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 Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]

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Message#Sujet: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Sam 12 Mar - 17:52


Le fils que je n'ai jamais eu
L

a solitude aurait pu peser sur l'âme d'Ursus tel un fardeau beaucoup trop lourd, mais ce n'était pas le cas. En fait, Ursus se sentait solitaire dans l'âme, et ce depuis son enfance. Il ne lui viendrait absolument pas à l'esprit de pouvoir avoir besoin d'autre chose. Orphelin, il n'était le fils de personne, nomade, il n'avait jamais d'amis, juste des connaissances d'infortune au travers d'un chemin dont il oubliait les nom et les visages aussitôt qu'il traçait sa route vers un ailleurs où, toujours, il se dirigerait seul, et on ne peut plus ravi d'être seul par ailleurs, c'est une certitude. Enfin seul si l'on oubliait la présence d'Homo, qui l'accompagnait dans la moindre de ses errances. Il n'était pas fils, il n'était pas mari, il n'était pas voisin... Il n'était pas père, non plus. La vie n'avait pas placé sur son chemin ce fils de cœur qu'aurait autrement été pour lui Gwynplaine Girardet, et avec lui, il n'avait pas emporté Déa, qui avait dû mourir dans les bras de sa mère, là-bas, dans la neige. Il ne le regrettait pas... Il ne devinait pas pouvoir avoir une âme de père, il pensait avoir tout simplement une âme de bête. Parfois, Homo semblait plus humain que lui-même. Leurs noms respectifs semblaient en témoigner très largement, d'ailleurs. Ursus avait décidé d'installer sa roulotte aux abords de la capitale. Il ne se risquait pas dans la ville elle-même, ses activités de charlatan faisaient leur petit effet dans les villages, où les habitants étaient un peu plus crédules. Mais c'était plus difficile, par contre, de faire avaler certaines couleuvres aux citadins. Tout à coup, tous avaient le sentiment de s'y connaître en plantes médicinales. Mais bon, aux abords de la ville, il y avait toujours quelques curieux pour déverser le contenu de leurs bourses en échange d'un ou l'autre remède contre des maux imaginaires. Les hypocondriaques étaient son fond de commerce, il ne pouvait pas franchement s'en cacher. Les hypocondriaques ne se voyaient pas comme tels, de toute manière.

Il avait réussi à épuiser ses réserves ce jour-là. Tandis que la nuit tombait, il se satisfaisait de penser qu'il mangerait à sa faim, cette nuit-là, et qu'il pourrait même offrir une belle pièce de viande à son loup, qui heureusement savait contenir son appétit quand la recette n'était pas vraiment fameuse. Alors qu'il rangeait le contenu de sa roulotte, il vit passer un fiacre sur la route voisine. Le genre qui devait retenir quelque homme de la haute. Retenir oui, car apparemment, le fiacre rencontrait quelques problèmes, car il était arrêté au beau milieu de la route sans avancer davantage. Curieux, Ursus se rapprocha. Il n'était pas d'un naturel généreux et compatissant, mais il tenait peut-être là une excellente occasion de prêter ses services en échange d'une compensation financière.

-Est-ce que je peux vous aider ?
demanda-t-il de son habituel ton bourru après avoir frappé à la porte du fiacre.



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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Jeu 28 Avr - 10:32

Ursus & Gwynplaine
Le fils que je n'ai jamais eu.
Il était impressionnant de constater à quel point un petit détail pouvait changer radicalement une vie. Une simple affaire, une accroche, un rien ne pouvait changer complètement le destin d'une personne. Il ne fallait pas grand-chose pour que tout tourne d'une manière bien différente. Et si Gwynplaine, l'enfant adoré par son père, n'avait pas été enlevé par les comprachicos comme il était le cas dans la véritable histoire ? Et si le jeune garçon qu'il était n'avait pas été enlevé à son père et qu'il n'avait pas perdu son identité. La vie de bien des personnes, dont lui assurément, serait parfaitement différente. Gwynplaine n'aurait pas trouvé cette pauvre Déa dans les bras de sa mère morte dans la neige et par conséquence, l'enfant était sans doute mort. Il n'aurait pas fait irruption dans la vie d'Ursus, ce bourru qui se révélé être un père avant tout depuis l'arrivée de ces deux êtres dans son existence. Non, Gwynplaine serait toujours l'enfant de son père, l'enfant de duc et l'héritier légitime de son père. Et le cours de l'histoire était donc vraiment différent. Gwynplaine était donc le fils de son père et de sa mère, il les connaissait. Cependant, il ne connaissait pas vivante sa mère, simplement en tableau et en histoire que son paternel lui racontait sur sa femme morte en couche en donnant naissance à son fils. Ce dernier, n'étant pas mort, avait donc tout le loisir de profiter de son fils qu'on ne lui avait pas enlevé. Le jeune homme fut élevé dans les traditions des grandes familles de noble lignée, il fut éduqué par un précepteur, il y avait moult nounou à son service en plus des nombreux domestiques à disposition. Il était choyé, aimé, adoré même, chouchouté. Son caractère ne pouvait donc qu'être légèrement différent. A quoi bon se soucier du bas peuple quand on n'en avait pas à faire ? A quoi bon chercher la misère quand on ne la voyait pas. Gwynplaine, comme tant d'autre de son espèce, avait des œillères sur le visage qui l'empêchait de voir la vie, de voir où il aurait pu être si son destin avait suivi le cours de l'histoire. Il n'avait pas l'âme d'un riche devenu pauvre, voulant à tout prix aider ceux qu'il considérait plus comme les siens. Il était simplement le riche resté riche et qui dont jouissait sans honte de son argent et de son rang.

