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 Quand le passé revient en force (Eponine)

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Message#Sujet: Quand le passé revient en force (Eponine)   Ven 27 Nov - 14:02

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Maintenant que Valjean avait l'adresse de Marius Pontmercy, il avait bien envie de s'y rendre afin d'avoir une petite discussion avec le jeune homme. L'ancien forçat ne savait pas encore ce qu'il allait bien pouvoir lui dire, mais il était grand temps qu'il le rencontre seul à seul. Le vieil homme sentait une certaine pression ces derniers temps, il ne savait pas combien de temps il allait pouvoir tenir avant de se faire "avoir". Depuis sa dernière rencontre avec Javert, qui ne l'avait pas reconnu (enfin il pensait), il savait que la situation était de plus en plus compliquée. Il fallait qu'il parte, il s'en rendait bien compte. Mais cette fois-ci, ils ne pouvaient pas se contenter de déménager dans le coin ou même de quitter de ville. Ils devaient quitter le pays, vraiment, même si Cosette n'allait pas l'entendre cette oreille. A cause de Marius bien sûr, mais il avait bien l'intention de régler cette histoire. Si le jeune homme parvenait à créer une distance entre la jeune femme et son prétendant, elle allait être bien moins encline à lui désobéir. Le mieux évidemment serait que Marius lui brise le coeur... Même si Valjean ne pouvait pas entièrement vouloir la tristesse de celle qu'il considérait vraiment comme sa propre fille. Il ne voulait pas qu'elle souffre, mais il voulait la protéger. Et le meilleur moyen, à ses yeux, de la protéger était de la faire fuir avec lui. Quoi qu'il ait pu penser avant évidemment, il avait tendance à changer d'avis comme de chemise. Il avait cru un instant vouloir offrir à Cosette un beau mariage avant de la quitter, sauf qu'il n'en avait plus envie maintenant. Il pensait pouvoir la partager, mais il se rendait compte qu'il en était incapable. Quand on lui prodiguait des conseils, il les prenait avec une grande écoute, mais il était tout bonnement incapable de les suivre. Parce que si c'était le cas, il ne serait donc pas en route vers l'endroit où vivait Marius Pontmercy, afin de lui parler pour qu'il quitte sa fille de coeur.

Quand Valjean arriva à l'adresse que lui avait indiqué Enjolras, il ne put s'empêcher de douter une seconde de la véracité des informations qu'on lui avait fourni. Est-ce qu'il vivait vraiment là ? Et bien... il ne s'y était vraiment pas attendu. Cela lui donnait encore moins une bonne image du jeune homme et encore moins envie de laisser sa fille continuer de le fréquenter. Au moins, sa motivation augmentait en flèche en cet instant et il ne doutait pas une seule seconde de ce qu'il devait faire, même si cela devait briser le coeur de celle qu'il aimait comme sa fille (la seule qu'il aimait vraiment au final dans ce monde). Valjean inspira longuement avant d'entrer et de monter les marches qui devaient le conduire à l'appartement du jeune homme. Il suivit les indications, se trouvant devant la porte qui normalement le séparait de son lieu de vie. L'ancien forçat frappa à cette porte, se tenant droit devant elle. Il attendit quelques secondes, mais il semblait que l'appartement soit vide. Il se doutait que c'était une possibilité, il espérait simplement que le jeune homme ne se trouvait pas en compagnie de sa fille... cette idée lui serra le coeur. Valjean dut donc se résigner à ne pas pouvoir voir ce Marius Pontmercy de suite, il n'avait pas spécialement envie d'attendre devant cette porte éternellement. Mais ce fut à ce moment-là qu'il entendit des bruits de pas dans l'escalier, espérant donc que c'était le jeune homme qui arrivait. Il se tourna, afin de voir qui était en train d'arriver. Mais ce n'était pas Pontmercy, ce n'était qu'une jeune femme aux allures bien étranges.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Sam 28 Nov - 11:52


Quand le passé refait surface
L

es pavés parisiens étaient recouverts d'une couche humide et poisseuse, souvenir de la pluie tombée la veille au soir. Ce magma inconfortable s'infiltrait dans la vague étoffe qui lui servait de chaussures, et ses semelles perméables noyaient ses pieds et glaçait son corps tout entier, un corps déjà malmené par les guenilles qu'elle portait. Le temps était à la grisaille, ces derniers temps, et il était tout à coup moins engageant d'arpenter les rues de Paname pour accomplir ses larcins quotidiens... Mais le devoir devait être fait, et c'était cela, après tout, ou demeurer dans la chambre des Thénardier, à la fenêtre au carreau brisé, où il faisait tout aussi froid mais où elle devait s'imposer la présence de son géniteur... Même si celui-ci, semble-t-il, n'était pas rentré depuis la veuille, accordant un peu de répit avec la jeune femme. Lui et la bande des patrons-minettes étaient, semble-t-il, sur un gros coup, Éponine avait rechigné à en apprendre et à en savoir plus, de crainte qu'on la mêle à son tour à l'affaire. Très peu pour elle, non. C'était déjà assez que de jouer les malfrats, les arnaqueuses, les voleuses à la sauvette à chaque seconde de sa vie. Elle n'avait pas envie d'en subir davantage, même si elle savait qu'elle en subirait forcément plus à un moment ou à un autre. C'était jour de marché sur l'une des grandes places de la ville, et la demoiselle y avait fait merveille. Non pas qu'il y ait de quoi en être fière, mais la satisfaction de manger à sa faim ces jours-ci dépassait sans scrupule. Et il y avait dans sa besace assez pour satisfaire aussi bien son estomac à elle que celui du reste de sa famille. Qui sait, elle allait peut-être échapper au ceinturon cette fois-ci. Avant de remettre les pieds chez elle, autant par égoïsme que par précaution, elle s'arrêta tout de même en chemin pour mordre dans un quignon de pain qui lui faisait de l'oeil depuis qu'elle l'avait dérobé. Elle savoura avec délice de sentir sa faim diminuer un peu. Cela compensait pour tout ce qu'elle éprouvait de douleur physique et de contrariété.

Elle se sentait d'humeur un peu plus légère, même prête à affronter ses parents, quand elle traversa la porte de la masure Gorbeau et monta les escaliers. Elle découvrit alors une silhouette singulière, le genre d'homme bien apprêté que l'on ne s'attendait pas à croiser dans un tel taudis. Éponine lui adressa un regard curieux. Était-ce un de ces nobles hommes que son paternel avait réussi à arnaquer ? Ou bien s'agissait-il d'un homme venu rendre visite à Monsieur Marius ? Elle était bien intrigué par rapport à cet homme qu'elle croisait pour la première fois. Ou du moins, elle pensait qu'ils se croisaient pour la première fois. Elle n'avait pas souvenir de leur première rencontre, à l'auberge de Montfermeil. Elle était si jeune, alors.

-Vous cherchez quelqu'un, Monsieur ?
demanda-t-elle, espérant obtenir plus de détails, même si ça ne la regardait sans doute pas.



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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Jeu 7 Jan - 14:38

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Quand Jean Valjean avait entendu des pas dans les escaliers de cette masure, il avait eu le fin espoir de pouvoir tomber sur Marius Pontmercy. Il ne savait toujours pas, en cet instant, s’il faisait bien de vouloir rencontrer le prétendant de sa fille. Sauf qu’il ne parvenait pas à faire autrement, maintenant qu’il avait obtenu son adresse auprès de l’un de ses camarades. Ce qu’il cherchait, c’était que ce Marius quitte sa fille, qu’il arrête de lui faire croire au bonheur d’une vie à deux. Il ne pouvait vraiment pas se résigner à perdre Cosette pour une idylle qu’il ne supportait pas. Mais en même temps, il n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait dire à Marius Pontmercy quand il allait l’avoir devant lui, il y allait clairement à l’instinct. Il réfléchissait à toute vitesse, cherchant exactement comment il allait tourner cette situation à son avantage, mais c’était inutile. Quand Valjean vit la silhouette qui s’approchait de lui, après avoir monté ces escaliers, il était évident que ce n’était pas Marius Pontmercy. L’ancien forçat fut incapable de s’empêcher d’être déçu de ne pas tomber sur le jeune homme qui faisait battre le cœur de sa chère fille, ne se rendant pas compte de la rencontre qu’il était en train de faire.

Et qu’il avait bel et bien déjà fait dans le passé. Cependant, de nombreuses années s’étaient écoulés depuis le jour où Valjean avait été récupérer Cosette chez les Thénardier. Il était donc incapable de reconnaitre l’une des petites filles de ce couple dans les traits de la jeune femme qu’il avait présentement sous les yeux. Il était en prime, à mille lieues de croire que ce couple pouvait vivre justement à côté de celui qui avait volé le cœur de sa fille. Cependant, ce genre de détail allait bientôt lui venir aux yeux. Même quand la jeune femme prit la parole, lui demandant s’il cherchait quelqu’un, Valjean ne fit pas du tout le lien. C’était à peine si, en réalité, il se souvenait de cet enfant qu’il avait rapidement croisé. A ce moment-là, il n’y avait eu que Cosette à ses yeux. Valjean réfléchit une seconde avant de lui répondre. Il était certain de l’adresse de Marius, mais il ne pouvait pas savoir quand il allait être chez lui et visiblement, il n’était pas actuellement là. Peut-être que cette jeune femme pouvait l’aider, mais en même temps il ne pouvait pas s’empêcher d’être un peu paranoïaque et craindre que cela lui attire des ennuis.

