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 Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)

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Message#Sujet: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Mer 23 Sep - 12:36

Cosette & Valjean
Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.
Valjean ne savait pas comment il avait fait pour s'en sortir, mais il s'en était effectivement sortit. Pour le moment, puisqu'il était  évident que jamais Javert n'allait lâcher l'affaire, surtout pas maintenant qu'il était certain de son identité et de son lieu d'habitation. L'homme était persuadé que son ennemi de toujours était bel et bien au courant de l'endroit où il vivait. Autant dire qu'il allait revenir, il n'était vraiment pas du genre à abandonner. En même temps, cela faisait des années maintenant que l'ancien forçat avait aux trousses l'inspecteur, il avait eu le temps de voir de nombreux printemps s'écouler. Mais ce n'était pas encore le moment pour lui de terminer en prison, de se faire renvoyer au bagne ou même pire. Valjean n'était pas dupe, il savait parfaitement qu'on n'allait pas être vraiment clément avec lui, surtout qu'on pensait qu'il avait enlevé sa belle Cosette de ces Thénardier, alors qu'il l'avait surtout sauvé d'une vie misérable.

En parlant de Cosette, Valjean était justement en train de rentrer chez lui eu pas de course, ne ressemblant plus vraiment à rien au vu de la confrontation qu'il avait eu avec Javert. Quand il arriva devant la maison, il s'assura rapidement qu'il n'y avait personne d'autre autour de lui, même s'il savait d'avance que le temps était compté. Oui, maintenant ils n'avaient plus le temps d'attendre comme l'homme avait promis à sa fille. Il était hors de question qu'il l'abandonne, alors il allait tout simplement fuir avec elle. Dans un premier temps dans un autre logement qu'il avait à Paris, dans le but de pouvoir prendre la direction de l'Angleterre. Il pensait depuis un moment à ce voyage, mais l'ancien forçat n'avait rien prévu. Il le regrettait maintenant, espérant pouvoir se cacher le temps de ces préparatifs pour enfin dire adieu à ce pays qui était devenue bien trop dangereux pour lui. Valjean avait le fin espoir que l'inspecteur ne soit pas rancunier au point de venir le chercher dans un autre pays, surtout de l'autre côté de la manche. Quoi qu'il ne pouvait jurer de rien lorsqu'il s'agissait de Javert. N'importe qui aurait abandonné l'idée de l'arrêter, ce qu'il n'avait pas fait durant ces longues années. Mais il avait des devoirs envers la France, il ne pouvait pas partir comme cela. Valjean passa donc la porte au pas de course, montant directement vers la chambre de sa fille.

« Cosette. » Dit-il pour la prévenir de son arrivée avant d'ouvrir la porte, même si le bruit de la porte et ses pas rapide dans la maison en disait assez long. « Prépare tes affaires, nous devons partir maintenant ! »

Affirma-t-il d'un ton qui ne laissait à aucune discussion. La dernière fois que l'homme avait demandé à sa fille adoptive de préparer ses affaires, il avait fini par se laisser convaincre d'attendre. Mais aujourd'hui, ce n'était pas possible. Ils n'allaient pas attendre et ils allaient quitter cette maison, c'était une question de survie (enfin surtout pour lui, puisque la belle blonde ne risquait pas grand-chose avec Javert - en dehors de se faire adopter par n'importe qui). Pour joindre le geste à la parole, Valjean attrapa un grand coffre en bois qui servait toujours dans leurs voyages et l'ouvrit en grand. Non, aujourd'hui il n'y avait vraiment pas manière à discuter. Cosette allait préparer ses affaires, ils allaient quitter cette maison pour un appartement le temps des préparatifs du voyage et ils allaient fuir vers l'Angleterre. Ils allaient faire ce voyage tous les deux, il ne lui laissait pas le choix. Et tant pis pour ces histoires de coeur idiotes.

