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 L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)

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Message#Sujet: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mer 22 Juin - 16:15

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Quand Marius s’était rendu chez Cosette, comme souvent, dans le but de pouvoir voir sa tendre et belle demoiselle. Il ne pensait pas que cela ne puisse pas être possible, il était bien loin de se douter de ce qu’il allait découvrir en arrivant. Et pourtant, il le découvrit. La lettre que Cosette avait laissé était bien cachée, mais suffisamment visible pour que Marius la trouve une fois qu’il fut sur place et qu’il remarqua que la jeune femme n’était pas présente. La maison était vide maintenant, parce que Cosette et son père (qui n’était pas vraiment son père, mais ça il n’en avait aucune idée) avait quitté les lieux. Le jeune homme ne parvint pas vraiment à comprendre dans les propos de Cosette la raison de ce départ précipité, mais il comprenait qu’elle n’avait pas eu le choix. La jeune femme avait indiqué dans son message l’endroit où elle allait se rendre avec son père et Marius comprenait les sentiments qu’elle pouvait avoir pour lui. Il comprenait aussi qu’elle était en train de disparaitre, qu’elle était en train de lui être enlevé. Et l’étudiant en droit ne pouvait vraiment pas l’accepter. Cela ne faisait pas si longtemps que ça finalement que Marius et Cosette s’étaient parlé pour la première fois, mais le jeune homme était certain qu’elle était la femme de sa vie. Il ne pouvait pas la laisser partir sans rien faire.

Sauf que Marius savait aussi qu’il ne pouvait pas se contenter de foncer tête baissée pour aller la voir, ce n’était vraiment pas prudent. Même si c’était particulièrement tentant, il savait qu’il ne pouvait pas le faire à cause du père de la jeune femme. Sauf qu’il n’avait pas pour autant envie de ne rien faire, alors il allait trouver une solution pour agir. Pour cela, le jeune homme savait qu’il avait besoin d’aide. Marius pensa une seconde à Enjolras, qui était quand même un ami précieux sur qui il pouvait compter. Sauf qu’il ne savait que trop bien ce qu’il pensait de la jeune femme, de sa relation avec Cosette. Donc, il valait mieux qu’il évite de lui demander de l’aide. Alors, il ne restait plus qu’une seule personne. Marius se rendit rapidement chez lui, rentra dans ce qui lui servait d’appartement, et attendit. Il avait un peu de mal à être patient, mais il attendait, parce qu’il savait qu’Eponine était chez elle en compagnie de ses parents. Au bout d’un moment, il entendit la porte de la famille Jondrette et des pas dans l’escalier. Il lui semblait que sa voisine se trouvait à présent seule chez elle. Alors Marius ouvrit sa porte et frappa vivement à celle de ses voisins.

« Ponine, c’est Marius ! »

Dit-il à travers la porte dans l’espoir que la jeune femme lui ouvre rapidement. Parce qu’il avait vraiment besoin d’elle, il avait besoin de son aide. Et il était incapable de se rendre compte de ce qu’il était en train de faire en attendant l’aide de sa voisine.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Sam 25 Juin - 11:59



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
L

e quotidien des Thénardier, alias la famille Jondrette, n'avait jamais rien de stable ou de coutumière, c'est une certitude, et pourtant, Éponine avait bien souvent l'impression malgré tout d'être enfermée dans une irrépressible routine, de laquelle elle ne serait jamais en mesure de s'échapper, quelques puissent être ses efforts dans ce sens. Tous les jours, il y avait des manigances, des insultes, des coups. Les prétextes et les sujets n'étaient jamais les mêmes, mais la demoiselle ne trouvait en rien plaisant d'en admirer la subtile variété. Elle ne voyait qu'une chose et une seule : cette vie était terrible, cette vie était la sienne, et elle n'aimait pas cette vie. Il n'y avait rien en elle qu'elle veuille en conserver. Depuis sa rencontre avec Jean Valjean, la jeune femme songeait souvent à Cosette, sa rivale qui n'en était même pas vraiment une, car il était impossible pour Ponine de ne serait-ce que se hisser à son niveau. Elle avait souvent rêvé à la vie qu'elle aurait pu avoir dans d'autres circonstances. Et de ses nombreuses vies rêvées, celle de Cosette était évidemment celle que Ponine lui enviait le plus. Parce qu'elle avait la beauté, l'amour d'un père et, plus important encore que tout le reste, l'amour du beau Marius Pontmercy. Enfin, à quoi bon rêver. L'illusion de l'amour n'es pas l'amour trouvé, loin s'en faut. Elle resta à ses vœux irréalisables et elle attendait, ne pouvant rien faire d'autre, après tout, songeant qu'un jour, peut-être les choses changeraient sans pour autant réellement y croire.

En attendant, elle s'accaparait comme elle le pouvait les quelques moments d'accalmie que lui accordait l'existence. Comme celui qu'elle savourait alors que l'on frappait à sa porte, et qu'elle se retrouvait seule chez elle, le reste de sa famille étant partie vaquer à ses affaires. En l'absence du reste des Thénardier, la modeste chambre qu'ils occupaient paraissait tout à coup beaucoup plus belle et spacieuse. Ce restait un taudis, mais il était pour la jeune femme un taudis magnifique. Un havre soudain où elle pouvait se sentir un peu libre. Mais cette liberté ne serait que de courte durée, car les liens qui entravaient son cœur n'allaient pas manquer de se resserrer autour de ce dernier, jusqu'à le briser en mille morceaux. On avait frappé à la porte, donc, et Ponine sentit ce fameux cœur s'emballer en découvrant qui se trouvait de l'autre côté. Elle ouvrit donc prestement la porte et tomba nez à nez avec Marius.

-C'est pas commun qu'vous veniez toquer à cette porte'ci,
remarqua-t-elle, un sourire aux lèvres. Et pour cause, derrière cette porte, il y avait bien souvent le patriarche Thénardier, et autant dire que nul ne tenait vraiment à lui payer une petite visite de courtoisie. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?






