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 Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]

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Message#Sujet: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Lun 13 Avr - 18:32


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
I

l pleuvait. L'eau s'infiltrait sous sa peau, détrempait ses vêtements et ses chaussures de tissus fin. Elle allait encore réussir à s'attraper la mort, avec ces absurdités. Jambes et bras nus, sa peau accueillait à vif le froid du mois de mars et les trombes d'eau. Elle rêvait de l'âtre d'une cheminée, d'un feu agréable qui lui lècherait doucement l'épiderme, du confort d'un intérieur propret où toutes les portes et toutes les fenêtres ferment... Rien de tout ça ne l'attendait nulle part, et c'est finalement parce qu'elle préférait supporter le vent et l'humidité plutôt que les cinglants coups de ceinture du paternel, qui l'en rouerait certainement à son retour, puisqu'elle avait bien mal accompli la mission qu'il lui avait confiée, qu'elle se retrouvait là, à regarder l'eau ruisseler entre les dalles de pierres posées au sol. Sa mission était simple, escroquer un vieillard de la haute qui avait ses appartements dans le quartier latin, se faire passer pour une autre, ce qui chez elle était une habitude, et l'apitoyer et le charmer jusqu'à ce qu'il crache l'oseille. Sauf que le bougre ne s'était pas laissé prendre aux jeux, et l'avait même renvoyé fissa de chez lui, violemment, la menaçant d'appeler la police. Elle avait suffisamment d'ennuis comme ça pour ne pas se mettre aux pattes les représentants de l'ordre. Alors elle avait prit ses jambes à son cou, elle avait pas insister. Thénardier père, lui, aurait sûrement la main lourde en conséquence. Tant pis. Ses cheveux détrempés et son air de s'être plongée toute entière dans la seine ne lui attirerait sans doute pas la compassion du géniteur. Ainsi va la vie. Autant ajouter un retard d'usage à son déshonneur.

Ses pas l'avaient mené presque de manière automatique aux environs du café Musain, où elle savait que se réunissaient régulièrement ces braves amis de l'A B C, dont elle n'aurait certainement jamais entendu parler si le sort n'avait pas voulu qu'en soit le beau Marius. L'automatisme avait du bon... Ou bien il ne manquait pas d'être vicieux. Sur ce point, Éponine n'était guère décidée, car à présent qu'elle se trouvait à proximité, l'espoir de croiser le chemin de celui qui se trouvait peut-être à l'intérieur pour le moment (elle serait bien rentrée mais, pensez-vous, elle n'avait pas un rond, on l'aurait virée fissa) l'assaillait malgré elle. Ce ne fut pourtant pas lui, vers qui ses pensées s'orientaient bien trop souvent, qui fit irruption hors du café, mais une jeune femme que la demoiselle connaissait bien : Louison, serveuse dans ce café, mais amie avant le reste, un rayon de soleil dans cette atmosphère pluvieuse.

-Louison !
l'interpella-t-elle tout en se dirigeant dans sa direction, retrouvant le sourire malgré son piteux état. Je suis pas mécontente de t'voir. ajouta-t-elle une fois arrivée à son niveau. Comment tu vas ?

Elles ne s'étaient pas revus depuis un moment. Louison était accaparée par son travail, sans doute, et Éponine, surtout, baroudait trop pour se permettre de côtoyer quelqu'un de façon régulière. Côtoyer quelqu'un tout court, si ce n'était pas pour affaires, semblait déjà un risque trop grand pour un Thénardier, et une pert de temps monstre, alors forcément, elles ne pouvaient se voir que quand le temps le voulait bien.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Jeu 16 Avr - 13:42

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Je suis profondément exténuée, la journée a été longue, très longue. Non pas que j'ai fait quelque chose d'exceptionnel, mais je pense que j'accuse l contrecoup d'une longue semaine de travail qui m'a terriblement épuisé. Pour nous permettre, à mon frère et moi, de joindre les deux bouts, je ne lésine pas sur les heures de travail. Ma foi, je ne songe à m'en plaindre qu'en partie. Après tout tant que mes mains sont occupées, mon esprit peut l'être tout autant. Par moments. C'est l'avantage des tâches manuelles, vous avez tout le temps de laisser votre esprit vagabonder, tout en sachant vous rendre utile malgré tout. Par moments, je peux même être tellement absorbée (surtout lorsque je travaille dans l'arrière-salle) que je suis capable d'en oublier où je me trouve, ce que je fais, qui je suis, je suis toute à des idéaux que je dois presque aussitôt nier pour n'être plus qu'une femme sinistre, sans talent et sans opinion, se contentant seulement d'exister et de servir. Cela ne signifie en rien, cependant, que je suis malheureuse d'avoir achevé ma journée. Bien loin de là. Je ne rêve plus de rien sinon de retrouver mon lit et de m'y reposer pour m'endormir d'un sommeil de plomb. Morphée peut bien venir me tendre les bras tout de suite, je suis dors et déjà prête à l'accueillir. J'adresse un au revoir à mon supérieur, qui ne semble pas vraiment s'y intéresser ou même constater que je suis là. Peu m'importe. Il est dans sa nature de ne se soucier de rien d'autre que lui-même, et à certaines occasions, je ne peux vraiment pas nier que cela m'arrange. Cela, bien au contraire, me ravit et me sauve.

Je quitte les lieux et mes pas, très instinctivement, veulent me conduire jusqu'à chez moi. Mon regard et mes esprits sont tout orientés vers un objectif trivial, si bien que je n'ai pas immédiatement constaté la présence d'une figure connue, tout à proximité. Il fallut vraiment qu'elle m'interpelle et qu'elle se rapproche de moi pour que je la remarque enfin, et je regrette aussitôt d'avoir été si égoïstement préoccupé que je ne l'avais pas un seul instant remarqué. Alors qu'elle mérite à plus d'un titre mon entière attention, vraiment. Je me rattrape alors autant que je le peux et je lui adresse un charmant sourire. Voilà si longtemps ! Ma sieste pourra bien attendre, j'ai une amie avec qui j'ai envie de parler. Et la pauvre est dans un piteux état. Elle est détrempée.

-Ponine ! Si tu veux savoir comment je vais, attends que nous soyions chez moi. Tu dois être morte de froid, ma pauvre.

Par acquis de conscience, j'enlève mon écharpe et la lui met autour du cou, dans l'espoir que cela calme un peu ses sensations. Il tombe vraiment des cordes. Que fait-elle dehors ? Sans doute encore à s'acquitter de l'une des tâches ingrates confiées par la brute qui lui sert de père ! Dans ces moments là, je ne suis que plus heureuse de n'avoir aucun parent. Quelles que soient ses aisons, elle va me suivre chez moi, je ne lui laisse pas le choix. À la laisser ainsi dans cet état et par ce temps, elle risque d'attraper la mort.