Le jeune homme qu'il était à présent rentrait d'un séjour à la capital, qu'il venait de passer en compagnie de son père. Ils prenaient la direction de leur domaine, non loin de là, de leurs terres. Son père avait eu affaire en ville, en compagnie d'autre noble de son rang, ainsi qu'une réunion au parlement puisqu'il y siégé. Gwynplaine, lui, s'était contenté de son coté de respecter son devoir, se montrant, participant à des diners ainsi qu'à des bals. Le jeune homme était en âge de trouver une épouse et c'était ce que voulait son père, sans que cela ne le dérange que peu. Il n'était simplement pas intéressé par quiconque, il était un peu difficile, sans doute parce que son âme soeur n'avait jamais pris sa place dans sa vie. Ils rentraient donc et Gwynplaine n'était pas mécontent de cela. Cependant en chemin, le fiacre dut s'arrêter puisque son père se senti soudainement mal. Pour quelle raison ? Avait-il été empoisonné d'une quelconque manière ? Le jeune homme n'eut pas vraiment le temps de se poser plus de question, alors qu'il soutenait son père, quand un homme frappa à la porte du fiacre en leur demandant s'ils avaient besoin d'aide. Sans ouvrir cette porte, Gwynplaine éleva la voix pour parler à l'homme. Il n'avait pas confiance, c'était peut-être un brigand.

« Vous pouvez m'apporter votre aide si vous êtes un médecin ou que vous en connaissiez un. »
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Jeu 28 Avr - 17:42


Le fils que je n'ai jamais eu
B

ien qu'il eût toqué à la porte du fiacre, celle-ci ne s'ouvrit pas. Ursus ne pouvait pas vraiment le reprocher à ses fortunés occupants, à vrai dire, ils avaient toutes les raisons du monde de se montrer défiant, on ne sait jamais sur qui l'on peut tomber, sur ces routes, quelques brigands, ou autres charlatans (et Ursus appartenait à cette seconde catégorie)... Mieux valait ne pas accepter trop promptement l'aide que l'on vous proposait, même si les intentions d'Ursus n'étaient pas les plus condamnables possibles. Bien que nul visage ne parut par l'embrasure de la portière, une voix, jeune et masculine, s'éleva distinctement. Le jeune homme requérait l'aide d'un médecin... Peut-être y avait-il un blessé dans ce fiacre ? Ou peut-être quelqu'un avait-il fait un malaise ? Dans tous les cas, c'était une situation qu'Ursus pouvait difficilement ne pas saisir, même s'il devait à présent songer à la meilleure et plus sûre façon de procéder. Si l'homme dans ce fiacre était dans un état critique, lui vendre ses remèdes forcément inefficaces pourrait peut-être lui coûter la vie, et si Ursus Girardet était un homme magouilleur, il n'était pour autant pas malfaisant. Loin de lui, en tous cas, l'idée d'attenter à une vie dans le simple but de gagner quelques sous. Se jouer de l'hypocondrie de certains, ce n'était tout de même pas la même chose que de leur faire croire en un miracle avant leur dernier souffle. Enfin, dans tous les cas, quelqu'un, dans ce fiacre, avait besoin d'aide, et même si l'altruisme n'était pas le for d'Ursus, il n'allait tout de même pas laisser cet homme (ces hommes, mais il n'en avait entendu qu'un seul) démunis.

-Malheureusement, la vie n'a pas fait de moins un médecin, mais je connais peut-être quelques remèdes qui pourraient vous soulager. Je suis botaniste, voyez-vous, et apothicaire à mes heures. Que vous arrive-t-il ? Je peux vous faire chercher un médecin et, en attendant, vous procurer les soins que je peux.


C'était, pour ainsi dire, couper la poire en deux, même s un médecin aurait sans doute vite fait de mettre à jour sa supercherie... de cela, il aviserait en temps et en heure. Il y avait toujours un moyen de s'arranger, et nul esprit qui ne puisse être acheté en temps et en heure, d'autant que le beau parler de son interlocuteur invisible lui laissait pour de bon entendre qu'il venai bel et bien d'une de ces familles qui possèdent les moyens d'une éducation à la hauteur de cette diction. Tout le monde ne pouvait pas être un autodidacte comme lui. Pour le moment, il ne savait même pas de quoi l'on souffrait à l'intérieur de ce fiacre. Il se pouvait tout à fait que ce ne soit rien, et dans ce cas, puis qu'il ne savait rien soigner, il serait le meilleur curateur sur lequel cet homme aurait pu espérer tomber.

