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 Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)

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Message#Sujet: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mar 8 Déc - 15:33

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Son grand-père trouvait qu’il restait bien trop souvent enfermé dans sa chambre à étudier ses cours, ce qui n’était vraiment pas de l’avis de Marius. Ce dernier avait entamé des études, ce n’était pas pour passer son temps dehors à prendre l’air. Il aurait l’occasion de le faire plus tard, quand il allait voir son diplôme et qu’il allait pouvoir faire une grande carrière. Quoi qu’une fois qu’il aurait eu l’occasion de travailler, il n’allait pas avoir non plus énormément de temps. Mais ce n’était pas quelque chose qui dérangeait Marius, ce dernier se donnait vraiment à fond dans ses études. Il n’avait que ça à l’esprit actuellement, ne cherchant pas à voir autre chose. Son grand-père lui parlait parfois de jeune fille de sa condition qu’il devrait rencontrer, avec qui il devrait passer un peu de temps parfois, simplement pour voir du monde, mais Marius n’avait vraiment aucune envie de le faire. Il n’avait pas l’esprit à cela, il voulait simplement étudier. Quand il quittait son école, il rentrait dans la grande demeure qu’il partageait avec le vieil homme et s’enfermait dans la chambre pour étudier. Bien souvent, il arrivait au domestique de la maison de venir lui apporter son dîner directement dans sa chambre, quand il ne prenait même pas le temps de manger en compagnie de son grand-père.

Mais cette après-midi-là, l’homme avait insisté pour qu’il l’accompagne faire une balade. Le jeune homme ne voyait vraiment pas en quoi cela pouvait bien lui être utile, mais il accepta quand même. En grande partie parce qu’il n’avait de toute façon pas le choix. Le vieil homme insistait encore et encore, jouant même sur la corde sensible.  Marius se disait qu’il pouvait bien faire un effort pour une fois, puisqu’il avait jusqu’à présent bien avancé dans son travail. Il se prépara donc, enfilant une belle tenue et ainsi qu’un manteau chaud (pour se couvrir du froid de l’époque) et il sortit de la maison qu’il partageait avec le vieil homme. Ceux-ci prirent la carriole qu’ils possédaient pour se rendre au cœur de Paris. Marius ne savait vraiment pas ce qu’ils allaient bien pouvoir faire, il espérait simplement que ça n’allait pas être trop long. Cependant, en chemin, la carriole du jeune Pontmercy et de son grand-père fut bloquée au milieu de la rue par un attroupement de personne. Marius soupira d’ennuie avant de descendre de la carriole pour comprendre un peu ce qui était en train de se passer. Il y avait un rassemblement de personne, manifestant sans doute. On ne pouvait pas vraiment dire que le jeune homme s’était vraiment intéressait à toutes ces choses, il avait bien mieux à faire présentement. Et ça l’ennuyait d’ailleurs de ne pas pouvoir quitter les lieux. Il tourna un instant son regard vers son grand-père, toujours dans la voiture, lui adressant un signe pour lui faire comprendre qu’ils étaient bloqués et qu’ils allaient sans doute l’être un petit moment. Et puis son regard se porta de nouveau sur la foule et sur un jeune homme en particulier.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Jeu 10 Déc - 21:50


Le destin se joue à peu de choses
C

e n'était sans doute pas sans raisons qu'Enjolras était devenue le chef de file du groupuscule révolutionnaire qu'était les amis de l'A B C, il avait l'éloquence et la verve qui sert à haranguer les foules, à intriguer le chaland, et quand le jeune homme se lançait dans de longs discours, sur la cause révolutionnaire, le mouvement à place et les modifications à nécessairement apporter au peuple, il était tout simplement inarrêtable. Il n'avait que rarement l'occasion de faire partager ses talents d'orateur au plus grand nombre, ce dernier se limitait généralement à ceux qui participaient aux réunions de l'arrière-salle du Musain, et à ceux dont il parvenait à attirer l'attention lorsqu'il assistait à ses cours, tentant de rallier de nouveaux éléments à sa cause, ce avec plus ou moins de succès, il faut bien le dire, mais toujours avec la même détermination dans la voix et la même ferveur dans le regard. Mais, en quelques occasion, Enjolras n'ignorait pas que la meilleure manière de laisser porter sa voix était encore d'aller directement dans la rue, pour éveiller les consciences au meilleur lieu possible. Ils avaient installé une estrade, Courfeyrac et Combeferre et lui, et ils s'alternaient à présent, déclamant leurs hautes opinions politiques (car c'était bien sûr ainsi qu'il les concevait, incontestablement et invariablement),  à qui voulait bien l'entendre, tandis que d'autres camarades distribuaient des tracts, pour leur part.

L'air de rien, ils parvenaient à rassembler de nombreuses personnes, et l'attroupement qui s'était formé autour de leur estrade était suffisamment conséquent pour bloquer toute la rue. Un fiacre, notamment, était bloqué sur place, et vu son allure, il appartenait à l'un de ces propriétaires fortunés qui devaient embrasser la monarchie comme la consécration absolue d'un rêve, bref, tout ce qu'Enjolras exécrait, du plus profond de son être. Qu'ils soient contraints d'entendre leurs discours, voilà qui était parfait. Et d'ailleurs, tant qu'à faire, Enjolras considérait qu'il était grand temps de profiter de la situation. Surtout quand il vit un jeune homme qui ne devait pas être loin d'avoir son âge sortir du fiacre. Vu son allure, il était effectivement tout sauf nécessiteux. Tristement guindé, à un si jeune âge. Mais il saurait parfaitement tenir lieu d'exemple. Et qui sait, il éveillerait peut-être l'une de ces conscience qui avaient plus encore besoin de l'être que d'autres. Ce jeune homme devait à son éducation une cessité morale qu'Enjolras devinait en lui sans rien savoir de plus pour autant. Inutile de s'attarder sur ce qu'il pouvait être, de toute façon, mieux valait songer à ce qu'il pourrait devenir. Et ce fut pour cette raison que l'étudiant ne manqua pas de profiter du fait que le nouveau venu semble l'avoir remarqué.

-Vous, là-bas. Approchez, s'il vous plaît !
l'interpela-t-il suffisamment fort pour que sa harangue soit entendue de tous.

Cela allait-il servir à quelque chose ? Peut-être pas, Marius ne serait sans doute pas des plus dociles, mais quand le jeune homme avait une idée à l'esprit, il était loin de l'ignorer. Après tout, ce n'était pas pour rien qu'il se dévouait à ce point à ses idéaux, qui savaient conditionner son existence toute entière.





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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Lun 18 Jan - 16:46

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Voir autant de monde ne plaisait pas vraiment à Marius, qui avait eu envie d’en terminer avec sa balade en compagnie de son grand-père pour se replonger dans ses études. Ce fut pire quand il commença à comprendre la raison de cet attroupement. Il y avait une estrade, avec des jeunes hommes dessus criant des discours de révolution, et des tracts distribués aux passants. Certain semblait heureux de voir ces jeunes manifester leurs opinions politiques, d’autre leur crier dessus parce qu’ils étaient loin d’être ravie. Marius n’avait pas spécialement envie de prêter sa voix, il se contentait de se demander quand sa carriole allait pouvoir reprendre la route. Une personne tendit un tract au jeune Pontmercy, qui le regarda rapidement avant de relever son regard. Il n’adoptait vraiment pas ces idéaux. En même temps, le jeune homme n’avait pas vraiment eu les moyens de se faire sa propre opinion, il continuait de penser comme son grand-père l’avait élevé. Il n’y avait pas eu ce petit déclic qui lui avait permis de comprendre que la monarchie n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour le pays. Il prenait donc ces jeunes personnes (qui semblaient pour la plupart avoir le même âge que lui) pour des dingues.