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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Ven 22 Juil - 20:31

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
C’était peut-être la première fois que Marius frappait à cette porte en effet. Le jeune homme avait l’habitude de parler avec Eponine, soit parce qu’ils se croisaient dans la rue, proches du café Musain, dans les escaliers de la masure, ou encore qu’elle venait le trouver chez lui. Elle l’avait déjà fait oui, quand elle se retrouvait dans des positions délicates à cause de son père. Cet homme était un vrai monstre eux yeux du jeune homme, parce qu’il n’hésitait pas à lever la main sur ses filles. En plus d’avoir des affaires quand même très louches à ses yeux. Jondrette n’était pas quelqu’un que le jeune Marius appréciait vraiment, bien au contraire même. Et cela, alors qu’il ne pouvait s’empêcher d’idolâtrer Thénardier, cet homme qui avait « sauvé » son père et qui se trouvait être son voisin. Mais pour l’heure, il n’avait aucune idée de la vérité. Marius venait donc de frapper à la porte de ses voisins, dans le but de pouvoir parler à Eponine parce qu’il avait besoin de son aide. Quand elle ouvrit la porte, elle afficha un grand sourire qui aurait pu tirer un sourire à l’étudiant, si la situation n’était pas aussi grave à ses yeux. Ce n’était pas commun qu’il frappe à cette porte non, mais c’était bien parce qu’il avait besoin de l’aide d’Eponine. Et d’ailleurs, il décida de ne pas tourner autour du pot.

« J’ai besoin de ton aide Ponine… »

Et au vu de la tête qu’il faisait, il y avait peu de chance de douter du fait qu’il était vraiment sérieux. C’était important à ses yeux qu’Eponine accepte de l’aidé. Si elle refusait – ce qu’il pourrait comprendre quand même, mais il osait croire qu’ils étaient suffisamment amis pour qu’elle ne refuse pas – il allait se débrouiller tout seul, mais ça n’allait évidemment pas être facile. Parce qu’en dehors de sa jeune voisine, le jeune homme pouvait difficilement compter sur quelqu’un d’autre en cet instant. Il était clair qu’il ne pouvait pas espérer qu’Enjolras l’aide, il n’avait aucun intérêt à lui venait en aide, craignant sans doute trop qu’il se détourne de leur cause. Et d’ailleurs, Marius ne se doutait pas qu’il espérait qu’il se sépare définitivement de celle qui faisait battre son cœur, contrairement à ce qu’il lui avait dit. Certains membres des amis de l’ABC pourraient accepter de l’aider, Courfeyrac par exemple sur qui il avait pu compter plusieurs fois. Mais dans le doute, il ne préférait pas les mêler à tout cela. Il avait besoin d’Eponine donc. Même si ce n’était pas vraiment un choix judicieux non plus, mais pour qu’il le sache, il faudrait qu’il réalise les sentiments que sa voisine avait pour elle.

« Cosette vient de déménager avec son père, ils vont partir pour l’Angleterre. »
Ce qui était la phrase qui mettait directement le sujet sur la table. « Il faut que tu m’aides, il faut que j’aille la voir sans que son père ne soit au courant. »

Et il y arriverait forcément avec l’aide d’une autre personne.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mar 26 Juil - 21:45



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
P

ar deux fois en peu de temps de conversation, il l'avait appelée "Ponine", et ce simple surnom éveillait en elle une frénésie incontrôlable de sentiments que le jeune étudiant ne pouvait imaginer. Pourtant, elle savait bien que ça ne représentait rien pour lui, juste un surnom comme il devait en donner à bien d'autre, et s'il savait, il en usait sans doute pour l'amadouer et l'attendrir (mais elle ne le pensait pas capable d'une telle malice), mais ça avait le don, malgré tout, de lui donner le sentiment d'être un tout petit peu importante aux yeux de celui qui l'était tant pour elle, et cela signifiait déjà beaucoup. Suffisamment importante, elle semblait l'être, en tous cas, pour que Marius lui demande directement son aide. C'était la première fois qu'il quémandait son aide, il n'en aurait pourtant pas eu besoin, il aurait suffi qu'il ordonne pour que, bien malgré elle, honteuse d'elle-même, elle obéisse. Son aide lui était déjà toute acquise, maintenant et pour toujours, quoi qu'il puisse lui demander, et même s'il devait lui demander le pire... Et effectivement, il apparaissait qu'elle n'était pas loin du compte du coup en envisageant cette hypothèse, car dès que le nom de "Cosette" fut prononcé, la jeune femme eut le sentiment qu'un coup de fouet venait de claquer dans l'air, de lui scinder le cœur en deux. Bien sûr, qu'il s'agissait d'elle, il s'agissait toujours d'elle... Elle évita de se réjouir en apprenant que la demoiselle et son père devaient traverser la Manche pour disparaître une bonne fois pour toutes. Elle avait dans l'idée que Marius, justement, n'allait pas le laisser faire, quand bien même éloigner définitivement et géographiquement Cosette était peut-être la seule option pour gagner de l'intérêt aux yeux d'Éponine. Il ne savait pas quel était son plan exactement, mais elle comprenait qu'elle devrait faire diversion auprès du père, l'homme à la poupée, quand lui-même discuterait avec sa belle... L'idée était insupportable, mais elle fit de son mieux pour ne rien laisser paraître. Une chance pour Marius, faire diversion, c'était une habitude qu'elle avait aisément prise à force d'être la fille de ses parents.

-Qu'est-c'que vous attendez de moi exactement ?
demanda-t-elle en essayant de ne pas trop montrer sa réserve.

Ce qu'il lui demandait était la pire chose au monde, parce qu'elle n'en avait aucune envie. Tout ce dont elle avait envie, elle, c'était de saborder les beaux projets de ce petit couple pour expédier la jolie blonde le plus loin possible sur un bateau qui prendrait le large où s'évanouirait au fond de la mer, peu lui importerait, du moment qu'elle quittait sa vie et l'esprit du jeune Pontmercy.

-Qu'est-ce que vous comptez faire pour la r'tenir, votre Cosette ?


Ça, c'était la question qui l'angoissait le plus. Mais il fallait bien qu'elle la pose.





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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mer 7 Sep - 21:04

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Marius espérait vraiment qu’Eponine allait l’aider, le jeune homme avait plus que besoin de l’aide de la jeune femme. Parce qu’il n’y avait personne capable de l’aider plus qu’elle en cet instant présent. C’était la seule en qui il avait sincèrement confiance pour ne pas le trahir, alors que la jeune femme était sans doute la moins placée. Mais ça, le jeune étudiant ne pouvait pas du tout s’en rendre compte, puisqu’il était incapable de réaliser que celle qu’il considérait simplement comme son amie, comme sa voisine, l’aimait. Il ne voyait rien et c’était bien pour cette raison qu’il se trouvait juste devant elle. Devant la jeune femme qu’il considérait comme étant son dernier salue, pour parvenir à sauver sa relation avec Cosette, pour qu’il ne perde pas la femme de sa vie à cause de la décision de son père. Eponine se contenta de lui demander ce qu’il attendait d’elle, sans préciser qu’elle allait l’aider. Mais ces propos signifiaient un accord non ? Marius n’osait pas imaginer qu’elle puisse refuser, alors qu’elle avait justement toutes les bonnes raisons du monde de refuser de le faire. Evidemment, Marius ne se rendait toujours pas compte qu’elle n’était pas aussi enjouée que lui, à l’idée de retenir Cosette. Il était aveugle comme d’habitude et donc, il reprit la parole sans se poser trop de question.