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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 24 Mai - 16:30

Ursus & Gwynplaine
Le fils que je n'ai jamais eu.
Quand on avait grandi dans la haute société, on savait que ce n’était pas une bonne chose de faire confiance à n’importe qui. Gwynplaine, en entendant la voix d’un homme en dehors de son fiacre, ne pouvait donc pas savoir s’il était quelqu’un digne de confiance ou non. Les brigands étaient légions dans les routes. Même si les portes du fiacre ne retiendraient sans doute pas quelqu’un souhaitant vraiment entrer, il ne pris pas encore la peine de l’ouvrir tant qu’il ne pouvait pas savoir s’il avait à faire avec un voleur ou non. Son père se sentait mal, ce n’était donc pas le moment d’aggraver la situation en faisant confiance à n’importe qui. Même s’il avait vraiment besoin d’aide. Avec un peu de chance, l’inconnu serait un médecin. Mais quand l’homme reprit la parole, il lui confirma que ce n’était pas le cas. Il n’était pas médecin non, mais il connaissait quelques remèdes. Est-ce que ces quelques remèdes pourraient venir en aide à son père ? Gwynplaine l’ignorait vraiment et il ne savait donc pas ce qu’il devait faire. En dehors du fait qu’il avait besoin d’un médecin, vraiment.

« Il me faut un médecin ! »

Reprit-il alors, vivement. Peut-être qu’un remède pourrait venir en aide à son père, mais dans tous les cas l’homme avait besoin d’un médecin. Donc autant faire en sorte d’en faire venir un. D’ordinaire, le jeune homme n’avait pas vraiment besoin de régler ce genre de soucis. Il se contentait simplement d’ordonner à ses domestiques qui s’arrangeaient pour que tout se passe selon son désir. Il n’avait jamais vraiment besoin de lever son petit doigt. Pendant quelques secondes, le jeune homme garda le silence avant de finalement s’approcher de la porte du fiacre pour la déverrouiller. Son regard se posa alors sur un vieil homme aux airs bourrus. Un homme qui n’aurait pas eu l’air d’un étranger comme maintenant s’il avait connu le sort tragique qui lui avait été réservé.

« Mon père s’est senti mal tout d’un coup. »
Expliqua-t-il, ne sachant pas s’il pouvait quand même avoir confiance en cet inconnu qui se trouvait à présent sous ses yeux. Mais il n’avait pas vraiment le choix de toute façon et l’homme semblait seul. Il n’avait pas l’air d’un brigand en tout cas. Peut-être qu’il ne parviendrait pas à aider son père, mais au moins Gwynplaine aurait essayé. Parce qu’il était évident qu’il ne pouvait pas ne rien faire, il était important qu’il tente quelque chose pour lui venir en aide. « Nous avons vraiment besoin d’un médecin. »

Peut-être qu’un simple remède pourrait lui venir en aide, mais de toute façon Gwynplaine ne serait jamais rassuré tant qu’un médecin officiel n’aurait pas eu l’occasion de le voir et de l’examiner. Sauf que pour l’heure, il n’y avait pas l’ombre d’un médecin à proximité. Il n’y avait que cet étrange de bonhomme, mais c’était peut-être le seul salut que le duc et son fils allaient pouvoir obtenir pour le moment. En espérant que ça soit le bon.
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mer 25 Mai - 21:54


Le fils que je n'ai jamais eu
U

rsus était un charlatan comme l'on n'en fait pas deux, c'est une certitude, mais malgré tout, il ne saurait être témoin de la misère humaine sans intervenir dans la mesure de ses possibilités. Il n'était pas un bon Samaritain, loin de là, il ne faisait pas dans la charité et dans l'aide au plus démuni (encore qu'il aurait pu palier à ses propres convictions si un petit garçon était venu le trouver, avec un bébé dans les bras, un soir de froid et de tempête de neige), mais l'homme qui se trouvait dans ce fiacre avait manifestement besoin d'être secouru et l'homme ne pouvait pas se contenter de refourguer ses remèdes en priant un Dieu dans lequel il ne croyait pas pour que le père se rétablisse de lui-même. Il fallait un médecin à cet homme, alors il allait tenir parole et leur en chercher un.  Le jeune homme encore conscient passa outre ses réticences et ouvrit la porte du fiacre. Le regard d'Ursus croisa celui de Gwynplaine pour la première fois. Dans une autre vie, les choses se seraient déroulées d'une toute autre manière, dans une autre vie, il n'aurait pas vu en Gwynplaine un jeune homme beau et fortuné, dont le visage n'était en rien déformé, si ce n'est par l'angoisse qu'il devait éprouver à l'idée de perdre son père. L'homme s'était senti mal tout à coup et s'était évanoui. Soit. Ursus pourrait bien leur proposer certains remèdes en compensation (s'il pouvait quand même tirer bénéfice de la situation) mais il ne pourrait sans doute rien faire pour le sauver dans l'immédiat. Cet homme avait réellement besoin d'un professionnel s'il voulait espérer s'en sortir.

-Je reviens.
dit-il pour toute réponse, se précipitant vers sa roulote pour y récupérer deux trois fioles. Pour certaines, il savait que leur contenu pouvait rapidement servir en cas d'évanouissement, mais ça ne ferait pas de miracle pour autant. Faites-lui respirer ceci. Je fais au plus vite pour vous trouver un médecin.