« Je recherche Marius Pontmercy. » Il marqua une courte pause avant de reprendre. « Le connaissez-vous ? »

Avec un peu de chance, cette jeune fille allait peut-être pouvoir l’aider. Valjean pouvait rester de nombreuses heures ici à attendre le retour de l’idylle de sa fille de cœur, mais il ne voulait pas non plus s’absenter trop longtemps. Il y avait toujours cette menace sur sa tête, menace qu’il ne se doutait pas être de plus en plus grandissant, prête à éclater bientôt.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Jeu 7 Jan - 21:04


Quand le passé refait surface
L'

homme, bien plus distingué et manifestement honoré d'une situation bien plus enviable que la sienne, aurait tout à fait pu décidé de l'ignorer et se contenter de vaquer à ses affaires. Après tout, que pouvait-elle être à ses yeux sinon une souillonne sans importance ni valeur ? Rien. Rien du tout, même. Elle ne devait pas revêtir le moindre intérêt à ses yeux, et à juste titre. Il n'avaient rien en commun si ce n'est un épisode de leurs vies passés dont ils avaient certes le souvenir encore, mais pas au point de savoir que l'autre avait été le protagoniste d'une même scène. Oui, l'homme aurait pu l'ignorer, Eponine n'aurait pas forcément apprécié, s'en serait peut-être même offusquée, mais elle aurait tout à fait compris. Les privilégiés ont les privilèges, les miséreux la misère, c'est deux mondes qui ne sont pas supposés se rencontrer... Et c'était d'ailleurs étrange que de voir un homme si bien sapé traîner au beau milieu de ce taudis. Cela aurait pu être un homme que son père cherchait à tromper, mais Eponine penchait plutôt pour l'hypothèse que l'inconnu lui présenta comme étant la vraie : l'homme était bel et bien à la recherche de Marius Pontmercy. Peut-être un membre de cette famille qu'il avait fui pour venir s'enterrer dans la masure Gorbeau avec ces "braves" Thénardier pour voisins ? Pour l'heure, difficile de le savoir. Eponine zyeuta son interlocuteur avec défiance. Elle se mêlait définitivement de ce qui ne la regardait pas. Mais son destin, quels que puissent être les sentiments de Monsieur Marius, était irrémédiablement mêlé à ce dernier, et elle se sentait forcément concernée par son sort et par ce qui pouvait lui arriver. La visite de cet homme était-elle de bonne augure pour son beau voisin ? Éponine ne le laisserait pas s'en aller sans en avoir le coeur net, en tous cas.

-Ça dépend.
répondit-elle, les bras croisés, tout en levant la tête pour soutenir le regard de son interlocuteur. De qui d'mande à l'voir.

Elle ne lui dirait rien concernant Marius tant qu'elle ne saurait pas à qui elle avait affaire, et elle comptait bien couvrir les arrières de l'étudiant s'il devait s'avérer qu'il soit confronté à un ennui quelconque. C'était possible, après tout. S'il s'agissait d'un membre de sa famille, cela pourrait ne rien présumer de bon. Et même, dans tous les cas, elle ne savait pas voir d'un bon oeil cette visite. Monsieur Marius ne recevait jamais personne, ou à de très rares occasions. Elle n'avait jamais vu cet homme, du moins le pensait-elle. Il n'avait pas l'air mal-intentionné, il semblait même assez aimable, mais cela ne signifiait rien. Et dans tous les cas, se renseigner était une seconde nature. Quand elle se retrouvait face à l'un de ces gars de la haute, forcément, une part d'elle cherchait le moyen d'alléger sa bourse de quelques francs.


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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Lun 8 Fév - 15:40

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Valjean observait la jeune pauvresse devant lui, d’un œil attentif, parce qu’il attendait une réponse de sa part. Il cherchait Marius Pontmercy, mais visiblement le jeune homme n’était pas là pour le moment. L’ancien forçat espérait ne pas s’être trompé d’adresse, ou avoir été trompé par le jeune homme qui le lui avait donné (et sur qui reposait une bonne partie de l’avenir de sa fille, à ses yeux, au vu de ce qu’ils avaient prévus). Il attendait donc, de la jeune inconnue sous ses yeux, une réponse à son interrogation. Cependant, alors qu’il l’observait, il ne se rendait pas compte qu’il avait déjà vu ce regard dans le passé. Il était incapable de remarquer que la jeune femme devant lui n’était autre que la fille des Thénardier, chez qui il avait récupéré Cosette de nombreuses années avant. Il ne pouvait pas faire le lien, parce que la coïncidence était simplement inimaginable. L’homme qui avait volé le cœur de sa tendre fille vivait près de cette famille chez qui elle avait vécu dans le passé, chez qui elle était devenue une esclave pendant que sa mère cherchait à lui payer une vie décente. C’était tellement improbable, que l’esprit de Jean Valjean ne pouvait pas l’imaginer une seule seconde.

Il attendait donc une réponse de celle qu’il prenait pour une pure inconnue, mais celle-ci se fit plus mystérieuse qu’il ne l’aurait voulu. Pouvait-il lui en vouloir au fond ? Sans doute pas, elle se montrait prudente et c’était une qualité. L’ancien forçat savait parfaitement ce que cela faisait d’être prudent et de ne pas dévoiler toutes informations à n’importe qui. Cependant, Valjean aurait quand même préféré qu’elle se montre un peu plus loquace, même si elle lui permettait de savoir que Marius Pontmercy vivait bien ici. Si la jeune femme n’avait pas eu connaissance du jeune homme, elle ne lui aurait sans doute pas répondu de cette manière.

« Vous avez raison, je manque à mes devoirs, j’aurais dû me présenter. »
Il le pensait bel et bien, il savait parfaitement qu’on obtenait rarement quelque chose sans donner autre chose. Cependant, comme depuis longtemps, quand Valjean se présentait, il ne le faisait pas vraiment. « Je m’appelle Ultime Fauchelevent. » Le faux nom qu’il utilisait depuis un moment maintenant, qui remplaçait le nom qu’il devait oublié et qui ramenait bien trop dans son passé de prisonnier. « Je souhaite lui parler. »

Puisque la jeune « inconnue » n’avait pas pris la peine de lui demander la raison de sa visite, alors il ne lui disait rien. L’homme était prudent également, il n’avait pas l’intention d’en dire trop à n’importe qui. Il espérait cependant que cela allait lui être suffisant pour que la jeune femme – dont il ne connaissait pas le prénom, il s’en rendait compte en cet instant – lui en dise un peu plus sur l’endroit où le jeune Pontmercy se trouvait. Il avait vraiment besoin de lui parler, même s’il n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait bien lui dire.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 10 Fév - 15:27


Quand le passé refait surface
V

a savoir qui pouvait bien être cet homme et ce qu'il pouvait exactement vouloir au jeune Pontmercy, ce qui est certain, c'était qu'il était du type très distingué, du genre qu'on ne croise pas tous les jours dans le coin, et encore moins au sein même de la masure Gorbeau. Il n'était pas seulement élégant d'apparence, il avait également la distinction, le phrasé, et la politesse des gentlemen, ne manquant pas de se présenter sitôt qu'il lui fut remarqué qu'il n'avait pas pris la peine de s'introduire auprès de la pauveresse. Ultime Fauchelevent, affirmait-il s'appeler. Ce nom ne disait absolument rien à Éponine. Il faut dire que, même avec un grand effort, il serait fort difficile de tout savoir de la faune parisienne et de sa populace, même la plus distinguée, celle que les Thénardier convoitait pour leurs richesses innombrables. Non, jamais entendu parler, mais elle garda malgré tout précieusement ce nom, inscrit dans un coin de sa mémoire. Lui était d'avis qu'il finirait forcément, à un moment ou à un autre, par lui servir. En tous cas, ce serait sottise que de ne pas faire cet effort de mémoire. Le plus tôt serait le mieux, sans doute, mais dans l'attente, elle allait se contenter de lui extorquer l'une ou l'autre information, si cela était envisageable. C'est qu'il avait bien l'air impatient de le rencontrer, le beau Marius.  Dans quel but ? Ça, c'était un grand mystère. L'homme avait l'air fort sympathique, difficile de lui imaginer de sombres desseins comme son père à elle s'en imaginait mille à la minute, mais ce n'était pas pour autant une raison de ne pas se montrer prudente. Qui sait ce qui pourrait lui coûter trop d'imprudence et de confiance aveugle, et surtout, ce que cela pourrait coûter à son voisin, dont elle était éperdue.

-Monsieur Marius est absent pour l'instant.
affirma-t-elle, catégorique.

À vrai dire, elle n'en savait absolument rien. Elle venait tout juste de revenir, si elle sortait de la chambre des Thénardier, elle eut pu savoir, parce qu'il n'était pas difficile d'entendre à travers les murs peu épais, et qu'Éponine aimait à guetter le moindre signe de sa présence, le claquement d'une porte où le bruit de ses souliers sur le sol... Non, elle ne savait pas qu'il était là, et elle espérait qu'il ne l'était pas (ce qui était après tout fort possible, il s'absentait bien souvent), qu'il n'allait pas ouvrir la porte de chez lui dans la seconde pour démentir son propos. Elle n'irait pas livrer Marius à elle ne savait qui sans rien savoir de sa bonne foi, et ce fut bien pour cette raison, d'ailleurs, qu'elle s'accorda un léger stratagème (qui n'avait pas grand chose de subtil, mais qu'importe), reprenant la parole.

-Vous aviez quoi à lui dire ? J'peux lui transmettre le message, moi.



