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 Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)

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Message#Sujet: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Sam 28 Mar - 13:09


Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
Elle avait été là, pendant la prestation qu’ils avaient donnés devant leur publique. La duchesse, elle avait été là et les avait observés pendant toute leur représentation. Gwynplaine avait eu du mal à détourner son regard d’elle, à se concentrer pleinement sur le jeu qu’il devait faire avec Déa. Il ne savait pas pourquoi elle l’intriguait à ce point. En tout cas, son esprit était quand même complètement tourné vers la duchesse. Et après cette représentation, Gwynplaine s’était éloigné de sa « famille » et avait passé un peu de temps en compagnie de cette duchesse. Cette rencontre l’avait de nouveau encore plus perturbée, parce que cette femme était plus que perturbante. Mais le jeune homme avait finalement mis court à cette discussion pour retrouver la roulotte où il vivait avec son père d’adoption et sa « sœur de cœur ». La nuit était tombée, Ursus et Déa devaient être couchés et en train de dormir. La petite famille avait l’habitude de se réveiller tôt, il était rare qu’ils restent trop longtemps trainer le soir. Tout doucement, le jeune homme se glissa dans la roulotte et s’installa dans sa couchette. Il avait eu l’intention de dormir à son tour, mais cela ne semblait pas vraiment marcher. Il était bien trop perturbé pour trouver le sommeil.

Il n’arrêtait pas de penser à cette femme, à la cours, à la noblesse, à ceux qui avaient la chance de vivre avec ses bourses suffisamment remplit pour ne pas craindre de mourir de faim. La petite famille s’en sortait assez bien maintenant, mais ils avaient connu des moments difficiles. Il y avait des moments où ils n’avaient pas vraiment quelque chose à se mettre sous la dent, contrairement à ceux qui naissaient avec une cuillère en argent. Evidemment, Gwynplaine ne se doutait pas une seule seconde qu’il faisait partie de ces personnes et que son destin avait été plus que modifié. Il ignorait qu’il appartenait normalement à ce monde, qu’il ne pouvait pas s’empêcher d’imaginer et d’envier. Il enviait ce monde et cette vie oui. Il ne pouvait pas s’empêcher de vouloir jouer devant la cours, ou devant la reine, d’être adulé encore plus qu’il l’était maintenant. La rançon du succès lui montait à la tête et allait sans doute le perdre.

Cela faisait un moment maintenant qu’il était rentrée et qu’il cherchait le sommeil, qui avait semble-t-il décidé de ne pas le rejoindre. Il était allongé sur le dos sur sa couchette, les yeux ouverts tournés vers le plafond. Sa vue c’était habituée à l’obscurité, il arrivait à voir assez bien. Le jeune homme soupira longuement, comme le temps lui semblait long quand il n’y avait rien à faire comme maintenant. Gwynplaine hésita un instant à se lever pour aller se promener un peu dehors, prendre l’air, dans l’espoir de trouver le sommeil. Mais finalement, il ne bougea pas. Il se contentait de continuer d’observer le plafond, laissant les minutes couler très lentement. Il entendant les ronflements d’Ursus qui dormait comme un loir, regrettant de ne pas être capable de dormir également.
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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mar 31 Mar - 11:53

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


Il a de nouveau disparu Dieu sait où... enfin, j'imagine que Dieu n'a pas eu envie de savoir, et moi je le devine suffisamment bien pour que cette information me déchire le coeur. Je ne dis rien, malgré tout. Que puis-je dire ? Et comment puis-je rivaliser. Quand cette duchesse est là et nous observe de toute sa hauteur, l'admire et me méprise, alors je n'existe plus. Je suis là, c'est pour moi que les mots qu'il déclame ont été écrits, mais ce n'est pas moi qu'il regarde, ce n'est pas moi qui l'intéresse. Sans doute pense-t-il que je ne me rends compte de rien. Parfois, je me dis qu'il ne réalise pas qu'être aveugle fait de moi quelqu'un d'infiniment lucide, en vérité. Ses sentiments ne m'échappent pas, ses émotions non plus. Il y a peu, j'avais le sentiment que nous étions tous les deux sur un chemin identique, et que nous resterions sur le même jusqu'au bout. Mais à un carrefour, j'ai peur de l'avoir perdu, et je ne suis pas certaine de parvenir à quoi que ce soit. Je n'ai pas réussi à m'endormir. Allongée dans ma couche, j'ai attendu le sieur Morphée, mais il était aux abonnés absents. Je me pose mille et mille questions. Je me demande où il est, s'il est avec elle, ce qu'ils se disent, s'ils parlent seulement. Si cette duchesse devait m'ôter Gwynplaine et me priver par la même de ma raison d'être, je ne suis pas sûre que je m'en remettrais. Mais que puis-je y faire. Ursus ne le raisonne pas, moi je ne pense pas avoir d'influence sur lui, au fond, peut-être que c'est vrai, que je ne fais pas le poids... que je me faisais des illusions.

Je sais, il a grandi avec moi, quelque part il est mon frère. Mais ce que je ressens pour lui n'a rien de la tendresse qu'une soeur devrait éprouver pour son aîné. Je pensais qu'il en était de même pour lui, maintenant je ne fais qu'ignorer. Je ne sais plus qui je suis ni où j'en suis, je me perds aussi bien qu'il me perd... Finalement, j'entends du mouvement dans la roulotte. Ce n'est pas Ursus, lui, il dort à poings fermés, et je ne peux m'empêcher de le jalouser tant moi-même je ne parviens pas même à essayer. C'est bel et bien Gwynplaine qui vient de rentrer. Ma respiration se fait tout à coup plus discrète. Je crois que j'ai peur qu'il me sache éveillée... Et en même temps, lui-même n'a pas l'air de réussir à trouver le sommeil. Ça me rassure, quelque part. Les esprits éveillés sont ceux qui sont hantés par leurs pensées. J'aime penser qu'il ne se sent peut-être pas si confortable que cela avec ses actes et ses décisions.