Et il tint effectivement parole et courut en direction du village le plus proche, pour frapper à la porte du médecin du village. Il savait qu'il avait pris de sérieux risques en abandonnant ainsi sa roulote, qui contenait à peu près tout ce qu'il possédait, pour un homme qui partirait peut-être sans demander son reste pour l'attendre. Mais finalement, quand il revint accompagné du professionnel de santé, ils étaient toujours là. Le médecin somma Gwynplaine de quitter le fiacre pour lui laisser toute liberté d'action, et le jeune homme et Ursus demeurèrent donc seuls à l'extérieur du véhicule.

-Où vous rendiez-vous ?
demanda-t-il pour faire la conversation au jeune homme durant ce temps, sans savoir si le jeune noble ne serait pas tout simplement incommodé par sa présence. Peut-être lui demanderait-il de s'en aller, et ainsi n'obtiendrait-il rien du tout de ce rendez-vous et n'aurait plus qu'à s'éloigner.

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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 5 Juil - 12:54

Ursus & Gwynplaine
Le fils que je n'ai jamais eu.
Gwynplaine ne savait pas vraiment s’il faisait bien d’ouvrir le fiacre et de faire confiance à l’homme qui se trouvait là, sous ses yeux. Il ne pouvait pas le savoir non, mais en même temps le jeune homme n’avait pas vraiment de choix. Ils étaient seuls là, il n’y avait que l’homme aux airs bourrus. Alors, forcément, il n’avait pas vraiment le choix devant lui. Il devait faire confiance à cet homme, qui lui était étranger. Il lui était étranger oui, mais en même temps, il y avait quelque chose dans son regard qui lui faisait croire qu’il allait pouvoir les aider. Quelque chose dans ses yeux de particulièrement familier. Leurs destins étaient finalement plus liés qu’ils ne l’auraient cru sans doute, puisque quoi qu’il arrive, ils se croisaient quand même. D’une manière bien différente, certes, mais ils se croisaient quand même. Gwynplaine observait intensivement l’homme sous ses yeux, attendant de sa part une aide. Il ne savait pas vraiment comment il allait pouvoir l’aider, mais de toute façon il fallait bien faire quelque chose, puisque son père se sentait mal dans le fiacre. L’homme affirma soudainement qu’il revenait, partant vers sa roulotte avant d’effectivement revenir vers lui. Il revint vers lui avec quelques fioles qu’il lui tendit, lui disant qu’il devait faire respirer cela à son père pendant qu’il partait chercher un médecin. Gwynplaine se contenta d’un signe de la tête avant d’attraper les fioles et de revenir auprès de son père, pendant qu’Ursus – dont il ignorait encore le nom – se rendait au village pour quérir un médecin.

Au bout d’un temps, l’homme revint donc accompagné d’un médecin. Ce dernier demanda expressivement à Gwynplaine de quitter le fiacre afin de pouvoir ausculter correctement son père. Le jeune homme n’aimait vraiment pas ça, mais il n’avait pas le choix de toute façon. Alors, il sortit et se retrouva en compagnie de l’homme bourru en dehors du véhicule. Gwynplaine ne s’était pas vraiment attendu à ce que l’homme prenne la parole, mais il le fit, le sortant un peu de ses songes.

« Nous rentions chez nous. » Répondit-il simplement à l’homme, tournant son regard vers lui. Il ne savait toujours pas s’il pouvait faire entièrement confiance à cet inconnu, alors il n’avait pas vraiment envie de rentrer dans les détails. Mais en même temps, sans lui, Gwynplaine ne savait pas vraiment ce qu’il aurait fait. Il avait eu énormément de chance de tomber sur lui. « Merci beaucoup. » Dit-il ensuite, toute la sincérité dans la voix possible. Il était vraiment reconnaissance. « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous. Je ne sais comment vous remercier. »

Son père n’était évidemment pas sorti d’affaire encore, Gwynplaine ne savait toujours pas ce qu’il avait et il espérait que ce n’était pas trop grave. Mais en même temps, sans l’aide d’Ursus, la situation aurait été bien plus grave encore. Alors, il était normal qu’il soit reconnaissant envers ce vieil homme aux allures bourrues. Ce qu’il n’avait pas forcément l’habitude d’être.
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 5 Juil - 19:50


