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 L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]

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Message#Sujet: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Dim 29 Mar - 10:12


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
U

rsus n'avait jamais couru après le succès. Il avait connu plus d'instants de famine que d'instants d'abondance au cours du vie qu'il considérait comme ayant déjà été trop longue. Il avait appris à faire avec, et à assumer cette situation la tête haute. Il était fier de la moindre de ses cicatrices, et de tout ce qu'il avait enduré sans jamais bronché. Il n'avait jamais rêvé (ou prétextait ne jamais avoir rêvé, plutôt), à tutoyer les puissants. Il n'avait guère besoin de l'assentiment de ceux qui l'avaient foulé aux pieds pour vivre sa vie. Parfois, il n'avait rien eu à se mettre sous la dent pendant plus d'une semaine... Eh bien il fallait se dire que ça vous fortifiait l'estomac. On apprenait de chaque épreuve, mais la récompense n'était pas la résolution. Si l'on s'abaissait au niveau de ceux qui vous avez traîné dans la boue, on était pas mieux qu ces gens-là, et Ursus considérait valoir cent fois mieux que tous ceux qui les regardaient de haut avec des airs d'infini suffisance. Alors même si l'homme qui rit rencontrait un sérieux succès, et qu'Ursus était loin de cracher sur tous les avantages qui leur étaient accordés grâce à cela (l'occasion de manger à leur faim tous les jours, de dormir sur des couches un peu plus confortables t de s'habiller décemment), il clamerait bien, et haut et fort, que le succès n'était jamais qu'un ami fugitif, et qu'il vous échappe aussi vite qu'il vous a tout d'abord saisi. Rien n'empêchait de savourer ces quelques privilèges, il fallait seulement savoir reconnaître qu'ils étaient éphémères et ne pas se laisser gagner par l'orgueil et l'ambition. Ursus ne pouvait nier profiter d'un système, mais il se défendait d'en être un rouage éternel.

Il n'était pas certain que Gwynplaine sache faire une telle distinction. Cette duchesse aux grands airs qui assistait à presque chacune de leurs représentations semblait lui tourner la tête et lui remuer les esprits. Un peu ce n'était pas un mal, trop, c'était son affaire. Ursus présumait que, d'une manière ou d'une autre, il en souffrirait, il lui échapperait un jour... Mais Déa ne le supporterait pas, et toute aveugle était-elle physiquement, elle n'en était pas moins lucide et clairvoyante... C'était pour cette raison qu'il ne l'avait pas invité à se joindre à eux, alors qu'ils arpentaient le marché à la recherche d'accessoires pour leurs prochains spectacles. Il avait l'intention de parler un peu à son fils d'adoption et, qui sait, de le raisonner si cela était véritablement possible. Ils l'avaient donc laissé sur le lieu où ils s'étaient établis, et où devait avoir lieu leur représentation du soir. Il n'aimait pas particulièrement la laisser seule, mais ils ne s'absenteraient pas bien longtemps, quoi qu'il en soit, et Ursus devait avoir une vraie conversation avec Gwynplaine. Un temps, il ne dit rien, alors qu'il passait d'étals en étals, réfléchissant à d'éventuels éléments de décor, marmonnant dans sa barbe. Puis, finalement, et sans contexte particulier, il s'adressa à son fils d'adoption.

-Où étais-tu passé hier soir ?


Ce n'était pas vraiment un interrogatoire, mais la question se posait. Après leur représentation de la veille, le jeune homme avait disparu pendant un long moment avant de reparaître quand lui-même et Déa étaient couchés. Et Ursus devinait pourquoi.











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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Dim 19 Avr - 22:51


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Depuis qu’ils étaient arrivés à Paris, afin de faire leurs représentations à la capitale, Gwynplaine savourait bien plus le succès qu’ils avaient. Cela faisait un moment maintenant que l’homme qui rit cartonnait, qu’ils avaient la possibilité de manger à leur faim. Mais c’était différent à Paris, c’était plus grandiose encore, le jeune homme avait le sentiment de pouvoir toucher le haut de la pyramide qui s’était installée devant lui. Les personnes de la haute société s’intéressaient à lui, comme cette duchesse qui venait presque tous les soirs pour regarder leur spectacle. Les personnes de la cours pouvaient donc très bien finir par vouloir les voir jouer et clairement, Gwynplaine espérait même pouvoir jouer devant la reine. Il appréciait vraiment cette gloire qu’ils avaient, qu’il avait même. Parce qu’il ne fallait pas oublier que le titre du spectacle était bien « l’homme qui rit » et que celui qui riait, c’était lui. Sans son visage, il n’aurait sans doute jamais eu autant de succès. Cela permettait à Gwynplaine de mieux s’accommoder avec sa défiguration. Il était toujours un monstre, mais il parvenait mieux à vivre avec cette idée.

Et cela avait tendance à lui faire prendre un peu trop la grosse tête. Gwynplaine n’était pas le jeune homme avec le plus parfait des caractères, en même temps quand on était plus élevé par Ursus que n’importe qui on ne pouvait que terminer avec un sale caractère, mais il avait toujours respecté le travail de son père d’adoption. Jusqu’à présent, puisque ça l’ennuyait vraiment de faire le marché en sa compagnie pour récupérer des accessoires pour leur future représentation. Mais malgré cela, ça ne l’empêchait pas d’être quand même entre les étales avec Ursus. Son foulard était correctement installé sur son visage, afin de cacher sa balafre aux yeux des personnes qu’ils croisaient. Autant, Gwynplaine parvenait sans mal à montrer sa cicatrice lors des représentations et aux spectateurs, mais il ne pouvait pas le faire encore dans les rues de Paris. Gwynplaine se contentait de suivre en silence son père d’adoption, le laissant gérer les achats, jusqu’à ce que ce dernier lui pose une question.

« Je suis allé me promener, j’avais besoin de prendre l’air. »

Se contenta-t-il de répondre, sans regarder son père et se concentrant sur le tissus d’une étale. Le jeune homme n’avait aucune envie de s’attarder sur ce sujet, parce qu’il n’avait aucune envie de dire à Ursus qu’il avait été voir la duchesse la veille au soir. Techniquement, « l’homme qui rit » n’avait aucune raison de culpabiliser, il était parfaitement dans son droit quand il voyait cette femme étrange. Cependant, il savait bien que ce n’était pas forcément au goût de Déa et d’Ursus. Le jeune homme n’avait aucune envie d’avoir une conversation paternaliste de la part de l’homme qui l’avait recueilli quand il n’était encore qu’un gamin même si ce dernier en avait tout à fait le rôle. Gwynplaine pensait savoir ce qu’il était en train de faire, il pensait sincèrement qu’il contrôlait la situation. Evidemment, il était loin de réaliser que ce n’était pas le cas.


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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Sam 25 Avr - 13:13


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
G

wynplaine était, techniquement et par principe, libre de faire comme bon lui plaisait. Il avait depuis un moment déjà dépassé l'âge de ne reposer que sur l'autorité paternelle qu'incarnait Ursus, et ce dernier le voulait libre de ses décisions et de ses choix. Cependant, il lui fallait bien reconnaître qu'il aurait aimé pouvoir altérer certaines de ces décisions, remettre de l'ordre dans l'esprit de son fils d'adoption pour qu'il prenne conscience de ce qui était le mieux pour lui. Le jeune homme succombait à l'appel d'une sirène qui tenait tout aussi bien de la succube vénale et dangereuse, et qui pourrait bien, à la longue, avoir raison du quotidien de la famille Girardet. Non pas qu'il ne soit pas nécessaire, parfois, de bouleverser certaines de ces habitudes... Mais celle-là pourrait bien tout chambouler, et briser plus d'un coeur dans le processus. Ursus connaissait Gwynplaine, il l'avait élevé, après tout, il savait comme la lumière pouvait exercer sur lui une irrésistible attirance, et quelle arrogance pouvait par moment altérer des qualités pourtant très nombreuses. Ursus le montrait bien moins que Déa, et contrairement à elle, répugnait à agir, mais il avait peur, lui aussi. Peur de perdre un être auquel il s'était profondément attaché, lui qui avait pensé ne jamais s'attacher avant que le jeune homme, alors tout petit, ne vienne frapper à la porte de sa carriole, accompagné de Déa, encore bébé. Ils avaient construit leurs vies ensemble, et même si Ursus était résigné à ne pas empêcher le jeune homme à quitter le nid familial s'il le désirait, mais il n'avait pas envie que cela arrive, ou même, que Gwynplaine se mette en danger, car Ursus lui présageait des déceptions très nombreuses.

À la question qu'Ursus lui posa, son fils d'adoption répondit de façon laconique, et sans véritablement donner de détail. Il avait besoin d'air, soit. Cette phrase était profondément anodine. Et il arrivait à tout le monde d'avoir besoin de s'éloigner un peu, de rester seul avec ses pensées, et de se tenir à l'écart des autres le temps de se ressourcer. Mais s'il en venait à pousser ce désir bien trop loin ? Si un autre air le retenait ailleurs ? Alors il ne voudrait plus respirer le leur... Ce serait douloureux. Pour tous, c'est certain. Mais pour Déa tout particulièrement. Ursus ne pouvait que conseiller son fils adoptif, pas l'empêcher. Au moins ça. Et pour cette raison, il voulait inviter le jeune homme à se montrer plus explicite, et à avouer plus concrètement ce qui était en train de se passer, qu'il reconnaisse qu'il y avait un fondement aux reproches qui lui étaient faits, dernièrement.