Avec une certaine douceur, je me décide finalement à me lever. Pourquoi perdre notre temps à lutter l'un et l'autre contre l'éveil. Je fais mon pas discret, afin d'éviter de réveiller Ursus, et je me rapproche de la couche de Gwynplaine pour venir m'allonger près de lui. Je ne devrais peut-être pas, mais que ne tenterais-je pas à présent ?

-Tu étais avec elle, n'est-ce pas ?
je lui demande, murmurant à son oreille, sans détour, avec une sorte de rancune que je ne peux empêcher dans la voix.


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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Sam 25 Avr - 23:13


Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
Gwynplaine appréciait le silence qui se trouvait dans la roulotte des Girardet et en même temps, il la détestait. Le jeune homme n’était clairement pas serein avec ses pensées, avec ses actes. Il ne parvenait pas à trouver le sommeil et au lieu de trouver les bras de Morphée, il se contentait de ressasser. Encore et encore, ses pensées tournaient dans son esprit et l’empêchait de simplement se vider la tête et trouver le sommeil. L’homme qui rit se doutait bien qu’il allait avoir une grande journée le lendemain, parce qu’ils allaient devoir travailler une nouvelle pièce d’Ursus. Il avait besoin d’être en forme, pour l’entraînement, mais surtout pour la prestation. Parce que la duchesse allait être présente encore, il le savait, elle allait venir pour lui, pour le voir. Il avait envie d’être à la hauteur de son regard, afin qu’elle continue de garder une haute estime de lui. Et alors qu’il ne pouvait s’empêcher de penser à cette femme, Gwynplaine entendit un bruit. C’était Déa, elle se levait et s’approchait de lui de son pas léger. Il l’entendait parfaitement, parce que la pièce était plongée dans le silence et surtout parce qu’il était éveillé. Nul doute qu’Ursus ne serait pas réveillé au vu de la manière si délicate qu’elle avait d’avancer jusqu’à sa couche et de venir s’allonger à ses côtés. Gwynplaine sourit doucement, même si ce n’était pas vraiment une bonne chose qu’elle vienne s’allonger à ses côtés. Ils le faisaient souvent, dormir ensemble, mais les choses étaient différentes maintenant. Ils n’étaient plus des enfants, ils n’étaient plus que des frères et sœur. Gwynplaine s’en rendait bien compte, même s’il ne voulait rien entendre, s’il ne voulait pas se laisser aller à ses sentiments.

Elle prit la parole, en murmurant à son oreille, demandant s’il était avec elle. Il n’avait pas besoin de réfléchir bien longtemps pour savoir de qui la jeune femme voulait parler, de la Duchesse évidemment. Et c’était tout aussi évident parce qu’il était effectivement avec elle, quelques minutes plus tôt. Gwynplaine laissa quelques secondes s’écouler, dans le silence le plus total, avant de répondre.

« Oui… »

Même s’il faisait noir, le jeune homme ne parvenait pas à tourner son regard vers Déa. Il se contentait de rester allongé sur le dos, le regard fixé sur le plafond. Il n’avait normalement aucune raison de culpabilisé d’avoir passé quelques minutes en compagnie de la Duchesse. Après tout, le jeune homme n’avait rien fait de mal. Et pourtant, il peinait vraiment à assumer ses actes. Cette femme avait le don de lui faire tourner la tête, de le rendre différent, de l’empêcher d’agir comme il ferait normalement. Gwynplaine fini par tourner sa tête vers sa « sœur de cœur ».

« Tu ne dors pas ? »

La réponse était assez évidente, mais le jeune homme se demandait surtout pourquoi elle ne dormait pas. Et en même temps, il craignait de connaitre la réponse. A peine eu-t-il terminé sa phrase, qu’il prenait la jeune femme dans ses bras. Le contact tactile était quelque chose de naturel pour eux (après tout c’était comme cela que Déa voyait), même si Gwynplaine se montrait clairement plus timide ces derniers temps.
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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Lun 27 Avr - 20:10

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


Les secondes qui s'écoulent entre ma question et sa réponse ne doivent pas être si nombreuses, mais elle s'écoulent avec une lenteur infinie, et pendant ce temps, je retiens mon souffle et arrête les battements de mon coeur. Puis le couperet tombe enfin. La réponse n'est pas vraiment une surprise. Au fond de moi, je n'avais pas le moindre doute, et quelque part, je préfère qu'il ne mente pas. Mais Dieu que cela est douloureux, tout de même ! J'ai le sentiment que l'on vient de m'enfoncer une dague dans le coeur. Il était avec elle, il est venu vers elle. Cette odeur singulière, ce parfum ambré qu'il porte sur lui chaque fois qu'il rentre aussi tard, c'est bien le sien à elle. Je déteste ce parfum. Mes doutes se confirment et se précisent. Il va donc bien la voir. Que se disent-ils ? Que font-ils ? Je crois que je le sais trop bien... Puis-je le lui reprocher ? J'imagine que non. Il me l'a dit plusieurs fois. Il est mon frère... Mais si on le soustrait à ma vie, je ne suis plus rien. Je suis à lui, toute à lui, et je ne peux consentir au fait qu'il appartienne à une autre. J'aimerais qu'il se justifie, qu'il s'excuse... Mais il ne me doit pas vraiment d'explication... Alors je tente de le supporter, et savoure son étreinte quand ses bras se serrent autour de moi. Que me faut-il de plus pour être heureuse ? Rien. Sauf qu'elle ne soit plus.

