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 Au sortir de la Sorbonne (Marius)

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Message#Sujet: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Jeu 16 Avr - 12:07

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Je ne sais même pas pourquoi j'ai fais un tel effort. Pourquoi j'ai cru qu'aujourd'hui serait un jour différent. Comment croire que mon frère, qui n'aime rien de plus que s'allègrement laisser aller, allait bouleverser ses habitudes pour l'unique bonheur de sa soeur ? J'ai été d'une absurde effronterie. Il ne va pas du jour au lendemain se transformer en exemple admirable d'érudition et d'intelligence, il ne faut pas compter là-dessus... Mais je n'en attendais pas tant... Seulement, pour peu qu'il me donne rendez-vous quelque part, j'aimerais bien qu'il se tienne à ses engagements, et là, vu le temps depuis lequel je patiente dans l'espoir qu'il arrive enfin, je comprends bien que c'est peine perdue. J'aurais dû me méfier. "Attends moi à la sortie de mes cours", m'avait-il dit. Sauf que je doute que ses professeurs aient un jour suffisamment vu sa tête pour seulement se rappeler son nom. Et dire qu'une grande partie de notre héritage familial, dont il ne nous reste vraiment plus grand chose (moins encore quand Monsieur va tout dépenser dans les bas quartiers et s'abstient magistralement de me livrer le détail de ses excès - quoique je n'ai sans doute pas envie de tous les connaître, à dire vrai) passe dans ses études qu'il se vante de ne pas suivre !

Et moi qui me félicitais de le revoir gagner en conscience, et prendre la peine de poursuivre un enseignement qui, qui sait, pourrait lui permettre de représenter la Justice dans un avenir prochain ! Je déchante, et je déchante royalement, car en attendant, moi, je m'ennuie ferme, à l'attendre et à comprendre qu'il ne viendra pas. Oh, vraiment ! Si seulement je pouvais être à sa place. S'il pense que ça m'amuse de nettoyer la vaisselle dans l'arrière-salle du Musain ! Certes, il y a les conversations animées des apprenti-révolutionnaires des amis de l'A B C... qui justifient même que j'ai pris cet emploi en premier lieu, mais il est des emplois plus gratifiants... Avocat, par exemple ! Mais lui, il ne veut pas en devenir un ! C'est bien ma veine.

Bon, j'en ai véritablement assez d'entendre. S'il a vraiment quelque chose à me dire, il n'aura qu'à me retrouver chez nous, et s'il ne m'y voit pas au Musain. Ce n'est pas toujours à moi de me déplacer et à répondre au moindre de ses caprices. Je suis certaine qu'il va me réclamer de l'argent, d'ailleurs... Alors si je ne le croise pas, ce n'est pas un mal. Je me décide à m'en aller, mais mon regard s'attarde alors sur la personne qui vient tout juste d'ouvrir la porte et s'apprête à quitter les lieux. C'est que je le reconnais, lui !

-Marius !


Je l'interpelle avant de m'avancer vers lui, sourire aux lèvres. Voilà bien longtemps que nous n'avons pas parlé, tous les deux. Déjà au Musain, je le vois de moins en moins souvent. Certaines rumeurs circulent le concernant, je n'y prête pas garde. Combien de ragots j'entends à mon poste de serveuse. J'ai appris à ne pas les tenir pour justes tant que je n'en obtenais pas confirmation concrète.

-Je suis contente de te voir. Comment vas-tu ?



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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mar 12 Mai - 15:52

Louison & Marius
Au sortir de la Sorbonne
Avoir la chance de suivre des cours, d’avoir accès à l’éducation, n’était pas donné à tout le monde. Marius le savait bien, il voyait tous les jours des personnes qui aimeraient pouvoir suivre un enseignement sans pouvoir y parvenir pour autant. Parce que ce n’était pas donné principalement et donc que de nombreuses familles ne pouvaient pas se permettre de payer des écoles. Marius savait donc parfaitement qu’il avait énormément de chance de pouvoir suivre ces cours de droit, dans l’optique de devenir avocat (s’il devenait quelque chose un jour). C’était le seul reste de sa famille avec son grand-père, le seul luxe qu’il se permettait. Parce qu’il ne se voyait pas abandonner ses études, même s’il devait vivre dans un taudis. C’était l’une des choses importantes dans sa vie, comme son combat avec les Amis de l’ABC. Mais comme pour ce dernier, le jeune homme n’avait pas vraiment sa tête aux études ces derniers temps. Puisque son esprit était complètement accaparé par Cosette. Le fait de la voir et de pouvoir lui parler, n’avait clairement pas changé sa vision des choses la concernant, le fait qu’il avait envie de la voir et de passer du temps en sa compagnie. C’était même pire sans doute, parce qu’il savait à présent qu’ils avaient les mêmes sentiments l’un pour l’autre. Cosette était la femme de sa vie, Marius le savait et n’en démordrait pas.

Mais pour autant, le jeune homme ne pouvait pas oublier les paroles douloureuses d’Enjolras, concernant ce détail. Ce qu’il faisait avec son groupe d’ami au café Musain, c’était mettre en place une révolution. Ce n’était pas rien, ils devaient s’y consacrer pleinement et même risquer leurs vies pour cela. Marius savait parfaitement que son camarade était prêt à mourir pour la cause. Il était prêt à le faire aussi, avant que son chemin ne croise celui de Cosette. Il ne savait plus quoi penser à présent, il n’avait aucune envie de mourir bien sûr. Ce qu’il voulait, c’était vivre avec Cosette. Sauf qu’il ne pouvait pas allier ces deux choses et il se retrouvait donc en grande remise en question.

Ce fut la tête pleine de pensée que Marius quitta la Sorbonne, après des cours qu’il n’avait pas vraiment suivit au final. Mais au moins, il y avait été présent. Il leva son regard quand il entendit quelqu’un, une jeune femme, l’interpeller. Il reconnut de suite Louison, la serveuse du café Musain. Cela faisait un moment en effet qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de discuter un peu, parce qu’on ne pouvait pas dire que Marius était vraiment sérieux, il ratait énormément de réunion.

« Louison, ça me fait plaisir de te voir aussi. »
Il ne mentait pas, il était vraiment ravi de la voir. Il l’appréciait, plus que parce qu’elle travaillait au café. « Je vais bien, et toi ? »

Il ne posait pas la question simplement par politesse, il s’intéressait vraiment. Louison était plus qu’une connaissance au final, elle était une amie, une confidente même d’ailleurs. Ils pouvaient se parler de tout et de rien.