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Sam 26 Sep - 1:56

Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant


Quand elle avait entendu la porte claquer, quand elle avait entendu le pas pressant de son père, Cosette avait immédiatement su. Elle savait depuis la dernière fois, où il lui avait demandé de partir et où elle avait réussi à retarder l'échéance, elle en avait été encore plus sûr après sa rencontre avec l'inspecteur de police Javert. Le moment était venu. Il allait de nouveau lui demander de partir, et cette fois, elle ne pourrait rien dire pour le retenir. Elle ne s'était pas trompée. Elle aurait préférée. L'homme la prévint d'une voix qui ne prêtait pas à confusion avant d'entrer dans sa chambre. Les mots qu'elle prononça lui tombèrent ensuite dessus. C'était comme un couperet. Ce n'était pas parce que c'était prévisible que c'était moins douloureux. Il lui demandait de partir, et cette fois, elle ne pourrait pas l'empêcher. Elle avait réussi une fois, et c'était déjà beaucoup, cette fois ci, elle n'arriverait à rien, d'autant que l'homme était déjà en train de faire leurs bagages, pour bien lui faire comprendre que la situation était urgente. La dernière fois, elle avait promis de ne pas s'y opposer, s'ils devaient partir de nouveau, elle devait tenir sa promesse, mais elle la regrettait déjà. Elle n'était pas prête et elle ne le serait jamais. Elle ne pouvait pas vivre cette vie si cette vie n'était pas celle de Marius aussi.


"Papa..."
mais elle se résigna au moment de s'opposer de nouveau. Elle avait promis. Et si la Justice faisait des siennes, ils pourraient bien être en danger réel. "Très bien."

Elle n'avait pas d'autre choix que d'accepter. Elle commença donc à faire ses valises, à contrecoeur, elle était bien ici, elle avait vécu à bien des endroits, mais c'était la première fois qu'elle se sentait à ce point chez elle. Elle ne voulait pas abandonner cette maison, et encore moins abandonner Paris. Mais s'ils s'en allaient, ce devait être pour partir très loin.


"Où irons-nous ?"


Elle appréhendait la réponse. Elle ne supporterait pas d'être séparée de Marius. Et son père le savait. Elle lui avait parlé de lui, il ne l'avait pas prise au sérieux, et pourtant, si elle devait partir, elle n'envisageait pas de partir sans lui, et elle comptait bien lui en parler, d'ailleurs. Mais pour ça, il faudrait que son père n'ordonne pas sur le champ qu'ils traversent la Manche. Elle avait le vague espoir que, pour la transition, ils se rendraient dans l'appartement de la rue de l'homme armé. S'ils restaient dans la capitale, au moins juste un peu, elle aurait le temps de prévenir Marius, et de décider avec lui de ce qu'ils devaient faire. Son père pouvait bien croire que ce n'était qu'un coup de coeur, le bel étudiant était l'homme avec lequel Cosette voulait à tout jamais faire sa vie et elle n'irait nulle part sans lui.

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Sam 24 Oct - 16:32

Cosette & Valjean
Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.
Valjean savait parfaitement que sa fille ne voudrait pas partir, mais il n’avait pas l’intention de lui laisser le choix. Ils n’en avaient pas de toute façon, Javert avait retrouvé sa trace. L’homme aurait bien aimé aussi pouvoir rester dans cette maison plus longtemps, pouvoir continuer de vivre « normalement » avec sa fille ici, mais ils ne pouvaient pas. Puisque la justice l’avait retrouvé, il allait devoir fuir pour ne pas finir le reste de ses jours en prison (ou pire). Il n’y avait aucune possibilité de s’en sortir en cet instant, Javert en savait bien trop. Jean Valjean était persuadé qu’il savait où il habitait, autant dire qu’ils n’avaient que très peu de temps devant eux. Et donc que l’ancien forçat n’avait pas de temps à perdre et commençait déjà à remplir la grosse malle des affaires qu’ils allaient emporter. L’important était de prendre les choses les plus essentiels, ils n’avaient pas besoin, et ne devaient en fait, pas tout emporter. Celles qui allaient leur être utile dans les prochains jours, Valjean allait s’occuper du reste ensuite. Ils abandonneraient sans doute la plupart de leurs affaires, il en achèterait de nouvelles. De toute façon, il avait suffisamment d’argent pour s’en sortir et le plus important était de faire en sorte qu’ils ne se fassent pas attraper. L’homme fut satisfait d’entendre sa « fille » acquiescer et ne pas discuter son ordre de partir. En même temps, Cosette avait promis la dernière fois qu’elle ne ferait pas de cinéma au moment où il lui annoncerait de nouveau qu’ils devaient partir. Même si cela l’ennuyait, il le voyait sur son visage, mais c’était comme cela et pas autrement. Valjean voulait bien accorder à sa fille de cœur le fait qu’elle avait des sentiments pour ce Marius - même s’il ne l’aimait pas - mais il n’était pas question qu’il risque leur liberté pour lui.