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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 9 Mar - 21:19

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Valjean mentait évidemment comme un arracheur de dent à Eponine – ne sachant pas encore son prénom d’ailleurs – mais ce n’était pas vraiment contre elle. C’était normal, il mentait à tout le monde pour se préserver. Il ne pouvait pas donner son identité aux autres personnes, même Cosette ne connaissait pas son vrai prénom après tout. Ultime Fauchelevent était son nom officiel, il n’avait vraiment rien contre la jeune fille qui se trouvait devant lui. Il ne voulait pas spécifiquement lui mentir, au final, il avait terminé par adopter complètement même dans son esprit ce nom. C’était donc vraiment avec toute la politesse du monde qu’il se présenta, il essayait de se montrer le plus agréablement possible. Parce qu’il savait qu’elle pouvait, peut-être, le conduire jusqu’au jeune homme qu’il cherchait. Marius Pontmercy vivait dans cette demeure (fort vétuste d’ailleurs), mais il n’était apparemment pas là. La jeune femme le lui confirma en affirmant qu’il était absent, Valjean ne savait donc pas ce qu’il allait bien pouvoir faire. Devait-il attendre ? C’était tentant, parce qu’il pouvait peut-être rentrer rapidement. Mais s’il mettait trop de temps, il ne pouvait quand même pas s’absenter trop longtemps de chez lui et laisser Cosette toute seule. L’homme n’était pas vraiment content d’entendre les propos de la jeune femme donc, mais il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire.

Il se posa plus de question encore d’ailleurs quand la jeune femme lui demanda s’il voulait qu’elle prenne un message. Devait-il lui faire confiance ? Valjean n’en savait rien, il avait tendance en même temps à être un peu trop paranoïaque. Cette jeune fille ne pouvait pas lui faire grand-chose, mais il n’avait pas non plus envie de donner trop d’information sur sa personne. Quoi qu’il ne dirait rien de vrai de toute façon. Il hésita, comme d’habitude, pendant quelques secondes avant de reprendre.

« Je le cherche parce que j’ai besoin de lui parler de ma fille, Cosette. » Valjean ne savait vraiment pas sur quel chemin il était en train de se diriger. Il ne se doutait pas, par exemple, que Cosette était sans doute le seul détail qui pouvait faire comprendre à la jeune femme qu’ils avaient déjà eu l’occasion de se rencontrer dans le passé. Mais surtout, il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet qui l’emmenait à vouloir discuter avec Marius, à une parfaite (ou presque) inconnue. « Il la fréquente. Pourriez-vous l’informer que je le recherche ? »

Valjean ne pouvait pas entrer vraiment dans les détails en compagnie de la jeune femme, il n’allait pas dire à celle qu’il avait sous les yeux qu’il ne voulait pas voir Cosette continuer de fréquenter ce Marius Pontmercy. Il ne savait même pas s’il le dirait directement au jeune homme en question. Ce qu’il voulait, pour le moment, c’était d’avoir une simple petite discussion avec le jeune homme. Comme ça, afin qu’il puisse se faire une idée de sa personne. Est-ce que ça allait lui permettre de changer d’avis le concernant ? Peut-être pas.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Ven 11 Mar - 18:53


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C

osette... Cosette... Pourquoi ce nom, pour le moins singulier, disait-il quelque chose à Eponine. Cosette, tout de même, ce n'est pas un nom que l'on entend à tous les coins de rue, même quand, comme dans le cas de la jeune femme, on est habitué à les écumer, les coins de rue, justement. Cosette. Mais si, bien sûr qu'elle se souvenait. Cette petite blonde, là, cette gamine d'à peu près son âge que ses parents avaient gardé un temps. Elle s'occupait de toutes les tâches ingrates à l'auberge. Puis il y avait eu ce type, le genre qui ne correspondait pas du tout à la clientèle de l'auberge, qui avait moyenné pour récupérer la gosse. Après, plus jamais entendu parler d'elle. Si ce n'est que le pactole espéré par les Thénardier n'avait pas fait long feu et qu'ils vivaient bien plus misérablement maintenant que du temps de Montfermeil. Est-ce que c'était juste un hasard ? Cosette, c'est pas courant ni commun, c'est vrai, mais ça pourrait être un surnom qu'on donne à d'autres. Sauf que maintenant que ces souvenirs lui remontaient en mémoire, elle repensait à ce fameux gentilhomme qui avait éloigné Cosette de la fange, elle se rappelait la magnifique poupée qu'il lui avait offerte, elle se rappelait s'être dit, pas tout de suite, mais plus tard, qu'elle aurait voulu qu'il l'emmène à sa place. Ce type au visage familier, ce pourrait bien être son interlocuteur, en vérité.

Ce constat lui donna comme un coup au cœur, si Cosette était bien la gosse de la Fantine, si, donc, Cosette était bien celle pour qui le beau Marius soupirait tant et tant (à moins qu'il ne fréquente d'autres donzelles ? Mais non, Marius était fidèle, c'était bien le problème).... alors comment ne pas la haïr et la jalouser plus encore qu'elle n'avait su le faire à l'époque, quand elle la détestait seulement pour être aimée ? Elle avait tout, toute la chance qu'elle n'avait jamais eue. Ce qu'elle était devenue, la Cendrillon, la souillonne. Et elle... Coup fatal du destin...

-Vous êtes le gentilhomme à la poupée, n'est-ce pas ? C'lui de Montfermeil ?


Il ne comprendrait peut-être pas. Il valait peut-être mieux qu'il ne comprenne pas, même, étant donné que les Thénardier n'étaient plus supposés être les Thénardier. Éponine devait se présenter sous le nom de Jondrette, et elle l'avait toujours fait jusqu'alors. Sauf que là, elle ne pouvait pas feindre. Elle avait besoin de savoir. Quitte à se briser le cœur. Ça ne changerait rien à la situation, ça la rendrait juste plus cruelle, mais comment faire mine de ne pas entendre cette vérité qui lui laissait entrevoir que le sort peut vraiment vous jouer des tours cruels. Ah ! Elle s'était pourtant crue bien chanceuse, à l'époque, elle n'aurait échangé sa vie contre celle de Cosette à aucun prix. Maintenant, c'était tout l'inverse, elle donnerait bien tout ce qu'elle possédait (malheureusement, elle ne possédait rien) pour échanger leurs places.


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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 27 Avr - 12:04

Valjean & Eponine
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Valjean avait l'habitude d'être prudent quand il parlait, le moindre mot qu'il prononçait était réfléchit. Mais comment diable aurait-il pu croire qu'en prononçant le prénom de sa fille - enfin le surnom, mais le vieil homme n'avait aucune idée du vraie non que Fantine avait donné à son enfant - il ferait remonter des souvenirs dans l'esprit de la jeune femme qu'il avait sous les yeux. Il n'aurait pas pu deviner et c'était bien pour cette raison qu'il prononça ce prénom, parce qu'il souhaitait mettre la main sur ce jeune homme du nom de Marius qui avait eu l'audace de la fréquenter. Un simple mot suffisait donc à faire revenir les esprits, mais pour le moment Valjean ne s'en doutait pas. Il ne lâchait pas du regard son interlocutrice, alors qu'il attendait une réponse à ses propos. Pourrait-elle, oui ou non, informer Marius Pontmercy qu'il le cherchait. Le gentilhomme s'attendait à ce qu'elle réclame un dû pour son acte, qu'elle demande à être payer et il était prêt à le faire. Valjean avait de la fortune, il avait de l'argent sur lui et chez lui, ainsi qu'un peu caché partout ici et là. Il avait de quoi survivre de nombreuses années, ici ou loin d'ici, il pouvait donc très bien décider de donner une pièce à cette malheureuse pour son travail de messagère, même si aucune garantit ne lui serait offert qu'elle le ferait. Mais Valjean savait très bien que l'argent savait dicter les esprits et il était donc prêt à sortir sa bourse pour la payer, pour qu'elle informe le jeune homme qui avait volé le coeur de son enfant qu'il le recherchait. Même si, encore une fois, le vieil homme ne savait pas du tout ce qu'il était en train de faire.

La jeune enfant reprit alors la parole, mais ce fut avec une grande surprise que Valjean entendit parler de l'homme à la poupée. Le vieil homme l'aurait sans doute prise pour folle et n'aurait pas compris où elle voulait en venir, si elle n'avait pas prononcé ensuite le nom de Montfermeil. Cette ville de son passé lui laissait le souvenir de sa rencontre avec sa tendre Cosette. Cette révélation fit l'effet d'un couteau dans la poitrine de Valjean, parce qu'en bon paranoïaque qu'il était, il commençait à se posait tout un tas de question.

« Qui êtes-vous ? » Demanda-t-il d'une voix bien plus sombre que précédemment. « Comment me connaissez-vous ? »

Etait-elle à la botte de Javert ? Valjean savait parfaitement que l'inspecteur était au courant de son passage à Montfermeil, mais savait-il pour la poupée ? Cette poupée que Cosette avait encore dans ses effets et qu'il lui avait offert lors de sa visite à la taverne des Thénardier, la laissant jouer avec avant de simplement la récupérer. Evidemment, Eponine avait grandi et énormément changé. Le vieil homme ne reconnaissait pas la petite fille en belle tenue qui martyrisait, avec sa soeur, la pauvre souillonne de Cosette dans les traits de la jeune femme devenue à son tour souillonne qu'il avait sous les yeux. Il ne savait donc pas que cette dernière était plus que bien placé pour le connaitre, pour connaitre la poupée, ainsi que Cosette, sans pour autant avoir des comptes à rendre à l'inspecteur qui avait juré de mettre la main sur lui. Et cela, malgré ses nombreux efforts.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 27 Avr - 16:11



Quand le passé refait surface
L

a voix du gentilhomme (qui donnait l'impression de l'être un peu moins, de fait) semblé avoir changé à l'oreille d'Éponine tandis qu'elle l'entendait lui répondre, il semblait plus sombre, comme si un voile obscur avait recouvert son timbre, alors qu'il lui demandait qui elle était, et comment, surtout, elle savait qui il était. Alors c'était bel et bien lui ! C'était forcément lui. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il n'y avait pas tant de Cosette en ce bas monde, même s'il fallait qu'il soit grandement petit pour que leurs chemins se recroisent ainsi, pour que la souillone de l'auberge devienne sa rivale amoureuse... non pas même sa rivale, car pour l'être, il aurait fallu que le beau Marius éprouve quelque intérêt sentimental pour elle, et elle savait pertinemment que c'était faux. Oui, c'était bien lui, cet homme qui avait emmené la petite Euphrasie loin des aubergistes qui l'exploitaient malgré son si jeune âge. C'était forcément lui. Son expression avait changé quand il avait entendu parler de Montfermeil. Ne pouvait se sentir visé par les mots qu'elle avait prononcés que le principal concerné. N'importe qui d'autre l'aurait sans doute jugé folle. Eponine avait raison, oui. Elle ne s'en félicitait pas pour autant. Elle aurait préféré avoir tort. Quitte à ce qu'une belle blonde lui vole l'amour et l'attention de celui pour qui son cœur battait, elle aurait voulu qu'il ne s'agisse que d'une belle, riche et illustre inconnue (ce qu'elle avait cru jusque là) et pas d'un fantôme de ce passé qui lui paraissait si lointain qu'elle avait le sentiment qu'il appartenait à une autre vie, et qu'elle-même était alors une autre Éponine, bien différente de qui elle était aujourd'hui, de ce que la misère avait fait d'elle. La jeune femme ne se formalisait pas de la défiance dont faisait preuve son interlocuteur, c'était parfaitement justifié. Lui aussi n'avait pas dû penser voir resurgir cet ancien passé de la sorte. Et il n'avait aucune raison de deviner son identité aux quelques mots qu'elle avait prononcé.