Le fils que je n'ai jamais eu
G

wynplaine se contenta d'une réponse très vague à l'adresse d'Ursus quand il lui demandait où il se rendait, chez lui, ce pouvait être n'importe où. Mais après tout, il l'avait interrogé certes par curiosité, mais aussi pour lui faire la conversation. Le jeune homme n'avait pas vraiment de raisons de lui en apprendre plus sur lui, mais de fait, Ursus restait quand même très intrigué. À voir ce fiacre, il ne doutait pas un seul instant du fait que cet homme et son père devaient venir d'un milieu aisé, bien différent de celui dont Ursus avait l'habitude pour sa part, et en savoir plus sur ces personnes qui avaient tout à coup, et pour un court laps de temps, bouleversé son quotidien (et Gwynplaine l'aurait bouleversé bien davantage en d'autres circonstances), ne lui aurait pas déplu mais peu importe. Pur le moment, les priorités se faisaient jour d'une manière plutôt évidente, c'est rien de le dire. Même si le père du jeune homme était à présent pris en charge par une personne compétente, il n'était pas pour autant tiré d'affaire, et sa survie, sa santé, étaient forcément pour l'heure une priorité absolue. Ursus n'insista donc pas, se contentant d'un vague haussement d'épaules, incapable qu'il était de sourire, quelles que soient les circonstances, quand son interlocuteur le remercia. Il n'était pas forcément quelqu'un de très généreux, mais en soi, il était normal qu'il ne laisse pas cet homme mourir. Son désintérêt total pour le reste de l'humanité trouvait quand même ses limites quand elle s'imposait à lui dans sa plus pure et totale détresse. Comme maintenant, en somme. Qui sait ce qui se serait passé. Mais la question ne se posait pas. Aussi étonnant cela puisse-t-il paraître, Ursus avait été le bon Samaritain providentiel, pour une fois. Évidemment, quand Gwynplaine lui affirma qu'il ne savait que faire pour le remercier, Ursus, qu'il n'avait pas complètement oublié d'être désintéressé, songeait bien sûr à une compensation financière, mais il n'était pas de meilleur ton que de demander une chose pareille. Même s'il espérait quand même que son interlocuteur y penserait de lui-même. Il valait mieux, sinon le pactole éventuel lui filerait entre les doigts.

-Je m'appelle Ursus Girardet
, se présenta-t-il, sans vraiment répondre de prime abord. Souvenez-vous de mon nom, ça m'ira bien, répondit-il, qui bien sûr, ne voulait pas qu'il retienne son nom pour le simple plaisir de le retenir, mais bien plus pour qu'il associe ce nom à celui d'un homme qui méritait récompense. Et aussi, il souhaitait, de cette manière, en découvrir plus sur son interlocuteur. Peut-être daignerait-il ainsi se présenter à son tour. Allez savoir dans combien de temps le jeune homme et son père pourraient repartir. Autant faire la conversation, donc, et peut-être faire plus ample connaissance. Cela l'inviterait peut-être plus encore, qui sait, à mettre la main à la poche.

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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mer 3 Aoû - 14:46

Ursus & Gwynplaine
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Gwynplaine ne savait effectivement pas comment remercier à juste titre l’homme qui se trouvait sous ses yeux et qui l’avait aidé alors que son père se sentait mal. Il était normal, à ses yeux, qu’il le remercie, qu’il fasse quelque chose en retour. Le jeune homme se rendait compte qu’il avait une dette envers cet homme, même si pour l’heure il n’avait aucune idée de comment la régler. C’était d’ailleurs pour cette raison que le jeune homme prenait la peine de préciser ce fait à au vieil homme aux airs bourrus, dans l’espoir qu’il puisse lui dire ce qu’il attendait de lui. Gwynplaine avait beau être un jeune homme bien éduqué, qui avait eu le droit à de nombreux précepteurs, il ne connaissait finalement pas grand-chose de la vie. L’homme se contenta seulement de se présenter et d’affirmer que le jeune homme ne devait pas oublier son nom. Ursus Girardet, le jeune homme n’avait pas l’intention d’oublier ce nom non (ce nom qu’il aurait porté d’ailleurs dans une autre vie). En d’autres circonstances, Gwynplaine n’aurait sans doute pas pris la peine de retenir le nom d’une personne qu’il croisait de cette manière, mais les choses faisaient qu’il avait quand même beaucoup à devoir au vieil homme. Il n’avait donc pas l’intention d’oublier ce nom, bien au contraire. Son père ne s’en rendait sans doute pas compte de suite, mais il faudrait bien que le jeune homme lui apprenne le nom de l’homme qui était venu à son aide. Qui avait permis à ce médecin de les rejoindre et donc de le prendre en charge. Enfin, ça, c’était si son père s’en sortait, mais le jeune homme n’avait aucune envie d’envisager le pire. Heureusement, il pouvait penser un peu à autre chose en discutant avec l’homme. Même si Gwynplaine se rendit compte soudainement qu’il trahissait tous ses devoirs en n’aillant même pas pris la peine de se présenter.

« Je m’appelle Gwynplaine Clancharlie. »

Se présenta-t-il donc, afin de faire de même qu’Ursus. Puisque l’homme lui avait donné son nom, il n’y avait aucune raison qu’il ne le fasse pas maintenant. Ce qu’il n’avait pas fait avant, au début, par prudence. Mais maintenant, le jeune homme ne pouvait pas croire que la rencontre avec le vieil homme ne soit pas une bonne chose. Après tout, sans lui, Gwynplaine n’aurait peut-être que vu son père décliner plus encore dans leur fiacre, sans parvenir à faire quoi que ce soit. Il fallait vraiment qu’il le remercie à sa juste hauteur, il ne pouvait pas se contenter de retenir son nom, ce n’était vraiment pas suffisant. Et puis, comme si c’était un peu venu de nulle part, le jeune homme pensa à quelque chose. Il s’approcha du fiacre où son père se trouvait toujours et ouvrir le coffre pour en sortir une bourse pleine de pièce d’or. Il n’avait pas vraiment idée de combien il pouvait y avoir dedans (il n’avait pas vraiment la valeur de l’argent en tête).