« Nous allons nous installer dans l’appartement de la rue de l’Homme Armé. » C’était un appartement non loin de là, qui allait leur être bien utile pendant quelques jours. Quelques jours seulement en effet. Il s’arrêta une seconde près de la fenêtre, observant l’extérieur de son regard apeuré. Il avait peur de voir Javert arriver dans l’allée, pour venir le chercher. Il reporta son attention sur Cosette après avoir remis le rideau en place. « Le temps de quelques jours, pour préparer notre départ. » Leur vrai départ, pas seulement celui qui allait leur permettre de se cacher un temps. « Nous allons rejoindre l’Angleterre. »

Et quand il affirmait cela, Valjean ne faisait preuve d’aucun doute. C’était un projet qu’il marinait depuis un moment, parce qu’il se disait que c’était la seule solution pour ne plus avoir l’inspecteur Javert sur son dos. Ainsi, ils allaient vraiment pouvoir commencer une nouvelle vie. Même si en contrepartie, il y avait évidemment le fait que Cosette n’allait pas pouvoir continuer de voir Marius. Jean Valjean en avait parfaitement conscience, mais ce n’était pas un détail qui le chagrinait de trop.

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Mar 24 Nov - 20:58

Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant


L'appartement de la rue de l'homme armé, cela aurait pu être une bonne nouvelle en soi. Cet appartement, bien moins luxueux mais sans doute plus sûre à l'heure actuelle, était toujours entre les murs de Paris, elle ne s'éloignerait donc pas trop de Marius... mais ce ne serait que pour quelques jours. Elle s'y était attendue avant même que le couperet tombe. Elle devinait bien qu'il se trâmait quelque chose de dangereux, elle le savait depuis un moment, cette fuite perpétuelle avait forcément une origine, et la certitude l'avait gagnée quand elle avait rencontré l'inspecteur de police Javert. Ils voulaient qu'ils partent loin. Pire que loin. Qu'ils traversent la manche et qu'ils traversent l'Angleterre. Cette pensée fit immédiatement couler des larmes le long de ses joues. Elle avait erré toute sa vie, comme une âme perdue qui se racrochait à son père et se laisser entraîner dans une vie certes heureuse mais sans perspective d'avenir. Elle avait enfin rencontré son destin, elle avait rencontré Marius. Elle n'aimerait jamais quelqu'un comme lui, elle se résignait à ne plus jamais aimer personne si leurs chemins devaient si cruellement se séparer. Elle savait son père inquiet, ses regards furtifs à la fenêtre en disaient long, et son inquiétude était légitime. Il fallait qu'ils s'en aillent, mais comment pouvait-il si peu tenir compte de ses sentiments ? Il savait qu'elle aimait, il savait que son coeur resterait à Paris s'ils devaient rejoindre l'Angleterre, mais il ne cherchait pas d'autres solutions.

"J'aimerais..."
Cosette hésita, sa voix sanglotante se perdit dans le vide pendant plusieurs secondes avant qu'elle ose reprendre la parole. Qu'avait-elle à perdre, après tout ? Si elle s'en allait, elle aurait déjà tout perdu. Tout sauf son père, et oui, c'était déjà cela, mais si elle adorait et respectait son père, elle ne comptait pas seulement sur lui, elle n'avait pas envie de faire de choix, ni qu'on lui en impose. "Papa, j'aimerais que vous autorisiez Marius à venir nous voir avant notre départ. Je ne saurais partir sans lui avoir dit "adieu"."

Elle ne comptait pas lui dire "adieu", prononcer ces mots un jour au jeune homme lui serait insupportable, mais elle voulait absolument voir Marius quoi qu'il arrive, et elle échapperait moins facilement à la vigilance de son père dans l'appartement de la rue de l'homme armé. Et elle nourrissait l'espoir, par ailleurs, que Marius sache plaire assez à son père pour qu'il comprenne sa sincérité, et combien il l'aimait. Il comprendrait, il saurait qu'il n'avait pas le droit de les séparer. Il pouvait être dur, parfois, et il avait ses raisons d'être inquiet, mais il tenait à son bonheur, Cosette savait qu'il avait sacrifié beaucoup de choses en ce nom. Son bonheur dépendait à la fois de lui et de Marius, les deux hommes de sa vie. Ensemble, ils trouveraient une solution, il ne pouvait en être autrement. Sinon, ses larmes ne sècheraient jamais.