-Je n'y arrivais pas.
Je réponds, quand il me demande si je ne dors pas, ce qui signifie qu'il me demande pourquoi. Je veux que mon ton soit plus sec que cela, mais au contact de ses bras je suis incapable de me montrer trop sévère. C'est que ses bras à mes yeux sont bien plus efficaces que ceux de ce brave Morphée. Je t'attendais. Je n'arrive pas à dormir quand tu n'es pas à côté.

C'est sans doute triste, et cela me jouera des tours, que de dépendre à ce point d'un autre. Mais je n'y peux rien, c'est une vérité indéniable. J'aimerais qu'il la comprenne, qu'il en prenne entièrement conscience, mais aussi et surtout, qu'il éprouve la même chose, mais songe-t-il seulement à moi quand il est avec elle. C'est vrai pourtant, je ne mens même pas dans l'espoir de le faire culpabiliser (même quand j'agis avec un soupçon de villénie, c'est rarement volontaire), quand je sais qu'il est loin, je m'inquiète, et je ne peux pas m'abandonner au sommeil, savoir qu'il est juste à côté m'appaise instantanément, me soulage d'un grand poids sur le coeur.

-Elle doit être très belle...

Cette sorte de beauté avec laquelle je ne peux en aucun cas rivaliser. Je n'arrive pas à dissimuler ma jalousie. Je ne cherche même pas à le faire. J'aimerais seulement comprendre ce qu'elle représente pour lui. Être au clair avec ce que je représente pour lui, moi qui porte mon amour pour lui en mon coeur comme une évidence depuis ma plus tendre enfance.


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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Dim 17 Mai - 19:34

Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
Gwynplaine savait parfaitement qu’il était en train de jouer à un jeu dangereux avec Déa, qu’il ne devrait sans doute pas se montrer si proche et si tendre. Sauf qu’il est incapable de faire autrement, alors qu’elle était allongée à ses côtés, alors qu’il lui faisait du mal avec ses paroles. Le jeune homme se rendait bien compte que sa réponse ne devait pas lui plaire, mais il n’avait pas voulu mentir. Il ne se voyait pas lui mentir en fait, alors qu’elle était la pureté incarnée. Il avait beau être un monstre, il était incapable de mal se comporter avec la jeune femme (du moins intentionnellement). Il se rendait bien compte qu’il lui faisait du mal, qu’il l’a faisait souffrir, mais c’était pour son bien. Parce qu’elle ne pouvait pas l’aimer, parce que si elle le voyait elle ne l’aimerait pas. Elle lui expliqua qu’elle n’arrivait pas à dormir, appuyant un peu plus en affirmant qu’elle ne parvenait pas à dormir quand il n’était pas là. Il n’y avait pas mieux pour la faire culpabiliser, pour qu’il s’en veuille. Il passait du temps avec la duchesse, il avait ces rendez-vous secret, et pendant ce temps Déa se contentait de tourner en rond dans sa couche. Elle valait tellement mieux que lui.

« Je suis désolé… »

Dit-il dans un souffle en resserrant un peu plus son étreinte. C’était incroyable comme il était capable de s’en vouloir quand il se trouvait en présence de Déa, alors que rien ne l’empêchait d’aller trouver cette duchesse après les représentations, quand elle venait les voir. Il lui arrivait de penser à sa sœur de cœur quand il se rendait au lieu de rendez-vous avec la femme, mais cela ne le faisait pas pour autant faire demi-tour. Et pourtant, il culpabilisait après ça. Les choses auraient été plus simples s’il n’était pas un monstre, si Déa pouvait le voir, s’ils n’étaient pas devenus par la force des choses frères et sœur et si cette Duchesse n’était pas entrée dans leurs vies. Tellement de si, qui rendait la situation plus que compliqué. Gwynplaine avait envie de croire qu’il avait vraiment la situation en main, qu’il n’était pas complètement perdu comme pouvait le croire Déa et Ursus, mais il ne pouvait pas s’empêcher de douter par moment. Quand il se trouvait là, sa sœur de cœur dans les bras.

Quand Déa mentionna la beauté de la duchesse, Gwynplaine ne réagit pas de suite encore une fois. Elle l’était oui, elle était très belle. Le jeune homme ne pouvait pas dire le contraire, lui qui était complètement charmé par la femme. Mais elle n’était pas la plus belle à ses yeux, loin de là.

« Elle est bien moins belle que toi… »

Gwynplaine se doutait bien qu’il n’aurait pas dû dire cela, d’ailleurs il regrettait déjà de le faire. Il le pensait, plus que tout, mais ce n’était sans doute pas le moment. Déa était magnifique, le jeune homme n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi beau autant physiquement qu’intérieurement. Elle méritait tellement mieux que cette vie-là.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Jeu 21 Mai - 11:59

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


Le sourire qui s'affiche sur mon visage quand il me dit être désolé est un peu crispé. C'est que je n'arrive pas à savoir si il est sincère ou non. Jamais, auparavant, je ne doutais de Gwynplaine, à présent, je ne sais plus que croire, je n'ai plus la moindre certitude, je ne sais plus rien. Il resserre son étreinte et j'en profite le plus possible, comme si je craignais qu'elle soit la dernière, qu'un jour, sans prévenir ou en prévenant à peine, tout s'arrête brusquement. Ce sera peut-être le cas. Un battement de cil de la part de cette dichesse, et moi je ne serai plus rien. Il ne nie pas, quand je constate qu'elle doit être belle. Non, pas belle, sublime, même, il me réconforte tout de même un peu quand il dit que je le suis davantage. Mais qu'en sais-je ? J'ignore à quoi je ressemble. On m'a déjà, au détour d'un spectacle, complimenté sur mon apparence, mais je n'ai jamais véritablement su de quelle manière je devais l'interpréter... Encore maintenant...