« J’ai besoin que tu repères où ils sont, que tu trouves le meilleur moment d’agir… et que tu détourne l’attention de son père. »
C’était peut-être trop demandé, mais le jeune homme ne voyait pas vers qui se tourner d’autre de toute façon. Ce n’était clairement pas à Enjolras qu’il allait demander ce genre de service. « Tu es douée pour ça et il ne te connait pas. »

Du moins, c’était ce qu’il pensait. Evidemment, Marius était incapable de deviner – encore une fois, il ignorait quand même énormément de chose – que la jeune femme connaissait bien le père de Cosette pour avoir eu l’occasion de croiser quand elle n’était qu’une enfant (de même qu’elle connaissait bien Cosette d’ailleurs) et aussi pour l’avoir croisé depuis. Il ne savait donc pas que Monsieur Blanc connaissait donc parfaitement la jeune Eponine, mais en même temps ce n’était pas trop grave. Parce que la jeune femme pouvait très bien arriver à ses fins quand même, du moins si elle acceptait de le faire.

« J’ai besoin de temps pour aller trouver Cosette. » La trouver en effet, parce qu’il avait besoin de lui parler et de s’arranger pour qu’elle ne s’en aille pas. Même s’il ne savait pas encore si elle allait être d’accord. Il n’y avait pas de raison qu’elle ne soit pas d’accord, en même temps. D’accord pour ce qu’il décida d’annoncer à Eponine, alors qu’il aurait sans doute dû s’abstenir. « Je vais enlever Cosette… » Mais ce n’était pas du tout dit dans un sens négatif évidemment, il ne la forcerait pas à le suivre. « Et l’épouser pour qu’on ne soit pas jamais séparé. »
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Jeu 8 Sep - 16:45



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
É

ponine prit soin de dissimuler les émotions (nombreuses, trop nombreuses) qui lui traversaient l'âme et le cœur tandis qu'elle entendait l'homme qu'elle aimait lui expliquer avec la plus totale des confiances et sans se rendre compte du mal qu'il lui faisait d'aller trouver le père de Cosette et de le retenir le temps que lui-même puisse s'entretenir avec l'élue de son cœur. Cette démarche était, dans les faits, entièrement dans ses cordes, en effet, Ponine n'en était pas à son coup d'essai dans ce domaine, mais sur bon nombre d'autres points, Marius était en tort. Repérer la nouvelle demeure de Cosette et de son père, elle s'y employait déjà, en vérité. Mais au service de son père, cette fois (et elle dissimulerait l'ironie qui résidait dans le fait que Marius venait de lui confier une mission équivalente à celle du père Thénardier, mais pour une raison totalement différente dans son cas)... Elle savait où Cosette et son père résidait, même si elle avait affirmé à son père n'avoir pas retrouvé leur trace pour le moment. Rien de plus simple donc que de "trouver" et communiquer cette information à Marius. L'autre tort que Marius avait sans pouvoir s'en rendre compte était que la jeune femme connaissait en vérité cet homme dont elle devait attirer l'attention. Elle aurait pu le lui dire, mais elle s'en abstint. À quoi bon lui parler de tout cela, que cela changerait-il ? Si ce n'est peut-être que le bel étudiant serait capable d'en aimer encore davantage sa belle rivale. Elle pourrait attirer l'attention de l'homme, elle pourrait l'éloigner suffisamment longtemps pour laisser Marius seul avec Cosette, elle savait de quelle façon s'y prendre, et le fait qu'elle connaisse déjà cet homme n'en rendrait sa tâche que plus simple, pour tout dire. Elle n'en avait pas envie pour autant.

Et ce fut pire encore quand elle entendit quelles étaient les ambitions de Marius : enlever Cosette ? L'épouser ? Le cœur de la jeune Thénardier acheva de se briser. Oh, s'il savait combien ses intentions étaient à ses yeux cruelles ! Combien, en cet instant, elle avait mal ! Mais il ne le saurait pas, parce qu'elle ne lui dirait rien. Elle était on ne peut plus tentée de refuser cette aide à Marius, par pure vengeance... Mais il s'arrangerait sans doute autrement. Elle le perdrait aussi sûrement qu'elle ne saurait jamais gagner son cœur. Cet arrangement, c'était un prétexte à savourer une bribe de sa présence... juste encore un peu... avant qu'il ne l'abandonne pour de bon. Elle ne dit rien pendant plusieurs secondes, le temps qu'il lui fallut pour faire taire les pensées chaotiques qui martelaient son crâne, puis daigna finalement répondre.

-J'peux faire ça pour vous.
Son ton était sans doute un peu trop résigné, mais tant pis. Puisque c'est c'que vous désirez.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Lun 7 Nov - 12:47

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
C’était vraiment plaisant pour Marius d’affirmer haut et fort qu’il allait épouser Cosette. Bien sûr, pour cela, il faudrait encore qu’elle accepte, mais le jeune homme osait croire que la femme qui faisait battre son cœur n’avait pas envie de s’en aller, qu’elle n’avait pas envie de disparaitre de sa vie. Pour cela, il n’y avait pas beaucoup de solution. Même si son père avait peu de chance d’apprécier, Marius considérait que ce n’était pas un souci tant qu’ils étaient ensemble. En soit, le jeune homme ne savait pas exactement ce qu’il allait pouvoir offrir à sa tendre Cosette, mais il était évident pour lui qu’il ne pouvait pas faire autrement. Et donc, il en informait Eponine sur qui il comptait pour l’aider. Sans elle, le jeune homme savait parfaitement qu’il allait avoir plus de mal à trouver l’endroit où se trouvait Cosette et son père et ils n’avaient pas le temps. Marius comptait énormément sur la jeune femme, ne se rendant évidemment pas compte du trouble qu’il était en train de créer sur elle. Même le silence qu’elle laissa planer avant de prendre la parole ne lui fit pas remarqué à quel point il se montrait cruel avec elle. Il crut, simplement, qu’elle avait besoin de quelques secondes pour savoir si c’était faisable, si elle pouvait l’aider. Non pas qu’elle était simplement en train de souffrir. Elle le cachait parfaitement, elle n’en montrait rien du tout. Et même si elle avait montré quoi que ce soit de ce qu’elle ressentait vraiment, ce n’était pas dit que Marius voit quoi que ce soit. Le jeune homme était bien trop obnubilé parce qu’il était en train de prévoir pour celle qu’il aimait, le fait de pouvoir l’épouser pour la garder auprès de lui jusqu’à la fin de ses jours. Finalement, Eponine reprit la parole en affirmant qu’elle pouvait le faire, parce qu’il le lui demandait.

