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 La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]

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Message#Sujet: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Ven 14 Aoû - 16:49


La liberté commence où finit l'ignorance
S

i Enjolras ne se donnait pas le temps d'être l'élève assidu et impliqué qu'il devrait et pourrait être, son rôle au sein des amis de l'A B C monopolisant beaucoup de son temps, il ne désertait pas pour autant les bancs de la Sorbonne. Il devait, après tout, son investissement à la cause et ses connaissance à la matière autant aux lectures nombreuses qu'étaient les siennes depuis de nombreuses années, tout imprégné qu'il était de la littérature des Lumières, mais tout autant de ses études de droit qui, s'il les menait à termes, devaient le mener à une carrière d'avocat à laquelle Enjolras croyait bien peu (pour cause, il avait tendance à croire que la vie le faucherait dans la fleur de l'âge, et qu'il n'aurait guère le temps de se soucier de ce genre de choses, sans compter qu'il préférait penser au nom du collectif plutôt que de se centrer seulement sur lui, individuellement). Études qui, outre le fait de lui imposer des bases et des connaissances solides, lui avaient permis de faire la connaissance de bon nombre de ceux qui faisaient dorénavant partie de son groupuscule révolutionnaire. Parmi eux, même si ce n'était pas lui qui l'avait rencontré en premier lieu, il y avait Marius, Marius à qui Enjolras n'avait plus adressé la parole depuis leur altercation au café Musain, où le jeune homme l'avait plus ou moins congédié, affirmant qu'il n'avait plus sa place parmi les amis de l'A B C. Les mots avaient sans nul doute dépassé la pensée. Quoi que, encore maintenant, Enjolras n'avait pas l'intention de changer d'envie ou de présenter des excuses si Marius ne se raisonnaient pas. Dans tous les cas, depuis lors, on avait plus revu l'amoureux transi au café Musain.

Et c'était la première fois qu'ils se recroisaient à présent, tandis que, parcourant les couloirs de la Sorbonne, Enjolras voyait face à lui Marius avancer en sens inverse. Autant dire que, à moins de s'ignorer (et on ne dira pas d'Enjolras qu'il était d'un naturel à éviter la confrontation, certainement pas) sublimement, la discussion était inévitable, et donc, quand le jeune homme arriva à son niveau, le jeune homme ne feignit pas de ne pas l'avoir vu, mais ne feignit pas non plus être enchanté de voir son interlocuteur. Il ne comptait pas faire beaucoup d'efforts, tout du moins. Bien sûr, qu'il regrettait l'absence de Marius lors des réunions des amis de l'A B C, mais il n'allait pas supplier de leur revenir, surtout si c'était pour le voir leur tourner le dos à la dernière minute pour les beaux yeux d'une jeune femme.

-Bonjour.
le salua-t-il froidement. Je ne m'attendais pas à te trouver ici.

Dans le ton de sa voix, l'ombre d'un reproche. Et pour cause, on le trouvait aussi rarement à la Sorbonne qu'à leurs réunions, comme s'il s'était perdu quelque part, hors du temps et de l'espace, où rien d'autre ne comptait que sa stupide amourette, comme si plus rien n'avait d'importance autrement. Sentiment qu'Enjolras pouvait comprendre. Puisqu'il l'éprouvait aussi. Mais à l'égard de sa patrie. Ce qui était tout de même bien plus noble, reconnaissons-le.






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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Dim 30 Aoû - 18:27

Enjolras & Marius
La liberté commence où finit l'ignorance
L’esprit de Marius était constamment tourné vers celle qui s’était emparé de son cœur. C’était encore plus vrai maintenant qu’il avait eu l’occasion de lui parler. Marius était complètement dingue de Cosette, il l’aimait comme jamais il n’avait aimé quelqu’un dans sa vie. Elle lui donnait le sourire et il avait vraiment le sentiment que sa vie était plus belle depuis qu’il l’avait croisé. Et pourtant, ce n’était pas vraiment le cas en réalité. Parce que depuis que sa route avait croisée celle de Cosette, les déceptions s’enchainaient pour Marius. Le jeune homme avait déjà commencé à mettre de côté ses études quand il était entré dans la révolution des Amis de l’ABC, mais il avait ensuite commencé à mettre de côté cette dernière pour celle qu’il aimait. Autant dire que ça n’avait pas plus à tout le monde et Marius était particulièrement affecté par la dernière conversation qu’il avait eue avec Enjolras. Le jeune homme lui avait clairement fait comprendre qu’il n’avait plus sa place dans son groupe et cela l’affecté vraiment. Marius avait tout quitté pour ses idées, il avait abandonné sa vie de luxe pour cela et maintenant il n’était plus « digne » du combat. Simplement parce qu’il avait eu l’audace de tomber amoureux d’une femme magnifique. Depuis cette conversation, les deux camarades ne s’étaient pas adressé le moindre mot (ils ne s’étaient même pas croisé à vrai dire), jusqu’à maintenant.

Marius était à la Sorbonne, dans le but de suivre quand même un peu ses cours, mais il ne s’était pas attendu à le croiser sur sa route. Sauf que pour le coup, il ne pouvait vraiment pas faire comme s’il ne l’avait pas vu, dans ce couloir étroit où ils se trouvaient. Quand ils arrivèrent au même niveau, Enjolras pris la parole d’un ton qui ne donnait vraiment pas envie à Marius de se montrer agréable. Si c’était pour lui parler de cette manière, cela ne servait vraiment à rien d’entamer la conversation. Marius laissa planer quelques secondes de silence, où il hésita à l’ignorer purement et simplement, avant de répondre.

« Parce que tu me cherchais ? Je te manque ? »

Son ton était légèrement agressif, il était encore bien vexé de cette conversation qu’ils avaient eue. Si Enjolras n’avait plus envie de le voir à leur réunion, ils n’avaient pas spécialement besoin de se parler à la Sorbonne. Pour se dire quoi de toute façon ? Marius n’avait aucune envie de s’excuser, parce qu’il jugeait qu’il n’avait pas besoin de le faire. Ce n’était pas comme s’il avait commis une faute grave en tombant amoureux de Cosette (il n’avait pas abandonné la cause après tout, même s’il avait l’esprit un peu ailleurs ces derniers temps). Il ne pouvait pas contrôler ses sentiments et le fait que son cœur battait à présent pour la belle blonde aux yeux bleus. Il n’avait donc aucune raison de s’excuser mais Enjolras risquait peu d’en faire de même, Marius le connaissait assez pour ne pas l’espérer de sa part.