Si je suis plus belle qu'elle, comme il le prétend, je ne suis pas rassurée pour autant. Il y a bien quelque chose chez elle qu'il ne trouve pas chez moi, qui lui retourne l'esprit et qui l'éloigne, lentement, mais sûrement de nous, contre quoi je ne puis lutter, contre quoi je suis impuissante, vulnérable plus que je ne l'ai jamais été. Je ne sais quelles armes employer pour le retenir... les mêmes que celles de ma rivale ? Mais je n'ai pas besoin de l'avoir rencontrée pour savoir qu'elle est tout ce que je ne suis pas, et tout ce que je suis incapable de devenir. C'est d'ailleurs contrariant. S'il est à ce point attiré par ce qui eest l'opposé de moi, se peut-il donc qu'il ne m'aime pas du tout, moi qui n'aime que lui.

-Pourquoi ?
je demande finalement, en laissant mes doigts courir le long de son visage, caresser doucement sa joue, effleurant son "sourire" qu'il dit hideux, mais que je suis convaincue que je trouverai beau s'il m'était donné de le voir. Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ?

Je sais peut-être la réponse, et cela m'angoisse. Ce qu'elle a de plus ? Elle a la richesse, la noblesse, la distinction. C'est une dame quand je ne suis qu'une enfant jetée, une fille du peuple qui a eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, seulement. Peut-être est-elle moins belle, mais elle doit être bien plus séduisante... Et aussi, il n'a pas de cas de conscience, la concernant. Combien de fois m'a-t-il rappelé que nous devions être frère et soeur, puisque c'est ainsi que nous avions été élevés ? Mais ce n'est pas ainsi que j'éprouve les choses, et je ne veux pas croire que Gwynplaine l'éprouve différemment de moi. Il peut physiquement se voiler la face, mentalement, je refuse qu'il le fasse. J'aimerais pouvoir le conduire sur ce chemin que j'entrevois en rêve, que je nous pensais tout destiné, et je n'ai jamais eu à ce point l'envie de me battre pour quelque chose.


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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Lun 15 Juin - 14:25

Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
La duchesse était vraiment moins belle que Déa, en même temps Gwynplaine ne pensait pas trouver une personne plus belle que sa sœur de cœur. La jeune femme était la beauté incarnée à ses yeux. Cependant, il ne pouvait pas nier que la duchesse l’attirait énormément, pour d’autres raisons. Raison que Déa voulait connaitre, vu qu’elle lui demanda ce qu’elle avait plus qu’elle. Tout en parlant, la jeune femme effleurait son visage et plus précisément son sourire. Gwynplaine la laissait faire, même s’il n’aimait pas vraiment cela. Ce n’était pas qu’il n’appréciait pas le contact de ses doigts sur son visage, mais il trouvait son sourire bien trop hideux. Il était même ravi au fond que Déa soit incapable de le voir, même si elle regardait par le touché. Elle était d’ailleurs bien la seule qu’il laissait touche son visage, quoi que la duchesse avait déjà eu l’occasion de poser ses doigts sur son visage. Cette femme qui se trouvait encore une fois au cœur de leur conversation, comme d’habitude. Ces derniers temps, Gwynplaine avait le sentiment que toutes les conversations qu’il avait tournaient autour d’elle. En même temps, son esprit était assez tourné vers elle aussi.

« Elle pourrait… nous permettre de jouer notre spectacle devant la haute société. »

Le jeune homme ne répondait pas vraiment à la question au fond, mais c’était ce qu’il pensait. Cela ne faisait que sous-entendre que c’était cela qui l’attirait le plus chez la femme, sa richesse et son pouvoir. Oui, l’homme qui rit était complètement envouté par la richesse que dégageait de la duchesse. Elle l’éblouissait complètement et le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’ils pouvaient sortir de ces basses ruelles de Paris pour se rendre dans la cours des grands et pouvoir vraiment faire sensation. Evidemment, il n’y avait pas que cela, il y avait un côté bien plus personnelle, mais Gwynplaine préférait se concentrer sur le fait que la famille entière pouvait grimper l’échelle. Qu’il n’était pas le seul à pouvoir monter, à vouloir monter aussi. Il avait envie de croire qu’il n’était pas le seul à vouloir connaitre le grand succès, qu’il n’était pas le seul à vouloir sortir de leur vie misérable. Non pas qu’ils étaient complètement pauvre, la famille Girardet s’en sortait assez bien au fond. Ils avaient de quoi manger à leur faim, même si ce n’était pas luxueux, mais au moins ils ne souffraient pas de la faim. Cependant, ce n’était rien en comparaison de ce qu’ils pouvaient vivre.