« Je te remercie Ponine ! »

Lança-t-il alors, avec enthousiasme et sa gratitude dans la voix. Evidemment, sans surprise, Marius fut incapable de remarquer le ton résigné de la jeune femme, le fait qu’elle ne semblait pas vraiment motivée à l’aider. Il ne voyait rien, parce qu’il n’avait sans nul doute pas envie de voir quelque chose. La seule chose qui l’intéressait pour l’heure, c’était qu’il allait pouvoir, avec l’aide d’Eponine, trouver Cosette et son père pour pouvoir la retrouver. Sans elle, le jeune homme n’allait vraiment pas pouvoir aller au but de ses actions. Sans elle, le jeune homme n’allait pas pouvoir retrouver Cosette et il allait la perdre complètement. Ce qu’il ne pouvait, évidemment, pas envisager une seule seconde. Il aimait bien trop Cosette, il avait bien trop besoin d’elle, pour tout perdre. Par chance, il pouvait compter sur Eponine et c’était en sachant cela qu’il était venu la trouver. Dans un élan, le jeune homme déposa ses mains sur les bras de la jeune femme.

« Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »

Le pire dans tout cela, c’était qu’il était parfaitement sincère.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Lun 7 Nov - 22:18



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
É

ponine se força à sourire quand son voisin la remercia... La vérité, c'est que le cœur n'y était absolument pas. L'enthousiasme et le bonheur de Marius aurait sans doute dû faire le sien, mais ce n'était pas entièrement le cas, non, elle était mortifiée... Oui, pour être heureuse, il fallait que Marius le soit... Mais elle aurait tant aimé que l'inverse soit aussi vrai ! Mais le fait est que le jeune homme restait totalement insensible à sa détresse. La jeune femme aurait voulu qu'il se rende compte de ce qui se passait en elle, en ce moment, de combien son coeur souffrait avec lui, elle aurait aimé qu'il se rende au moins compte du profond sacrifice qu'elle faisait pour lui et uniquement pour lui... Mais il ne voyait rien. L'amour et le bonheur, ceux que lui inspirait une autre, l'aveuglaient complètement. Quelle chance il avait ! L'amour de Ponine, lui, ne lui avait pas empêchée de voir... Elle ne voyait que trop bien, en fait, et cette clarté l'éblouissait, lui brûlait la rétine. Parfois, elle enviait Dea. Ça aurait été tellement plus simple de ne rien voir du tout. La jeune femme se sentit frissonner, une décharge dans toute sa colonne vertébrale... Il venait de lui attraper le bras. Si seulement il savait ce que ce simple contact éveillait en elle ! Mais ce n'était pas le cas. Il ne comprenait pas. Et parce qu'il ne comprenait pas, il comprenait pas, aussi ne réalisait-il pas que ses actes et ses gestes étaient blessants. Elle souffrait au moindre geste, au moindre mot. Et en même temps, comment ne pas en profiter, en songeant que c'était peut-être la dernière fois qu'il s'adresserait ainsi en sa présence. C'était peut-être le dernier moment qu'il leur était donné de passer ensemble, juste tous les deux.

-Oh, vous vous en sortiriez très bien sans moi
, répliqua-t-elle, qui ne sut pas totalement dissimuler son amertume, au contraire. J'me fais pas d'mourron. Elle poussa un léger soupir. J'suppose que vous verrez ça bien vite. Vous allez pas l'am'ner vivre ici, votre donzelle, j'me trompe ?

Elle savait très bien que oui... Il voudrait le meilleur, pour sa belle Cosette, ce n'était pas dans ce taudis qu'ils trouveraient leur bonheur. La jeune femme savait que bientôt, son voisin n'en serait plus un... Et le pire, c'est qu'elle participerait à cet état de fait. Une fois qu'il y aurait plus d'un simple mur pour les séparer, il se ficherait bien d'elle, elle ne se leurrait pas. Il l'oublierait forcément, elle ne serait qu'un grain de sable dans son existence, quand lui l'aurait comblée toute entière. Même après son départ, elle était convaincue qu'elle ne l'oublierait pas. Elle ne savait pas comment elle supporterait son absence. Elle avait le sentiment qu'il avait toujours fait partie de sa vie.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Lun 2 Jan - 15:11

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Marius ne savait pas comment il pourrait remercier Eponine à la hauteur de ce qu’elle faisait pour lui. Elle était loin d’être obligé de faire tout ce qu’elle faisait et pourtant elle le faisait. Sans elle, il aurait peut-être réussi à faire les choses autrement, mais c’était évidemment beaucoup plus simple pour lui. Sans Eponine, il ne parviendrait pas aussi facilement à arranger les choses avec Cosette, alors qu’elle n’avait normalement aucune raison de l’aider. Du moins, c’était ce qu’il pensait, parce qu’il ignorait tout de ce que sa voisine ressentait pour lui. Il ne voyait rien, pas même en cet instant alors que la jeune femme parvenait moins facilement à cacher l’amertume qu’elle ressentait alors qu’il lui parlait, alors qu’il la touchait. Il ne réalisa pas qu’elle frissonnait quand il avait attrapé son bras, il ne vit rien. Comme d’habitude, il était parfaitement aveugle parce qu’il ne parvenait pas du tout à voir plus loin que le bout de son nez, à voir d’autres sentiments que ceux qu’il avait pour sa tendre Cosette et ceux qu’elle lui rendait. Il ne voyait absolument rien et ne se rendait pas compte du mal qu’il était en train de faire à l’une des personnes qu’il appréciait le plus. Parce que c’était ça, il l’appréciait. Il l’appréciait mais il ne voyait rien du tout et il ne se rendait pas compte du mal qu’il lui faisait. De la souffrance qu’il lui procurait, alors qu’il ne désirait pas lui faire de mal. Le jeune homme prenait donc les paroles d’Eponine comme celles venant d’une simple amie, qui pensait qu’il s’en serait sortie sans son aide. Mais ce n’était pas le cas à ses yeux, il considérait vraiment qu’il avait de la chance de l’avoir à ses côtés sans se rendre compte qu’elle ne méritait pas qu’il lui fasse de la peine comme ça.