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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Dim 30 Aoû - 23:46


La liberté commence où finit l'ignorance
L

e ton qu'employa Marius pour répondre à Enjolras n'était pas des plus amènes, bien au contraire, on pouvait même dire qu'il était quelque peu agressif. Leur discussion ne s'annonçait pas sous les meilleurs hospices, vraiment pas. Mais qu'importe. Si tel devait être le cas, eh bien, cela le serait, car pour ce qui était de faire un pas vers l'autre et d'enterrer la hache de guerre en s'excusant, ce ne serait pas lui. Pour cause, il ne considérait pas avoir quoi que ce soit à se reprocher. Pas un seul instant il n'admettrait être allé trop loin ou s'être montré excessif. Marius devait être entièrement dévoué à la cause, comme il l'était lui-même, c'était ainsi. Et pour l'heure, il était loin d'avoir fait preuve d'une dévotion remarquable à la cause qu'ils devaient défendre, et qui était pourtant pure Justice, pas un caprice de gamin facilement oubliable, non, c'était l'avenir de la France, qui était en jeu, ni plus ni moins. Et il prenait définitivement cela trop à la légère. Preuve en était de la remarque qu'il lui fit alors, et qu'il trouva parfaitement déplacé. On parlait de leur patrie, de leur peuple, de leur liberté... Et il se permettait de plaisanter à ce sujet. Autant dire qu'il s'agissait là d'un mot d'esprit auquel le chef de file des amis de l'A B C ne goûtait absolument pas. Il n'était en rien question de sentiments personnels, et de l'amitié qu'il pouvait avoir ou non pour Marius (et oui, il en avait pour lui, ce qui ne rendait que plus difficile cette situation) - c'était bien ce qu'il reprochait à Marius de prime abord. La cause prévalait sur tout le reste, et sur n'importe quel sentiment, y compris l'amitié et l'amour, donc, comme l'amour que Marius éprouvait, semble-t-il, pour sa Cosette.

-Pour manquer, il aurait fallu que tu saches te montrer présent avant même de t'absenter.
répliqua-t-il d'un ton pour le moins sec.

C'était pourtant mentir que d'affirmer qu'il ne manquait au moins pas aux réunions des amis de l'A B C. Marius Pontmercy disposait d'un avis sur la politique pour le moins judicieux et éclairé, il était capable de soutenir des débats pointus avec un aplomb et un investissement dans lequel il était impossible de ne pas croire. Alors oui, les réunions manquaient d'une certaine énergie en son absence, mais pour autant, il n'irait jamais regretter son départ, d'autant qu'il l'avait exigé. Avant même ce dernier, il n'était quoi qu'il en soit plus du tout lui-même, alors quelle différence cela pouvait-il bien faire ?

-Tu t'es de toi-même rendu dispensable, Marius.
ajouta-t-il d'un ton sévère qui, à ses yeux devait surtout servir à les faire réagir.

Il voulait encore croire, oui, que son idylle avec la jolie blonde qui lui faisait tourner la tête n'était jamais qu'une passade comme bien d'autres en avaient connu avant que de revenir à la raison et de remettre les pieds sur terre, il voulait croire qu'il pouvait sans mal oublier des rêves auxquels ils donnaient une bien trop grande importance... Mais visiblement, ce n'était pas encore pour aujourd'hui. Il allait donc falloir en passer par une nouvelle confrontation. Qui n'allait manifestement pas être de tout repos.





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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Ven 25 Sep - 15:55

Enjolras & Marius
La liberté commence où finit l'ignorance
Marius avait parfaitement conscience qu’Enjolras n’allait pas apprécier sa remarque, ni même le ton qu’il employait. Et au fond, c’était bien pour cela qu’il réagissait de la sorte. Le jeune homme était clairement vexé que son ami (du moins celui qu’il considérait comme son ami avant) puisse agir de la sorte avec lui. Il aurait dû comprendre, puisqu’il le connaissait, que Marius était bel et bien amoureux mais qu’il espérait pouvoir continuer de combattre pour la cause qu’ils défendaient. Mais Enjolras pensait d’office qu’il n’était plus sérieux dans l’action qu’ils menaient, alors que c’était complètement faux. Marius était donc vexé et il avait dû mal à ne pas montrer les dents en croisant la première fois son camarade depuis la discussion houleuse qu’ils avaient eu précédemment. Au fond, Marius aurait clairement préféré avoir une conversation plus posée avec Enjolras, mais les choses semblaient bien mal partie. Marius aurait dû mettre un peu d’eau dans son vin, mais il ne voyait pas pourquoi il devrait faire le premier pas vers son camarade. Autant dire que les deux jeunes hommes n’allaient pas s’en sortir comme cela. Et les réponses d’Enjolras n’allaient pas aider Marius à mieux se comporter avec lui. Le jeune homme savait parfaitement ce que son ami attendait de sa part, ce qu’il voulait l’entendre dire. Il souhaitait qu’il arrête de fréquenter Cosette, qu’il abandonne son idylle, afin de pleinement se consacrer à la cause. Mais ce n’était pas encore demain la veille que Marius allait prendre une telle décision. Il aimait Cosette, quoi que son ami puisse penser de cela, et ce n’était pas prêt de changer. Elle était la femme de sa vie, il le savait parfaitement. Et si Marius avait tenté de calmer un peu la situation la dernière fois qu’ils s’étaient parlés - sans aucun succès évidemment, il ne s’y prenait pas vraiment comme il le fallait non plus - il n’avait aucune envie de faire un effort en cette seconde.

« Tu as expliqués aux autres que c’est toi qui ne souhaite plus ma présence ? Ou tu as été lâche comme d’habitude et tu t’es contenté de mettre tout sur mes épaules. »

Ce n’était évidemment pas de cette manière que Marius allait arranger les choses avec Enjolras. Il se trouvait dans une spirale infernale. Il avait envie, au fond de lui, pouvoir retrouver son camarade comme avant et pouvoir poursuivre son rôle dans la cause qu’ils défendaient. Cependant, la fierté qu’il ressentait en trop grande quantité ne lui permettait pas de simplement se morfondre en excuse auprès de son camarade et l’amour qu’il ressentait pour Cosette de l’abandonner pour lui.

« Tu sais que la jalousie ne te va vraiment pas. »

C’était une pique simplement pour ennuyer Enjolras. En même temps, ce dernier ne se retenait pas d’en faire de même avec lui également, affirmant qu’il s’était lui-même rendu dispensable de la cause. Ce qui était faut évidemment, même s’il y avait un fond de vérité quand même. Marius n’avait pas été des plus assidue, mais cela ne changeait rien à sa motivation.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Sam 26 Sep - 15:26


La liberté commence où finit l'ignorance
L

es deux étudiants étaient loin encore de pouvoir et savoir se pardonner les mots, sans nul doute rudes, qu'ils s'étaient échangés, tous les deux. La vérité était qu'ils avaient beaucoup de choses en commun, et, entre autres, ils étaient plus que bornés, incapables de reconnaître leurs torts et de mettre de l'eau dans leur vin. Alors cette conversation, comme la précédente, ne pouvait pas être des plus cordiales, et n'aboutirait certainement pas à une issue digne de ce nom. Les circonstances ne jouaient décidément pas en leur faveur, et aux provocations de Marius, Enjolras ne se voyait pas répondre autrement que par d'autres provocations, c'était plus fort que lui. Surtout qu'il trouvait les propos de Marius ce qu'il y a de plus injustifiés. Longtemps avant qu'il ne le somme de ne plus revenir aux réunions du café Musain, il n'était déjà plus des plus assidus ou des plus investis (sans quoi la question ne se serait pas posée du tout), il était bien simple de le faire passer pour un chef tortionnaire, un meneur qui ne laissait pas le moindre espace de liberté à ses pairs (d'accord, c'était tout de même un peu le cas), mais il ne l'avait poussé dans ses retranchements que pour tester sa loyauté et son investissement à la cause. Et force était de constater qu'il avait sérieusement échoué.