Quand son regard croisa celui d’un des hommes sur l’estrade, ce dernier l’interpela. Sur le coup, Marius se demanda si c’était bien à lui que l’inconnu demandait d’approcher, mais vu les regards que lui adressait tout le monde à côté, ça ne faisait pas de toute. Marius se retourna une seconde vers son fiacre, où son grand-père se trouvait encore, hésitant à s’approcher en effet du jeune homme révolutionnaire. Le vieil homme lui fit un signe pour lui dire de retourner dans leur véhicule. Après quelques secondes, finalement, Marius décida de s’approcher de l’inconnu. Il ne savait vraiment pas pourquoi il faisait ça, mais tant pis. Après tout, ils étaient coincés là tant que la foule n’aurait pas décidé de se dissiper un peu, le jeune homme était donc un peu curieux de savoir ce que le révolutionnaire avait bien à lui dire. Il devait avoir une bonne raison pour lui demander d’approcher non ? Quand il arriva à sa hauteur, Marius ne dit rien. A ses yeux, ce n’était pas vraiment à lui de parler. Il se contenta de jeter un rapide coup d’œil à son grand-père, qui n’était toujours pas sortie et qui lui adressait un regard triste à travers la vitre. Ce n’était parce qu’il ait décidé de se laisser pousser par la curiosité que l’homme avait des raisons de le regarder comme ça. Ça n’allait rien changer, du moins c’était ce que Marius pensait, rien ne pouvait changer. En attendant, le jeune homme se retrouvait donc en compagnie d’une personne qui semblait avoir le même âge que lui, mais qui visiblement n’avait pas du tout le même genre de vie. Comme quoi, une naissance et une éducation pouvaient vraiment jouer énormément sur le destin d’un homme.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Sam 23 Jan - 12:25


Le destin se joue à peu de choses
L'

éducation, invariablement, guidait nos choix, nos décisions, nos opinions. La vie pouvait parfois mettre sur notre chemin des obstacles ou des éléments servant à une prise de conscience salvatrice ou malfaitrice, mais dans tous les cas, tout être humain, qu'il le veuille ou non, était déterminé par les lieux et les circonstances dans lesquels la vie l'avait jeté. C'était le cas de Marius, c'était le cas d'Enjolras. Ni l'un, ni l'autre, ne se supposaient susceptibles de s'entendre. De par leurs origines, et surtout de par la classe sociale à laquelle ils appartenaient l'un et l'autre, ils paraissaient tout simplement ne pouvoir que se détester, sans comprendre ni même oser deviner qu'une autre vie, d'autres choix, auraient pu leur suffire à s'entendre. Cela ne leur aurait pas empêché d'entrer régulièrement en conflit, c'est certain, mais ils auraient partagé l'un envers l'autre une estime mutuelle qu'on aurait du mal à leur trouver, alors qu'Enjolras invitait Marius à monter avec lui sur l'estrade, non pas pour s'en faire un ami, mais pour en faire un exemple. Le jeune homme alpagué semblait hésiter, et le vieillard qui l'accompagnait faisait manifestement de son mieux pour le dissuader de répondre aux invectives du révolutionnaire. Néanmoins, pour le plus grand plaisir de ce dernier, le jeune Pontmercy s'exécuta malgré tout et monta sur l'estrade. Enjolras considéra un instant son interlocuteur du regard. Il n'y avait pas à se montrer extrêmement observateur pour découvrir toutes leurs dissemblances. Elles s'observaient dans leurs tenues respectives, dans leur maintien aussi. Et elles ne tarderaient sans doute pas à s'entendre dans leurs discours à l'un comme à l'autre.

- Dites-moi comment vous vous appelez ? D'où venez-vous ?


Il parlait suffisamment fort pour que toute l'assistance puisse bien l'entendre. Car la question n'était pas tant de faire la connaissance de son interlocuteur, avec lequel il ne se supposait de toute façon pas capable d'avoir l'ombre d'une affinité, c'était impossible (oui, Enjolras avait bon nombre de préjugés et d'idées préconçues dont il ne cherchait pas à se guérir, parce qu'il considérait qu'il avait de toute façon raison, et que la vérité qu'il cherchait à diffuser et à partager avec le plus grand nombre était une vérité absolue). Il voulait simplement faire comprendre à son interlocuteur combien il était dans l'erreur, et ce qu'il cautionnait par sa seule existence. Ce qui n'était déjà que trop. Mais pour cela, il fallait que chacun, déjà sache à qui ils avaient à faire. Peut-être Enjolras se trompait-il complètement sur le compte de Marius, mais il ne le pensait pas. Une fois encore, son esprit complètement étroit ne cherchait qu'à convertir sans jamais tirer le moindre enseignement de ceux qu'ils méprisaient par nature et par principe, sans autre motif que ce que ses convictions propres et son amour inconditionnel de sa patrie lui dictaient.  




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Sam 20 Fév - 22:29

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Marius avait hésité, à juste titre, avant de monter sur l’estrade, ce qu’il avait fait afin de rejoindre l’homme qui l’avait appelé. Il ne savait pas vraiment ce que cette rencontre allait donner, mais puisqu’il était coincé là de toute façon. Evidemment, de nombreux regards se tournèrent vers lui et cela eut un peu le don de le mettre mal à l’aise. Il concentra le sien sur l’inconnu qui lui avait demandé de le rejoindre. Il était évident que les deux jeunes hommes, d’à peu près le même âge cependant, étaient foncièrement différents. Cela se voyait dans leurs vêtements, dans leurs manières de se tenir et même dans leur façon de parler. Quand l’inconnu (Marius ne connaissait toujours pas son nom) lui demanda qui il était et d’où il venait, il en eut la preuve. Marius ne savait vraiment pas dans quoi il était en train de se lancer, tout le monde attendait de sa part qu’il réponde aux questions d’Enjolras. En cet instant précis, on ne pouvait pas vraiment dire que Marius avait une haute estime pour cet homme qui se trouvait à ses côtés ou encore cette foule en bas de l’estrade, qui bloquait d’ailleurs le passage de sa voiture. En même temps, comment pourrait-il avoir la moindre estime, alors qu’il n’avait pas du tout été élevé dans leurs idées. Marius avait les mêmes idées politiques de son grand-père, ce qui était logique après tout. Et il n’avait pas l’intention de changer quoi que ce soit. Cela aurait pu être le cas, s’il avait su que son père était malade et mourant, s’il s’était rendu (trop tard) à son chevet pour recevoir cette lettre qui changerait pleinement son destin. Mais non, l’homme était mort dans le silence sans que Marius ne sache quoi que ce soit de tout cela. Comme quoi, le destin pouvait changer avec le moindre grain de sable.

« Je me nomme Marius Pontmercy ! » Lança-t-il avec fierté, même s’il n’avait aucune réelle raison d’être fier de son nom. Mais il ne savait rien de ce dernier, hérité de son père qu’il ne connaissait pas. Il était simplement fier de ce qu’il était. « Et je viens d’ici ! De Paris ! Du Quartier du Marais. »

Ils avaient souvent déménagé avec son grand-père, mais c’était bel et bien leur quartier actuel. Dans une demeure qui ne manquait pas de prouver de la richesse de la famille, richesse dont profitait pleinement Marius. Cette richesse qu’il aurait abandonnée, s’il avait seulement eu ce grain de sable dans son existence. Il se serait retrouvé sur cette estrade, auprès de ce même jeune homme, mais avec une façon d’être bien différente et surtout, des pensées contraires. Ce jeune homme à ses côtés serait devenu un ami, chose qu’il ne pensait pas du tout capable actuellement. Si on lui affirmait qu’il était capable de s’entendre avec Enjolras – en dehors des nombreuses disputes – il ne le croirait pas une seule seconde. Comment pourrait-il envisager tout autre chose en même temps ?
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Sam 20 Fév - 22:50


Le destin se joue à peu de choses
M

arius Pontmercy. En soi, ce nom pouvait tout signifier, et rien à la fois, comme un nom et la naissance n'ont aucune force d'autorité sur votre personne et ne doivent pas, surtout pas, influencer vos vies (il aurait pu en être de même pour Marius, justement, qui en auraient été la parfaite incarnation si les choses s'étaient déroulées différemment au cours de son existence), le lieu en vivait en disait déjà plus long. À son âge, il pouvait se permettre d'avoir le choix (pour cause, ils devaient avoir à peu près le même âge, tous les deux, en vérité), et il avait décidé de vivre dans ce qui devait être une demeure bourgeoise, ce que laissait en tous cas supposer le quartier où il paraissait avoir tant de fierté de vivre, aveugle aux souffrances du bas peuple qu'il devait regarder de haut, qui devait l'incommoder au quotidien, comme maintenant, alors qu'il s'offusquait peut-être d'être contraint de se mêler à la foule parce que son véhicule ne pouvait plus avancer. Pour Enjolras, Marius pouvait parfaitement être l'incarnation de tout ce qu'il exécrait, et c'était parfait comme cela. Il lui permettrait une démonstration en bonne et due forme qui devrait convenir à la foule, au peuple en quête d'une foi commune, de valeurs à construire.

-Vous êtes royaliste, n'est-ce pas ?
demanda-t-il sans même attendre confirmation, convaincu qu'il devait être de ces individus bienheureux d'avoir retrouvé un roi au trône, et les privilèges vains d'une noblesse qui ne voulait absolument rien partager. Depuis votre prestigieuse demeure du marais, vous n'avez pas le même spectacle, je parie. ajouta-t-il, l'invitant à regarder en direction de ce bas-peuple qu'il l'imaginait ignorer la plupart du temps. Je vous présente Paris, Monsieur Marius Pontmercy, celui que les gens comme vous ignorent. Nous ne sommes pas une vermine sur laquelle il suffit de fermer les yeux pour la croire disparaître. Il marqua une pause, regarda Marius dans les yeux. Ce n'est pas en vous complaisant dans votre confort que nous disparaitrons, ou que nous serons forcés au silence. Nous exigeons des droits que des hommes comme vous invitent à taire. Vous mangez à votre pain à chaque repas quand d'autres se battront dans la fange pour un simple quignon de pain. Cela vous semble-t-il normal ?

