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 Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)

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Message#Sujet: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Ven 14 Aoû - 0:19

Quand le danger frappe à votre porte

C'est quand votre coeur trouve sa moitié que vous êtes à même de comprendre combien il a été vide, jusque-là... À présent, elle se sentait entière, complète. Elle avait toujours eu le sentiment qu'il manquait quelque chose à son existence. Tout d'abord, ce vide avait été comblé par la présence de son père, quand il était venu la trouver, la retirant des griffes cruelles des Thénardier. Puis un autre était apparu, un vide plus important encore. Son père avait veillé à son bonheur, mais aucune adolescente ne pouvait se contenter d'une vie d'errance, elle avait besoin de voir le monde, et surtout, besoin d'aimer, d'un amour qui ne serait pas celui d'une fille pour son père. Et Marius était arrivé dans sa vie. À présent, la jeune femme avait le sentiment que son coeur était entier, et qu'il n'y avait plus besoin de rien pour le combler. Bien que, en fait, tout n'était pas rose pour autant. Elle savait que son père craignait pour leur sécurité, elle savait qu'il voulait qu'ils s'en aillent, et elle pressentait qu'il n'appréciait pas vraiment cette idylle qui pourtant lui faisait se sentir comme un ange. Elle profitait pleinement d'un équilibre précaire, où elle pouvait savourer à la fois l'amour de son père et l'amour de Marius, elle profitait du temps qu'on lui accordait de passer dans cette maison parisienne où elle commençait à prendre ses marques, car il n'était pas exclu que son père lui ordonne, comme il l'avait déjà fait, de rassembler ses affaires et de s'en aller, de fuir jusqu'en Angleterre et de perdre l'homme pour qui son coeur battait. Et là, il n'était pas certain qu'elle arriverait à arrêter Valjean. Oh, si elle ne devait plus jamais revoir Marius ! Non, c'était une pensée trop atroce pour qu'elle accepte de la concevoir, même si elle était complètement réaliste.

Elle se tenait très sage, depuis son "altercation" avec son père, elle ne voulait pas souffler sur les braises, elle préférait les dissimuler, de très loin. Alors elle prenait bien garde. Elle avait consenti à espacer ses rendez-vous nocturnes avec Marius, même si ça lui brisait le coeur, elle lui donnait rendez-vous dans le jardin de la maisonnée quand son père était endormi, et elle ne quittait plus les quatre murs de la maison de la rue Plumet. C'était d'un ennui ! Mais tant qu'elle prenait toutes ces précautions, elle ne prenait pas de risques... Mais le danger pouvait venir à soi malgré tout. Cosette allait en faire les frais bien malgré elle. Alors que son père s'était absentée, et qu'elle s'était faite violence pour demeurer dans sa chambre sans s'évader de la demeure, on frappa à la porte. Cosette posa avec précaution le livre qu'elle était en train de lire. Elle ne devrait sans doute pas ouvrir, mais elle était trop curieuse. Et sait-on jamais. S'il s'agissait de Marius ? Elle ouvrit donc, et comprit avoir eu tort quand, ouvrant la porte, elle découvrit un homme à l'uniforme d'inspecteur de police.


"Que puis-je faire pour vous, Monsieur ?"
demanda-t-elle d'une voix blanche, espérant que l'angoisse ne se lisait pas trop dans sa voix.



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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Sam 15 Aoû - 16:03