« Tenez, prenez ceci au moins pour votre peine. » Dit-il en tendant la bourse pleine à l’homme.
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Sam 6 Aoû - 11:43


Le fils que je n'ai jamais eu
C

lancharlie, hein ? Le nom ne manquait pas d'être familier à Ursus, il devait sans doute l'être à quiconque vivait dans la région pour peu que quiconque prenne la peine de s'intéresser aux choses du monde, même dans ses aspects dont on avait tendance à l'exclure. La famille Clancharlie était une lignée noble et puissante, et bon nombre des terres que l'homme pouvait parcourir depuis sa roulotte avec son loup appartenaient à la famille du jeune homme. À l'allure du fiacre, le vieil homme n'avait pas manqué de deviner qu'il devait avoir affaire à de nobles gens, bien sûr, mais il ne s'était pas attendu qu'ils soient à ce point connus, qu'il sache d'emblée à leur nom quel pouvait-être leur titre. Raison de plus, bien sûr, pour que le jeune homme ne disparaisse pas de la nature sans s'être au moins souvenu de son nom. Ursus avait définitivement bien fait de faire appel à un médecin. Il aurait pu contrevenir à ce devoir en soi tout naturel pour son propre bénéfice, mais il était certain que s'il abattait ses cartes au bon moment, il pourrait bénéficier de bien plus en passant pour l'homme qui avait sauvé le seigneur Clancharlie... Ceci dit, encore fallait-il qu'il s'en sorte, et cela n'avait rien de certain. Ursus voulut lui faire comprendre que son nom lui était familier (ce nom qu'il n'aurait jamais dû porter en réalité... ou du moins si, mais Ursus l'aurait tout de même préféré s'il avait pu répondre au nom de Girardet), qu'il était honoré de faire sa rencontre, courbette en soi relativement malhonnête, mais qui aurait pu avoir des fins utiles. Il n'eut cependant pas besoin de tant de ronds de jambe. Le jeune homme s'éloigna un instant de lui avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, et revint avec entre ses mains une bourse qui semblait généreusement remplie. Quand Ursus s'en empara en faisant au mieux pour ne pas sembler trop avide, il la soupesa aussi discrètement qu'il le put. Elle semblait bien lourde, en tous cas, elle paraissait peser son pesant d'or, en tous cas (c'est le cas de le dire). Ursus aurait bien fait une entorse aux convenances pour ouvrir cette bourse et calculer son contenu, mais cela aurait été bien sûr parfaitement inapproprié, il allait devoir attendre. Techniquement, il n'attendait rien de Gwynplaine, il ne pouvait à présent chipoter sur la récompense qui venait de lui être offerte.

-Merci, merci infiniment
, répondit Ursus en en rajoutant peut-être un peu, même s'il appréciait d'être en possession de ce nouveau pactole. Il aurait pu ajouter qu'il ne fallait pas, mais il préférait ne pas voir sa fortune lui filer entre ses doigts de vieux bourru. Dieu vous le rendra.

Même si Ursus ne croyait pas en Dieu, pas un seul instant.

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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 27 Sep - 20:48

Ursus & Gwynplaine
Le fils que je n'ai jamais eu.
Gwynplaine n’avait aucune idée du nombre de pièce d’or qui pouvait se trouver dans la bourse qu’il venait de remettre à Ursus Girardet. En même temps, on ne pouvait pas vraiment dire qu’il savait mesurer la valeur de l’argent. Il vivait dans l’opulence depuis sa naissance, il ne savait pas du tout la valeur de l’argent. Il avait des connaissances de base quand même, il savait ce qui était cher, mais pas au moins de savoir exactement ce qu’il devait donner comme pièce pour récompenser l’homme pour son aide. Mais en même temps, la vie de son père méritait quand même un bon paquet de pièce d’argent. L’homme n’était pas encore sorti d’affaire et le jeune homme n’avait pas spécialement envie de penser au pire qui pouvait arriver, puisqu’il n’avait aucune nouvelle du médecin encore pour le moment. Mais dans tous les cas, Ursus avait sauvé la vie de son père. S’il ne s’en sortait pas, ça ne serait pas du tout de la faute d’Ursus Girardet bien au contraire. Et s’il s’en sortait, ça serait évidemment grâce à lui. Parce que l’homme bourru avait quand même été trouver le médecin qui allait peut-être sauver la vie de son père (et ce médecin méritait vraiment les remerciements de Gwynplaine également). Ursus méritait donc les remerciement du jeune homme et donc la bourse qu’il venait de lui donner et qui pesait quand même assez lourd.

Ce geste sembla faire plaisir à Ursus d’ailleurs, puisqu’il remercia vivement le jeune héritier. Il le remercia infiniment et le jeune homme ne remarqua même pas qu’il en faisait un peu trop, affirmant même que Dieu allait le lui rendre. Gwynplaine afficha un léger sourire à la remarque d’Ursus, espérant que ça serait bel et bien le cas. Comme tout le monde, évidemment, le jeune homme croyait en Dieu et en son jugement dernier. Il ne pouvait qu’espérer qu’un jour, le tout puissant allait se montrer clément avec lui. Quand bien même, il ne pensait pas que son geste était vraiment digne de sa clémence. Bien au contraire.