-Et tu étais seul ?
demanda-t-il d'un ton qui avait un je ne sais quoi d'inquisiteur.

Il n'avait pas de preuve véritable de ce qui se tramait entre le jeune homme et la duchesse qui venait régulièrement à leurs représentations, mais certains signes ne trompaient pas. Après presque toutes ses venues, le jeune homme disparaissait tout à coup et ne revenait que très tard (comme la veille, somme toute)... et dans son comportement au quotidien, également, il semblait y avoir quelqu chose de changé.








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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Sam 16 Mai - 22:56


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine pensait maîtriser la situation, même s’il se sentait parfois un peu perdu. Mais il ne voyait pas dans quel piège il était en train de tomber, il se contentait de se laisser illuminer par une lumière aveuglante, mais particulièrement séduisante. Le jeune homme se rendait bien compte que la duchesse ne plaisait ni à Déa, ni à Ursus. L’homme l’avait déjà mis en garde sur les risques du succès de la pièce, mais il s’était contenté de l’écouter d’une oreille. Oui, il se croyait assez fort pour contrôler parfaitement sa vie, pour faire les bons choix. Il ne savait que penser par rapport à Déa simplement, qu’il avait toujours considéré comme une sœur jusqu’à peu. Ils ne pouvaient pas, si elle le voyait, elle ne l’aimerait pas comme elle disait l’aimer aujourd’hui. Elle se leurrait sur ses sentiments, parce qu’elle n’avait que leur père d’adoption et lui. Gwynplaine pensait que c’était donc Déa qui ne voyait pas clair, alors qu’en réalité elle était sans doute la plus au fait de la situation. Quand Ursus entama la conversation, le jeune homme savait parfaitement où il voulait en venir. Il voulait savoir s’il avait passé du temps avec la duchesse la veille, ce qui était le cas. Gwynplaine avait donc pris le parti de répondre sans détail à son père d’adoption, se contentant de lui dire qu’il avait eu besoin de prendre l’air.

C’était vrai, ces derniers temps, le jeune homme devait bien avouer qu’il avait de plus en plus souvent besoin de se retrouver seul. Ainsi, il avait le sentiment de mieux réfléchir à sa situation. Il savait bien que quelque chose se passait en lui, mais il ne parvenait pas vraiment à le comprendre. Sauf qu’il n’aimait pas pour autant le jugement qu’il recevait de la part de Déa et d’Ursus, comme si ces derniers avaient forcément un mot à dire sur lui. Il en devenait presque paranoïaque en réalité. Quand Ursus lui demanda plus de détail, en lui demandant s’il était seul, le jeune homme entendit le ton inquisiteur qu’il utilisa. Ce qui eut le don de le braquer un peu et d’encore moins lui donner envie de répondre. Il ne le regardait pas, il n’y parvenait pas, son regard était tourné vers les étale. Il mit un peu de temps avant de reprendre la parole.

« Peut-être bien. » Dit-il dans son foulard, d’un ton sec. Gwynplaine n’avait pas envie de parler de la duchesse et des rendez-vous qu’il avait avec elle après leurs représentations. En grande partie parce qu’il ne les assumait pas en fait. « Pourquoi ? »

Finit-il par demander, d’un ton encore plus sec, en levant son visage vers Ursus. L’homme était un père pour lui, il l’avait considéré comme cela depuis le jour de leur rencontre. L’homme bourru qu’il était, avait accepté de les accueillit dans sa petite roulotte avec ses petits moyens et ils étaient devenus une famille. Dans toutes les familles, il y avait malheureusement des tensions. La duchesse semblait en provoquer une chez les Girardet.


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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mer 20 Mai - 21:14


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
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wynplaine en ne donnant aucun détail, ne mentait pas vraiment à son père d'adoption, mais pour Ursus, la différence avec un mensonge n'était pas bien différente. Dans l'idéal, il aurait tout simplement voulu que le jeune homme n'ait aucun besoin de lui dissimuler la vérité, car la vérité n'avait malheureusement rien d'agréable... Enfin, il fallait accepter les faits, puisqu'ils étaient parfaitement indéniables : il était de nouveau allé voir sa duchesse. Apparemment, il était tout simplement incapable de s'en empêcher, il était attiré par elle comme la phalène par la lumière, et il risquait fort, en Icare de leurs temps modernes, que de s'y brûler les ailes. Ce n'était pas faute de l'avoir averti, pourtant, mais au-delà des avertissements, il ne pouvait rien faire. Si son fils d'adoption décidait de persévérer, il ne pourrait pas intervenir, il laisserait faire. Avec un peu de chance, il apprendrait de ses erreurs... Ou alors, il serait perdu. Déa avait beau lui demander de retenir l'homme qui rit auprès d'eux, Ursus ne pouvait rien garantir... Il ne savait pas, ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait jouer les deus ex machina dans les pièces où ses enfants se produisaient tous les soirs, mais pas dans leurs vies. La vie pouvait avoir des similitudes avec leurs prestations, il n'avait pas pour autant de pouvoir sur cette vie en question. Il espérait seulement qu'Ursus saurait rebrousser chemin au bon moment, et qu'il cesserait de croire l'herbe plus verte ailleurs alors même que leurs existences leur apportaient déjà tout ce qu'un homme peut souhaiter de bienfaits.

-Parce que si tu passais tes soirées à te détourner de ta famille pour t'acoquiner avec les duchesses peu consciencieuses, tu n'omettrais pas de nous en parler, n'est-ce pas ?


Autant appeler un chat un chat, ils n'allaient pas tourner autour du pot trop longtemps non plus. Le jeune homme savait très bien ce qu'était l'objet des griefs d'Ursus, il s'agissait seulement de les expliciter pour que la conversation ne tourne pas court trop rapidement, surtout qu'il savait son fils d'adoption de nature à se braquer très facilement.. Là, au moins, ils allaient évoquer le sujet frontalement, sans détour, sans échappatoire. Ce risquait fort de ne pas être une conversation bien plaisante, mais il fallait sans doute en passer par là. Et tirer ses dernières cartes. Il ne se donnait pas pour objectif de convaincre le jeune homme à tous prix, mais peut-être gagnerait-il au moins entendre son opinion sur la question, ce dont il n'était plus certain. C'était toujours difficile, pour un père, de sentir qu'un enfant ne vous écoute plus comme autrefois. Même si, quelque part, c'était également inévitable.

-Tu sais ce que dit l'adage. Tout ce qui brille n'est pas d'or.


Et s'il y avait peut-être de l'or matériel au bout du chemin qu'empruntait Gwynplaine, il n'en retirerait certainement pas quoi que ce soit qui puisse être envié ou enviable, du moins à un oeil expert, qui avait déjà eu bien des occasions de voir du monde les trahisons et les infamies... Cela, le jeune homme n'était pas encore à même de le comprendre, plus naïf, certainement, qu'il voulait bien le croire.








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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mer 10 Juin - 23:23


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine ne mentait pas, il ne pouvait pas mentir à sa famille. Il ne pouvait pas dire toute la vérité, mais il était quand même incapable de mentir. Il se contentait donc de ne pas dire complètement la vérité et de ne pas rentrer dans les détails. Ursus voulait savoir s’il avait passé une partie de la nuit en compagnie de la duchesse, même s’il n’exprimait pas les choses de cette manière. Il n’entrait pas dans les détails, mais Gwynplaine le comprenait aisément. Comme ce dernier n’entrait pas dans les détails en se doutant que son père adoptif allait le comprendre. Ils tournaient tous les deux autour du pot, même s’ils se comprenaient parfaitement. Gwynplaine avait envie de s’épargner cette conversation, il savait parfaitement ce que l’écrivain allait lui dire. Il allait encore une fois lui reprocher d’avoir passé du temps avec la duchesse, il allait encore lui dire de faire attention. C’était toujours la même chose, comme si Ursus doutait des capacités de son fils adoptif. Ce dernier ne manqua pas d’ailleurs d’arrêter de tourner autour du pot, en quelque sorte. Il se contentait simplement de sous-entendre que le jeune homme n’allait pas omettre de parler à sa famille, quand il passait du temps avec la « sorcière rousse ». Toujours sans regarder l’homme, heureusement qu’ils se trouvaient au marché, Gwynplaine reprit la parole.

« Bien sûr… »

Au fond, il en avait parlé à Déa quand il était rentré et il en parlait maintenant à Ursus indirectement. En quelque sorte, il ne cachait donc pas ce qu’il avait fait la veille au soir et le fait qu’il avait vu la duchesse qui se rendait presque tous les soirs à leur spectacle. Mais Gwynplaine se doutait bien que ce n’était pas vraiment de cela que son père adoptif parlait. D’ailleurs ce dernier ne manqua pas de se relancer dans les adages. Le jeune homme soupira à la remarque de son père adoptif, il n’avait vraiment pas envie d’entamer cette conversation et il se sentait déjà braqué. Cependant, il se doutait aussi que l’homme n’allait pas le laisser tranquille tant qu’ils n’auraient pas discuté alors, il décida de se lancer.