Quand le danger frappe à votre porte
D

epuis qu'il l'avait revu, il ne cessait d'y penser. Ce pouvait n'être qu'un hasard, un visage familier, transformé par l'âge, qui n'était que familier sans être celui qu'il avait traqué et finalement perdu de vue, mais l'instinct de l'inspecteur de police ne cessait de lui marteler qu'il s'était bel et bien retrouvé face au forçat Jean Valjean ce soir là. L'avoir laissé s'en aller au cours d'une conversation plus ou moins courtoise en lieu et place de sceller son sort directement avait peut-être été une erreur, quoi qu'il ne pouvait se permettre d'accuser sans preuves, et c'était en effet ce qu'il lui manquait. Il n'avait pas la moindre preuve. L'homme lui avait montré ses papiers, et ceux-ci étaient parfaitement conformes. Des papiers, cela se falsifie, bien évidemment, et il était bien placé pour le savoir, et pour le nombre de menteurs qu'il avait mené derrière les barreaux, mais il ne pouvait trainer cet homme devant la justice en arguant seulement que son visage et sa voix lui semblaient revenus d'un lointain passé, et que s'il s'était laissé abuser autrefois, il n'avait guère l'intention de réitérer l'expérience, il lui fallait preuves plus tangibles, ou mieux, des aveux. Alors, sans que rien ne lui fût ordonné, en dehors de ses heures de travail, Javert avait décidé de mener l'enquête. Il s'était rendu à l'adresse notifiée sur les papiers de l'homme qu'il avait interpelé ce soir-là, une charmante maisonnée de la rue Plumet, où vivait bel et bien, selon les dires du voisinage, un homme qui correspondait aux descriptifs qu'il avait fait de cet homme, descriptif équivalent, par voie de fait, à celui de Jean Valjean, également.

Autre information intéressante, l'homme ne vivait pas seul, et il élevait seule une enfant qui ne devait pas avoir plus de seize printemps, soit l'âge que l'enfant de Fantine devait avoir aujourd'hui. S'il ne s'attendait pas à obtenir quoi que ce soit du père, ou, plus certainement, de celui qui se faisait passer pour son père, il pourrait peut-être, par contre, dénicher des informations intéressantes auprès de la fille, jeune, et donc sans doute plus à même de répondre à ses questions sans trouver de confortables détours pour sauver la mise. Ce soir là, tapi à l'angle d'un mur, Javert avait donc attendu que le père s'en aille pour avoir une entrevue avec la jeune femme. Il frappa à la porte, celle-ci s'ouvrit sur une ravissante adolescente, aux longs cheveux blonds, et à la douceur apparente qui ne pouvait que convaincre l'inspecteur, peut-être un peu trop assuré, qu'il parviendrait à ses fins. À moins, bien sûr, qu'il se soit fourvoyé depuis le début, ou que l'enfant ignore tout du passé criminel de son père, elle n'aurait pas été la première à être dupée... mais dans ce cas, il était dans tous les cas de son devoir de la protéger d'un père criminel en plus d'être un faux père.

-Bonsoir mademoiselle, j'espère ne pas vous déranger.
fit-il d'un ton très protocolaire. Je me nomme Charles Javert, je suis inspecteur de police, j'aimerais m'entretenir avec vous, si vous me le permettez.



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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Mar 22 Sep - 22:23

Quand le danger frappe à votre porte


Sur le principe, l'homme ne dérangeait pas Cosette, elle pouvait difficilement être dérangée, tant ses journées se ressemblaient toutes, mornes comme aucune autre, quand elle ne pouvait se trouver en la compagnie du beau Marius, qu'il n'était pas toujours si simple de voir en catimini, malheureusement. Elle s'ennuyait, dans cette petite cage dorée certes douillette, mais froide, où ils étaient abrités pour le moment, avant de se retrouver dans une nouvelle cage, ailleurs (bien qu'elle n'ait aucune envie de déménager, cette fois-ci). Mais s'il n'y avait rien à déranger chez Cosette, la présence d'un inspecteur de police à sa porte devait forcément l'alarmer. Elle ne voulait pas croire que son père ait quoi que ce soit à se reprocher, car il était un homme bon, indéniablement bon, mais les faits ne jouaient pas en sa faveur. Cette propension à fuir, à toujours se cacher... Cela dissimulait forcément quelque chose. Même si Cosette ne pouvait pas identifier de quoi il pouvait bien retourner (et était agacée de ne rien savoir, elle était en âge de tout comprendre, maintenant ! Elle en avait assez que son père la surprotège, même si c'était pour son bien). L'homme s'appelait Charles Javert, et son uniforme n'était donc pas trompeur, il était bel et bien inspecteur de police. Le teint déjà blanc de la jeune femme devait pâlir encore davantage. Elle espérait que ça ne se voyait pas trop. Il n'obtiendrait rien d'elle, puisqu'elle ne savait rien, mais elle ne pressentait pas un échange cordial pour autant, et elle avait peur. Peur de découvrir des choses qu'elle ne voulait savoir. Elle avait très envie de mettre l'homme à la porte. Mais ce serait suspect, non ? Son père refusait qu'elle ouvre la porte aux inconnus, elle aurait effectivement dû être plus prudente, mais maintenant, le mal était fait, et elle devait assumer son erreur, elle n'avait pas le choix.