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Quel vide que l'absence de l'être qui à lui seul remplit le monde ! Oh ! comme il est vrai que l'être aimé devient Dieu. On comprendrait que Dieu en fût jaloux si le Père de tout n'avait pas évidemment fait la création pour l'âme, et l'âme pour l'amour.
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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mer 13 Mai - 13:08

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Des "camarades" que j'ai eu l'opportunité de rencontrer grâce à mon frère, Marius est, nettement, parmi ceux que je trouve les plus sympathiques. J'admire ce qu'il a su faire de sa vie, et ce que sont son histoire et son parcours. Renoncer au confort, et à une famille aimante, pour affronter la misère et ses affres, c'est une chose dont peu d'hommes sont capables, à mon avis. Le serais-je, en ce qui me concerne ? J'ai envie de croire que oui. La cause a su prendre une teneur telle dans mon existence que la renier sous quelque prétexte que ce soit me paraît inconcevable. Mais l'on ne peut jamais être certain de la manière dont on est susceptible de réagir tant que les choses ne se sont pas produites dans nos propres vies, alors oui, Marius a droit à toute mon estime et à toute ma considération, et j ne l blâmerais pas, à l'instar d'autres, d'être moins présent aux réunions des amis de l'A B C, même si je regrette assez son absence. Je peux passer, aller et venir, presque fantomatique, et la plupart de ces étudiants néo-révolutionnaires ne me remarquent même pas, ou seulement pour faire quelques remarques, de celles que certains hommes ne puvent s'abstenir de faire en présence de leurs comparses quand pour une quinzaine d'homme, il n'y a qu'une femme... Mais Marius me remarque, et même si nos conversations sont généalement très brèves, il m'est agréable de penser qu'il me considère comme un individu à part entière. En contrepartie, j'en fais de même pour lui, et je l'apprécie pour ses choix politiques comme je ne m'abaisserai pas à le juger sur sa vie sentimentale... même si d'ailleurs, j'ignore pour le moment la teneur de cette dernière, au-delà de ces rumeurs qui se plaisent à circuler, mais rarement à se certifier.

-Oh, tu sais, le quotidien...
réponds-je doucement. Je vais bien. Je vais bien, oui, puisque je ne vais pas mal, mais je n'ai pas grand chose de plus à rajouter sur le sujet. Voilà un moment que je ne t'ai plus vu au café. Tu sais que les rumeurs vont bon train à ton sujet ?

Je ne doute pas qu'il doit  le savoir et se faire charier bien trop souvent sur cela. L'on dit qu'il a la tête ailleurs et que c'est louche, qu'il s'est offert une tenue neuve et élégant et qu'il la porte tout le temps désormais et que ce serait suspect, qu'il se baladerait tout le temps au même endroit, et que ce serait pour quelques rendez-vous galants. Moi je ne tire pas de conclusion, mais je reconnais être curieuse. Et j'espère que Marius ne se braquera pas ni ne me reprochera d'en vouloir savoir davantage sur son idylle toute neuve. Une part de moi voudrait qu'il ait nourri quelques sentiments pour sa jeune voisine, la pauvre Éponine à qui je trouve un charme malgré sa misère apparente. Mais je pense que de ce point de vue je serais déçue, comme la pauvre Ponine après moi. Mais après tout, le coeur a ses raisons que la raison ignore, comme on dit. Quoique mon coeur a moi semble avoir d'autant moins de raison qu'il m'ignore et ignore les hommes alentours, même parmi ceux qui me font la cour.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mar 2 Juin - 22:36

Louison & Marius
Au sortir de la Sorbonne
Marius appréciait de tomber sur Louison, de la croiser ainsi par hasard. La plupart des personnes qui côtoyait le café, la plupart de ses camarades donc, ne voyait en la jeune femme qu’une simple serveuse. Ce n’était pas le cas de l’étudiant, il voyait bien plus de potentiel chez la jeune femme. Il appréciait sincèrement Louison. Son éducation l’avait quelque peu poussé à ne pas vraiment remarquer les « petits » gens, mais cela avait un peu changé depuis qu’il avait quitté son grand-père. En même temps, on pouvait dire qu’il vivait avec eux, concrètement. Ses voisins directs par exemple étaient loin d’être une famille riche, ils étaient tout le contraire. Marius avait même réussit à se lier d’une certaines manières avec Eponine. Cela n’allait pas plus loin que quelque camaraderie, un peu comme Louison, mais c’était déjà beaucoup. Parce qu’évidemment, ce n’était sans doute pas pour rien que son cœur allait vers une femme semblant venu du haut du panier. Quand il demanda à Louison comment elle allait, il s’intéressait énormément à la réponse. La jeune femme était sous-estimée par les personnes qu’elle croisait au café.

Elle allait bien visiblement, elle se contentait du quotidien. Marius en savait quelque chose, même si ces derniers on ne pouvait pas dire qu’il se trouvait vraiment dans le quotidien. Ces derniers temps, sa vie était tout simplement chamboulée. D’ailleurs, Louison ne manqua pas de mentionner ses absences au café. Evidemment, la jeune femme était bien placée pour remarquer ses absences. Elle devait se trouver au café à chaque fois que les Amis de l’ABC décidaient de se réunir. Il n’était pas bien compliqué de remarquer que Marius ne venait plus beaucoup.

« Oui, je suis au courant. » Il avait eu un avant-goût des rumeurs qui circulait à son sujet, quand il avait discuté avec Enjolras. D’ailleurs, cette discussion restait en travers de la gorge du jeune homme. « Elles ne sont pas vraiment fausses d’ailleurs. »

Une manière comme une autre d’avouer le fait qu’il avait rencontré une femme, comme les rumeurs prétendaient. Il n’avait pas spécialement envie de mentir à Louison. Même s’il ne s’amusait pas vraiment à avouer à tout le monde qu’il était plus que perturbé par la belle Cosette. Au point de vraiment délaisser la cause dans laquelle il s’était engagé, en quittant le confort d’une vie chez son grand-père. Au point de ne plus vraiment savoir où était sa place, au point de se mettre ses amis à dos. Parce qu’évidemment, le leader des Amis de l’ABC n’appréciait vraiment pas l’absence du jeune homme. Il lui avait fait clairement comprendre quand ils avaient pris le temps de se parler la dernière fois. Et le pire dans tout cela, c’était que Marius était incapable de lui en vouloir. Parce qu’il comprenait parfaitement son attitude et le fait qu’il n’appréciait pas la sienne. Après tout, le jeune homme était incapable de savoir s’il se sacrifierait le moment venu pour la cause. Alors qu’avant de croiser la route de Cosette, il savait parfaitement qu’il le ferait.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Jeu 4 Juin - 12:43

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Je suis serveuse dans un café, alors autant dire que les jacasseries et les rumeurs de comptoirs, j'en entends tous les jours. Alors, bien sûr, je fais de mon mieux pour faire la part des choses, j'apprends à discerner le vrai du faux. Je ne tiens pas pour acquis un racontard tant que je n'en ai pas eu la confirmation. Et donc, même si j'étais quelque part certaine de ce qui se murmurait au sujet de Marius, je voulais avoir sa confirmation avant de tout de suite lui approprier l'idylle que l'on se plaît si bien à lui attribuer. À présent, il est devant moi, en personne... Et la rumeur se confirme bel et bien. Marius a effectivement rencontré une fille. Contrairement à d'autres, je ne songe pas à l'en blâmer. Aux personnes auxquelles je tiens, je ne souhaite que le bonheur, peu importe les voies par lesquelles il doit passer.