Il avait parlé longuement, sur le ton de la harrangue, sans discontinuer un seul instant, sans se fatiguer non plus, inlassable quand il s'agissait d'exprimer ses opinions et idéaux politiques. Pauvre Marius pris à parti, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il se retrouvait au mauvais endroit au mauvais moment, et pour la peine il faisait office d'exemple. Enjolras ne savait rien de la vie de son interlocuteur. à la vérité, il n'était pas le moins du monde en droit de le juger. Il ne savait rien de sa vie ou de son histoire. Il considérait seulement ne pas avoir besoin de savoir plus que ce qu'il parvenait à deviner.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Dim 3 Avr - 0:33

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Au fond, Marius ne savait même pas pourquoi il se trouvait là à l’heure actuelle, pourquoi il se laissait entraîner dans cette histoire. Certes, il avait été bloqué et n’avait donc pas eu le moyen de poursuivre sa route, en compagnie de son grand-père, mais on ne l’avait pas non plus spécialement poussé à monter sur l’estrade en compagnie de ce républicain de bas étage. Marius n’avait rien contre l’inconnu à la brase, mais au vu de la manière dont l’homme commença à s’adresser à lui, les choses changèrent rapidement. L’inconnu ne manqua pas de préciser que Marius était un royaliste, effectivement c’était le cas. Même si le jeune homme s’intéressait énormément à la « politique » de ce pays, son opinion était envers les royalistes. Il était heureux qu’un nouveau roi soit sur le trône de France et il ne manquait pas de jouir de ses privilèges. Et une chose était certaine, l’étudiant en droit n’aimait pas vraiment qu’on lui fasse la morale. Les évènements auraient pu se passer bien différemment, Marius aurait pu avoir une vision bien différente de la vie si jamais sa vie n’avait pas eu le même chemin qu’elle avait eu. Mais à l’heure actuelle, Marius était bien un royaliste avec des pensées de royalistes et il fallait bien l’avouer, il n’aimait pas particulièrement le spectacle dans lequel il se trouvait actuellement.

Marius écouta le discourt de l’homme, observant la foule devant lui quand l’homme la désigna. Ces mots étaient clairement une suite de reproche envers sa vie et sa façon de voir, comme si le fait qu’il ne voit pas le monde comme lui faisait de lui quelqu’un de mauvais. L’homme parla plus longuement du peuple, celui sur lequel on ne pouvait pas simplement fermer les yeux pour le voir disparaitre. Il était évident que le discourt d’Enjolras prêtait à réflexion, qu’il y avait une bonne raison pour qu’il prononce ces mots. Il était effectivement vrai que le pays était remplit d’inégalité, que certain pouvait jouir d’un confort extrême et de la nourriture en abondance, pendant que d’autres vivaient dans la misère au point de ne pas du tout parvenir à manger. Oui, il avait raison au fond, mais ce n’était pas pour autant que Marius avait l’intention de changer sa vision de la vie. Marius n’aimait vraiment pas du tout se faire juger de cette manière. Il n’aimait pas se retrouver en « place publique » sous le regard de tous ces miséreux qui cherchaient à changer le pays, qui l’observait d’un regard qu’il n’aimait pas plus. Comme s’il était le coupable de cette affaire. En soit, ce n’était pas complètement faux, mais Marius ne supportait pas d’être « flagellé » de cette manière.

« Vous ne savez rien de moi, je ne vous permets pas de me juger. » Rétorqua dans un premier temps, comme première ligne de défense. Ce n’était pas vraiment efficace, mais il devait bien avouer qu’il se retrouvait un peu pris de cours. « Pensez-vous que cela soit normal que certaines personnes se retrouvent à subvenir aux besoins de ceux qui ne sont pas capable de faire en sorte de gagner leur vie. »
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mar 5 Avr - 18:22


Le destin se joue à peu de choses
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l existait, c'est certain, des méthodes plus honorables que celles qu'Enjolras venait de se permettre d'employer. Prendre un royaliste lambda en exemple pour le fustiger sur la place publique et l'exposer aux huées de la foule, il est certain que l'on faisait mieux, tout de même, et cela n'était sans doute pas conforme aux idéaux d'égalités qu'il prônait pourtant sur tous les toits. Mais il n'éprouvait pas vraiment de scrupules à agir ainsi. Marius relevait d'un témoignage criant de tout ce qu'il condamnait. Parfois, ériger une seule personne en exemple pouvait suffire à modifier complètement la donne. C'est ainsi que procédaient les martyres, après tout, c'est pour cela qu'on avait toujours nécessité d'un porte-parole, c'est pour cette raison que le général Lamarck avait su s'attirer la sympathie des foules et que son état, aggravé de jour en jour, inquiétait à ce point le peuple. Non, il n'éprouvait vraiment pas le moindre scrupule. Et s'il avait dû commencer à en ressentir ne serait-ce que l'ombre, celui-ci aurait bien vite disparu, à entendre ainsi s'exprimer son interlocuteur. Alors, selon lui, ceux qui vivaient dans la misère n'avaient que le sort qu'ils méritaient ? Et ce n'était que parce qu'ils ne faisaient rien pour améliorer leurs conditions que leur situation était si vétuste, si déplorable ? Mieux valait entendre ça que d'être sourd. Mais c'est vrai, cet homme, que pouvait-il en savoir ? Il était né avec une petite cuillère en argent dans la bouche, comment pourrait-il avoir la moindre conscience de ce qui se déroulait pourtant juste sous ses pieds. Il n'aurait qu'à baisser les yeux pour voir, mais il était sans doute aveugle.

-Ainsi, vous imaginez que le destin distribue à tous des cartes identiques, que nos chances sont égales face à la misère, que tous ceux qui meurent de faim, à vos pieds, dans nos rues, ont mérité leur sort et que vous, par contre, pouvez vous glorifier de votre situation au nom de vos seuls mérites et pas de votre naissance ?
répliqua-t-il, toujours de cette voix qui portait suffisamment fort pour que son public ne perde pas une miette de ce qu'il disait. Il doutait fort de faire naître quel que prise de conscience que ce soit chez son interlocuteur, mais au moins chacun serait-il libre de voir et d'identifier le problème de ses propres yeux. Mais vous avez raison sur un point. admit-il en plantant son regard dans le sien. Je ne sais rien de vous. Que diriez-vous d'y remédier ? Allez, dites-nous, qui êtes-vous ? Nous sommes tous impatients de mieux vous connaître.

Certes, il se permettait de parler au nom du peuple, mais celui-ci se montrait manifestement plutôt réceptif à sa harangue. C'est que le jeune homme n'avait pas pu dire grand chose sur lui jusqu'ici, si ce n'est apprendre à tous son nom et son prénom, mais qui était-il, ce Marius Pontmercy du quartier du marais, qui considérait la charité comme un insupportable acte de pitié, comme si sacrifier quelques piécettes - qu'il devait posséder en abondance - lui était insurmontable.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Ven 13 Mai - 10:09

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Si Marius avait pu croire que cet instant n'aurait pas de conséquence, il ne pouvait plus douter maintenant. Il se trouvait sur cet estrade en compagnie de ce jeune homme qui lui était parfaitement antipathique, devant cette foule de miséreux qui criait ici et là. Il était clair que l'étudiant en droit n'avait pas du tout la même vision que son interlocuteur et franchement, il n'avait aucune envie d'avoir la même. Il pensait les mots qu'il venait de prononcer, même si cela lui valait la hué des personnes se trouvant à ses pieds. Mais qui étaient-ils ces gens ? Que faisaient-ils présentement à crier sur des personnes au lieu de faire en sorte d'améliorer leur condition de vie. Ne se rendaient-ils par compte qu'ils avaient de la chance ? Que d'autre gouvernement, qu'une... république, ne ferait que les conduire encore plus dans la misère ? Visiblement, ils ne s'en rendaient pas compte. Ou alors, Marius avait simplement les œillères sur ses yeux et il était incapable de les ouvrir comme il aurait dû le faire si l'histoire s'était déroulée de la bonne manière. Le révolutionnaire que Marius supportait de moins en moins ne manqua pas de lui répondre, d'une voix forte pour que tout le monde l'entende. En soit, Marius n'avait pas de souci à débattre ou à parler de ses idées - sinon il ne projetterait pas de devenir avocat - mais il n'aimait pas être mit en porte-à-faux de cette manière. Ils n'avaient de toute évidence pas du tout la même vision du monde, ce qui ne l'étonnait guère. Le révolutionnaire n'appréciait visiblement pas que certaine personne méritent leurs conditions que parce qu'ils étaient nés des bonnes personnes. Marius devait bien avouer qu'il marquait un point sur ce sujet. Ce qui le poussa à ne rien répondre du tout.

Par chance, le révolutionnaire - dont il ignorait encore le nom d'ailleurs - se concentra sur un autre point. Il affirma qu'il ne le connaissait en effet pas et ne manqua pas de le questionner sur sa personne. Il lui demanda alors de dire à tout le monde (puisqu'il semblait parler au nom de toutes les personnes se trouvant actuellement sous leur pied et les regardant) qui il était. Marius n'aimait vraiment pas cette situation, il n'aimait pas se retrouver comme bloquer au pied d'un mur qu'il ne pouvait pas franchir. Et le confort de sa voiture en compagnie de son grand-père lui manquait grandement. Cependant, il n'avait pas l'intention de se laisser faire.