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Sam 18 Avr - 20:03


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
I

l n'était pas rare, pour ne pas dire assez courant en vérité, qu'Éponine joue de son misérable état pour apitoyer le manant et s'attirer ses compassions et ses faveurs. Dans ces moments-là, il lui fallait savoir s'enlaidir encore plus, s'appauvrir encore plus si cela était possible... Arracher des monceaux de sa robe, toussoter comme une mourante, et laisser au mieux voir la chair de poule sur ses bras et sur ses jambes. Là, elle n'avait pas besoin de forcer le trait pour attirer l'empathie d'autrui. Elle tremblait de tous ses membres, elle était détrempée, et la misère semblait comme inscrite dans chaque fibre de son être... Et pourtant, cette fois, elle ne cherchait pas le moins du monde à jouer son petit numéro misérabiliste. Elle pouvait prétendre être l'amie de certains pour les extorquer de quelques sous, mais son affection pour Louison était tout à fait sincère. Elle s'en voulait par conséquent un peu de se présenter à elle dans cet état. Voilà qu'elle avait tout à coup le sentiment de profiter d'elle. De profiter du fait qu'elle avait un toit sur la tête et qu'il serait confortable de s'y abriter. Prétendre que, à présent l'offre faite, elle ne comptait pas la refuser serait mentir, certes. Il n'empêche qu'elle regrettait sincèrement de donner cette image d'elle-même. Mieux aurait-il valu qu'elles se retrouvent sous un chaud et confortable soleil. Enfin bon... Éponine hésita à s'opposer un peu. Mais ça aussi faisait partie de sa stratégie habituelle, alors elle allait se contenter d'être un peu sincère. Après tout, ça ne faisait pas de mal de temps à autres, même si mentir à tout bout de champs pouvait bien devenir une sacrée et sale habitude, à force (et pas qu'un peu)... Mais Louison méritait bien assez son honnêteté. Échange peu onéreux contre une gentillesse qu'elle n'avait pas besoin de contraindre ou de forcer.

-C'est pas d'refus, merci.
approuva-t-elle dans un léger sourire.

Elle retardait par la même le moment de retrouver Thénardier père et mère, et cela aussi ne lui déplaisait pas. En plus, elle était assez curieuse de découvrir où pouvaient bien crécher Louison et son frère. Ça ne devait pas être un palace non plus, elle serveuse et lui étudiant, mais les portes et les fenêtres devaient au moins fermer convenablement, chez eux.

-Je te suis,
ajouta-t-elle tout en lui agrippant un bras détrempé.

Ils n'étaient pas nombreux, ceux qui étaient de vrais amis parmi la masse des connaissances et des visages familiers, alors elle appréciait tous les gestes de ce genre, qui témoignaient d'une amitié véritable. Et des gestes désintéressés, qui plus est. Éponine avait été habituée à cette politique du "on n'a rien sans rien", c'est pas pour autant qu'elle l'appliquait tout le temps, mais quand même assez souvent. Si bien que voir quelqu'un vous rendre service sans rien attendre en retour, c'était proche d'être irréaliste. Mais ce n'était pas la première fois que Louison lui rendait ainsi service. Elle était pas toujours tendre avec tout le monde, mais toujours avec Ponine. Et du coup, c'était Ponine qui regrettait de ne rien avoir à lui rendre en retour de tout ce qu'elle lui offrait.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Lun 27 Avr - 18:39

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Pauvre Éponine ! Comme elle semble si souvent porter la misère du monde dans son entier sur ses frêles épaules. Et ce n'est pas de la préciosité de sa part, pas du tout. Elle porte dans ses bagages plus de souffrance qu'il n'en faut à l'humanité. Et moi, à côté de cela, je me sens infiniment chanceuse. Chanceuse car j'ai un toit sur la tête, un travail, une vie un peu structurée, je ne dépends pas de la charité d'autrui ou de larcins qui doivent me faire rougir. Je ne blâme pas Éponine pour cela, qui sait ce que je serais devenue avec un tel passif, une telle histoire. Je la trouve, bien au contraire, infiniment courageuse. Mais même les individus les plus hardis ont par moments besoin qu'on leur tende la main. Je suis heureuse de constater qu'elle accepte mon offre et ne fait pas mine de la décliner. La pauvre et détrempée, Je ne veux pas apprendre demain qu'elle aura attrapé la mort, parce que personne ne l'aura secouru des frissons qui lui parcourent l'épiderme. Je hoche doucement la tête quand la jeune femme m'affirme qu'elle accepte de me suivre.

Très bien, j'ouvre donc la marche jusqu'à l'appartement que je partage avec Jonah. À cette heure, il ne doit pas être encore rentré... non pas de cours, puisqu'il n'y va jamais, mais il doit traîner je ne sais où avec quelques uns de ses amis, ou en train de faire la cour à une femme. Dans tous les cas, nous ne devrions pas avoir à craindre d'être dérangées, nous pourrons parler tout notre content. D'ailleurs, ça ne nous fera pas de mal d'avoir une conversation, toutes les deux, ne serait-ce que pour bavarder, même pour ne rien dire. Nous sommes des amies qui ne nous voyons malheureusement pas assez. Mais je me soucie tout de même assez d'elle pour m'intéresser à sa vie et pour vouloir en apprendre plus. Nous parcourons plusieurs rues très rapidement, puis nous arrivons jusqu'à mon immeuble. Je l'y fais rentrer, lui fait monte les cinq étages qui mènent à notre appartement, tourne la clé dans la porte, et la fais rentrer. De prime abord, je crois bel et bien que mon frère est effectivement absent. C'est l'idéal. Parfois, il ne rentre pas de la nuit, peut-être pourra-t-elle emprunter sa couche ? Elle serait mieux que dans la masure Gorbeau, avec ses fenêtres qui ne se ferment pas.

-Fais comme chez toi.
dis-je, une fois à l'intérieur.

Pour ma part, je me rends jusqu'à la salle d'eau pour y chercher une serviette bien chaude, et fais un détour par ma chambre pour y récupérer l'une de mes tenues, qui lui tiendra bien plus chaud que ses guenilles. On doit faire à peu près la même taille, ça ira à la perfection. Entretemps, je nous prépare un thé bien chaud. Je suis aux petits soins, oui, mais je me fais vraiment du soucis pour Éponine.

-Tiens.
je dis en revenant vers elle et en déposant l'ensemble sur la table-basse du salon. Je m'installe sur une chaise et ajoute : Alors, qu'est-ce que tu faisais dans le quartier latin ?