-Vous m'remettez pas, hein ? C'est normal, j'suppose. J'étais qu'une gosse, à l'époque. Mais moi j'me souviens bien d'vous. De la poupée, aussi. Dieu c'qu'elle était belle !
Ça n'allait sans doute pas l'aider à mieux savoir qui elle était, alors, après s'être assurée qu'aucune autre oreille ne l'entendrait (car après tout, ici, elle était supposée se nommer Jondrette, et le passé laissé aux oubliettes... normalement). J'm'appelle Éponine. Elle marqua une légère pause. Éponine Thénardier.

Même si ce nom appartenait au passé, il voulait croire qu'il saurait trouver de l'écho dans l'esprit de son interlocuteur. L'air de rien, ça faisait du bien que de se laisser nommer par son vrai nom. Depuis leur arrivée sur Paname, le paternel leur avait fait endosser tant de rôles différents, tant d'identités distinctes, à elle et Zelma, qu'il en était presque devenu difficile de se rappeler qui elles étaient exactement.

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mar 24 Mai - 13:27

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Le monde était tellement petit, Valjean en avait parfaitement conscience. Alors qu’il pensait pouvoir vivre une vie normale en compagnie de sa fille adorée, Javert passait son temps à revenir dans son existence. Mais même s’il avait conscience de ce détail, il ne s’était pas du tout attendu à entendre parler de Montfermeil. C’était une époque bien lointaine de son passé, même si c’était le moment où la vie de Valjean avait été directement liée avec celle de Cosette. Bien sûr que l’homme se souvenait de cette auberge, de la poupée qu’il avait offert à celle qu’il considérait comme sa fille maintenant, mais il ne s’était pas attendu à ce que la jeune femme lui en parle. Et pourtant, elle venait bien de mentionné cette période de sa vie. Qui était-elle ? Comment le savait-elle ? L’explication était bien trop simple pour que l’homme ne songe une seconde à l’envisager. En grande partie parce qu’il était incapable de reconnaitre la petite gosse de la Thénardière dans le visage souillé de cette jeune femme sous ses yeux. Mais celle-ci ne tarda pas à le mentionner. Elle n’était qu’une gamine à l’époque, ce qui était évident. La souillonne sous ses yeux était sans doute du même âge que Cosette, alors c’était normal qu’elle ne soit qu’une enfant à l’époque. Mais même en sachant cela, même quand elle reparlait de la poupée, Jean Valjean ne comprit pas où elle voulait en venir. Jusqu’au moment où elle donna son nom. Eponine Thénardier, cela lui revenait oui.

« Tu es la gosse de la Thénardière ! » C’était évident, puisqu’elle venait de le lui dire. Mais il n’avait pas pu s’empêcher de l’exprimer à voix haute, même si pas trop haute quand même. Même si Valjean ne se doutait pas qu’Eponine n’avait aucune envie qu’on connaisse son identité et qu’elle était cachée, il n’avait aucune envie que la sienne soit découverte. Il devait donc se montrer discret, alors il parlait mais d’une voix pas trop forte pour ne pas être entendu d’oreille indiscrète. Surtout pas part les parents de la jeune femme qui se trouvait sous ses yeux actuellement. « Je ne t’avais pas reconnu effectivement. »

En même temps, c’était normal au vu de la différence qu’il y avait entre la gosse pourrie gâtée qu’il avait rencontré à l’auberge et cette souillonne qu’il avait sous les yeux. Comme quoi, le destin était vraiment joueur. Cosette n’était qu’une moins que rien à l’époque, une servante gratuite pour les Thénardier qui n’avaient aucun scrupule à la malmener. Maintenant, elle était sa fille et elle avait une vie sans doute bien plus digne qu’Eponine, qui avait eu l’occasion de profiter d’une certaine richesse autrefois.

« Tes parents sont là ? »

Il ne posait pas cette question au hasard, il y avait vraiment un intérêt là-dedans. Celui de ne pas croiser les Thénardier, parce qu’il n’avait aucune envie de les croiser de nouveau, même si cela allait quand même arriver. Et aussi, parce qu’il avait envie d’éloigner sa Cosette d’eux.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 25 Mai - 20:40



Quand le passé refait surface
C

e fut en premier lieu une grimace qui se dessina sur le visage d'Éponine quand elle entendit de quelle manière son interlocuteur la qualifiait. "La gosse de la Thénardière", elle aurait espéré qu'il se rappelle d'elle d'une autre façon. D'un autre côté, à cette époque, elle avait peut-être plus pour plaire que Cosette la souillonne, mais rien qui ne puisse avoir, sans doute, laissé un souvenir mémorable dans l'esprit de son interlocuteur. Pas comme lui, l'homme à la poupée. Sa grimace voulut bien se muer en sourire tout de même, puisqu'il l'avait reconnue. Oui, c'était bien elle, l'enfant des Thénardier, des deux exécrables aubergistes qui avaient réduit la Cosette devenue si jolie et aimable (surtout par les beaux étudiants) en quasi esclavage. Pas étonnant qu'il ne l'ait pas reconnue. Outre le fait qu'elle avait bien grandi, physiquement, elle n'avait pas l'air de grand chose, vêtue ainsi de ses pauvres guenilles. Aussitôt, l'homme lui demanda si ses parents étaient là. Elle pouvait sans mal comprendre le sens de sa question. Si Eponine avait surtout retenu de son interlocuteur la si jolie poupée qu'il avait offerte à Cosette, ses parents auraient surtout tôt fait de reconnaître l'homme dont ils reprochaient la ruine et le déshonneur, s'il tenait à sa vie et à son anonymat, il valait mieux qu'il s'assure de sa discrétion, et surtout qu'il espère ne pas être reconnu. Si Eponine n'avait pas entendu le nom de Cosette, elle n'aurait pas remis l'homme en question, mais elle était si petite, à l'époque, rien ne garantissait, par contre, que la mémoire ne revienne pas fissa à son paternel quand son regard croiserait celui de Jean Valjean. S'il devait le croiser. Il fallait espérer que non.

-À côté.
approuva-t-elle en faisant un léger signe de la tête en direction de la pièce qui servait de logis à tous les Thénardier, désormais nommés Jondrette. Oui, ils étaient bel et bien là, mais ne devaient pas entendre leur conversation, sans quoi ils seraient déjà sortis voir ce qui se passait au-dehors, et ce n'était pas le cas. V's'en faites pas, j'leur dirai pas qu'vous êtes venu.

En effet, elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit à qui que ce soit. Elle savait très bien les risques que cet homme pourrait encourir, et elle n'avait pas l'intention de lui causer du tort, pas même pour se venger de Cosette. La jeune femme savait qu'il n'aurait aucune chance de s'en sortir, en de telles circonstances. Et même si la jalousie et l'envie la rongeaient complètement, elle n'était pas capable de souhaiter à quiconque de subir le courroux de son géniteur, pas même à son pire ennemi. Et l'homme n'était pas un ennemi. Cosette avait juste de la chance, elle n'était pas une ennemie non plus. Mais Dieu qu'Éponine la jalousait ! Du plus profond de son âme.


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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Lun 4 Juil - 20:34

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Valjean n’en revenait pas de se retrouver devant la fille des Thénardier. Même si l’ombre de ces aubergistes ne pouvait pas vraiment disparaitre de l’existence de Jean Valjean et de Cosette, l’homme avait quand même pris la peine de les reléguer au fond de sa mémoire. Non pas qu’il n’avait pas envie de penser à eux, mais ils avaient simplement tourné la page de cette vieille histoire, de cette vie qu’ils avaient autrefois. Cosette avait énormément souffert pendant qu’elle était dans cette auberge, pendant très longtemps elle avait craint que la Thénardière ne vienne s’en prendre à elle. D’ailleurs, Valjean devait bien avouer que parfois, il avait utilisé la menace de la Thénardière pour que Cosette reste calme. Il s’en voulait, à ce moment-là, mais il y avait eu des urgences. Comme des moments où la petite fille qui se trouvait avec elle devait rester le plus silencieuse possible. Mais ensuite, ils avaient pu complètement tourner la page, jusqu’à maintenant. Jean Valjean ne s’était pas du tout attendu à apprendre que la jeune femme qui se trouvait sous ses yeux était la petite fille qu’il avait rencontrée à l’époque et qui faisait tant de misère à celle qu’il considérait comme sa fille à présent. Il ne s’était vraiment pas attendu à ce que les Thénardier se retrouvent dans le coin, que leurs chemins se croisent de nouveau. Surtout que ces derniers vivaient quand même justes à côté de Marius Pontmercy, qui était le bellâtre de Cosette. Les coïncidences étaient vraiment nombreuses et un peu angoissantes quand même.