« C’est surtout à vous que j’espère que Dieu le rendra. » Il le pensait sincèrement, puisqu’il considérait vraiment que sans l’aide de cet homme, son père serait peut-être mort. Même si l’homme n’était pas encore sorti d’affaire, il avait quand même bien plus de chance de le faire au vu de la présence du médecin, qu’Ursus a été chercher quand même. Gwynplaine ne savait vraiment pas ce qu’il aurait fait, si l’homme ne s’était pas trouvé dans les parages (preuve qu’il était bien incapable de s’en sortir seul, mais en même temps quand on avait de l’argent, on n’avait pas besoin s’en sortir seul puisqu’on pouvait payer quelqu’un pour le faire). « C’est sans doute lui qui vous a conduit sur ma route. »

C’était ce qu’il pensait vraiment oui, il avait eu énormément de chance de croiser la route de l’homme sous ces yeux. Cet homme qu’il aurait dû normalement connaître bien mieux que ça.
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 27 Sep - 21:27


Le fils que je n'ai jamais eu
U

rsus haussa les épaules, l'air résigné, quand il entendit son interlocuteur affirmer que c'était lui que Dieu devait bénir de ses offrandes. Peut-être. Mais Ursus n'attendait pas après la moindre bénédiction divine depuis bien longtemps. Depuis sa plus tendre enfance, à vrai dire, car la misère dans laquelle il avait baigné depuis son plus jeune âge avait fait que l'athéisme fervant avait précédé chez lui l'âge de l'adolescence. Il n'attendait absolument rien de la providence, et il ne considérait pas d'ailleurs que l'argent qui avait été remis entre ses mains soit la conséquence d'un coup de pouce divin. C'était seulement le hasard qui avait placé les Clancharlie sur son chemin, le hasard et rien d'autre... S'il avait rencontré Gwynplaine en d'autres circonstances, il se serait sans doute montré moins catégorique. Si la providence avait fait connaître à Ursus cet amour paternel pour Déa et Gwynplaine, il aurait pu admettre qu'il y avait quelque entité à bénir, un véritable cadeau du ciel... mais non. Ce n'était pas aujourd'hui que son scepticisme naturel allait être mis à mal. Il n'attendant du Très-Haut aucune récompense, et se satisferait très bien par ailleurs de la petite fortune qui venait de lui être donnée en échange du service qu'il avait rendu. Non, Ursus ne s'imaginait pas un seul instant que Dieu ait quoi que ce soit à voir avec leur rencontre. Pourtant, il se pouvait bien que quelque soient les directions que leurs chemins puissent prendre, ceux-ci étaient déterminés à se croiser. Cette fois-ci pour une durée plus courte qu'attendue, seulement.

-Dieu m'a jamais donné grand chose, à moi, vous savez, j'attends plus rien de lui depuis longtemps,
affirma-t-il sans en avoir honte, sans même d'ailleurs vraiment s'en lamenter. Il doit plutôt s'intéresser à ceux qui ont quelque chose à apporter au monde. Il s'agissait là d'un simple constat, à ses yeux, voilà tout. Et semble-t-il qu'il vous a à la bonne, ajouta-t-il en faisant mention du fait que le père du jeune homme ait pu être pris en charge rapidement, même si ça ne le sauverait peut-être pas pour autant. Il s'abstint d'ajouter un "s'il existe vraiment qui pourrait affecter l'éventuel puritanisme de son interlocuteur. Il ne manquerait plus qu'on lui soustrait son butin sous couvert de mécréance.

Quoi qu'il en soit, la gratitude de Gwynplaine lui était peut-être accordée beaucoup trop tôt. Ursus n'était pas sans savoir que certaines vies se dérobent à l'attention des médecins en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et l'état dans lequel se trouvait le seigneur Clancharlie était tout de même alarmant. Peut-être le jeune homme ravalerait-il ses compliments (et récupèrerait fissa sa monnaie) si quoi que ce soit devait advenir à ce paternel qu'il aimait tant (et que Gwynplaine aurait été susceptible de jalouser pour cette seule raison en d'autres circonstances). C'était peut-être le moment de croire en Dieu. Ursus voulait prier pour s'assurer que rien n'arriverait à cet homme.

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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Lun 28 Nov - 16:48