« Tu n’as pas confiance en moi ? » Lui demanda-t-il en se retourna vers lui, sa voix légèrement masqué par le tissu qu’il portait sur sa bouche afin de protéger le monde de son sourire de démon.

Il n’y avait sans doute aucune histoire de confiance dans l’affaire, mais Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’Ursus en manquait cruellement le concernant. Il n’était plus l’enfant qu’il avait trouvé grelottant dans la neige avec la petite Déa dans les bras, il était un homme maintenant. Un homme capable de faire ses choix comme il l’entendait. Gwynplaine n’allait pas se brûler les ailes comme Ursus semblait croire. Non, il avait vraiment envie de croire qu’il avait la situation en main, qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il voyait les choses comme cela, même si sa famille semblait avoir une vision complètement différente de la situation.


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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Dim 14 Juin - 10:38


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
C

e n'était pas nouveau, c'était des traits de caractère qui s'étaient rapidement avérés parmi les plus importants chez lui, Gwynplaine était borné, obstiné, et se laissait rarement entendre raison, même par son père d'adoption. C'était un aspect de sa personnalité que l'homme appréciait, car cela témoignait d'une véritable force de caractère, mais par moments, Ursus apprécierait tout de même que le jeune homme sache de temps à autres prendre exemple sur la douceur et la docilité de Déa. Surtout dans les moments où il était intimement convaincu que le jeune homme suivait une fausse route, poursuivait des démons qu'il pensait pouvoir dompter. Au jeu auquel il jouait, il ne pouvait pas sortir gagnant, et s'il croyait pour l'heure maitriser la situation, Ursus était persuadé qu'il ne s'agirait jamais que d'une illusion. De ces illusions qui ne vous déforment pas seulement les pensées, mais qui vous agitent l'esprit, et sont bien capables de vous abuser jusqu'à vous détruire avant que vous ayez pu réaliser quoi que ce soit... Ursus était d'avis que ses "enfants" devaient suivre leur propre voie, faire leurs propres choix. Il ne serait après tout pas toujours là pour les guider ou pour les soutenir... mais il était plutôt difficile de demeurer en retrait et de se tenir à ses belles résolutions quand il voyait l'un d'entre eux se perdre, et, selon lui, se corrompre. Il était sur la défensive, le moindre conseil qu'Ursus pourrait lui prodiguer serait certainement mal entendu mais qu'importe. La conversation était amorcée, à présent alors autant tenter de faire ce qu'il doutait de savoir faire : le dissuader, lui faire entendre raison. Avait-il confiance en Gwynplaine ? Pour l'heure, à dire vrai, il était bien incapable de répondre à cette question par l'affirmative. Cela n'ôtait rien de son estime et de son affection à l'adresse de l'homme qui rit. Mais c'était à fait. À l'heure actuelle, quand bien même il serait capable d'estimer Gwynplaine sincère, il serait bien incapable d'avoir pleinement confiance en lui, et encore moins dans ses choix, à l'heure actuelle.

-Dans la vie, il faut jamais accorder sa confiance à personne.
répliqua-t-il de son habituel ton ronchon, qui exprimait tout sans répondre à grand chose.

Bien sûr, c'était une manière pour lui de lui faire comprendre les quelques difficultés qu'il avait à garder confiance en celui qu'il avait pourtant recueilli jeune, et à qui il s'était consacré, tout comme à Déa, alors même qu'il pensait mener à jamais son train de vie égoïste (ou semi-égoïste, si l'on veut admettre que son loup lui ait tenu compagnie tout le temps qu'il n'avait pas ses deux "enfants" à ses côtés - loup qu'il délaissait désormais à leur profit).  Mais c'était également une manière de lui laisser entendre qu'il serait certainement temps qu'il accorde à sa duchesse moins de crédit et moins d'estime, car s'il était quelqu'un dans son entourage qui saurait user et abuser de sa confiance, ce serait bien elle. Mais il sentait bien que son propos serait lâché dans les airs, et que le jeune homme n'y accorderait que peu de foi, et à peine d'attention.







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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Ven 3 Juil - 22:34


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine en avait vraiment marre de lire les reproches dans chaque phrase que son père adoptif lui disait, ou dans celles de Déa. C’était comme si les deux membres de sa famille, les deux personnes qui comptaient pour lui (en dehors de la duchesse mais c’était particulier la concernant) s’opposaient à lui. Le jeune homme aurait pu ouvrir les yeux et se rendre, par conséquence, compte qu’il n’était pas sur la bonne voie et qu’il était temps pour lui de se remettre en question, sauf qu’il ne le faisait pas. Au lieu de cela, il se braquait plus qu’autre chose. Quand l’homme qui rit demanda à Ursus s’il avait confiance en lui, il espérait vraiment l’entendre dire qu’il avait confiance. Il avait besoin de se rassurer, de confirmer le fait qu’ils formaient bien une vraie famille. Le genre de famille qui ne pouvait pas permettre une relation fraternel par exemple, celle qui le poussait à rejeter les sentiments qu’il avait pour Déa et surtout à rejeter celle qu’il considérait jusqu’à présent comme une sœur. Il avait le besoin de se sentir en partie soutenu par Ursus. Cependant, son père adoptif ne répondit vraiment pas comme il l’aurait voulu. Au lieu de lui dire qu’il avait confiance en lui, il se contenta de lui affirmer qu’il ne fallait faire confiance à personne. Gwynplaine ne pouvait que comprendre le message caché, le fait qu’il ne devait pas faire confiance à cette duchesse et il ne pensait pas se faire des films. En tout cas, Ursus ne lui faisait donc pas confiance visiblement (il prenait la mouche).

« Ca dépend qui. »
Affirma-t-il, comme s’il avait vraiment une grande expérience de la vie. Gwynplaine étaiat jeune encore, il était loin de connaitre la noirceur du monde et il était sans doute préférable qu’il s’appuie sur les conseils de son père adoptif. Mais pour cela, il aurait fallu que l’homme qui rit soit beaucoup moins borné que ce qu’il était, ce qui était donc mal partie. « Je t’ai fait confiance dès que je t’ai vu la première fois. J’ai su de suite qu’on allait pouvoir compter sur toi. »

Ce jour où Ursus avait ouvert la porte de sa petite roulotte à un enfant défiguré portant un bébé aveugle dans les bras. Ce n’était pas forcément vrai, mais Gwynplaine ne pouvait pas s’empêcher d’avoir envie d’enfoncer un peu le couteau dans la plaie. Si on ne faisait confiance à personne, on ne risquait pas d’avancer. Ursus avait bien dû faire confiance à ses enfants à un moment donné, sinon ils ne seraient pas là. Le jeune homme n’avait pas qu’une mauvaise opinion des autres visiblement, puisqu’il était bien tombé avec Ursus. Peut-être que si les autres Girardet lui faisaient un peu confiance, la situation ne serait pas tendue. Il pourrait aussi mettre un peu d’eau dans son vin de son côté, mais c’était trop lui demander. Plus il allait recevoir les critiques de Déa et d’Ursus, plus il allait avoir envie d’aller dans l’autre sens.


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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mar 7 Juil - 13:11


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
À

voir Gwynplaine faire preuve de tant de fierté et à le voir à ce point borné, Ursus pourrait presque en oublier que son fils n'était pas son fils de sang... Ils avaient beaucoup en commun, en fait. Peut-être parce que l'éducation qu'il avait offerte à l'homme qui rit, et qui montrait ses failles, désormais, l'avait conduit à lui ressembler un peu... mais pas assez pour autant pour que les décisions du jeune homme sachent lui convenir, même s'il n'avait techniquement pas son mot à dire. Il prétendait accepter que Gwynplaine vole de ses propres ailes, il avait expréssement demandé à Déa de ne pas intervenir auprès du jeune homme, et en même temps, il craignait terriblement de voir le jeune homme partir, et cette famille dont il avait prétendu ne pas avoir besoin, mais qui comptait plus que tout et plus que lui-même pour lui, partir en fumée. Ursus, malgré tout, restait campé sur ses positions. Il considérait que la confiance ne devait s'accorder qu'avec le soin le plus extrême, et que l'on pouvait toujours craindre d'être déçu... comme maintenant, malgré toute l'affection qu'il avait pour son fils d'adoption, il n'arrivait pas à le croire complètement, et il craignait, quelque part, d'être trahi. Et bien sûr, la réflexion du jeune homme ne pouvait que lui faire mal au coeur. C'était bas que de revenir sur le jour où il les avait recueilli chez lui, même s'il exagérait sans doute. À combien de portes avait-il frappé avant que de trouver sa roulotte ? Combien de rejets. Et d'ailleurs, Ursus lui-même ne les avait-il pas rejeté, tout d'abord, avant de les accueillir finalement ?

