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 "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]

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Message#Sujet: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mar 22 Sep - 17:02


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine n'avait pas de quoi être fière quant à ce qu'elle s'apprêtait à faire, et ce qu'elle avait dors et déjà fait à plus d'une reprise, mais la fierté était l'apanage de ce qui pouvaient se permettre d'avoir à la fois l'honneur et la dignité, et la jeune femme n'était pas certaine d'avoir possédé ces qualités un jour. Elle était née sans, elle ne les avait jamais gagné. Alors, pour survivre au jour le jour, et parce qu'elle avait su exploiter un filon, la fille Thénardier se rendait très régulièrement dans ces coulisses, non par admiration pour la comédienne de l'homme qui rit, mais parce que, dès lors qu'elle avait compris pouvoir abuser de sa naïveté, mais aussi et surtout de sa cessité, elle n'avait plus cessé de le faire. Oh, elle n'en était pas particulièrement contente, non, d'autant que Dea lui était très sympathique, incarnant à peu près tout ce que Ponine ne serait jamais, et elle comprenait parfaitement que Zelma se soit prise d'amitié pour elle. Mais en attendant, il fallait bien vivre au quotidien, qu'importe la méthode. Dea n'avait pas à se plaindre pour autant. Certes, elle n'avait pas une vie moins précaire que la sienne, et ses yeux ne pouvaient s'ouvrir sur le monde, mais elle avait un bien précieux, qu'Eponine ne possédait qu'à moitié : une famille aimante, prête à tout sacrifier, pour elle. Dans le cas de Ponine, on assistait plutôt à l'inverse, c'était elle, que ses parents n'hésiteraient certainement pas à sacrifier si cela pouvait leur être profitable. Par moments, elle n'était qu'une vulgaire marchandise, et à d'autres moments, elle n'agissait pas différemment de ses parents, exploitant les faiblesses d'autrui, comme celle de la belle Dea.

Elle avait donc fait route jusqu'à Montmartre, où les Girardet étaient installés depuis quelques temps, dans l'espoir de voir Dea et de ne pas être vue d'elle tandis qu'elle abuserait de sa confiance. Pénétrant la roulotte où étaient entreposés les costumes de scènes de cette famille d'artiste, et qui servait également de loge à la jeune femme, Eponine s'annonça, espérant trouver la demoiselle, et rentrer ce soir-ci avec ne serait-ce qu'un maigre larcin.

-Dea ? Tu es là ?


Elle allait s'avancer d'un pas supplémentaire à l'intérieur quand son regard croisa deux prunelles pour leur part on ne peut plus valides. C'était Gwynplaine, le frère de Dea. Et son absence de discrétion volontaire avait toutes les chances de lui causer du tort si elle ne trouvait pas pas immédiatement une parade. Le plus simple était de dire la vérité, tout d'abord. Qu'elle était venue trouver celle qu'elle venait tout juste d'interpeller. Après tout, il n'y avait pas de mal en soi à avoir voulu voir la jeune femme.

-Désolée d'vous déranger.
s'excusa-t-elle immédiatement. Vot' soeur est pas là ?


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Lun 19 Oct - 17:02

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine était tranquillement installé dans la roulotte qui servait d’entrepôt de costume des Girardet, le nez plongé dans un livre qu’il était en train de lire. Déa et Ursus étaient sortie faire un tour et le jeune homme n’avait pas vraiment voulu les suivre. Ces derniers temps, il s’isolait plus encore que d’habitude. Parce qu’il y avait eu des conversations un peu difficile avec les membres de sa famille et qu’il se sentait vraiment perdu. La situation aurait pourtant été bien plus simple s’il était juste capable de se contenter de ce qu’il avait. Le pire était que le jeune homme en avait parfaitement conscience, mais quand il s’y tentait, il n’y parvenait pas. Il continuait de rendre visite à la duchesse qui venait voir leur spectacle, en secret la nuit. Alors que son père et sa sœur d’adoptions étaient forcément au courant de ces visites nocturnes, on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils avaient la possibilité de cacher quelque chose aux autres. Quand Gwynplaine ne se trouvait pas dans sa couche le soir venu, c’était qu’il était avec elle. Le jeune homme avait donc, encore une fois, eu envie de s’isoler un peu et il avait tenté de lire ce livre pour s’occuper l’esprit. Mais à peine avait-il lu deux ou trois mois que son esprit divaguait déjà complètement. Il ne parvenait vraiment pas à se concentrer comme il fallait.

Quand il entendit du mouvement, il crut un instant que son père et sa « sœur » étaient déjà de retour et il ne put s’empêcher de prendre une grande respiration. Mais ce fut une toute autre voix qui s’éleva et son regard se releva alors, découvrant une jeune femme qu’il avait déjà eu l’occasion de croiser parfois en compagnie de Déa. Il ne connaissait rien d’elle, il savait simplement qu’elle s’entendait bien avec elle et devina qu’elle devait être là pour elle. Quand elle le remarqua, elle s’excusa de le dérangeait avant de lui demander si Déa était présente.

« Elle est sortie avec notre père. »
Répondit simplement, n’aillant pas spécialement envie d’entrer dans les détails de cette sortie. « Vous lui voulez quoi ? »

Gwynplaine ne se montrait peut-être pas des plus agréables, mais c’était un peu son attitude générale en ce moment de toute façon. Il n’avait rien contre cette fille, surtout si Déa l’appréciait, il était simplement curieux. Peut-être que cette fille avait simplement envie de passer du temps en compagnie de l’aveugle et l’idée en soit plaisait à Gwynplaine. Parce qu’il appréciait de voir sa « sœur » en compagnie d’amie, cela lui permettait un peu de s’éloigner des membres de sa famille. De lui aussi… Qu’elle réalise qu’elle n’avait pas que lui dans sa vie et surtout qu’elle méritait vraiment bien mieux que son monstre de « frère ». Quoi que le jeune homme n’avait évidemment aucune envie qu’elle s’éloigne de trop, il était d’une contradiction étonnante.

« Je sais pas quand elle revient, elle va peut-être mettre du temps. »
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mer 21 Oct - 15:39


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
C

omme Éponine s'en était doutée à l'instant de ne croiser que Gwynplaine, la belle et innocente Dea n'était pas là, apparemment partie en balade avec le vieil Ursus. Cette situation aurait pu grandement l'arranger (l'occasion en or de fouiller de fond en comble les lieux dans l'espoir d'y trouver quelques richesses - non, ce n'était vraiment pas loyal, comme méthode, mais elle n'était plus à cela après, et ça l'était certainement plus que de profiter de la cessité d'une pauvre aveugle), mais non, elle se retrouvait à présent face à Gwynplaine, et elle ne pensait pas pouvoir lui faire avaler les mêmes couleuvres qu'à sa cadette. Ce n'était pas pour rien qu'Éponine s'était jusque là arrangée pour voir Dea quand Gwynplaine n'était pas dans les parages. Il l'impressionnait un peu. Et, histoire de faire un peu de délit de facies (c'est le cas de le dire), elle n'était pas, comme d'autre, fascinée par la cicatrice qui scindait son visage en un sourire affreux, elle était simplement intimidée. Elle n'était pas mécontente, d'ailleurs, qu'il porte à l'instant, son foulard. Elle était ainsi un peu moins impressionnée et pouvait répondre à son interlocuteur sans balbutier ou perdre tous ses moyens quand il lui demanda ce qu'elle voulait à Dea, avant d'ajouter que, venant de partir, elle risquait d'en avoir pour longtemps (c'était bien sa veine, tiens). Ce qu'elle était venu faire ? Rien que la morale n'ait pas tendance à réprimer, et elle ne pouvait évidemment pas se permettre d'apprendre les faits bruts à son interlocuteur, elle n'était pas bête. Pas aussi bête que ce que l'on pouvait penser d'elle en tous les cas. Elle trouva finalement l'excuse la plus banale possible, mais celle-là même qu'elle aurait également servie à Déa si c'était elle qu'elle avait trouvé ici.