« Tu nous imagine jouer sur scène devant les nobles… devant le roi ? »

Il ne pouvait pas cacher l’enthousiasme qu’il avait dans la voix et que Déa pouvait facilement entendre. Ce qu’elle ne pouvait pas voir cependant, c’était qu’il avait également des étincelles dans les yeux. Oui, Gwynplaine rêvait de pouvoir jouer devant la cours du roi, que leur spectacle puisse être vu par la haute société et apprécié par celle-ci. Parce qu’ils ne pouvaient qu’apprécier. Même si en ce moment Gwynplaine avait du mal à s’entendre avec son père adoptif, il ne remettait pas en cause ses talents de dramaturge.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Ven 26 Juin - 10:42

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

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J'aime Gwynplaine, et je sais que notre amour transcende tout, jusqu'à nos personnalités respectives. C'est son âme, que j'aime, au-delà de ce physique qu'il prétend hideux mais que j'aimerais si je pouvais le voir, puisqu'il serait le sien, au-delà de ses réflexions qui me laissent parfois à penser que nos chemins divergent, que nos pensées ne se rejoignent plus. C'est au-delà de toute considération sensée, c'est un fait. Une vérité absolue et indégnable, que rien, ni le temps ni les faits, ne saurait jamais changer. Mais quand je l'entends, je me surprend à regretter le Gwynplaine des temps passés. Celui de la petite roulotte, quand nous traversions la campagne, libres comme l'air, quand nous savions nous contenter du peu que nous avions, puisque notre richesse la plus grande et la plus belle était d'être ensemble.

Pour moi, ce reste le trésor le plus grand de tous, celui qui me porte au quotidien, celui qui sait m'éblouir à travers mes iris brisés. Mais lui, il se laisse abuser par ce qu'il y a de plus matériel, dans les frasques et le luxe, dans la vie, dans les hommes... dans les femmes. N'aime-t-il en elle que ses richesses ? La richesse d'un corps qui offre ses délices avec la langueur et l'impureté d'une catin qui peut porter des bijoux au prix d'un an de repas. Je me fiche d'être aimée des puissants. Je me ficherais bien d'être aimée de qui que ce soit si je pouvais être aimée de lui, ce dont je doute un peu plus chaque jour. Notre spectacle est bon. Je le sais car je crois dans le talent d'Ursus, et dans la prestance de Gwynplaine. Je ne dis pas qu'ils ne méritent pas le succès qu'ils espèrent. Mais à quoi bon si le prix qu'il nous faudra payer alors est pire que tout ce que l'on nous accordera. Je ne veux pas jouer devant la cour, je me moque de plaire à la noblesse. J'aspire à une simplicité que je le vois rejeter... Comme il me rejettera pour de bon, sans doute ? Je n'ai après tout rien de noble ou de prestigieux. Moi aussi, je suis simple, je suis simplicité. Où sa quête de gloire et d'estime le mène, ne va-t-il pas m'oublier en chemin.

-Je n'ai que faire du roi et des duchesses.
je lui réponds, avec un rien de sécheresse dans la voix, mais sans me disocier de ma douceur de ton (de cela, je me pense bien incapable). Je me contenterais parfaitement de n'avoir que toi.

Ma voix concentre toute la sincérité du monde. Pour cause, sincère, je le suis, plus que jamais. Je ne sais pas mentir, et j'ai tout intérêt à ne pas le faire maintenant. S'il m'annonçait que nous arrêtons tout, que nous partons, loin de cette grande ville qui perd nos âmes, pour aller loin, très loin, que nous abandonnons le spectacle qu'importe pour quoi si c'est pour être ensemble, ce que je serais heureuse ! Bien plus heureuse que maintenant... Plus encore si Ursus nous accompagnait, bien sûr.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Dim 19 Juil - 22:08

Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
Gwynplaine se contentait de bien moins de chose autrefois, avant qu’ils n’arrivent à Paris et qu’il découvre la luxure. Le fait de croiser des nobles avec de belles toilettes, de voir des maisons qui semblaient tellement riches de l’extérieur, cela n’avait fait que lui donner envie d’avoir tous cela. Les Girardet vivaient pauvrement, mais ils s’en sortaient bien quand même. Ils avaient connu des moments bien plus difficiles en tout cas, mais Gwynplaine était en train de complètement se perdre dans les rêves de richesse. Il avait envie d’avoir plus que ce qu’il avait actuellement, il avait envie d’avoir la chance de pouvoir toucher les étoiles également. Evidemment, le jeune homme se doutait bien qu’il pouvait tomber de très haut, mais il était persuadé qu’il allait parvenir à s’en sortir sans problème. Il avait les choses en mains, il ne se voyait pas se tromper. Il espérait vraiment pouvoir jouer devant la cours et obtenir encore plus de succès qu’à présent, il avait envie de cette gloire qui lui tendait les mains. Et ce n’était pas pour rien qu’il se sentait attiré et perturbé par cette duchesse aux cheveux de flammes. C’était ce qu’il voulait oui, même si Déa avait visiblement du mal à le comprendre. Elle affirma même qu’elle n’avait que faire de la cour, du roi. Visiblement, elle n’avait vraiment pas envie de jouer devant eux. Elle affirma même qu’elle pouvait se contenter de l’avoir lui.

Ces mots eurent le don de faire manquer un battement à son cœur. Gwynplaine appréciait le compliment bien sûr, mais il ne pouvait pas s’empêcher de sentir coupable. Parce qu’il ne parvenait pas à se contenter d’elle, à se contenter de la vie qu’ils avaient tous les trois avec Ursus. Normalement, il devrait pouvoir s’en contenter, tout comme Déa, mais il n’avait pas la pureté du cœur de la jeune femme. Il avait envie de se contenter de ce qu’il avait, il voulait bien pouvoir se contenter de l’amour que Déa lui offrait, mais il se rendait bien compte en cet instant que ce n’était pas possible. Qu’il n’y arrivait pas, qu’il ne pouvait pas se contenter de ça.