-Eh bien, peut-être que tu devrais pas.
bougonna-t-il, même si cette réflexion lui faisait mal à prononcer. Mais en même temps, non, Ursus n'était pas l'individu le plus fiable qui puisse être, c'était ainsi, c'était un fait. Il n'y avait pas de mal à l'admettre. Il poussa un soupir. Tu es libre, Gwynplaine. De tes choix et de tes actes. De me mentir si tu le souhaites. Je peux te mettre en garde, mais pas te retenir.

Même si, quelque part, c'était tout de même un peu ce qu'il espérait faire, d'autant que Gwynplaine devait bien avoir conscience de cet état de fait. Il ne pourrait pas tout avoir. Le beurre, l'argent du beurre, la crémière... Ça ne fonctionnait pas comme cela. S'il se laissait séduire pour de bon par cette duchesse, s'il se laissait appâter par l'or et la gloire et en oubliait et négligeait sa famille, cette dernière serait sûrement peu prompte à lui pardonner ou du moins à le supporter. Ursus s'était prétendu loup solitaire bien longtemps, le fait est qu'il craignait vraiment de perdre sa meute.

La confiance était un don qu'Ursus se refusait de faire, c'était un fait, et il n'y reviendrait pas, mais l'amour était un don qu'on ne choisissait pas d'accorder, on le faisait, c'est tout... et cela faisait des années qu'il en avait fait cadeau à ses deux enfants, et c'était ça, le vrai problème. Il craignait, pour de bon, de perdre l'objet de cette affection.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Jeu 23 Juil - 12:54


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine se montrait fier et sûr de lui, mais au fond, il ne l’était pas tant que cela. Il en avait assez de recevoir des reproches de sa famille (d’Ursus en particulier, Déa était bien plus subtil que cela), mais il était certain qu’il ne pouvait pas s’empêcher de douter. Cette duchesse le fascinait complètement de par son rang et sa proximité avec la cours. Quand il jouait sur scène et qu’elle était là, son attention était complètement tournée vers elle. Il cherchait même à la provoquer sans savoir réellement pourquoi. Cependant, le jeune homme n’était pas arrivé au point de lui faire confiance. Ce n’était pas pour rien qu’il avait rétorqué à son père de cœur qu’il lui avait fait confiance dès qu’il l’avait vu la première fois, lui affirmant ainsi qu’il savait ce qu’il faisait. Après tout, sans Ursus, lui et Déa seraient sans aucun doute mort de froid. Gwynplaine poussa un soupire étouffé dans son foulard quand Ursus affirma qu’il ne devrait peut-être pas lui faire confiance. L’homme était bougon, aigris même, le jeune homme avait l’habitude de ce genre de remarque. C’était sa façon à lui de faire, il pouvait passer son temps à râler. De nombreuses fois, avec Déa, ils étaient entrés dans des fous rires avec son comportement. S’il n’y avait pas cette tension latente entre eux, il aurait peut-être rit là. Comme s’il pouvait vraiment dire sérieusement qu’il ne devait pas lui faire confiance. Qu’il le veuille ou non, Gwynplaine lui faisait confiance de toute façon.

« On est une famille. » Dit-il après le discourt de son père adoptif. Gwynplaine pouvait se montrer très borné par moment (on se demandait de qui il tenait ça), mais cela n’enlevait en rien à l’affection qu’il avait pour l’homme. Il l’appelait Ursus, mais il aurait très bien pu l’appeler père. Pourquoi il ne le faisait pas d’ailleurs ? Il ne savait même pas. En tout cas, ça ne changeait rien au fait que Gwynplaine le considérait vraiment comme son père (et Déa comme sa sœur… ou presque). « Je fais mes choix, mais on reste toujours une famille. Rien ne changera ça. » Gwynplaine marqua une pause, hésita un instant avant de reprendre. « Tu es mon père, que tu le veuilles ou non. »

S’il n’y avait pas ce foulard sur son visage, Ursus aurait pu voir les lèvres de son fils adoptif s’étirer dans un sourire (un vrai, pas son sourire indélébile ancré sur son visage pour l’éternité). Ce qu’il disait ne changeait pas grand-chose à la situation, Gwynplaine restait complètement envouté par cette duchesse qui venait voir leur spectacle presque tous les jours. Mais le jeune homme mettait simplement un peu d’eau dans son vin, parce qu’il n’aimait pas être en conflit avec Ursus. Même si le conflit venait clairement de lui, il n’aimait pas ça. Comme il n’aimait pas faire de la peine à Déa. Ce qui ne l’empêchait pas de le faire sans le vouloir, simplement parce qu’il était incapable de se détourner de la lumière de cette rouquine enflammée.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Ven 24 Juil - 16:28


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
G

wynplaine, au fond, occultait le sujet. Il se gardait bien de parler en détail de la relation qu'il partageait avec la duchesse d'Aurevilly et des potentielles conséquences que celle-ci pourrait avoir, il se gardait bien de l'informer quant au fait qu'il décide ou non de jouer à ce petit jeu encore longtemps ou quant au fait, au contraire, qu'il comptait s'assagir, mais malgré tout, il su trouver des mots qui ne pouvaient que toucher directement le coeur d'Ursus, quand bien même ce dernier prenait bien soin de prétendre n'en posséder aucun. Le mot "famille" n'avait pas grand sens pour lui avant que son chemin ne croise ceux de Déa et Gwynplaine, et pour cause, il avait rapidement à vivre seul (puis avec Homo, mais un loup n'est pas un membre de sa famille) et avait cru pouvoir s'en contenter. Triste constat que de réaliser à présent que c'était de cette famille qu'il ne pouvait pas se passer, même s'il se gardait toujours d'exprimer cette évidence de la sorte (il n'avait nul besoin de le faire, en vérité, sa manière d'être avec ses "enfants" et l'indiscible savaient parler pour lui. Oui, il aimait Gwynplaine, oui il aimait Déa, oui il aimait leur famille dysfonctionnelle, et c'était bien parce qu'il craignait de la perdre, quoi qu'il affirme, qu'il lui était difficile de voir petit à petit les relations s'étioler, et cette famille tomber en miettes. Alors oui, Gwynplaine avait eu les mots. Quels que soient ses choix, il ne négligerait jamais sa famille. Il l'affirmait et, à cet instant, Ursus voulait le croire, même s'il fallait qu'il reste sur ses gardes. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de se bercer de la moindre illusion. Il ne savait que trop bien quelles pouvaient être les conséquences néfastes de la crédulité aveugle. S'il avait su sourire - mais Ursus ne souriait pas vraiment plus qu'il ne pleurait - il l'aurait sans doute fait, en cet instant. Ah, ces gosses, je vous jure !

-Avec un caractère comme le tien, on peut difficilement en douter.
grommela-t-il.

Ce qui était sa manière de lui dire que oui, bien sûr qu'il voulait que Gwynplaine soit son fils, et qu'il était à la fois fier et toucher que le jeune homme voit en lui son père, qui qu'ait pu être son père autrefois. Et oui, certains détails ne trompaient pas. Certains traits de caractère du "père" avaient très clairement déteints sur le fils... quoi que, d'un autre côté, on pouvait vraiment se demander de qui Déa avait hérité toute cette douceur qui la caractérisait, sans la moindre présence maternelle, et avec un homme aussi bourru et bougon que lui comme référent. Et d'ailleurs, à son sujet.

-Et Déa ?
demanda-t-il alors.

Car oui, si Déa n'était pour Gwynplaine qu'une soeur et réciproquement, la situation serait différente, et l'existence de la duchesse entrainerait bien moins de tensions. Mais Ursus n'était pas dupe, il savait très bien que leur affection mutuelle n'avait rien de celle qui liait ordinairement un frère et sa soeur. Aussi, forcément, le concept de famille était un rien biaisé.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mar 18 Aoû - 1:03


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Ils étaient une famille oui, il n’y avait aucun doute là-dessus. Gwynplaine se rendait bien compte qu’en ce moment, la situation était tendue avec les autres Girardet et il était en grande partie responsable de tout ça. Mais cela n’empêchait pas son cœur de considérer Ursus et Déa comme sa famille. Ils étaient les deux personnes qui comptaient le plus pour lui, même si le jeune homme l’exprimait rarement à son père adoptif. En même temps, il avait de qui tenir aussi. L’homme qui rit savait parfaitement qu’Ursus l’aimait, comme il aimait Déa, et cela depuis le tout début. Mais ce n’était pas pour autant qu’il le disait. Les enfants avaient appris au cours du temps à déchiffrer ses paroles, à comprendre ses sous-entendus et à lire dans son regard ce qu’il pensait réellement. Ils savaient parfaitement qu’Ursus les aimait, comme eux l’aimait en retour. Gwynplaine ne le disait pas clairement, mais il se doutait bien que son paternel allait comprendre. Il était son père, qu’il le veuille ou non, parce que Gwynplaine était son fils et qu’il n’avait aucune envie que cela change un jour. Jamais le jeune homme ne pouvait imaginer sa vie sans Ursus et Déa, c’était impossible. Même s’il rêvait de gloire et qu’il était plus que fasciné par ce que cette duchesse était capable de lui offrir, ça comprenait toujours les deux autres. Derrière son foulard, le sourire naturel de Gwynplaine s’agrandit en entendant les paroles de son père. C’était parfaitement l’exemple de sous-entendu qu’il fallait comprendre, quand on avait la chance de le connaitre. C’était vraiment difficile pour les deux hommes de la famille de communiquer leurs sentiments respectifs.