Marius ne put s’empêcher d’observer un peu l’intérieur de son appartement – si on pouvait vraiment appeler ça un appartement en fait – il était évident que la jeune femme qu’il aimait et qui faisait battre si fortement son cœur vivre dans un tel endroit. Il y avait songé, mais il n’avait pas encore de solution à ce sujet. En même temps, le jeune homme ne faisait pas vraiment les choses dans le bon ordre, mais c’était en grande partie parce que la situation devenait urgente. Marius ne pouvait pas faire les choses comme les convenances le voulaient, parce que sinon celle qu’il aimait du plus profond de son âme allait disparaitre à jamais de sa vie et il ne pouvait donc pas le supporter.

« Non en effet, tu ne te trompes pas. » Répondit-il, ne se rendant une nouvelle pas compte que la jeune femme souffrait de l’idée de le voir partir dans un autre endroit, parce qu’ils ne seraient plus voisins. Mais il était évident qu’il ne pouvait pas demander à Cosette de vivre ici, ce n’était même pas vraiment un endroit vivable en réalité. « Mais je n’ai encore aucune idée de comment je vais m’organiser. »

Autant dire qu’il était vraiment à la ramasse avec tout ça.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Lun 2 Jan - 15:30



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
É

ponine, au fond, aurait préféré que le jeune homme lui mente plutôt que de devoir affronter sa désarmante honnêteté, qui la blessait plus que de raison. Elle ne pouvait décidément pas lui reprocher de se montrer sincère, mais elle aurait tant voulu qu'il lui confirme que si, il serait vraiment perdu sans elle, qu'il serait perdu sans sa présence, elle accepterait qu'il ne le pense pas, elle aurait juste plaisir à l'entendre, tout simplement... Mais elle ne pouvait pas changer la nature du jeune homme. Elle l'aimait pour cette raison, après tout, pour ses qualités comme pour ses défauts, même s'il était plus que jamais évident que cette affection ne serait jamais partagée. Ils étaient proches du point de non retour, et cette perspective faisait réellement mal à Éponine. Elle avait encore besoin de sa présence, d'une manière ou d'une autre, mais elle ne l'aurait plus. Dans sa vie, il y avait eu un avant Marius, dont elle avait choisi de ne plus se souvenir, et il y aurait un après Marius, qui lui serait insupportable. Car le jeune homme le lui laissait entendre sans pour autant se rendre compte de la douleur que c'était pour elle, il allait bel et bien quitter cet endroit, et il ne réalisait même pas à quel point cette perspective lui brisait le coeur. Quand le vie lui était trop pénible, quand ses parents la malmenaient, quand elle avait faim, quand elle avait froid, quand elle avait peur, elle pensait à Marius, qu'un unique mur, à peine épais, séparait d'elle, et elle se sentait mieux. Mais bientôt, de l'autre côté de ce mur, il n'y aurait plus personne, il n'y aurait plus qu'un vide déroutant, rien à quoi se raccrocher. Mais au fond, elle se leurrait certainement depuis le tout début. Ça avait toujours été ainsi. Même quand Marius était présent avec elle, son esprit, lui, était déjà absent. Son esprit était ailleurs. Il s'égarait auprès de cette jeune femme qu'il aimait si passionnément, cette femme qui allait devenir son épouse, qui profiterait de cette chance qu'elle n'aurait jamais : celle de l'avoir tout entier.

-En tout cas
, dit-elle qui ne pouvait pas lui donner le moindre conseil quand à la manière pour Marius de s'organiser (elle n'en avait pas la moindre idée, et une part d'elle - importante -, au fond, avait bien envie qu'il n'y parvienne pas du tout), vous allez beaucoup me manquer, avoua-t-elle en baissant les yeux, mal à l'aise.

Elle n'aurait peut-être pas dû dire ça, mais elle n'y pouvait rien, c'était tout simplement plus fort qu'elle, elle se disait qu'il n'y aurait sans doute plus beaucoup d'occasions du genre, plus tant de conversations entre eux deux. Et à ce moment-là, elle ne pourrait plus rien dire du tout. Oui, il allait terriblement lui manquer, même si lui, de son côté, l'oublierait certainement bien vite. Et pour cause, qui donc se rappellerait l'insignifiante Éponine.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mar 21 Fév - 13:37

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Il était effectivement évidement que le jeune homme n’allait pas pouvoir emmener la jeune femme qu’il allait épouser – même si l’intéressée n’était pas encore au courant – dans un appartement de ce genre. Si Marius faisait avec depuis un moment maintenant, qu’il se contentait de peu, il était évident qu’il ne pouvait pas demander un telle effort à sa bien-aimée. En même temps, elle méritait vraiment le meilleur. Le jeune homme ne pouvait donc pas demander à la femme qu’il aimait de vivre dans un tel taudis, même si concrètement il ne savait pas spécialement comment il allait faire les choses. Il devait trouver un endroit pour accueillir Cosette, il faudrait sérieusement qu’il pense à tout cela avant que la situation ne s’accélère d’ailleurs. Heureusement qu’Eponine venait de lui parler de ce détail, le jeune homme avait un peu trop tendance à trop rêver avant d’agir complètement. Marius commençait déjà à réfléchir donc à ce qu’il allait faire, à la manière dont il allait pouvoir récolter de l’argent pour louer une nouvelle demeure, qui allait avoir bien plus d’intérêt que celle dans laquelle il vivait pour l’heure. Il réfléchissait donc déjà à tout cela, sans se rendre compte à quel point il faisait du mal à son interlocutrice.

En même temps, si Marius avait été capable de voir quelque chose, ça se saurait. Le jeune homme ne voyait rien du tout chez sa voisine, il ne se rendait pas compte à quel point cette situation lui faisait du mal, à quel point elle souffrait de le voir partir. Et même quand elle reprit la parole, affirmant qu’en tout cas, il allait lui manquer, Marius ne voyait rien. Le jeune homme posa son regard sur Eponine. Il voyait bien tout de même qu’elle était sincère, mais Marius n’analysait pas ça du tout de la bonne manière. Le jeune homme ne voyait pas qu’Eponine lui disait ça parce qu’elle tenait à lui, qu’elle tenait plus à lui que ce qu’il était à même d’imaginer d’ailleurs. Il pensait qu’elle disait ça simplement parce qu’ils avaient l’habitude de se voir presque tous les jours, puisqu’ils vivaient l’un à côté de l’autre. En toute amitié, parce qu’il considérait qu’ils étaient amis.