« Ce n’est pas possible que je te suffise… »

Dit-il doucement, d’un air sombre. Encore une fois, Gwynplaine avait tendance à se rabaisser. Il ne se trouvait pas assez « beau » pour la jeune femme, qui avait une pureté d’esprit autant qu’une pureté de corps. Déa était tellement belle comparé à lui, qui était un monstre avec son sourire. Il continuait de penser, quoi que sa sœur de cœur ait pu lui affirmer depuis toujours, qu’elle méritait tellement mieux que lui. Ce n’était pas rien qu’il n’avait encore jamais cédé à la tentation, qui était de plus en plus présente, qu’il ne s’était jamais laissé aller. Et pourtant, il en avait si souvent eu envie, comme maintenant. Peut-être qu’en effet, s’il n’y avait eu qu’elle et lui dans ce monde, ils auraient été plus heureux. Et quand il se trouvait à ses côtés, comme à cet instant, il avait bien envie de croire qu’il pouvait aussi se contenter de sa présence.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mar 11 Aoû - 12:13

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


Il y a toujours eu en Gwynplaine (et il y aura toujours, je le crains) une sorte d'obscurité latente que je ne m'explique pas. À peu de chose près, nous avons eu la même enfance, nos existences partagées ont été faites certes de misères et de déconvenues, mais aussi d'instants précieux et heureux. Nous avons eu la chance inespérée, et que personne ne devait penser à nous voir accéder, d'avoir une famille, de pouvoir souvent rire, parfois pleurer, de savoir aimer, surtout. Mais une expérience commune ne fait pas deux individus égaux. Je le conçois autant que j'en ai la crainte. J'ai peur que nos choix et pensées d'aujourd'hui forgent nos aspirations et certitudes de demain, et elles divergent tant et si bien que je dois peut-être commencer à envisager la vie sans Gwynplaine, le laisser à ses bals, ses titres ronflants, cette richesse de façade et ses duchesse... Mais non, absurde, je ne le peux pas. Que ferais-je, moi, dans tout cela ? Que serais-je capable de faire ? Qu'aurais-je seulement envie de faire ? La vie sans Gwynplaine, ce n'est pas la vie du tout. Je préfèrerais et saurais me supprimer toute entière, corps et âme, que d'envisager que cela arrive.

Comment peut-il croire qu'il ne me suffit pas. Ma vie a été lui depuis presque toujours, pourquoi envisager autre chose, pourquoi penser qu'il ne sache pas être les fondations et le ciment de mon existence. Quel besoin ai-je des autres puisque je l'aime ? Quelle vie envisager seulement s'il n'en fait pas partie, puisque je l'aime. Mais je sais ce qui le retient et qui le freine. Cette rengaine familière est moins mélodieuse à chaque fois qu'il la prononce. Qu'ai-je à faire de son sourire que l'on trouve hideux ? Moi, je sais que Gwynplaine est magnifique. Même si je recouvrais la vue, quelle différence cela ferait ? J'ignore ce qui est communément beauté, ce qui est conformément laideur. On me complimente, on me dit belle, mais si mon regard dégelait et croisait mon reflet dans un miroir, je me trouverai peut-être laide, qui sait ? Comment le lui dire, comment le lui faire comprendre une bonne fois pour toutes !

-Puisque c'est le cas, et puisque ça l'a toujours été, je ne vois pas ce qu'il y a d'impossible.


Mes mains parcourent doucement les contours de son sourire, puis s'attardent quelques instants sur ses lèvres. Alors je m'approche et y dépose les miennes. Quand on ne se fie qu'à quatre de ses sens, la saveur d'un baiser est décuplé. Je veux qu'il m'embrasse à son tour, comme une promesse, je veux qu'il éprouve la certitudes que mes lèvres déposent sur les siennes. Qu'il le veuille ou non, je suis à lui. Si le monde et le temps savent aussi bien disparaître quand on s'embrasse, alors il faut croire que l'on peut se suffir, non ? Ce n'est même pas une question de croyance ou de conviction, c'est une certitude. Je suis l'aveugle, mais c'est à Gwynplaine d'ouvrir les yeux. Il a mon destin entre ses mains.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mer 9 Sep - 15:47

Déa & Gwynplaine
Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles
Elle pouvait dire tous ce qu'elle voulait, Gwynplaine ne parvenait pas à la croire. Il ne parvenait pas à penser qu'il puisse suffire à Déa, parce qu'elle était un être magnifique et qu'il était un monstre. Oui, c'était bien cela, il était un monstre. Un monstre de foire qu'on mettait sur scène pour gagner sa croute. Ce n'était pas tant l'histoire d'amour qu'ils jouaient chaque soir sur les planches qui plaisait au public, ce qu'ils adoraient voir c'était le fait qu'il possède un sourire de démon. Ce même sourire qu'il ne pouvait montrer aux autres quand il n'était pas sur les planches justement. Il était laid, sinon il n'aurait pas besoin de se couvrir le visage quand il ne jouait pas, ou quand il n'était pas seul avec Ursus et Déa. Déa ne voyait pas et c'était justement là le fond du problème, si elle pouvait voir elle verrait à quel point le jeune homme était hideux. Même si cette mocheté se trouvait principalement dans son esprit et que c'était son jugement qui était bien trop dur avec lui même. Si jamais sa soeur de coeur revoyait à nouveau, Gwynplaine était persuadé qu'elle se détournerait de lui tellement sa vision lui serait désagréable. Elle méritait tellement mieux que lui, qui était incapable de lui offrir ce dont elle avait besoin. Ce n'était pas la première fois qu'ils avaient cette conversation, mais aucun des mots de la jeune femme ne parvenait à taire les doutes du comédien. Aucune des remarques de Déa ne réussissait à le faire changer d'avis. Il se considérait bien inférieur à ce qu'elle avait besoin, à ce qu'elle méritait même. Comme d'habitude, Gwynplaine avait eu l'intention de répliquer quelque chose, de la contredire comme à chaque fois, mais Déa le prit de court.