« Ca c’est clair ! » Ajouta-t-il en posant une main sur le bras de son père adoptif. « On se demande bien de qui je tiens. »

C’était évident que le caractère d’Ursus avait largement déteint sur celui de Gwynplaine. En même temps, le jeune garçon qu’il était avait fini de grandir à ses côtés, il était son model et donc forcément il avait absorbé ce qu’il était. Cela ne dérangeait pas Gwynplaine, loin de là. Il était vraiment fier de l’homme qu’était son père adoptif, même s’il râlait quand même énormément contre lui quand il s’amusait à lui faire la morale. Ou quand il mettait sur le tapis sa relation avec Déa dans cette conversation. Il ne put pas le voir, mais son sourire s’effaça rapidement, en même temps que son teint devenait un peu plus livide.

« Quoi Déa ? » Demanda-t-il la voix légèrement tremblante en détournant son regard. « C’est ma sœur, voilà tout… »

Oui, c’était ce qu’il tentait vraiment de se convaincre. Mais il savait au fond que lui que la situation n’était pas aussi simple. Il aimait Déa, plus que si elle était simplement sa sœur. Mais il ne pouvait vraiment pas se résigner à ce que leur relation prenne un tournant comme ça. Parce qu’elle méritait tellement mieux, parce qu’il n’était pas digne d’elle. Même s’il ne se rendait pas compte à quel point il était en train de la faire souffrir.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Ven 21 Aoû - 22:31


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
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rsus se détendit un peu quand Gwynplaine abonda dans son sens en remarquant qu'il avait de qui tenir, et il n'y avait pas vraiment à se demander de qui. De lui, bien évidemment. Ils avaient beau ne pas être liés par le sang, le jeune homme avait beau eu avoir une enfance avant que leurs chemins ne se croisent, Gwynplaine avait passé le plus clair de sa vie avec Ursus, et Ursus, pour sa part, même si ce n'était pas vrai, avait le sentiment de ne pas avoir vécu grand chose avant Gwynplaine et Dea, comme s'il n'avait commencé à vivre que dès lors que ses deux enfants, tout adoptifs soient-ils, étaient entrés dans sa vie. Une part de lui, derrière sa façade bougonne et asociale, était rassurée de sentir qu'il ne perdait rien de l'affection de son fils, ni même que leur complicité s'émoussait... Oui, il avait beau dire qu'il voulait que le jeune homme vole de ses propres ailes, il craignait fort qu'il ne s'envole et ne leur revienne pas, aveuglé qu'il était par les beaux yeux de la duchesse tentatrice. Cela voulait-il dire que cela n'arriverait pas un jour, rien ne l'indiquait, mais Ursus avait meilleur espoir, à présent. Même s'il ne pourrait que l'avoir à l'oeil. Et même s'il voulait s'assurer qu'il ne se détournerait jamais. Pas seulement pour lui. Perdre Gwynplaine lui serait insupportable, mais était normalement un solitaire. Il avait vécu seul avec Homo le plus clair de sa vie. Il pourrait poursuivre. Mais Dea, elle... Sauf que lorsqu'il abordait le sujet, Gwynplaine jouait à celui qui ne comprenait pas.

-C'est elle qui est aveugle et c'est toi qui ferme les yeux.
grommela-t-il.

Ça va, il ne se leurrait pas, voilà longtemps qu'il savait quels sentiments partageaient Dea et Gwynplaine, des sentiments qui n'avaient rien à voir avec ce qu'un frère devrait éprouver à l'égard de sa soeur, il en jouait, même, dans sa pièce, et ne se privait pas d'utiliser cette situation à son avantage. Mais si Dea ne s'était jamais menti, Gwynplaine s'appliquait à se leurrer, au risque de les rendre malheureux tous les deux. Daignerait-il enfin admettre la vérité ? Pour l'heure, elle l'ignorait.

-Peut-être la considères-tu seulement comme une soeur...
mais il ne le pensait pas le moins du monde. Il n'était pas idiot, pas plus que ne l'était Gwynplaine qui ne pourrait jamais que faire mine de ne rien savoir sans rien en penser. Mais Dea ne voit pas les choses de cette manière, tu dois le savoir.

Elle ne pouvait pas voir grand chose, certes, diraient les médisants. Mais Ursus considérait qu'elle était plus clairvoyante que la plupart des hommes de sa connaissance, y compris son interlocuteur. Elle voyait clair dans ses propres sentiments, et également dans ceux des autres, et elle lisait l'âme humaine comme personne... Peut-être Gwynplaine devrait-il s'inspirer d'elle ? Il ne s'inventerait pas de faux-dilemmes, cesserait de voir dans sa prétendue laideur un obstacle infranchissable... Il accepterait d'être aimé d'un ange. Et assumerait l'aimer aussi.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Lun 21 Sep - 15:08


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine aurait vraiment aimé que son père d’adoption n’aborde pas ce sujet en particulier, mais il se doutait de la raison de cette conversation. Après l’avoir mis en garde concernant la duchesse aux cheveux de flammes, il le poussait à parler de Déa. Déa, sa sœur… celle qu’il aimait. Il ne pouvait pas se le cacher à lui-même, bien sûr qu’il aimait Déa et pas d’un amour qu’un frère était capable de porter à sa sœur. Il l’aimait de tout son être, son âme, mais aussi son corps. Et Gwynplaine savait parfaitement qu’Ursus en avait conscience, en même temps ils passaient tout leur temps ensemble. Ursus avait eu l’occasion de voir l’évolution de la relation de ses deux enfants adoptifs, passant de frère à sœur à plus que cela. Mais le jeune homme n’avait pas l’intention que les choses aillent plus loin. Du moins, il faisait son possible pour ne pas se laisser aller à la tentation. Non pas qu’il n’avait pas envie de pouvoir simplement aimer Déa comme il l’aimait, mais ils ne pouvaient pas. Ils étaient frère et sœur aux yeux de tous, même s’ils avaient été adoptés, ils portaient le même nom. Et surtout, si elle pouvait le voir, il était évident que la jeune femme ne voudrait plus de lui. Il était un monstre avec le sourire du diable sur le visage, alors qu’elle était un ange parfaite. Ursus n’avait pas tort quand il affirma que Gwynplaine fermait les yeux, mais il le faisait volontairement et il avait parfaitement conscience de la situation.

« Je le sais… »

Dit-il dans on souffle sous son foulard, quand Ursus lui apprenait que Déa ne voyait pas les choses comme lui (même si en fait, le jeune homme avait vraiment dû mal à la considérer comme simplement sa sœur). Il avait parfaitement conscience des sentiments qu’elle avait pour lui et qu’il partageait. Cela serait sans doute bien plus simple si le comédien arrêtait de se poser des questions et qu’il se contentait simplement d’écouter son cœur. Mais il n’y parvenait pas. Cela n’aidait clairement pas cette histoire avec la duchesse, mais même sans elle, il n’aurait pas rendu la situation plus facile pour autant. Parce qu’elle ne jouait en rien dans le fait qu’il ne parvenait pas à simplement laisser son cœur parler concernant Déa. Gwynplaine poussa un soupire, levant son regard vers celui de son père adoptif.

« Mais on ne peut pas. »

Ils ne pouvaient pas, ou il ne pouvait pas, c’était sans doute là la grande différence. C’était évidemment le jeune homme qui freinait complètement la situation, s’il se laissait aller la situation se débloquerait. Mais il ne pouvait vraiment pas. Il était un monstre, elle était un ange. Et ce n’était pas parce qu’elle était aveugle qu’il devait la laisser croire qu’il y avait quelque chose de bien chez lui. C’était sans doute idiot de sa part d’agir de la sorte, mais le jeune homme n’y pouvait rien. Au fond, il craignait vraiment de la perdre.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mer 23 Sep - 18:33


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
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rsus savait pertinemment que Gwynplaine était au fait des sentiments que sa "soeur" (qui était l'enfant qui avait grandi avec lui et pas sa soeur de sang, raison pour laquelle Ursus n'avait jamais songé à éviter la naissance de ces sentiments qui pourraient bien être proches aujourd'hui de s'épanouir) avait pour lui. Il fallait être aveugle pour ne pas le voir (et Dea était la preuve vivante qu'être aveugle ne signifiait pas ne pas être lucide), elle n'en cachait rien, pour cause, elle ne demandait qu'à ce que le jeune homme se déclare à elle, mais à chaque pas en avant qui pouvait être fait, nombre d'autres, en arrière, succédaient, si bien que tout cela n'allait nul part. Ursus déplorait cette situation, qui engendrait au passage des tensions inutiles. Car il ne suffirait que d'un aveu et d'une approbation pour faire le bonheur de tous les Girardet. Ursus ne pourrait être le lien entre les membres de cette famille dysfonctionnelle pour toujours, il n'était pas éternel, et ce jour là, il n'espérait qu'une chose, une seule, pour ses deux "enfants" : leur bonheur, et il passerait aisément par l'amour de ces deux-là, et la famille qu'ils pourraient eux-même construire. Ils étaient forts s'ils étaient ensemble, ils étaient complémentaires, aussi bien physiquement que mentalement. Mais il pourrait bien leur marteler cet état de fait encore et encore, ce n'était pas pour autant que le jeune homme l'entendrait. Tous les deux étaient aussi bornés l'un que l'autre. Sauf qu'Ursus considérait être borné sur des idées qui méritaient bien d'être entendues. Quand Gwynplaine s'enferrait dans des convictions qui n'avaient aucune raison d'être, se laissant entraver par des interdits qu'il était seul à s'imposer.