-Je n'ai rien eu à dire, personne ne m'a rien demandé, et tu es le seul responsable de ce qui t'arrives, Marius.
répliqua Enjolras en soutenant le regard de son interlocuteur, non sans quelques accents de colère sourde dans le ton de sa voix. Tu aurais pu te battre pour regagner ta place, tu aurais pu t'imposer aux réunions malgré mes interdictions, il était temps encore de nous prouver l'ordre de tes priorités. Mais tu n'en as rien fait.

Et il le pensait. À vrai dire, il avait même espéré que Marius agirait de la sorte. Enjolras plaçait toujours en lui les plus grands des espoirs. Il avait voulu que son interlocuteur donne tort à ses reproches, s'impose au sein des amis de l'ABC, qu'importe ce qu'ils s'étaient dits, car, une fois de plus, ce n'était pas une question d'égos, ce n'était pas une question de personnes. Leurs petites vies n'avaient pas l'ombre d'une importance, c'était le bien commun, qui comptait. Et une simple dispute ne devrait pas arrêter des convictions vraiment fortes. Tout comme ne le devrait pas une amourette, quelque soit l'importance qui lui soit accordée. C'était, une fois de plus, ce sur quoi portaient ses reproches, ils n'accordaient pas au même dessein la même importance. Et pourtant, il était l'un des plus aptes à changer le cour des choses. Enjolras voulait compter sur lui, il voulait qu'il revienne, mais il ne voulait pas d'une moitié de Marius, dont l'autre divaguerait sur des chemins moins nobles.

-Que devrais-je te jalouser, Marius ? Ta lâcheté ? Ton découragement ? Ta couardise ?





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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Ven 23 Oct - 10:37

Enjolras & Marius
La liberté commence où finit l'ignorance
Marius savait parfaitement qu’il reprochait des choses à Enjolras injustement, mais il se sentait tellement lésé par son camarade qu’il n’y pouvait rien. Il trouvait cela injuste qu’Enjolras décide de ne plus le revoir aux réunions des Amis de l’ABC, sous prétexte que son cœur battait pour une femme (et quelle femme…). Cela n’enlevait en rien aux convictions de Marius, même si ce dernier, en effet, ne le prouvait pas vraiment. Les yeux dans ceux de son camarade, le jeune homme l’écouta lui dire que personne n’avait rien demandé à son sujet. Cela lui fit quelque chose quand même, il n’avait pas spécialement envie d’être oublié de tous et d’être une simple image qu’on peut effacer d’un revers de chiffon. Et les remarques suivante d’Enjolras ne furent pas plus faciles à digérer non plus. En effet, Marius aurait très bien pu prendre la décision de s’imposer et venir quand même aux réunions. Il y avait pensé, mais il n’avait pas osé, ce que lui reprochait son ancien ami (à ce stade, cela ne servait à rien qu’il le considère encore comme un ami, s’il l’avait déjà été un jour). Si c’était ce qu’attendait Enjolras de sa part, Marius avait en effet loupé le coche. Mais il n’était pas dans la tête du jeune homme qu’il avait sous les yeux, il ne pouvait pas deviner ses intentions et ce qu’il attendait de lui. Et maintenant, Marius allait sans aucun doute se mordre les doigts avec cette affaire, parce que cela lui manquait vraiment de ne pas assister aux réunions. Même s’il n’avait pas l’intention d’abandonner Cosette pour autant (et il ne se rendait pas encore compte de ce qu’il allait faire pour elle). Enjolras ne manqua pas de lancer de nouvelles piques à Marius, alors que ce dernier avait affirmé que la jalousie ne lui allait pas bien. Il se faisait piéger par sa propre remarque. Marius ne répondit rien sur cela, parce qu’il était vexé bien sûr, mais aussi parce qu’il fallait bien l’avouer, il n’avait pas grand-chose à rétorquer. Ce qui l’ennuyait, puisqu’il n’avait aucune envie de donner raison à son camarade.

« Je n’ai pas besoin d’assister aux réunions pour prouver mes convictions. »
Lança-t-il donc à l’adresse d’Enjolras. Il était évident que les deux hommes allaient avoir beaucoup de mal à retrouver un terrain d’entente, à améliorer leurs relations. S’ils continuaient de rester buté sur leurs idées en plus, ça n’allait vraiment pas arranger leurs affaires. « Je me tiens au courant de tout. » Ou presque, mais il tentait le plus possible en effet de se maintenir au courant même s’il n’assistait pas aux réunions (mais il fallait bien avouer que ces réunions n’étaient pas toujours utile en même temps). « Tu as parlé à Jonah Bahorel de sa sœur ? »

Il avait eu une conversation forte intéressante avec Louison, qui se trouvait encore serveuse au café. A moins, avec elle, le jeune homme pouvait aisément se tenir aux courants des petites conversations qui avaient lieux dans ce café, sans s’y rendre.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Dim 25 Oct - 17:27


La liberté commence où finit l'ignorance
D

écidément, leurs opinions divergeaient complètement, pour Enjolras, c'était à se demander à quel moment elles avaient bel et bien pu converger, c'est comme si l'un et l'autre n'avaient de ce qui aurait dû être leurs intérêts communs (et celui de tout un peuple, au demeurant) rien retenu. Comment Marius pouvait-il espérer donner preuve de ces convictions s'il n'assistait pas aux réunions. Une preuve signifiait que l'on pouvait en donner un exemple, quel qu'il soit, mais il n'y avait pas de preuves, il était toujours absent et silencieux. C'était une belle chose que d'avoir des opinions fortes ou des ambitions élevées, mais si rien n'était fait pour qu'elles soient mises à profit, à quoi servaient-elles, alors ? À rien, ce n'était jamais que des coquilles vides. De belle apparence, certes, mais des coquilles vides tout  de même. Enjolras n'avait que faire des opinions de son interlocuteur, qu'elles soient ou non inchangées. S'il ne les mettait pas directement au service de la cause, alors cela ne servait à rien, vraiment à rien. Et pour les mettre au service de la cause, pour véritablement jouer son rôle, pour participer à l'Histoire, on ne pouvait se contenter d'affirmer "se tenir au courant", n'importe qui pouvait se tenir au courant, lire la presse quotidienne y suffisait, dessinant le destin d'une France massacrée, sacrifiée au profit des puissants, une France capable de léser son propre peuple. Pour remédier à ce sinistre destin, il fallait agir. Et pour agir, il fallait faire plus que de tendre l'oreille, il fallait affirmer ses positions, donner des idées, créer un plan d'action. C'est pour cela que Marius manquait tant aux réunions des amis de l'A B C (quoiqu'Enjolras n'était pas prêt de l'exprimer en ces termes), parce qu'il n'hésitait jamais à intervenir, et à apporter une contribution directe à leurs actions. Des personnes qui se contentaient d'être de simples témoins, Enjolras en côtoyait déjà trop, Marius avait été différent dès la première fois qu'il avait mis les pieds au café Musain, pourquoi fallait-il qu'une amourette quelconque l'illusionne à ce point ?

-Se tenir au courant n'a que peu d'importance, Marius. C'est agir, qui importe. Et tu ne fais rien.

Enjolras fit quelque peu surpris que Marius lui parle de Bahorel. Louison s'était-elle amusée à en parler à tous les amis de l'A B C ? Quoi qu'il en soit, il n'avait pas encore parlé à Bahorel, non, car il n'était tout simplement pas certain de vouloir impliquer Louison dans tout cela, même si elle était clairement motivée, même lui voulait bien l'admettre. L'affaire était dangereuse. Et dans tous les cas, elle ne concernait pas Marius. Tout du moins, elle ne le concernait plus. Il avait perdu le droit d'être concerné, un point c'est tout.