     
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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Sam 19 Déc - 15:43

Cosette & Valjean
Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.
Jean Valjean réfléchissait à leur départ depuis un long moment, parce qu’il savait que l’étau était en train de se refermer sur lui. Quand il avait croisé Javert dans un premier temps, pensant qu’il ne l’avait pas reconnu, il avait simplement voulu se montrer prudent en envisageant un départ. Départ qu’il avait retardé parce que sa tendre fille le lui avait demandé. Il n’aurait pas dû vraiment, parce qu’il se rendait compte maintenant que l’inspecteur continuait d’être sur son dos et qu’il avait vu clair dans son jeu. L’homme n’avait aucun doute sur son identité, il allait donc arriver chez eux pour l’arrêter sans doute d’une minute à l’autre. L’ancien forçat pensait qu’il n’avait pas de temps pour discuter avec sa fille et voulait de sa part une réactivité. Il fallait qu’elle prépare ses affaires, qu’elle se prépare, parce qu’ils devaient rejoindre l’un des appartements qui lui appartenait. Pendant un temps seulement, puisque les projets de Valjean les conduisaient bien plus loin. A ses yeux, il n’avait plus aucune autre solution. Cela ne servait à rien de se contenter de changer de ville, Javert allait continuer de le chercher. Et maintenant qu’il l’avait retrouvé, il était certain qu’il n’allait pas mettre bien longtemps avant de le retrouver encore. Ils ne pouvaient donc pas rester à Paris, mais encore moins en France. C’était radical, mais ils n’avaient pas le choix. Valjean ne pensait vraiment pas qu’ils pouvaient s’en sortir autrement et il n’avait aucune intention de partir seul. Même s’il avait songé, pendant un temps, qu’il pouvait offrir un beau mariage à celle qu’il considérait comme sa propre fille (et qu’il aimait tant que telle), afin de la rendre heureuse, mais il ne parvenait vraiment pas à s’y résoudre. Il en était parfaitement incapable, il ne pouvait pas l’abandonner ici et la perdre pour toujours. Parce que c’était évident, ils se perdraient s’ils ne partaient pas ensemble.

Et visiblement, Cosette comprenait les enjeux de ce départ aussi. Le vieil homme sentit son cœur manquer un battement quand il vit les larmes remplir les yeux de la jeune femme. Même s’il savait qu’en prenant cette décision il lui faisait de la peine – comment cela aurait-il pu en être autrement à cause de ce Marius de pacotille ? – il n’aimait pas pour autant le voir directement. Mais c’était le mieux pour tout le monde, Jean Valjean voulait se convaincre qu’il prenait la bonne décision. Sauf qu’évidemment, il savait parfaitement que ça allait être difficile pour elle. Le vieil homme attendit avec une certaine crainte de savoir ce que Cosette voulait qu’il lui accord. Quand il comprit, quand il l’entendit demander à ce que Marius vienne les voir avant leur départ, pour qu’ils puissent se dire adieux. Sur le moment, l’ancien forçat eu envie de dire non directement à cette requête, mais il se retint. Il voyait bien que sa fille était attristée et elle lui disait bien que c’était pour qu’ils se disent adieu. Cela signifiait bien qu’elle renonçait à lui pour le suivre. Valjean poussa alors un soupire avant de prendre la parole.

« Je ne sais pas si c’est vraiment prudent… »
Il marqua une pause avant de reprendre. « Mais d’accord, il pourra venir. » Il s’approcha de sa fille, posant délicatement ses mains sur ses épaules, en plongeant son regard dans le sien. « Mais en attendant, j’aimerais que tu prépares tes affaires Cosette. Nous sommes vraiment pressés. »