« Et qui êtes-vous donc vous ? »
Demanda-t-il alors, d'un ton un peu plus franc et fort, en portant son regard vers les yeux d'Enjolras. « Vous interrogez, vous questionnez, vous acclamez, mais vous n'êtes pas capable de plus vous présenter. » Après tout, Marius avait donné son nom, son lieu de vie, mais il ne savait rien de la personne qui se trouvait en face de lui. « A moins que vous ne soyez qu'une bête de foire, qui adore se mettre en scène, se donner en spectacle. Est-ce cela qui vous plait ? » Demanda-t-il en désignant la foule. « Qu'ils vous acclament comme un roi, comme un saint. Vous cherchez la gloire où vous ne l'aurez pas. Votre place ne se trouve pas ici mon bon monsieur, mais sur une scène minable d'une pièce de théâtre minable. » Le jeune homme marqua une pause avant de reprendre. « Donnez-vous en spectacle si vous le désirez, mais ne cherchait pas à justifier cela par de bonnes pensées, par de bonnes idées et moins encore par de bonnes intentions. »
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Ven 13 Mai - 15:43


Le destin se joue à peu de choses
P

our sûr, le jeune homme savait parler et s’exprimer. Il avait la manière, la harangue, le vocabulaire… une certaine forme d’intelligence, sans doute (même si, aux yeux d’Enjolras, ceux qui ne savaient pas épouser l’esprit des Lumières disposaient forcément de réelles lacunes intellectuelles)… Pourquoi fallait-il qu’il mette tant de qualités au service d’une noblesse déjà noyée dans sa propre opulence, d’un dédain envers un peuple qui n’avait de bas que la désignation qu’en faisaient les gens de la haute, qui considéraient leur naissance comme un bien acquis à la sueur de leur front quand le labeur de certains qui pourtant passaient leur nuit dans la rue était bien plus éprouvant ? C’était dommage, vraiment dommage. Un potentiel gâché. C’était ce que le jeune révolutionnaire ne pouvait qu’observer chez son interlocuteur, tandis qu’il le voyait prendre à son tour la parole, lui renvoyant – assez brillamment, il devait bien le constater – la balle. Il est vrai que l’exposition qu’il faisait de sa personne pouvait aisément témoigner d’un égocentrisme dont le jeune homme était néanmoins convaincu de ne pas en faire preuve. Oui, c’est vrai, Enjolras se donnait en spectacle. Mais s’il n’y avait personne pur oser hausser le ton, et clamer à voix haute ce que le peuple pensait tout bas, alors la situation ne changerait jamais. Enjolras était habitué aux débats d’opinion. Au sein même des réunions des amis de l’A B C, il y en avait en conséquence, il comptait donc bien user de répartie, même s’il devait admettre être un rien désarmé par les prouesses oratoires de son adversaire. Il ne s’était pas attendu à une telle verve de sa part, mais c’était bien loin d’être un mal en soi, en définitive. Débattre avec un homme à ce point convaincu de ses néfastes opinions ne pourrait que lui être profitable, en définitive. La foule ne se retournerait jamais contre sa propre cause, quoi qu’il arrive.

-Soit, alors je me présente.
Répondit-il aussi posément que possible. Je me nomme Étienne Enjolras, et si la France pouvait elle-même se dresser sur une estrade sans porte-parole, je lui laisserai ma place sans hésiter. Il marqua une légère pause. Mes méthodes vous déplaisent, semble-t-il, mais vous confesseriez donc que nos idées et nos intentions sont bonnes ? demanda-t-il, prenant soin de reprendre l’adjectif que son interlocuteur (qui demeurait sans nom, mais le révolutionnaire n’insistait plus, du moins pas de suite, pour le connaître) avait employé précédemment. Si ces idées peuvent se soustraire à ma personne et vous convaincre, alors je n’aurais pas tout perdu.

Plus qu’une personne qui s’agitait sur une estrade, il se voulait la voix d’un peuple meurtri, oui, et si cette voix pouvait s’exprimer sans corps, il aurait effacé le sien au profit des simples mots qu’il avait à prononcer. C’était l’impact de ces mots qui avait de la valeur avant tout, et rien d’autre, même s’il est vrai que sa démarche avait tout lieu de donner le sentiment que ce n’était pas à sa patrie qu’Enjolras accordait autant de temps et de valeur, mais plutôt à lui-même. Une superficialité d’opinion qu’il prendrait soin de réfuter jusqu’à son dernier souffle.





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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Dim 19 Juin - 19:21

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Marius avait, tant bien que mal, réussi un temps à retourner un peu la situation de cette conversation qu’il avait avec ce révolutionnaire. Par chance, le jeune homme avait appris à s’exprimer, à parler en public, même s’il ne se trouvait pas vraiment dans une position idéale. Il était évident que toutes les personnes se trouvant à leur pied, ce peuple, étaient du côté de son interlocuteur. Parce que le peuple ne voudrait qu’adhérer aux intérêts du peuple, se montrant par moment bien égoïste. Evidemment, le jeune étudiant avait une vision bien triviale de la situation, se contentant simplement d’être celui qu’il était par l’éducation qu’il avait reçu. Pourquoi devrait-il penser autre chose de toute façon ? Puisque c’était la bonne pensée, puisque c’était ainsi qu’il fallait voir la situation, il n’y avait aucune raison que son raisonnement prenne un autre chemin. Et surtout pas alors qu’un homme tel que celui qui se trouvait devant lui, le prenait à partie de cette manière. Est-ce que c’était vraiment comme cela qu’il voulait convaincre les autres ? Il n’allait pas y arriver avec lui en tout cas, parce que Marius se sentait bien trop « agressé » pour envisager une seule seconde à ouvrir son esprit. Même si, le jeune étudiant, devait bien reconnaitre que le révolutionnaire parlait parfaitement bien. Il ne se contentait pas de se mettre en spectacle comme il l’avait dit précédemment, il était un spectacle à lui tout seul. En d’autre circonstance, peut-être que Marius aurait pu avouer qu’il était un bon orateur et qu’il avait même sans doute beau à apprendre de sa part. Mais les circonstances étaient telles que ce n’était pas du tout possible.

« Vous vous contentez d’entendre ce que vous souhaitez entendre Enjolras ! »
Puisqu’il venait de lui donner son nom, Marius n’avait pas l’intention de se retenir de l’utiliser. Parce que dans tous les cas, il n’était pas question qu’il laisse ce jeune homme prendre le dessus dans leurs joutes verbales. Cette conversation venait effectivement de devenir une sorte de combat des mots aux yeux du jeune étudiant en droit. « Je me contente simplement de vous dire que vous affirmez défendre une bonne cause dans le seul but de vous mettre en avant et donc, de servir votre seul cause. »

Marius affirmait cela, mais il devait bien avouer que ses propos pouvaient avoir tenu un peu à confusion, ce qui n’était vraiment pas son but. Parce qu’il n’était pas question pour lui de laisser ce jeune homme croire être capable de le convaincre, puisqu’il n’y parviendrait pas. Le jeune homme ne changerait pas de vision du monde, il resterait planté sur ses convictions. Du moins, c’était ce qu’il pensait. Mais ça, c’était parce que certains éléments de son passé n’étaient pas arrivé devant ses yeux, lui prouvant qu’il n’était pas forcément celui qu’il pensait être.

« Pensez-vous donc avoir le droit de vous présenter en tant que porte-parole de la France ? » Il reprenait simplement ses mots. « Vous pensez que la France vous suivrez si elle avait la possibilité de s’exprimer elle-même, mais vous faites une grande erreur. »

Parce qu’ils n’avaient évidemment pas la même France comme patrie.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mer 22 Juin - 18:15


Le destin se joue à peu de choses
C'

était un débat duquel ne ressortirait peut-être aucun vainqueur, car quand le jeune homme était sûr de ses arguments, son interlocuteur n'était pas moins convaincu des siens. Ils risquaient fort de tourner en rond, mais Enjolras ne pensait pas que cette discussion à tribune ouverte serait vaine. Parce que justement ils avaient un public pour les entendre, ses propos ne se perdaient pas dans le vide, et de toute évidence, l'auditoire en présence, même si c'était triché, avait plus de raisons de se ranger de son côté que de celui de Marius Pontmercy. Ils appartenaient au peuple qu'il cherchait à défendre quand son détracteur appartenait à une bourgeoisie qui ne cherchait pas à se remettre en question. Il n'y avait que peu de fierté à retirer d'une telle situation. Dans tous les cas, avoir face à soi un homme susceptible de se défendre et de contre-argumenter avait l'avantage de donner un clair et précis témoignage de l'opinion des autres, ceux de cette catégorie sociale à laquelle ni Enjolras ni les autres personnes présentes ne pouvaient prétendre appartenir. En tous les cas, si rien ne saurait infléchir le jugement d'Enjolras, il parvenait malgré tout à comprendre le point de vue de son interlocuteur, même s'il était plus que certain qu'il ne l'embrasserait jamais. Tous deux appartenaient à des univers très différents, et qui ne sauraient jamais se rejoindre, même si ce devrait être là une nécessité des plus absolues pour rendre sa gloire au peuple de France quels qu'en soient les membres. Si leurs opinions divergeaient, ils avaient tout de même un point commun qui n'avait rien de négligeable : ils aimaient l'un comme l'autre leur patrie. Ils n'avaient seulement pas la même façon d'envisager de le sauver.