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Sam 2 Mai - 11:53


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
Ç

a c'est sûr, Louison était un hôtesse et une amie hors pair. Non contente de la conduire chez elle afin qu'elle s'épargne le froid et la pluie, elle lui offrit à boire, et des vêtements chauds. Même pour Éponine, qui à force avait apprit à vivre de la générosité des plus offrants (pour ne pas dire des plus crédules), c'était trop. Des cadeaux comme ceux-là sont toujours plus faciles à accepter de la part d'un inconnu que de la part d'un ami. Éponine n'avait pas envie de jouer à celle qui profitait de l'hospitalité et de la gentillesse de Louison, alors que son affection pour elle n'était absolument pas factice et partait véritablement d'un sentiment d'amitié sincère. En même temps, quand la vie vous donne si peu, difficile de cracher sur de telles offrandes. Dans ses vêtements détrempées, Ponine aurait à peine le temps de les sécher un peu qu'elle retrouverait aussitôt le froid et l'humidité, et ce serait rebelotte. Cela dit, si elle avait suivi Louison sans broncher jusque chez elle, elle avait du mal à accepter tout ce qu'elle lui donnait sans faire de remarque, cette fois, ne serait-ce que même si elle était une fille des caniveaux, elle connaissait quelques règles prosaïques de politesses, et Louison était de ceux (parmi ce nombre restreint de personne qu'étaient donc Louison et Marius) pour qui elle ne se forçait pas de les employer mais voulait le faire, au nom du respect profond et non feint qu'elle avait pour eux. En même temps, un cadeau est un cadeau, Éponine se voyait mal refuser.

-Vraiment c'est trop...
affirma-t-elle, mais ses doigts se refermaient quand même dans un même temps sur l'étoffe du vêtement qui lui permettrait de se tenir un peu plus au chaud. Merci.

Elle s'absenta un temps dans une pièce mitoyenne pour se changer rapidement. La robe, longue et chaude était à sa taille. Voilà longtemps qu'elle n'avait pas eu le sentiment de porter quelque chose qui ne s'assimile pas à de vulgaires guenilles. Son père la tuerait peut-être en la voyant rentrer si bien apprêtée, mais ça se sentait toujours. Elle goûtait à un sentiment de confort qu'on ne lui avait pas donné d'éprouver depuis longtemps, elle ne comptait pas s'en priver. Quand elle revint dans le salon, Louison déposait deux tasses de thé brûlant sur une table. La jeune fille prit à son tour une place sur une chaise. À cet instant, elle aurait troqué sa vie contre celle de son amie dans l'instant et sans discuter ou réfléchir.

-Une course... pour le paternel...
dit-elle très évasivement quand Louison lui demanda ce qu'elle était venue faire dans le quartier latin. C'était le cas, au fond, même si la course en question dépassait de loin les normes usuelles de la légalité, mais ça, la serveuse du Musain l'aurait compris sans que Ponine l'explicite. Pas trop dur, ton travail ?

À la vérité, Éponine brûlait de lui demander si, d'aventure, Marius ne s'était pas trouvé au café ce soir-là... mais fallait-il vraiment qu'elle passe pour plus désespérée qu'elle ne l'était déjà ?






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Mer 13 Mai - 12:39

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


D'aucuns affirmeront - et j'execre ces gens là du plus profond de mon âme, qu'une fille comme Éponine Jondrette, une fille des rues sans distinction, sans titre et sans noblesse, ne mérite pas les égards que je lui accorde. Trop considèrent que la misère se choisit, alors qu'elle ne se décide finalement pas plus que l'oppulence. Que serions nous devenus, mon frère et moi, si nos parents ne nous avaient pas légués une confortable fortune ? Nous serions sans doute de ces gens-là, de ceux qu'ils appellent la vermine, de ceux qui salissent les rues et paysages de leur présence à leurs yeux. Il y a plus de mérite à mes yeux à être misérable qu'à être riche, car de tous les riches, ceux qui ont vraiment mérité leur fortune se comptent sur les doigts d'une main. Ceux qui vivent au quotidien dans la rue doivent parfois se résigner à des méthodes amorales et abjectes pour gagner leur pain quotidien, c'est vrai. Ils volent, ils trompent, ils truandent... Mais moi je considère qu'ils se battent. Ils luttent pour leur survie, et si leur combat solitaire devenait la préoccupation de toute une nation, comme la révolution nous l'avait laissé entrevoir avant que de réduire à néant tous nos espoirs, alors les choses pourraient changer. Et les personnes de petites naissance mais au grand coeur comme Éponine n'auraient pas à souffrir d'une situation ingrate et honteuse. Oui, je donne autant que je peux à la jeune femme, mais je ne considère pas que c'est trop, je pense sincèrement qu'elle le mérite, comme le méritent tous ceux de sa condition, qu'importe les "erreurs" qu'il leur ait fallu commettre pour survivre.

Je bois une gorgée de mon thé (un peu trop chaud - j'ai tendance à toujours laisser le thé brûler trop longtemps) tout en écoutant la réponse de mon interlocutrice quand celle-ci m'apprend qu'elle a fait "une course pour le paternel". Cette information, bien qu'attendue, me décoche une grimace. Je n'ai jamais rencontré le père Jondrette, et c'est heureux, mais je sais qu'il n'est pas commode, loin de là, et je devine très bien ce que ces "courses" peuvent signifier. Éponine sacrifie sa jeunesse à cet homme abject qui la considère plus comme un vulgaire chien que comme sa fille. J'aimerais l'inviter à se défaire de l'emprise de son père et du reste de sa famille (sauf sa soeur, qui m'a l'air d'être une fille bien, elle aussi), mais comment faire ? Je n'ai pas ce genre de pouvoir. Je préfère m'abstenir d'en parler, et, ça tombe bien, je pense qu'elle ne veut pas en parler non plus. Autant se concentrer sur le sujet qu'elle lance ensuite, même s'il n'est pas forcément bien passionnant. Que dire de mon travail après tout. Il est... il est...

-Routinier, plutôt.
lui apprends-je sans entrer dans les détails peu valorisants de mon travail... finalement, je tente d'égayer la conversation. Je me trompe peut-être, mais je pense que tu espérais rencontrer quelqu'un en passant par le café... sauf que ce n'était pas moi.

Ce n'est pas un reproche, juste un constat. Des fois qu'elle veuille me parler de Marius, au moins je lui en laisse la possibilité.