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Ven 19 Fév - 0:26

Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant

Cosette reconnaissait s'être attendu à un "non" définitif de la part de son père. Ce dernier était un homme bon, aimant, qui avait fait trop de sacrifices pour elle pour qu'elle ne se sente pas un peu ingrate quand elle venait à vouloir lui tenir tête ou qu'elle lui faisait des reproches. Elle savait bien qu'il faisait du mieux qu'il pouvait, qu'il lui avait presque entièrement voué sa vie, et que c'était assez ingrat de sa part de lui tourner en partie le dos par amour pour un autre. Mais rien ne remplace l'amour d'un père. Celui qu'elle dévouait à Marius était né dans son coeur au moment où leurs regards s'étaient croisés, et maintenant, elle devait vivre avec deux amours qu'elle refusait de croire incompatibles, même s'il faudrait peut-être forcer le destin pour qu'ils le deviennent. Elle s'attendait à un refus, en effet, et elle se sentait sur le point de l'obtenir quand son père lui fit remarquer que ce n'était peut-être pas prudent. Elle avait déjà tous les arguments à l'esprit pour lui dire le contraire, elle lui aurait répété qu'il pouvait avoir toute confiance en Marius, qu'il viendrait les trouver discrètement, que personne n'aurait vent de cette visite sinon les principaux concernés, mais elle devait finalement garder ce plaidoyer pour elle. Parce qu'il accepta, et cela fit naître un sourire inespéré sur ses lèvres. Il acceptait de rencontrer Marius, enfin ! C'était plus qu'elle n'avait osé en espérer alors. En guise de remerciement, elle se serra quelques secondes dans les bras de son père.

"Merci papa, merci !"


On entendait toute la reconnaissance du monde dans cette phrase. Et pourtant... Pourtant, rien n'était gagné. Elle avait parlé de faire ses adieux à Marius, elle n'avait rien dit d'autre, et ses intentions étaient très différentes, pourtant. Non, elle n'avait aucune intention de dire adieu à l'homme qu'elle aimait. Ni maintenant, ni jamais. Elle voulait juste provoquer leur rencontre, convaincue que si son père découvrait Marius, comprenait la sincérité de ses sentiments, et devinait qu'il n'avait que de bonnes intentions envers sa fille, il accepterait leur idylle. Ce serait aussi l'occasion pour Cosette d'apprendre à Marius son départ. Même si les choses se passaient mal, elle voulait croire que découvrir cela leur permettrait de contrer le destin. Si il décidait de fuir avec elle, ou elle de rester vivre avec lui tout en préservant son père du danger... Alors ils seraient sauvés, tous.


"Je fais vite."
ajouta-t-elle, ne demandant rien de plus à son père, cette fois, s'affairant à préparer comme il se doit ses affaires.

Elle avait quand même le coeur lourd à l'idée de partir, mais elle se sentait plus légère malgré tout. Cette maison était chargée de plaisants souvenirs, mais il ne tiendrait qu'à elle d'en créer d'autres. Dès qu'elle aurait tout empaqueté, elle écrirait rapidement une lettre pour Marius et la laisserait sur le grillage du jardin. Il saurait ainsi où venir la retrouver.

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Jeu 31 Mar - 23:01

Cosette & Valjean
Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.
Jean Valjean ne savait vraiment pas pourquoi il acceptait la requête de sa fille. Enfin si, il savait, il avait envie de mettre un terme à cette conversation pour qu’ils partent rapidement de cette maison. Au vu de la situation avec l’inspecteur Javert, il était important qu’ils quittent cette maison. L’homme risquait de les retrouver et il était évident qu’il ne les laisserait pas partir facilement. Si Cosette était aux côtés de Valjean, il se disait qu’il allait avoir plus de mal à échapper aux griffes du représentant de la justice. Il avait déjà eu énormément de chance précédemment, il n’allait pas courir le risque. Ce n’était pas maintenant que l’homme devait prendre le risque que tout disparaisse, par une simple erreur. Ils devaient donc partir et ils n’avaient pas le temps à perdre en discussion inutile. Jean Valjean préférait donc largement dire à Cosette que son Marius Pontmercy pouvait venir la voir afin qu’elle lui fasse ses adieux, dans le seul but de la pousser à finir de préparer ses affaires. L’homme devait bien avouer qu’il avait un peu honte de ce qu’il faisait, mais il n’était pas vraiment à ça prêt. Valjean allait faire en sorte que Cosette n’ait plus envie de voir son cher et tendre avant leur départ, ou alors s’arranger pour que ce dernier ne le veuille ou ne le puisse plus. Il allait bien trouver une solution, mais pour le moment il ne devait pas trop s’attarder à la réflexion. Son cœur manqua cependant un battement quand la jeune fille se serra dans ses bras pour le remercier. Elle ne méritait pas vraiment qu’il se comporte de cette manière avec elle, mais c’était pour son bien. L’homme pensait vraiment qu’il agissait pour le bien de sa fille, pour qu’elle puisse vivre sereinement sans avoir peur de la justice (même si c’était lui qui était dérangé par la justice).