-Tu as perdu le droit d'obtenir quelque information que ce soit de ma part depuis un moment déjà.




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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Jeu 12 Nov - 16:40

Enjolras & Marius
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Marius n’était pas vraiment étonné de voir qu’Enjolras continuait d’être buté. Le jeune homme affirma qu’il ne servait à rien de se tenir au courant, si on n’agissait pas ensuite. Evidemment, Marius entendait parfaitement ce qu’il voulait dire par là. Sauf que le jeune homme continuait de penser que c’était simplement son camarade qui l’empêchait d’agir. Effectivement, son esprit était légèrement détourné par ses pensées envers Cosette, mais ça ne l’empêchait pas de vouloir agir pour la cause. Est-ce qu’il voulait mourir au front ? Non, pas vraiment, il fallait bien l’avouer, mais il n’avait pas pour autant envie d’abandonner. Il était hors de question pour lui de ne plus participer au combat, même si Enjolras avait visiblement décidé autrement. Quoi qu’il dise, cela n’allait rien changer. Il ne voulait plus le voir aux réunions (du moins, c’était ce qu’il avait dit la dernière fois qu’ils s’étaient parlés, avant de finalement se rétracter à l’instant), mais ce n’était pas pour autant qu’il abandonnait tout. Même si apparemment, ça ne suffisait pas au jeune homme pour constater sa motivation. Même si Enjolras n’avait pas vraiment tort quand il affirmait que Marius ne faisait rien, puisque c’était bel et bien le cas. Mais ce n’était pas pour rien, on l’empêchait de faire. Et évidemment, l’étudiant ne lui donna aucune information concernant la demande de Louison Bahorel, affirmant qu’il avait perdu le droit de le savoir. Marius poussa un soupir las.

« Je suis sûr que tu ne lui as pas parlé. » A force, il pensait quand même le connaitre assez pour le deviner. Et il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il ne l’avait pas fait, qu’il devait cogiter encore. « Tu n’avanceras pas si tu empêches les autres de t’aider. »

Il ne parlait évidemment pas que de Louison. Marius pensait qu’elle méritait sa place dans le groupe, pas forcément la même que les hommes, mais elle pouvait apporter de l’aide quand même. Et dans leurs conditions, toutes aides étaient bienvenues. Il parlait aussi de sa propre situation. Enjolras avait décrété qu’il n’était plus apte au combat de la cause, simplement parce que son cœur battait pour une jeune femme, c’était faux. Certes, il ne pouvait pas nier le fait qu’il y avait quelques différences depuis qu’il était amoureux de Cosette, il n’avait pas été assez présent ces derniers temps, mais ça ne l’empêchait pas de vouloir être là. Et les choses étaient différentes depuis qu’il avait vu Cosette, qu’il lui avait parlé et qu’ils s’arrangeaient pour se revoir régulièrement. Il ne passait pas son temps à la chercher au jardin du Luxembourg.

« Arrête d’être borné, tu ne peux pas te battre tout seul ! »

Marius avait envie de se battre à ses côtés, même s’il était évident qu’ils avaient des points de discordes. Le jeune homme avait été blessé par les paroles de son camarade, mais cela ne changeait rien à son envie d’être à ses côtés. Malheureusement, ce n’était pas exactement la même chose pour l’intéressé.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Sam 14 Nov - 0:20


La liberté commence où finit l'ignorance
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Enjolras ne put empêcher un soupir de s’échapper à ses lèvres quand son interlocuteur se permit une réflexion quant au fait qu’il n’avait pas parlé à Jonah Bahorel des ambitions révolutionnaire de sa sœur. Comme si ce pouvait vraiment être sa priorité. Non, en effet, le chef de file des amis de l’A B C n’avait pas parlé au frère de Louison. D’ailleurs, il n’était pas certain qu’il finisse par le faire, il était même fort probable qu’il enterre cette affaire et oublie intentionnellement ses promesses faites à la laveuse de vaisselle du café Musain. Louison était une brave fille, et apparemment, elle ne manquait pas d’intelligence, c’est du moins ce que lui avait laissé entrevoir le peu de conversation qu’ils avaient eu tous les deux, ce n’était pas pour autant qu’il était vraiment décidé à la mêler à leurs affaires et à leurs ambitions. Enjolras était prêt à noyer dans son propre sang le système politique en place si cela pouvait permettre à la démocratie de régner enfin. Mais ce n’était pas pour autant que celle qui, s’il était un peu lucide, était pour le moins son pendant féminin, devait payer elle aussi de sa personne et de sa vie. Même en temps que simple informatrice, même si ils la maintenaient à l’écart des futures barricades, la situation pourrait bien dégénérer. Il ne pouvait pas prétendre au plus grand des altruismes, mais dans l’idéal, femmes et enfants devaient rester à l’écart (quoique le jeune Gavroche, qui traînait souvent dans leurs pattes, semblait contredire pour de bon ses présumées convictions, mais Enjolras savait faire preuve d’autant de mauvaise foi que Marius quand il le décidait). Le soupir se transforma en sourire exaspéré quand Marius affirma qu’il n’arriverait à rien sans aide. Ça, c’était la meilleure. Bien sûr, il n’était plus question de Louison, c’était évidemment de Marius que l’on parlait de nouveau, et le débat était toujours le même. Seulement, une fois encore, Enjolras ne refusait ne rejetait absolument pas le soutien du jeune premier, mais ce dernier guère n’avait pas manifesté un soutien qui puisse être qualifié d’utile, ces temps derniers, alors qu’il avait été plus occupé à roucouler et à courir après sa douce qu’à défendre haut et fort leurs couleurs.

-Borné ? Je veille à l’intérêt général quand tu sembles considérer encore que tout cela ne concerne que ta petite personne. Ta vie ou la mienne n’ont pas d’importance, Marius. Et je ne suis pas seul.
Et quand bien même, il préfèrerait se battre seul qu’entouré de personne qui, à la dernière minute, abandonneraient leurs armes pour courir dans les bras de leur belle, il n’avait pas besoin de gens comme cela. Tu t’es isolé de toi-même Marius, je te l’ai déjà dit. Il ne tient qu’à toi de revenir, seulement, tu ne fais que blâmer ma personne au lieu d’agir.

Enjolras n’aurait pas rejeté Marius, en vérité, s’il était revenu au café Musain, curieux de le voir revenir en force. C’était à lui de donner la preuve de son investissement et non l’inverse. Marius n’avait pas besoin de le convaincre du fait que son aide était précieuse, cela, Enjolras le savait déjà. Il avait seulement besoin d’aider plus concrètement.