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Lun 18 Mai - 0:55


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
L

ouison se montra très évasive quand il fut question de parler de son travail et de ses journées en tant que serveuse au café Musain. Parce qu'elle n'avait pas envie d'en parler ou parce qu'elle n'avait absolument rien à dire ? Va savoir, Eponine, dans tous, les cas, n'avait pas un seul instant l'intention d'insister. Elle pouvait le faire, et même se montrer très intrusive, par moments, mais pas dans des situations comme celle-ci, où elle n'y trouvait pas d'intérêt, et surtout, où elle n'avait pas envie de mettre mal à l'aise sans raison. Si elle avait envie de lui parler de ses déboires au travail (pour peu qu'il y en ait), alors la demoiselle serait prête à l'écouter... Et sinon, eh bien sinon tant pis. Dans tous les cas, la conversation allait bien rapidement varier de sujet quoi qu'il en soit. Car si elle se contenta d'un mot, d'un adjectif pour définir sa situation, elle se montra un peu plus bavarde quand il fut question d'évoquer les raisons qui l'avaient poussé à traîner autour du café Musain... car s'il est vrai qu'elle avait eu à faire en ces lieux au nom de son paternel (elle n'avait effectivement pas ment à ce sujet), elle n'avait pas contre aucune raison officielle de s'être trouvée en ce lieu précis... mais une raison officieuse, elle en avait bien une, et Eponine était convaincue que son interlocutrice la connaissait déjà, elle faisait seulement mine de ne pas savoir de quoi il retournait pour obliger son amie à cracher le morceau. Et le pire, c'est que cela allait bel et bien fonctionner... En même temps, il n'était pas vraiment nécessaire de la forcer, pour évoquer celui qui lui accaparait tant l'esprit que c'en devenait presque une obsession... Elle évitait d'en parler auprès d'autres, mais Louison savait, alors...

-On peut rien t'cacher, à toi.
dit-elle d'un ton qui tenait du reproche mais avec, aux lèvres, un sourire qui venait nier ce même reproche dans la foulée, elle ne pouvait pas lui en vouloir, au contraire, Louison était la seule à qui elle pouvait confier les élans de son coeur. Il y avait bien Zelma, bien sûr, qui avait tout compris sans que sa soeur lui ai dit quoi que ce soit, mais avec sa soeur, c'était tout de même pas pareil. Et même si c'était le cas, y'aurait pas d'mal, pas vrai ?

Non, il n'y avait aucun mal, après tout, à se laisser distraire par des sentiments, même s'il fallait indéfiniment souffrir de la non réciprocité de ces derniers, Ponine n'était pas la seule à être distraite, après tout, Monsieur Marius l'était aussi. Mais dans ses pensées à lui, pas de place pour sa misérable et pauvre voisine. C'était comme ça, il allait bien falloir qu'elle s'y fasse à la longue... Ce qui ne l'empêcha pas tout de même de jouer les curieuses.

-Il était là ?


Oh, elle saurait pertinemment de qui elle parlait, et à quoi bon faire des détours encore ? La vérité avait la limpidité de l'eau de roche, non ?






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Jeu 4 Juin - 12:07

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Ce n'est pas tant que l'on ne peut rien me cacher que je connais tout de même très bien Éponine. Notre amitié a cette indéfectible valeur qui fait que nous n'avons pas vraiment de secrets l'une pour l'autre. Et je sais par conséquent pertinemment que le coeur de la demoiselle bat pour le beau Marius, qui apparemment préfère papillonner des yeux ailleurs. Cela devrait-il me surprendre ? Non, cela ne me surprend pas. Je n'ai pas vraiment d'expérience dans ce domaine, Jonah un peu plus. Je sais, dans tous les cas, que l'amour heureux est plus utopiques que potentiel. Pour cette raison, je refuse mon coeur au moindre élan. Plus facile à dire qu'à faire, bien sûr, mais quand je vois celles qui ont mal à ce point d'amour, comme la pauvre Ponine, je suis bien heureuse de ne pas laisser divaguer mon coeur à des rêves illusoires.

Enfin, rêver ne fait pas de mal, après tout. J'esquisse un sourire un peu amusé mais avant tout sincère à l'adresse de la jeune femme quand elle me fait remarquer qu'il n'y a pas de mal à son attitude, et je hoche la tête. En effet, il n'y a pas de mal, sauf peut-être le semblant de souffrance que je la sais ressentir... Mais si cette souffrance peut être apaisé en un refard à l'adresse de Marius, pourquoi se refuserait-elle ce fugace bonheur ? Même si je me doute que le bonheur n'a pas été au rendez-vous, cette fois, il y a peu de chances qu'Éponine ait croisé Marius. Dernièrement, on ne le voit presque jamais au café Musain. Et les rumeurs qui circulent à son sujet ne doit pas vraiment être du goût de mon amie. D'ailleurs, elle ne tarde pas à me demander s'il était là ou pas.

-Non...
je réponds avec prudence. À vrai dire, je ne l'ai pas vu depuis un moment...

Je n'ose pas en dire beaucoup plus. Je sais très bien comment tout cela va finir, si je lui en parle. Ceci dit, je ne serais pas surprise que Ponine connaisse déjà la rumeur. L'on dit que les absences de Marius et sa déconcentration sont liées à l'affection qu'il porte à une mystérieuse et belle jeune femme. Cette histoire est compliquée. Je ne veux pas prendre partie, car j'ai autant d'affection pour Éponine que pour Marius. Dans un monde idéal, tous les deux se trouveraient et s'aimeraient, mais je doute que cela se produise.

Est-ce que la mystérieuse jeune femme partage les sentiments de Marius ? Si tel est le cas, j'espère que Marius sera heureux, même en dehors de la cause, s'il le faut. Et j'espère plus encore que Ponine saura l'oublier. Je n'aime pas la sentir si mal, et surtout, je ne sais pas quoi faire pour faire en sorte qu'elle se sente mieux. Dans ces moments-là, j'ai le sentiment d'être une bien piètre amie. Surtout que je ne suis vraiment pas de bon conseil sur le sujet. Je n'entends rien du tout aux choses de l'amour, vraiment rien. Et plus j'en découvre, moins je veux en savoir.


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Dim 7 Juin - 13:09


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
É

ponine ne s'en rendit pas compte, mais dût certainement afficher une moue triste et déçue quand son amie lui apprit que son interlocutrice n'avait pas vu Marius à la réunion des amis de l'ABC qui avait dû avoir lieu le soir-même. Enfin... Comme cela, au moins n'avait-elle pas à regretter de l'avoir manqué, même si cela aurait sans doute été pour ne rien lui dire. Mais l'ennui, c'est qu'elle savait pertinemment où il devait se trouver, s'il n'était pas en présence de ses camarades, de ceux qui étaient appelés à devenir ses frères d'armes. Elle le connaissait bien, elle le connaissait malheureusement trop bien, et même s'il ne lui en avait jamais rien confié, elle savait très bien que l'étudiant ne jurait plus que pour une jolie blonde qu'il avait croisé au jardin du Luxembourg. Une oeillade en passant, et voilà que le jeune homme semblait avoir pour de bon été conquis. Il suffisait d'en juger par le regard de Louison pour achever d'être convaincu. Elle ne réagirait sans doute pas ainsi, avec ce qui ressemblait à un rien de gêne, si elle n'avait pas conscience de sa désertion de toutes ces réunions néo-révolutionnaires. Au fond, tout le monde savait, et cela faisait d'autant plus mal, donc, qu'il n'avait pas vraiment l'air de s'en cacher. Plutôt l'inverse, même. Comme si cette nouvelle idylle était si exceptionnel qu'il fallait qu'elle n'échappe pas au monde. Louison savait, c'était évident, et cette simple idée lui tordait de nouveau le coeur, d'autant que la jeune femme savait pertinemment que la serveuse du café Musain était une bonne ami du bel et inaccessible étudiant. Pauvre d'elle.