Valjean se contenta d’un hochement de tête quand Cosette affirma qu’elle allait faire vite ses bagages. De son côté, l’homme ne manqua pas de le faire aussi de son côté. Ils n’allaient pas pouvoir tout prendre d’un coup, ils devaient prendre leurs affaires principales pour le moment. L’ancien forçat allait s’arranger pour que le reste de leurs affaires leur soient livrés, qu’ils puissent tout emmener en Angleterre puisque c’était effectivement leur destination. Il règlerait ses soucis plus tard de toute façon, quand ils seraient en sécurité. Pour l’heure, il était important qu’ils quittent cette maison afin de se rendre dans un autre appartement. Les minutes qui passaient lui semblaient tellement court, l’homme ne pouvait pas s’empêcher de jeter encore et encore des coups d’œil à la fenêtre. Jean Valjean jeta un rapide regard à Cosette qui préparait ses affaires avant de quitter sa chambre et d’aller préparer d’autres affaires dans une autre pièce. L’idée de la laisser seule ne lui plaisait pas, mais il ne pouvait pas l’avoir à l’œil tout le temps non plus – même si cela permettait à sa fille d’écrire une fameuse lettre qu’il n’allait pas aimer – il avait des choses à faire. Au bout d’un moment, trop long sans doute, il revint vers Cosette.

« Tu es prête ? »

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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Mar 26 Avr - 0:36

Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant

L'écriture d'habitude fine, soignée, appliquée et élégante de Cosette ne l'était pas tant alors qu'elle écrivait aussi vite qu'elle le pouvait le mot qu'elle comptait adresser à Marius. Son écriture était moins droite, et l'encre avait bavé à certains endroits, mais tant pis, le fond du message était bien plus important que sa forme. Tant que l'homme qu'elle aimait recevait sa missive, c'était tout ce qui lui importait. Tandis qu'elle cachetait l'enveloppe sur lequel elle avait inscrit le nom du jeune homme, elle espérait qu'il lui pardonnerait la concision de son courrier. Elle avait eu beaucoup de choses à lui dire, et une seule lettre ne lui suffirait pas à exprimer au jeune homme tous les sentiments qu'il lui inspirait, mais elle avait du pallier au plus pressé. Ce qui comptait, pour le moment, c'était surtout qu'il sache où la trouver et qu'elle pensait fort à lui. Tout en se montrant très concise, elle avait donc bien pris soin de lui exprimer, avec quand même ce qu'il fallait de bienséance, l'amour qu'elle lui portait, afin d'être certaine qu'il n'ait pas de doute à ce sujet, et qu'il accepte d'autant plus de venir la trouver où elle habiterait, afin de rencontrer par la même celui qu'elle considérait comme son père de coeur. Il viendrait forcément. il ne passerait pas à côté d'une occasion de la voir, elle ne pouvait avoir de doute là-dessus, elle en avait plus au sujet de son père, en fait. Elle avait eu envie de le croire sur parole, quand il lui avait dit bien vouloir qu'elle fasse ses adieux à Marius, mais, même si ça la chagrinait, elle ne savait pas si elle pouvait vraiment le croire. Dans le doute, elle préférait en tous cas prendre les devants. Et c'est pour cette raison qu'elle prit grand soin de vérifier que son père ne la surveillait pas quand elle courut jusqu'au grillage du jardin y déposer sa lettre. Il n'avait normalement pas le droit de le lui interdire, mais elle ne voulait pas qu'il la surprenne, encore moins qu'il l'intercepte.

