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 Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]

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Message#Sujet: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 21 Avr - 19:03


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
É

ponine examina sous toutes les coutures l'image d'elle qui se reflétait dans le miroir fissuré et poussiéreux de l'accueil. Sa tenue, c'était de la seconde main, et du dérobé çà et là à quelques patients pas franchement vigilants, mais elle s'en moquait, elle arrivait à se trouver belle malgré tout, Elle aimait de quelle façon cette robe tombaient plus bas que ses talons, et de quelle manière sa coiffure mettait en valeur un visage que quelque périodes de disette avaient certes un peu affiné, mais sans jamais lui ôter de son charme. Oui, Ponine ne se trouvait pas laide. À force de se l'entendre répétée, au même titre qu'Azelma, par ses parents, elle avait fait ce constat avec une évidente arrogance, encore renforcée par les remarques de quelques gens du voyage qui ne manquaient pas, parfois, d'y aller de leurs compliments (souvent intéressés, cela va sans dire). Ponine trouvait ne rien avoir à envie aux beautés pâles qui foulaient parfois le sol de l'auberge où que l'on évoquait après quelques verres, et quand elle prenait l'élément de comparaison Cosette, malmenée par des années d'asservissement forcé sous le regard de la jeune femme, qui ne s'était pas un seul instant inquiétée des états d'âme de la blonde, qu'elle trouvait bien laide par rapport à elle, sa confiance en elle allait grandissant.

Elles étaient seules à l'auberge, ce jour-ci. Azelma souffrait d'un mal quelconque, qui passerait sans doute mais qui tardait à se déloger de son corps, et qui pourraient bien fuir le manant, et contaminer le reste de la maisonnée. Les parents Thénardier étaient donc partis en quête d'un toubib à escroquer, et Ponine se retrouvait seule à gérer l'auberge. Pas de soucis, elle avait tant de fois travaillé pour le couple d'aubergiste qu'elle ne pensait pas avoir de mal à les remplacer, et même à truander un ou deux clients dans la foulée. De toute façon, c'était période creuse, et la plupart de leurs chambres étaient vides. Deux-trois pochtrons jouaient les piliers de bar, mais rien qui ne soit gérable. Bref, ce serait vite vu, et ils ne seraient pas partis très longtemps de toute manière. Délaissant un moment son reflet du regard, elle jeta un oeil au registre, plus pour se donner un air occupé qu'autre chose, ignorant complètement Cosette, non loin, qui à ses yeux faisait comme partie du décor. Elle aurait sans doute pu s'entendre avec elle. Elle avait de sales habitudes, mais elle n'avait pas un mauvais fond. Seulement, on l'avait si bien habituée à ne voir en elle que la souillon qui profitait trop légèrement de leur toit contre une compensation minable qu'elle n'avait jamais su nourrir de véritable compassion à son égard. Ce fut à ce moment-là que la porte d'entrée s'ouvrit, amenant avec elle un courant de vent frais.

-Bienvenue à l'auberge de Montfermeil, mon brave Monsieur. Ce sera pour une chambre ?


Elle le regarda plus attentivement. C'était plus un jeune homme qu'un monsieur, et un beau jeune homme, qui plus est, dont le charme ne rendit rapidement pas la demoiselle indifférente.









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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Lun 27 Avr - 23:52

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie


Elle ne savait pas lire, mais quelques nuits, quand elle était petite, Cosette avait entendu la mère Thénardier conter à Azelma et Éponine l'histoire de ces jeunes filles en fleur à la vie misérables, malmenées et traitées comme des moins que rien, qui se voyaient tirées de leur misère par un beau prince charmant qui les sauvait in extremis de leur enfer. Cosette avait voulu y croire, elle l'avait profondément voulu, elle s'était imaginée cendrillon, la pauvre souillon qui attendait le moment de se découvrir princesse... Mais ces rêves d'enfants étaient bien loin et envolés aujourd'hui. Du haut de ses seize printemps, elle avait délaissé ses rêves de gamine, et s'était faite à la fatalité. Il n'y aurait pas de prince pour la sauver, et elle devait se résoudre à ce destin dont elle ne cherchait plus à s'extirper. Elle était maintenant, et pour le temps que son corps vieilli plus que de raisons par trop d'efforts, au service des Thénardier. Leur souillon, leur esclave. Sans aucun espoir de fin heureuse à son histoire, sans plus de rêves d'une fulgurante ascension sociale qui arriverait de nulle part. Ses journées se ressembleraient toutes, comme celle d'aujourd'hui, alors que depuis le matin même, elle s'appliquait à nettoyer les lieux, qui semblaient se salir dans la minute où elle les lustrait. Elle s'était attaquée aux carreaux des fenêtres, et l'image dans son reflet était bien loin de celui que la belle Éponine pouvait découvrir.

Cosette comprenait facilement que la jeune fille se trouve belle, elle l'était, dans sa jolie robe quand elle-même était vêtue de guenilles usées aux genoux à force de s'use les jambes à faire les sols à l'éponge, sur ses traits tirés de fatigues, épuisés, gris de poussière, dans ses cheveux emmêlés et sales, ne se lisait pas l'ombre d'une beauté possible. Elle n'était rien, elle était une esclave consentante qui n'aurait su où aller si elle décidait de fuir. Car il était bien beau d'aspirer à un meilleur destin, mais rien ne l'attendait au-delà des murs d'auberge. Selon toute vraisemblance, ses parents étaient morts. Elle n'avait pas de famille, pas d'amis. Pas de perspective. Elle mourait en une semaine si elle fuyait. Ici, au moins, elle était logée... et parfois nourrie. Elle était affairée à la tâche quand la porte de l'auberge s'ouvrit. Cosette l'avait vu passer par la fenêtre qu'elle lustrait. Un beau jeune homme... Plus qu'à son goût, en vérité mais, s'il daignait poser son regard sur elle, il n'en éprouverait que du mépris et du dégoût. Elle l'observa à la dérobée alors qu'Éponine, avenante bien comme il faut, lui souhaitait la bienvenue. Elle, il valait mieux qu'elle ne dise rien. En fait, dans l'idéal, Ponine aurait sûrement voulu qu'elle aille voir ailleurs si elle s'y trouvait, mais Cosette n'en était pas capable. Ce jeune homme avait quelque chose de différent de tous les habitués de l'auberge, et elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il faisait là, et pour combien de temps il serait là. Elle espérait seulement que tous les deux ne remarqueraient pas ses regards à la dérobées, même si les parents Thénardier n'était pas là, ce qui était un soulagement, elle pourrait bien passer un sale quart d'heure.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Sam 16 Mai - 19:35

Eponine & Marius & Cosette
Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
Marius ne savait pas vraiment pourquoi il faisait ce voyage, mais il le faisait. Il avait quitté depuis très tôt le matin même la maison familiale où il vivait avec son grand-père, afin de rejoindre de la famille très loin. C’était sous la demande de son grand-père que le jeune homme faisait ce voyage, lui ne se sentant pas la force de le faire et il fallait quelqu’un pour les représenter. Marius était bien trop gentil, il avait accepté, malgré le fait que ses études devaient normalement accaparer son temps. Mais il s’était dit qu’il pourrait toujours étudier en route, puisque cette dernière était longue. Cependant, en plus d’être longue, elle était surtout très fatigante. Pourtant, on ne pouvait pas dire que le jeune Pontmercy faisait vraiment beaucoup d’effort, puisqu’il se contentait d’être assit dans charrette et se laissait conduire. Cela n’empêchait pas la journée de tourner et d’avancer rapidement dans le temps. La voiture tirée par deux chevaux s’arrêta cependant avec l’intention de ne repartir que le lendemain. Marius décida donc que c’était le moment de se trouver une chambre pour la nuit, afin de reprendre des forces pour la route du lendemain. Le jeune homme se dirigea donc vers une auberge, la première qu’il croisa. Il n’avait pas spécialement envie de parcourir les rues à la recherche du meilleur endroit pour dormir, n’importe quoi ferait l’affaire. Quoi qu’il préférait quand même un bon lit à une botte de paille, il aimait son luxe et n’avait pas l’intention d’y renoncer.

Marius entra donc dans la première auberge qu’il croisa, avançant directement vers le comptoir. Une jeune femme se trouvait là, particulièrement jolie. Le regard du jeune homme se perdit un instant sur elle, alors qu’elle prenait la parole pour lui demandait s’il voulait une chambre. Elle était loin de ressembler aux jeunes femmes qu’il pouvait côtoyer tous les jours, mais il y avait quelque chose chez elle de particulièrement charmant. Elle n’était qu’une aubergiste visiblement, mais elle était particulièrement jolie. Marius ne la lâchait pas des yeux, ne remarquant même pas l’autre jeune femme près des fenêtres. Il ne l’avait pas vu en passant devant l’auberge et en y rentrant.