« Tu vas me manquer aussi Eponine. »
Affirma-t-il alors, encore une fois en mettant les pieds dans le plat. Il ne voyait pas du tout ce qu’elle ressentait, il pensait qu’elle disait ça de la même manière que lui. Bien sûr que sa voisine allait lui manquer, il l’aimait bien. Mais évidemment, il était clair que le jeune homme ne pouvait pas – juste pour ça – renoncer à sa décision. « Mais on pourra toujours se voir. »

Il le pensait, même si ce n’était sans doute pas une très bonne chose de sa part de le dire. Il n’y avait aucune raison qu’ils ne puissent pas se voir après tout. Quand il allait déménager, ça ne voulait pas dire qu’il allait quitter la ville. Ils allaient beaucoup moins se voir, c’était évident, mais ça n’empêchait rien. Du moins, c’était ce qu’il pensait maintenant, mais le futur pouvait très bien en décider autrement.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mar 21 Fév - 21:55



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
U

n sourire se déposa sur les lèvres d'Éponine quand Marius assura qu'elle allait lui manquer à lui aussi. C'était un sourire sincère, oui, mais qui n'avait rien d'enthousiaste, qui était plutôt triste, en fait... Peut-être qu'il le pensait, bien sûr, peut-être qu'il considérait vraiment qu'elle lui était suffisamment précieuse pour finir par lui manquer, mais la jeune femme n'y croyait pas franchement. Elle ne voyait que trop comment sa présence s'estompait dès que ses pensées convergeaient vers sa belle Cosette... et cela arrivait tout le temps. Quand il serait avec elle, quand le couple serait marié, que lui resterait-il de temps pour penser à une autre qu'à sa belle ? Et c'était normal, au fond. Sa présence ne s'estomperait pas auprès de Cosette pour laisser ses pensées divaguer dans sa direction. Marius avait beau dire, Ponine était sûre et certaine de ce qu'elle avançait : le bel étudiant finirait par l'oublier, purement et simplement. Et elle ne pourrait même pas réellement lui en vouloir. Les circonstances les avaient fait se rapprocher, mais ils n'étaient pas du même monde, tous les deux, leur amitié était un pur hasard, et leurs natures respectives les rappellerait bien vite au rang qu'ils devaient chacun tenir. Il avait beau être sans le sou car déshérité par son grand-père, il n'en était pas moins un jeune homme issu de la haute, elle, elle était juste une moins que rien, et elle en resterait une... C'était comme ça que ça allait se terminer : Marius allait vivre une parfaite idylle avec sa jolie donzelle, qui pouvait lui apporter tout ce que Ponine n'avait pas, et Ponine, elle, allait se lamenter depuis le caniveau qui lui servait de foyer. Avec un peu de chance, Marius aurait une vie longue et prospère. Avec un peu de chance, celle de Ponine ne serait plus si longue. Oh, la misère lui était un peu égal, parce qu'on l'y avait habituée. Mais Marius avait mis de la beauté dans sa vie morne, il lui avait donné de l'espoir. Tout s'estompait à présent. Comme elle-même finirait par s'estomper dans l'esprit de son interlocuteur pour ne plus être grand-chose, et c'était sans doute normal, c'était dans l'ordre des choses.

-Bien sûr, on pourra,
répondit-elle. Mais le ton qu'elle employait n'était volontairement pas convaincu. Parce qu'elle ne l'était pas. Elle était convaincue que tout s'achèverait à l'heure où il quitterait cette chambre juste à côté de la sienne. Elle avait le sentiment qu'alors, il ne lui resterait plus grand-chose à elle, mais au moins, lui, serait content. Ce serait peut-être bien comme ça. Tout de même, elle aurait préféré ne pas être malheureuse. Je serai toujours là pour vous si vous avez b'soin, en tout cas.

Mais elle était convaincue que ce ne serait plus jamais le cas.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Dim 16 Avr - 22:41

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Quand Eponine sourit, à la remarque de Marius, sans grande surprise celui-ci ne vit pas la teinte de tristesse qu’avait ce sourire. Il ne voyait qu’un sourire. Oh, il ne voyait pas non plus un sourire enjoué, enthousiaste, vraiment heureux, mais il voyait un sourire et il ne l’analysait pas du tout comme il le fallait. Parce qu’il était incapable de voir Eponine avec ses yeux, finalement. Il la regardait, mais il ne la voyait pas. Il ne remarquait pas à quel point ses propos étaient en train de la rendre triste, à quel point elle ne croyait pas la moindre seconde à ses belles paroles. Eponine souriait, doucement, pas grandement, mais il pensait cela normal, parce que c’était Eponine et qu’elle était comme ça. Quand bien même le jeune homme appréciait sincèrement sa voisine, il ne la considérait pas du tout comme elle était vraiment. Il avait peut-être, tendance à l’observer d’un peu trop haut. Il ne remarquait donc rien, comme d’habitude. Et en même temps, ça n’aurait pas changé grand-chose qu’il remarque quelque chose maintenant. C’était beaucoup trop tard. À quoi bon ? Le jeune homme était fou amoureux de sa belle Cosette, il n’y avait qu’elle qui comptait. S’il devait découvrir qu’Eponine l’aimait, qu’elle espérait l’avoir pour elle, il se contenterait de penser que c’était une amourette de jeune fille (alors que Cosette n’était pas plus âgée que Ponine) et qu’elle allait rapidement l’oublier, qu’elle allait aimer quelqu’un d’autre. Parce qu’il considérait que celle qu’il avait longuement appelé Ursule à tort était son âme sœur. Et donc, qu’une âme sœur attendait Eponine quelque part, qu’il attendait qu’elle le trouve. Oui, ça ne changerait rien donc.

Marius afficha un sourire quand Eponine confirma qu’ils allaient de toute façon continuer de se voir, malgré le fait qu’il allait forcément déménager. Il ne savait pas quand, ni comment, mais il était évident qu’il allait devoir partir d’ici. Cependant, Marius ne tenait vraiment pas à couper les ponts avec Eponine – sans se douter que celle qu’il comptait épouser avait un passé avec celle qui se trouvait sous ses yeux, quelle coïncidence – parce qu’il appréciait sa présence. Il était sincère, même s’il était évident qu’on ne pouvait pas parier sur le fait qu’il allait se rappeler ce qu’il venait de dire ce soir. Il serait toujours ravi de voir sa voisine, mais songerait-il lui-même à la voir ? Le futur allait le montrer, pour le moment on ne pouvait pas savoir. Marius pensait que oui, Eponine non… ça restait donc à voir.