C'est regrettable, si Marius doit délaisser les amis de l'A B C pour écouter son coeur, mais si c'est ce qui doit finalement faire de lui un homme accompli, je ne songerai pas à lui faire quelque reproche que ce soit sur la question. J'espère seulement que cette idylle n'est pas qu'un écran de fumée, et qu'il est sûr de ce qu'il fait, qu'il ne renonce pas au reste pour un instant illusoire. Je ne peux m'empêcher de songer à la pauvre Éponine. Ce qu'elle serait triste, si elle entendait ces mots, même si elle doit déjà savoir. Le bonheur de l'un doit indiscutablement faire le malheur de l'autre. Mais je préfère qu'il ait trouvé son chemin, ou le chemin de son coeur, plutôt que de les voir tous les deux se morfondre. J'affiche un léger sourire.

-Et donc ? Dis m'en plus ! Comment s'appelle-t-elle ? D'où la connais-tu ?


Je me montre peut-être indiscrète, mais il doit savoir que je peux recueillir ses confidences avec une profonde discrétion. Je n'ai pas mon pareil pour garder un secret, et croyez bien que j'en entends, et plus d'un, surtout à la fonction que j'occupe. Je ne peux par ailleurs m'empêcher d'être indiscrète. Marius est mon ami, je ne m'intéresse pas à sa vie par goût pour les ragots, mais parce que je tiens à lui, que je veux savoir ce qui le touche et le bouleverse. Et, oui, je le reconnais sans mal, je suis tout de même curieuse.

Je me dis que cette fille doit être drôlement belle et vraiment exceptionnel pour ainsi tourner la tête du jeune homme et l'éloigner de convictions qu'il avait toujours défendu corps et âmes. Avec autant de verve qu'Enjolras si cela se peut, et autant de conviction que moi, même s'il me faut prendre sur moi et les garder pour moi-même. Sa vie a l'air en tous cas bien plus passionnante et mouvementée que la mienne. De ce point de vue là, je l'admire. Non pas que j'ai véritablement envie de vivre la même chose (je ne suis jamais tombée amoureuse et, vraiment, je m'en passe tout à fait), loin de là, mais au moins, il rencontre quelques enjeux, loin de ma portée et de l'attention que l'on m'accorde. Si je subissais le même dilemme que Marius, tout le monde s'en moquerait. C'est là la grande différence.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Ven 26 Juin - 19:59

Louison & Marius
Au sortir de la Sorbonne
Marius ne s’amusait pas à raconter à tout le monde que les rumeurs qui courraient sur lui étaient vraies. Il laissait les personnes croire ce qu’ils voulaient avec ce qu’ils entendaient. Le jeune homme n’avait pas besoin d’y mettre son grain de sel, principalement parce que les rumeurs disaient vraies. Et cela, lui apportait quelques petits soucis aux passages. Enjolras n’appréciait vraiment pas que Marius soit tombé amoureux d’une jeune femme, au point de négliger la cause dans laquelle il s’était lancé. Il n’appréciait pas et cela l’avait poussé à clairement lui demander de choisir, à le « renvoyer » parce qu’il ne faisait plus l’affaire. Le jeune homme se gardait donc bien de parler trop de Cosette, mais avec Louison c’était différent. Il savait qu’elle n’allait pas le juger, qu’il pouvait aisément se confier à elle sans qu’elle ne prenne la mouche. Sans qu’elle ne cherche à lui faire comprendre qu’il faisait une erreur par exemple, ou à lui dicter le sens de sa vie. Elle se contenta d’ailleurs de lui poser plus de question sur la jeune femme en question, un léger sourire sur le visage. Marius se mit à sourire à son tour, en grande partie parce que clairement Cosette remplissait son esprit en cet instant.

« Elle s’appelle Cosette. » Dit-il dans un premier temps, ne pouvant empêcher son sourire de s’agrandir de nouveau. Cosette oui, la magnifique Cosette. Depuis que Marius avait eu la chance de croiser la jeune femme, de lui parler et de faire un peu connaissance avec elle, il avait le sentiment d’être encore plus sur un petit nuage. « Je l’ai rencontré quand je me promenais au jardin du Luxembourg. » Jardin qui n’était vraiment pas loin de la Sorbonne d’ailleurs.

Louison se montrait un peu indiscrète en effet, mais cela ne dérangeait vraiment pas Marius de répondre à ses questions. Il savait parfaitement qu’elle n’allait pas s’amuser à raconter ce qu’il allait lui dire à n’importe qui. Ce n’était pas la première fois que le jeune homme se confiait à la serveuse d’ailleurs, comme cette dernière pouvait parfaitement se confier à lui. Ils étaient amis, il y avait une amitié sincère entre eux au point qu’ils puissent parfaitement se faire confiance. Certaines personnes des amis de l’ABC minimisaient clairement la jeune femme, en grande partie parce qu’elle était une femme. Marius devait bien avouer qu’il avait été élevé dans cette idée, mais ce n’était pas pour autant qu’il considérait Louison comme apte à faire partie de la bataille. Ils manquaient cruellement de participant croyant sérieusement à la cause.

« Elle est… magnifique. » Ajouta-t-il finalement, continuant évidemment de parler de Cosette avant de reprendre un peu ses esprits. « Enfin, je parle beaucoup trop de moi là. Comment ça se passe le travail en ce moment ? »

Puisqu’il était absent des réunions, le jeune homme n’avait pas eu l’occasion de voir Louison au café ces derniers temps.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mer 1 Juil - 10:46

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Quand je vois Marius sourire à la simple évocation de la femme dont il est tombé amoureux, j'en viendrais presque à regretter de ne pas connaître ce sentiment. Dans ses transports les plus délicieux, il semble incroyable, capable d'emporter tout son passage, et de vous rendre heureux quelle que soit la situation... Ce qui me fait relativiser sur la question, c'est que ce sentiment fort et violent peut tout aussi bien engendrer l'effet inverse. Que de malheurs je lis dans le regard d'Eponine, quand elle me parle de celui qui sait sourire en pensant seulement à la mystérieuse Cosette, puisque c'est apparemment son nom, du jardin du Luxembourg ! Au fond, j'ignore si ces transports incroyables sont faits pour moi. Je suppose que s'il doit m'arriver d'aimer un jour, je n'aurais de toute manière pas le choix, et je ne pourrais qu'assumer et / ou subir, comme tous les autres. En attendant, savoir mon ami heureux me rend heureuse, moi aussi. Je ne comprends pas qu'on le chambre autant pour une simple histoire de coeur. Il n'en est pas à mes yeux moins digne de la cause qu'il défend. Que nous défendons. Puisque c'est mon cas également, quoique j'ai parfois le sentiment d'en faire mille fois moins que ce dont je serais capable si on m'en donnait l'opportunité. Il n'avait besoin que d'un mot pour la décrire : "magnifique". Cette demoiselle semble être la femme parfaite, j'avoue être curieuse de savoir à quoi ressemble cette qui a ravi le coeur de Marius, et je ne manque pas de le faire comprendre à mon interlocuteur.