Alors qu'elle touchait son visage, comme souvent puisqu'elle ne voyait pas (elle était bien la seule que Gwynplaine tolérait à faire ce genre de geste), elle vint déposer ses lèvres sur les siennes. Elle ne se contentait pas de déposer sa bouche sur son front ou sur sa joue dans un geste digne de frère et soeur, non elle l'embrassait. Et ses lèvres avait cette douceur que tout son être possédait, ainsi qu'un goût légèrement sucré qu'il appréciait. Qu'il appréciait bien trop puisqu'en retour, il l'embrassa à son tour, laissant ses lèvres s'emparer plus encore de celle de Déa. Son coeur battait la chamade, au point qu'il parvenait presque à oublier tout ce qu'il y avait autour d'eux. C'était loin d'être l'un de ces baisers qu'il leur était arrivé d'échanger lors des représentations de leurs pièces, c'était bien plus que cela. Bien plus savoureux, bien plus intense et bien plus dangereux.

"On peut pas faire ça !" Dit-il soudainement en arrêtant le geste brusquement.

Ils ne pouvaient pas non, parce qu'ils étaient frère et soeur, parce que ce n'était pas bien et parce qu'ils ne pouvaient pas tout simplement. Et pourtant, si Gwynplaine décidait enfin à faire taire son esprit, il pourrait simplement profiter de l'instant présent. Son coeur lui disait qu'il devait laisser les sentiments qu'il avait pour Déa parler, mais son esprit lui disait que ce n'était pas raisonnable.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mer 16 Sep - 13:50

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


S'il m'avait refusé ce baiser, si j'avais accusé un geste de refus immédiat quand mes lèvres s'étaient posées sur les siennes, peut-être me serais-je résignée à accepter son refus que je qualifierai de déni (quoique je tiens trop à lui, ou devrais-je dire à nous, pour songer à renoncer. Je cesserai de vivre quand je cesserai de l'aimer, alors autant espérer qu'il me rende ses sentiments un jour. Et je suis certaine, d'ailleurs, qu'il m'aime. On n'embrasse pas comme il vient juste de le faire quand on n'éprouve aucun sentiment. Mon coeur cogne si fort contre ma poitrine quen je le sens prêt de s'envoler, je garderai mes lèvres collées aux siennes si on me le permettait, car jamais je n'ai éprouvé tout autant en même temps de douceur, d'amour et... oserais-je l'admettre... de passion. Le désir venait d'envahir toutes les fibres de mon être, et il aurait fallu, il faudrait un rien de sa part pour que je m'abandonne complètement à lui, sans crainte et sans regrets, car le coeur ne peut prêter si vivement ses battements à un autre, sans sincérité, sans alchimie, ou sans prédestination. Rien n'a à nous arrêter, ai-je la moindre goutte de sang en commun avec lui (il s'avère que c'est moins encore le cas que ce que je peux bien penser pour le moment) ? Je ne le crois pas. Je ne le pense pas.

J'aurais voulu que cet instant dure éternellement, car nos lèvres enlacées m'ont menée à un monde inexploré encore, que j'entrevois, qui me semble sublime, et dont il me ferme tout à coup l'accès, alors que j'avais eu ce sentiment impénétrable, celui d'être désormais seule au monde. Seule avec lui. Sans plus rien ni personne d'autre autour de nous. Comme si la terre s'était arrêtée de tourner, comme si le monde s'était évaporé. Mais les vapeurs du monde reviennent bien vite à la charge, et elles m'asphyxient comme un poison lent. Je redesend doucement et douloureusement sur terre, alors qu'il m'affirme ne pas pouvoir. Lui ne peut pas peut-être, moi je le peux. J'aimerais le pouvoir pour deux.

-Pourquoi ne le pourrait-on pas ?
je lui demande, aussi sévère que je peux parvenir à l'être (c'est-à-dire bien peu). Rien ne nous l'interdit. Je t'aime, Gwynplaine. Ose me dire que ce n'est pas ton cas.

Je veux croire qu'il n'osera pas me dire le contraire. Je le sais, qu'il m'aime, je l'ai toujours su, et il me l'a prouvé. Si seule l'arrête notre enfance commune, je n'accorde aucun crédit à son argument. Il fut autrefois mon frère, mais il ne le fut pas longtemps. Je l'ai aimé bien trop tôt pour craindre l'inceste. Il n'y a pas d'inceste, nous avons le même nom par commodité, mais Ursus nous a-t-il seulement officiellement déclaré un jour comme ses enfants ? Et parlons-en, d'Ursus, il serait le premier ravi de nous voir enfin ensemble. Il n'est pas aveugle, il sait ce qui nous lie, et je suis certaine qu'il l'accepte. Il n'encouragerait pas, autrement, notre idylle dans chacune de nos pièces.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mar 13 Oct - 11:25

Déa & Gwynplaine
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La paroi était fine entre la raison et l’abandon total. Gwynplaine ne pouvait que s’en rendre d’avantage compte en cet instant, alors qu’il avait toutes les peines du monde à repousser ce qui était en train d’arriver entre lui et Déa. Il n’en avait pas vraiment envie au fond, un désir profond lui dictait qu’il devait simplement s’abandonner et laisser son cœur parlait. Mais la raison était bien trop forte en lui pour qu’il se laisse simplement aller. Ce baiser avait fait monter en lui plus de désir et de sentiment qu’il n’aurait fallu, parce que Déa était sa sœur… Il ne pouvait pas s’empêcher de continuer à se dire ça. Et surtout, elle méritait tellement mieux que lui malgré tout ce qu’elle pouvait bien dire. Ils ne pouvaient pas, non, tout simplement, ils n’avaient pas le droit et Gwynplaine était incapable de simplement laisser parler ses sentiments. Même s’il avait le sentiment de sentir son cœur se déchirer en entendant les paroles de Déa, aussi sévère qu’elle le pouvait. Pourquoi ils ne pourraient pas ? Le jeune homme avait énormément de réponse en tête, mais tout semblait idiot pour qu’il les prononce. Techniquement parlant, ils n’étaient en effet pas des frères et sœur. Ce n’était pas parce qu’ils avaient grandi ensemble, considérant tous les deux Ursus comme leur père, qu’ils pouvaient affirmer officiellement être frère et sœur. Et encore, Gwynplaine ne savait pas à quel point son monde de naissance était bien différent de celui de son « père » et sa « sœur ». Oui mais… ce n’était pas suffisant à ses yeux.