"N-non, bien sûr. Entrez, je vous prie." dit-elle, troublée, et ayant bien du mal à dissimuler qu'elle l'était. Elle s'écarta pour laisser entrer l'inspecteur à l'intérieur, comme on laisse le renard entrer dans la basse-cour, et elle n'était qu'un fragile volatile. Elle resta cordiale, malgré tout, espérant qu'aucun détail de la maison, qui n'avait pas d'importance pour elle, n'attirerait l'attention de l'inspecteur ou éveillerait ses soupçons. Elle lui offrit de s'asseoir dans le petit salon, et s'installa elle aussi après qu'il ait pris place. "Que puis-je faire pour vous ?"

La curiosité dans sa voix était bel et bien réelle. C'était peut-être le seul avantage qu'aurait cette conversation. Son père refusait de lui parler de son passé obscur, l'inspecteur se montrerait peut-être plus bavard. Ses soupçons ne seraient peut-être pas fondés, mais Cosette aurait des arguments pour confronter son père, la prochaine fois. Même si elle allait vite espérer que tout ce que dirait son interlocuteur soit faux.


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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Jeu 24 Sep - 16:51


Quand le danger frappe à votre porte
L

a jeune femme ne semblait pas alarmée par son arrivée, du moins, pas plus que ne le serait quelqu'un qui ne s'attendait pas à recevoir sa visite, sans pour autant avoir quelque chose à se reprocher. Engendrer quelque nervosité chez autrui, il y était parfaitement habitué, c'était une réaction naturelle. La jeune femme lui semblait des plus mal à l'aise et inquiète, mais rien qu'il ne sache lui reprocher. D'autant qu'il ne pensait pas que l'ancien bagnard ait un jour appris à celui qu'il avait élevé comme sa propre fille quelle sorte de criminel il était vraiment, son sombre passé, et ce don il s'était rendu responsable. Pour la charmante jeune femme qu'était devenue la gamine de Montfermeil, Jean Valjean (nom qu'elle n'avait peut-être jamais entendu de toute sa vie) n'était autre que son père, un homme admirable qui l'avait sortie de la fange et de la misère. Mais avec quel argent ! Volé sur le compte de la crédibilité des habitants de la ville dont il avait su se faire déclarer maire. Il était voleur dans l'âme de toute manière, cette fâcheuse manie l'avait conduit aux galères, et il n'avait pas moins volé l'enfant qu'il avait face à lui. L'homme adressa ses remerciements à Cosette, quand la jeune femme lui offrit d'entrer, lui donnant par la même accès à des détails, à l'intérieur, qui lui échappaient peut-être, mais qui ne sauraient contourner la vigilance de l'inspecteur de police, qui se concentrait sur le moindre détail. Surtout quand l'enjeu, comme à cet instant, était à ce point crucial. Il ne manqua pas de balayer la pièce du regard avec la plus grande des attentions, avant de la reporter, son attention, sur son interlocutrice qui, bien sûr, l'interrogeait sur ce qu'il faisait là.

Je suis à la recherche d'un homme, un ancien bagnard, qui a pris la fuite il y a longtemps. Il semblerait qu'il ait élu domicile dans votre quartier. Rassurez-vous, ma visite n'est qu'une visite de courtoisie, je me dois de me renseigner auprès de chaque habitant. Et de les informer du danger.