« Et j’aurais évidemment besoin de toi. »
Répliqua Marius, encore une fois trop sincèrement, quand Eponine affirma qu’elle serait toujours là pour lui s’il avait besoin. Mais il n’entendait et ne prononçait sans doute pas ces mots de la même manière que la jeune femme. « Nous sommes amis après tout. »

Et c’était vrai, encore une fois il le pensait. Ils étaient amis, mais ils appartenaient tout de même à monde bien différent et bien différent encore de celui de Cosette.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Lun 17 Avr - 12:50



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
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n simple sourire décora les lèvres de Marius quand Eponine affirma que oui, ils pourraient bien sûr se voir même après le déménagement du jeune homme. De toute évidence, il n'avait pas pris garde au ton hautement sceptique qu'elle avait employé et tenait cette réflexion pour un acquis. Elle n'en fut pas particulièrement surprise. Ainsi avait toujours été sa relation avec lui, elle lui envoyait parfois des signaux assez maladroits mais tout de même toujours assez manifestes, et il ne voyait pas, il ne comprenait pas. Ou peut-être voyait-il très bien mais faisait-il mine de ne pas comprendre. Dans tous les cas, Ponine laissait passer, toujours, ne serait-ce que parce qu'un simple sourire de la part de Marius était un peu de baume à son coeur blessé, elle aimait tant ce sourire... Elle serait triste de ne plus le voir. Elle était convaincue qu'il y croyait lui-même, à cette idée de la revoir une fois qu'il serait parti, et comme il y croyait, elle avait envie de faire de même, mais à quoi bon s'exposer à une désillusion supplémentaire. Si leurs chemins devaient se recroiser, elle en serait heureuse, dans le cas contraire... eh bien... Peut-être que ce serait mieux ainsi. À quoi bon soupirer encore et encore après un homme qui, bientôt, serait marié ? Mais elle ne le décidait pas vraiment, elle ne le choisissait pas davantage. C'était quelque chose de plus fort qu'elle, une chose contre laquelle il lui était impossible de lutter. Les sentiments nécessitent plus que de la volonté pour disparaître. Sinon, Ponine aurait fait tout son possible pour effacer ceux que le bel étudiant éprouvait pour la bien trop jolie Cosette.

-Bien sûr, affirma-t-elle alors, même si elle mentait sans doute un peu, en approuvant le fait qu'elle et Marius étaient amis.

Elle voulait bien de son amitié si elle ne pouvait avoir son amour (et elle savait bien que ce dernier lui resterait toujours inaccessible), mais il ne suffisait pas d'en vouloir, il fallait savoir s'en montrer digne. Ponine ne serait jamais une amie digne de ce nom si ses sentiments demeuraient les mêmes. Mais comment se débarrassait-on d'un sentiment ? Surtout quand il était si fort, si puissant, quand il avait su vous porter, vous élever si longtemps. Immanquablement, ce dernier ne faisait plus qu'un avec vous, un constituant de votre identité. Impossible, en conséquence, d'y renoncer. Ce serait pourtant bien plus simple ainsi. Et pour tout le monde, c'est l'évidence. Mais que dire d'autre ? "Nous ne sommes pas amis puisque je vous aime" ? Non. Qu'elle se taise, qu'importe. Il n'était plus temps. Elle avait perdu. Elle l'avait perdu. Il ne lui avait jamais appartenu.

-Quand c'est qu'vous allez l'épouser, votre belle ?
demanda-t-elle alors ensuite tout en sachant que cette curiosité lui ferait plus de mal encore.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mar 6 Juin - 22:31

Marius & Eponine
L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
Marius ne voyait vraiment pas en quoi ils ne pourraient pas rester ami avec Eponine, mais ça c’était parce qu’il était concrètement incapable de voir les signaux de la jeune femme. Il ne voyait pas ces signes pourtant évidents sans doute – qui le serait en tout cas pour d’autre – qui montrait que la jeune femme sous ses yeux n’était pas seulement une amie, qu’elle ressentait plus de chose que de l’amitié pur lui en tout cas. Il ne voyait donc pas pourquoi la situation changerait. Bien sûr, ils ne seraient plus voisins si Marius allait vivre ailleurs – et il était quand même évident qu’il allait devoir vivre ailleurs quand il allait épouser Cosette, ils ne pouvaient pas se contenter de son appartement, même s’il ne savait pas encore comment et où ils allaient vivre ailleurs – mais cela n’allait pas les empêcher d’être ami quand même. Ils allaient garder la même relation que maintenant, la seule différence serait le fait qu’ils n’allaient pas vivre l’un à côté de l’autre.

En tout cas, pour l’heure, Marius appréciait simplement d’entendre la jeune femme confirmer qu’ils étaient amis. Il n’avait aucune envie de perdre l’amitié qu’il avait avec elle, pas plus qu’il n’avait envie de perdre quoi que ce soit de sa vie actuelle. Il ne cherchait pas à avoir une vie différente en épousant Cosette, simplement à sublimer son existence en étant l’époux de celle qu’il aimait plus que tout, et que cette dernière soit son épouse. Qu’elle ne s’en aille pas de Paris, pas plus de France, pour traverser la mer et s’éloigner définitivement de lui. Sa vie actuelle manquait cruellement de Cosette, c’était la seule chose dont il avait besoin pour que tout soit parfait. Sans changer le reste. Mais en même temps, il ne se rendait pas compte de tout ce que ça allait changer quand même.