Ce fut soulagée et en même temps essoufflée qu'elle revint à temps dans sa chambre, sans que son père ne l'ait vue ou entendue (elle n'en avait pas le sentiment, en tous cas). Elle eut le temps de reprendre contenance et son souffle en même temps qu'elle empaquetait ses dernières affaires. Elle refermait sa malle, chargée précipitamment de vêtements qu'elle aurait plus soigneusement pliés si la situation n'était pas si urgente, quand son père parut de nouveau dans sa chambre, lui demandant si elle était prête. Cosette tourna son regard en direction de cet homme qu'elle respectait et avait pourtant quand même assez craint pour agir comme elle l'avait fait tout à l'heure sans oser lui demander son consentement, afficha l'ombre d'un sourire et hocha la tête. Elle aurait encore retardé le moment de partir d'ici, si elle l'avait pu. Elle aimait cette maison, pour la première fois depuis le début de leurs années d'errance, elle s'était autorisée à se sentir chez elle. Elle y avait tant de beaux souvenirs. Mais elle ne se permettrait pas de contrarier son père une fois encore. Elle approuva donc, d'attitude docile.


"Je suis prête."
Elle empoigna sa malle dans sa main, celle-ci était bien lourde. "Je vous suis."
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Message#Sujet: Re: Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant (Cosette)   Mar 24 Mai - 11:50

Cosette & Valjean
Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.
Ils ne devaient pas trainer plus, ils devaient rapidement partir de cette maison. Valjean n’avait aucune idée de combien de temps ils avaient devant eux avant que les forces de l’ordre ne vienne visiter cette maison. Il ne pouvait pas prendre le risque de devoir courir avec leurs affaires dans les rues de Paris, poursuivit par Javert et ses hommes. Alors, ils devaient partir maintenant et quand Valjean vint retrouver Cosette, il fut ravi d’apprendre qu’elle était prête. Depuis le temps que la jeune femme était dans sa vie, Jean Valjean avait appris à voir quand elle était triste et c’était le cas présentement. L’homme savait parfaitement pourquoi, ils avaient pu vivre pendant un temps dans cette maison sans n’avoir pas eu besoin de partir. Depuis le couvent, ils n’avaient pas vécu au même endroit aussi longtemps que maintenant. Et pourtant, ils devaient de nouveau partir. L’ancien forçat savait parfaitement que ce n’était pas évident pour sa fille, mais ils n’avaient pas le choix. La vie serait bien plus belle une fois qu’ils auraient traversé la manche et qu’ils se trouveraient dans un autre pays. Ils n’auraient plus aucune raison de fuir et ils pourraient vivre normalement sans avoir peur. Même si pour cela, ils devaient abandonner certaine chose. Valjean s’approcha doucement de sa fille et vint caresser son doux visage du revers de sa main. Il n’aimait pas la voir triste, même si c’était évidemment lui qui en était la cause. Il préférait largement la voir sourire franchement, ne pas voir cette ombre sur son visage. Mais ça reviendrait, comme toujours. Cosette avait été une petite fille triste et apeuré lors de leurs rencontres et elle avait mis du temps avant de redevenir joyeuse et de rire. Cela reviendrait.

Sans un mot, Jean Valjean attrapa à son tour la poignée de la malle de la jeune femme pour la porter. Il était bien assez fort pour porter les deux malles qu’ils devaient transporter pour le moment. Si tout se déroulait bien, l’ancien forçat allait parvenir à faire transporter plus de leurs affaires dans leur voyage. Mais pour l’heure, ils étaient bien trop pressés par le temps. Emportant donc les deux grosses valises, l’homme sorti de la chambre de sa fille pour descendre les escaliers et rejoindre la rue. Il ne prononça toujours aucun mot alors qu’il se mettait à marcher dans la rue, en compagnie de Cosette. Quand ils furent assez loin de l’ancienne maison, ils retrouvèrent une voiture que l’homme avait prévue. Valjean mit les deux valises dans le coffre, avant d’ouvrir la porte pour permettre à Cosette d’y entrer et de faire signe au cochet et d’entrer à son tour. Ils étaient partis.

Pendant tout le trajet, l’homme ne quitta pas la rue des yeux. Il craignait encore de voir les policiers à leur trousse, mais aucune ombre d’eux ne lui parvint. Le trajet lui sembla long avant qu’ils n’arrivent enfin à destination. Valjean descendit de la voiture, aida Cosette à le faire aussi, et paya le cochet grassement autant pour son service que pour son silence. Ils venaient de nouveau de tourner une page de leur histoire et ils partaient pour de nouvelles aventures. Jean Valjean ne se doutait simplement pas de quel genre d’aventure.

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