-Oh, j'voulais seulement la voir un peu. J'l'aime beaucoup, vot' soeur, vous savez.
dit-elle dans un léger sourire qui devait servir de preuve à sa bonne foi (qui n'en était pas une). Elle hésita, c'était peut-être le moment de partir, du coup. D'un autre côté, bien qu'impressionnée par Gwynplaine, elle se disait que se mettre le frère, en plus de la soeur, dans la poche, ça ne pourrait de toute façon pas faire de mal, bien au contraire. Quoi qu'il serait peut-être un peu moins simple à amadouer que la frangine. Pour cette raison, Eponine tentait d'appuyer sur la corde sensible sans être vraiment certaine de la connaître, cette fameuse corde. Si elle complimentait la soeur, peut-être cela toucherait-il le frère ? En tous cas, j'suis contente de faire enfin votre connaissance, Dea m'a beaucoup parlé de vous.

Et c'était vrai. En même temps, difficile pour Dea de faire différemment, au fond, puisque Dea passait le plus clair de son temps avec son père et son frère. Il était bien normal, en vérité, qu'ils soient le principal sujet de ses conversations.


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Lun 9 Nov - 15:12

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine devait bien avouer qu’il appréciait d’entendre quelqu’un dire qu’il appréciait sa sœur. Déa ne pouvait qu’être appréciée des autres de toute façon, elle était la pureté incarnée. Evidemment, le jeune homme ne se doutait pas que la fille qu’il avait sous les yeux était en train de lui mentir comme une arracheuse de dents. Il ne la connaissait pas assez pour se douter qu’elle mentait et qu’elle n’était pas honnête, simplement parce qu’il était incapable de le voir sur son visage. Elle afficha même un sourire pour appuyer un peu plus sa sincérité. Et il fallait bien dire que le jeune homme n’était pas suffisamment objectif concernant sa « sœur » pour croire que quelqu’un soit capable de la manipuler comme Eponine. Alors que justement, Déa était sans doute la personne la plus manipulable sur Terre. Parce qu’elle était trop gentille pour que ça ne soit pas le cas. Gwynplaine pensait donc qu’Eponine appréciait sincèrement Déa et qu’elle avait simplement voulu passer un peu de temps avec elle. Sauf que c’était raté, parce que la jeune aveugle avait quitté la roulotte qui servait de demeure aux Girardet avec leur père adoptif. Autant dire qu’il y avait peu de chance qu’Eponine puisse la voir, à moins qu’elle reste un long moment ici. Le mieux était sans doute qu’elle s’en aille et qu’elle revienne plus tard.

C’était ce que Gwynplaine s’attendait à ce qu’elle fasse, mais elle reprit alors la parole. Elle affirma qu’elle était contente de faire sa connaissance et qu’elle avait longuement entendu parler de lui par sa « sœur ». Il ne fallait pas plus pour attiser grandement la curiosité du jeune homme. Il avait envie d’en savoir plus, même si ce n’était pas forcément une bonne chose. Il se demandait bien ce que Déa avait pu dire à son sujet à la jeune femme. L’homme qui rit ne pouvait pas s’empêcher de se demander si sa « sœur » de cœur avait parlé en détail de la situation de la famille. De ce qu’il y avait, sans y avoir vraiment, entre eux.

« Ah bon ? » Gwynplaine hésita quelques secondes avant de reprendre. « Et elle vous a dit quoi ? »

Oui, c’était peut-être étrange de sa part de poser cette question alors qu’il s’agissait officiellement de sa sœur et qu’elle n’avait pas de raison de dire quelque chose de particulier aux autres à son sujet, mais tant pis. Le jeune homme avait bien trop envie de savoir ce que Déa pouvait dire aux autres à son sujet. Surtout aux personnes avec qui elle était proche comme cette jeune femme. Ça ne se faisait pas vraiment, mais tant pis. Après tout, c’était Eponine qui avait lancé le sujet. Gwynplaine aurait sans doute mieux fait de retourner le « compliment » à Eponine et lui dire qu’il avait souvent entendu parler d’elle – même si ce n’était pas entièrement vrai – mais il avait tendance à se montrer bien souvent égoïste. Ce n’était pas nouveau et ça n’allait pas s’arranger avec le temps.
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mar 10 Nov - 21:33


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
S

ans s'en formaliser, Éponine était assez surprise de voir son interlocuteur ainsi étonné que Dea ait parlé de lui, peut-être parce qu'elle avait utilisé l'adverbe "beaucoup", qui laissait sans doute supposer que la belle aveugle était intarissable au sujet de son frère d'adoption. En soi, Éponine trouvait bien normal que Dea parle bien souvent de Gwynplaine, eux qui passaient le plus clair de leur temps ensemble et étaient presque tout l'un pour l'autre. Après tout, si Ponine commençait à parler de Zelma (et de même, elle le faisait souvent, et elle trouvait cela parfaitement logique), elle aussi avait bien des choses à dire, et que du positif, forcément, toutes les deux s'entendaient comme larrons en foire, après tout (quoique Ponine pouvait parfois reprocher à Zelma de se mêler de ce qui ne la regardait pas, surtout en ce qui concernait le beau Marius). Dea ne s'était jamais pleinement confiée à Éponine, leurs relations étaient restées globalement superficielles, et la miséreuse n'était absolument pas au courant des vrais sentiment de la "soeur" pour son "frère", ni de ce que l'irruption d'une duchesse à la chevelure de flammes faisait vaciller de certitudes chez elle. Alors, si elle pouvait comprendre que son interlocuteur soit curieux de découvrir ce qui se disait de lui (qui ne l'était pas ? Personne ne pouvait se targuer d'être à ce point désintéressé. Ce n'était pas de l'égoïsme, c'était dans la nature de tout être humain, voilà tout), elle n'était pas certaine d'avoir grand chose de bien passionnant en définitive. Gwynplaine devrait sans doute un ou une autre pour voir sa curiosité pleinement assouvie.

-Oh, que des jolies choses
, affirma-t-elle avec verve pour répondre à sa question (sachant qu'elle n'aurait de toute façon pas répondu autre chose même s'il fallait mentir. Ceci dit, c'était la pure vérité, en même temps, Éponine était convaincue que son interlocutrice était incapable de médisance). Que vous êtes un homme bon et un frère exceptionnel, et qu'vous êtes cent fois moins vilain dedans que vous l'êtes dehors.

Même si elle ne pouvait pas en savoir grand chose, au fond, aveugle qu'elle était, mais c'est qu'elle devait en entendre, des commentaires, sur ce physique qu'elle ne pouvait pas voir. En tous cas, elle ne pouvait rien lui dire de plus parce qu'elle ne savait rien de plus. Sinon que le jeune homme avait beaucoup de chance d'avoir une famille qui tienne à ce point à lui, une soeur à ce point aimante. Tout le monde n'avait pas cette chance. Certes, Ponine avait elle aussi une soeur aimante, mais elle échangerait sans nul doute son paternel contre le bourru Ursus absolument n'importe quoi. Ponine ne savait trop si le jeune homme réalisait bel et bien sa chance, c'était plus simple d'envier ce que l'on n'a pas que de prêter garde à ce que l'on a sous les yeux.