« C’est cela. »
Répondit-il dans un sourire. « Et pour diner aussi s’il vous plait. » Le jeune homme n’avait pas mangé depuis qu’il était partie de chez lui, son estomac criait famine. Il espérait simplement que la nourriture qu’ils servaient dans cette auberge allait être bonne. « Maintenant si c’est possible. »

Ajouta-t-il, avant de se retourner vers la salle qui était presque vide. Et ce fut à ce moment-là qu’il remarqua l’autre jeune femme, qui les observait. Elle avait de beaux yeux, ce fut la première chose qu’il se dit. Cependant, il ne devait y avoir que ses yeux d’agréable chez elle. Le reste de son physique laissait clairement à désirer. Elle était sale déjà, cela se voyait qu’elle n’était qu’une simple « femme de ménage » pour ne pas dire souillon.

« Comment t’appel tu ? »

Lui demanda-t-il plus par curiosité qu’autre chose, ne cachant pas un certain mépris dans la voix. Il se demandait simplement pourquoi elle l’observait comme ça.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mer 20 Mai - 20:25


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
L

es joues d'Eponine s'empourprèrent agréablement tandis qu'elle constatait ne pas laisser indifférent leur client. Elle devait reconnaître être flattée. C'était une chose que de se trouver belle, c'en était une autre que de constater qu'un autre nous trouve belle, surtout quand cet autre était un jeune homme à ce point séduisant. Elle aurait pu demeurer là, à seulement le contempler, de longues minutes durant, elle était certaine qu'elle n'en aurait pas éprouvé la moindre lassitude. Elle aurait toujours su trouver une nouvelle lueur dans son regard, une beauté nouvelle à ses traits. Elle était ravie de le savoir passer la nuit ici, ils auraient donc le temps de faire plus ample connaissance. Et qui sait, elle pourrait même se joindre à lui pour dîner, on ne pouvait pas dire que l'auberge était très fréquentée, dernièrement. Ça faisait le malheur, même, de ses parents, qui grapillaient les sous où ils pouvaient, mais pour le coup, Éponine oubliait la disette et voyait l'opportunité. Elle se retourna, le temps de s'emparer du jeu de clé de la meilleure de leur chambre, la plus propre et la plus spacieuse. Si il y avait un client dont elle comptait bien prendre le plus grand soin, c'était bien celui-là, ce bel inconnu qui la changeait très agréablement de tous les poivrots qui mettaient autrement les pieds dans l'auberge des Thénardier. Il entendit la voix du jeune homme s'élever alors que ses mains se refermaient sur les clés. Elle crut d'abord que l'homme s'adressait à elle, et elle s'apprêtait à répondre, toutes dent dehors, mais elle réalisa ensuite, en se retournant, qu'il avait posé cette question à Cosette, qui décidément, avait oublié de se faire discrète. Son sourire se mua en grimace, et il lui fallut un certain contrôle d'elle-même pour se redonner un air avenant. Décidément, quelle encombrante que cette Cosette ! Pourquoi diable avait-il fallu que sa mère meure et que malgré tout ils se la coltinent encore ?

-Ne faites pas attention à elle, ce n'est que notre domestique
, répliqua-t-elle, n'ayant nulle intention de se laisser voler la vedette par une souillonne. Elle adressa un regard pour le moins méprisant à sa soeur adoptive. Cosette, prépare une table pour monsieur. Son ton se fit plus doux quand elle reporta toute son attention sur le beau jeune homme qu'elle voulait voir ne regarder qu'elle. Monsieur ...?

Elle avança les clés dans sa direction afin qu'il puisse s'en saisir. Il devait bien y avoir un nom et un prénom pour aller avec ce si beau visage. Elle lui imaginait un nom d'origine noble, qui inspire immédiatement le respect, et qui donne immédiatement envie de l'aimer, comme lui-même donnait immédiatement envie qu'on l'aime... Encore fallait-il que l'opportunité en soit donné. Eponine en entrevoyait une, elle comptait bien la saisir, d'autant que ses parents, souvent contrariants, n'étaient pas là. Elle était la maîtresse des lieux, et elle comptait bien en profiter le plus possible.









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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mer 27 Mai - 0:38

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie


Il l’avait vue. C’est qu’elle avait dû le regarder avec trop d’insistance, sûrement. Elle n’avait pas voulu paraître impolie, pour autant, mais c’était plus fort qu’elle, il rayonnait tout autour de lui comme une aura sublime qu’elle attribuait d’ordinaire à ces princes de contes de fées, ceux qui auraient dû la libérer de sa cage dorée il y a des années et des années de cela, mais qui l’avaient abandonné à sa misère. Elle, la souillon, la cendrillon des temps modernes… Mais il l’avait vue. Comme il devait la trouver laide. C’est sûr que ses cheveux sales et les guenilles qui servaient de vêtements à la demoiselle ne devaient pas être du meilleur effet au regard d’un homme comme lui, si bien fait, sûrement distingué. Ponine, qui papillonnait des cils juste face à lui avait toutes les chances de l’intéresser bien plus. Mais bon, il l’avait vue. C’était déjà une chose en soi, non. Il ne l’avait pas ignorée comme elle avait l’habitude qu’on l’ignore. Elle s’était sentie une existence durant une légère fraction de seconde qui eut les aspects, pour elle, d’une belle éternité. Mais cette éternité, elle durait pas. Et même s’il lui parlait, oui, il lui parlait, ce n’était pas franchement pour se montrer agréable vis à vis d’elle. Il lui parlait d’un ton un peu hautain. Ça, elle y était habituée. En même temps, elle était en dessous de tout et en deçà de tout le reste, elle était le rien, mais elle savait faire le ménage et les poussières, chercher de l’eau au puits, dans la forêt, quand il le fallait, elle collait au décor de l’auberge de Montfermeil, qui ne transpirait pas spécialement le luxe et la complaisance. Elle hésita à lui répondre. Pas parce qu’elle s’attendait à ce qu’il veuille vraiment lui parler, mais pour pouvoir conserver plus longuement son regard dans son propre champ de vision. Ou bien non. Ça n’arriverait pas. Faut pas rêver, Cosette, faut jamais rêver. Les rêves, ça lui avait jamais fait du bien, les rêves, ça lui avait bousillé ce qu’il lui restait d’espoir. Fallait laver les carreaux, puis après, fallait faire les lits dans les chambres. Elle ouvrit la bouche, un peu, comme dans l’intention de parler. Puis elle la referma dans la foulée. Elle s’appelait Cosette, comme Éponine s’était bien chargée de le certifier au visiteur, au bel étranger. Alors elle n’avait plus rien à dire.

De toute façon, elle avait à faire, il fallait qu’elle prépare la table pour le jeune homme. Elle hocha doucement la tête, avec cette docilité que des années de servilité avaient su si bien lui enseignées. Elle s’exécutait, installait la nappe, l’assiette, les couverts. D’où elle se trouvait, elle écoutait distraitement leur discussion. Sa soeur aussi, avait remarqué quel beau jeune homme il était, et quand elle lui demanda son nom, elle lne put s’empêcher de guetter. Oui, comment s’appelait-il, ce bel étranger qui avait pénétré si aisément ses pensées qu’il n’en sortirait sans doute pas de sitôt ?


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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Sam 20 Juin - 17:08

Eponine & Marius & Cosette
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Marius n’avait pas pu passer à côté du regard insistant de la jeune souillonne qui se trouvait dans un coin de la pièce. En même temps, il ne voyait pas comment quelqu’un aurait pu l’ignorer, au vu de la manière dont elle fixait son regard sur lui. Alors, le jeune homme lui demanda effectivement comment elle s’appelait, pendant que l’aubergiste s’était retournée pour attraper la clef de la chambre qu’elle allait lui louer. Marius s’attendait à ce que la jeune femme lui réponde, après tout c’était à elle qu’il parlait, mais ce fut l’autre jeune femme qui prit la parole. En même temps, on ne pouvait pas vraiment dire que le noble avait parlé d’une manière très agréable à la « femme de ménage », même si sa question n’avait rien de désagréable. Il se laissait simplement aller à la curiosité parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de se demander comment elle s’appelait. La blonde n’avait donc pas prit la parole pour lui répondre, elle se contenta d’ouvrir et de refermer la bouche. Mais l’aubergiste le fit à sa place, informant Marius qu’elle était juste la domestique avant de lui demander de préparer la table pour lui-même. En même temps, elle l’appela Cosette et donc Marius pu en déduire que c’était son nom. Il ne put s’empêcher de se dire que c’était un drôle de nom.

