils pouvaient quand même avoir une belle vie. Ils allaient pouvoir vivre tous ensemble et sans soucis, parce qu’ils allaient vivre comme des nobles. D’accord, Ursus avait son caractère, il aimait son train de vie, mais en même temps… eh bien, ils ne pouvaient quand même pas refuser tout cela. Gwynplaine avait retrouvé sa vraie famille, il allait pouvoir en profiter, mais en attendant, le jeune homme avait besoin de sa famille de cœur. La seule qui avait compté pendant toutes ces années, la seule qui compterait encore vraiment. Pour une fois, il avait le sentiment de pouvoir réellement offrir quelque chose de digne à sa sœur de cœur, qui faisait battre justement son cœur bien trop pour une simple sœur.
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Message#Sujet: Re: On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.   Ven 11 Aoû - 19:41


On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
A

force de les voir se disputer sans cesse (et autant le dire, cela arrivait vraiment très régulièrement), on pourrait aisément douter de l'affection profonde qui unissait pourtant Gwynplaine à Ursus, Ursus à Gwynplaine. Et pourtant, elle était bien réelle, et c'était justement parce qu'Ursus aimait sincèrement Gwynplaine, comme un père aimerait son fils, sa chair et son sang, que le ton montait souvent très vite entre eux : parce qu'ils étaient tous les deux de fortes têtes, parce qu'ils avaient tous les deux des tempéraments bien trempés et, pour la peine, ils n'appréciaient pas de donner raison à l'autre, comme si cela leur donnait automatiquement tort, même si ce n'était pas toujours le cas. Cela étant, pour une fois, Ursus regrettait sincèrement cette nouvelle dispute entre eux, quand bien même il devrait y être totalement habitué, à présent. Il songeait que cette discussion était sans doute l'une des dernières qu'ils auraient (puisqu'aucun des arguments de son fils de coeur ne contenterait jamais Ursus, en tout cas le considérait-il ainsi pour le moment, sa décision était prise, et il la pensait irrévocable) ensemble. Et si ça avait été la dernière, il avait envie qu'elle ne se passe pas si mal, qu'ils sachent se dire ce qu'ils avaient bien souvent du mal à exprimer tous les deux, parce qu'ils étaient malheureusement aussi bornés l'un que l'autre. Ursus avait été tenté de calmer le jeu, mais quand Gwynplaine reprit la parole, il oublia totalement cette résolution. Certaines paroles ont le don de vous blesser bien plus profondément que d'autres, de laisser en vous une trace indélébile. Les mots de Gwynplaine, il serait bien incapable de les oublier, ils lui arrachèrent le coeur comme si ce dernier avait été un absurde bout de papier.

-Si j'avais voulu me débarrasser de vous, je vous aurais laissés geler dehors, ce jour-là,
marmonna-t-il alors, en référence, bien sûr, au jour où Gwynplaine avait frappé à sa porte. Il lui arrivait à la taille, alors, et Dea n'était plus haute que trois pommes. C'était si lointain, à présent, tant de choses avait changé, depuis. A commencer par Ursus lui-même. Ces deux gosses devenus ses enfants l'avaient humanisé, tout simplement, mais cette humanité autorisait malheureusement la douleur. J'aurais peut-être bien fait, tiens, ça m'aurait évité d'avoir un fils aussi ingrat, ajouta-t-il ensuite.

Il était blessé, c'était aussi simple que ça. Non, il n'avait pas la moindre intention de se débarrasser de ses enfants. Au mieux, il pouvait le prétendre, bien sûr, parce que ça n'avait rien de difficile de prétendre ce que l'on ne pense pas réellement, mais jamais il ne l'aurait vraiment pensé. Parce qu'il aimait ses enfants, sincèrement, et qu'ils allaient terriblement lui manquer. L'idée de se séparer d'eux lui faisait du mal, vraiment. Mais... c'était juste... comme ça.




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On n'est pas toujours le fils de son père, mais on est toujours le père de son fils.
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