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mer 2 Déc - 14:40

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine se doutait que cela pouvait sembler étrange qu'il pose ainsi cette question à Eponine, mais il n'était pas parvenu à se retenir. Le jeune homme était forcément curieux de savoir ce que Déa, sa chère Déa, pouvait bien raconter sur lui à ses amies. La jeune femme était solitaire, elle n'avait pas énormément d'amie et de personne à qui se confier, alors peut-être qu'elle l'avait fait avec celle qu'il avait à présent sous les yeux. L'homme qui rit ne pouvait donc pas s'empêcher de se poser la question, se demandant jusqu'où sa "soeur de coeur" avait bien pu aller dans la confidence. Elle parlait apparemment beaucoup de lui, mais en quels termes ? Gwynplaine avait envie de savoir, il n'allait pas manqué de le savoir puisqu'Eponine répondit à sa question. Elle affirma dans un premier temps que Déa ne disait que des jolies choses le concernant. C'était sans doute idiot, mais ce détail lui fit chaud au coeur. Il sourit d'ailleurs, sous le foulard qu'il portait par dessus son visage. Il ne devrait évidemment pas être aussi touché normalement que Déa parle de lui en bien à ses camarades, mais encore une fois il ne se contrôlait pas. Il était tout bonnement incapable de se comprendre quand il était question de la jeune aveugle, ou encore de la duchesse. Cela lui faisait vraiment plaisir d'apprendre que sa soeur parlait en bien de lui, alors qu'elle avait énormément de raison de lui en vouloir. Elle avait beau essayé de se rapprocher de lui, mais il ne faisait que la repousser encore et encore.

Eponine reprit la parole, affirmant que Déa disait qu'il était un être bon et frère exceptionnel. Si la jeune femme avait eu le loisir de voir son visage (mais pas sur qu'elle aurait apprécié), elle aurait vu son sourire s'éteindre petit à petit. Est-ce que c'était parce qu'elle parlait de lui en terme de frère ? Non, il faisait la même chose de son côté. Officiellement, lui et Déa étaient simplement frère et soeur, si on ne prenait pas garder à ce qu'ils ressentaient. Ils seraient bien plus si le jeune homme parvenait à juste lâcher prise et arrêter de reculer quand elle s'approchait. Il n'avait donc aucune raison de lui en vouloir, cela serait l'hôpital se foutant de la charité, complètement. Cependant, elle disait donc qu'il était quelqu'un de bon, meilleurs en dedans qu'en dehors ? C'était ce qu'elle lui disait tout le temps, ce qu'il ne parvenait pas à croire. Elle ne se contentait pas de lui assigner ce discourt dans le but de l’apaiser, elle le pensait vraiment.

"Ma soeur est aveugle."

Se contenta-t-il de remarquer, même si c'était bien sûr évident pour tout le monde. Ce qu'il voulait dire par là, c'était qu'elle ne se rendait pas compte de la vérité et donc qu'elle se trompait. C'était ce qu'il se disait alors, que c'était justement l'inverse. Elle parvenait à voir au delà du physique, au plus profond des âmes. Sauf que Gwynplaine n'arrivait vraiment pas à l'accepter.
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Jeu 3 Déc - 18:08


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
T

out ce qu'avait pu dire Éponine au sujet de Dea, des propos qu'elle avait tenu concernant son frère, était la pure et simple vérité. Le mensonge était une seconde nature chez la jeune femme, il fallait bien savoir mentir, quand, comme elle, on vivait de la crédulité du chaland, il n'y avait pas d'autres choix. Mais, pour l'instant en tous cas, elle n'avait pas de raisons de ne pas rapporter aux mots près les mots de la saltimbanque. Et la jeune femme ne tarissait jamais d'éloges concernant son frère. Elle avait l'air de tenir à lui plus encore qu'une soeur normale tenait à son frère (quoique elle-même se montrait d'une gentillesse que peu d'autres pouvaient lui connaître quand il était question de Zelma), elle voyait au-delà de ce que les yeux voient, raison pour laquelle, souvent, Ponine craignait qu'elle réalise son manège, qu'elle sonde son âme et y découvre cette noirceur qui contrastait si bien avec la blancheur superbe de son âme à elle. Quand il avait ce foulard sur le visage, Gwynplaine n'était en vérité pas si déplaisant à regarder que cela, mais l'homme semblait faire de sa laideur un fardeau insurmontable, à se demander pourquoi il ne savait pas apprécier simplement des compliments qui venaient pourtant manifestement d'un coeur parfaitement pur et surtout aimant. Car oui, la réaction du jeune homme ne laissait pas le moins du monde entendre qu'il appréciait ce qui lui était dit, alors que le propos d'Éponine, et par extension, donc, celui de Dea, était on ne peut plus positif et logiquement agréable pour quiconque d'autre l'entendrait. Éponine ne put s'empêcher de grimacer quand Gwynplaine lui fit remarquer - fait pour le moins évident - que sa soeur était aveugle. Bien sûr, Ponine savait ce qu'il entendait par là, mais tout de mêle, il trouvait que sa réaction ne correspondait pas franchement à ce qu'elle lui apprenait.

-Ça j'avais remarqué.
répliqua-t-elle. J'vous répète juste ce qu'elle m'a dit. Voilà, pas la peine de lui reprocher ce que, à la limite, il pouvait reprocher à Dea, même si elle ne le mériterait pas vraiment. Elle pense que vous avez une belle âme, c'est tout c'que j'sais, c'est tout c'que je vous dit. Après, il pouvait bien en faire ce qu'il voulait. Après tout, la jeune femme n'avait pas la moindre intention d'interférer dans leur relation (plus ou moins incestueuse, même si ça, elle n'en savait rien), déjà, elle n'avait pas vraiment eu l'intention de parler à Gwynplaine, il se trouvait juste qu'il était là au moment où il cherchait quelqu'un d'autre. Elle vous aime beaucoup, vot' soeur. ajouta-t-elle.

Elle n'avait pas vraiment de raisons de lui préciser ça, mais elle avait ressenti comme le besoin de rassurer son interlocuteur. Elle éprouvait comme une sorte de... compassion ? Non, ce n'était pas le mot... Mais en tous cas, un quelque chose qui l'invitait à le rassurer. Parce qu'elle le ressentait en souffrance, et parce que les personnes en souffrance se reconnaissaient entre elles. Éponine était, après tout, bien placée pour savoir ce que cela faisait de ne pas se sentir à la hauteur.