« Pontmercy. Marius Pontmercy. »

Répondit-il à l’aubergiste quand elle lui demanda son identité, reportant donc entièrement son attention vers elle. Au passage, le jeune homme récupéra la clef que la jeune femme avait avancé vers lui, la clef de la chambre qu’il allait utiliser la nuit même. Il devait bien avouer qu’il avait hâte de découvrir cette pièce, il espérait qu’elle soit confortable. Après tout, même s’il n’allait passer qu’une nuit, il n’avait pas envie de passer un mauvais moment. Et puis, on ne pouvait pas dire que l’auberge ne payait pas de mine. Même si celle qui s’en chargeait été particulièrement agréable et pas désagréable à regarder.

« Quel est votre nom mademoiselle ? »

Demanda-t-il finalement à la jeune femme, d’une manière bien plus agréable que précédemment pour Cosette afin de terminer les présentations mutuelles. La grande différence était la manière dont elle s’adressait à elle. Rien que le fait qu’il prenait la peine de la vouvoyer, alors qu’il n’avait pas fait cet effort pour la souillonne. En même temps, elle ne méritait sans doute pas plus que cela. En attendant la réponse de la jeune femme, il s’installa donc à table puisqu’il avait plus que faim et que maintenant, la table était prête. Table préparée par Cosette justement, celle qui devait sans doute faire le plus gros du travail dans cette auberge. En même temps, si c’était son travail, c’était normal. D’ailleurs, son regard se posa de nouveau sur la souillonne. Il ne savait pas pourquoi, mais il y avait quand même quelque chose qui attirait son attention vers elle. Il ne saurait pas dire pour quelle raison, c’était inexplicable.
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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 7 Juil - 12:35


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
M

arius Pontmercy. C'était un beau nom. Un très beau nom, même. Tout à la fois loyal et chantant, ce genre de nom qui convenait à la perfection au jeune homme en face d'elle et qui aurait presque pu être aussi beau que lui-même. Des hommes aussi charmants, on en croisait peu, dans leur auberge. Généralement, elle avait plutôt affaire à de vieux lourdauds sans charme et sans une once de charisme, qui savaient lui faire amèrement regretter d'avoir pour elle ce que la nature accorde aux femmes, et qui lui attirait des regards lubriques et des réflexions inappropriés. Marius n'était pas comme ça, lui. Marius avait de la décence et de la politesse. Marius était un ange d'aspect, et elle voulait croire qu'il l'était également en esprit. Elle avait très envie de faire plus ample connaissance avec le jeune homme. L'auberge était plutôt calme, ce soir-là, à quoi bon rester inutilement à son office quand elle pouvait partager le repas d'un homme qu'elle trouvait si séduisant, et qu'elle voulait croire ne pas laisser indifférent, sans quoi il ne lui aurait sans doute pas demandé à son tour de décliner son identité, si ? Elle l'accompagna donc jusqu'à sa chaise avec le sourire le plus aimable et le plus doux qu'elle ait à sa panoplie, celui qu'elle se forçait d'ordinaire à afficher pour apater le client, mais dont elle faisait usage actuellement très naturellement, car elle ne comptait pas plaire pour faire des bénéfices ou suivre les directives de ses parents, elle comptait plaire pour plaire. Elle avait souvent songé à la manière dont elle se tirerait un jour de ce trou à rat. À chaque fois, cette manière impliquait un beau jeune homme, aussi beau que son charmant client. Pourquoi ne pas se surprendre à rêver et à le voir les arracher à leur vie.

-Je m'appelle Éponine.
sourit-elle. Éponine Thénardier. Elle faisait attention à son attitude, à son langage, à sa prestance, tout ce qui était susceptible de ravir son interlocuteur et de faire en sorte qu'il n'ait plus d'yeux que pour elle, elle et certainement pas Cosette, qu'elle s'agaçait de voir dans leur sillage, sachant malheureusement attirer l'attention du jeune homme. Vous savez quoi ? Il commence à se faire faim pour moi aussi. Accepteriez-vous que je me joigne à vous pour dîner ?

Ces mots prononcés, elle tourna brièvement son attention vers Cosette. Elle ne dit rien, mais elle supposait que ses directives se lisait dans son regard : qu'elle ajoute un couvert à son attention et prépare une assiette supplémentaire, et qu'elle sache ensuite s'éclipser et se faire oublier, à moins qu'un nouveau client n'entre et qu'elle vienne le lui signaler. Elle ne devrait certainement pas abandonner son poste comme elle le faisait, si son père l'apprenait, elle était bonne pour tâter du ceinturon. Mais il n'avait aucune raison de l'apprendre, après tout. Du moins si la souillone savait tenir sa langue, souillonne qui avait tout intérêt à se montrer plus discrète encore que c'était déjà le cas. Quelle image donnait-elle de leur maison, hein ? Vraiment...








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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 21 Juil - 17:48

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie


Cosette faisait de son mieux pour préparer la table la plus élégante possible avec les piètres moyens mis à sa disposition, puisqu'autant dire que, même sur la vaisselle, les Thénardier avaient toujours su rogner sur les coûts. Ça se voyait assez facilement, d'ailleurs, quand on constatait qu'il n'y avait pas deux assiettes, deux verres, deux fourchettes pour se ressembler. La jeune femme déposa sur la table ce qu'ils avaient de vaisselle la plus élégante. Marius Pontmercy (car oui, son oreille traînait, donc elle avait entendu son nom, et elle trouvait qu'il était aussi élégant que lui) avait l'air d'être un gentilhomme comme on en fait trop peu, il ne fallait pas que cette table le rebute, non seulement elle se sentirait mal de le recevoir si mal, mais en plus, elle était sûr qu'Éponine le lui reprocherait d'une manière qu'elle ne voulait pas connaître. La table était fort belle, et Cosette l'appréciait du regard, tout en écoutant leur conversation. Le beau Marius ne semblait pas indifférent aux charmes de celle qui aurait pu devenir une soeur en son coeur si l'éducation des Thénardier n'avait pas si bien lavé le cerveau de la jeune femme. Elle songea, et rougit un peu à cette pensée, qu'elle aurait bien aimé qu'il lui demande son nom sur ce ton là. Ce n'était rien, trois fois rien, mais c'était déjà beaucoup, c'était une preuve qu'il s'intéressait à la belle Ponine, alors qu'elle, elle était transparente. Ou presque transparente, disons plutôt, parce que Cosette croyait remarquer que le regard du jeune homme se perdait dans sa direction de temps à autres, ou elle aimait le penser, en tous cas, et cette pensée la faisait sourire.

Et la faisait bien moins sourire que l'idée que la jeune femme partage tout un dîner avec le jeune homme... Elle se sentait jalouse pour un homme qui n'avait même pas entendu le son de sa voix, mais c'était plus fort qu'elle. Elle enviait constamment Éponine (et Azelma, par extension), parce que c'était à elle qu'on offrait la belle toilette, à elle qu'on accordait de la douceur, de l'attention, de l'affection, et c'était sur elle que les gentilhommes posaient leurs regards éperdus comme si elle était la huitième merveille du monde. Elle l'était peut-être. En tous cas, c'était elle qui dînait avec le galant homme, et elle qui se terrerait dans un coin en attendant que ça passe. Cosette comprit bien le message, et ajouta une assiette et des couverts face à ceux qu'elle avait déjà posés sur la table. Il n'avait pas dit oui, encore, mais pour elle, ça ne faisait pas le moindre doute, il n'avait aucune raison de refuser, elle le voyait, qu'Eponine ne lui était pas indifférente, ça l'agaçait bien assez comme cela. Une fois la table bien disposée, elle fit ce qu'elle faisait le mieux, elle se terra dans un coin et attendit la suite. À tous les coups, Ponine allait lui confier une tâche ingrate à faire ailleurs et lui demanderait de se faire oublier, à force, Cosette prenait cela pour une seconde nature, elle y était habituée.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 4 Aoû - 11:10

Eponine & Marius & Cosette
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Marius ne savait pas pourquoi, mais ses yeux avaient tendance à se diriger vers la souillon qui servait de femme de ménage dans cette auberge. Il n’y avait aucune raison que son attention soit attiré par Cosette normalement. Le jeune homme était de ces personnes qui ne remarquaient pas les petits gens, s’il n’était pas directement confronté à leur problème (ce qui n’était donc pas arrivé). Et pourtant, il y avait quelque chose dans le regard de la souillonne qui l’intriguait. Mais bon, Eponine (puisque c’était ainsi qu’elle s’était présentée) savait le faire détourner son attention. La jeune femme ne manqua pas de toupet en demandant à Marius s’ils pouvaient manger ensemble, ce qui plaisait au jeune homme.