-Il devait être encore à courser sa chimère.
suggéra-t-elle d'une voix défaite qui signifiait qu'elle savait pertinemment, malheureusement, que le coeur du voisin si cher à son coeur battait pour une autre.

Et encore, elle n'avait pas complètement conscience de ce qui s'était passé dernièrement. Elle savait ses visites fréquentes au jardin du Luxembourg, où la demoiselle se rendait avec son père, une beauté blonde au teint de porcelaine, bien habillée et bien faite, le genre de donzelles avec lequel la jeune Thénardier n'avait pas la moindre chance de pouvoir et savoir rivaliser. Elle ne savait pas, néanmoins, que depuis lors, leurs chemins s'étaient rapprochés, et qu'ils s'étaient parlés, qu'ils s'étaient confessés leurs sentiments, et qu'elle ne pouvait donc plus rien faire. Elle, la pauvre Ponine, sans le sou et sans avenir, pouvait bien avoir le coeur tordu, déchiré, brisé de mille manières. Qui s'en soucierait ? Sa famille ? Non, certainement pas eux, tant qu'elle leur était utile, tant pis que sentiments soient heurtés douloureusement, de toute façon, l'amour, ça distrait et ça rend moins efficace. Après, il lui restait ses amis, bien évidemment. Des amis comme Louison. Mais elle n'était pas sûre que cela suffise à guérir le mal qui la rongeait si sûrement qu'elle n'envisageait pas que les plaies se referment, à aucun moment et sous aucun prétexte. Une autre ombre ne chasserait pas la sienne. Il était, fort malheureusement, sa malediction.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Mer 10 Juin - 10:27

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Un sourire un peu triste se dépose sur mon visage, quand je l'entends évoquer la "chimère" de Marius. Je suis en position inconfortable, et je le déplore. C'est difficile de ne pas prendre parti, d'avoir deux amis qui aiment et qui ne s'aiment pas, de vouloir le bonheur de l'un tout autant que celui de l'autre, et de réaliser pourtant qu'aucun de ces bonheurs n'est compatible avec l'autre, et que l'euphorie de l'un fera nécessairement le malheur de l'une. Je ne crois pas que le sentiment d'amour doive conditionner nos existences, je trouve au contraire qu'il nous emprisonne, et je suis par conséquent ravie d'en être épargnée pour l'heure.... Mais je devine que c'est une force trop puissante pour que qui que ce soit puisse lutter. Personne ne peut se destiner à une telle obsession qui peut se muer en dépression. Je suis tout à fait certaine, en tous cas, que la pauvre Éponine se l'épargnerait bien, mais elle n'a sans doute pas le choix. Je ne sais trop que dire. Je crois bien que la Chimère de Marius est bien plus qu'une Chimère, c'est du moins ce que laissent à penser ses absences répétés auprès des amis de l'A B C, et son attitude de ces dernières semaines.

Si Chimère il y a eu, je crois qu'elle est désormais bien humaine, et que l'homme est désormais son amant, mais je ne peux ainsi prononcer de tels mots, qui briseront sans doute le coeur d'une amie qui m'est bien trop chère pour que je songe à lui faire du mal. C'est elle, qui course encore et encore une chimère, en ne sachant détourner les yeux de ce beau et ravissant voisin, qui devra sans conteste, à un moment ou à un autre, signer sa perte si elle ne sait se ressaisir, ce à quoi je veux l'inviter, de toutes mes forces, mais sans la brusquer pour autant. Et dire que je ne sais rien des peines qui heurtent le coeur. Marius a sans doute de la tendresse pour Éponine, je l'espère en tous cas, mais cela ne saura en rien suffir, et au final, il vaudrait peut-être même mieux qu'il ignore, tout simplement. Mais non, au lieu de cela, il faut que je sache lui porter conseil. Je suis certainement la personne la moins bien placée pour cela.

-Tu sais, Ponine... Tu ne devrais peut-être pas... Tu devrais peut-être l'oublier ?


Mon ton est incertain, et pour cause, je me demande si je ne suis pas en train de lui suggérer ni plus ni moins que l'entier impossible. C'est simple, de mon point de vue, que de lui donnr ce genre de conseils, qui m'apparaissent évidents et logiques, mais si l'amour était évident et logique, cela se saurait, n'est-ce pas ? Et d'ailleurs, s'il l'était, nul ne s'y laisserait prendre, car l'on aurait trop bien conscience des dérives qui lui sont attitrées, des douleus qu'il sait causer. Ponine, pour ne rien aider, a son bel étudiant pour voisin. Voilà qui n'aidera manifestement pas mon amie à suivre mon conseil, qu'elle considérera, je le pressens, comme bien naïf... moi qui veut pourtant lutter au quotidien contre la naïveté, banale ou non.


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Sam 13 Juin - 12:15


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
L

ouison était la seule avec qui Ponine parlait si librement de Marius et des sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Et encore, généralement, elle n'utilisait pas son nom, ce n'était pas la peine, puisqu'elle savait. D'autres savaient ou devinaient, bien sûr, Zelma en premier lieu, mais elle ne pouvait pas en parler avec elle. Elle se sentait faible à l'idée même qu'elle sache, alors bon... La différence de Louison était, également, qu'elle fréquentait quotidiennement Marius (quand celui-ci daignait pointer le bout de son nez, tout du moins, ce qui était de moins en moins le cas dernièrement, malheureusement), elle était donc bien placée pour savoir ce qui pouvait se tramer dans l'esprit du jeune homme... Et malheureusement, elle savait qu'elle ne devait y avoir qu'occasionnellement sa place, quand leurs chemins se croisaient par un hasard total, par exemple. Ou tout simplement quand il entendait, peut-être, sa voix à travers le mur fin comme du papier qui séparait leurs deux lieux de vie. Louison pouvait avoir un avis concret et objectif sur la question, parce qu'elle n'entendait pas qu'un seul son de cloche. Et aussi parce que, au quotidien, elle était souvent de parti-pris, mais l'un dans l'autre, elle restait tout de même objective. Elle saurait donc porter le regard qu'il faut sur la situation, sans se montrer condescendante ou contrainte de ne dire que ce que son amie pourrait vouloir entendre. Et Ponine, d'avance, savait qu'elle n'entendrait de toute façon jamais ce qu'elle espérait effectivement finir par entendre.