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mar 12 Jan - 19:11

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine comprenait bien qu’Eponine ne puisse pas vraiment apprécier de l’entendre affirmer une évidence qui ne pouvait pas échapper à quelqu’un connaissant Déa. Elle était aveugle, cela tout le monde le savait et ce n’était clairement pas un secret. La jeune femme savait parfaitement que sa sœur était aveugle, mais ce n’était pas vraiment ce que le comédien sous entendait. Quand il disait cela, c’était surtout une manière pour lui de ne pas accepter les propos qu’Eponine lui disait, même si ces derniers ressemblaient énormément à Déa. Cependant, il n’aurait pas manqué de la contredire si elle lui avait dit cela de vive voix, sans passer par son amie (du moins celle qui pensait être son amie, sans savoir qu’elle se jouait surtout de sa sœur). Gwynplaine ne releva pas le fait que la jeune femme lui affirma qu’elle avait remarqué que Déa était aveugle, elle avait parfaitement raison de lui faire cette réflexion. Eponine se contentait effectivement de répéter ce que sa sœur avait dit à son sujet, comme il le lui avait demandé. Ce n’était pas la peine de sa part qu’il lui fasse ce genre de réflexion, sauf que Gwynplaine ne pouvait pas s’en empêcher. En même temps, le comédien et les relations humaines ce n’étaient vraiment pas une bonne affaire. Il n’y avait vraiment que sur scène qu’il parvenait à savoir exactement comment se comporter et quoi faire.

Eponine ajouta alors que Déa pensait qu’elle avait une belle âme. Oui, cela il le savait en effet, mais il ne parvenait vraiment pas à le croire. Comment pourrait-il avoir une belle âme après tout ? Contrairement à Déa, son âme était vraiment noire. Déa était vraiment un ange, il n’y avait pas plus belle âme qu’elle (et pas plus belle femme non plus, même si Gwynplaine arrivait quand même à être perturbé par une autre femme, une duchesse aux cheveux roux plus précisément). Quand Eponine ajouta ensuite que sa sœur l’aimait, Gwynplaine eut un doute soudain sur ce qu’elle voulait vraiment dire. Mais comme elle ajouta « votre sœur », il se détendit en se disant qu’elle ne voulait pas sous-entendre ce qu’il avait cru au début. Parce qu’au final, Déa et Gwynplaine n’étaient plus vraiment qualifiable de frère et sœur. Le jeune homme avait beau considérer la jeune femme comme sa sœur, les sentiments qu’il avait pour elle – mais qu’il ne voulait pas assumer – étaient bien plus fort que ce qu’un frère normal devrait ressentir pour sa sœur.

« Ma sœur a quand même tendance à aimer trop facilement les autre. »

Dit-il, d’un ton qui ne se voulait pas cassant, se contentant simplement de faire un constat. Déa était une douce personne, une bonne personne, qui avait un énorme cœur. Un trop grand cœur sans doute, mais en même temps elle ne serait pas elle si elle n’était pas comme cela. Gwynplaine l’aimait comme elle était et il n’avait aucune envie qu’elle change, mais quand même.

« Elle se confie souvent à vous ? »
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Sam 16 Jan - 10:59


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine aurait pu se sentir vexée par les propos de Gwynplaine, qui quelque part semblait déclarer que sa soeur aimait tout le monde, et que l'affection qu'elle lui accordait n'avait par conséquent pas grande valeur. Mais il en fallait bien plus pour que la jeune femme se sente offensée. D'autant que Gwynplaine était loin d'avoir tort. Ce qu'il disait de Dea, la jeune Thénardier le pensait également. Dea était une demoiselle parfaitement confiante et certainement naïve, qui accordait bien souvent sa confiance à tout va, qui voulait voir de la bonté en chaque être humain. Eponine était bien placée pour le savoir, puisqu'elle ne manquait pas de tirer profit de cette confiance et de cette gentillesse en même temps que de la cécité de la saltimbanque. Autant de faits qu'elle ne porterait bien sûr pas à la connaissance de Gwynplaine, qui ne manquerait pas de la renvoyer sur le champ. Et cet homme avait bien plus de chances de voir clair en elle (sans mauvais jeu de mot) si elle en disait trop. La jeune femme se contenta donc de hausser les épaules dans un léger sourire. Oui, Dea avait tendance à aimer trop facilement les autres. Par moments, cela pouvait bien évidemment lui porter préjudice, notamment en présence d'Eponine. Mais au fond, c'était aussi une qualité. Et tout comme elle aimait facilement autrui, autrui pouvait l'aimer bien facilement aussi. Même Eponine, face à tant de douceur et de bonté, éprouvait souvent des scrupules à ainsi se jouer de la crédulité d'une jeune femme qui était sans doute l'être le plus doux et le plus irréprochable de ce monde. Ça, c'est certain, elle portait bien son nom.

-Ça lui arrive.
répliqua Eponine quand Gwynplaine lui demanda si elle se confiait souvent à elle.

C'était sans doute exagéré que de le dire. Il était arrivé à Dea de lui parler de sujets relativement personnels, mais globalement, elles restaient tout de même en surface des choses, elle était bien loin de tout savoir. Elle ignorait complètement, par exemple, les sentiments que la soeur adoptive de l'homme qui rit nourrissait pour ce dernier. C'était un fait qu'elle s'était bien abstenu de lui confier. Et elle faisait bien, car Eponine aurait pu prendre la décision de s'en servir à mauvais escient, ne serait-ce qu'au cours de la présente conversation, dont elle ne savait trop comment elle pourrait bien tirer parti.

-Pourquoi, y'a quelque chose que vous voudriez savoir ?
demanda-t-elle avec une curiosité sincère.

Il y avait peut-être quelque chose à négocier, là. Peut-être saurait-elle extorquer quelque choser à son interlocuteur en échange d'une information qu'il lui faudrait sans doute inventer (elle avait tout de même hérité de son père un certain on pour la manipulation) ? Dans tous les cas, elle ne perdait rien à essayer. Ainsi, cette rencontre complètement fortuite aurait-elle une utilité au-delà de ce qu'elle avait envisagé.


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Sam 13 Fév - 23:13

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine n'avait aucune intention de blesser la jeune Eponine quand il affirma que sa soeur avait tendance à aimer trop facilement les autres. Ce n'était pas méchant, il se contentait vraiment de dire ce qu'il pensait, la stricte vérité. Si l'homme qui rit avait tendance à se montrer un peu méfiant envers les autres - quoi que cela dépendait des personnes, il ne l'était pas vis-à-vis de la duchesse, alors qu'elle n'était qu'un serpent venimeux - ce n'était pas le cas de sa soeur de coeur. La preuve en était avec Déa, mais cela le jeune homme ne le savait pas du tout. Il ne se doutait pas que celle qu'il avait sous les yeux n'avait qu'une seule envie, extorquer le plus possible son aveugle de soeur. Il ne parlait pas pour elle donc, il se contentait de dire cela d'une manière générale. Eponine semblait penser la même chose, puisqu'elle se contenta de lever les épaules. Le jeune homme le prit comme cela en tout cas, même s'il ne pouvait pas vraiment s'avancer. Cela ne changerait pas sa façon de penser de toute façon, il croyait vraiment que Déa avait tendance à aimer trop facilement les autres. Il parlait autant pour lui de toute façon, parce qu'il savait que c'était bien les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre qui étaient en train de les perdre. C'était si facile pourtant d'éviter la cassure, il suffisait à Gwynplaine de baisser les barrières qu'il s'était lui-même infligé pour rien du tout.

Le jeune homme ne put s'empêcher de se montrer un peu plus curieux, demandant à Eponine si sa soeur se confiait à elle. C'était évidemment pour une bonne raison, il se demandait ce que sa soeur avait pu lui dire. Est-ce qu'elle lui avait confié les sentiments qu'ils avaient (qu'elle avait en tout cas) ? Ou autre chose ? Gwynplaine ne pouvait pas s'empêcher de se montrer curieux. Eponine lui affirma donc que ça arrivait à Déa de le faire, avant de lui demander s'il voulait savoir quelque chose. Effectivement, c'était un peu le cas. Pendant quelques secondes, l'homme qui rit ne dit rien avant de reprendre.