-Je plaide ma cause de le but de la défendre, en effet.
répondit-il posément. N'est-ce pas ce que l'on fait toujours pour ce qui nous semble juste ? Il marqua une pause. Je peux néanmoins comprendre que ma seule opinion ne vous suffise pas. Il est normal de douter, c'est même essentiel, de nos jours. Il se tourna vers la foule qu'il n'avait fait qu'harranguer jusqu'alors. Une seule voix ne suffit pas à Monsieur Pontmercy, peut-être saura-t-il mieux nous entendre et nous comprendre si toutes nos voix devaient s'unir. Il leva le bras d'un ton convaincu. Et se contenta de ces quelques mots, si familiers. La France au peuple, vive la France !

Il put compter sur ses camarades des amis de l'A B C (dont son interlocuteur aurait pu faire partie s'il avait fait d'autres choix, s'il avait pris des décisions différentes) pour scander à leur tour le même message. Bientôt, l'auditoire suivit leur exemple. Une fois encore, ce procédé tenait presque de la manipulation, mais Enjolras s'y employait sans honte et sans rougir. Il ne voyait pas de raisons de le faire.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Ven 22 Juil - 15:04

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Il était évident et clair que les deux hommes se trouvant présentement sur la tribune de fortune, n’avaient pas du tout la même vision du monde. Marius aurait très bien pu partager les idées d’Enjolras, si seulement il avait connu un peu son père, s’il avait eu l’occasion de faire des recherches sur le baron que ce dernier était devenu, même si on lui avait retiré ce titre ensuite. Sauf qu’il ne savait rien, qu’il continuait d’embrasser les valeurs que son grand-père lui avait transmises, celle qu’il partageait avec lui dans leur voiture bloqué à cause de la foule. Les deux hommes n’avaient donc pas du tout la même vision des choses, mais ils avaient un point en commun. Ils étaient bornés et ils avaient à cœur de défendre leurs idées. Marius n’avait pas envie de laisser Enjolras plaider sa cause sans lui répondre. Même s’il était sans doute perdu d’avance dans ce petit jeu, puisque la foule était loin d’être de son côté. Enjolras confirma ses propos et ne manqua pas d’aller même bien plus loin, après avoir affirmé que sa seule voix n’était sans doute pas suffisante pour montrer qu’il avait raison. Marius tourna son regard vers la foule, quand Enjolras se tourna vers eux en affirmant que leurs voix devaient s’unir. Et après ses exclamations, plusieurs autres jeunes hommes prirent la peine de crier de la même manière que lui, suivit rapidement par toute la foule. Marius se retrouvait donc devant une foule entière de personne criant et scandant « la France au peuple, vive la France ». Autant dire qu’il pouvait difficilement contrer ce procéder qui semblait être bien plus de la manipulation à ses yeux. Puisque le jeune homme à ses côtés n’était pas capable de s’en sortir seul, il avait besoin de son auditoire, de ses animaux de foire. Oui, Marius n’avait que peu de respect pour toutes ces personnes qui osaient crier un message erroné. La France ne risquait pas d’aller bien loin s’ils continuaient de la sorte, si elle se trouvait entre les mains de ces personnes. Le regard du jeune étudiant se tourna vers Enjolras. Il avait le sentiment qu’il était vraiment fier de lui, ce qui avait le don de l’agacer encore plus. Parce qu’il pouvait difficilement le contrer maintenant, il n’y avait personne présent maintenant pour le suivre.

« C’est bien ce que je pensais, vous aimez être au centre de l’attention. » Reprit-il d’une voix moins forte que précédemment, ne souhaitant pas vraiment converser avec ceux qui s’amusaient à crier à leurs pieds. La seule chose qu’il voulait c’était « discuter » avec cet Enjolras. « Vous me faites penser à une bête de foire. »

C’était une remarque parfaitement gratuite oui, qui n’avait pas vraiment de fondement. Mais Marius se retrouvait un peu bloqué en même temps, il n’était pas facile pour lui actuellement de trouver un contre-argument au jeu de cet Enjolras. Nul doute que la situation aurait été plus simple pour lui s’il n’y avait pas cette foule pour crier dès qu’on lui portait un peu attention.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Sam 23 Juil - 20:57


Le destin se joue à peu de choses
U

ne fois encore, le jeune Pontmercy insista sur ce qu'il y avait de très orgueilleux dans la démarche d'Enjolras, et ce dernier ne pouvait que s'en sentir vexé et offusqué. Y avait-il une part de vérité à tout cela ? Peut-être, difficile de le savoir. Le jeune homme affirmait depuis presque toujours le contraire avec tant de véhémence qu'il parvenait sans mal à s'en convaincre, en tous cas. Sa propre petite personne ne comptait guère, c'est ce dont il avait su se convaincre. C'était sa patrie, c'était le peuple, qui avaient un réel intérêt. Il luttait pour une cause qu'il espérait bien ne jamais voir mourir, et donc survivre sans mal à son propre décès, il était prêt à mourir pour cette même cause. En quoi cela pourrait-il être considéré comme de l'orgueil ? En rien, voulait-il penser. Il était intègre, honnête envers lui-même. Il avait tout simplement foi en une certitude, en un idéal politique dont il avait vu les prémices sans pouvoir vraiment goûter à ses résultats. Il refusait d'y voir de la suffisance et de l'orgueil, raison pour laquelle il accueillit avec un mépris certain la remarque de son interlocuteur quand ce dernier le présenta comme une bête de foire. Était-ce véritablement ainsi qu'il le voyait, dans toute sa suffisance ? Fort probablement, oui. Et ce n'était bien sûr jamais un fait très plaisant que de se voir confronté à un tel regard de la part d'autrui. Néanmoins, Enjolras voulait croire que la parole de son interlocuteur ne jouerait pas en sa faveur, malgré tout. Car ce n'était que donner du grain à moudre à la foule qui ne pouvait qu'approuver son opinion.

-Vous paraphrasez là la pensée des vôtres, et c'est pour cette raison que nous nous bâtons. Peut-être aime-je être au cœur de l'attention, oui
, admit-il, qui n'appréciait pas d'abonder dans le sens de son interlocuteur, mais le faisait bien évidemment à dessein. Car c'est la seule façon dont le peuple sait se faire entendre. Quand une voix s'élève, elle n'a pas de valeur s'il n'y a personne pour l'entendre. Je veux bien être taxé d'orgueilleux, et ce plus que nécessaire, s'il m'est ainsi possible d'aider ce monde à changer, ne serait-ce qu'un peu. Et de le préserver d'un certain péril... celui que les gens comme vous créez. J'aime être au centre de l'attention car j'aime que mes idées le soient, car je veux que le peuple tout entier soit au centre d'une attention qu'on ne lui accorde absolument jamais.

Et c'était un fait. Il espérait bien ne pas être seul, qu'ils finissent par être cent, mille, un milliard, un nombre de voix qui n'en formeraient plus qu'une, scandant le même message de liberté, d'égalité et de fraternité. Afin que les droits du peuple soient enfin entendus une bonne fois pour toutes, afin que la royauté et la noblesse, sourdes jusqu'alors, ne puissent fermer l'oreille à la pensée commune, qu'elles prétendaient n'être qu'un grain de poussière dans l'univers.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mer 7 Sep - 12:07

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Il était évident que Pontmercy s’enfonçait de plus en plus à chaque fois qu’il prenait la parole, mais c’était simplement parce qu’il n’avait pas beaucoup d’argument à renvoyer à Enjolras. L’homme était un très bon orateur. Si Marius était incapable de voir la vérité dans ses propos – son esprit n’étant pas assez ouvert pour cela, puisqu’il n’avait pas eu la chance de faire la rencontre de la vérité sur son père – il devait quand même reconnaître une très bonne façon de parler de son interlocuteur. L’homme savait faire lever les foules sous ses propos, il savait attirer l’attention sur lui. Ce qui ne plaisait pas vraiment à Marius en cet instant précis évidemment. Si le jeune noble osait croire être capable de converser à son tour, capable de défendre ses idées (sinon, il n’était vraiment pas fait pour le métier dont il étudier les facettes présentement), il enviait un peu la facilité que le jeune homme sous ses yeux avait de se servir de quelque chose pour rebondir. Comme il le fit présentement, après que Marius ait affirmé qu’il n’était qu’une bête de foire. Au lieu de chercher à le contredire, de lui dire qu’il n’était pas adepte du devant de la scène, il s’en servit pour défendre sa cause. Puisqu’il affirmait que c’était la seule manière pour lui de permettre au peuple d’élever sa voix, et qu’il ne le faisait que pour aider son prochain. Marius pouvait presque se laisser convaincre par les propos d’Enjolras, mais il n’avait aucune envie que ça soit le cas. Non pas qu’il n’y avait peut-être pas un fond de vérité dans ce que son interlocuteur disait, mais il n’était pas question que Marius puisse considérer qu’il avait raison. Même si, cela venait simplement du fait qu’il avait un esprit bien trop étriqué. Et il n’avait évidemment pas l’intention de perdre l’occasion pour montrer ses talents d’orateur également, même s’il n’était pas aussi sûr de lui qu’au début. C’était un peu plus compliqué à chaque minute qui avançait.