Et en effet, elle n'entendit rien de ce qu'elle aurait aimé entendre. Aucun mot qui puisse ou sache la rassurer, rien qui confirme ou atteste qu'elle n'était pas celle, justement, qui s'était façonnée une chimère inaccessible après laquelle elle courait désormais, désespérément, et dans la pleine conscience, qui plus est, que c'était parfaitement inutile. Le conseil de Louison n'était pas celui qu'on avait déjà pu lui faire, celui de se battre, c'était un conseil bien plus lucide, et en conséquence, bien plus douloureux. L'oublier ? Oui, bien sûr, que ce serait une solution, mais elle en était purement et simplement incapable. Pas alors qu'elle le savait respirer à un mur d'elle, pas alors qu'il hantait la grande majorité de ses pensées, qu'elle soit consciente ou endormie. Que ses rêves la gagnent ou qu'elle se perde dans les méandres de son esprit. Louison ne pouvait sans doute pas comprendre parce qu'elle ne l'avait certainement jamais ressenti, mais malheureusement, quand des sentiments comme ceux qu'elle avait fini par éprouver pour Marius vous gagnaient, il n'y avait rien à faire, absolument rien. On ne pouvait que subir, rien de plus. Que l'on s'abandonne à l'impuissance ou que cela nous insupporte, ça ne changeait rien. Dès lors, on était dors et déjà perdus.

-Je peux pas.
déclara-t-elle simplement, d'un ton qui ne pouvait rien résoudre, et légèrement sur la défensive.

Elle savait bien que Louison essayait simplement de la raisonner, et que c'était tout à son honneur, ce n'en était pas moins difficile à vivre pour elle... Un problème insoluble qu'elle ne cherchait pas à résoudre, somme toute.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Jeu 25 Juin - 11:08

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Suis-je cruel, bien sûr qu'elle ne le peut pas ! Si on pouvait juste mettre ses sentiments de côté pour ensuite passer à autre chose, se débarasser de l'amour comme on chasse un insecte qui vous vole autour du visage, alors il y aurait bien moins d'amoureux sur cette terre. Or, l'amour semble être le mal de ce siècle, et toucher presque tous les individus qui foulent au pied la terre. Je dois être l'unique exception. Et je ne me l'explique pas vraiment, d'ailleurs. Je me demande parfois si je suis normale, à ne pas aimer quand tout le monde aime autour de moi. J'éprouve l'amitié, avec Ponine ou encore Marius, par exemple, j'éprouve l'amour fraternel avec Jonah, même s'il est parfois houleux et compliqué, j'éprouve la ferveur politique avec cette cause que j'essaye de défendre avec de moins en moins de distance depuis que je travaille au café Musain et approche les amis de l'A B C.

Mais l'amour, celui qui fait autant de bien que de mal, je ne le connais pas. Bon, je n'en suis pas peu fière quand je vois Ponine et constate ses déboires, c'est sûr, mais en même temps, comment prodiguer des conseils, donner de la sympathie, inspirer de l'apaisement, si je ne sais pas vraiment de quoi l'on parle. Je n'éprouve pas mais je compatis du mieux que je peux, au-delà de mes conseils maladroits. Non, elle ne peut pas l'oublier. C'est normal, mais j'espère que le temps lui permettra de passer à autre chose. Ou, qui sait, de reporter son attention sur un autre, qui partagerait ses sentiments, ou qui en tous cas serait à même de la comprendre, de voir en elle tout ce qu'elle a d'exceptionnel à offrir, malgré la misère et l'inconvénient d'être née Thénardie, ou du moins Jondrette.

-Est-ce que tu as faim, au fait ? Je ne t'ai rien proposé à manger...


Oui, je change de sujet, le plus volontairement du monde. Je pense que ce n'est pas une bonne chose de se concentrer plus longtemps sur la situation, il vaut mieux que nous changions de sujet. Et je me dis que le thé chaud, c'est pratique pour se réchauffer après avoir supporté la pluie, surtout dans ses guenilles à elle, mais ça ne nourrit pas son homme. Je sais qu'il est rare que mon amie mange à sa faim, et si nous ne sommes par richissime, Jonah et moi, nous avons tout de même de quoi manger à notre faim, et de quoi partager également. Je ne sais pas si elle va accepter ce genre de générosité de ma part. Je finis par comprendre comment elle fonctionne, tout de même, elle truande pour survivre mais tolère mal la charité. Elle a su conserver un tempérament fier et obstiné dans la misère. je le lui envie. Je me dis que si je me retrouvais à sa place, je serais sûrement incapable de me débrouiller come ell le fait, ou encore comme le fait sa soeur. Je la respecte beaucoup pour cela.

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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Ven 26 Juin - 19:44


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
L

e sujet était clos. Du moins au cours de cette conversation, car il ne s'agissait pas bien sûr d'un sujet que l'on pouvait vraiment clore, quand on était, comme la jeune femme, constamment obnubilé par lui, au point de prendre par moments des décisions hasardeuses et irraisonnées, au point de vouloir être parfois quelqu'un d'autre, au point d'expérimenter la jalousie et ses affres autant terribles que parfaitement absurdes. Dans son esprit, le nom de Marius revenait siffler à son oreille comme une rengaine parfois douce, et à d'autres moments insoutenable. Comme une chanson qui vous reste aux tympans, elle se sentirait capable de la chanter et rechanter encore, quitte à déchanter et faire déchanter tout le monde autour d'elle. Elle avait bien compris qu'il ne servait plus à rien d'en parler pour le moment, surtout si cela était pour entendre les vérités qui font mal et déchirent un coeur déjà meurtri. Elle était lucide sur leur condition autant que sur ses sentiments, elle savait très bien ce qu'il en était, elle savait très bien qu'espérer était vain. Mais tant que l'on vit, tant que l'on respire, forcément on espère. Ainsi la vie était-elle faite. Sa vie en tous cas. Bien moins heureuse que celle de la jolie blonde du jardin du Luxembourg qui avait ravi le coeur du bel étudiant. Ponine la laissa embrayer sur un autre sujet. Cela valait mieux, c'est certain. Même si d'une conversation gênante, il fallait passer à une proposition qui l'était autant, pour des raisons différentes.