-Vous ne pouvez pas, vous ne pouvez pas...
répondit-il d'un ton loin d'être convaincu tout en bougonnant, comme il avait pour habitude de le faire (ne pas l'entendre bougonner, c'est certain, tiendrait du plus parfait miracle). Donne-moi une seule bonne raison. Qui donc te l'interdit ?

En tous cas pas lui. Il aurait peut-être été permis les mieux placés pour empêcher ses deux enfants, qu'il avait aimés et élevés comme tels, de s'unir d'une façon qui aurait été désapprouvée pas tant par la société, qui ne tenait compte que des liens du sang, que par une religion qu'il n'avait vraiment jamais adoptée. Non pas qu'il ne croit pas en Dieu, mais il était également philosophe. Philosophie et religion n'étaient pas toujours ce qu'il y a de plus compatible. Non, il n'interdisait rien, et il ne pensait pas davantage que Dieu interdise à l'amour d'exister, quand il était pur comme pouvait l'être celui de Gwynplaine et de Dea ? Le Dieu dans lequel Ursus acceptait de croire était amour et le prônait, loin de mener aux flammes de l'enfer quiconque accepter ce don divin, et donc, de son fait et de sa main.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mar 20 Oct - 18:22


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Evidemment, Gwynplaine était loin d’ignorer les sentiments que celle qu’il appelait « sœur » avait pour lui. Tout comme il n’ignorait pas ceux qu’il avait pour elle, même si ces derniers ne l’arrangeaient pas du tout. Mais ils ne pouvaient pas, il le disait et le répèterait, ils ne pouvaient pas. Quand Ursus répéta ses paroles en bougonnant comme à son habitude, le jeune homme savait parfaitement que son père d’adoption n’était pas convaincu. A force des années, il avait quand même appris à connaitre Ursus Girardet et il savait parfaitement comment il était. Il ne le croyait pas, il n’était pas convaincu et l’homme ne manqua pas de le relancer sur ce point. Il lui demandait une seule raison qui le poussait à ne pas « pouvoir », quelqu’un qui les interdisait. S’il y avait eu un lien de sang entre eux deux, évidemment qu’ils n’auraient pas pu à cause de la morale. Mais ce n’était pas le cas, ils avaient été élevés ensemble, mais il n’y avait vraiment aucun lien de sang entre eux. Ils étaient simplement deux enfants perdus qui avaient grandi ensemble, avec le même homme pour figure paternelle. Techniquement, il n’y avait donc aucune raison qu’ils ne puissent pas, Gwynplaine en avait parfaitement conscience. Il savait que c’était juste lui qui retardait les choses, qui empêchait la situation d’aller plus loin. Il n’avait qu’à se laisser aller et les choses iraient sans doute bien mieux, c’était celui qui avait les cartes en main. Déa attendait simplement un signe de sa part, un pas qu’il n’avait qu’à faire entre eux deux. Mais il ne le faisait pas et il n’avait pas l’intention de le faire encore, quoi que son père d’adoption puisse en dire.

« Elle mérite beaucoup mieux. »

Se contenta-t-il de dire, ce qu’il trouvait qui résumait bien la situation. Il l’avait déjà dit, il l’avait même déjà exprimé à Déa, elle méritait bien mieux que lui et surtout, elle ne se rendait pas compte du monstre qu’il était. Elle ne faisait que sentir sa cicatrice de ses doigts quand elle lui touchait le visage, mais elle n’avait aucune idée de ce à quoi elle ressemblait vraiment. Alors qu’elle était un ange, physiquement et mentalement, elle ne pouvait pas se contenter d’une personne comme lui. Ce n’était pas possible, même s’il savait qu’il était le seul à le penser au final.

« C’est moi qui me l’interdit… »

Gwynplaine n’avait pas vraiment de raison de se montrer de mauvaise foi. C’était bien lui et lui seul qui s’interdisait ce rapprochement, il en avait parfaitement conscience. Et il avait le sentiment d’être raisonnable en se l’interdisant, qu’il ne pouvait simplement pas se laisser aller. C’était la seule chose qu’il avait vraiment en main, qu’il semblait contrôler. Ce qui n’était pas du tout le cas de cette curiosité malsaine qu’il pouvait avoir sur la duchesse qui venait voir leur spectacle, sentiment qu’il ne comprenait pas du tout et qu’il ne parvenait pas à gérer. Au moins, il pensait avoir une chose en main.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Jeu 22 Oct - 14:47


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
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rsus poussa un soupir las. Décidément, Gwynplaine était une telle tête de mûle que lui laisser entendre quoi que ce soit était de l'ordre de l'impossible. Ils avaient vraiment ceci de commun dans leur caractère, mais pour le coup, Ursus aurait préféré que Gwynplaine ne prenne pas à ce point exemple sur lui. Heureusement qu'il y avait Dea, tout de même, pour compenser le comportement de ces deux individus, bornés en diable. Au fond, Ursus comprenait ce que pensait Gwynplaine, il serait faire preuve de mauvaise foi que de dire le contraire. Il savait que son fils ne s'imaginait pas digne d'un amour aussi pur que celui que lui adressait Déa. Son soucis n'était pas tant son amour à lui pour sa fille, son soucis, c'était plutôt lui-même, l'image qu'il avait de lui-même, et l'image que l'on envoyait de lui.

-Tu as raison, elle mérite mieux que toi.
répondit-il de ce ton peu amène qui lui était caractéristique.

Bien sûr, c'était loin d'être une réponse sympathique, mais au fond... Il devait reconnaître considérer que Dea, dans ce qu'elle avait de pur et de parfait méritait certainement un prince, un roi, un homme à la situation digne, qui puisse la préserver de tous les maux de la terre et la couvrir de tous les trésors du monde. oui, c'était ce qu'elle méritait, effectivement. Tout ce qu'elle méritait. Dea était un ange, et rien ne semblait pouvoir altérer sa douceur et sa gentillesse. Mais ce n'était pas parce que l'on mérite quelque chose que l'on a envie de cette chose. Gwynplaine était un chanceux, un véritable chanceux, il était aimé d'une femme parfaite, tout imparfait qu'il était, il devrait savourer cette chance, rien d'autre.

-Mais avant tout, elle mérite d'être heureuse, tu ne crois pas ?
Elle le méritait, oui, c'est évident. Et c'est toi qui la rend heureuse.

Il disait ça, il disait rien. Mais en même temps, il n'y avait pas besoin d'être extralucide pour réaliser que c'était la pure et simple vérité. Elle ne cachait pas vraiment son attachement à Gwynplaine, et son sourire n'était jamais aussi rayonnant que lorsqu'il était dans les parages. Refuser obstinément les sentiments de Dea, c'était la rendre malheureuse en même temps. Dea ne voulait pas de tous les princes du monde, de tous les partis dont elle pouvait bien être digne, Ursus était certain qu'elle leur tournerait le dos si certains avaient l'audace de lui faire la cour. La dernière chose que l'homme voulait, dans tous les cas, c'était lire de la tristesse sur un visage qu'il préférait voir radieux, et il craignait fort que ce soit là ce à quoi Gwynplaine destinait Dea. Il sentait bien qu'il y avait peu de chances, de toute façon pour que son interlocuteur tienne vraiment compte de ce qu'il lui disait. Le jeune homme s'était fixé des principes, des barrières à ne pas franchir. Et il n'en démordrait sans doute pas, c'est du moins ce qu'Ursus craignait.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mar 10 Nov - 10:41


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine avait raison, il le savait parfaitement. Cependant, entendre Ursus affirmer haut et fort qu’il avait raison et que Déa méritait bien mieux que lui n’était vraiment pas la même chose que de l’affirmer lui-même. C’était plus douloureux à entendre, beaucoup moins agréable. Et parce que le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un esprit de contradiction, il aurait largement préféré que son père d’adoption lui affirme le contraire (comme le faisait Déa à chaque fois qu’ils discutaient un peu de tout ça). Mais Gwynplaine savait parfaitement qu’Ursus était sincère, qu’il ne disait pas ces mots comme ça. Ce n’était pas son genre de toute façon, il était vraiment du genre à dire ce qu’il avait à dire même quand ce n’était pas agréable pour les autres de l’entendre. Surtout avec ses enfants, il ne mâchait pas ses mots. Gwynplaine savait donc qu’il pensait vraiment ce qu’il disait, tout comme lui. Ils étaient d’accord sur ce point en tout cas, Déa méritait bien mieux que l’homme qui rit. Il n’avait rien à voir avec elle, il était un monstre à ses côtés. Déa était un ange, elle méritait le meilleur. Gwynplaine ne répondit rien à la remarque de son « père », il n’y avait rien à ajouter à ses yeux. Ils étaient d’accord sur ce point et donc le jeune homme pensait qu’Ursus n’allait pas en rajouter une couche, mais ce fut ce qu’il fit cependant.