Il espérait bien, de cette manière, lui mettre la puce à l'oreille, lui faire comprendre que son père avait bien des secrets, et pire que ce qu'elle pouvait bien imaginer de son héros. Car la demoiselle, après leur échange, aurait vite fait de faire le rapprochement... Ou alors de se trahir si elle savait, en vérité, quelque chose.

M'autorisez-vous à connaître votre nom, mademoiselle ?"
lui demanda-t-il dans le but de ne pas la braquer. "Et celui de vos parents, si vous me le permettez. Je suppose que vous ne vivez pas seule ici.

Il voulait bien sûr inviter son interlocutrice à parler d'elle-même, mais il était plus intéressé encore par l'homme de la maison, et il escomptait bien obtenir de la jeune femme quelque information véritablement utile.



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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Mer 14 Oct - 23:39

Quand le danger frappe à votre porte


Cosette avait beau entendre qu'elle pouvait être rassurée, que cette visite n'était jamais qu'une visite de courtoisie, elle peinait à l'entendre de cette oreille. Elle savait bien qu'il y avait un mystère autour de son père, un mystère que ce dernier ne l'avait jamais laissé résoudre. Ils passaient leur temps à changer de lieu d'habitation, ils passaient leur temps à fuir. L'homme qui l'avait ôtée aux Thénardier était un homme de bien, Cosette en avait la plus totale conviction, mais il devait bien être un hors-la-loi, coupable d'un crime qu'il avait expié depuis longtemps devant Dieu, mais pas devant la Justice. Alors est-ce que c'était vrai ? Est-ce que l'ancien forçat dont parlait son interlocuteur était bel et bien son père. Elle n'avait pas envie d'y croire, mais malheureusement, c'était vraiment très probable. Son père avait été au bagne, il semblerait qu'il s'en soit échappé. Pourquoi avait-il été condamné en premier lieu ? Pourquoi avoir fui ? Oh, Cosette n'en pouvait vraiment plus de tous ses secrets. Ils lui empoisonnaient profondément l'existence, il n'y avait pas que Jean Valjean pour se faire du mal, dans cette affaire. En voulant protéger sa fille, il la faisait souffrir elle aussi, et d'une façon inconcevable, cruelle. Sa bonté devenait un mal insidieux, qui allait les perdre tous les deux, peut-être, à présent que l'étau se resserrait si fermement autour d'eux deux. Cet inspecteur qui recherchait son père, et Marius, son beau Marius. Oh, comme elle aimerait qu'il soit à ses côtés afin qu'il la réconforte dans cette épreuve ! Elle était contente que son père ne soit pas là, ainsi il ne craignait rien pour le moment, mais elle n'avait aucune envie d'affronter seule le regard inquisiteur et angoissant de son interlocuteur. Cosette hésita, quand il fallut donner son nom. Ce nom n'allait-il pas trahir son identité... ? Et d'un autre côté, s'inventer un nom, alors que l'homme s'était sans doute renseigné, c'était peut-être un piège, et elle ne voulait pas condamner un père qui, qoui qu'il ait pu faire, ne méritait pas cela, un père qu'elle aimait au-delà de tout.

"Euphrasie Fauchelevent"
, dit-elle avec autant de douceur que possible, les yeux baissés, espérant qu'utiliser son vrai nom induirait le doute dans l'esprit de son interlocuteur. Car quiconque la connaissait depuis sa plus tendre enfance l'appelait Cosette, Si bien que Cosette elle-même oubliait parfois elle-même qu'elle s'appelait Euphrasie. "Mon père, Ultime Fauchelevent, est parti régler quelques affaires hors de la capitale, et je n'ai pas d'autres parents." lui apprit-elle, craignant malheureusement d'être beaucoup trop honnête. "Ce criminel que vous poursuivez..." osa-t-elle ajouter, véritablement hésitante. "Qu'a-t-il fait pour mériter le bagne ?"