Si elle avait faim ? Oui, bien sûr. L'on pouvait même dire que c'était un état constant chez la jeune femme. Rares étaient les occasions au cours desquelles elle pouvait satisfaire son appétit. Il pouvait leur arriver, aux Thénardier, de ne pas se nourrir plusieurs jours durant. Oui, elle avait faim. Mais elle ne demandait pas la charité à son amie. Louison lui avait déjà donné tant ! Des vêtements chauds, de quoi boire, une oreille attentive... Comment ne pas avoir l'impression d'abuser de la générosité de la serveuse ? Elle se nourrissait rarement "légalement", elle volait souvent le pain de la famille, et l'obtenait à grands renforts de manipulation et de méthodes peu protocolaires. Là, il n'y avait rien de mal à accepter l'offre de la demoiselle. Mais au moins, quand elle volait ou dupait son monde, même s'il n'y avait pas de quoi flagorner, vraiment pas, elle avait le sentiment de mériter son pain, d'avoir fait quelque chose pour obtenu son dû. Là, elle avait simplement l'impression d'inspirer la pitié. Louison était son amie, elle ne voulait pas qu'elle ne voit en elle qu'une crève-la-faim sans le sou qu'il fallait absolument aider...

-T'as pas besoin de te donner ce mal, tu sais.


Mais elle ne disait pas non. Parce qu'elle avait vraiment le faim. Et rien que le fait d'en parler faisait gargouiller le ventre de la demoiselle, qui ne savait trop ce qu'elle pourrait donner en retour à son amie. Sans doute rien qui sache l'intéresser.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Jeu 16 Juil - 9:55

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Je souris doucement à la remarque de la jolie Ponine, qui sans avoir eu l'éducation des "gens de la haute", comme elle dit, sait en avoir toute la distinction et toute la politesse, parfois. Elle n'a pas à craindre d'abuser de ma générosité, pas le moins du monde, si cela me dérangeait que de l'inviter, de lui proposer des vêtements, à boire et à manger... eh bien je ne l'inviterais pas. Je suis une femme entière. Quand quelque chose me dérange, je n'hésite pas à le dire, et je sais faire preuve d'une honnêteté totale avec ceux qui m'importunent. C'est une chose que j'ai apprise à force de travailler au Musain. Pour museler certains lourdauds, il n'y a pas méthode plus efficace, c'est un fait, que d'envoyer ceux qui dérangent dans leurs retranchements. à force, vraiment, j'ai gagné en maîtrise et en culot, je n'ai pas peur d'user de répartie et de dire ce que je pense. Et à cet instant, je pense que Ponine n'a aucun droit d'imaginer qu'il y ait le moindre mal à être généreuse et agréable avec elle, ou que je me force. Ponine n'a peut-être pas le sous, mais elle est riche de coeur, et je suis heureuse de la compter parmi mes amis.

Elle est incroyable, et je sais que je pourrai toujours compter sur elle. Alors il est normal que je lui prouve qu'elle peut aussi compter sur moi, non ? C'est la moindre des choses, après tout. Je n'écoute donc même pas sa remarque et m'absente dans la cuisine, où je lui prépare tout ce qu'il faut pour se remplir la panse. Il y avait du pain, du fromage, du jambon, de quoi faire un véritable festin. Jonah a toujours les yeux plus gros que le ventre quand il fait ses achats au marché. Non pas que nous roulons sur l'or, mon frère a dilapidé l'héritage familial de telle sorte que j'ai peu d'espoir en ce qui concerne la suite, mais nous en profitons tant que nous le pouvons. Mon salaire de serveuse arondit les fins de mois, et en attendant, on profite de ce qu'on a, et qu'on a en trop grande quantité pour que j'ai vraiment des scrupules à partager avec quelqu'un qui souffre de la faim bien plus souvent que moi, et qui mérite qu'on l'invite à sa table et qu'on fasse des efforts pour elle. Sans aucun doute, et qu'importe les conséquences. Je dépose le tout sur la table et propose à Éponine de se servir, d'un geste de la main.

-J'en ai pas besoin, non, mais j'en ai envie.
fais-je en rompant le pain pour qu'elle n'hésite pas à se servir. Bon appétit, et ne te prive pas, surtout. Et comme pour l'empêcher de refuser quoi que ce soit une fois encore, je décide de poursuivre sur un nouveau sujet de conversation. Et sinon, comment ça va, chez toi ? Azelma va bien ?

Je suis moins proche d'Azelma que je ne le suis de Louison, mais elle m'attire malgré tout la même sympathie naturelle que Ponine, et quand on connaît leurs parents, forcément, on ne peut que se faire du soucis.


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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Jeu 16 Juil - 17:51


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
Ç

a, si d'autres s'étaient donnés la même peine, celle de lui tendre la main, de ne pas la traiter comme une moins que rien, de faire d'elle une égale, elle aurait peut-être fait des choix de vie différents, elle aurait peut-être eu plus souvent la sensation qu'elle avait là, celle de pouvoir s'en sortir, ce malgré les vicissitudes nombreuses de l'existence. Mais l'opinion de Louison ne suffirait pas à annuler des années et des années de soumission docile aux Thénardier parents, qui savaient depuis toujours exercer sur elle une impérieuse autorité de laquelle elle ne pouvait se défaire, contre laquelle elle ne pouvait rien, rien sinon subir et supporter. Cela dit, ça faisait du bien, par moments, de se sentir normale, d'avoir le sentiment d'exister pour soi et non pour nourrir la famille, d'avoir plus à offrir à l'autre que sa misère, comme de la conversation, par exemple, même si la pauvre Ponine s'exprimait bien mal, ce qui était d'ailleurs la cause de tant de complexe chez elle que les énumérer par le menu prendrait un temps considérable. Là, avec Louison, elle était une jeune femme parmi les autres jeunes femmes, comme la serveuse du Musain l'était elle-même, et elles pouvaient deviser autour d'une bonne tasse de thé ou abondance de nourriture sans se disputer le pain qu'elles rompaient. D'ailleurs, que tous ces mets apétissants lui faisaient de l'oeil ! Elle avait affirmé ne pas vouloir obliger Louison, il n'empêche que toutes ces victuailles ainsi disposées lui remuaient l'estomac, et son sourire témoigna plus que de la satisfaction et du contentement quand elle fut autorisée à non pas déguster, mais se ruer sur la nourriture comme une pauvre âme en peine. Elle était tout à son contentement et à la saveur de ces en-cas succulents qui ne lui parvenaient malheureusement que bien trop rarement jusqu'aux papilles quand Louison reprit la conversation, demandant des nouvelles de sa famille... Et par famille, elle entendait Azelma, bien sûr, parce qu'on ne pouvait pas dire que les parents faisaient bien bonne figure. Et le frangin (les frangins) était aux abonnés absents la plupart du temps, si bien que ce qui les unissait était invisible à l'oeil.

-On fait aller.
répondit alors Ponine dans un haussement d'épaules. Quand est-ce que les filles Thénardier pouvaient vraiment trouver prétexte à dire qu'elles allaient bien, sincèrement bien, et sans aucune réserve ? Ces instants étaient bien rares, et généralement, l'on s'arrangeait au mieux pour réduire l'espoir à néant, l'abattre en plein vol, quand les deux demoiselles se permettaient d'espérer. Et dire qu'à une époque, celle de la taverne, elle n'aurait échangé sa vie contre rien au monde ! Comme les choses avaient changé, depuis ! Plus rien ne ressemblait à rien. Zelma est forte, elle sait apprécier les vies qui s'apprécient pas.