« Nous avons quelques... différents par rapport à une duchesse. » Gwynplaine n'aimait pas vraiment en parler à une autre personne que sa famille, mais il avait un intérêt là-dedans. Le jeune homme savait parfaitement ce que Déa pensait d'elle, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'elle disait aux autres sur ce sujet. Malheureusement, ce n'était pas à la bonne personne qu'il s'adressait. « Est-ce qu'elle vous en a touché quelques mots ? »

Il n'avait pas envie de questionner Eponine directement sur des sujets plus personnels, parce qu'il n'avait aucune idée de ce que sa soeur aurait pu dire. Dans le doute, il préférait s'abstenir. Peut-être que celle qu'il avait sous son regard allait en dire un peu plus que ce qu'il se contentait de demander. Même si en fait, il ne demandait pas grand-chose après tout. Il verrait bien, peut-être que Déa n'avait rien dit du tout de toute façon. Comme Gwynplaine n'avait pas vraiment l'habitude de se confier sur sa vie personnelle avec d'autre personne que sa famille, cela même s'il ne parvenait pas à avoir une discussion simple avec cette dernière. Le sujet de la duchesse était tellement houleux, il était rare que les Girardet puissent en parler sans hausser le ton.
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Sam 13 Fév - 23:15


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine ne savait toujours pas si elle aurait vraiment l'opportunité de tirer parti de sa conversation avec Gwynplaine, mais plus elle récoltait d'informations - autant d'informations qu'elle pourrait répéter par la suite à Dea, histoire d'obtenir d'elle ce qu'elle voulait - mieux c'était. Elle se disait que le meilleur moyen était encore de s'intéresser à des sujet en-deçà de la surface. Si l'on faisait référence aux confidences de Dea, il était évident que le sujet allait être personnel, donc utile. Quand, en plus, le saltimbanque parla de duchesse, cela fit tilt. S'il y avait en plus une duchesse dans l'équation, les chances de gagner cette loterie hasardeuse augmentaient au moins un petit peu. La jeune femme se prêta donc au jeu de cette discussion. Apparemment, le frère et la sœur avaient un objet de contentieux, des différends concernant la duchesse. Quelle duchesse ? Ponine pensait voir laquelle, en même temps, il ne devait pas y en avoir tant que ça dans les environs. La d'Aurevilly... Dea lui en avait parlé évasivement, et encore, c'était plutôt Ponine qui avait amené le sujet e n constatant que le spectacle de l'homme qui rit gagnait en popularité et en spectateurs prestigieux (information de poids pour elle), elle avait seulement cru comprendre que Dea n'appréciait pas cette duchesse et l'imaginait mal intentionnée. Elle ne comprenait pas que ce que Dea reprochait avant tout à cette vile tentatrice, c'était de lui voler l'objet de ses désirs, qu'elle détournait son frère (qui était bien plus qu'un frère pour elle) de lui. Voilà. Rien de plus, rien de moins.

-Elle m'en a parlé très rapidement.
répondit-elle, qui regrettait de ne pas en savoir davantage. Elle se disait que plus elle avait d'informations à délivrer, mieux ce pouvait être, elle aurait peut-être même pu en espérer une certaine compensation. Enfin, il ne fallait visiblement pas compter là-dessus. Tant pis, elle allait devoir arranger les choses différemment. Elle finirait bien pas y trouver son compte, puisqu'elle en avait la volonté. Une noble qui arrive d'être d'un mauvais genre quand même. J'crois pas qu'elle la porte dans son cœur. La jeune femme en profita pour tourner un regard curieux vers Gwynplaine. À présent que ce dernier avait parlé de différends, elle était bien curieuse de connaître le fin mot de cette histoire. Si tant est qu'elle parvienne à l'extorquer à son interlocuteur. Elle n'était pas convaincue encore que cela soit si simple. Elle vous a fait quoi, cet' femme, pour vous brouiller comme ça ? se décida-t-elle à demander alors dans l'espoir d'assouvir sa curiosité.

Bien sûr, le saltimbanque pouvait très bien décider de l'envoyer balader et de ne tout simplement pas lui répondre. Mais elle espérait qu'il daignerait s'abandonner à quelque confidence, même s'il était de bien moins bonne constitution que Dea, de ce qu'elle en voyait en tous cas. Peut-être parviendrait-elle à faire de lui un confident. Ce pourrait tourner pour de bon la situation à son avantage. Elle était tout de même très sceptique à ce sujet.


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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mar 22 Mar - 22:17

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Le sujet de la duchesse était délicat dans la famille Girardet. Gwynplaine tentait donc de l’éviter le plus possible, parce qu’il savait parfaitement qu’Ursus et Déa lui reprochaient ce qu’il pensait de cette femme. Cependant, il se trouvait bel et bien en train de discuter de cette femme avec l’amie de sa sœur adoptive. Evidemment, le jeune homme ne se doutait pas qu’Eponine se jouait un peu de lui. Il ne voyait en elle qu’une possibilité de savoir un peu plus ce que Déa pouvait bien raconter à son sujet (au sujet de leur famille aussi), à ses amies. Ce qu’elle pouvait bien confier à son sujet. Est-ce qu’elle parlait plus longuement de leur relation ? Il ne savait pas, mais apparemment, elles avaient parlé un peu de la duchesse effectivement. En même temps, cela n’étonnait pas vraiment Gwynplaine. Cette duchesse était au cœur de leur vie actuellement. Le comédien parvenait difficilement à se l’enlever de l’esprit, il allait la retrouver à chaque fois qu’elle venait voir leur spectacle. Ils en parlaient souvent, au point que cela devenait un sujet bien trop récurant. Déa souffrait à cause de cette femme, Gwynplaine n’était pas égoïste au point de ne pas s’en rendre compte, mais ça ne changeait pas vraiment la situation. Cela ne serait donc pas étonnant qu’elle ait parlé plus longuement de la duchesse à ses amies à qui elle se confiait – même s’il espérait qu’elle ne se confiait pas sur tout quand même. Déa avait donc apparemment parlé rapidement de la duchesse à Eponine, qui en déduisait que l’aveugle ne la portait pas dans son cœur. Gwynplaine ne pouvait qu’approuver les propos de la jeune femme. Déa était bien trop pure et douce pour faire du mal à quelqu’un d’autre, mais cela ne l’empêchait pas de détester autrui. L’homme qui rit était persuadé que sa sœur adoptive détestait la duchesse de toutes ses tripes, mais elle n’entrait pas dans une guerre inutile.

Evidemment, Eponine cherchait à en savoir plus. Gwynplaine pouvait difficilement lui en vouloir, puisqu’il avait lancé le sujet c’était normal qu’elle ait envie d’en savoir plus. Sauf que le jeune homme ne savait pas vraiment ce qu’il pouvait dire sur le sujet à la jeune femme. Il ne pouvait pas entrer trop dans les détails, parce qu’il ne faisait vraiment pas confiance à celle qu’il avait sous les yeux. Ce n’était pas contre elle vraiment, mais il était de nature prudent. Et cela même s’il faisait actuellement n’importe quoi avec la duchesse susnommée.