« Avec plaisir. »

Après tout, cela ne lui ferait pas de mal d’avoir un peu de compagnie pour son repas. Il était tout seul, c’était quand même plus agréable de manger avec quelqu’un d’autre. Surtout quand l’autre personne était aussi charmante qu’Eponine Thénardier. Cosette s’activa donc pour préparer un deuxième couvert. Marius la regarda faire pendant un instant, avant qu’elle ne s’éloigne de nouveau pour se faire oublier dans un coin. Ça marchait assez bien, il fallait l’avouer. Le jeune homme observa un instant la table qui venait d’être dressée pour lui, elle était fort belle même si elle témoignait quand même des petits moyens de cette auberge. En même temps, Marius n’allait pas se montrer trop exigeant, il savait bien qu’il se trouvait dans une petite bourgade. S’il avait voulu faire preuve d’exigence, il n’aurait déjà pas quitté la demeure qu’il partageait avec son grand-père. Tant qu’il mangeait bien et qu’il dormait bien, Marius serait content, il avait un long voyage encore à terminer. Et le bonus était de se trouver en charmante compagnie.

« Alors, Eponine. »
Il n’eut aucun mal à l’appeler par son prénom, même s’il faisait quand même preuve d’un grand respect dans le ton de sa voix. « Cela fait longtemps que vous vous chargez de cette auberge ? »

Tant qu’à partager un repas en sa compagnie, autant faire la conversation. C’était bien plus agréable de manger en discutant, surtout quand on mangeait en compagnie de quelqu’un, que de garder le silence. Silence que Cosette ne lâchait pas visiblement. Cela faisait maintenant plusieurs minutes que le jeune homme était entrée dans l’auberge et il n’avait pas encore entendu le son de sa voix. C’était à se demander si la jeune femme était capable de parler. Marius aurait dû ne pas se préoccuper de ce genre de détail et pourtant, il se demandait vraiment si la « femme de chambre » était capable de causer. Et forcément, le jeune homme se demandait à quoi sa voix pouvait bien ressembler. Bizarrement, ce n’était que des détails qui le préoccupaient suffisamment pour le forcer à de nouveau tourner son regard vers la souillonne se « cachant » discrètement dans un coin de la pièce, attendant sans doute des nouvelles directives de la « patronne ».

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mer 5 Aoû - 18:50


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
O

bnubilé par ce beau jeune homme entré presque par miracle dans cette auberge, la jeune femme était bien incapable de prêter encore l'ombre d'une importance à Cosette, qu'elle comptait bien oublier dans un coin jusqu'au moment de lui confier une nouvelle tâche ingrate à faire. Cruelle, direz-vous ? Peut-être, mais c'était une cruauté que Ponine ne savait pas cruelle. Depuis sa plus tendre enfance, elle avait été éduquée à ignorer cette souillonne et à mal la considérer. Dès son plus jeune âge, elle avait imité son père et sa mère, qui n'avaient jamais témoigné à l'adresse de Cosette que du mépris et du dédain. Ils étaient déjà bien généreux de la garder avec eux alors que, quand Cosette devait avoir encore moins de dix ans, sa mère avait tout à coup arrêté de leur payer la misère qu'elle déboursait pour que l'on prenne "soin" de son enfant. Alors oui, elle l'ignorait pour ne se concentrer que sur le beau Marius Pontmercy, et si scrupule elle avait dû avoir (ce qui n'était pas le cas), il se serait évanoui sitôt que le jeune homme avait accepté de partager sa table pour dîner avec elle. Parfait, c'était tout simplement parfait. La table était dressée, pour la peine, Marius aurait droit au met le plus fin que les Thénardier pouvaient servir (ce qui ne signifiait pas grand chose, c'est rien de le dire, mais bon). Elle ne toucha pas à son assiette dans un premier temps, trop accaparée par le tendre visage de son interlocuteur. Comme faire pour ne pas succomber immédiatement au charme de ce gentilhomme-là ? Il engagea la conversation, et outre le fait qu'elle fut plus que flattée de l'entendre l'appeler par son prénom, elle apprécia grandement, elle aima entendre qu'il s'intéresse à elle, rien ne l'y obligeait, après tout.

-À vrai dire, cette auberge appartient à mes parents.
fut-elle obligée de reconnaître. Pour peu que le jeune homme prolonge son séjour (on peut rêver), il pourrait bien rencontrer les parents Thénardier, alors elle ne pouvait pas se permettre de mentir sur ce point (elle le faisait déjà de manière générale). Ils sont partis quelques jours et m'en ont donné les clés. Ils ont entièrement confiance en moi. Il n'est pas exclu que je reprenne les rênes de l'auberge un jour. se sentit-elle obligée d'ajouter, car le moindre prétexte à se mettre en valeur à l'heure actuelle était, selon elle, plus que bon à prendre.

Ainsi, elle lui prouvait qu'elle était une jeune femme talentueuse et responsable, et pas une pauvre va-nu-pied indigne d'intérêt comme l'était Cosette. D'ailleurs, celle-là, même quand elle essayait de se faire discrète, elle était visiblement trop voyantes, Eponine les voyait bien, les regards en coin qu'il lui adressait, et autant le dire tout net, le moindre d'entre eux l'exaspérait plus que profondément.

-Cosette,
l'interpela-t-elle très sèchement. Attends à l'accueil, préviens-moi si quelqu'un vient. Allez, hors de sa vue, plus vite que ça. Sitôt ces mots prononcés, elle reporta toute son attention sur Marius, qui la méritait bien plus, cette attention, que l'exaspérante Cosette. Et vous, alors ? Qu'est-ce qui vous amène à Montfermeil ?








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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 22 Sep - 21:55

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie


Cosette ne savait pas trop si c'était de l'intérêt, ou seulement du mépris, qu'elle lisait dans le regard du jeune homme quand il tournait son regard vers elle, un simple regard qui lui rosissait les joues et lui faisait perdre un peu ses moyens, d'ailleurs. Elle aussi le regardait, et elle savait bien qu'elle le faisait avec un peu trop d'insistance. Ça, c'est sûr, Ponine n'allait pas aimer, mais c'était plus fort qu'elle. Jamais elle n'avait vu homme aussi beau passer le pas de la porte de leur auberge. Jamais elle n'avait vu homme aussi beau, toute situation confondu, mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire, à part admirer une beauté qu'elle ne saurait jamais atteindre et accepter que les souillones n'ont pas le droit à l'admiration des jolis hommes ? Il avait regardé dans sa direction ? Peut-être bien, mais sans doute juste parce qu'elle l'avait intrigué. Ou parce que sa présence le dérangeait. Il ne fallait pas s'imaginer autre chose, il n'y a que dans les contes que les Cendrillon peuvent espérer épouser les princes charmants. Éponine savait très bien accaparait toute son attention, et en plus, Cosette ne pensait pas l'avoir un jour vu à ce point radieuse, et elle savait lui faire la conversation en parlant presque comme une dame. Difficile de ne pas espérer plaire à Marius Pontmercy. Cosette avait très envie de s'échapper de cette auberge, d'avoir une nouvelle vie (même si elle n'avait plus vraiment d'espoir), mais elle était sûre qu'Eponine n'avait pas envie de moisir ici non plus. Le beau voyageur apportait avec lui des rêves d'ailleurs. Il ne se rendait sans doute même pas compte du fil de ces réflexions, un peu absurdes, elle ne savait rien de cet homme... Mais elle voulait en savoir plus. Elle tendait l'oreille à la conversation, ou en tous cas, elle essayait, mais la jeune femme était contrariée par Eponine, qui n'aimait apparemment pas l'avoir dans les pattes. Elle lui demanda - non, elle ordonna - qu'elle aille à l'accueil et attende l'arrivée d'éventuels clients (mais ils étaient si rares !) avant de la prévenir. Cosette n'en avait aucune envie, mais comme d'habitude, elle obéit. Elle ne faisait que ça depuis toujours, obéir.

"Bien."
dit-elle en baissant les yeux, faisant entendre sa voix fluette pour la toute première fois. Elle ne leva le regard avant de faire volte-face qu'une dernière fois, pour imprimer sur sa rétine l'image du beau voyageur avant d'accepter qu'il ne soit plus visible.

Elle tourna ensuite les talents, tentant de se faire aussi discrète qu'une souris, comme on lui demandait toujours de l'être, et s'installa à l'accueil. Parfois, elle avait rêvé de se trouver à cette place là. Ce n'était pas la place dont rêverait quelqu'un de normal, mais elle aurait le sentiment d'exister un peu. De ne pas être une ombre dans le décor, d'être vue, même si elle n'était pas belle à voir. Postée à sa place, elle ne pouvait pas s'empêcher de regarder vers l'arrière, et d'essayer d'entendre tout ce qu'ils pouvaient bien se raconter.