Valjean sentit son cœur s’accélérer un peu quand Eponine affirma que ses parents se trouvaient juste à côté, désignant la porte de leur appartement (si on pouvait vraiment appeler ça un appartement). L’homme n’aimait vraiment pas l’idée que l’un des deux ouvre la porte et tombe sur lui. Parce que si Eponine avait réussi à le reconnaitre, il n’y avait aucune raison que ses parents n’y parviennent pas. Et franchement, Valjean considérait qu’il avait quand même autre chose à faire que de s’occuper de tout ça. Il avait d’autre chose en tête. Jean Valjean avait donc envie d’éviter de croiser la route de ces deux anciens aubergistes – puisqu’il semblait évidement qu’ils ne l’étaient plus – mais son souhait n’allait pas durer bien longtemps. Par chance, Eponine ne semblait pas avoir l’intention de prévenir ses parents de sa présence, même si Valjean ne comprenait pas vraiment pourquoi.

« Pourquoi m'aiderais-tu ? »
Demanda-t-il simplement, se demandant vraiment pour quelle raison elle cacherait à ses parents le fait qu’il soit venu. Elle n’avait pas vraiment de raison de le couvrir, parce qu’en même temps il n’avait pas forcément besoin de l’être. C’était évident que Jean Valjean n’avait pas envie de voir les Thénardier, mais il ne pouvait pas forcément en vouloir à la jeune femme de prévenir ses parents qu’elle l’avait vu. Mais le vieil homme était bien plus dans l’optique de se faire oublier, alors il n’avait pas envie de se faire remarquer. Surtout pas en ce moment, alors que Javert était de nouveau sur son dos.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Lun 4 Juil - 21:25



Quand le passé refait surface
L

a défiance de son interlocuteur était certainement toute naturelle, mais ce n'était pas pour autant que la jeune femme trouvait très plaisant d'être ainsi mal considérée. Bien sûr, l'homme avait raison de se défier, les meilleures raisons possibles. Il pouvait bien imaginer qu'elle était la digne fille de ses parents et qu'elle chercherait à le rouler. Pouvait-on vraiment échapper à la malfaisance quand on portait le nom de Thénardier ? Il semblait à Ponine que non, effectivement. Mais en même temps, elle apprécierait d'être reconnue pour elle et non comme un membre de sa famille. Oui, c'était bel et bien son quotidien, on se défiait bien souvent d'elle, quand on ne décidait pas tout simplement de l'ignorer et de faire fi de son opinion. Pourtant, cette fois, pour cette fois du moins, elle était de bonne foi. Elle avait dit qu'elle ne parlerait pas de la visite de Valjean à ses parents, et c'était le cas, elle comptait bien rester muette sur ce sujet. Elle n'avait aucune intention de divulguer le secret de cet homme venu d'un lointain passé, qui parasitait si bien son présent alors qu'il était indirectement la cause du mal qui la rongeait. S'il n'était pas venu ôter Cosette aux Thénardier, qui sait... Peut-être Éponine aurait-elle su être du goût de son bel étudiant, Marius. Peut-être que les choses se seraient déroulées d'une façon différente. Hélas, les choses étaient ce qu'elles étaient. Et Ponine, contrainte de supporter son sort, n'avait d'autre choix que de prétendre s'en acomoder quand elle souffrait sincèrement de ne pouvoir le changer. Oui, il pouvait avoir confiance en elle. Mais quelle preuve pouvait-elle lui donner de cela, ça...

-J'ai rien contre vous
, se justifia-t-elle dans un haussement d'épaules. Je suis pas aussi mauvaise que vous devez l'croire. Elle marqua une pause. Ce genre de boniments, son géniteur pourrait bien en sortir lui aussi, ce n'est pas forcément ce qui allait la dédouaner. Elle pouvait trouver plus convaincant que ça. Elle avait plus convaincant que ça, mais pas sûr que l'argument qu'elle décida d'avancer joue en sa faveur. Et si mes parents s'en prennent à vous, ils pourraient bien en avoir après Monsieur Marius. Et j'pourrais pas laisser faire ça.

Il y avait du vrai dans ce qu'elle disait. Bien sûr, Marius ou pas Marius, elle n'avait pas eu dans l'intention de dénoncer Valjean à ses parents, mais cet argument supplémentaire achevait de lui assurer qu'elle prenait la meilleure décision possible. Les répercussions en chaîne que son absence de silence pourraient engendrer n'étaient pas de celles que la jeune femme apprécierait d'observer. Elle devait préserver Valjean, donc préserver Cosette, donc préserver Marius. Pour leur salut et leur bonheur. Mais pas du tout pour le sien. Ou un peu le sien, quelque part. Puisque quand Marius allait bien, elle allait bien, au moins un peu, elle aussi.

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Lun 1 Aoû - 21:39

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Valjean ne pouvait pas s’empêcher de se poser la question oui, se demander pourquoi la jeune Eponine avait envie de protéger son secret. En soit, la jeune fille n’avait pas forcément de raison d’empêcher ses parents de savoir qu’il était venu aujourd’hui, que cet homme venu du passé avait approché de leur demeure. La jeune femme pourrait très bien s’écrier maintenant que l’homme qui avait pris Cosette autrefois se trouvait dans les escaliers, poussant donc ses parents à venir voir. Elle pourrait oui, mais elle n’en avait pas l’intention apparemment. Sauf que le vieil homme ne pouvait pas être certain qu’elle n’était pas simplement en train de lui mentir. Non pas qu’il soit du genre à juger une personne comme ça, sans la connaître, mais elle était une Thénardier et elle n’avait – à ses yeux – aucune raison de ne pas le dénoncer. Il était sans doute beaucoup trop paranoïaque, mais c’était de cette manière qu’il pouvait s’en sortir au quotidien. En étant tout le temps sur ses gardes, l’ancien forçat osait croire qu’il s’en sortirait toujours. Ce qui n’allait pas vraiment être le cas, il allait encore se faire avoir. Mais de toute façon, il ne pouvait pas faire autrement que d’être prudent, peut-être même un peu trop et trop soupçonneux. C’était comme ça, il n’y pouvait rien.

Mais la jeune femme affirma alors qu’elle n’avait rien contre lui, qu’elle n’était pas aussi mauvaise qu’il ne devait le croire. Bon, il l’avait peut-être jugé un peu vite. Il savait bien qu’Eponine n’était pas forcément comme ses parents, mais puisqu’elle avait un lien direct avec les Thénardier, il n’avait pas d’autre choix que de se montrer prudent quand même. Est-ce qu’il pouvait la croire maintenant ? Franchement, le vieil homme n’en était pas certain non. Dans le doute, il devait peut-être se contenter de ne pas la croire, histoire de ne pas être surpris. Mais en même temps, elle cachait bien son jeu puisqu’elle semblait vraiment sincère. Elle continua de tenter de le convaincre en affirmant que si ses parents s’en prenaient à lui, il pourrait en avoir auprès de Marius. Le vieil homme ne faisait pas vraiment le rapprochement entre lui et le voisin de la jeune femme, ne comprenant pas qu’Eponine avait vraiment envie de le protéger parce qu’elle avait des sentiments pour lui.

« Et pourquoi donc vous ne pouvez pas laisser faire ça ? »

Demanda-t-il tout de même, plus curieux encore de savoir exactement ce qu’entendait la gosse en disant ça. Elle ne voulait pas que ses parents s’en prennent à ce Monsieur Marius, elle devait avoir une bonne raison non ? Et au passage, une idée sans doute ignoble traversa l’esprit de Jean Valjean. Si ce Marius venait à avoir des problèmes avec les parents de la jeune fille, ses voisins, il n’aurait peut-être plus de temps pour sa Cosette, il devrait peut-être se décider à l’abandonner. Ce qu’il devait vraiment faire en tout cas, parce que si ce jeune homme avait des ennuis avec les Thénardier, il n’était pas question pour l’ancien forçat de laisser sa fille se rapprocher trop de lui. Plus elle évitait ses anciens « tuteurs », mieux c’était.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 3 Aoû - 22:13


Quand le passé refait surface
É

ponine demeura interdite face à la question de son interlocuteur. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il l'interroge en ces termes. Il pensait qu'il allait se contenter de rebrousser chemin, un point c'est tout, et comprendrait qu'elle ne le dénoncerait bel et bien pas, tout simplement parce qu'elle n'y avait pas d'intérêt, tout simplement parce que cela pourrait avoir des répercussions qu'elle n'avait pas envie de découvrir. Ça aurait été facile, d'abandonner Valjean à ses parents, pour que la belle Cosette soit elle aussi abandonnée à son propre sort et qu'ils disparaissent pour de bon de sa vie, mais ce n'était pas ce qu'elle ferait, ce n'était absolument pas ce qu'elle avait envie de faire. Ponine pouvait parfois être vicieuse et cruelle, mais même elle avait parfois ses limites. Alors non, elle ne s'était pas attendu à ce que le gentilhomme à la poupée lui demande pour quelles raisons elle n'avait pas l'intention de laisser quoi que ce soit arriver à Marius. Fallait-il vraiment répondre à cette question ? Était-ce mal de se soucier de son voisin ? Pensait-il qu'elle était incapable de se soucier des autres, puisqu'elle était la fille de son père et de sa mère, et qu'elle ne pouvait pas être différente ? Au final, comment n'était pas la question, mais pourquoi. Et la réponse à ce pourquoi était on ne peut plus évidente, au fond : parce qu'elle était amoureuse du bel étudiant, et qu'elle ne voudrait pas que du mal lui soit fait par sa faute, ou par la faute de quiconque d'autre, d'ailleurs. Mais elle n'avait pas envie de répondre cela. Cette affirmation, peu la connaissaient, elle n'allait pas la délivrer au premier venu. Alors elle choisit une réponse alternative, qui ne s'éloignait pas de la vérité.

