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 L'aimer de toutes les fureurs de son âme [pv Esmeralda <3]

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Message#Sujet: L'aimer de toutes les fureurs de son âme [pv Esmeralda <3]   Mar 27 Oct - 16:58


L'aimer de toutes les fureurs de son âme
S'

il lui était donné de n'être plus qu'une ombre, s'il disposait de ce pouvoir, il en ferait usage en cette seconde et pour toutes celles à venir, peut-être pour le restant de ses funestes jours, qui ne pouvaient que l'être alors qu'il se voyait le coeur captif d'un regard sombre et d'une silhouette que seul pouvait composer avec une telle exactitude et une telle perfection l'enfer lui-même. Il se changerait en ombre, et quelle différence cela ferait-il, puisqu'il en était déjà une. Son ombre à elle, puisqu'il ne lui semblait plus respirer et être que dans son sillage, quoi que cela lui soit un constat désagréable. Mais pouvait-il se leurrer ? Non, il ne le pouvait pas. Il pouvait punir cet outrage fait à ses voeux et à ses convictions, il pouvait honnir jusqu'au plus profond de ses chairs un être qu'il adorait, mais il ne pouvait nier cette abominable vérité qui le menait toujours à ce même point. Il avait beau y faire, tout faire pour se détourner, multiplier les efforts, le résultat était sans cesse le même, ses pensées convergeaient invariablement et toujours dans sa seule direction, et plus il cherchait à échapper à son emprise, plus l'étau se resserrait autour de lui, et lui, captif du moins pas de cette danse lascive dont il se faisait spectateur furtif et coupable. Il ne savait lui échapper. Plus il cherchait à ignorer ce qui le rongeait au-dedans, plus il lui semblait souffrir au-dehors, jusqu'à ce que la pensée, d'abord libératrice, puis seulement ignoble et honteuse, envahisse son esprit avec tant de force qu'il n'y avait dès lors plus rien à faire, plus rien à vouloir sinon elle, et ses convictions, ses promesses, ses certitudes, foulées directement au pied. Il était soumis au moindre geste, à la moindre parole, de la belle bohémienne. Et au bout du compte, sa pensée oubliait d'être sage, la sagesse se faisait folie, et voilà qu'il se trouvait, comme cette nuit, ombre au sens le plus propre du terme.

Il avait aperçu sa silhouette à quelques mètres alors que lui-même marchait sur les bords de seine, et dans l'espoir vain de contrôler les pensées néfastes, elles s'étaient concrètement imposées à lui sous ces formes engageantes, attirantes, fascinantes... en définitive, inévitables. Il l'avait aperçue, et il n'avait plus rien su de ce que le devoir aurait pourtant dû lui dicter, ombre-automate, il s'était contenté de la suivre, de la suivre comme un mouton suit son berger, dans la plus parfaite conscience d'une erreur commise ou à commettre. Il devrait rentrer chez lui, il devrait cesser là. Il ne le pouvait pas, son regard absorbé par elle, sa capuche renfoncée le plus possible sur sa tête, malgré l'obscurité épaisse qui avait ce mérite de le dissimuler à elle, et l'inconvénient, peut-être, de la dissimuler à lui. Tout du moins, il pensa n'avoir été aperçu... mais quand elle s'arrêta, et lui de même, il ne fut plus si sûr. L'avait-il aperçu ?



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