Elle avait peur de ce qu'elle allait entendre, mais, bonheur dans son malheur, elle avait peut-être enfin un moyen de découvrir la vérité, même si cette vérité était douloureuse et terrifiante.




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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Ven 16 Oct - 20:23


Quand le danger frappe à votre porte
F

auchelevent. Ce même nom que l'inspecteur de police avait déjà lu sur les papiers (certainement faux) que lui avait tendu l'homme qu'il soupçonnait être son vieil ennemi. Il était bien probable que la jeune femme, qui se faisait donc appeler Euphrasie (était-ce son vrai prénom ? Va savoir) s'imagine posséder bel et bien ce nom de famille. Il n'obtiendrait, de ce point de vue-là, aucune information de plus... Mais ces informations-ci confirmaient tout de même ses soupçons. La jeune femme avait exactement l'âge que devrait avoir la jeune Cosette, volée aux Thénardier, aujourd'hui. Et il n'y avait pas de femme dans ce foyer. Rien de bien surprenant là-dedans, ancien forçat, Jean Valjean ne pouvait prendre épouse si facilement, sans compter qu'il devait certainement déménager d'un lieu à l'autre sans cesse (et tenterait de le faire prochainement, certainement, raison pour laquelle Javert avait tout intérêt à faire au plus vite, même s'il ne pouvait agir si aisément). Alors oui, ses soupçons ne se voyaient qu'un peu plus confirmés à chaque seconde. Et cette conversation s'annonçait sous les meilleurs hospices. Car la jeune femme aurait pu trouver un prétexte afin de le congédier poliment, mais à la place, elle lui posa une question qui ne pourrait que le servir. La jeune femme se montrait curieuse. Cela devait signifier, sûrement qu'elle ne savait effectivement rien, comme il le présumait, mais qu'elle voulait tout apprendre. Si Javert lui faisait ces révélation, il se pourrait bien qu'il provoque chez son interlocutrice une réaction qui sache lui servir. Elle voulait des réponses, elle voulait comprendre de quoi on accusait l'homme que l'inspecteur de police recherchait, elle voulait comprendre, donc, de quoi l'on accusait l'homme qu'elle devait certainement considérer comme son propre père, faute d'avoir jamais connu son père biologique.

-Il a été condamné pour vol. Il a tenté de s'évader plusieurs fois. Une fois sa peine écopée, il a récidivé à nouveau, et abusé de la confiance de toute une ville en s'attribuant le titre de maire.
Javert grimaça légèrement, une part de lui ne pouvait s'empêcher de penser que cette affaire aurait pu être réglée il y a bien longtemps si, à l'époque, il n'avait pas fini par croire dans l'innocence de M. Madeleine. Cette fois, il ne commettrait plus la même erreur. Son instinct ne l'avait pas trompé autrefois, il savait qu'il ne le trompait pas cette fois non plus, et il ne réitèrerait plus sa bévue d'autrefois. Nous savons qu'il se trouve à Paris, il s'y est enfui avec une enfant qu'il a enlevé à ses protecteurs, autrefois. Elle doit avoir votre âge, aujourd'hui.

Évidemment, il ne prononçait pas ces mots sans raison, et il espérait bien qu'ils feraient réagir son interlocutrice. Car elle pourrait sans doute se reconnaître en cette enfant, surtout si elle songeait à l'épisode des Thénardier. Il n'attendait pas à ce que la fille trahisse le père, mais il attendait qu'elle lui accorde des preuves supplémentaires.