Encore une fois, le jeune homme ne pouvait pas mettre en doute la sincérité de son père. Il avait raison quand il affirmait que Déa méritait d’être heureuse, Gwynplaine était bien le dernier à dire le contraire. Elle méritait ce qu’il y avait de meilleur en ce monde, mais surtout le bonheur de vivre. Sauf qu’ils en revenaient toujours à la même chose, c’était lui qui la rendait heureuse. Sur ce point, ils n’étaient plus vraiment d’accord. Gwynplaine ne pouvait pas se résigner à penser cela, il ne s’en sentait pas capable. Parce que cela signifierait qu’il pouvait simplement écouter ce qu’il ressentait et qu’il ne voulait pas le faire. Déa pouvait aisément être heureuse, même sans lui. C’était ce qu’il avait envie de croire.

« Pas si elle me voyait. »

C’était bel et bien le souci au final. Gwynplaine était un monstre, à ses yeux et aux yeux des autres. Même s’il s’était largement remis de son enfance, qu’il était heureux avec sa nouvelle famille, il ne pouvait pas changer de regard sur son visage et encore moins maintenant qu’il était un jeune homme et que Déa était devenue si belle. Il pouvait bien s’amuser de sa cicatrice quand il était sur scène, il ne parvenait pas à en faire abstraction autrement. Déa savait ce qu’il y avait sur son visage (elle le touchait suffisamment souvent pour ça), mais elle ne se rendait pas compte de ce que cela donnait. Si elle le voyait, il savait (du moins il pensait) qu’elle n’aurait qu’une envie… fuir.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Mer 11 Nov - 13:12


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
O

n en revenait toujours à la même chose. Parler à Gwynplaine était comme s'adresser à un mur. Ursus avait beau lui adresser tous les arguments les plus valables, le résultat était immanquablement le même, il restait campé sur ses positions et ne voulait rien entendre. Le père, tout adoptif soit-il, pouvait-il le reprocher à son fils ? Pas vraiment non. Parce que ce serait reprocher à Gwynplaine un trait de caractère qu'il ne possédait que trop lui-même. Il savait pertinemment ce que cela était que d'avoir une vision très tranchée des choses, et de rester campé sur ses positions quels que puissent être les arguments contraire à cette pensée étroite. C'était un fait, Ursus avait rapidement acquis des certitudes sur la vie et sur le monde sur lesquelles il ne pensait pas changer d'avis un jour, quoi que l'irruption soudaine mais providentielle de Gwynplaine et Dea dans sa vie ait tout de même, quelque part, bouleversé un rien l'ordre des choses, pour ne pas dire que cela l'avait bouleversé beaucoup. Lui qui avait souvent dit (et osait encore répéter) que l'on ne doit compter dans la vie que sur soi-même, tenait tout de même bien trop à ses deux enfants pour être crédible dans le rôle de l'insensible et de l'égoïste qu'il se prétendait pourtant être. Et c'est bien parce qu'il était concerné par le sort de ces deux-là, qui lui donnaient décidément du fil à retordre, qu'il prononçait les mots qu'il prononçait, et agissait ainsi qu'il le faisait. Pour faire réagir la fille comme le fils. Malheureusement, ni l'un ni l'autre ne semblaient prompts à véritablement comprendre ce qu'il essayait en vain de leur faire comprendre. Gwynplaine le prouvait une fois encore, convaincu qu'il était que sa "soeur" ne s'intéresserait pas à lui si elle voyait la cicatrice qui lui barrait le visage. Eh quoi ? Ursus voyait bien l'horreur marquée sur son visage, ce n'était pas pour autant qu'il s'était détourné de lui à l'époque, ce n'était pas pour autant qu'il l'aimait moins. Au contraire, il l'aimait plus.

-Penses-tu vraiment Dea à ce point superficielle ?
grommela-t-il. Tu aurais le corps entier couvert de pustules purulentes qu'elle serait capable de t'aimer quand même et de te trouver beau. Elle sait qui tu es vraiment, c'est ça qu'elle aime. affirma-t-il alors.

Bon, ce n'était sans doute pas à lui de parler au nom de sa fille, mais manifestement, s'il ne prenait pas les choses en main, il n'était pas sorti de l'auberge, alors si son discours pouvait servir à quoi que ce soit... (même si, au fond, il était convaincu qu'il parlait dans le vent, Gwynplaine ne changerait pas d'avis, ou s'il le faisait, ce ne serait pas de suite... mais s'il pouvait y avoir ne serait-ce qu'une prise de conscience de sa part, s'il pouvait au moins réfléchir aux mots prononcés, ce serait dors et déjà ça de pris). Au moins lui avait-il épargné son habituel topo sur la beauté intérieure, quand bien même c'était bel et bien ainsi que la chose devait se comprendre, car Dea ne se fiait pas aux critères esthétique du commun des mortels, elle connaissait la beauté de l'âme, elle pouvait la sonder et l'apprécier. Et Gwynplaine avait la chance d'être la cible d'une attention aussi pure.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Ven 4 Déc - 11:58


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine se rendait bien compte qu’il était borné, mais il savait aussi qu’il ne tenait pas cela de n’importe qui. Son caractère s’était forgé au fil des ans, depuis qu’il vivait avec Ursus et Déa. Il ne se souvenait plus vraiment de l’enfant qu’il était avant leur rencontre, quand il était encore entre les mains des Comprachicos (et encore moins avec ses parents dont il ignorait évidemment tout). Ce qu’il savait maintenant, c’était qu’il avait un caractère borné et qu’il avait peu de chance de changer. Il n’y pouvait rien, le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire que Déa méritait tellement mieux que lui. Il n’était qu’un monstre, elle était un ange. Ursus pouvait dire ce qu’il voulait, Gwynplaine n’avait pas l’intention de changer d’avis. Surtout qu’il se doutait parfaitement de ce qu’il allait lui répondre. Le jeune homme était persuadé que sa sœur de cœur ne pouvait pas accepter son visage si elle avait la possibilité de poser vraiment les yeux dessus (évidemment, c’était quelque chose d’impossible alors en réalité, il devrait n’en avoir rien à faire, mais bon c’était Gwynplaine). Il s’attendait donc au discourt sur la beauté intérieur. Ce ne fut pas exactement ce que son père d’adoption lui dit, mais ça y ressembla fortement.

Gwynplaine fut incapable de s’empêcher de faire une grimace avec l’image qu’Ursus lui lança. Déjà que le jeune homme avait quand même beaucoup de mal à accepter son visage (de plus en plus dernièrement bizarrement), il se voyait mal capable à s’accepter avec des pustules sur tout le corps. Enfin, il comprenait bien l’idée qu’Ursus essayait de lui donner, même s’il savait parfaitement qu’il allait lui parler de cela. Déa ne l’aimait pas de par son physique, elle aimait l’homme qui était à l’intérieur. Mais ça ne changeait rien à ce qu’il pensait vraiment. En même temps, rien ne pouvait changer ce qu’il pensait. Il était incapable de remettre en question ses certitudes, même en sachant parfaitement qu’il l’a faisait souffrir (il ne pouvait quand même pas l’ignorer). Gwynplaine se contenta dans un premier temps de pousser un soupir, se doutant qu’il n’allait pas pouvoir faire changer le point de vu d’Ursus. Peut-être qu’il devrait se remettre en question, mais c’était bien plus facile à dire qu’à faire.

« Je n’ai rien à lui offrir… »
Le jeune homme savait parfaitement qu’il tournait en boucle. Il n’avait plus vraiment d’argument, mais il ne pouvait de toute façon pas considérer la situation plus simplement. Cela serait sans doute mieux pour tout le monde s’il arrêtait de se trouver des excuses, mais il n’y pouvait rien. « De toute façon ça te regarde pas. »

Dit-il sur un ton bien plus bourru, le même qu’Ursus avait l’habitude d’utiliser. Il se doutait que l’homme n’allait pas apprécier ces paroles, mais c’était une façon comme une autre qu’il avait de mettre fin à cette conversation. Ca l’agaçait d’entendre Ursus essayer de le convaincre, en grande partie parce qu’il ne pouvait pas nier savoir qu’il avait en partie raison.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Sam 5 Déc - 9:36


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
D

éa était peut-être aveugle, oui, mais elle faisait au moins de cette faiblesse une force, ce dialogue apprenait à Ursus que celui qu'il considérait comme son fils était sourd pour sa part, incapable d'entendre ce qu'il essayait en vain de lui faire comprendre, pas tant de gaieté de coeur que parce qu'il tentait d'oeuvrer au bonheur des seuls qui comptaient à ses yeux, Gwynplaine ne tirait aucun parti de cette surdité, au contraire, elle ne révélait que plus encore ce caractère borné qui plaisait souvent à Ursus (parce qu'ils avaient le même), mais qui, là, l'exaspérait. Il voyait bien qu'il était inutile d'insister. Le jeune homme poursuivrait de ne rien vouloir entendre. Il avait décidé, manifestement, de considérer n'avoir pas le droit d'être heureux, ni de rendre Dea heureuse. Que pourrait-il dire de plus ? Tout ce qu'il pensait, il l'avait partagé. Il espérait bien que cela ferait au moins un peu réfléchir l'homme qui rit, même s'il n'avait que peu d'espoirs à ce sujet. Il allait lui falloir un choc plus violent que celui-là pour avoir pleinement conscience d'une situation qui pourrait être très simple, s'il ne faisait pas tout son possible pour uniquement la compliquer. Gwynplaine avait beaucoup à offrir à Dea, contrairement à ses propres dires, ne serait-ce qu'un bonheur qu'il ne la voyait plus éprouver depuis que la superbe duchesse aux promesses racoleuses avait fait irruption dans leurs existences. Oh, comme ces existences se seraient bien passées de tous ces conflits et de tous ces dilemmes. Ses deux enfants ne méritaient que le bonheur, si ce dernier passait pour eux par le fait d'être ensemble, pourquoi s'en privaient-ils donc ? Ça n'avait pas de sens...