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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Lun 19 Oct - 20:29

Eponine & Marius & Cosette
Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
Cela n’étonna pas spécialement Marius d’apprendre que la jeune femme qu’il avait sous les yeux soit la fille des propriétaires de l’auberge. C’était assez récurant que les établissements de ce genre soient une affaire familiale, il trouvait donc cela « logique » qu’Eponine travaille pour ses parents. Parents qui avaient visiblement décidé de s’absenter pendant quelques jours en confiant le « bébé » à la jeune femme, ce qui voulait dire qu’elle avait toute la confiance de ces derniers. Tout comme c’était logique qu’elle reprenne les rênes de l’établissement. Ce n’était peut-être pas aussi romanesque qu’autre chose, mais c’était l’héritage familial. Le jeune homme connaissait bien cela, d’une autre manière bien sûr, mais il avait aussi son propre héritable. Et d’ailleurs, c’était pour cette famille (enfin surtout son grand-père) qu’il voyageait actuellement.

« Vous devez avoir énormément de courage pour assumer toute seule cet endroit en l’absence de vos parents. » Dit-il dans un sourire, sur un ton légèrement séducteur. Plus les secondes passaient, plus la jeune femme l’intéressait effectivement. Peut-être à cause de ce qu’elle venait de lui dire et le fait qu’elle soit justement pleine de toutes ces responsabilités.

Le regard du jeune homme se reporta sur Cosette quand Eponine l’appela pour lui demander de se rendre à l’accueil et la prévenir en cas d’arrivé de nouveau client. Il l’observa pendant ce temps, l’entendant enfin parler de sa petite fluette. Elle ne prononça qu’un mot, mais c’était déjà bien plus que depuis son arrivée. Il l’observa et il la vit l’observer également, elle fit volte-face en tournant ses grands yeux vers lui, avant de finalement se diriger vers l’accueil. Marius sortit de ses pensées seulement quand Eponine reprit la parole pour lui demander ce qui l’amenait dans ce village. Il mit quelques secondes avant de retourner son regard vers la jeune femme, afin de lui répondre.

« Je suis de voyage pour rendre visite à de la famille lointaine. »
Des personnes qu’il n’avait pas eu l’occasion de voir depuis des années, certain il ne les avait même pas rencontré. Il aurait largement préféré que son grand-père fasse le voyage, mais il n’avait pas eu le choix. « Je ne suis que de passage à Montfermeil, je repars à la première heure demain matin. » Il n’avait normalement pas vraiment besoin de préciser ce détail, mais quelque chose l’avait poussé à le faire. Comme pour signifier à cette jeune femme qu’ils dinaient ensemble, et c’était très agréable, mais qu’il n’allait pas s’attarder en ces lieux. « Je penserais à m’arrêter de nouveau à mon retour. » Ajouta-t-il dans un sourire. Après tout, il allait devoir rentrer en effet et quand il allait faire le voyage, il allait avoir besoin de faire une pause également. Il allait donc s’arranger pour s’arrêter ici, si jamais il passait une agréable nuit. Pour l’instant, il n’avait pas trop à se plaindre, même si la nourriture n’était pas si exceptionnelle que cela. « Cela fait longtemps que Cosette travaille pour vous ? »

Demanda-t-il finalement, sortie de nulle part. Il était curieux, il ne pouvait pas s’empêcher de l’être et quelque chose le poussait à se poser des questions sur cette Cosette. Une jeune femme dont il n’avait eu aucun souci à retenir son prénom.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mer 21 Oct - 16:57


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
É

ponine ne su retenir une moue de déception quand le beau voyageur lui apprit qu'il n'était de passage que pour la nuit et repartirait le lendemain à la première heure. C'était le premier client véritablement intéressant dont elle faisait la connaissance depuis qu'ils vivaient dans l'auberge de Montfermeil, elle peinait à l'imaginer s'en aller si vite quand elle-même resterait pour toujours coincée dans cet endroit maudit, condamnée à vivre sous les ordres de ses parents jusqu'à la mort de ces derniers, n'ayant comme possibilité de se rattraper que celle de rabaisser Cosette plus bas que terre (ce qu'elle savait très bien faire, au demeurant)... mais sa moue se transforma tout de même en sourire quand son bel interlocuteur lui affirma qu'il reviendrait loger ici sur le chemin du retour. Ce ne pouvait qu'être une simple feinte, mais elle avait envie d'y croire. D'autant plus qu'aucun homme ne l'avait jamais regardée avec ces yeux-là. Elle se sentait renaître dans ce regard. Elle se sentait belle et importante, et Dieu que c'était agréable, comme sentiment, même si elle avait le sentiment que Cosette, toute insipide soit-elle, parvenait de temps à autres à lui voler la vedette. Et comme pour confirmer ses dires, voilà que Marius parlait à nouveau d'elle. Que pouvait-il lui trouver, à cette souillonne. Elle était pourtant bien mieux apprêtée qu'elle, non ? Avoir de la concurrence était une chose qu'Eponine pouvait tolérer, car elle se savait d'une basse condition, quoi qu'elle veuille bien laisser paraître, mais être concurrencée par la demoiselle à tout-faire, c'était trop pour elle. Éponine hésita quant à l'histoire à apprendre à son interlocuteur. Elle pourrait bien lui mentir, craignant qu'il se laisse apitoyer par la vérité, mais si la jeune femme avait apprit quelque chose de ses parents, c'est que l'on peut toujours tirer le meilleur parti de la vérité, en l'agrémentant à sa manière, et son discours au sujet de Cosette pouvait lui venir d'autant plus facilement qu'elle avait entendu les parents Thénardier le rabacher à plus d'une reprise.

-Depuis presque toujours. Sa mère nous l'a laissé devant not' porte quand on était encore minotes. Des braves âmes, mes parents, ils ont pris soin d'elle comme de moi ou ma soeur, ils lui ont donné un toit et un travail. On est comme ça, les Thénardier.


C'était la version officielle, oui, les Thénardier se tenaient pour les sauveurs de la pauvre Cosette, et si cette-dernière se donnait des airs si misérables, c'est qu'elle ne savait pas se montrer reconnaissante envers ceux qui l'avaient logé et nourris quand elle aurait pu crever dans la fange sans personne pour se soucier de son pauvre sort. D'accord, elle n'avait pas les mêmes tenues que Ponine ou Zelma, mais après tout, elle n'était quand même pas la plus mal lotie des mal lotie. La nuit, pour dormir, elle avait un toit sur la tête, et quand la mère, la pitoyable Fantine, était morte et avait arrêté de payer, ils l'avaient gardée malgré sa flagrante inutilité.








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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 24 Nov - 20:31

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie


Cette situation déclenchait chez Cosette une foule de sentiments très variés mais surtout contradictoires, selon celui ou celle qui faisait l'objet de son intention. Quand elle entendait la voix du beau Marius, quand il parlait de lui, elle se sentait pousser des ailes qui la portaient vers une infinité au-delà de sa vie misérable, vers un paradis miniature. Elle n'aurait jamais cru qu'un seul regard pourrait suffir à faire battre son coeur comme ça. Elle devinait que ça devait être ça, l'amour, et elle souffrait de ses premiers élans. À son grand regret, bien sûr, car elle ne pouvait pas soutenir la comparaison avec Éponine, si belle, si avenante, si élégante. Elle était une souillonne reléguée à l'ombre. Un bel étudiant venu chercher de la famille lointaine n'avait pas à s'intéresser à elle. Les princes charmants ne venaient que pour les filles qui n'étaient pas elle : belles et intelligentes. Pourtant Cosette éprouvait un soupçon d'espoir, parce qu'elle entendait qu'il repasserait par l'auberge à son retour, et que l'idée de le revoir la réjouissait comme elle ne s'était jamais réjouie de rien dans sa vie. Et puis, aussi, il s'était rappelé son nom. Et il avait l'air de s'intéresser à elle, puisqu'il demanda depuis combien de temps elle travaillait pour les Thénardier. Un léger sourire s'afficha sur son visage normalement triste et morne. Elle tendait toujours l'oreille à cette conversation. Marius ne serait sûrement que de passage dans son existence, mais il avait prêté attention à elle, à ses yeux, elle n'avait pas été invisible. Ça valait tout l'or du monde. De l'amour, de l'enthousiasme, de l'espoir, c'est tout ce que Marius lui inspirait, et ça aurait pu lui plaire et la rendre heureuse, mais d'autres sentiments se mêlaient au reste.