-Il faudra que tu me la présentes.

Car je serais vraiment curieuse de la rencontrer. Même si je pense qu'il va la garder pour jardin secret (même si le Luxembourg n'est pas si secret, en vérité) encore un moment avant de la révéler aux autres, ne serait-ce que parce qu'il se fait assez chambrer comme cela par les amis de l'A B C, pour ceux qui ne le jugent pas en plus de le chambrer. Je souris légèrement quand il affirme qu'il parle trop de lui. Très franchement, cela ne me dérange pas le moins du monde, et d'ailleurs, je ne suis pas convaincu qu'il y gagne à parler de moi, plutôt, car l'on ne peut guère dire que j'ai grand choser à lui apprendre pour ma part. Ma vie poursuit son cours.

-Tu sais, mon travail est plutôt... routiner...
Quand on sait contenir les plus émêchés, le reste est un jeu d'enfant... mais je sais qu'il veut sans doute aussi parler de ces réunions auxquelles il n'assiste presque plus. Les débats dans l'arrière-salle sont bien moins animés et intéressants, quand tu n'es pas là. j'ajoute, sincèrement. Il y a, à mes yeux, quatre grands piliers aux amis de l'A B C. Enjolras, cela va de soi. Courfeyrac, le médiateur, Combeferre, le philosophe (oui, je devrais sans doute y ajouter mon frère, mais passons) et Marius. S'il n'est pas là, il manque quelque chose aux réunions. J'ai parlé à Enjolras, l'autre jour...

Voilà, s'il faut dire quelque chose d'un rien différent, et qui pourrait changer quelque chose dans l'avenir, c'est cela. Pour le reste, la laveuse de vaisselle demeure une simple laveuse de vaisselle.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mer 22 Juil - 16:30

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Marius devait bien avouer qu’il appréciait que Louison s’intéresse à son histoire avec Cosette, sans avoir envie de le juger derrière. Enjolras s’était également montré curieux à son sujet, mais c’était simplement pour mieux le descendre ensuite. La jeune femme ne le jugeait pas non, elle affirmait même que le jeune homme devrait lui présenter sa promise (si on pouvait vraiment l’appeler comme ça pour l’instant, c’était peut-être un peu tôt – même s’il voulait l’épouser de toute façon). Elle le comprenait et mieux, elle le soutenait. Marius appréciait d’avoir un peu de soutient. C’était assez difficile pour lui d’assumer le fait de ne plus avoir sa « place » dans la cause qu’ils défendaient, simplement parce que son cœur battait pour une magnifique fleur. Il n’avait pas décidé de tomber amoureux, ça lui était tombé dessus sans qu’il ne le cherche. Il l’avait vu et il avait su qu’elle était la femme de sa vie. Il n’avait rien prévu, rien décidé, c’était comme cela. Et il était frustré de se retrouver mis à l’écart à cause de cela. Enfin, Marius envisageait en effet de présenter Cosette à Louison un jour, mais pas pour le moment. C’était bien trop tôt et honnêtement, il ne savait pas encore comment les choses allaient se dérouler. Mais quand cela serait possible, il le ferait oui. Parce que Louison était bien la seule à le soutenir.

En attendant, le jeune homme affirma qu’il parlait trop de lui et tourna la conversation sur la jeune femme. Depuis qu’ils s’étaient croisés, Marius avait passé son temps à parler de sa personne. Il était tout aussi curieux de savoir comment les choses se passaient pour la jeune femme en ce moment, au café principalement. Son travail en tant que serveuse n’était pas toujours facile. Mais il n’y avait pas que cela, il y avait aussi les réunions. Marius savait que Louison s’intéressait à leur cause mais qu’elle était sous-estimée par beaucoup. C’était comme penser qu’un homme amoureux ne pouvait pas se battre auprès de ses camarades, c’était ridicule. Marius fut touché en entendant la serveuse lui dire que les débats des amis de l’ABC étaient moins intéressants sans lui, ça le rendait assez fier effectivement. Même si pour le coup, le jeune homme ne savait pas s’il avait toujours sa place là-bas, pas après la conversation qu’il avait eu avec Enjolras. Et visiblement, Louison avait eu l’occasion de lui parler également.

« Ah oui ? » Dit-il dans un premier temps, sans cacher sa surprise. Ce n’était peut-être pas correct d’être surpris en apprenant que Louison avait parlé eu jeune homme, mais ce n’était pas contre elle. C’était plus le fait qu’Enjolras ait accordé du temps à la serveuse qui l’étonnait. « Vous avez parlé de quoi ? »

Se permit-il de demander, même si c’était sans doute trop indiscret de sa part. En même temps, puis qu’Enjolras avait décrété qu’il n’avait plus sa place avec eux, Marius avait peu de chance de le revoir prochainement. Alors s’il pouvait se tenir un peu au courant par le biais de Louison, c’était pas mal.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Ven 14 Aoû - 14:13

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Je ne m'offusque pas du ton surpris que prend Marius en apprenant que j'ai parlé à Enjolras ("parler" signifiant que nous avons échangé plus de deux mots, et que ces mots ne concernaient pas la fermeture du café Musain ou mon travail de serveuse de manière générale), moi-même, quand je le dis, je trouve cela presque absurde. Cela fait un moment, désormais, que je travaille au café sur recommandation de Jonah, et que je vis les réunions des amis de l'A B C par procuration. J'ai eu plus d'une fois l'intention de m'adresser à leur chef de file, mais je ne savais pas comment m'y prendre. On ne peut pas dire qu'Enjolras soit l'homme le plus abordable qui existe. Mais l'occasion s'est présentée, et j'en reste toujours aussi surprise que Marius, même si cette conversation que j'évoque n'a pas eu forcément d'issue décisive non plus. Mais une issue tout de même. Et je n'en attendais pas tant jusque là.