« Dès que possible. »
Répondit-il alors, sans ménagement, quand Eponine lui demanda quand il avait envie d’épouser « sa belle ». Il n’avait aucune raison de la ménager en même temps, parce qu’il n’avait aucune idée de le fait que cela allait faire mal à Eponine de l’entendre encore une fois parler de ses épousailles avec Cosette. En même temps, il n’avait aucun moyen de le deviner et surtout pas alors qu’elle lui posait si directement la question. « Je ne sais pas encore quand. » Parce qu’en même temps, ce n’était qu’une idée qu’il avait en tête maintenant, mais il espérait bien pouvoir mettre tout cela en place rapidement. « Mais le plus rapidement possible. »

Parce qu’il n’avait aucune envie d’attendre trop rapidement, au moment où il serait sans doute trop tard. Marius n’avait aucune envie de voir Cosette disparaître, alors ils n’avaient vraiment pas de temps à perdre. Même s’ils ne pouvaient pas non plus se précipiter de trop. Il y avait des choses à prévoir, outre le fait qu’il fallait déjà qu’il en parle à Cosette. Mais de toute façon, le temps était limité, il ne pouvait pas se permettre de trop attendre.
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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Mer 7 Juin - 19:24



L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde.
M

arius ne s'en rendait pas compte, bien évidemment, pas du tout, même, et c'était d'ailleurs cette candeur, cette innocence, qui faisaient partie de son charme, même si cela donnait au bel étudiant la fâcheuse habitude de le blesser sans qu'il s'en rende forcément vraiment compte. Pourtant, le moindre des mots qu'il prononçait était comme le coup d'un tranchant poignard qui lui transpercerait le coeur de part en part. Marius ne savait pas quand il allait se marier encore. Cette nouvelle devrait sans doute la réjouir, parce que cela signifiait donc que rien n'était fait encore, et qu'elle pourrait même changer les choses encore si elle le voulait. Mais elle ne lui ferait pas, elle n'était pas capable d'une telle cruauté vis-à-vis de lui, et à quoi bon d'ailleurs ? Même loin de Cosette, Marius ne l'aimerait pas davantage. Tout ce qu'elle retenait des propos qu'il tenait, c'est qu'il brûlait de se marier, il mourait d'envie d'épouser sa belle, il n'attendait que cela, et pour la peine, il ne voulait pas attendre une seule seconde. Bref, il avait hâte de changer de vie quand elle-même espérait que ce changement advienne le plus tard possible. Ce n'était qu'une course avec le temps qu'elle était certaine de perdre, bien sûr, mais si au moins il avait su lui donner une date, n'importe laquelle, elle aurait pu guetter ce moment fatidique au cours duquel elle allait le perdre pour de bon. Mais non. La douleur serait d'autant plus grande que le choc serait brutal. Du jour au lendemain, son beau Marius aurait disparu. Elle ne le reverrait plus, ou seulement au détour d'une rue huppée de Paris, et au moment de croiser son regard, il détournerait le sien pour le poser plutôt sur la charmante jeune femme à son bras, cette jolie blonde qui à elle seule possédait tous les attraits du monde. Non, leur amitié, si tant est qu'elle puisse être considérée comme telle, ne survivrait pas à cette épreuve. Et ils se perdraient. Aussi sûrement que l'on se perd toujours quand de grands changements altèrent nos destins. Ponine se sentit trembler. A dire vrai, elle devait se faire violence pour ne pas simplement fondre en larmes.

-J'vous souhaite tout le bonheur du monde, en tout cas.


Alors oui, elle voulait qu'il soit heureux, parce que son bonheur faisait le sien. Enfin... son bonheur oui, son absence non, mais l'un n'allait manifestement pas sans l'autre. Quoi qu'il en soit, que faire sinon le féliciter et se préparer mentalement à le voir partir. C'était pourtant évident dès le début, Marius ne pouvait être qu'une ombre de passage dans sa vie. Il lui avait insufflé un rien de bonheur. Mais à présent, c'était fini.




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Message#Sujet: Re: L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde. (Eponine :3)   Ven 4 Aoû - 12:08

Marius & Eponine
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Marius ne voyait évidemment pas le tremblement d’Eponine, il ne comprenait pas dans quel état il était en train de la mettre en lui affirmant haut et fort qu’il avait l’intention d’épouser Cosette le plus rapidement possible. Parce qu’il était à mille lieues d’imaginer que son amie – parce qu’il la considérait réellement comme son amie – puisse avoir des sentiments plus qu’amicaux pour lui. Non, il ne comprenait pas, il ne voyait rien et s’il avait su quoi que ce soit… sans doute qu’il aurait réagi quand même différemment. Parce que même s’il ne voyait rien et qu’il ne comprenait rien, Marius appréciait quand même sincèrement la jeune Ponine, cette voisine qu’il avait trouvé un peu spécial en la rencontrant, fille d’un homme qu’il détestait (même si connaître son nom allait sans doute changer tout). Il avait rapidement commencé à avoir de l’affection pour elle, réellement. Une amitié, un peu comme un lien de grand frère, Marius avait eu à cœur de la protéger (un peu), ainsi que Zelma sa sœur. Oui, il l’appréciait et il n’avait donc aucune envie de lui faire du mal. Sauf que c’était exactement ce qu’il était en train de faire en ce moment précis, sans s’en rendre compte. S’il avait su quoi que ce soit des sentiments que la jeune femme avait pour lui, il n’aurait clairement pas parlé de la sorte. Sauf que bien sûr, il ne voyait rien donc.

Quand la jeune femme lui souhaita tout le bonheur du monde, Marius afficha un sourire. L’un de ces sourires innocents dont il avait le secret, mais qui faisait pale en comparaison des sourires qu’il affichait quand il pensait à Cosette, ou encore quand il l’adressait à sa tendre fiancée. Mais il souriait quand même, sincèrement, appréciant les propos de la jeune femme, les prenant comme des propos d’une amie à un ami. Il ne voyait pas à quel point Eponine était en train de renoncer à son propre bonheur en lui souhaitant le sien, parce qu’elle savait que ça ne pourrait pas coller. Mais malheureusement, il était tout simplement impossible de contenter tout le monde et de rendre tout le monde heureux.

« Je te remercie Ponine. » Dit-il alors, en plantant son regard dans celui de la jeune femme. Doucement, il posa sa main sur l’épaule de celle-ci. « J’ai de la chance de t’avoir. »

Encore une fois, il pensait sincèrement les mots qu’il prononçait sans se rendre compte que la jeune femme aimerait bien l’avoir un peu plus que maintenant. Sans se rendre compte à quel point il pouvait enfoncer plus profondément une lame dans une plaie déjà bien trop ouverte.

« Il se fait tard, j’ai des choses à faire. »
Dit-il alors, vivement en se rendant compte, après la sonnerie d’une église au loin, de l’heure qu’il était. Il avait une réunion des amis de l’ABC bientôt et Marius ne pouvait clairement pas se permettre d’arriver en retard. « On se voit bientôt. »

Dit-il alors, avant de déposer ses lèvres sur la joue de la jeune femme, dans un geste purement amicale et de s’éloigner afin de quitter la masure.
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