Ces sentiments-là étaient négatifs, d'ailleurs, ils contrebalançaient, et c'était Éponine qui les lui inspirait, elle qui pavoisait dans sa jolie toilette en faisant les yeux doux au beau Marius. Qui se servait d'elle, de son histoire, de sa misère, pour s'attirer les faveurs de son séduisant interlocuteur. Le coeur de Cosette se serra quand elle parla de sa mère, cette mère dont elle n'avait plus aucun souvenir mais qu'elle chérissait malgré tout, nourissant même encore parfois l'espoir qu'elle vienne la retrouver, même si elle savait qu'il était fou d'espérer. Tout ça pour prétendre que les Thénardier avaient fait preuve de gentillesse, de générosité et de bonté d'âme à son adresse. Quel toupet ! Ils n'avaient fait que l'exploiter, la haïr, la frapper, l'ignorer, l'utiliser. Des années que ce supplice durait et qu'elle n'en voyait pas la fin. Et elle voulait s'en faire un argument ! Ce n'était pas juste.


"C'est faux." souffla-t-elle, sans doute un peu trop fort, avant de porter sa main à sa bouche, espérant que ni Éponine, ni le beau voyageur, avaient entendu quoi que ce soit.

   
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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Ven 18 Déc - 11:11

Eponine & Marius & Cosette
Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
Marius n’avait eu aucun mal à se souvenir du prénom de Cosette, comme il se rappelait bien celui d’Eponine. Et le jeune homme ne manquait vraiment pas de curiosité, les concernant toutes les deux. Même si son attention était plus souvent tourné vers Eponine (sans doute parce qu’elle faisait en sorte de l’attirer ou tout simplement parce qu’elle était d’une compagnie forte agréable), il ne pouvait pas s’empêcher de se poser vraiment des questions sur la souillonne qui se trouvait là aussi. Il se demandait donc depuis combien de temps la jeune femme travaillait à l’auberge. Elle avait l’air de suivre parfaitement les ordres qu’on lui adressait en tout cas, même si elle faisait preuve d’une grande timidité. Au vu de son état, elle ne lésinait pas à la tâche non plus. Est-ce que cela voulait dire qu’elle le faisait par plaisir ? Sans doute pas non, il n’y avait sans doute pas vraiment possibilité de tirer du plaisir à jouer les femmes à tout faire. Evidemment, Marius ne pouvait pas vraiment se douter des traitements que les Thénardier faisaient subir à la pauvre Cosette depuis qu’elle était en âge de faire des corvées. Eponine reprit alors la parole pour lui compter l’histoire de la jeune femme. Elle avait été déposée devant leur porte quand elle n’était qu’une enfant et les aubergistes avaient décidé de la garder, pour l’élever comme leurs propres filles. Ils avaient décidé de lui offrir un travail et un toit pour vivre. Marius ne pouvait pas vraiment remettre en doute les paroles d’Eponine, ne voyant pas l’intérêt qu’elle aurait de mentir. Evidemment, il ne se rendait pas compte de la vérité, c’était surtout pour ça. Cependant quand on voyait l’attitude de Cosette et celle de la fille des aubergistes, on se demandait vraiment comment elles avaient pu être élevées ensemble. Marius s’apprêtait à prendre la parole, félicitant la famille de celle qui partageait sa table et son repas, quand il entendit une petite voix s’élever un peu plus loin.

Il était surpris, comme à chaque fois, d’entendre la voix de Cosette. Elle n’avait prononcé que quelques mots depuis son arrivé, il avait même cru pendant un temps qu’elle était simplement muette. Mais elle parlait bien et elle avait visiblement quelque chose à dire en cet instant. Le jeune homme avait l’impression de l’avoir entendu clamer que c’était faux, mais il ne pouvait pas vraiment en être certain. Elle semblait troublée en tout cas, par les paroles qu’elle avait prononcé.

« Qu’as-tu dis ? »

L’interrogea-t-il donc, attendant évidemment de sa part qu’elle réponde. Il avait envie qu’elle répète ce qu’elle venait de dire, afin d’être certaine que c’était effectivement les mots qu’il avait cru entendre. Même si au fond, les histoires entre les deux jeunes femmes ne le regardaient pas du tout (il risquait même de les oublier une fois qu’il aurait quitté cette auberge), il ne pouvait pas s’empêcher de se montrer curieux et d’en savoir plus. Surtout au vu de la réaction de la souillonne.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mar 22 Déc - 23:21


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
L

es mensonges les plus efficaces sont ceux auxquels l'on finit par croire. Et en effet, Éponine, à force d'entendre ses parents conter cette histoire qu'elle apprenait elle-même à son charmant interlocuteur, finissait par croire en effet que Cosette était redevable envers les Thénardier. Oui, c'est vrai, elle effectuait à l'auberge absolument toutes les basses besognes, et l'on pouvait aisément trouver cela injuste. Mais s'ils ne l'avaient pas gardée ici, quel sort aurait-elle connu à la place ? Rien qui soit beaucoup plus enviable selon la jeune femme, elle aurait certainement fini comme sa mère, catin de bas étage, et, cueillie par le froid et la misère, elle aurait tout bonnement fini par rendre l'arme. Certes, leurs parents les avaient toujours favorisées, elle et Zelma, mais Ponine voulait croire que l'inverse aurait été parfaitement injuste, vraiment. Après tout, elles ne partageaient pas le même sang, de quel droit serait)elle considérée comme une de leurs soeurs alors que ce n'était pas le cas. C'était forte de cette opinion que la jeune femme pouvait parler avec autant de verve et de certitudes, plus que ravie, bien sûr, de se donner le beau rôle dans cette affaire alors même qu'elle ne devrait tirer aucun mérite, aucune fierté, de cette situation, et au contraire considérer que cette situation était proprement honteuse. Son petit discours aurait pu fonctionner à la perfection, en tous les cas, et c'était pour l'heure tout ce qui important pour la jeune Ponine, mais c'était sans compter sur l'attitude de la jeune souillone, visiblement sous le charme du beau Marius, elle aussi, elle n'acceptait plus aussi aisément ce discours qui concernait sa mère et la façon dont les Thénardier l'avaient recueillie. La jeune femme sentit son sang ne faire qu'un tour en l'entendant parler, certes faiblement, mais de façon suffisamment audible pour qu'ils l'aient entendu tous les deux. Que cherchait-elle, exactement ? Le martinet ? Si c'était cela, alors c'était entendu, car si Ponine n'était pas son frère, elle n'aurait aucun problème à avoir la main leste en la circonstance. Elle se retourna vers elle et lui adressa un regard noir. Pour une fois qu'elle daignait lever le ton, s'était pour l'humilier. Si elle croyait que les choses allaient vraiment se passer comme ça ! Elle allait faire profil bas et s'écraser, comme elle le faisait si bien en temps normal.

-Ne prêtez pas attention à elle !
répliqua aussitôt Éponine d'un ton qui se voulait détendu mais qui ne l'était pas tant, espérant que son interlocuteur allait écouter son conseil pour ne plus se concentrer que sur elle. Elle est ingrate. Elle nous reprochera toujours la mort de sa mère. Comme si nous y pouvions quelque chose.

Et oui, ils n'y étaient pour rien, comme ce n'était pas de leur faute, tout de même, si Fantine était mauvaise payeuse. Ils auraient bien pu l'abandonner dans le froid et la faim à la mort de sa mère. Elle aurait clamsé bien avant ça, et elle aurait eu plus de raisons de se plaindre au paradis. En attendant, si elle pouvait lui faire le plaisir de se taire, Éponine saurait pour une fois lui en être reconnaissante. Ou pas.







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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Ven 26 Fév - 21:43

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie

Elle sentit ses joues largement s'empourprer juste après avoir prononcer ce "c'est faux" qui n'aurait dû être qu'un murmure mais qui, visiblement, avait été complètement audible, puisque Marius Pontmercy tourna son attention vers elle, lui demandant de répéter ce qu'elle avait dit. À peine eut-elle entendu sa voix s'élever et eut-elle croisé son regard qu'elle se sentit contrainte se baisser les yeux, ressentant une violente brûlure au niveau de ses joues, et entendant son cœur battre si fort la chamade que ce son était presque insupportable. Elle aurait cherché à lui répondre que ses mots n'auraient jamais été que des bafouillement inaudibles. Elle aimerait se défendre, oui, d'autant que ses propos étaient justes et compréhensibles. Elle était en droit de défendre l'honneur de sa mère, elle était en droit d'affirmer que les Thénardier lui infligeaient les pires traitements et ne lui témoignaient pas le moindre égard, pas un seul instant. Mais elle n'y parvenait pas. Trop réservée, et troublée par le regard de ce jeune homme aux yeux duquel elle n'était rien, et dont elle avait le sentiment qu'il devenait tout pour elle, pourtant.