Marius, curieux, me demande ce qu'il m'a dit. Je ne peux pas lui reprocher sa curiosité. Après tout, si je lui ai parlé de cette conversation au départ, c'est que j'ai envie d'en parler à quelqu'un. Et je ne vois pas trop à qui je pourrais le dire. À part Jonah. Mais je préfère attendre qu'Enjolras aille lui parler (ce qu'il a dit qu'il ferait, engagement qu'il ne tiendra peut-être pas, va savoir), ne serait-ce que pour entendre sa conversation sur le vif, et aussi éviter que mon frère s'en mêle avant que ce ne soit nécessaire en amorçant lui-même la conversation. À Marius, je sais que je peux faire entièrement confiance, il est le seul, je sais, qui encourageait vraiment mon entrée dans le groupuscule révolutionnaire, pour peu qu'elle soit vraiment possible (et cela reste bien sûr incertain).

-Nous n'avons pas parlé bien longtemps. J'ai pu lui faire entendre que je comptais me rendre utile à la cause.
Je marque une pause. Tu t'en doutes, il n'a pas été vraiment très enthousiaste, sur le moment. Mais j'ai réussi à le convaincre de parler à Jonah. Je sais bien qu'on ne me laisserait pas monter aux barricades, mais je serais une bonne informatrice, tu ne crois pas ?

Une lueur sincère d'enthousiasme brille dans mon regard. Je sais que je ne dois pas m'emballer, mais après tout, je suis plus proche d'atteindre les objectifs que j'ourdis en secret que je ne l'ai jamais été, et Marius comprendra, il sait à quel point cela est important pour moi. Je dois sans doute me raisonner, me rappeler pourquoi, jusqu'alors, mes ambitions sont demeurées dans le domaine de l'inaccessible, mais il doit y avoir en moi, malgré tout ce que j'aime arguer, un fond d'optimisme naïf qui veut me faire entendre les paroles d'Enjolras, qui peuvent très bien être des paroles en l'air, comme un engagement. Je suppose que j'en aurais rapidement le coeur net. Dans tous les cas, cela me fait du bien d'en parler à quelqu'un d'autre. Ma vie n'a pas grand chose de bien fascinante, et tout ce qui l'anime tient dans les quelques mots que je viens de prononcer.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Dim 13 Sep - 22:12

Louison & Marius
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Marius n’aimait pas trop cela, mais il était vraiment étonné que Louison ait eu une conversation avec Enjolras. Cela ne venait pas d’elle, mais plutôt du jeune homme. On ne pouvait pas dire qu’Enjolras était le plus ouvert des jeunes hommes (mais il n’était plus tellement objectif depuis qu’ils s’étaient disputés à cause de Cosette). Et évidemment, Marius connaissait les envies de de Louison de s’intégrer bien plus dans la cause qu’ils défendaient (si le jeune homme pouvait considérer qu’il était encore dans la cause, il ne savait plus tellement maintenant). Ainsi donc, il avait envie de savoir ce qu’ils avaient échangés tous les deux, il était curieux de savoir comment les choses s’étaient passées. La jeune femme ne tarda pas à lui expliquer un peu ce qu’ils s’étaient dit, le fait qu’ils ne s’étaient pas parlé pendant bien longtemps. Cela n’étonnait pas vraiment Marius, Enjolras avait tendance à économiser ses mots pour ce qu’il semblait digne (la cause donc). Louison avait pu dire au leader des Amis de l’ABC qu’elle avait envie de se rendre utile pour la cause. Marius savait parfaitement qu’elle était sincère quand elle disait cela, il avait connaissance de son envie de participer. Et de son côté, le jeune homme trouvait que c’était une très bonne idée. Marius savait qu’Enjolras n’était pas le plus ouvert à cause du fait que la serveuse était une femme (mais c’était loin d’être le seul, la société était comme ça), mais il savait qu’elle pouvait être utile. Le jeune homme ne pensait pas que toutes les femmes pouvaient entrer dans le « combat », mais il connaissait les motivations de la serveuse.

« Je pense en effet que tu peux vraiment avoir ton rôle. »

Lui dit-il dans le but de la rassurer sur le fait qu’elle avait effectivement sa place, qu’elle pouvait faire de grande chose pour la cause et qu’elle devait y croire. C’était important qu’elle y croie, les personnes qui avaient vraiment envie de s’investir étaient rares. Et même lui n’était plus vraiment au top de sa forme, Louison pouvait clairement faire bien mieux que lui. Il en avait conscience, même si cela ne l’empêchait pas d’en vouloir à Enjolras de l’avoir à ce point jeté. Il avait fait des erreurs, mais il avait quand même envie de se rattraper, sans pour autant abandonner la fille dont il était amoureux. Il n’y pouvait rien, Cosette faisait partie de sa vie maintenant, il savait qu’il était incapable de vivre sans elle. Mais cela ne l’empêchait pas de se battre pour ce qu’il croyait.

« J’espère qu’il ira parler à Jonah. »
Il sous entendait bien sûr Enjolras. « Si je pouvais je me joindrais à toi pour prouver que tu peux être utile… mais pour cela, il faudrait déjà qu’on me considère utile. »

Marius ne perdait pas espoir pour autant, ce n’était pas parce qu’il était en froid avec Enjolras (est-ce qu’il pouvait se contenter de dire en froid ? C’était peut-être plus quand même…) qu’il avait envie de tout abandonner. Il n’avait pas quitté sa vie avec son grand-père pour rien et il n’avait pas besoin du leader pour se battre.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Jeu 8 Oct - 9:32

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Je ne peux m'empêcher de sourire, assez flattée je dois dire d'entendre quelqu'un comme Marius Pontmercy affirmer que je peux avoir ma place auprès des amis de l'A B C, avec Enjolras, il est certainement l'homme que je respecte le plus. Je ne reprocherai pas aux élans de son coeur d'influer sur ses décisions, même si j'admets qu'il est dommage et dommageable qu'on le maintienne à l'écart. Il est l'exemple de ce que chacun devrait faire à mes yeux. Il a refusé la facilité d'une existence riche et confortable pour mener un quotidien désargenté ici, à Paris, dans une capitale qui ne fait pas de cadeaux à ceux qui sortent du rang, même si c'est au nom de la liberté commune. Il est certain que je le respecte, que je suis fière de compter parmi ses amis, et que je suis heureuse de l'entendre sincèrement vouloir me voir jouer mon rôle. Je sais, malheureusement, qu'à cette heure, l'appui et le soutien de Marius ne me considère pas le soutien d'Enjolras, qui est celui que je dois pourtant convaincre. Que j'ai en partie su convaincre, je crois.