« Nous ne sommes pas d’accord sur ce qu’on doit penser d’elle. »
Répondit-il alors, pour répondre à la question de la jeune femme. « Je crois que… Déa est jalouse d’elle. »

Il croyait qu’elle était jalouse… ou plutôt, il en était persuadé. Gwynplaine ne savait toujours pas pourquoi il affirmait ça, pourquoi il entrait plus dans les détails avec cette fille. Il n’avait pas vraiment de raison de lui répondre après tout, cela ne la regardait pas. Ces histoires ne regardait que la famille Girardet.
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mer 23 Mar - 18:46


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
N

e pas savoir quoi penser d'une seule et même personne, quand bien même elle était de constitution noble, quand bien même elle était duchesse, ce semblait être un bien piètre motif de se brouiller comme le faisait le frère et la sœur Girardet. Si Zelma et elle devaient avoir un contentieux (mais leurs brouilles ne duraient jamais bien longtemps, elles devaient se serrer les coudes, elle le savait, et cela importait plus que le reste), ce ne serait certainement pas à cause d'une tierce personne... Enfin, elle le pensait maintenant, qui sait ce que la vie pourrait bien lui réserver ? Sans compter qu'elle ne savait qu'une part minime de l'histoire de Gwynplaine et de Dea. Elle ne devinait rien - pour l'instant du moins - des sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre, et que n'étaient pas supposés éprouver deux individus ayant été élevés au sein du même foyer. Elle finirait peut-être par le comprendre... En tous cas, elle se surprenait à vouloir comprendre ce qui pouvait ainsi agiter les Girardet. C'était aisé que d'affirmer que c'était dans l'espoir de dénicher des informations dont elle pourrait se servir par la suite pour abuser la jeune aveugle (et c'était un peu le cas) mais il n'y avait pas que cela. Plus elle parlait à Gwynplaine, plus la curiosité l'étreignait. Que diable pouvait-elle bien pu se passer avec cette duchesse ? Eponine se disait que, l'avantage, c'est qu'elle n'aurait sans doute pas trop à cuisiner son interlocuteur pour avoir le fin mot de cette histoire. Si il avait abordé le sujet, ça devait sûrement être que, quelque part, même inconsciemment, il avait envie, besoin d'en parler. Elle n'aurait dont peut-être besoin que de quelques questions pour le relancer. Et ses questionnements étaient plus qu'honnêtes, au passage. Plus qu'elle ne l'était elle-même.

-Jalouse ?


Question concise, mais qui en disait long. Elle s'interrogeait sincèrement sur cette jalousie en question, ne se doutant pas qu'il était question d'intrigues amoureuses (et qu'elle était donc bien placée pour comprendre, car la jalousie, dans ce domaine, autant dire qu'elle connaissait. Elle en éprouvait à chaque fois qu'elle pensait à celle qui avait volé le coeur du beau Marius). Non, elle se disait qu'il devait s'agir d'autre chose. Il y avait sans doute bien des choses à envier à cette duchesse, à commencer par sa nature, sa naissance, ses richesses, sa condition confortable (qu'Eponine échangerait bien avec la sienne), sa beauté, aussi, peut-être ? Même si Dea ne pouvait rien en savoir... Ou le sens de la vue, justement ? Dea semblait parfaitement vivre sa condition, mais elle devait tout de même être assez frustrante, par moments... Imaginait-elle. Elle n'en savait rien. Ou bien il y avait là une hypothèse qu'elle n'avait pas encore envisagée. C'était parfaitement plausible, après tout. Et c'était effectivement le cas, d'ailleurs.

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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Jeu 5 Mai - 17:55

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
C’était bien la première fois que Gwynplaine mentionnait la Duchesse avec une autre personne que les membres de sa famille, qu’il mentionnait les différents qu’ils avaient à ce sujet. Le jeune homme ne savait pas s’il pouvait trop en dire à Eponine, pour qui il avait étrangement une grande confiance. Il ne voulait pas en dire trop non, parce que ce n’était pas dans leur but qu’elle découvre ce qui pouvait faire vibrer le cœur des deux Girardet. Même si le sang qui coulait dans leur veine n’avait rien à voir l’un avec l’autre, ils avaient quand même été élevés comme un frère et une sœur. Ce qui les liés était plus fort que ça et n’avait rien de sain. Le jeune homme en avait parfaitement conscience et c’était bien pour cette raison qu’il ne parvenait pas à baiser la barrière qui se trouvait encore entre eux et qui était particulièrement fragile. A chaque fois que leur épiderme se rapprochait un peu plus, que leurs lèvres se retrouvaient, elle se brisait petit à petit. Mais il n’y avait évidemment pas que le fait qu’ils soient frère et sœur qui empêche Gwynplaine d’arrêter de rejeter Déa. Cependant, le jeune homme n’avait donc pas vraiment envie que la jeune femme avec qui il discutait découvre qu’ils étaient bien plus proches qu’un frère et une sœur. Même s’il parvenait à se confier comme il ne l’aurait pas cru, il ne voulait pas qu’elle devine ce qu’il y avait entre eux. Malheureusement, elle ne manquait pas de souligner les détails s’y rapprochant.

Au fond, Gwynplaine devait bien avouer que ça lui faisait du bien d’en parler un peu. Même s’il n’attendait pas de la part d’Eponine des conseils lui permettant de voir plus clair dans cette situation. Il n’y avait pas vraiment de solution de toute façon et le jeune homme avait parfaitement conscience que le souci venait de lui. Mais en même temps, ça lui faisait quand même du bien d’en parler. Même s’il ne pouvait pas tout dire et que ce n’était sans doute pas la meilleure personne à qui il faudrait qu’il dise tout cela. Mais il ne pouvait pas deviner les mauvaises intentions qu’Eponine avait envers sa sœur, il pensait qu’elles étaient sincèrement amies. Parce qu’il était bien incapable de voir quelqu’un détester Déa, elle était tellement parfaite. Enfin, peut-être la Duchesse donc, mais c’était bien plus compliqué que ça.

« Elle a peur de me perdre. » Répondit-il donc pour éclairer un peu la lanterne de la jeune femme, sur la jalousie de sa sœur concernant la duchesse. Elle n’enviait rien à cette femme, alors qu’elle aurait pu lui envier énormément. Ses richesses, sa vue, sa vie. Elle n’avait aucune raison d’envier sa beauté cependant. Gwynplaine n’était peut-être pas objectif, mais même s’il trouvait cette Dame très belle, il trouvait Déa bien plus belle qu’elle. « Elle craint que je l’abandonne pour la duchesse. »

Ce qui était vrai et il n’y avait pas besoin de sentiment autre que celui d’une sœur pour un frère pour ressentir ce genre de chose.
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Jeu 5 Mai - 18:18