Ursus & Gwynplaine
Le fils que je n'ai jamais eu.
Au vu de son éducation, Gwynplaine ne pouvait qu’avoir une grande affection pour le Tout Puissant. Il avait suivi ses cours de catéchisme avec ses précepteurs, il avait eu son éducation religieuse comme tout le monde (du moins comme toutes les personnes qui se trouvait dans son « monde »). Il croyait donc en Dieu et la bienveillance de ce dernier, il ne pouvait que considérer que si Ursus s’était retrouvé sur son chemin, c’était bien par son fait. Et forcément, il ne pouvait qu’espérer qu’Ursus reçoive la gratitude de ce dernier, même s’il ne sembla pas vraiment le croire au vu de la manière dont il s’exprima. Il n’attendait plus rien de lui depuis un moment, Gwynplaine aurait très bien pu se sentir outré par cette formulation. Mais quand bien même il vivait dans un monde d’or et d’argent, loin des soucis du petit peuple – qu’il aurait eu l’occasion de connaître en d’autres circonstances – il comprenait que la vie réservait parfois des malheurs faisant douter de l’existence du Tout Puissant. Ursus n’attendait donc rien du Très Haut, il affirma même que ce dernier avait plus l’habitude de se pencher sur les personnes qui avait à apporter au monde. Avant de préciser qu’il l’avait à la bonne. Gwynplaine ne savait pas vraiment comment il devait prendre cette réflexion, si c’était quelque chose de positif ou de négatif. Mais dans tous les cas, il ne pouvait pas s’empêcher d’espérer que le Très Haut avait effectivement des vues sur lui, qu’il avait envie de lui venir en aide. Lui et surtout son père en réalité, parce que l’homme se trouvait toujours dans son fiacre en compagnie du médecin. Le jeune homme ne savait toujours pas comment était son état, s’il allait s’en sortir. C’était sûr qu’il s’emballait peut-être un peu, qu’il remerciait sans doute un peu trop vite l’homme bougon à ses côtés, mais il n’y pouvait rien. Sans son aide, les espoirs seraient vains et n’auraient pas de sens. Donc, il ne pouvait pas ne pas remercier l’homme à ses côtés, sans lui il n’aurait aucune raison d’espérer que son père s’en remette. Là, au moins, il pouvait se le permettre.

« J’espère que vous avez vraiment raison. »

Affirma-t-il alors, espérant vraiment que Dieu allait encore être de leur côté et que son père allait s’en sortir. Au vu de son état, la grâce du Tout Puissant n’allait vraiment pas être de trop, bien au contraire. Même si le jeune homme avait confiance dans la médecine, il espérait que son père était vraiment entre de bonnes mains. Parce que tous les médecins ne se valaient pas non plus, ils n’étaient pas tous pareils. D’ailleurs, en parlant du loup, la porte du fiacre fini par s’ouvrir. Gwynplaine ne put retenir son cœur de manquer un battement, il sondait le visage du médecin qui sortait pour savoir si les nouvelles étaient bonnes ou pas. Il s’approcha vivement de lui et fut particulièrement soulagé quand le médecin affirma que l’état de son père était meilleur, qu’il allait sans doute s’en sortir (sans doute), mais qu’il avait vraiment besoin de repos. Au moins, il n’était pas mort.
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Message#Sujet: Re: Le fils que je n'ai jamais eu [pv Gwynplaine :3]   Mar 29 Nov - 20:43


Le fils que je n'ai jamais eu
U

rsus s'abstint de tout commentaire quand son interlocuteur affirma qu'il espérait sincèrement qu'il ait raison. Que répondre à cela, exactement ? Il n'y avait rien du tout à répondre, il n'y avait qu'à constater. Il était normal que le jeune homme s'occupe du sort de son père, qu'il s'en soucie et qu'il espère qu'il s'en sorte. Ursus, lui, se sentait forcément moins concernait par le sort de cet homme. À ses yeux, à vrai dire, la mort était une chance, un salut, et être soigné, c'était simplement accepter de souffrir un peu plus longtemps. Mais il savait que peu nombreuses étaient les personnes qui adoptaient une telle philosophie. Ursus préférait le silence à une remarque qui n'aurait pas eu réellement de sens, qui n'aurait consisté qu'à approuver ce que son interlocuteur lui disait, sans pour autant lui apporter le moindre réconfort ou quoi que ce soit d'autre. Ce n'était vraiment pas nécessaire. Ursus, de toute manière, chérissait le silence, ce n'était pas pour rien que son seul compagnon de fortune (ou d'infortune, plutôt) était un loup, qui n'avait qu'une seule façon de converser, c'est à dire en grognant légèrement... ce qui par conséquent ne le rendait pas bien différent de son propriétaire (même si Ursus se considérait plus comme son camarade que comme son maître). Il n'y avait donc qu'à attendre, rien de plus. Et ils n'eurent pas à attendre si longtemps que cela, au final. Il ne fallut que quelques minutes pour que la porte du fiacre s'ouvre de nouveau.

Gwynplaine s'approcha du véhicule pour s'enquérir de l'état de son père, Ursus, de son côté, prit le parti de demeurer à sa place et de deviner, depuis la légère distance où il se trouvait, l'état de son géniteur. Il n'entendait que quelques bribes de conversations, qui ne l'éclairaient pas forcément totalement. Mais il pensait quand même discerner le plus important, à savoir que le père Clancharlie allait déjà mieux, et que sa vie n'était pas en danger. Le soulagement qu'affichait à présent le jeune homme était une preuve supplémentaire du fait qu'il avait très bien cerné les propos qui lui étaient adressés. S'il y avait bel et bien un Dieu, le Tout-Puissant dont Gwynplaine faisait mention tout à l'heure, avait bien entendu ses prières et avait choisi de les exaucer, ni plus ni moins. Il adressa un signe de la tête à Gwynplaine qui devait être l'équivalent d'un sourire de sa part, lui qui n'était pas spécialement plus prompt à sourire qu'à pleurer.

-Je suppose que vous n'avez plus qu'à reprendre votre route, alors, maintenant
, dit-il alors, ce qui était sa manière à lui de faire ses adieux à son interlocuteur.

Il supposait que, maintenant que le paternel était tiré d'affaire, il n'allait pas s'attarder plus longuement. Et c'était pour le moins compréhensible.

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