Je ne le saurais que si Jonah me rapporte leur éventuelle conversation. S'il tient ses engagements... Je suis peut-être aveuglée par la confiance qu'il m'inspire, car Enjolras est pour moi un modèle de droiture et d'intégrité (ce sont à la fois ses plus grandes qualités et ses défauts les plus importants), mais je ne veux pas le croire capable de mentir ou de faire des promesses vaines. Comme je crois en sa promesse de soutenir le peuple, d'élever leur voix jusqu'aux plus hautes sphères, jusqu'à ce que ce cri, ce chant imprègne chaque mollecule d'air. J'ai bon espoir, oui, et je sens qu'il est de mon rôle de rendre la pareille à Marius, et de lui rendre espoir également. Je ressens bien que cette situation lui fait du mal, qu'il se sent tiraillé entre sa raison et son coeur, comme s'il ne pouvait guère exister de compatibilité entre les deux.

-Tu es utile.
je lui affirme avec vigueur, serrant amicalement sa main dans la mienne, espérant lui communiquer une force et une volonté que je lui sais posséder. C'est parce que tu l'es qu'il réagit si vivement à ton adresse. Je ne suis pas certaine qu'il aurait agi de la sorte avec quiconque d'autre. Il suffit de voir l'indifférence qu'il accorde à Grantaire, dont il tolère certes la présence, mais que je ne pense pas qu'il estime. Enjolras a beaucoup de considération pour toi, c'est de là que vient le problème.

J'ignore si mon propos va le rassurer. Il est vrai que cela ne change pas grand chose à la situation, en définitive, Enjolras est justement trop droit, et fort d'une conviction qu'il sera difficile de lui déloger de l'esprit. Marius, s'il ne veut pas faire de choix (et je comprends bien qu'il ne le veuille pas), va devoir jouer serré, accorder tout le temps nécessaire à la cause sans négliger sa belle, accorder tout le temps nécessaire à sa belle sans négliger la cause.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Sam 31 Oct - 18:02

Louison & Marius
Au sortir de la Sorbonne
Marius était évidemment peu objectif quand il était question d’Enjolras, mais il avait envie de croire que le jeune homme allait être capable de respecter la promesse qu’il avait faite à Louison. Elle méritait en tout cas qu’il le fasse, comme elle méritait de pouvoir agir comme tout le monde. Marius n’avait pas toujours une haute opinion des personnes qui l’entourait (un peu plus depuis qu’il vivait dans la misère après avoir abandonné sa vie de luxe), mais il pensait sincèrement que la serveuse du café Musain pouvait être utile à la cause et il avait envie de la voir les aider. Les personnes motivées, comme elle, étaient précieuses dans la cause, il ne fallait pas reculer devant une aide potentielle. Enjolras le savait, il devait en avoir conscience et Marius avait envie de croire qu’il allait bien suivre sa parole. Même s’il était capable d’être un idiot fini comme avec lui. Si Marius avait encore sa place dans les réunions des Amis de l’ABC, il ferait entendre son point de vue sur la situation en tout cas. Malheureusement, il ne pouvait pas faire grand-chose. Quand Louison attrapa sa main, le jeune homme put sentir toute la conviction de la jeune femme alors qu’elle lui affirmait qu’il était utile. Marius ne prononça aucun mot alors que la jeune femme lui exprimait sa vision de la situation, il se contenta de l’observer attentivement. Les mots qu’elle prononça le touchèrent directement au cœur. Marius n’était pas objectif non, il avait vraiment beaucoup de mal à ne pas prendre trop à cœur cette histoire avec Enjolras. Il se sentait vexé et plus que blessé par les propos de son ami, qui ne voulait plus le voir dans la cause. Mais si Louison avait raison, ce qui était sans doute le cas, alors il ne pouvait pas simplement se contenter de baisser les bras. Il avait vraiment envie de croire en ses mots, de penser qu’il était un cas particulier pour son ancien camarade. L’étudiant ne pouvait pas savoir exactement ce qu’Enjolras pouvait bien penser de lui, mais par contre il connaissait son point de vu à lui. C’était justement parce que Marius avait énormément de respect et d’affection pour Enjolras qu’il prenait aussi mal ses paroles.

« Et Enjolras est borné. » Autant dire qu’il ne reviendrait pas sur ce qu’il avait dit, tant que Marius ne prendrait pas la décision d’abandonner celle qui faisait battre son cœur en tout cas. « Pourrais-tu me rendre un service ? » Demanda-t-il vivement en serrant plus fortement la main de la jeune femme, comme s’il venait simplement de retrouver une volonté de fer. « Je ne peux pas revenir au café, mais pourrais-tu me tenir au courant de ce qui se dit ? De ce qu’ils décident ? »

Marius n’avait aucune intention d’abandonner, même s’il n’avait pas non plus envie d’abandonner Cosette. Il voulait continuer de se battre auprès de ses camarades, même si ces derniers n’en avaient pas conscience. Pour l’instant en tout cas, parce qu’Enjolras ne pourrait que finir par comprendre que Marius n’était pas perdu simplement parce qu’il était amoureux.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mer 18 Nov - 9:56

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


Je ne peux m'empêcher d'esquisser un fin sourire quand Marius remarque qu'Enjolras est un homme borné. C'est une certitude irréfutable, ni lui ni moi ne pourrions prétendre le contraire sans être de pure et simple mauvaise foi. Il est têtu, oui, borné, une vraie tête de mûle, mais ces défauts sont autant de qualités en la circonstance. C'est ce tempérament qui rend avec lui toute conversation complexe, et c'est ce tempérament qui peu mener le peuple à son zenith, car il faut cette implacable détermination, qui frôle la démence pour libérer un peuple en son entier. Pour cette raison, j'ai envers le chef de file des amis de l'A B C, un infini respect. Néanmoins, être borné demeure un défaut, surtout lorsqu'on court après un idéal qui, pour sa part, ne tolère aucune borne. Quoi qu'il en soit, Marius ne mérite pas d'être tenu à l'écart, il est l'avenir de la France autant que moi-même ou Enjolras, autant que quiconque d'autre, puisque c'est l'entité que nous formons qu'il nous faut mener à sa liberté.

Ce qui oppose Marius et Enjolras, ce n'est pas un conflit d'opinion, contrairement à ce que l'un ou l'autre pourrait être tenté de croire, c'est un conflit d'égos. Et ces deux égos là se donneraient toujours du fil à retordre, c'est bien pour cela qu'ils se plaisent, en vérité. En tous cas, c'est ainsi que je vois les choses. Je hoche la tête quand il me demande de lui rendre un service. C'est le moins que je puisse faire, et je compte bien l'aider, dans la mesure de mes possibilités. Et quand j'entends sa requête, il est encore plus évident que je vais m'en acquitter. C'est dans son intérêt, mais tout autant dans le mien.

-Bien sûr.
dis-je avec la plus grande conviction. Je ne peux pas te promettre de tout entendre, mais je te répéterai tout ce que je sais.