Même si Ponine était convaincue que Zelma espérait autant qu'elle que les choses changent, aspirait autant qu'elle à une vie nouvelle, à une vie meilleure. Mais les illusions s'étaient perdues depuis si longtemps que tous les rêves étaient vains d'avance, même les plus doux et les plus tenaces.






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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Ven 14 Aoû - 13:32

Toutes les grandeurs de ce monde

Louison ♠ Eponine


Le caractère d'Eponine est de ceux qui forcent le respect et l'admiration. J'ai envie de dire que Louison devrait se battre obstinément pour échapper au joug de son père, mais, la vérité, c'est que dans sa situation, je nee me battrai sans doute pas non plus, à sa place. Car elle n'a rien d'autre que sa famille. Moi, j'ai mon frère, la fortune de nos parents, un métier certes ingrat mais qui reste une situation, je peux avoir des convictions et décider de me battre... La situation de Ponine est bien différente et complexe. Et, en l'état, je l'admire. Il en faut, du cran pour aller au bout de toutes les missions que lui confie son père, et de la force de caractère, pour supporter au jour le jour la vie qu'elles ont. Zelma sait apprécier les vies qui ne s'apprécient pas. C'est une jolie façon de dire les choses. Et c'est aussi une chose que j'admire particulièrement chez Azelma Thénardier. En fait, les deux enfants Thénardier sont pour le moins exceptionnels (les trois, même, mais je n'ai jamais deviné le lien de parenté entre Eponine et Gavroche), à se demander comment cela est possible avec des parents comme les leurs, mais elles le sont vraiment.

Et je suis fière de compter dans leur entourage et de pouvoir leur apporter mon soutien quand cela est possible. Comme maintenant, même s'il faut faire des pieds et des mains pour qu'elles acceptent de ma part un acte généreux, comme si elles préféraient le dérober et l'extorquer. Peut-être parce que ça leur donne le sentiment de mériter ce qu'elles gagnent. Je ne sais pas. Je ne compte pas porter de jugement dans tous les cas. On finit tous par manipuler autrui, éventuellement, même si c'est de la manipulation bégnine. Ce doit être dans la nature humaine. Je profite bien, après tout, de ma place de laveuse de vaisselle au café Musain pour espérer me faire une place auprès des amis de l'A B C.

-Vous êtes fortes toutes les deux.
je me contente de constater dans un sourire encourageant, et le compliment est sincère. Transmets-lui mes amitiés. je me permets d'ajouter. J'ai beau être moins proche de la cadette que de l'aînée, je m'intéresse tout de même à son sort, et je serai tout aussi ravie de lui prêter main forte si cela est possible. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous deux, tu sais que ma porte vous est toujours ouverte.

Cette porte est également celle de Jonah, et c'est une décision que je ne peux normalement pas prendre à sa place. Mais mon frère est bien souvent absent, quoi qu'il en soit, et quand bien même il serait là, les Bahorel ont cette conviction commune de croire aux droits du peuple et à l'égalité des hommes. Quand quelqu'un est dans la misère, nous avons le devoir de l'aider. Tant que notre gouvernement ne s'en chargera pas lui-même. Ceci dit, je pense que, comme pour tout le reste, Eponine refusera. Je sais être obstinée, par moments. Mais la jeune femme est pire que moi.

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Message#Sujet: Re: Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. [pv Louison]   Sam 15 Aoû - 20:13


Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.
F

ortes, vraiment ? Le compliment allait droit au coeur d'Eponine, mais elle ne savait pas vraiment si le terme était approprié ou non. Elle ne se considérait pas, pour sa part, particulièrement forte, tout du moins. Elle ne se permettrait jamais d'en dire autant d'Azelma, bien évidemment, à laquelle elle trouvait plus de tempérament qu'elle même n'en possédait, mais en ce qui la concernait... Est-ce qu'être fort, c'était supporter sans broncher les affaires peu honorables des Jondrette, alias Thénardier, ou était-ce, au contraire, se rebeller, quitte à être confronté à une misère plus grande encore, et à souffrir une misère plus grande que celle qu'elle expérimentait déjà, mais en étant libre, au moins ? Souvent, elle enviait Gavroche. Lui, il n'avait pas vraiment eu le choix, mais c'était cette vie-là, qu'il avait. Un né-Thénardier qui pouvait à loisir se promener dans tout Paname. Moins ses parents les voyaient, mieux ils se portaient, et réciproquement, bien sûr. Mais comme Ponine enviait sa situation à son frère, elle jalousait sa débrouillardise. Elle était capable de beaucoup, parce qu'on lui avait tout de même enseigné un sacré cran. Mais ce cran là ne lui suffisait pas à dire "non" à son père et à sa mère, à voler de ses propres ailes, à vivre enfin. Et pas cette semi-vie. Elle avait la force de supporter sa faiblesse, au final, c'était sûrement tout. Autrement, elle faisait montre de toutes les faiblesses qu'un homme peut endurer. Et à la faiblesse du corps et de l'esprit, comme si ça ne suffisait pas, la vie lui infligeait la faiblesse du coeur. Où elle se l'infligeait elle-même, parce qu'elle était tout bonnement incapable de se raisonner, de savoir le beau Marius être son voisin, et de ne pas l'aimer.

-T'en as d'jà fait beaucoup trop.
affirma Eponine quand son interlocutrice remarqua que, si elle ou Zelma avaient besoin de quoi que ce soit.

En plus, elle le savait, Louison était sincère. Elle ne faisait pas mine d'être généreuse, elle l'était vraiment. C'était beau, les mains tendues. C'était si rare ! Louison était vraiment une amie comme on en fait trop peu. Mais c'était le genre de générosité qu'elle ne pouvait pas accepter, comme elle avait aussi refusé celle de Marius, et ce n'était pas faute d'avoir été tentant. Peut-être que cette proposition lui reviendrait à un moment donné, et alors elle y repenserait, mais, en attendant, elle préférait faire sans. Elle avait peu d'honneur mais quand même un peu d'orgueil. Suffisamment pour refuser, encore pour l'instant. C'est possible que, dans l'avenir, on change d'avis, par contre.

-D'ailleurs, j'ai suffisamment abusé, j'vais me rentrer.


Et, pour joindre le geste à la parole, elle se releva. Outre le fait qu'elle pensait effectivement avoir trop abusé de la générosité de la jeune femme, si elle ne se pressait pas de rentrer, elle allait avoir ses géniteurs sur le dos, elle ne se le souhaitait pas plus qu'elle n'infligerait ça à son pire ennemi. Même si elle n'en avait pas vraiment, pour tout dire.






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