C'était absurde, c'était idiot. Et quelle chance aurait-elle face à la belle Éponine, si loquace, si entreprenante, quand elle-même se sentait désarmée par de simples mots. D'ailleurs, ne lui laissant pas prononcer le moindre mot, elle avait repris la parole. Ne pas faire attention à elle, hein ? Il y arriverait sûrement très bien, malheureusement, contrairement à elle qui peinait à détacher son regard de lui. C'était déjà miraculeux qu'il ait voulu en savoir davantage sur qui elle était, elle, la souillonne tout juste bonne à passer le balai et à faire la vaisselle. Cosette voulut déclarer forfait, elle ne faisait pas le poids face à la jeune Thénardier. Sauf qu'elle ne pouvait entendre les mots qui furent dits ensuite et y rester insensibles.


"Vous avez usé ma mère jusqu'à ses derniers sous en lui mentant, en lui servant les même mensonges que ceux que tu viens de prononcer."
Elle sentit sa voix trembler. Cette voix forte, c'était bien la sienne, oui, même si elle aurait eu bien du mal à dire d'où elle lui venait, elle ne s'était pas du tout attendue à éclater ainsi de la sorte. "Monsieur, excusez mon impudence." ajouta-t-elle à l'adresse de Marius, cette fois d'un ton plus doux, avant de tourner les talons.

Il valait mieux qu'elle s'éclipse, maintenant, après ce qu'elle venait de dire, elle était bonne pour une punition sévère. Eponine n'avait pas la main leste comme son père, mais Cosette était convaincue qu'elle pourrait lui faire très chèrement payer le fait d'avoir ainsi sali le nom des Thénardier.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Mer 6 Avr - 16:57

Eponine & Marius & Cosette
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Marius n'avait rien à avoir avec les histoires de famille - si on pouvait vraiment appelé ça une famille - de l'aubergiste et la souillonne. Pour autant, il ne pouvait pas s'empêcher de se montrer quand même curieux vis-à-vis de cette histoire. Après tout, les deux jeunes femmes en parlaient devant lui, alors il osait croire qu'il pouvait se permettre de vouloir en savoir plus. Quel était son intérêt là-dedans ? Le jeune homme ne le savait pas même lui-même. Il n'avait pas forcément besoin de savoir, surtout qu'il allait partir tôt le lendemain. Outre le fait qu'il était possible qu'il repasse lors de son voyage de retour – mais cela dépendait aussi de la nuit qu'il allait passer – il ne pensait pas que cela allait avoir un grand impact dans sa vie. Quand il rentrerait chez lui, il oublierait peut-être cette conversation qu'il avait en compagnie des deux jeunes femmes. Ou pas, Marius devait bien avouer qu'il était un peu perturbé en cet instant. Son instinct le poussait à tourner son esprit entièrement vers Eponine, mais quelque chose chez cette Cosette le perturbait. Il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir envie de savoir ce qu'elle sous entendait quand elle affirmait qu'Eponine disait faux, ce qu'elle avait sur le coeur. Pourquoi ? Encore une fois, il n'en savait rien. Il était bien incapable de comprendre ce qu'il voulait en cet instant précis. Eponine affirma, avant que Cosette n’ait le temps de prendre la parole, qu'il ne devait pas s'occuper d'elle et qu'il ne devait pas prêter attention à elle. Sans doute qu'elle avait raison oui, elle avait surement raison même. Marius le pensait, mais ce n'était pas pour autant facile pour lui de faire comme si Cosette n'existait pas. Il y avait vraiment quelque chose chez elle, dans son regard, qui le poussait à s'intéresser à elle. Eponine ajouta que la souillonne reprochait à sa famille la mort de sa mère, alors qu'ils n'avaient rien à voir dedans. Mais visiblement, ce n'était pas ce que pensait Cosette.

Celle-ci reprit la parole, d'une voix de nouveau bien plus forte que Marius lui en aurait cru capable. Elle semblait si frêle, c'était impressionnant de la voir parler de la sorte. Cosette affirma alors que la famille d'Eponine avait usé sa mère jusqu'à la mort, en lui mentant comme elle le faisait actuellement. Marius ne savait pas qui il devait croire, mais il semblait clair qu'Eponine jouissait d'un meilleur confort de vie que Cosette. Quand on les voyait, on imaginait difficilement qu'elles avaient été élevées à la même enseigne et qu'elles avaient eu la même chance dans la vie. Mais le jeune homme ne connaissait pas du tout les détails de l'histoire, il n'avait pas à y mettre son grain de sel.

« Ce n'est rien. »
Affirme-t-il cependant à Cosette quand elle s'excusa auprès de lui. Il ne voyait pas en quoi elle avait besoin de s'excuser envers lui, puisqu'elle ne lui avait manqué en aucun cas de respect. Ce qui n'était pas vraiment le cas concernant Eponine. Le regard de Marius se posa sur la jeune femme justement, se demandant comment elle allait réagir aux propos de la souillonne. Quelque chose lui disait qu'elle n'allait pas apprécier, en tout cas de son côté il n'aurait pas apprécié qu'une personne lui parle de cette manière. Mais bon, dans tous les cas, cette histoire ne le regardait pas du tout en réalité.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Sam 9 Avr - 13:17


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
J

amais Éponine n'avait entendu Cosette se rebeller auparavant et, forcément, il fallait que cela advienne alors qu'elle se trouvait en présence de ce charmant jeune homme qui était bien loin de la laisser indifférente. Ne pouvait-elle donc pas se contenter de faire ce qu'elle faisait si bien d'ordinaire, à savoir s'effacer, obéir aux ordres, se terrer dans un trou de souris et attendre qu'on l'y invite pour daigner montrer sa présence ? À croire que le jeune homme lui plaisait, à elle aussi. Ah ! Quelle douce rêveuse elle faisait ! Quel parangon de naïveté. Elle leur faisait déjà perdre trop de leur temps. La jeune femme s'agaçait de voir ainsi la souillonne devenir le centre de leur conversation alors qu'elle ne devrait jamais être qu'un élément du décor, le genre que l'on oublie facilement. Elle argumentait donc son propos, affirmant qu'ils (les Thénardier) étaient responsables de la mort de la Fantine. Eh quoi ? Sous le prétexte qu'ils lui prenaient des sous. C'était la moindre des choses, non, puisqu'ils nourrissaient et logeaient sa gamine. Cosette était une ingrate, voilà ce qu'elle était ! D'accord, Zelma et elle avaient sans conteste un meilleur train de vie qu'elle, mais en même temps, elle n'était pas leur sœur. Est-ce que ça n'aurait pas été injuste qu'elle ait le droit aux même privilèges que les jeunes Thénardier, alors que celle-ci étaient bel et bien les filles de leurs parents. Mais allez argumenter avec elle ! Et à côté de cela, le beau Marius risquait voir en elle une tortionnaire de la pire espèce. Ils auraient dû la laisser crever avec sa mère, tiens.

-Espèce d'ingrate.
répliqua-t-elle d'un ton sec et sévère. Sans nous, tu serais morte de faim et de froid, dans la rue, tu ne te rends même pas compte de ce que mes parents ont sacrifié pour toi. Bon, sans doute parce qu'ils n'avaient rien sacrifié du tout, mais en toute bonne foi, ce n'était pas ainsi qu'Éponine voyait les choses. Certes, les deux jeunes filles qui ne pouvaient passer pour sœurs n'étaient pas logées à la même enseigne, mais tout de même, si elle était encore vivante aujourd'hui, n'était-ce pas grâce aux parents Thénardier. Retourne à l'accueil, tout de suite. ordonna-t-elle d'un ton froid, qui ne tolérait plus le moindre accès de résistance. Elle la punirait à la juste mesure de la honte qu'elle lui avait infligée, c'est certain. Les coups pleuvraient plus tard, elle pouvait en être sûre. Mais pour le moment... Elle essayait de faire encore bonne figure, autant que possible, auprès de son interlocuteur. Pardonnez-moi. Je n'imagine même pas ce que vous devez penser de moi, à présent. ajouta-t-elle à l'adresse de Marius, du ton de celle qui souffrait d'être ainsi éconduite par une jeune fille qu'il voudrait considérer comme sa sœur.