« C’est ce que vous dites aujourd’hui Monsieur Enjolras. » Reprit-il d’une voix plus forte cette fois-ci, n’aillant pas de crainte que ceux qui criaient à leur pied l’entende. « Parce que cette situation vous sied. Mais qu’arrivera-t-il si vous gagnez gain de cause, si vous parvenez à lever suffisamment les foules pour que le peuple n’ait plus besoin de votre voix pour le porter ? Une fois que vous ne serez plus rien du tout. »

Ce qu’il n’avait pas spécialement envie de voir arriver, puisqu’il savait bien que si le peuple grondait suffisamment fort, c’était la monarchie qui allait en prendre un coup. Et ce n’était pas vraiment ce dont ils avaient besoin pour l’heure. Alors, à choisir, Marius Pontmercy n’avait aucune envie de voir le peuple se lever plus encore que ce qu’ils faisaient maintenant, levé par cet Enjolras sous ses yeux, même s’il parlait de l’éventualité pour exprimer son propos évidemment.

« Et alors à ce moment, vous allez grandement regretter notre vie actuelle, puisque vous ne serez plus rien et que vous n’auriez plus personne pour vous écouter parler et gonfler un peu plus vote égo surdimensionné. »
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mer 7 Sep - 23:49


Le destin se joue à peu de choses
I

l fallait accepter l'évidence ainsi qu'elle était : les deux jeunes hommes présents sur l'estrade ne sauraient à aucun moment s'entendre (et pourtant, en d'autres circonstances), et le débat forcé qui avait ainsi lieu sur la place publique en était en vérité un faux, car il demeurerait quoi qu'il en soit stérile. Leur audience ne devait pas s'attendre, en tout cas, à ce que l'un des deux s'incline devant l'autre et puisse affirmer haut et fort avoir remporté la partie. Cela pouvait clairement importuner et agacer Enjolras (au-delà de la personnalité de son interlocuteur, qui l'insupportait de plus en plus), mais il choisissait d'en tirer le meilleur parti. Certes, il n'aimait rien mieux que de voir autrui se rallier à sa cause tant il la pensait juste et universelle, mais au moins, en ne parvenant en aucun cas à convaincre le jeune homme de noble extraction qu'il avait face à lui de se ranger du côté de lui il faisait de lui un exemple, celui du bourgeois borné incapable de prendre conscience de la souffrance du peuple, en bas, centré sur ses simples préoccupations et prônant un égoïsme exacerbé, défaut qu'il rejettait à présent sur le chef de file des amis de l'A B C qui, bien évidemment, prenait très mal cette nouvelle attaque. Certes, il ne pouvait nier faire preuve de fierté, et pour oser plaider sa cause en public sans crainte ni timidité, il fallait sans doute un certain orgueil, mais il ne pouvait tolérer que l'on affirme qu'il servait et défendait sa cause à des fins purement égocentriques : il servait un idéal, il était prêt à mourir pour lui, et il n'aimait pas que l'on puisse faire passer le combat mené au nom de tout un peuple pour une petite croisade personnelle qu'il regretterait sitôt son but atteint. Il n'avait décidément pas idée de ce qui motivait sa fougue et son enthousiasme. Mais comment lui demander de comprendre ? Quelle importance avait pour lui sa patrie s'il la laissait régresser et se scléroser comme il le faisait forcément en acceptant le système en place ?

-C'est bien l'apanage des hommes de votre rang que de penser que tout n'est jamais affaire que d'ego et que la moindre des actions humaines n'est propre qu'à servir votre petite satisfaction personnelle, répliqua-t-il en regardant son interlocuteur droit dans les yeux. Vous ne sauriez vous méprendre davantage à mon sujet, affirma-t-il ensuite avec autant de sincérité dans la voix que celle qu'il éprouvait en effet, car il considérait n'agir bel et bien que pour la France et son prestige, et il s'y employait avec bien assez de ferveur pour se sentir insulté par les insinuations... non, les affirmations de son interlocuteur. Je n'ai que faire de n'être plus rien, et serait même ravi de ne plus l'être, non pas si mais quand la face de notre pays changera enfin. Croyez bien qu'aucun homme n'aura jamais été plus heureux de sombrer dans le néant... Il marqua une pause avant de reprendre. Mais sans doute est-vous qui avait peur de n'être plus rien quand le glas de la noblesse résonnera enfin.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Lun 7 Nov - 11:21

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Ils ne faisaient finalement que se renvoyer encore et encore la balle. Marius n'avait aucune intention de baisser sa garde, de laisser ce républicain gagner leur débat. En soit, le jeune avocat n'avait aucun intérêt à gagner cette conversation, cela n'allait vraiment pas changer le cours de son existence. Mais le jeune homme avait une fierté, sans doute mal placé, et il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir remporter ce débat, quand bien même il se rendait compte qu'il y avait peu de chance que cela arrive. Non pas qu'il puisse croire Enjolras capable de gagner de son côté, capable de lui faire changer sa vision des choses, mais tout simplement parce qu'ils ne baisseraient pas les armes l'un ou l'autre. Ce débat était parfaitement stérile et ne menait vraiment à rien. Sauf que, dans tous les cas, Marius n'avait pas l'intention de baisser les bras. Il usait donc des armes qu'il avait en sa possession, se montrant sans doute énormément de mauvaise foi. Il ne pouvait pas s'empêcher d'énoncer des vérités dont il ne savait rien, considérant que l'homme qu'il avait sous les yeux n'apprécierait pas de ne plus être personne une fois son "combat" gagné. Evidemment, la réplique du républicain ne manqua pas de lui revenir dessus, alors qu'il retourna son argument contre lui. Enjolras commença d'abord par affirmer qu'il serait heureux de ne plus être personne quand (et non si) leur action touchait au but, parce que c'était ce qu'il désirait. Marius ne le croyait pas, sincèrement, il ne pensait pas cela possible. Evidemment, il ne pouvait pas savoir qu'il se trompait lourdement puisqu'il n'avait pas l'occasion de connaître l'homme sous ses yeux autant qu'en d'autres circonstances. Il ne se rendait pas compte que l'homme était effectivement prêt à mourir pour sa cause, à ne plus rien être afin qu'elle parvienne au bout. Marius ne voyait évidemment pas les choses de cette manière, un homme n'agissait jamais s'il n'avait pas une raison de le faire, s'il ne pouvait pas en tirer un bénéfice. Comme la gloire dans le cas de celui qu'il avait sous les yeux, même s'il se fourvoyait complètement. Les arguments d'Enjolras auraient pu aller, s'il ne retourna pas complétement la situation vers Marius, affirmant alors que c'était lui qui avait peur de n'être plus rien si leurs actions touchaient au but. Il n'avait malheureusement pas vraiment tort.

« Sachez, que vous pouvez faire tout ce que vous voulez, crier aussi fort que possible, la noblesse n'atteindre jamais le glas que vous attendez. » Il était évident pour le jeune homme qu'il n'allait pas confirmer les dires du républicain, quand bien même ce dernier avait quand même raison. Mais il estimait que ça serait lui donner bien trop d'honneur de le faire. Il se voulait sûr de lui, autant que celui avec qui il conversait, en reprenant la parole, mais ce n'était pas vraiment évident. « Vos propos et votre mauvaise foi... » Il pouvait parler, puisqu'il en faisait vraiment preuve à l'heure actuel, mais affirmer que son "adversaire" était de mauvaise foi en était bien une preuve de la sienne. « ... me feront presque regretter de ne pas vous voir atteindre votre but. Pour la simple satisfaction de vous voir tomber, de vous voir disparaitre et de constater que vous vous êtes fourvoyé. »

Evidemment, Marius n'avait aucune envie qu'ils arrivent à de telles extrémités et préférait largement démontrer à Enjolras que la noblesse n'était pas prête de tomber. Ce qu'il pensait vraiment.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Lun 7 Nov - 19:10


Le destin se joue à peu de choses
E

njolras ne fut pas réellement surpris d'entendre son interlocuteur affirmer que le glas de la noblesse ne retentirait jamais. Il était normal, dans la position où il se trouvait, qu'il n'espère pas un tel cas de figure, qu'il veuille rester campé sur ses positions au point de refuser dur comme fer ce qui pour le révolutionnaire représentait l'avenir... Après tout, la noblesse avait déjà échoué une première fois, la révolution pouvait à tout instant renaître de ses cendres. 1789 avait affaibli la royauté, 1832 la réduirait au silence pour de bon. Le jeune homme y croyait, il était confiant, et au fond, il trouvait rassurant que la noblesse, drapée dans son orgueil, ne les perçoive pas comme une menace. Plus dure serait la chute, alors. Même si Enjolras en vérité n'avait pas pour rêve de voir les nobles se traîner aux pieds des miséreux, il espérait seulement leur voir découvrir l'humilité (il se disait que ça ne ferait pas de mal au jeune Pontmercy, d'ailleurs, même si lui-même n'était pas franchement mieux, loin s'en faut). Ce qu'il voulait, ce n'était pas une inversion des rôles, absolument pas, ce à quoi il aspirait, c'était à une égalité des plus parfaite entre les hommes, que les préceptes de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen soient enfin respectés. Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. C'était dit, c'était écrit, et il ferait en sorte que ce ne soit plus seulement une utopie, mais une réalité.