En effet, je ne peux que passer d'un bout à l'autre du Musain, je ne peux me permettre de seulement m'arrêter et écouter. Mais jusqu'ici, je me suis toujours très bien débrouillée pour me tenir au courant de ce qui se trâme. Je tendrai l'oreille, comme je le fais toujours, et je lui rapporterai ce que je parviendrai à entendre.

-Mais tu devrais revenir, qu'importe ce que tu en dis. Et qu'importe ce qu'il en pense.
Je marque une pause. Tu as bien le droit de venir boire un verre sans aucune arrière-pensée. me permets-je de suggérer, un léger sourire aux lèvres.

Il a sa place, autant qu'il le prouve. Je veux bien le tenir au courant, mais ce n'est pas une solution sur l'avenir, un avenir qui pourrait bien dépendre des décisions de ces jeunes idéalistes... de nos décisions, qui je l'espère, bouleverseront le visage de la France.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Ven 11 Déc - 15:35

Louison & Marius
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Marius n’avait pas douté une seule seconde de l’aide que Louison pouvait lui apporter. Il ne lui demandait pas grand-chose, mais la jeune femme aurait très bien pu refuser si elle n’avait pas eu envie de le faire. Mais elle accepta, tirant au jeune homme un sourire sincère. Elle allait tendre l’oreille comme d’habitude (Marius savait très bien qu’elle les écoutait plus qu’elle ne devrait et c’était bien la preuve qu’elle avait sa place dans leur combat) et lui rapporter ce qu’elle allait entendre. Cela allait permettre au jeune homme d’avoir encore un peu l’œil sur les activités des Amis de l’ABC, même s’il n’allait plus venir aux réunions comme Enjolras lui avait demandé de faire (ordonné même). Le jeune homme se doutait bien que Louison n’allait peut-être pas tout entendre, mais c’était déjà mieux que rien. Cela lui permettait d’avoir comme un pied sur la place et peut-être de parvenir à anticiper certaines actions. Ce n’était pas parce qu’Enjolras considérait qu’il n’avait plus sa place parmi eux qu’il allait se retenir d’agir, sauf qu’il fallait qu’il se tienne au courant pour ça. Elle était sa seule chance d’y parvenir, parce qu’il ne pouvait pas vraiment espérer obtenir quelque chose des autres personnes assistant aux réunions. Ses camarades qui avaient tendance à plus boire qu’écouter les paroles d’Enjolras, il avait bien plus confiance en Louison.

Le sourire de Marius s’agrandit avec le sous-entendu de Louison, affirmant qu’il pouvait très bien venir boire un verre en toute innocence. Effectivement, il pourrait très bien le faire, mais Enjolras comprendrait pourquoi il se trouverait là. Et en toute honnêteté, il n’avait aucune envie de lui donner cette satisfaction. Même s’il ne se rendait pas encore compte que le jeune homme n’attendait que sa venue pour savoir qu’il était vraiment motivée par l’action qu’ils devaient mener ensemble (tous ensemble), Marius n’avait pas spécialement envie de se « rabaisser » pour faire plaisir à son camarade. En fait, c’était bien plus un combat d’orgueil entre les deux amis qu’un souci d’idée. Le jeune homme n’avait plus envie de supplier son camarade de le garder avec eux, il n’avait aucune envie de lui faire ce plaisir. Cela dépassait entièrement le cadre des opinions qu’ils partageaient et des actions qu’ils devaient mener ensemble, c’était vraiment un conflit personnel. Mais Marius ne s’en rendait pas forcément compte encore. Il pouvait bien affirmer qu’Enjolras était borné, ce qui était bien vrai, il l’était tout autant que lui.

« Je préfère pas. » Il marqua une pause avant de reprendre. « Pas pour le moment en tout cas, je vais attendre de voir comment… ça se déroule. »

Le jeune homme savait parfaitement ce qu’Enjolras attendait de lui, qu’il abandonne purement et simplement son idylle avec Cosette pour se concentrer vraiment à la cause. Sauf qu’il n’avait pas l’intention de le faire, il aimait bien trop la jeune femme pour ça. Il était vraiment incapable de renoncer à elle, même s’il ne tenait pas non plus à renoncer à ses convictions. Si cela avait été le cas, il serait rentré chez son grand-père et ce n’était pas le cas.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Mer 16 Déc - 14:28

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Je ne suis pas vraiment certaine qu'il prenne la décision de rester à l'écart, même si ce n'est que temporaire. Je n'ai rien contre le fait de lui délivrer toutes les informations que je saurais obtenir, mais je ne pourrais pas lui promettre tout savoir. J'ai toujours considéré que cette exclusion dommageable n'était que temporaire, que les esprits échaudés allaient finir par se calmer, mais je commence tout de même à avoir des doutes. Mes considérations étaient sans compter sur l'orgueil disproportionné des deux amis de l'ABC. C'est bien dommage. Ils perdent complètement du temps pour rien. Ne faudrait-il pas, à un moment ou à un autre, qu'ils mettent tous deux de l'eau dans leur vin pour pouvoir évoluer harmonieusement. Ils réduisent l'avenir du peuple à un simple combat de coq. C'est regrettable. Et c'est une opinion que je ne peux malheureusement exprimer qu'à mi-mot. Car qui m'écouterait ? Marius a une capacité d'écoute bien plus grande à mon adresse, mais malgré tout, il a pris la décision de ne pas suivre mes conseils. Peut-être le fera-t-il plus tard, mais je suis d'avis que, plus il attend, plus ce sera difficile. La rancoeur, en attendant, grandit. Il faut bien que l'un ou l'autre baisse un moment les armes. Et s'il attend le bon moment... Y'a-t-il vraiment un bon moment ? J'en doute fort. Enfin, ça les concerne, j'aimerais que ce puisse davantage être mes affaires, mais ce n'est pas le cas, pour le moment du moins, et pour longtemps, sans doute.

-"Ça" ? Sais-tu seulement le sens que tu donnes à "ça" ?
je me permets de lui demander, sans fausse provocation, bien sûr, juste avec un léger sourire, un peu mutin. Enfin, tu fais comme tu l'entends. Je hausse les épaules. Je n'ai pas la prétention de pouvoir lui faire changer d'avis de toute manière. Je pense seulement que plus tu attends, plus les choses vont s'envenimer, et c'est inutile.

Après tout, ils n'ont plus douze ans, tous les deux, si ? Par instants, on se poserait presque la question. Pourtant, tous les deux sont vifs, courageux, intelligents, ils ont toutes les qualités que l'on attend de la jeunesse, et qui peuvent mener notre pays à une ère de bouleversement le plus total. Mais, au-delà de leur qualité, ils restent des êtres humains, avec leurs failles, leurs faiblesses, et leurs défauts, bien sûr. Je crois bien qu'ils ont les même, en plus, ce qui n'arrange bien évidemment rien. Je peux parler, évidemment. Je juge, mais je ne suis pas mieux lottie en vérité. Parce que moi aussi j'ai un orgueil démesuré, celui qui me prête à croire que je pourrais changer quelque chose, modifier le visage de la France, avoir ma place, mon titre, je suis la première à penser que mes opinions ont de la valeur alors que personne n'y accorde de l'attention. Si mes opinions ou mon investissement étaient contestés, je ne le prendrais pas bien non plus, et je ne présume pas d'une réaction plus mature que cela... Enfin, une fois encore, ce n'est pas moi qui suis concernée.