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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Ven 27 Nov - 22:46

Quand le danger frappe à votre porte

Cosette voulait se raisonner et ne pas se laisser dépasser par son imagination, qui était parfois trop débordante (à force de rester enfermée entre quatre murs sans d'autres liens social que son père, avec la lecture pour seule occupation - avant de rencontrer Marius, bien sûr - elle avait fini par développer un imaginaire absolument foisonnant), mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Plus l'inspecteur de police lui parlait, en donnant l'impression de la dénoncer elle, mais surtout de dénoncer son père, plus elle doutait. Les faits coïncidaient si bien. Se pouvait-il que ce soit bien son père, que l'on décrive ? Cela expliquerait ces années de fuite, le fait que le père rechigne à apprendre son passé à sa fille, même si cette-dernière voulait absolument savoir, le fait qu'il semblait éprouver tant de regrets concernant ce ténébreux passé... Et cet enfant.... Si l'on oubliait le terme "protecteurs", parce que les Thénardier avaient été tout sauf des protecteurs pour elle, elle correspondait parfaitement à la description. Se pouvait-il qu'il s'agisse d'elle ? Oui, il devait s'agir d'elle. Cet inspecteur en uniforme n'était pas un escroc, un charlatan, elle était certaine qu'il disait vrai. Cet obscur passé était en train de rattraper son propriétaire. Et Cosette ne savait qu'en penser. Qu'il soit auteur de quelques larcins, elle pouvait s'y faire, elle préférait cela à n'importe quel autre crime odieux, un assassinat, par exemple. Et pour avoir vécu avec les Thénardier, elle savait pertinemment que la misère peut mener aux extrémités les plus tristes. Mais depuis qu'il l'avait pris avec elle et élevé, elle savait qu'il avait toujours gagné son pain, leur pain, très honnêtement, il s'était racheté pour tout ses larcins... Tous ou presque. Car voler un poste de maire, c'était autre chose, mais la jeune femme, toute admirative qu'elle était de celui qu'elle considérait comme son père de chair et de sang, elle voulait croire qu'il avait été un maire juste et admirable. Cosette avait du mal à dissimuler son malaise, à cacher son trouble, mais elle se devait de garder contenance, elle en allait de la sécurité de son père. Il ne plaisantait pas quand il les prétendait en danger, quand il leur priait de déménager à tous prix. C'était une réalité à laquelle elle allait devoir se confronter, elle n'avait pas le choix, elle était égoïste, à ne penser qu'à son idylle avec Marius, mais elle ne supporterait pas que son père soit mené au bagne. Si cela devait être de sa faute, elle se détesterait plus encore.

"Il ne me semble pas avoir vu de jeune femme de cet âge dans le quartier."
dit-elle avec ce qu'elle arrivait à avoir de neutre dans la voix.

Elle savait qu'elle n'était pas complètement convaincante, parce que mentir n'était pas dans ses habitudes, ce n'était pas ainsi que son père l'avait éduquée. Lui, il était contraint de mentir, et elle s'en rendait bien compte, et s'il lui cachait tant de choses, c'est pour qu'elle n'ait pas à mentir le moment venu, pour la protéger. Mais ce moment était venu quand même.


     

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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Sam 28 Nov - 17:07


Quand le danger frappe à votre porte
J

avert faisait attention à la moindre expression du visage de la jeune femme, à son moindre geste, à chacune de ses mimiques, aux inflexions de sa voix, curieux de ce qu'il pourrait découvrir, et de ce qui pourrait la trahir. Il ne savait encore exactement quelles conclusions tirer de ce dialogue mais il lui semblait plus qu'évident que la demoiselle était perturbée par la situation, et il voulait mettre sur ce trouble l'interprétation qui le satisfaisait le plus. Il ne pouvait accuser directement la jeune femme, ni se montrer trop direct ou trop agressif avec elle, elle n'était qu'une victime innocente des circonstances, après tout, mais il escomptait bien l'intimider suffisamment pour qu'elle doute pour de bon de celui qu'elle devait certainement considérer comme son père. Il était d'ailleurs convaincu d'être dors et déjà parvenu à ses fins, et cette perspective le ravissait grandement, non pas qu'il prenne plaisir aux troubles psychologiques d'une adolescente, mais il ressentait bien qu'il touchait au but, qu'il parvenait à ses fins, bientôt, il n'aurait plus qu'à tendre la main pour attraper son but et Jean Valjean retrouverait les geôles qui étaient sa juste place, ou, pis encore, la corde ou l'échaffaud. Il aurait mérité quoi qu'il en soit le moindre de ces châtiments. Et sa fille en serait une malheureuse victime collatérale, mais qui se reconstruirait bien vite, d'autant plus vite, d'ailleurs, qu'il avait déjà un prétendant prêt à tout pour lui offrir une vie digne d'elle (mais ce détail, l'inspecteur de police n'en savait rien, cela va sans dire). Cosette répliqua donc qu'il n'y avait aucune fille de son âge dans ce quartier, ou qu'elle n'en avait pas croisé, jolie parade, mais pour Javert, la fasse candeur actuelle de la belle Euphrasie ne prenait pas.