-Parce que c'est quelqu'un de bien, Monsieur Marius, vraiment, un vrai gentilhomme
, dit-elle avec sans doute plus de certitude dans la voix qu'il n'en fallait pour parler de son voisin. Peut-être avait-elle tort de vendre ainsi Marius à son futur beau-père, mais ce n'était pas comme si elle nourrissait en quoi que ce soit l'espoir que le jeune homme s'intéresse un jour à elle, détourne les yeux de la belle Cosette pour les poser sur elle. Alors je laisserai rien lui arriver, ajouta-t-elle qui laissait peut-être trop transparaître ses sentiments à l'adresse du bel étudiant. Mais peut-être était-ce bien trop flagrant, déjà. Elle n'en savait rien, elle ne s'en rendait pas vraiment compte, ce qui comptait, c'était de prendre la défense du jeune homme, ce jeune homme que son interlocuteur avait voulu voir pour des raisons obscures afin de lui parler de sa fille. Peut-être qu'en plus de protéger Marius de ses parents, en fait, devait-elle le protéger également de cet homme ?

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Mer 21 Sep - 21:47

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Toute cette histoire était bien la preuve que le monde était petit. Valjean n'aurait pas deviné que le prétendant de sa fille était le voisin des Thénardier, ceux qui avait "élevé" la jeune femme pendant les premières années de sa vie. Cette information ne risquait plus de quitter l'esprit de l'ancien forçat et pour plusieurs raisons. Marius Pontmercy ne semblait pas avoir de problème avec ses voisins - du moins, c'était ce que sa conversation avec Eponine lui disait - mais cela pouvait très bien arriver si jamais ils découvraient qu'il avait un rapport avec Valjean et Cosette. Parce qu'il était évident que les Thénardier avaient encore du ressentiment envers l'homme à la poupée, qui leur avait pris la jeune Cosette. Quoi que Valjean ne sût pas encore à quel point c'était le cas, puisqu'il n'avait pas encore eu l'occasion de croiser la route du paternel de la gosse qu'il avait sous les yeux. Mais en tout cas, Marius avait un lien plus ou moins direct avec les anciens aubergistes qui s'étaient servi de Cosette comme esclave afin de réaliser leurs basses besognes. Valjean ne pouvait pas prendre cette information à la légère, surtout en découvrant qu'Eponine avait à coeur de le protéger. Et si jamais Marius devait avoir des ennuis avec ses voisins ? Et si cela devait se répercuter sur celle qu'il convoitait ? Le vieil homme ne pouvait évidemment pas tolérer que les Thénardier reviennent hanter l'esprit de celle qu'il considérait maintenant comme sa fille, depuis qu'il l'avait tiré des griffes de ces personnes justement. Cosette avait bien trop souffert à l'époque pour que Valjean laisse ces personnes revenir dans son existence. C'était une preuve de plus que Marius Pontmercy n'était pas du tout quelqu'un de bien pour sa fille, il avait de trop mauvaises fréquentations. Et des fréquentations visiblement un peu particulières.

Parce qu'alors qu'Eponine expliquait à l'ancien forçat les raisons qui la poussait à vouloir le protéger et ne pas lui causer du tort, elle eut cette manière de parler que Valjean avait déjà entendu dans nombreuses paroles de jeune femme. Le vieil homme se faisait sans doute des idées, mais il lui semblait bel et bien avoir déjà vu ce genre de façon de parler chez des donzelles comme elle, chez Cosette aussi notamment. Est-ce qu'elle aurait des sentiments pour lui ? Cela serait bien particulier non ? Mais en même temps, maintenant que l'idée avait traversé l'esprit du vieil homme, ce dernier ne pouvait pas s'empêcher de le penser encore plus. Parce que si c'était le cas... cela avait vraiment une grande importance.

« Tu sembles vraiment beaucoup apprécier ton voisin. » Affirma-t-il alors, ne pouvait vraiment pas faire autrement que de croire qu'elle avait justement beaucoup d'affection pour le jeune homme. Peut-être qu'il se trompait complètement, mais il ne parvenait vraiment pas à s'enlever cette idée de la tête. Une idée qui pouvait peut-être arranger ses affaires. « Tu as de l'affection pour lui ? »

Demanda-t-il alors, décidant de se montrer encore plus curieux, trop curieux, et bien plus familier encore. Cela ne se faisait pas de demander ce genre de chose à une jeune femme, mais tant pis. Il le faisait, parce qu'il avait besoin de savoir, parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir le savoir.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Jeu 22 Sep - 23:04


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É

ponine sentit ses joues d'ordinaire si pâles, d'une pâleur fantomatique, virer au rouge vif, et elle n'aimait vraiment pas ça. Ses émotions s'étaient, semble-t-il, déjà lues dans le ton de sa voix, dans la teneur de ses propos, mais si elles s'imprimaient à présent sur son visage, ce serait pire que tout. Elle se sentit vraiment très mal à l'aise en entendant son interlocuteur affirmer qu'elle appréciait beaucoup son voisin. Bon, en soi, ce n'était pas du tout grave, cela pouvait simplement signifier qu'elle éprouvait pour lui l'amitié honnête qu'elle prétendait lui adresser au quotidien : cette amitié indéfectible qui lui permettait de faire pour lui même le pire, dans l'espoir qu'il en éprouve un semblant de reconnaissance, cette amitié honnêtement partagée de sa part à lui, qui n'attendait rien de plus la concernant... Elle pouvait prétendre que son admiration n'était nulle autre que celle d'une pauvresse qui se battait chaque jour que Dieu faisait pour s'en sortir, pour satisfaire son malfrat de père, et qui était séduite par la persévérance de son voisin petit-fils de riche, déshérité mais digne dans la précarité. Elle pouvait prétendre tout ça, c'était ce qu'elle faisait sans arrêt, après tout... Mais elle avait le sentiment que Valjean, l'homme à la poupée, voyait clair dans son jeu. Il ne se laissait pas abuser si facilement. Il avait cette intelligence dont son géniteur manquait cruellement, l'intelligence du cœur, et au nom de cette dernière, il décelait les signes et ne se laissait pas abuser par les mensonges les plus désespérés, comme le serait le sien quand elle reprendrait la parole. Elle se mordilla doucement la lèvre, baissa les yeux, et laissa passer quelques secondes avant de reprendre. Finalement, elle osa hocher la tête, honteuse.

-Ça a pas d'importance...
se défendit-elle doucement en relevant doucement les yeux, le cœur battant. C'était la première fois qu'elle assumait ses sentiments vis-à-vis de son beau voisin, qu'elle les avouait à quelqu'un d'autre, et c'était à cet homme qu'elle connaissait à peine. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'elle devinait que lui mentir était complètement inutile. J'vais pas l'chouraver à vot' fille, j'sais rester à ma place, j'ai pas grand chose mais un rien d'dignité. Vous en faites vraiment pas. Elle marqua une pause. S'il est heureux, j'le suis.

Et ça, c'était bien la preuve qu'elle aimait. Elle l'aimait au point de la laisser à une autre, même si, concrètement, elle en crevait de jalousie. Elle savait qu'il aimait vraiment cette belle et chanceuse Cosette, et elle savait que c'était réciproque. Alors qu'est-ce qu'elle pouvait bien y faire, hein ? Elle était convaincue que l'homme était là pour parler à son futur gendre, sans animosité pour lui, juste l'envie de lui parler. Elle pensait qu'elle approuvait leur union. Elle le voyait comme un autre de ces individus qui scelleraient indirectement son destin. Mais elle ne savait pas tout.


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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Dim 20 Nov - 1:25

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Ses jours rosirent vivement, ces joues si pale devinrent vivement rouge. Jean Valjean se rendait compte qu’il avait vu juste, que la jeune pauvresse sous ses yeux avait des sentiments profonds pour son voisin. Elle ne prit pas la peine de lui répondre de suite, elle se mordilla les lèvres, baissant les yeux avant de les remonter vers lui. Les secondes semblèrent longues à Valjean, alors qu’il attendait une réponse de la part de la jeune Eponine. Des longues secondes qui ne purent empêcher l’ancien forçat de réfléchir, de réaliser la situation. Elle pouvait lui dire que non, l’homme pensera qu’elle ment. Parce que ses propos précédents, sa voix, l’avaient déjà trahi. Maintenant c’était son attitude qui la trahissait. La jeune fille avait l’attitude d’une personne prise sur le fait, comme si elle était coupable. Valjean avait suffisamment vu de coupable dans sa longue existence pour le remarquer. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, il savait qu’elle était attachée à son voisin et pas un attachement normal. Celui d’une jeune fille qui avait le cœur battant pour le jeune homme vivant à ses côtés, proche d’elle. Elle l’aimait… les mots étaient peut-être grand, mais c’était ce que pensait Jean Valjean. Elle l’aimait et donc forcément, il ne pouvait pas ignorer cette information. Parce que si Marius avait une autre prétendante…

Eponine affirma alors que ça n’avait pas d’importance, avant de poursuivre en affirmant qu’elle n’avait pas l’intention de voler le Marius Pontmercy à sa tendre Cosette. Cela n’avait pas d’importance, mais Valjean voyait bien que les sentiments de la pauvresse pour le jeune homme étaient forts. Sinon, elle ne le laisserait pas ainsi à une autre, sinon elle ne se sacrifierait pas pour son bonheur comme elle affirmait en cet instant précis. S’il était heureux, elle le serait aussi.