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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mer 9 Déc - 11:08

Enjolras & Marius
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Il était plus qu’évident que Marius et Enjolras n’allaient pas parvenir à mettre chacun un peu d’eau dans leur vin, afin de se montrer moins borné. Marius ne manquait pas de faire cette réflexion à son ami, mais il ne manquait pas de l’être tout autant que lui. Ce n’était pas pour rien que le jeune homme n’avait pas remis les pieds au café Musain depuis leur altercation, parce qu’il n’avait aucune envie de se rabaisser devant Enjolras. Sauf que ce n’était évidemment pas de cette manière qu’il voyait les choses, il préférait largement tourner la faute vers le leader des amis de l’ABC. C’était lui le « boss » après tout et il lui avait bel et bien dit qu’il ne voulait plus le voir. Forcément, Marius n’avait pas spécialement envie de faire le premier pas. En fait, l’idéal pour lui aurait été qu’Enjolras le supplie de revenir. Sauf qu’il pouvait encore courir un long moment avant que cet instant n’arrive. De son côté, Enjolras attendait que Marius fasse le premier pas. Ils n’étaient donc clairement pas sortie d’affaire tous les deux. Le jeune homme tentait de faire changer de vision à son ami, sans pour autant remettre la sienne en question. Bien sûr qu’il se rendait compte en partie de ses erreurs, du fait que Cosette l’empêchait de vouloir sacrifier sa vie sur l’autel de ses convictions. Il n’avait aucune envie de mourir dans la bataille, parce qu’il aimait bien trop celle qu’il espérait un jour épouser (et qu’il allait épouser plus rapidement qu’il ne le pensait en réalité). Cependant, il pensait quand même pouvoir se battre et il ne comprenait vraiment pas tous les reproches d’Enjolras.

« N’est-ce pas toi qui est en train de tourner tout ça autour de ta petite personne ? »

Demanda-t-il toujours sur le même ton un peu sec. Au vu de ce qu’ils se disaient mutuellement, il y avait peu de chance que les amis se retrouvent aujourd’hui, s’ils devaient se retrouver un jour. Enjolras était doué pour faire la moral, mais il ne manquait pas d’être remplit de défaut également. S’il ne tournait pas toute cette situation autour de lui-même, il ne lui ferait pas la tête de cette manière. Cela ne ferait que l’indifférer. Du moins, c’était ce que pensait Marius. Cette conversation avait cependant un effet positif sur les convictions de Marius. Ces derniers temps le jeune homme s’était en effet mis en retrait par rapport aux combats qu’ils menaient, doutant légèrement de ses convictions. Mais il savait en cet instant qu’il avait envie de se battre et de faire ce qui était juste à ses yeux. Cosette ou non, cela ne changeait rien à ce qu’il pensait au fond de la politique et son envie de changer la situation. La seule différence, c’était qu’il ne voulait pas finir éventré sur le front, contrairement à Enjolras qui était prêt à mourir pour la cause. Marius voulait se battre, mais pas se sacrifier.

« Je vais me battre, mais je n’ai pas besoin de toi pour ça. »

C’était parfaitement puéril comme réflexion, mais le jeune homme ne pouvait pas s’en empêcher. Il n’arrivait pas à se contenter de donner raison à Enjolras.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Ven 11 Déc - 20:28


La liberté commence où finit l'ignorance
E

njolras avait tenu, dès leur rencontre, Marius Pontmercy en grande estime, il incarnait à ses yeux toutes les valeurs révolutionnaires qu'ils défendaient. Il prouvait que la France pouvait changer de visage, si un jeune homme de filiation noble pouvait renoncer à sa fortune pour guider le peuple vers un avenir plus pure, vers une gouvernance méritée. Alors pourquoi fallait-il qu'une jeune femme papillonne des cils et qu'il paraisse tout à coup l'inverse d'intelligent. Il avait les qualités, le potentiel, la verve, le courage... Et voilà qu'il mélangeait tout. D'accord, Enjolras mentait peut-être en affirmant qu'il n'y avait rien de personnel à leur conflit. La cause était plus noble, mais Enjolras n'insisterait pas à ce point si, justement, il n'avait pas à ce point d'estime pour Marius en tant que personne. Il ne compterait pas sur lui, comme il ne comptait pas sur d'autres. Oui, en vérité, cela avait quelque chose de personnel, tout comme c'était bien l'orgueil du chef de file des amis de l'A B C qui se voyait blessé par l'attitude de son interlocuteur. Mais la fin transcendait néanmoins les moyens. Le débat, une fois de plus, quoi qu'il en soit, semblait infiniment stérile. Si, dans un premier temps, Enjolras avait été convaincu que leur conflit se résorberait bien vite, il avait de plus en plus de doutes sur la question. Il n'avait pas envie que leur contentieux s'éternise, pourtant, mais son orgueil parlait à sa place. Il ne s'excuserait pas auprès de Marius, puisqu'il ne considérait pas qu'il avait de raisons de s'excuser. Cette situation devenait risible, voilà qu'il parlait de se battre sans lui. Ce n'était définitivement pas la question.

-Tu n'as pas besoin de moi, non.
Il marqua une pause. Tu as besoin de nous. Nous tous. C'est en nous unissant que nous parviendrons à bouleverser l'ordre en place. La division serait notre perte. D'avance, il devinait ce que son interlocuteur allait lui répondre, que c'était lui qui l'avait exclu, mais Enjolras persistait et signait. Il s'était exclu tout seul. Il marqua une pause. Enjolras prenait les armes plus qu'il ne les abaissait. Mais il le fallait. Cette situation devenait véritablement et inutilement absurde. Reviens.

Il n'était question que de cela, après tout. Mais Enjolras aurait voulu qu'il le fasse sans que nul n'ait à le lui demander. Par simple volonté, sans se faire prier comme s'il était indispensable. Encore, faudrait-il que, cette fois, il ne fasse pas seulement acte d'absence, qu'elle soit physique ou mentale. Cela avait été le plus grand reproche de l'étudiant. Marius semblait se désintéresser complètement de la cause pour ne plus se focaliser que sur ses absurdes amourettes. Peut-être que ce désistement forcé lui aurait permis de réfléchir à ses priorités, l'inviterait à se démener dans les temps à venir. Ou peut-être Marius refuserait-il, tout simplement. Et tout cela n'aurait servi à rien. Ils avaient décidément perdu trop de temps, mais, ils pouvaient bien en perdre plus encore, leurs égos étant ce qu'ils étaient, quand leurs idéaux étaient finalement les mêmes.




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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mer 30 Déc - 11:14

Enjolras & Marius
La liberté commence où finit l'ignorance
Marius avait envie de continuer de se battre et il devait bien avouer que cela avait plus ou moins un rapport avec sa fierté mal placé. Le jeune homme avait tout abandonné pour la cause, il avait quitté le confort d’une belle maison avec son grand-père (qu’il avait quitté en même temps d’ailleurs), afin de se battre auprès des Amis de l’ABC. Il vivait dans ce qu’on pouvait sans aucun doute nommer de taudis, afin de prouver qu’il était possible de changer, qu’il avait envie que le monde change. La France devait changer, il avait l’intention de se battre pour ça, avec ou sans ses camarades. Il n’avait aucune envie de lâcher le combat, même s’il ne pouvait pas nier que Cosette l’avait légèrement détourné de ses objectifs. Ce n’était pas parce qu’il était fou amoureux d’une jeune femme aussi merveilleuse que Cosette, qu’il ne pouvait pas se battre. Certes, il n’avait pas spécialement envie de se sacrifier, il ne voulait pas mourir sur le pavé pour la bonne cause, mais au final le but de tout cela n’était pas de mourir si ? C’était de changer les choses, de se battre et de gagner, aucunement de mourir. Du moins, c’était ce que Marius se disait. Il valait mieux qu’ils aient l’envie de vivre pour pouvoir être fort et gagner cette bataille qui approchait.