-Bien sûr, je m'en doutais.
affirma-t-il. Cette phrase était choisie à dessein, bien évidemment, car elle devrait forcément se sentir soupçonnée, sans pour autant qu'il soit décidé à affirmer les choses de manière plus explicite. Son procédé se suffisait à lui-même, du moins le pensait-il. En tous les cas, il n'obtiendrait pas grand chose d'autre d'elle, si ce n'est de nouvelles certitudes. Ce n'était pas elle qu'il voulait, mais son père. Sachez seulement que cet homme se nomme Jean Valjean, bien qu'il doit se laisser nommer autrement par son entourage, même le plus proche. Une fois de plus, le sous-entendu était à portée de main, le tout pour exacerber les doutes de la jeune femme. Mais je ne vais pas prendre plus de votre temps. Il marqua une pause. Le but était toujours le même, bien sûr : augmenter la tension, les interrogations personnelles et tout ce qui s'ensuit. J'aimerais tout de même pouvoir parler à votre père. Savez-vous quand il rentrera ?

Qu'il attende patiemment son retour aux abords de cette maison, si seulement son travail ne l'appelle pas ailleurs.



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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Mar 19 Jan - 22:05

Quand le danger frappe à votre porte

Cette conversation rendait vraiment Cosette mal à l'aise. Si elle se contentait d'entendre ce qui se disait en surface, cela irait, sauf que cette conversation était à double lecture, et chaque parole prononcée par l'inspecteur de police avait apparemment un sens sous-jacent. Quand l'homme lui dit qu'il se doutait qu'elle n'avait jamais vu d'autres jeunes femmes de son âge dans le quartier, elle comprenait qu'il ne pensait pas, de toute façon, qu'il y en ait d'autres sinon elle, donc elle était forcément cette enfant enlevée il y a des années. Malheureusement, malgré le désir qu'avait Cosette de ne pas croire son interlocuteur, il lui était impossible de ne pas tenir compte de ce qui était en train d'être dit. C'était peut-être l'histoire de sa vie qui se jouait, elle était peut-être en train d'enfin découvrir la vérité sur ce secret que son père lui dissimulait depuis de nombreuses années. Son père serait-il bel et bien Jean Valjean (le sous entendu sur son entourage proche semblait aussi très clair), cet ancien forçat ? Cosette gardait en tous cas ce nom en mémoire, elle ne manquerait pas de l'interroger sur la vérité. Même si elle imaginait d'avance qu'il ferait comme d'habitude, comme à chaque fois qu'elle chercherait à en apprendre plus sur l'obscur passé de son père. Il ferait l'autruche, ne prononcerait pas le moindre mot, et la renverrait dans ses retranchements. Seulement, là, elle avait pour de bon matière à insister, une bonne fois pour toutes.


"Je l'ignore."
répondit Cosette pour toute réponse quand l'inspecteur demanda quand son père rentrerait. Ce qui était vrai, d'ailleurs, elle n'en savait effectivement rien. Et elle espérait vraiment qu'il mettrait très longtemps à rentrer. "Mais je ne manquerai pas de lui dire que vous êtes passé."