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine était assez surprise de voir Gwynplaine ainsi prompt aux confidences avec elle, étant donné que tous les deux n'avaient jamais été vraiment proches (pour autant, elle se sentait au final plus d'atomes crochus avec lui qu'avec sa sœur), mais elle n'allait certainement pas s'en plaindre, elle allait ainsi sans doute pouvoir recueillir des informations qu'elle saurait exploiter à l'encontre de Dea, et avoir Gwynplaine dans la poche aussi ne pouvait que lui être utile, cela ferait deux Girardet sur trois (deux seulement, car elle doutait fort qu'Ursus sache vraiment apprécier son petit jeu pour sa part, et Éponine se méfier des figures paternelles de manière générale, même si elle ne pouvait qu'envier le père que Dea et Gwynplaine avaient, aux antipodes du sien malgré ses airs bougons). Il lui apprit donc que la jalousie dont faisait preuve la jeune femme se justifiait par le fait qu'elle craignait que la Duchesse le dérobe à son affection. Cette remarque ne révéla en rien la vérité à la jeune Thénardier, qui ne considérait pas ce comportement si illogique que cela. Elle savait d'expérience combien les relations fraternelles pouvaient être fusionnelles. Si elle n'y avait pas goûté avec Gavroche (ou encore ses deux autres petits frères dont elle ignorait même l'existence), elle le vivait avec Azelma. Et si un jour un homme devait dérober son cœur et lui offrir de fuir leur vie misérable dans un mariage heureux, Éponine serait forcément jalouse. Pas de cette idylle réussie, non (même si elle semblait vouée aux plus cuisants échecs dans ce domaine pour sa part), mais parce qu'elle-même n'aurait pas échappé à cette vie, parce que sa sœur lui préférait la compagnie de quelqu'un d'autre, parce qu'elle n'avait pas besoin d'elle. Cette situation n'était pas à l'ordre du jour, mais Ponine savait bien, sans être capable de réellement sans réjouir, que c'était là le meilleur qu'elle pouvait bien souhaiter à Zelma.

-J'peux la comprendre. C'est qu'elle tient beaucoup à vous, vot' sœur.
dit-elle dans un sourire sans réaliser que la situation était plus ambigüe que ça. Mais faudra bien qu'elle s'fasse une raison, vous finirez bien par faire vot' vie, et elle aussi. Même si leur situation était singulière, le handicap respectif des Girardet décourageant sans doute grand nombre de prétendants ou prétendantes, même si Dea était sublime malgré sa cécité, et Gwynplaine brillant malgré son visage déformé. Si vous avez harponné une duchesse, faudrait veiller à pas la laisser filer. Elle et son pactole.

Elle esquissa un sourire. C'était pragmatique, comme remarque, mais en même temps, s'il était vrai qu'une belle et riche duchesse s'intéressait suffisamment à Gwynplaine pour que Dea craigne de le voir lui échapper, difficile de le dissuader de sauter sur l'occasion. Et pour ce conseil avisé, elle ne serait pas contre le fait d'amasser une partie du pactole, d'ailleurs.

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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mer 1 Juin - 22:31

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Eponine affirmait qu’elle pouvait comprendre, parce qu’elle savait que Déa tenait énormément à Gwynplaine, mais l’homme qui rit savait qu’elle ne comprenait pas vraiment. En même temps, c’était normal. La jeune femme ne pouvait pas se douter que le frère et la sœur n’avaient pas une relation complètement conventionnelle. Elle ne savait rien de ce que ressentaient les deux Girardet, même si Gwynplaine était bien plus confus dans ses sentiments que sa sœur adoptive. Alors oui, c’était normal sans doute pour une sœur qui était proche de son frère – ce qui ne pouvait qu’être le cas dans leur situation – sauf qu’il n’y avait rien de normal dans leur relation. Quand Eponine affirma qu’un jour il allait faire sa vie de son côté, qu’ils allaient tous les deux faire leurs vies de leur côté, ce n’était effectivement pas aussi évident. Quand elle affirma cela, Gwynplaine ne se contenta pas de penser au fait qu’il pouvait faire sa vie de son côté, mais il se concentra sur le fait que Déa pouvait le faire. Oui, Déa avait peur de le perdre à cause de cette duchesse, mais Gwynplaine pouvait très bien perdre aussi sa sœur. Si elle rencontrait quelqu’un d’autre ? Ca ne serait pas forcément considéré comme quelqu’un d’autre, puisqu’il n’y avait personne en prime abord, puisqu’ils n’avaient pas ce genre de relation. Pas vraiment. Oui, elle pouvait très bien se retrouver à faire sa vie de son côté, parce qu’elle n’avait pas forcément besoin de lui.

Gwynplaine sortie de ses pensées quand Eponine affirma qu’il ne devrait pas laissé passer la duchesse s’il l’avait harponné, comme elle venait le dire, elle et son pactole. Effectivement, d’une manière très pragmatique, c’était assez juste. Le jeune homme ne pouvait pas nier qu’il était un peu ébloui par les richesses que la duchesse pouvait avoir, même s’il se rendrait bien vite compte qu’il n’avait rien à envier à cette femme. Mais ce n’était pas ce qui l’intéressait le plus. Enfin, est-ce qu’on pouvait vraiment dire qu’il était intéressé ? Cette situation était de toute façon très particulière.

« C’est une façon de voir les choses en effet. » Se contenta-t-il de répondre, ne se sentant pas forcément à l’aise de discuter de ce genre de chose avec Eponine. Jusqu’à présent, le jeune homme n’avait eu aucun souci à se confier à la jeune femme, mais ce n’était pas pour autant qu’il était à l’aise avec le détail de ne pas « perdre » la duchesse. Il était bien trop perturbé avec lui-même. Il était incapable de savoir exactement ce qu’il voulait, ce qui ne manquait pas de compliquer la situation entière de toute la famille. « Elle finira par s’en faire une raison sans doute. » Ajouta-t-il finalement, ne pensant pas du tout ce qu’il disait. Il n’avait pas spécialement envie qu’elle s’y fasse en effet, surtout qu’il ne pensait pas être capable de s’y faire de son côté. « Mais est-ce que tu peux éviter de lui dire que je t’en ai parlé ? »
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Jeu 2 Juin - 22:10


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine ne prétendait pas avoir la science infuse (ni ne le pensait d'ailleurs), tout comme elle n'imaginait pas que sa parole soit d'or, loin s'en faut, mais en l'occurrence, elle considérait que son conseil, pour une fois, était avisé, et qu'en tenir compte pouvait être une idée loin d'être mauvaise. Pour elle, son propos n'était pas un façon de voir les choses, c'était la façon de faire les choses. Si une richissime duchesse lui faisait de l'œil, et si cette duchesse lui plaisait, à lui aussi, il fallait qu'il saute le pas fissa, avant qu'un beau duc ou elle ne savait que damoiseau de la haute ne lui coupe l'herbe sous les pieds. On ne pouvait pas passer à côté de l'amour (ou un semblant d'amour) et de la fortune quand on n'avait ni l'un ni l'autre au quotidien (quoi que, en fait, Gwynplaine avait pour sa part de l'amour en abondance, ce dont la pauvre Ponine manquait très cruellement. En tous cas, elle pensait que tout le monde avait à y gagner, y compris Déa, qui pourrait profiter de sa fortune (et elle aussi, par extension, elle aurait plus d'avantages encore à profiter du handicap et de la gentillesse de la pauvre jeune fille aveugle dont elle faisait preuve avec la jeune femme). Bon, bien sûr, ça le regardait. Il n'avait aucune raison de l'écouter, et elle-même n'avait aucune raison de le convaincre. Ils n'étaient pas amis, ils se connaissaient seulement. Elle ne savait rien de sa personne, et ce qu'elle ignorait, d'ailleurs, ne lui permettait pas d'avoir une vision juste et un regard d'ensemble sur sa situation. Ceci dit, elle fut loin d'être mécontente en l'entendant affirmer, faisant référence à Dea, qu'elle finirait bien par se faire une raison. C'était ce que Ponine pensait aussi, et jusqu'ici, rien ne l'avait détrompée à ce sujet. Elle hocha la tête quand il lui demanda de ne pas parler à Dea de son secret. Elle n'en avait pas eu l'intention, mais appréciait qu'il le lui demande. Quand quelqu'un vous demande de garder un secret, il contracte une dette auprès de vous, et qui sait, Éponine pourrait peut-être s'en servir, à un moment ou à un autre.