Quand Enjolras reprit la parole, le jeune Pontmercy ne put s’empêcher d’être légèrement surpris quand il affirma qu’il n’avait pas besoin de lui en effet. Cependant, il reprit rapidement la parole en disant qu’il avait besoin d’eux tous. En effet, Marius le savait bien que c’était parce qu’ils étaient un groupe unis qu’ils pouvaient envisager de gagner, qu’ils avaient besoin de cette force commune pour avancer. Cependant, ce n’était pas lui qui avait décidé qu’il n’avait plus sa place au sein du groupe. Enjolras lui avait demandé de partir, s’il ne voulait pas quitter celle qui faisait battre son cœur. Et comment pouvait-il bien quitter sa raison de vivre ? Celle qui rendait ses jours meilleurs et qui lui donnait envie de respirer. Il avait besoin de Cosette, même s’il avait également envie de se battre. Il ne pouvait pas faire un choix entre les deux, Enjolras l’avait forcé le faire. C’était ce qu’il s’apprêtait à lui répondre, à lui rétorquer, avant qu’il ne finisse par prononcer son dernier mot. Marius en resta une seconde sans voix, se demandant s’il avait bien entendu les propos de son ami (qu’il pouvait encore considérer comme tel ? Il ne savait guère). Pendant un temps, il ne dit rien et se contenta d’observer Enjolras, se demandant s’il ne se contentait pas simplement de jouer avec lui. Sauf que ce n’était pas du tout le genre de l’étudiant en droit.

« C’est vraiment ce que tu veux ? »

La fierté du jeune homme le pousserait presque à refuser tout net la demande de son camarade, mais il savait que ce n’était pas une attitude mature. Il était sans doute temps que les deux jeunes hommes arrête de jouer aux grands gamins.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mer 30 Déc - 11:46


La liberté commence où finit l'ignorance
I

l est certain que l'orgueil des deux amis de l'A B C altéraient leur jugement et les menaient à ces comportements antagonistes qui ne pouvaient servir aucun progrès, et qui empêchaient une cause transcendant de très loin leurs petits conflits dignes d'une cour de récréation. Il était temps, pour l'un comme pour l'autre, de mettre de l'eau dans leur vin, et même si Enjolras, fort de ses décisions et convaincu de leur bien-fondé, honnissait le fait d'avoir à faire le premier pas, il avait bien compris que c'était indispensable, pour qu'ils cessent enfin ces conflits absurdes qui égaraient leurs esprits, sans aucune conscience de leur absurdité, quand l'ennemi était ailleurs, bien plus fort, bien plus grand, bien plus dangereux. Ces querelles absurdes n'aboutiraient à rien, ils se devaient de faire front ensemble, pour permettre à l'avenir et au peuple cette liberté compromise, ce bonheur longuement espéré mais jamais acquis, cette égalité que l'on vantait sans jamais l'atteindre. Tout cela dépassait de très loin la situation actuelle, au sujet de laquelle ses deux protagonistes n'avaient vraiment pas de quoi se glorifier.

-Ce que je veux n'a aucune importance.
répondit Enjolras, et c'était bel et bien ce qu'il voulait que le jeune homme comprenne bel et bien. À leur moindre échelle, ils n'étaient rien, tous les deux, mais ce qu'ils défendaient, par contre, avait une importance primordiale que rien ne devait leur faire perdre de vue, ni les beaux yeux d'une charmante jeune femme, ni quoi que ce soit d'autre. Ce n'était pas de leur amitié qu'il était question (si elle était encore intacte ?), c'était bien de leurs croyances et de leurs convictions, celles qu'ils devaient défendre à tous prix, et au mépris de tout le reste. Reviens, pour la cause. Pas pour moi.

Qu'importe quels seraient leurs contentieux, Enjolras voulait la preuve qu'il continuerait de se battre et de lutter quoi qu'il arrive. Parce qu'il avait nourri en lui trop d'espoirs pour les voir s'éteindre, parce qu'il avait toujours été un élément précieux qu'il aurait été véritablement dommage de perdre. Il marqua une pause. En même temps, prétendre que leurs personnes respectives n'étaient pas concerné par le conflit qui les opposait aurait été faire preuve d'une certaine mauvaise foi. Bien sûr qu'il était également question de cela. Enjolras déplorait les enfantillages qui pouvaient vous faire perdre de vue des desseins plus nobles, mais il s'était laissé prendre autant que son interlocuteur à ce jeu là. Il était temps de rétablir la donne, une bonne fois pour toutes.

-Mais c'est ce que je souhaite, oui.

Autant l'admettre de but en blanc, si cela pouvait pour de bon convaincre Marius et le ramener, ne serait-ce qu'un peu, sur le droit chemin. Et puis, c'était bel et bien la pure et simple vérité. Il n'aurait pas fait preuve d'autant d'insistance et d'assiduité avec d'autres, Marius était, avec quelques autres rares élus, un cas à part, et il souhaitait vraiment, oui, au-delà de tout ce qu'il incarnait et défendait, qu'il revienne. Parce que leurs incessantes altercations avaient bien assez duré.




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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Dim 7 Fév - 17:18

Enjolras & Marius
La liberté commence où finit l'ignorance
Marius ne pouvait pas nier qu’il avait besoin de savoir exactement ce que pensait Enjolras. Evidemment, tout cela les dépassait complètement. La cause ne se résumait pas à eux deux, ils ne pouvaient pas se contenter de concentrer sur les conflits qu’ils avaient. Ce n’était pas parce qu’ils étaient en froid, parce qu’ils n’avaient pas la même vision des choses, que tout devait s’arrêter. Marius n’avait pas envie de s’arrêter en tout cas, il n’avait aucune envie d’abandonner la cause (même si évidemment, elle n’était pas complètement compatible avec l’histoire qu’il vivait avec Cosette), mais son orgueil l’empêchait de vraiment baisser sa fierté pour ne pas mettre le conflit avec Enjolras au premier plan. Louison l’avait prévenu, il devait dépasser tout cela et revenir sur le devant de la scène. Il aurait dû le faire avant qu’Enjolras le lui demande, mais il en avait été incapable. Maintenant, cependant, son camarade lui demandait bel et bien de revenir. Il devait revenir pour la cause, pas simplement pour lui. Sauf qu’au fond, Marius avait vraiment envie que son ami (s’il pouvait encore le considérer comme un ami) souhaite son retour, pas simplement parce qu’ils avaient besoin de lui pour se battre. Quoi qu’ils puissent en dire, ce qu’ils pensaient avait quand même une grande importance. Alors, Marius fut quand même soulagé d’entendre Enjolras lui dire que c’était ce dont il avait envie. Marius ne dit rien pendant quelques secondes, se contentant d’hocher la tête.