Mais, comme Gwynplaine l'avait décrété si sèchement, ça ne le regardait pas. Après tout, il répétait bien assez qu'ils ne lui devaient rien et qu'ils étaient maîtres de leurs vies... Sauf que, entre ce que disait le dramaturge amateur et ce qu'il ressentait vraiment, il y avait un océan. Il aimait bien trop profondément ses deux enfants pour pouvoir réellement prétendre que leur sort l'indifférait, quoi qu'il veuille bien afficher. Les mots prononcés par Gwynplaine étaient blessants, vraiment, et il le savait sans doute, comme si Gwynplaine n'accordait de valeur ni à ses paroles, ni à ses décisions. Bien sûr, le jeune homme prononcer ces mots sans forcément les penser, juste pour qu'il laisse tomber, sûrement. Et c'était effectivement efficace. Il comptait bien ne plus intervenir, même si c'était à contrecoeur. Même si ça faisait vraiment mal...

-Tu as raison.
répliqua-t-il d'un ton sombre. Ça ne me regarde pas. Ne t'oblige pas à m'accompagner, ajouta-t-il ensuite, alors qu'il ne se sentait définitivement plus d'humeur à apprécier la compagnie de Gwynplaine. Tu peux rentrer, si tu veux. Ou faire ce que tu veux, comme tu le dis, ça ne me regarde pas.

Bien sûr, au fond, ce qu'Ursus voulait surtout, c'est que le jeune homme reste auprès de lui et s'excuse, mais il n'avait pas grand espoir à ce sujet. Les deux hommes avaient en commun un orgueil démesuré, qui se vérifiait une fois encore à cet instant.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Sam 16 Jan - 17:04


Ursus & Gwynplaine
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule
Gwynplaine savait bien qu’il ne devrait sans doute pas réagir de cette manière, mais il n’y pouvait rien. Il était un peu trop borné, clairement comme son père. Il ne parvenait pas à se remettre en question, malgré que ça soit sans doute le bon moment pour le faire. C’était bien trop difficile pour lui de se dire qu’il avait quelque chose à offrir à sa sœur adoptive, elle méritait tellement mieux à ses yeux. Il entendait ce qu’on lui disait, les propos de Déa mais également ceux d’Ursus. Il les entendait, mais ce n’était pas pour autant qu’il les acceptait ou même les comprenait. Son père d’adoption avait toujours affirmé depuis le début qu’ils étaient libres de leurs choix, qu’ils étaient maîtres de leurs vies, alors il n’avait aucune raison de s’en occuper. Gwynplaine était dur dans ses paroles, mais il ne pensait cependant pas vraiment ce qu’il disait. Sur le coup oui, sans doute un peu, mais il ne pouvait pas désirer que son père adoptif ne se préoccupe plus de sa vie. Sans Ursus, il serait mort dans le froid de l’hiver, puisque l’homme était le seul à avoir tendu sa main à cet enfant accompagné de ce bébé. Ils formaient une famille depuis ce jour, Gwynplaine avait à cœur d’avoir encore l’avis de son père. Sauf qu’en cet instant, il avait simplement décidé de se montrer bourru. Ce qui se passait avec Déa était un sujet sensible et il en avait assez d’en parler constamment. Et le fait que le jeune homme se retrouvait clairement en cours d’argument (puisqu’il n’y avait aucun vrai argument qui justifiait vraiment ses actes), ne pouvait que le pousser à réagir aussi violement qu’en cet instant.

Quand Ursus reprit la parole, en affirmant que son fils adoptif avait raison, Gwynplaine se rendait bien compte qu’il avait été un peu trop loin. Sauf qu’il était trop borné pour revenir complètement sur ses propos, surtout avec cette façon dont il lui répondit. Il lui affirma qu’il pouvait faire ce qu’il voulait, parce que ça ne le regardait pas. Pendant quelques secondes, Gwynplaine se contenta de regarder son père adoptif, réfléchissant à ce qu’il allait faire. Parce qu’il avait clairement le choix. Il pouvait rester près d’Ursus et s’excuser – puisqu’il avait quand même conscience qu’il était allé trop loin – ou alors prendre la décision de partir et de rentrer (ou autre, il ne savait pas encore) comme l’homme le lui affirmait. Mais pour s’excuser, il faudrait que le jeune homme parvienne à mettre un peu son orgueil démesuré de côté, ce qui n’était vraiment pas une tâche facile.

« Bien. »
Dit-il finalement, marquant une courte pause avant de reprendre. « Je rentre alors. »

Dit-il d’un ton grave, avant de se retourner pour partir sans ajouter quoi que ce soit et sans laisser à Ursus la possibilité de le faire non plus. Ce n’était vraiment pas facile pour les deux hommes d’avoir une conversation calme pendant plus de quelques minutes. Les tensions dans la famille se faisaient vraiment ressentir.

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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   Jeu 21 Jan - 17:17


L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître
L'

orgueil était de famille. Le même sang avait beau ne pas couler dans les vaines de Gwynplaine et Ursus, le premier paraissait en avoir tout de même hérité du dernier. Et dans une situation telle que celle-ci, la conversation ne pouvait jamais qu'être stérile. Et surtout dans l'ambiance actuelle, alors que les tensions au sein de la famille Girardet allaient augmentant, malheureusement. Ursus pouvait ne pas en donner l'air, mais il avait à coeur de rétablir la situation. Mais malheureusement, le dramaturge ne savait pas s'y prendre. Il avait beau s'être décrété père d'adoption de Dea et Gwynplaine depuis longtemps déjà, ce n'était pas pour autant qu'il savait mieux s'y prendre dès qu'il était question des relations humaines. Il voulait agir au mieux, retrouver l'harmonie certes fragile, mais bel et bien là qui les unissait quand ils n'étaient jamais que trois, n'ayant besoin de rien ni de personne, et certainement pas des sirènes séduisantes certes, mais violemment dangereuses de la richesse, quand ils parcouraient les champs et allaient de ville en ville avec leur roulotte, pour présenter l'homme qui rit et ses aventures à qui voulait bien le connaître. Tout avait changé, à présent, Gwynplaine aussi avait changé. Et Ursus n'était pas certain d'apprécier ce qu'il le voyait être en train de devenir, loin de là. Gwynplaine était un jeune homme exceptionnel, Ursus le pensait sincèrement, mais dans des moments tels que celui-là, Ursus avait tout simplement envie de baisser les bras, de le laisser seul avec ses démons, et de repartir avec Dea. C'était peut-être ce qui finirait fatalement par arriver d'ailleurs, car si Ursus ne se montrait pas particulièrement patient, il faut bien le dire, Gwynplaine ne lui facilitait absolument pas la tâche, loin s'en faut. Et au lieu de parvenir à la réconciliation, la brèche entre eux n'avait l'air que d'augmenter. Au bout d'un moment, le fossé deviendrait si large et si profond qu'ils ne parviendraient plus du tout à se rejoindre. Ursus craignait vraiment que ce jour arrive bel et bien... et beaucoup plus tôt que prévu. Ursus aurait pu s'essayer à une nouvelle tentative, mais ça ne servait à rien. S'exposer à un mur, au bout d'un moment, ce devenait particulièrement usant. Il le laissa donc s'en aller, le coeur lourd, mais décidé à ne pas le retenir.

-Bon vent.
grommela-t-il entre ses dents sans absolument rien en penser pour autant.

Il ne regarda pas Gwynplaine s'en aller, il retourna à ses affaires et à ses emplettes, cherchant ce qui pourrait lui être le plus utile parmi les étals, tentant d'ignorer ce mélange de rage et de déception qui le prenait à la gorge et lui faisait le plus grand mal. C'était plus simple de rester indifférent au sort des autres. Ursus y avait si bien réussi avant que de croiser la route de ses deux enfants.






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Message#Sujet: Re: L'artifice envahit le monde à mesure que l'homme s'en rend maître [pv Gwynplaine :3]   

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