-Promis, j'lui dirai rien.
Elle n'y avait vraiment pas le moindre intérêt, elle pouvait en trouver ailleurs. J'pourrais peut-être même la convaincre de c'qui est le mieux pour vous, elle m'écoute, souvent.

C'était même très cruel qu'elle l'écoute souvent, quand on savait à quel point la confiance qu'elle lui accordait n'était absolument pas méritée. Mais tant pis. En fait, d'instinct, et même si elle venait juste de le rencontrer, Eponine se sentait plus d'affinités avec Gwynplaine qu'avec sa douce et fragile sœur. Les affinités, ça ne s'expliquait pas, elle avait vraiment envie de se ranger du côté de l'aîné plutôt que de celui de la cadette.

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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Lun 11 Juil - 23:23

Eponine & Gwynplaine
"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
Gwynplaine ne pensait pas un seul mot de ce qu’il disait au fond. En fait, comme d’habitude, le jeune homme ne savait pas vraiment ce qu’il voulait. Evidemment, il préférait largement quand ils n’avaient pas de sujets de discordes. L’homme qui rit n’aimait pas faire de la peine à sa sœur de cœur, qui était bien plus qu’une sœur à ses yeux au final, mais en même temps il ne pouvait pas non plus s’empêcher de se dire qu’elle méritait bien mieux que la vie qu’il pouvait lui offrir. A quoi bon être avec un monstre sans le sou ? Déa rétorquerait sans doute qu’elle serait avec une personne qu’elle aimait bien sûr et il aurait beaucoup de mal à répliquer quelque chose. C’était bel et bien le sujet de discorde qu’ils avaient depuis un moment maintenant et que Gwynplaine, parfois, avait envie de voir disparaître. Cependant, il suffisait que la duchesse revienne le voir sur scène, qu’elle pose son regard sur lui, qu’elle l’attise avec sa beauté et sa fortune, pour qu’il perde complètement pied et ne sache plus vraiment ce qu’il voulait. L’homme qui rit était donc loin d’être sortie d’affaire. Ils étaient tous loin d’être sortie d’affaire, il ne savait pas du tout comment les évènements allaient pouvoir se dérouler.

Gwynplaine fit un signe de la tête pour remercier Eponine quand elle affirma qu’elle allait effectivement taire la conversation qu’ils venaient d’avoir et qu’elle n’allait pas en parler à Déa. Cela l’arrangeait bien en effet, parce qu’il n’avait pas vraiment envie que sa sœur apprenne qu’il mentionne la duchesse dans une conversation avec une autre personne. C’était quand même un souci de famille, quelque chose qui les concernaient qu’eux, les autres n’avaient pas forcément besoin d’être dans la confidence. Même si Eponine n’était pas au courant de tout bien sûr. Elle se contentait de croire que Déa n’appréciait pas l’idée que son frère puisse s’éloigner d’elle parce qu’il était attiré par une duchesse riche, elle ne se rendait pas compte qu’il y avait des sentiments bien plus forts entre eux. Ce qui la poussait, encore, à vouloir y mettre son grain de sel d’ailleurs, puisqu’elle affirma à Gwynplaine qu’elle pouvait même tenter de convaincre sa sœur de ce qui était le mieux pour elle. Le mieux ? Le fait que Gwynplaine puisse profiter de l’affection (si c’était vraiment de l’affection, mais vu de l’extérieur ça y ressemblait) et de la richesse de cette noble, ce qui allait forcément déteindre sur sa sœur. Logiquement oui, mais évidemment la situation était bien plus compliqué.

« Je ne pense pas que cela soit nécessaire non. » Même si bien sûr, Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie que la situation s’apaise entre lui et Déa, mais pas à ce prix-là. Enfin, pas vraiment. Il ne savait pas du tout ce qu’il avait envie de voir arriver. Et la situation n’allait clairement pas s’arranger avec les révélations futurs, mais pour le moment il ne s’en doutait pas encore un seul instant. « Mais je te remercie. »
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Message#Sujet: Re: "Rire" est-il synonyme de "joie" ? [pv Gwynplaine :3]   Mar 12 Juil - 21:40


"Rire" est-il synonyme de "joie" ?
É

ponine ne prit pas ombrage de la réponse de Gwynplaine quand il lui fit comprendre qu'il ne voulait pas qu'elle parle à Déa dans l'espoir de la faire abonder dans son sens. Après tout, elle ne mourrait pas non plus de s'immiscer dans la vie des Girardet, elle n'avait pas vraiment de raisons de rendre service au jeune homme (même si elle devait bien reconnaître qu'il lui inspirait une certaine sympathie), loin s'en faut, pas plus qu'à Déa, d'ailleurs, c'était leurs affaires, et elle voulait bien rester à l'écart si c'était ce qu'on attendait d'elle. Tant qu'elle pouvait continuer à profiter de la crédulité de celle qui la prenait pour une "amie", elle y gagnait quand même, voilà tout. Tant pis, alors, elle remballait sa main tendue, et se contenterait de rester spectatrice d'une situation dont elle croyait seulement comprendre les tenants et aboutissants. Plus d'une information lui échappait, en réalité. Elle se contenta d'afficher un léger sourire quand il la remercia. Il n'avait pas vraiment de raisons de le faire, il aurait même plus de raisons de l'accuser, étant donné qu'elle pouvait être parfaitement exécrable dans son comportement avec son aveugle de sœur. Mais bon, un remerciement, c'était toujours bon à prendre, ça lui allait très bien. Elle était contente de se trouver une certaine valeur dans le regard d'autrui, même si elle savait très bien qu'elle ne le méritait pas. On acceptait la gratitude d'où elle vous venait, toute Thénardier qu'elle était, qui était plus habituée à être dévalorisée qu'autre chose, il faut bien le dire.

- Y a pas de quoi
, dit-elle d'un ton égal et avec un léger haussement d'épaules, juste histoire de.

Au fond, c'était vrai, très vrai, il n'y avait absolument pas de quoi. La jeune femme n'avait vraiment pas fait grand chose, elle n'avait même pas vraiment compris la situation. elle était contente, néanmoins, de cette conversation, tout simplement parce qu'elle ne s'était pas attendue à ce que cette rencontre lui soit si plaisante. Et elle l'était, pourtant, vraiment. Elle songeait qu'elle pourrait aisément prendre Gwynplaine en affection. Il n'avait pas la vie simple, avec son odieux sourire, et franchement, elle éprouvait un sincère respect à son adresse, pour la force de caractère qu'il avait su développer malgré son physique compliqué.$

-J'frais bien de vous laisser, j'ai déjà pris beaucoup d'votre temps, j'm'en voudrais d'en accaparer plus.

Elle ne verrait pas Déa, c'est un fait, alors elle n'avait plus rien à faire ici. D'accord, elle aurait bien aimer rester un peu plus longtemps encore, parce qu'elle n'avait rien de plus sympathique à faire, au fond, et aucune envie de revenir à sa vie et à ses habitudes. Mais il le fallait bien, après tout. Sa vie devait bel et bien suivre son cours, et celle de Gwynplaine aussi.

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