Enjolras préféra ne pas réagir quand son interlocuteur affirma qu'il faisait preuve de mauvaise foi. Certes, lui-même en manquait sans doute bien souvent, il était tellement borné qu'il ne tolérait pas d'opinions qui soient contraires à la sienne. Mais en attendant, il ne pensait pas que le jeune Pontmercy soit plus objectif que lui-même. Entre eux, le débat était de toute évidence stérile. Sur lui, le jeune étudiant se résugnait à ne pas avoir l'avantage. Qu'importe, car la foule déjà rangée à son opinion pourrait ainsi observer l'absence de flexibilité des nobles gens.

-Vous avez de bien tristes ambitions,
répondit-il simplement, d'un ton on ne peut plus neutre.

Leur animosité avait atteint un tel stade qu'il était évident que leur conflit était en train de devenir plus personnel qu'idéologique, quand bien même ils ne se connaissaient pas il y a moins d'une heure de cela. Entre eux, aucun terrain d'entente ne serait jamais possible, du moins le pensait-il. Il était loin d'imaginer qu'ils auraient pourtant pu s'entendre, se lancer dans des débats d'idée certes, mais des débats fructueux et dignes d'intérêt. Cette réalité parallèle lui aurait semblé bien inconcevable à l'heure actuelle.

-Je préfère vous y laisser, je déplore votre aveuglément, mais je ne m'obstinerai pas davantage à vous rendre la lumière.

Inutile d'insister davantage, d'autant qu'il était en train de perdre l'intérêt de ce plaidoyer.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Lun 2 Jan - 16:58

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
À force, Marius se rendait bien compte qu’il avait surtout à cœur de contredire l’homme qui se trouvait sous ses yeux, parce que ça devenait vraiment personnel. Le jeune homme avait envie de rabattre le caquet de son interlocuteur, simplement parce qu’il lui trouvait désagréable et qu’il avait envie de lui montrer qu’il était plus fort que lui. Au fond, le sujet de leur débat n’était plus vraiment d’actualité. Marius pensait chaque mot qu’il prononçait, bien sûr, mais ça n’avait pas autant d’importance que ça devrait avoir normalement. Sans vraiment de raison, parce qu’en réalité il ne connaissait Enjolras que depuis quelques minutes et il y avait de forte chance pour qu’il ne le revoit plus jamais de sa vie, il ne pouvait juste pas supporter de laisser Enjolras avoir raison. Il ne l’aimait pas, quand bien même il ne le connaissait pas. C’était ainsi et il y avait peu de chance que cela change. Parce que Marius avait l’habitude d’être têtu, il n’avait aucune envie de changer d’avis. Ce qu’il pensait, il considérait que c’était ce qu’il devait penser. L’homme n’avait peut-être pas tort, il n’avait pas de très grande ambition, mais Marius n’avait pas l’intention de se laisser avoir par les propos de son interlocuteur. Il ne voulait pas se laisser toucher, il pouvait penser ce qu’il voulait de tout cela, ça n’allait pas changer une seconde ce qu’il pensait de son côté.

Et visiblement, il n’était pas le premier à baisser les bras. Ce que ne faisait pas vraiment Enjolras non plus, mais ses derniers propos entamaient tout simplement la fin de leur conversation. Parce qu’il était plus qu’évident qu’ils tournaient en rond, Marius s’en rendait bien compte. Le jeune homme n’allait pas changer d’avis au révolutionnaire et il n’avait pas plus envie de changer d’avis de son côté. En soit, le sort de l’homme ne le concernait pas tellement.

« Ce n’est pas parce que vous êtes éblouie par votre soi-disant lumière que je vais en faire de même. »
Affirma-t-il alors, comme s’il avait eu besoin de préciser un peu plus sa position. Ils savaient tous ce que cela signifiait, qu’ils ne pourraient jamais s’entendre, qu’ils ne voyaient pas les choses de la même manière et que ça n’allait jamais être le cas. Pour la simple et bonne raison que le destin ne les avait pas faits se rencontrer comme il aurait dû le faire à la base. « Mais je suppose que vous êtes bien trop ébloui justement pour voir la vérité et la réalité. » Il disait ça, mais en même temps c’était sans doute plutôt à lui qu’il fallait tourner ce « compliment ». Il était juste incapable de s’en rendre compte. « Je perds vraiment mon temps avec vous, tout le monde perd son temps. Vous devriez arrêter votre manège et laisser les gens tranquille. »

Autant dire qu’il avait bien envie de pouvoir juste remonter dans son fiacre en compagnie de son grand-père et de rentrer chez lui, sans qu’une horde de personne ne lui bloque le passage.
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Lun 2 Jan - 17:16


Le destin se joue à peu de choses
I

l ne comprenait pas, il ne comprenait rien. Manifestement, le jeune Marius Pontmercy était de ceux qui pourraient lui faire perdre foi en la nature humaine, en l'espoir de faire de ce monde un monde meilleur. Mais l'espoir demeurait malgré tout. Parce que la cause était juste, parce qu'elle n'était pas égoïste, parce qu'elle ne se fondait pas uniquement sur ses considérations personnelles mais sur les besoins et les aspirations de tout un peuple. C'était une chose que son interlocuteur refusait de comprendre, soit, mais ce n'était pas si grave. Pour l'obstination d'un seul homme, tout une communauté se ferait entendre et laisserait éclater sa voix, c'était ce qui importait... Même si Enjolras ne pouvait nier être quelque peu agacé de n'avoir su prendre le dessus sur un débat qui avait trop rapidement viré au combat de coq pour pouvoir être considéré comme tel. Ils ne parviendraient à rien, car leurs mentalités, leurs idéaux, leurs volontés, étaient bien trop différents. Ils ne parviendraient à rien parce qu'ils étaient au final bien plus semblables que ce qu'ils pouvaient bien admettre. Ils avaient des caractères très semblables, seule leur naissance, qui les avait ensuite conditionnés, avait créé une telle fracture entre eux. Il aurait fallu peu de chose pour colmater la brèche, mais pour l'heure, ce ne semblait pas concevable le moins du monde. Alors soit, ce serait ainsi que les choses allaient se passer, au final, ils allaient rester campés sur leurs positions, et le cours de leurs vies respectives allaient se poursuivre. Au final, il n'y aurait que l'avenir, pas le leur mais celui de la France, pour donner tort à l'un et raison à l'autre. Enjolras espérait de tout cœur appartenir à la catégorie de ceux qui auraient raison, pas pour conforter son égo (même s'il interférait forcément ans cette affaire), mais parce que c'était le mieux que leur patrie pouvait bien espérer.

Enjolras sentait qu'il pouvait avoir encore beaucoup de choses à dire, il pourrait retourner à Marius ses propos, en lui affirmant que des deux, l'homme trop ébloui n'était pas lui, il pourrait lui demander sa définition de ce qu'elle pensait être la réalité... mais il savait d'avance que cela ne mènerait nulle part. Ils retourneraient toujours au même point, quoi qu'ils fassent et quoi qu'ils décident. Il était par conséquent proprement inutile d'en revenir à une nouvelle joute verbale. Mieux valait s'arrêter là tout de suite. Et son interlocuteur semblait d'accord là-dessus. Ce serait certainement la seule chose sur laquelle ils seraient d'accord tous les deux.