« Je veux revenir… vraiment. »

Il le voulait depuis le début, mais il n’avait pas été capable de baisser sa fierté au point de revenir complètement sans l’autorisation du leader du groupe. Et pourtant, les réunions des Amis de l’ABC lui avait grandement manqué. Cela aurait été sans doute mieux qu’il parvienne à revenir, sans attendre l’aval d’Enjolras, mais il avait l’intention de se rattraper maintenant. Il se rendait bien compte que cette dispute était complètement puérile, qu’ils ressemblaient plus à deux gamins. La cause ne tournait pas autour d’eux, même s’ils n’étaient pas d’accord sur tout, ils devraient parvenir quand même à se battre ensemble. Pour la France, pour la révolution et pour le peuple de ce pays qui méritait que quelqu’un se batte pour lui. Mais malgré cela, Marius ne pouvait pas s’empêcher de regretter être en froid avec Enjolras. Il considérait toujours que son ami était trop dur concernant son idylle avec Cosette, mais il avait quand même besoin de lui.

« Je suis désolé. »

Finit-il par dire, posant une main sur l’épaule d’Enjolras afin d’appuyer un peu plus sur ses propos. Il voulait que l’étudiant se rende bien compte qu’il l’était et qu’il ne prononçait pas ces mots à la légère. Il regrettait vraiment leur dispute, les conséquences qu’elle avait eu pour pas grand-chose au final. Marius pensait qu’il n’était pas entièrement responsable de tout cela, mais il avait quand même sa part de responsabilité et il n’avait rien fait pour arranger les choses. Contrairement à Enjolras, qui avait fait le premier pas en lui demandant de revenir.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mar 9 Fév - 20:33


La liberté commence où finit l'ignorance
F

inalement, il suffisait qu'ils ravalent l'un comme l'autre leur fierté pour réussir à progresser, et obtenir ce que, finalement, ils cherchaient l'un et l'autre (comme quoi, leur querelle de longue durée avait d'autant moins de sens qu'ils souhaitaient tous les deux la même chose depuis le début). Mais pour cela, il avait fallu que l'un des deux baisse les armes en premier, et Enjolras déplorait d'avoir eu à le faire, mais il saurait toujours s'enorgueillir d'avoir été en première ligne, et d'avoir su employer les mots nécessaire pour crever une bonne fois pour toutes l'abcès. Ça avait manifestement été efficace, car Marius ne se braqua pas une fois de plus, et abaissa à son tour les armes pour reconnaître qu'il voulait bel et bien revenir, qu'il le souhaitait sincèrement. Une bonne chose de dite, d'autant qu'Enjolras sentait que son interlocuteur était parfaitement sincère. Même, il ajouta qu'il était désolé. Le chef de file des amis de l'A B C aurait pu affirmer qu'il n'avait aucune raison de l'être, mais ce n'était pas le moins du monde ce qu'il pensait. Il considérait mériter des excuses, et était amplement satisfait de les avoir enfin obtenu, suffisamment pour ne pas lui renvoyer ses erreurs aux visage, ainsi que ses reproches. À présent que la situation était apaisé, il fallait éviter de remettre de l'huile sur le feu, ce serait inutile. Alors en guise de réponse, il se contenta d'un simple geste : il déposa sa main sur son épaule, afin de lui faire comprendre qu'il ne lui en voulait plus, qu'il passait l'éponge, et qu'ils pouvaient repartir sur de nouvelles bases... Il allait falloir, par contre, réparer ces troubles qui avaient causé leurs divergences et leurs dispersions. Il était inutile de demander tel quel à Marius de quitter sa jolie blonde, il se braquerait forcément, et ils reviendraient à leur point de départ. Ce ne pouvait pas être ce qu'ils souhaitaient. Seulement, s'il pouvait fermer les yeux sur l'idylle de son ami, il ne pouvait pas tolérer qu'elle compromette leurs grands projets, qu'elle contrevienne aux intérêts de la cause. Si Marius savait lui prouver qu'il pouvait concilier ses deux vies, alors soit. Encore que, à un moment ou à un autre, Enjolras était convaincu que Marius devrait faire un choix, et ce choix devrait alors être sûr et évident. Le jeune homme le retardait seulement.

-Tu peux me promettre de ne plus manquer aucune réunion ?
demanda-t-il alors, qui attendait désormais des actes au-delà des mots.

En effet, c'était une bonne chose que d'affirmer vouloir revenir et faire autant d'efforts que possible, mais ce serait une meilleure chose encore que de faire la preuve d'un réel investissement. Enjolras ne voulait plus Marius parmi les amis de l'A B C, si c'était pour jouer les fantômes et de faire seulement acte de présence sans montrer plus de motivation que cela. Il faudrait qu'il lui prouve, s'il voulait être sur tous les fronts, qu'il pouvait bel et bien assumer tout cela à la fois.




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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mer 9 Mar - 17:45

Enjolras & Marius
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Quand Marius affirmait qu'il était désolé, il pensait sincèrement ces mots. Il l'était vraiment, désolé de se rendre compte à quel point la situation avait pris un tournant idiot alors qu'ils ne cherchaient finalement que la même chose. Enjolras voulait qu'il revienne, Marius voulait revenir, mais ces deux jeunes hommes avaient eu bien trop de fierté mal placée pour l'affirmer. Du moins, jusqu'à ce que ce que le leader des Amis de l'ABC prenne en main la situation et qu'il lui affirme haut et voir qu'il devait - qu'il voulait - revenir. Marius était content, vraiment, de savoir que son ami (pouvait-il le reconsidérer ainsi ? Il ne savait pas encore, mais il le découvrirait bien vite) souhaite le revoir dans le feu de l'action, qu'il souhaite le revoir aux réunions. Il était, certes, évident que Marius aurait pu faire le premier pas et se pointer à l'une de ces réunions sans la "permission" de son chef, mais encore une fois tout ceci n'avait été qu'une question d'orgueil stupide. Maintenant que Marius savait que son ami souhaitait le revoir avec eux, il n'hésiterait plus une seule seconde. Même si une dispute pouvait encore arriver et avoir lieu entre Enjolras et lui. Ils avaient des caractères bien trempé tous les deux - ils étaient surtout aussi borné l'un que l'autre - ce n'était pas étonnant qu'ils se prennent un peu la tête par moment. Mais Marius ne voulait plus que la situation dérape à ce point, ce n'était vraiment pas ce qu'il cherchait. Quand finalement Enjolras posa une main sur son épaule, Marius ne put s'empêcher de sourire. Il avait présenté des excuses et son ami les acceptait, tout était parfait donc. Maintenant, ils devaient juste parvenir à reconsolidé leurs relations.

Cela n'étonna pas vraiment Marius d'entendre Enjolras lui demander une promesse de ce genre, il comprenait parfaitement. Ce que le jeune homme appréciait vraiment, c'était qu'il ne parle pas de Cosette. Le début de cette dispute venait bel et bien de la blonde qui avait volé le coeur du jeune étudiant, il ne pouvait pas l'abandonner et il n'était pas question qu'on le force à le faire. Enjolras ne lui demandait plus de le faire - même s'il l'espérait toujours, mais ça Marius ne s'en rendait pas compte - il attendait simplement une présence optimal du jeune homme aux réunions. C'était légitime, Marius avait en effet un peu débordé avant d'être "renvoyé" du groupuscule, il arrivait bien trop souvent après la "bataille".