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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Ven 5 Fév - 21:51

Louison & Marius
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Au final, toute cette histoire dépassait largement le simple conflit entre Enjolras et Marius. Les deux jeunes hommes s’adonnaient à un combat de coq, au détriment de la cause générale. Ils se battaient normalement pour la France, pour changer les choses, pour révolutionner le pays encore une fois. Et pourtant, ils se permettaient de se perdre dans leurs petits conflits. Simplement parce qu’ils avaient tous les deux une trop grande fierté, un orgueil démesuré, et qu’ils n’étaient pas capable de mettre de côté pour la bonne cause. Quoi qu’au fond, pour le coup, c’était peut-être Marius qui bloquait un peu trop la situation. Sauf qu’il ne parvenait vraiment pas à se résigner à abandonner celle qu’il aimait, plus que tout, pour cette cause qu’il avait envie de continuer de défendre. Marius affirmait et pensait sincèrement être capable de concilier les deux. Il ne voyait pas pourquoi il devait abandonner l’une pour l’autre. Enjolras ne pensait pas du tout que cela soit possible, à ses yeux Marius devait se donner à fond dans la cause et se préparer à mourir pour elle. Autrefois, il le pensait aussi, mais depuis Cosette avait fait son entrée dans sa vie. Cette situation tournait sans doute au ridicule et Louison était bien placée pour s’en rendre compte. Elle ne manqua pas de le faire remarquer d’ailleurs.

Marius n’avait pas envie de faire le premier pas, parce qu’il était bien trop fier pour cela. Le jeune homme espérait que c’était Enjolras qui allait le faire – ce qui allait être le cas effectivement – parce qu’il voulait que son ami se rende compte qu’il était sur la fausse route. L’étudiant considérait que ce n’était pas lui qui se trompait. Sauf qu’au final, il rabaissait évidemment cette cause qu’il prétendait vouloir défendre, au profit d’un combat de coq idiot. Marius poussa un soupire aux propos de Louison, elle avait effectivement raison.

« Tu as sans doute raison. » Oui, il ne pouvait pas ignorer les propos de la jeune femme, qu’elle lui adressait quand même directement. Plus il attendait, plus la situation risquait de s’aggraver. En cet instant, il voulait bien concevoir qu’il fallait peut-être qu’il agisse. Mais ce n’était pas pour autant qu’il allait suivre le conseil de la serveuse, parce qu’il risquait de bien vite l’oublier justement. L’orgueil avait une grande place après tout, il risquait vite de le rattraper. « Je vais voir ce que je peux faire. » Dit-il, ne promettant donc pas vraiment d’agir. Il allait voir, ce n’était sans doute pas assez pour prouver son envie de changer les choses. Et pourtant, il avait vraiment l’intention de voir ce qu’il allait pouvoir faire. « Merci pour tes conseils Louison. » Des conseils qui avaient quand même une grande valeur et cela, même si c’était une femme. C’était bien la preuve que toute femme et serveuse qu’elle était, elle était capable de suffisamment de réflexion pour avoir sa place parmi les Amis de l’ABC, quoi que puisse en penser Enjolras. « Je crois qu’il est temps pour moi de t’abandonner cependant. »

En effet, Marius avait à faire. Comme par exemple, rejoindre sa belle Cosette.

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Message#Sujet: Re: Au sortir de la Sorbonne (Marius)   Dim 7 Fév - 10:21

Au sortir de la Sorbonne

Louison ♠ Marius


J'esquisse un sourire un peu résigné. Bien sûr, que j'ai raison, et pas seulement "sans doute". Je sais, ce n'est jamais la modestie et l'humilité qui m'étouffent, mais en l'occurrence, je sais pertinemment que mon argumentaire est le bon. Non pas que je sois objective. Je suis, même si on ne me laisse pas jouer le rôle qui m'est dû, complètement influencée par mes propres opinions, mais je n'ai pas à prendre parti dans leur conflit. Parce que ce dernier n'a finalement que très peu de rapport avec la cause qu'ils prétendent défendre. Au contraire, c'en est même complètement éloigné. Il s'agit d'un conflit de personnes plus que d'un conflit d'idée, puisque Marius et Enjolras pensent en vérité de la même façon tous les deux. C'en est désarmant de vanité (vanité dans ses deux sens du terme, canonique ou non). Mais je ne peux qu'aiguiller Marius, pas l'obliger à suivre mes conseils... Et j'ai le sentiment, d'ailleurs, que s'il a entendu ce que j'avais à lui dire, il n'a pas pour autant l'intention de m'écouter. "Je vais voir ce que je peux faire", c'est à mes yeux une faible initiative, insufflsante pour désamorcer la situation, en tous cas. Mais qui sait, peut-être que ces nouvelles armes de réflexions l'inviterait tout de même à reconsidérer les choses et à mettre son orgueil de côté. Il faudrait, de l'autre côté, compter sur une démarche identique du côté d'Enjolras, ceci dit. Je me permets d'émettre quelques doutes (qui me paraissent totalement légitimes, au demeurant) sur le sujet.

Je hoche simplement la tête quand Marius me remercie. À mes yeux, c'est tout à fait normal, je me contente de pointer du doigt de très grandes évidences. Mais si cela peut lui servir, d'une manière ou d'une autre, alors j'en serais satisfaite. Je suis contente si j'ai pu ne serait-ce que lui apporter un nouvel éclairage sur la situation. J'aimerais être sûre que cela serve à quelque chose, au passage. Au moins, j'aurais l'impression d'être utile, pour une fois. À mon échelle, mon intervention aurait servi à quelque chose...
Enfin, on verra bien. Pour l'heure, je ne saurais être convaincue, d'autant que le jeune étudiant décide alors qu'il est temps pour lui de prendre congé. Je le comprends, il a sans dout fort à faire (avec sa jolie Cosette, notamment), je m'en voudrais de l'accaparer plus longtemps encore.

-À une prochaine fois, alors.
Je marque une pause. Au Musain, j'espère.

Je songe à ajouter qu'il faut tout de même qu'il réfléchisse une nouvelle fois à ce que je lui ai dit, mais je comprends qu'il vaut mieux que je m'abstienne. Il comprendra. Il est loin d'être bête, après tout. Il sait bien ce qui vaut mieux pour lui. Dans son propre intérêt.


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