« Je ne m’en fais pas. » Affirma-t-il dans un souffle. Il se rendait bien compte que ce qu’il était en train de penser n’était pas une bonne chose, qu’il ne pouvait sans doute pas faire cela à Cosette. Mais en même temps, c’était une bonne manière d’éloigner Pontmercy de sa tendre fille. Ce qu’il devait faire vraiment, ne se rendant même pas compte de l’urgence de la situation. Parce que tout allait prochainement grandement s’accélérer. « Je trouve juste que… » Il hésita une seconde, il ne savait pas jusqu’où il pouvait aller. « Je suis simplement désolé pour toi. Je pense que tu l’aurais mérité plus qu’elle. »

Bon, c’était un grand mensonge. Aux yeux de Valjean, Cosette méritait le meilleur. Ce n’était pas Eponine qui aurait mérité plus Marius que Cosette, c’était simplement que Marius n’était pas assez bien pour sa tendre fille. Comme n’importe qui d’autre d’ailleurs. C’était bien trop tôt pour tout ça, beaucoup trop tôt. L’ancien forçât ne parvenait pas à accepter que sa fille (qui n’était même pas sa fille, détail qu’il était sans doute bon de rappeler) avait grandi et qu’elle était une jeune femme maintenant. Qu’elle avait le droit de grandir et de s’envoler de ses propres ailes. C’était beaucoup trop tôt.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Dim 20 Nov - 23:22


Quand le passé refait surface
I

l ne s'en faisait pas, disait-il. Ponine trouvait son interlocuteur vraiment bien aimable que d'affirmer ne pas s'en faire alors qu'elle pouvait se présenter comme une rivale de sa fille au sens où elle était amoureuse de la même personne que sa chère et tendre fille. Mais peut-être qu'il lui disait ne pas s'en faire non pas par amabilité, mais tout simplement parce qu'elle ne pouvait pas être considérée comme une rivale sérieuse... Ce qui était le cas, en effet. Mettez Cosette et Eponine côte à côte, la vérité vous sautera aux yeux d'une manière plus qu'évidente. L'une et l'autre ne sauraient être plus différentes, et entre la jeune fille en fleur, belle à croquer et élégante et la pauvresse vêtue de haillons et au langage de charretier, le choix ne pouvait qu'être rapidement fait. Dans le cœur de Marius, en tout cas, c'était très clairement le cas, et Ponine en souffrait bien assez pour le savoir. Combien de fois l'avait-il entendu soupirer après la jolie blonde sans se rendre compte que juste à côté d'elle, une brune bien moins jolie se languissait d'amour pour lui ? Enfin bon, dans tous les cas, oui, son interlocuteur n'avait pas la moindre raison de s'en faire. Sauf qu'elle n'avait visiblement pas complètement saisi le sens de ces mots. Elle le comprit quand l'homme reprit la parole, prononçant des mots qui ne manquèrent pas de surprendre la jeune femme, qui ne s'était en rien attendue à un tel discours. Elle appréciait qu'il soit désolé pour elle, qu'il compatisse à ce qu'elle vivait (même s'il n'avait que peu de raisons de le faire... Ils se connaissaient à peine, après tout, même si cela faisait fort longtemps), mais elle ne comprenait pas son affirmation suivante. Elle l'aurait mérité plus qu'elle ? Comment pouvait-il dire ça alors que tout le monde - y compris elle-même - s'accorderait à dire que sa fille était un véritable joyau ? C'était à n'y rien comprendre.

-J'saisis pas, m'sieur. J'mérite rien ni personne, moi. J'ai à grailler et où loger, j'dois prendre au moins cette chance-là. Votre fille, c'est une dame, c'est normal qu'elle ait le meilleur.

Sur tous les aspects, oui, et même si ça lui était désagréable, elle l'admettait bel et bien : elle ne faisait pas le poids face à Cosette. Elle n'avait pas la beauté, elle n'avait pas la distinction, elle n'avait pas l'élégance, la diction... que savait-elle encore... elle n'avait rien. Marius et elle vivaient côte à côte, et il ne la voyait que pour moins regarder ce qu'elle était vraiment. Elle ne le méritait pas, il ne la méritait pas non plus. Mais Marius et Cosette, eux, se méritaient mutuellement. Elle devait l'accepter, elle devait faire avec, le supporter. Elle n'avait pas le choix.

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Ven 20 Jan - 8:14

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Au fond, Valjean ne pensait pas une seconde les mots qu’il disait. Cosette, à ses yeux, valait tout et le meilleur. Alors oui… forcément, il ne pouvait pas nier qu’il pensait que sa fille valait mieux que la jeune femme sous ses yeux. En soit, il n’avait rien contre la gosse des Thénardier, mais elle ne faisait pas vraiment le poids à côté de sa fille. Si autrefois, l’homme aurait pu trouver cette fille pourrie et gâtée particulièrement agaçante, à côté de la pauvre Cosette qui devait trimer du matin au soir, aujourd’hui la situation était vraiment différente. Les deux jeunes femmes étaient vraiment différentes, elles avaient clairement échangé leurs rôles. Si Cosette avait été pauvre et triste autrefois, elle ne l’était plus aujourd’hui. Bon, elle était encore triste par moment, mélancolique surtout. L’ancien forçat voyait souvent sa fille de cœur soupirer parce qu’elle se sentait seule (ou sans doute soupirer en pensant à l’homme qu’elle aimait… quelle idée), mais elle n’était plus pauvre. Il lui avait offert le meilleur pour qu’elle ait une vie descente. Il lui avait tout donné et maintenant, ses tenues n’avaient effectivement plus rien à voir avec celles qu’elle portait autrefois. Et c’était la même chose pour Eponine, qui ne ressemblait plus à la petite fille si bien vêtue dans la taverne de ses parents. Le destin des deux jeunes femmes auraient pu être vraiment différent si Valjean n’était pas venu prendre Cosette… il s’en rendait forcément compte maintenant.

Mais en soit, il voulait quand même que la jeune femme pense qu’à ses yeux, elle méritait plus Marius que sa fille. C’était horrible, surement, mais pas plus de vouloir faire croire à la jeune fille que son cher et tendre avait quitté le pays et ne voulait plus la voir avec de fausses lettres. Même si sa culpabilité allait sans doute rapidement venir le tirailler, pour l’heure Jean Valjean avait juste envie de profiter de cette nouvelle information. Mais il ne semblait pas si simple de convaincre la jeune fille habillée en haillon, puisque même elle pensait que Cosette méritait plus l’élu de son cœur qu’elle.

« Il ne faut pas que tu penses comme cela. »
Lui dit-il alors, puisqu’elle affirmait qu’elle ne méritait rien ni personne. S’il ne l’avait pas aimé autrefois, s’il n’aimait toujours pas ses parents, Valjean avait un peu plus de peine pour la jeune femme quand même. Elle avait si peu confiance en ce qu’elle méritait ou non. Si elle ne valait sans doute pas mieux que Cosette (asurément même d’ailleurs), elle ne méritait pas rien. Si elle le voulait vraiment, elle pouvait tout obtenir (oui bon, c’était un peu une vision trop idéaliste du monde, mais vu comment l’ancien forçat s’en sortait, il avait tendance à croire que tout le monde pouvait s’en sortir). Si elle voulait Marius… elle devait se battre pour lui. « Au moins, toi, tu sembles lui porter un amour pur. »

Ajouta-t-il alors, comme venu de nulle part, juste dans le but de mettre un peu son grain de sel. Oh c’était horrible oui… mais il osait croire qu’il le faisait pour le bien de sa fille qui ne devait pas rêver auprès de cet homme.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Ven 20 Jan - 17:37


Quand le passé refait surface
P

onine devait bien avouer que c'était agréable, de se laisser ainsi caresser dans le sens du poil. Elle avait tout à coup le sentiment de mériter bel et bien l'affection de l'homme qu'elle aimait, elle avait le sentiment d'avoir de l'importance... Mais ça ne suffisait pas, tout de même, à renforcer une confiance en elle-même que ses parents n'avaient su que trop bien entacher. Elle était une pas grand-chose, et tout le monde autour d'elle s'accordait à lui rappeler qu'elle n'était pas grand chose. Pas de celles qui pouvaient courtiser ou intéresser les jeunes et beaux étudiants qui, pour peu qu'ils supplient leur grand-père, pouvait retrouver une fortune et une situation. Ponine pensait comme les circonstances l'invitaient à penser. Elle se voyait, elle voyait Cosette, elle savait pertinemment qu'elle ne lui arrivait pas à la cheville, elle savait pertinemment que même si ce devait être l'inverse, Marius n'avait quoi qu'il en soit d'yeux que pour la jolie blonde. Alors elle ne voulait pas se laisser envahir de faux espoirs malgré les compliments qui lui faisaient chaud au coeur. Elle ne répliqua rien tout d'abord, elle ne comprenait vraiment pas où son interlocuteur voulait en venir. Elle n'était pas cultivée, mais elle n'était pas totalement naïve, elle se demandait si cet homme ne cherchait pas à la précipiter dans les bras de Marius tout simplement pour qu'il ne courtise plus Cosette. Mais pourquoi ferait-il cela ? Aux yeux de la jeune miséreuse, Marius était parfait, un gendre idéal. Oui, il pouvait paraître désœuvré à première vue, mais il dissimulait une fortune réelle, en plus de sa richesse de cœur, une richesse véritable.

-Un amour pur ?
répéta-t-elle, un peu incrédule.

Oui, elle pensait que son amour pour Marius était pur, en tout cas, il était bel et bien sincère. Mais celui de Cosette l'était aussi. Elle devait l'admettre à contrecoeur, parce qu'elle préfèrerait l'inverse, mais les deux amants qu'elle enviait tant s'aimaient réellement. Il n'y avait pas de mensonge et de malice dans leur démarche. Elle, elle était juste de trop. Quoi qu'il en soit, c'était bien la première fois qu'on lui associait l'adjectif "pur", et elle devait bien reconnaître que cela l'étonnait beaucoup. Ça ne lui déplaisait pas, mais elle était quand même étonnée. Elle avait bien l'impression de tenir davantage du bête pigeon que de la blanche colombe. Elle était surprise qu'elle se sentait presque capable de prendre la défense de Cosette tout en se dénigrant, mais elle ne le fit pas. Elle n'allait pas non plus couvrir d'éloges sa rivale... D'autant qu'elle n'en avait normalement pas besoin. C'était l'homme qu'elle avait sous les yeux qui avait été sa chance, son salut, qui avait fait d'elle une grande dame. Il ne devait normalement vouloir que son intérêt.