« Bien sûr, je te le promet. » Affirma-t-il, son regard planté dans celui de son ami, en toute sincérité. Il l'affirmait vraiment et il avait l'intention de le faire. « Je serais présent à toutes nos actions. »

Marius savait très bien que pour cela, il allait devoir accorder moins de temps à sa cher et tendre Cosette. Mais il n'avait pas le choix, il ne pouvait pas affirmer vouloir défendre ses idées politiques, sans le faire ensuite. Cosette comprendrait, il le savait bien. Même si Marius avait toujours hâte de retrouver celle qu'il aimait, il ne pouvait pas non plus mettre de côté tous les pans de sa vie. Il espérait cependant, ne pas avoir besoin de faire le choix ultime entre les deux (sa cause et son coeur), qu'il parviendrait à vivre avec eux malgré les mises en garde d'Enjolras. Evidemment, le jeune homme n'avait aucune idée de ce que le futur lui réservé.

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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Mer 9 Mar - 22:10


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inalement, il n'avait pas fallu grand chose pour que cette brouille (particulièrement puérile, il faut bien le reconnaître) prenne fin. Il avait "seulement" fallu pour cela que l'un comme l'autre acceptent de mettre leur fierté de côté. Et cela s'était avéré ne pas être une mince affaire, loin s'en fait. Quoi qu'il en soit, la situation semblait s'être pour de bon apaisée. Et pour cause, on évitait les sujets qui fâchent (le sujet, en vérité) et l'on se concentrait plutôt sur plus important, la cause, celle qu'ils avaient tous les deux à cœur de défendre. Ils seraient bien plus efficaces, l'un comme l'autre, s'ils s'unissaient plutôt que de se braquer l'un contre l'autre au nom de motifs particulièrement absurdes. Oui, Enjolras continuait à considérer que Cosette resterait un frein à tout engagement pour Marius, puisqu'il ne pouvait s'engager corps et âmes à deux choses à la fois, surtout si elles étaient contradictoires, mais il n'était pas la peine de revenir là-dessus pour le moment. Tant que le sujet serait éludé, tant que Marius lui prouverait pouvoir être présent pour lui en dépit de la présence de la jolie blonde dans sa vie, il ne ferait aucun commentaire. Mais il ne manquerait pas, ceci dit, d'orienter son opinion, si cela pouvait le conduire à ne plus s'investir dans la cause, du moins tant que ceci était nécessaire. Plus tard, quand ils auraient obtenu gain de cause, quand le peuple aurait obtenu gain de cause, alors oui, il pourrait envisager de vivre sa petite amourette (si le père de la jeune femme leur donnait sa bénédiction - il semblerait que ce soit mal parti) comme il le voudrait, Enjolras s'en moquerait. En attendant, il espérait bien voir Marius tenir la promesse qu'il lui faisait à présent. Un fin sourire s'esquissa sur ses lèvres. Certes, de la parole aux actes, il y avait également du chemin à faire, mais le chef de file des amis de l'A B C voulait se montrer confiant.

-Très bien.
C'était tout ce qu'il avait voulu entendre, en effet. Pourquoi avoir tant perdu de temps pour aboutir à cette conclusion, franchement ? D'un autre côté, ce déclic leur avait certainement été nécessaire afin, l'un comme l'autre, de pouvoir aller de l'avant et poursuivre leur œuvre. Marius s'était effectivement égaré, aux yeux d'Enjolras. Il lui prouvait à présent qu'il avait retrouvé son chemin. La prochaine réunion des amis de l'A B C a lieu demain soir, à la même heure que d'habitude, au Musain. Je compte sur toi.

Peut-être que cette réunion n'aboutirait pas à grand chose, comme il arrivait malheureusement bien souvent que cela soit le cas. Mais Enjolras voulait croire que le retour de Marius aux réunions insufflerait, justement, un peu d'énergie au groupe, une impulsion dont il avait bien besoin afin d'éviter qu'il ne s'enlise. Si la motivation de Marius restait intact, alors ce serait parfait.



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Message#Sujet: Re: La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]   Lun 25 Avr - 12:15

Enjolras & Marius
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Les deux jeunes hommes étaient bien la preuve qu'il ne fallait, parfois, pas grand-chose pour résoudre une situation. Ils étaient brouillés, mais maintenant ils semblaient sur le chemin de la réconciliation. Marius avait parfaitement conscience qu'il devait encore faire ses preuves, qu'il devait prouver à Enjolras qu'il pouvait avoir confiance en lui. Le jeune homme n'avait pas l'intention de quitter Cosette et de l'enlever de sa vie, mais il ne comptait pas négliger les réunions et la cause pour autant. Le jeune homme avait bien conscience qu'il n'avait pas été assez présent parce qu'il était complètement sous le charme de sa belle, mais maintenant qu'ils parvenaient à se voir de temps en temps, qu'ils s'étaient rapprochés officiellement (enfin, ils devaient quand même se cacher du père de la jeune femme, mais bon...), Marius osait croire qu'il allait parvenir à assumer les deux pans de sa vie. Il tenait autant à la cause qu'il défendait avec Enjolras qu'à Cosette, même s'il était évident que le jeune étudiant aurait plus de difficulté maintenant à sacrifier sa vie pour l'une d'entre elle. Il n'avait aucune envie de renoncer à l'une d'entre elles et il était sincèrement heureux qu'Enjolras lui fasse de nouveau confiance. Il n'avait pas l'intention de trahir cette confiance, de prouvait au jeune homme sous ses yeux qu'il avait eu tort de faire un pas vers lui. Parce qu'après tout, s'ils se rabibochaient en cet instant, c'était bien parce qu'Enjolras avait mis sa fierté de côté pour faire un pas vers Marius. Ils avaient eu besoin de cela pour que cette broutille soit terminée, pour qu'ils arrêtent de se chamailler comme des enfants. Marius allait donc tout faire pour lui prouver qu'il avait bien fait de le faire. A commencer par participer à toutes les réunions des Amis de l'ABC.

« Très bien, j'y serais. » Affirma-t-il quand son interlocuteur lui appris que la prochaine réunion aurait lieu le lendemain soir. Il informerait Cosette qu'il ne pouvait pas la trouver ce soir-là, mais qu'il ferait en sorte de la voir à un autre moment. Elle comprendrait, c'était évident. Parce que dans tous les cas, Marius n'avait pas l'intention de ne pas y aller. Cela lui manquait en même temps, depuis le début de sa dispute avec Enjolras, Marius avait cruellement envie de revenir aux réunions au café Musain. Ce qu'il n'avait pas fait, même s'il aurait sans doute pu le faire. Mais bon, c'était passé maintenant. « On se voit demain soir donc. »

Confirma-t-il, posant une main sur l'épaule de son ami, dans un geste qui signifiait qu'il n'avait pas l'intention de trahir sa parole. Marius avait vraiment l'intention de venir à toutes les actions des Amis de l'ABC, que ce soit les réunions ou s'ils devaient prendre les armes. Le jeune homme ne savait pas trop ce que cela allait donner dans le temps, mais il n'avait pas l'intention de se défiler. Même si, bien sûr, il était évident qu'il n'avait aucune envie de mourir au combat et de laisser Cosette, il préférait largement gagner la bataille. Il devait tout faire pour y parvenir d'ailleurs. Même si, pour l'heure, il valait mieux éviter les sujets qui risquaient de fâcher un peu. Enfin, le sujet, puisque le principal désaccord entre les deux jeunes hommes était l'idylle de Marius avec la belle Cosette. Enjolras comprendrait bien mieux s'il songeait une seconde à ouvrir son coeur.

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La liberté commence où finit l'ignorance [pv Marius :3]
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