-Je crois bien, en l'occurrence, que la seule personne qui se sente dérangée ici, ce soit vous,
répliqua-t-il d'un ton proprement indifférent. Vous n'avez pas autorité à nous demander de nous arrêter ou de nous en aller, quoi que vous puissiez en penser. Il marqua une pause. Nous disposons de ces lieux autant que vous-mêmes, alors poursuivez votre route comme bon vous chante et faites avec notre présence. Sachez que même quand vous ne nous voyez pas ou redoublez d'efforts pour nous ignorer, nous sommes toujours là.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mar 21 Fév - 15:47

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
Cela ne servait à rien qu’ils continuent, Marius le pensait vraiment. Il ne pouvait pas nier qu’il aurait aimé gagner ce débat, qui s’était vite transformé en règlement de compte. C’était sans doute idiot, mais le jeune homme aurait aimé avoir le dessus sur son interlocuteur. Il ne connaissait rien d’Enjolras, mais il était évident que ce jeune homme avait besoin d’être recadré. En même temps, c’était son cas aussi, mais Marius faisait preuve de suffisamment de mauvaise foi pour ne pas le réaliser. Au moins, on pouvait reconnaitre que ces deux jeunes hommes avaient la force de leurs convictions et qu’ils étaient vraiment têtus. Ce n’était pas pour rien que dans une autre vie, leur relation était bien différente. Ils avaient simplement manqué de ces quelques détails qui leur avait permis de se trouver et de s’attacher l’un à l’autre. Maintenant, ils étaient donc simplement deux inconnus qui cherchaient à avoir le dessus sur l’autre. Mais ils n’y parviendraient pas. C’était difficile à accepter, mais Marius se rendait bien compte que ce débat était parfaitement stérile. Quand Enjolras affirma que la seule personne qui était dérangé ici, Marius avait de quoi lui répondre. Il savait parfaitement comment il pourrait continuer le débat et honnêtement, c’était difficile de lâcher l’affaire et de ne pas continuer de mordre dans ce morceau que serrait tout autant Enjolras dans ses dents, un peu comme deux chiens se disputant un morceau de viande.

Marius serra des dents quand Enjolras affirma qu’il n’avait pas autorité à leur demander de s’en aller, qu’il n’avait qu’à continuer son chemin comme bon lui semblait, mais ils ne bougeraient pas. Sur ces mots, le jeune homme devrait sans doute se contenter de tourner les talons, rejoindre son grand-père dans le fiacre et prendre en effet la route. La route qui était barrée d’ailleurs par les nombreuses personnes qui écoutaient les paroles de cet individu. Enfin, ils parviendraient bien à se frayer un chemin, mais en un sens cela signifierait qu’il baissait les bras. Il devrait le faire, c’était ce qu’il devait faire même. Son grand-père allait surement lui reprocher de s’être donné en spectacle de la sorte, quand bien même c’était pour défendre une vision du monde qu’ils avaient tous les deux (puisque sa vision du monde ne s’était pas éloigné de celle de son grand-père).

« Vous avez bien le droit de disposer de ces lieux, tant que vous n’empêchez pas les autres personnes d’en faire usage non plus. » Finit-il par répondre alors, même s’il savait que c’était inutile de remettre de l’huile sur le feu. Qu’au final, il perdait surtout son temps en compagnie d’Enjolras qu’autre chose. Mais il ne pouvait vraiment pas s’en empêcher. « Et sachez que je ne vais pas avoir besoin du moindre effort pour vous ignorer, pour vous oublier. Ce n’est pas en dérangeant l’espace publique que vous allez réussir à obtenir bien plus de nos grâces. » Le jeune homme marqua une pause avant de reprendre. « Vous n’êtes qu’un grain de sable dans le système. »
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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Mar 21 Fév - 23:13


Le destin se joue à peu de choses
E

njolras n'attendait plus qu'une seule et unique chose de ce débat qu'il regrettait amèrement d'avoir provoqué de lui-même (si tant est que l'on puisse ici parler de débat, car leur échange verbal avait davantage un combat de coq que tout autre chose, au final, et ni l'un ni l'autre ne pouvait prétendre le contraire), il voulait qu'il se termine. Certains débats pouvaient parfois être stimulants, celui-ci était tout simplement épuisants. Parfois, les deux partis pouvaient concéder à l'autre ne serait-ce qu'une vérité, mais les opinions des deux jeunes hommes étaient si diamétralement opposées qu'ils ne savaient s'entendre sur aucun point. Ils restaient campés sur leurs positions et n'entendaient rien de ce que l'un pourrait potentiellement apporter à l'autre. Enjolras devait bien reconnaître être d'ordinaire habitué à joutes verbales moins musclées que celle-ci. Non pas que ce ne soit pas intéressant, mais il avait tout de même le sentiment d'avoir perdu son temps, le jeune Pontmercy n'était clairement pas le seul à constater la vacuité, la sécheresse de cet échange. Il ne servait à rien de raisonner ceux de la haute, c'était la leçon qu'en retenait l'étudiant. Il allait falloir faire preuve de plus de hargne, et passer aux actes où les mots ne trouvaient que de sourdes oreilles. Enjolras écouta donc son interlocuteur sans l'entendre. Chacune de ses répliques était une invitation à voir l'homme qui aurait pourtant pu être pour lui un excellent camarade partir, mais ce dernier insistait, et ce qu'il disait ne manquait pas de vérité, ils investissaient tant et tant l'espace public qu'ils n'y laissaient pas de place à leurs opposants. Mais ce n'était qu'une figuration de ce qu'était le peuple, au fond : il représentait une écrasante majorité, et ceux qui pensaient être à l'abri devraient bien finir par se sentir oppressée par elle. C'était comme ça qu'ils gagneraient. Il n'existait de révolutions pacifiques que dans les mythes. La leur n'aurait d'autre choix que d'être violente. Il n'y avait que de cette manière qu'il saurait se faire entendre, il n'y avait que de cette manière qu'ils comprendraient. Quoi qu'il en soit, Enjolras se pensait gagnant sur un point, Marius Pontmercy révélait en cet instant tout l'orgueil dont était capable la noblesse, et ce genre de propos n'inviterait pas son auditoire, pensait-il, à se ranger de son côté.

-Non, nous sommes des milliers de grains de sable,
répliqua simplement Enjolras, un léger sourire aux lèvres. Il ne débattait plus pour la foule, il s'exprimait d'une voix qui n'était pas forcément audible pour toute l'assistance, mais qui ne révélait que d'autant plus sa pensée profonde, en réalité. Et quand bien même. Un seul grain de sable peut enrayer la plus précise des mécaniques.




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Message#Sujet: Re: Le destin se joue à peu de chose (Enjolras <3)   Dim 16 Avr - 21:53

Marius & Enjolras
Le destin se joue à peu de chose.
S’il y avait une chose que Marius regrettait en cet instant précis, c’était d’être monté sur cet estrade pour débattre avec Enjolras. Cela ne servait à rien, il voyait bien que l’homme sous ses yeux ne changerait pas d’avis. En même temps, que pouvait-il attendre d’une personne comme lui ? Cela se voyait bien que cet homme était borné, qu’il avait une idée et n’avait pas l’intention d’ouvrir son esprit (bon, c’était un peu l’hôpital qui se foutait de la charité, mais en même temps l’hôpital se montrait bien souvent aveugle justement). Que cela ne servait à rien du tout qu’il use de sa salive afin de convaincre son interlocuteur qu’il avait tort, puisqu’il penserait qu’il avait raison même s’il avait tort (vous arrivez à suivre ?). Marius avait donc le sentiment de perdre son temps, littéralement. En plus d’être bloqué – normalement, il devait simplement passer dans la rue avec son grand-père, sans attention de s’arrêter – Marius Pontmercy perdait donc son temps. Mais en même temps, il était tenace et il ne pouvait pas s’empêcher de ne pas avoir envie de donner les armes à son interlocuteur. Il avait envie que cet Enjolras baisse ses armes, prouve qu’il était gagnant de leur débat qui était devenu un débat personnel plus qu’autre chose. Une sorte de combat de coq entre deux hommes fiers. Marius n’avait pas envie de se montrer perdant, il n’avait pas envie de baisser ses armes. Et pourtant, force lui était de constater qu’il n’avait pas non plus vraiment le choix.

Enjolras affirma, à raison, qu’ils étaient des milliers de grains de sable. Cela faisait peur, au final, à Marius, mais il ne pouvait pas nier que le peuple était nombreux. Au final, ils étaient même la majorité, même s’ils n’avaient pas le pouvoir. Et encore heureux, cela serait vraiment l’anarchie s’ils avaient le pouvoir. Ils étaient bien trop nombreux justement et il fallait que le pays soit tenu par une minorité. Du moins, c’était la pensée de Marius, celle qu’il défendait justement contre Enjolras.

« C’est ce que nous verrons alors. » Affirma-t-il finalement quand Enjolras précisa en plus, parlant finalement plus à lui qu’à l’assemblé, qu’un seul grain de sable pouvait enrayer la mécanique. Marius n’avait pas envie de le croire, mais en même temps il ne pouvait pas donner entièrement tort à son interlocuteur. Ce qu’il n’aimait pas d’ailleurs, il aurait préféré se contenter de lui dire qu’il avait tort et de lui prouver, par A + B qu’il se trompait. Ce qu’il ne pouvait pas faire. « Je n’attends que de vous voir enrayer la mécanique alors. » Reprit-il, non sans lancer un regard plein de mépris à son interlocuteur, pour qui il avait très peu de respect. « Si vous en êtes réellement capable. »

Et il espérait bien que ça ne soit pas le cas, parce que Marius n’avait aucune envie que les choses changent. Du moins, dans cette vie, parce que dans une autre, il aurait eu plaisir à débattre, gentiment, avec son interlocuteur.

« Sur ceux, j’ai perdu déjà trop de temps avec vos idioties. » Il était temps pour lui de descendre de cette estrade et de retrouver son grand-père, pour poursuivre sa route.
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