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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Ven 6 Mai - 21:59

Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie

Cosette adressa au beau Pontmercy un regard où brillait une sincère gratitude quand il lui affirma ne pas lui en vouloir pour s'être emporté, quand il lui dit que ce n'était rien. Elle savait bien qu'il aurait pu tenir rigueur de son effronterie, mais il avait l'air de penser que ces affaires ne le concernaient pas et qu'il n'avait pas l'intention de s'en mêler. Elle en était heureuse. Même s'ils ne se reverraient sans doute jamais, même s'il l'oublierait sûrement bien vite, elle avait peur qu'il ait une mauvaise opinion d'elle. Il n'aurait pas d'opinion du tout, imaginait-elle, il laisserait la belle Éponine accaparer son esprit, et elle, la Cosette souillonne, pourrait toujours oublier l'idée même d'exister encore à ses yeux. Et ce ne serait sans doute pas plus mal. Marius ne réagit pas, non, mais ce n'était vraiment pas le cas d'Éponine. Elle, elle n'hésitait pas du tout à exprimer ce qu'elle pensa. Elle traitait sans mal la jeune femme d'ingrate, lui disant qu'elle leur devait tout, sans quoi elle serait peut-être morte, de faim et de froid. Dans la rue. C'était peut-être vrai, Cosette ne pouvait même pas prétendre le contraire. Mais souvent, elle préfèrerait encore être morte que de subir le traitement que lui infligeaient au quotidien les Thénardier, et cela depuis leur plus tendre enfance. Cosette avait envie de crier à l'injustice de nouveau, mais elle allait compliquer son cas, et ternir encore son image auprès de Marius. Même si ça l'attristait vraiment beaucoup, elle savait qu'elle n'avait pas d'autre choix que de s'exécuter et de s'éclipser. Tant pis pour ses doux rêves, ils n'étaient pas faits pour elle.

"Bien, Éponine."
répondit-elle avec un triste air de résignation sur le visage.

Elle avait l'impression d'avoir perdu la partie d'un jeu auquel elle n'aurait jamais dû jouer, mais c'était bien mieux comme ça. Pour qui s'était-elle pris, à penser intéresser ce beau jeune homme au point de défier l'autorité d'Éponine. C'était vraiment absurde. Il fallait qu'elle redescende sur terre. Elle était plutôt douée, pour ça. Et pour cause, la vie avait pour habitude de lui arracher tous ses espoirs les uns après les autres, cette fois-ci ne ferait pas exception.


"Pardonnez-moi."
ajouta-t-elle aussi bien à l'adresse de celle qui était supposée être sa soeur adoptive que celle du bel étudiant, qui hanterait ses pensées bien longtemps après son départ.

Après quoi elle retourna à l'accueil sans demander son reste, les larmes aux yeux. Elle entendait, lointaines, les excuses d'Éponine. Ça, c'est sûr, elle était une bonne actrice.

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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Ven 3 Juin - 12:08

Eponine & Marius & Cosette
Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
Sans vraiment de surprise, la jeune aubergiste ne manqua pas l’occasion de répondre à la souillonne. Marius n’était pas étonné non, c’était même assez logique au vu de la manière dont Eponine venait de se faire « agresser » par la servante. Cosette avait peut-être raison de se montrer à ce point virulente envers la jeune femme, qui avait peut-être raison à son tour de répliquer de cette manière. Marius ne connaissait rien de l’histoire originale, il ne connaissait rien de la vie des deux jeunes femmes. Et donc, naturellement, il n’avait rien à voir avec leur conflit. Marius aurait très bien pu décider de prendre parti pour l’une ou pour l’autre, mais il n’en fit rien. Même si d’une manière assez logique, le jeune bourgeois aurait eu le réflexe de se ranger du côté d’Eponine, il y avait quelque chose chez Cosette qui l’en empêchait sans qu’il ne parvienne à se l’expliquer. Le mieux était donc qu’il n’en fasse rien, qu’il ne s’occupe pas de cette histoire. De toute façon, ça ne le regardait pas du tout. Le jeune homme était un simple client de l’auberge, il allait passer la nuit dans cet endroit avant de reprendre la route. Eventuellement, il passerait par ici lors de son retour, mais ça n’allait pas aller plus loin. Il y avait de forte chance qu’il oublie complètement les deux jeunes femmes une fois qu’il serait à sa vie routinière. Il aurait bien d’autre chose à penser, même s’il ne pouvait pas nier qu’elles lui laissaient quand même une impression particulière.

Le jeune homme observa donc les deux jeunes femmes qui continuaient leurs explications mutuelles, sans rien dire. Eponine fini par ordonner à Cosette de retourner à l’accueil, ce que la souillonne fit donc. Marius l’observa s’éloigner, après qu’elle soit de nouveau excusé. Ce fut ensuite au tour d’Eponine de s’excuser à son adresse, affirmant qu’elle devait avoir une mauvaise image maintenant. Marius lui fit un léger sourire à cette remarque, il n’avait aucune raison de penser du mal de l’aubergiste après ce qu’il avait vu. Honnêtement, le jeune homme se serait bien passé de cette dispute alors qu’il était en train de dîner, mais il n’avait aucune raison d’avoir un avis sur la situation. Une chose était certaine cependant, il valait sans doute mieux que les deux jeunes femmes ne reparlent plus de ce qui venait de se passer avant de se retrouver seule. Quelque chose disait à Marius que Cosette allait sans doute avoir de gros soucis ensuite. Son grand-père (qui était un peu son seul modèle) n’aurait jamais toléré une telle attitude de la part d’un domestique.

« Je n’ai pas à penser quoi que ce soit. » Ce qui était vrai, cela ne le regardait pas. Et Marius avait appris à ne pas s’occuper des affaires qui ne le regardaient pas. Le jeune homme continua et termina son repas, avant de se lever. « Pourrais-je avoir la clef de ma chambre ? Il me faut me reposer avant de repartir demain. »

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Quel vide que l'absence de l'être qui à lui seul remplit le monde ! Oh ! comme il est vrai que l'être aimé devient Dieu. On comprendrait que Dieu en fût jaloux si le Père de tout n'avait pas évidemment fait la création pour l'âme, et l'âme pour l'amour.
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Message#Sujet: Re: Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie. [pv Cosette & Marius]   Sam 4 Juin - 14:22


Cette auberge sans routes qui s'appelle la vie.
E

nfin, Cosette daignait obéir et faire ce qu'on lui sommait de faire. Si Eponine avait su qu'elle lui causerait à ce point de difficulté à la venue du bel étudiant, elle aurait vite fait de la renvoyer le plus loin possible de sa vue. Mais non, la demoiselle avait trouvé, visiblement, intelligent de se faire remarquer, de jouer les pauvres enfants martyrisés (qu'elle était effectivement, certes) pour s'attirer la compassion de Marius, et au passage, lui faire passer pour quelqu'un d'horrible et de cruel. Elle se sentait profondément humiliée, et elle jurait que Cosette allait en payer le prix fort. Et elle ne parlait même pas du moment où ses parents allaient rentrer, elle escomptait bien qu'ils joignent leurs forces aux siennes pour lui faire payer sa totale insolence. Bref, elle avait enfin daigné revenir à la place qui était la sienne, mais en attendant, Ponine sentait bien qu'elle avait perdu les faveurs du bel étudiant qu'elle avait cru ne pas laisser indifférent (au final, dans quelque dimension que ce soit, elle ne saurait jamais lui plaire, c'était sa fatalité, la croix qu'elle devait porter). Marius n'avait pas à penser quoi que ce soit, disait-il. Et c'était vrai, ces histoires ne le concernaient pas le moins du monde, pas une seule seconde, même. Mais elle aurait aimé qu'il se sente concerné, qu'il ait une opinion sur elle, même si elle devait être mauvaise. Cela aurait prouvé qu'elle éveillait en lui ne serait-ce qu'un début de commencement d'intérêt. Mais elle devait se résigner. Elle ignorait si sa fatigue était une réalité ou un prétexte, en tous cas, il décidait d'écourter le temps qu'il passait en sa compagnie. Elle sentit son cœur se serrer mais fit mine de rien, gardant autant de contenance que possible, même si ce n'était pas forcément des plus simple.

-Bien sûr. dit-elle en se redressant d'un geste.

Elle se dirigea aussitôt vers l'accueil, ne s'intéressant à la présence de Cosette à cet endroit que pour lui adresser le regard le plus assassin qu'elle possède dans sa panoplie (et qui présageait de ce qui l'attendrait sous peu). Elle retira les clés de la chambre de Marius, lui réservant la plus propre et la plus confortable, même si cela ne signifiait pas grand chose compte tenu des normes d'hygiène de l'auberge. Elle revint ensuite vers Marius, et lui tendit les clés, la mine résignée, même un peu triste. Le jeune homme allait intégrer sa chambre, partir sans doute tôt le matin, ne lui adressant que quelques mots en guise d'au revoir, rien de plus, rien de moins. Et elle ne le reverrait plus jamais. Vraiment, ça la chagrinait, mais lui n'avait pas de raison d'en avoir quoi que ce soit à faire. Tant pis pour elle.

-C'est la première porte à gauche en haut des escaliers, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je susis à votre disposition.






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