-Je ne comprends pas
, reconnut-elle alors. Pourquoi me dire tout ça ? Il vous déplaît tant que ça, monsieur Marius ?

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Sam 11 Mar - 22:20

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Non, Jean Valjean ne pensait pas que l'amour de que sa fille portait à ce Pontmercy était impur. Il était naïf, idiot même, mais pas impur. Est-ce qu'il pensait que l'affection de la jeune Thénardier était aussi pur ? Sans doute pas. Au fond, l'homme ne savait guère quoi penser de la gosse qu'il avait sous ses yeux. Il ne pouvait pas s'empêcher, maintenant, de penser au passé en la voyant. Mais ce qu'il voyait d'autre, c'était que la jeune femme appréciait le même homme que sa Cosette et que cela arrangerait grandement ses affaires si le Marius pouvait s'éprendre de sa voisine. Ainsi, Cosette souffrirait certainement maintenant, mais elle ne le ferait pas ensuite et surtout... elle n'aimerait plus. Oui, c'était horrible et Jean Valjean ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable, de se demander si celui en haut n'allait pas le juger pour ce qu'il faisait. Mais il ne souhaitait que le bien de sa tendre fille, cette fille qui avait bien trop souffert dans le passé. Il avait fait la promesse à Fantine de prendre soin de Cosette, il allait donc le faire. Même si cela signifiait qu'il devait un peu la faire souffrir aussi.

Eponine semblait se poser des question en tout cas, ce qui était tout à fait légitime, mais l'ancien forçat ne savait guère comment il devait répondre à ces questions. Cependant, la jeune femme reprit la parole, lui demandant ensuite pourquoi elle lui disait tout cela, si ce Monsieur Marius lui déplaisait à ce point. Encore une fois, Jean Valjean ne pouvait pas vraiment lui répondre. C'était simple pourtant, la réponse à cette question était évidente. Marius Pontmercy n'était pas digne de sa fille et il le pensait dur comme fer. Même si, bien sûr, le vieil homme ne pouvait pas se douter que ce dernier venait d'une grande famille. Mais ça ne changerait rien. Parce que le fait qu'il veuille lui prendre sa tendre fille, c'était suffisant pour lui pour qu'il ne l'apprécie pas.

« Ton Monsieur Marius ne devrait pas s'attacher à Ma Cosette tout simplement. » Répondit-il, alors un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu sans doute. Cette conversation ne menait pas quelque part, Valjean commençait à se demander s'il ne prenait trop de risque. Oh, il appréciait de savoir que cette jeune femme avait de l'affection pour le prétendant de sa fille, parce qu'il osait croire que ça allait lui être utile dans le futur (sans savoir que quoi qu'il fasse, les deux amoureux allaient réussir à se rapprocher). Mais quand même, il craignait trop les conséquences. Il était paranoïaque et vraiment... il était sans doute tant qu'ils partent. « Parce que nous partirons bientôt. »

Valjean ne savait pas s'il faisait bien de dire ça, mais sa décision était prise. Il ne savait pas encore quand, comment, mais ils allaient partir. Loin d'ici, loin de ce Marius qui avait l'intention de lui prendre sa fille. Cosette n'allait sûrement pas apprécier, surtout qu'il lui avait accordé du temps ici alors qu'il avait eu envie de partir avant, mais tant pis. C'était pour son bien.
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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Sam 11 Mar - 22:36


Quand le passé refait surface
E

ponine se mêlait certainement de ce qui ne la regardait pas, elle n'y pouvait rien, c'était plus fort qu'elle, parce que même si ce n'était pas supposé la concernait, les affaires qui concernaient Marius, et qui concernaient son coeur, plus précisément, avaient toute son attention. Mais elle n'avait pas à juger de l'attitude de la belle Cosette. Après tout, ça ne la concernait pas vraiment. Vouloir se mêler de tout ça, c'était comme s'obliger à être le personnage d'une histoire où elle n'avait pas sa place. Et c'était ce qu'elle était depuis un moment, maintenant. Un élément familier du décor dans la vie de Marius Pontmercy, mais pour peu qu'il en change, de décor, et ça arriverait forcément, il se ficherait qu'elle n'en fasse plus partie, il l'oublierait parce qu'elle ne lui était rien, et elle ne l'oublierait pas parce qu'il lui était tout, ce qui devait malheureusement se voir comme le nez au milieu de la figure, si la jeune femme se fiait à l'attitude de l'homme "à la poupée", qui avait manifestement vu clair dans ses sentiments, ce que le principal concerné par eux était bien incapable de faire. Elle n'aimait pas savoir ses émotions ainsi mises à nue, et elle baissa les yeux quand l'homme parla de Marius comme "SON" Monsieur Marius... Oh, si seulement... mais ce n'était pas le cas. Il n'était pas à elle, il ne l'avait jamais été, et il ne le serait jamais. Elle le voulait, de toute son âme, mais ce n'était pas le cas, et ça ne le serait jamais. Elle avait su se faire une raison. Elle en avait souffert, mais elle n'y pouvait rien changer. Et les mots de son interlocuteur ne pouvaient pas ébranler ses convictions. D'autant qu'elle pensait qu'il se trompait. Cosette n'était pas sa Cosette. C'était beau de voir un père se soucier autant de sa fille, Ponine avait oublié ce que c'était, et la belle Cosette ne devait pas connaître le ceinturon bien souvent, elle. Mais Cosette n'appartenait plus à son père. Il appartenait à Marius, et elle lui appartenait. Eux, ils se raccrochaient juste à ce qu'ils n'avaient jamais possédé ou ne possédaient plus. C'était peut-être leur seul point commun, au final. Mais une nouvelle information changea la donne.

-Vous allez partir ?
répéta-t-elle, sans doute trop vivement pour être honnête. Partir pour où ?

Elle ne devrait pas s'en réjouir, et pourtant, c'était le cas, à la pensée que la jeune femme qui accaparait l'esprit et le coeur de Marius puisse tout simplement disparaître de la vie de ce dernier, Eponine éprouvait un sentiment de satisfaction et de soulagement réels. Mais les choses ne se passeraient pas comme ça. Et même, elle serait de ceux qui feraient que ça ne se passerait pas comme ça. Elle ne s'en rendait seulement pas compte encore, c'est tout.

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Message#Sujet: Re: Quand le passé revient en force (Eponine)   Sam 6 Mai - 18:04

Valjean & Eponine
Quand le passé revient en force.
Jean Valjean ne devrait peut-être pas parler autant à la petite Thénardier, parce qu'il ne devrait sans doute pas lui faire confiance. Mais en cet instant précis, le vieil homme ne pouvait pas s'en empêcher. Parce qu'il avait vu clair dans les sentiments de la jeune femme pour son voisin, ce Monsieur Marius comme elle l'appelait. Il voyait bien qu'elle tenait énormément à lui et forcément... l'ancien forçat ne pouvait qu'y voir un bon signe. Ce n'était pas juste pour Cosette, mais il avait bien envie que ce soit la jeune femme qui se trouvait présentement sous ses yeux que Marius Pontmercy décide de garder auprès de lui. Cosette ne méritait pas de souffrir non... mais lui non plus en même temps. La jeune femme était le soleil de son existence. Il avait reprit goût à la vie en sa compagnie, il aimait de nouveau respirer parce que Cosette était là. Il ne pouvait pas supporter l'idée qu'elle s'éloigne, qu'elle ne soit plus à ses côtés parce qu'elle vivait une idylle avec ce jeune homme. Alors oui, en cet instant précis il espérait que la jeune Thénardier allait lui prendre son idylle. Même si, en soit, Jean Valjean ne pouvait pas nier le fait que les deux femmes ne partaient pas sur la même ligne de départ. Malheureusement, Eponine n'avait pas eu autant de « chance » que Cosette. Il aurait aimé que sa propre fille ne soit pas si jolie. Depuis qu'elle s'était épanoui, qu'il l'avait vu devenir une belle fleur, il avait craint que cet instant arrive. Mais il ferait tout pour que ça n'arrive pas...

« Nous partons oui. » Répondit-il donc naturellement à la jeune fille, sans perdre de sa conviction. Sans affirmer non plus qu'ils allaient peut-être s'en aller, que c'était une idée qu'il avait, mais qu'il n'était pas sûr. Il l'affirmait, sûr et certain, parce que c'était ce qui devait arriver et qu'il n'était pas question qu'il en soit autrement. Ce pays devenait bien trop dangereux pour lui – pour Cosette – et l'arrivé de Javert la dernière fois ne pouvait que le conforter dans cette idée. Valjean n'avait pas le choix, il devait s'en aller et il n'était pas possible qu'il s'en aille sans sa fille. « Nous allons quitter le pays, aller dans un autre. Le plus loin possible. »

Bon, il ne se montrait pas vraiment précis, mais c'était volontaire. Non pas qu'il ne fasse pas confiance à Eponine Thénardier – bon en fait, c'était peut-être le cas, parce qu'il avait tendance à ne faire confiance à personne et c'était un peu ce qui avait pu le sauver toutes ces années – mais il ne faisait surtout pas confiance à ses parents ou encore à Pontmercy. Dans le doute, il préférait donc rester vague, sachant qu'il en avait déjà beaucoup trop dit en affirmant qu'ils allaient partir. Il ne pouvait pas non plus prendre trop de risque. Même si au fond, il espérait que par conséquence, Eponine lui enlève une certaine épine du pied. Mais les choses n'allaient pas du tout se passer de cette manière...
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