Et il y avait aussi un sous-entendu clair dans son propos, car si elle avertissait son père (ce qu'elle devrait forcément faire), le précieux suspect de Charles Javert allait sans doute lui filer entre les doigts. Et Cosette savait de quelle manière les choses allaient se dérouler, elle se sentait d'avance perturbée d'ailleurs. Ils allaient à nouveau devoir déménager, et partir loin de Marius lui serait absolument impossible, une épreuve à ses yeux insurmontable. Mais ce n'était pas sa priorité pour l'instant. Sa priorité, c'était surtout de voir cet homme qui la mettait mal à l'aise quitter sa maison, qu'elle puisse enfin respirer. Il insufflait en elle un malaise profond qu'elle ne parvenait pas à tolérer.

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Message#Sujet: Re: Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)   Dim 24 Jan - 17:17


Quand le danger frappe à votre porte
L

es propos de l'inspecteur de police avaient-ils trouvé écho chez la jeune Euphrasie (ou qui tout du moins disait s'appeler ainsi) ? Javert ne pouvait pas en être certain, évidemment, mais il voulait croire que oui. Quelque chose dans son regard, qui ressemblait à de la crainte et à de l'incompréhension. Plus cela allait, plus il devinait que la jeune fille n'était pas au courant des lourds secrets que dissimulait celui qui se prétendait être son père. Il lui avait façonné une vie de mensonge, et il n'y avait, aux yeux de Javert, rien de plus grave et de prérilleux que le mensonge, vraiment rien. Il était temps que la jeune femme ouvre les yeux, découvre la vérité sur celui qui ne s'appelait pas Ultime, non, mais Jean Valjean. Forte de ces révélations, elle prendrait sans doute les décisions qui devaient s'imposer. Dans l'idéal, Javert aurait aimé pouvoir directement interpeller son ennemi, mais il ne pouvait pas rester plus longtemps, et encore moins imposer sa présence à Cosette qui, si elle se montrait polie, ne manquait pas de lui faire comprendre qu'il était à présent de trop. Il n'avait plus vraiment de prétextes pour rester plus longtemps, et puisque l'ancien forçat ne se présentait pas... Tant pis, il saurait où l'interpeler, à présent. Certes, Cosette allait donc le prévenir, et il lui semblait qu'elle le sous-entendait, lorsqu'elle affirmait qu'elle ne manquerait pas de prévenir son père. Bien sûr, il pourrait employer des méthodes moins protocolaires. Mais déjà qu'il agirait presque en dehors de la legislation, il ne se voyait pas l'enfreindre davantage. La loi et la justice étaient des vertus plus qu'essentielles à ses yeux. Il ne pouvait pas les ignorer. Et encore moins la contrarier en prétextant agir en son nom, ça ne fonctionnait pas comme ça, quoi que puisse en penser le fugitif qu'il espérait bien inquiéter par l'intermédiaire de cette rencontre.

-Ce sera très aimable de votre part.
affirma-t-il, esquissant un sourire qui était plus feint qu'autre chose à l'adresse de son interlocutrice. Elle n'était pour rien dans tout cela, il est vrai, mais il ne pouvait que l'associer à celui qu'il traquait depuis si longtemps, et cela ne l'invitait pas vraiment à se montrer d'une extrême sympathie avec elle. À la place se contenta-t-il du minimum de politesse requis au vu de ses fonctions. Je vais donc prendre congé de vous. L'inspecteur de police se leva alors  et tendit sa main pour que la jeune femme puisse la serrer. J'ai été ravi de faire votre connaissance. Il marqua une pause avant d'ajouter, d'un air entendu. Et j'ose croire que nous nous reverront très bientôt.

Il n'ajouta rien de plus en guise d'au revoir et fit alors chemin jusqu'à la porte, laissant la jeune femme seule avec sa conscience, une conscience sur laquelle pèserait bientôt, le pensait-il du moins, le poids d'un lourd secret.



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Quand le danger frappe à votre porte (pv Javert)
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