Il ne pouvait en effet pas lui dire qu’il ne l’aimait pas, parce qu’il était incapable de lui mentir. Il l’aimait oui, mais il était tout aussi incapable de le lui dire. Il l’aimait, pas comme un frère devait aimer une sœur et cela faisait un long moment maintenant que c’était le cas et qu’il combattait ses sentiments. Il observa les traits qu’il connaissait par cœur de la jeune femme dans le noir pendant quelques secondes, le souffle court, gardant le silence. Au bout d’un moment, il finit par venir caresser la joue de Déa avec sa main, dans un geste tendre qu’il n’était capable de réaliser qu’avec elle. Elle était celle qui le rendait différent. Ses yeux ne la quittaient pas une seule seconde, l’observant d’un regard triste. Et puis finalement, après de longues secondes de silence il reprit la parole.

« Je t’aime Déa… »
Lui affirma-t-il d’une voix plus que tremblante. Cela ne servait à rien qu’il le nie au final, ils savaient tous que c’était le cas. Ca ne changeait cependant rien du tout à la situation. « Mais je ne peux pas… »

Sa voix se fit plus cassante, il n’avait pas envie de faire de peine à Déa, mais il ne pouvait tout simplement pas. Et cela ne servait à rien de lui demander pourquoi, il ne le savait même pas lui-même finalement. Et ce fut sans doute pour cette raison, parce qu’il se sentait complètement perdu, qu’il décida de se lever pour sortir de cette roulotte qu’ils partageaient. Il était clair qu’il ne parviendrait pas à trouver le sommeil cette nuit.

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Message#Sujet: Re: Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles (Déa)   Mer 18 Nov - 10:41

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles

Dea ♠ Gwynplaine


J'ai beau ne pas voir, je sais quand on me regarde et surtout, je sais quand il me regarde, je crois même que je pourrais décrypter ce qui se lit dans ses yeux, qui sont supposés être le reflet d'une âme que je chéris, alors que mon âme, si chacun la devine pure, est protégée par un miroir complètement opaque. Je suis sûre qu'il me considère avec la même affection que je lui accorde. Sans doute suis-je présomptueuse mais je suis convaincue de ne pas me tromper. Il m'aime autant que je l'aime moi-même. Et le trouble que j'éprouve, je suis certaine qu'il l'éprouve autant que moi. Il ne sait pas, seulement, faire la part des choses, il ne sait pas se laisser aller, oublier une morale dont il ne devrait avoir que faire. Si je pouvais le convaincre de la beauté que je lui connais ! Si je pouvais lui permettre de ressentir ma vision singulière, celle qui s'épargne tout regard, celle à laquelle m'a obligée ma cessité, et qui n'est pas un handicap, non, mais un don des plus précieux. Je voudrais qu'il me dise m'aimer, qu'il m'embrasse, qu'il me jure de n'aimer que moi, et que nous cessions ce jeu, cette comédie, pour être enfin l'un à l'autre comme nous l'avons, quelque part, toujours été.

Je ressens une douce chaleur envahir mon épiderme. Ces caresses-là, pourrait-il vraiment les adresser à une autre femme que moi ? Je ne le pense pas. Je n'ose croire le contraire, cela me détruirait. Puis il m'adresse ce mot qui font frissonner tout mon être et m'envahissent d'un sentiment incroyable de douceur. Il m'aime. Il me le dit. Je le sais, pour tout dire. Mais quand il me le dit, ce n'est pas la même chose. Mon coeur bat à tout rompre, malheureusement, ses battements s'interrompent nets quand il poursuit. Il ne peut pas. Je n'en peux plus de l'entendre dire qu'il ne peut pas. Une violente douleur m'envahit toute entière, et voilà qu'il se relève, voilà qu'il me fuit. Je ne le retiens pas. C'est inutile, j'essaye seulement de rassembler mes morceaux de coeur brisé et je le laisse partir.

C'est quand je comprends qu'il s'est éloigné que ma douleur s'exprime physiquement. De mes yeux inutiles s'écoulent des larmes que je ne parviens pas à contenir. Je me sens pleine de trop d'émotions, et vide de tout sens à leur donner. Quand on se donne entièrement à un autre, quand on se voue à lui et à lui seul, le refus a des accents difficiles de sacrifice. Je n'ai pas le goût à rien, et dois-je m'obstiner à le convaincre qu'il est la clé de mon bonheur et que je suis la clé du sien ? Pourquoi me croirait-il ? Et si je me trompais ? Peut-être ne m'aime-t-il vraiment que comme une soeur. Je me suis inventée un conte, une utopie, encouragée par cette vie qui m'a poussée à vroire n'avoir que lui, à m'imaginer qu'il n'y aura jamais quiconque d'autre. Peut-être devrais-je faire comme lui. Attendre qu'un duc s'entiche de moi et me précipiter dans ses bras... J'étouffe un sanglot dans mon mince oreiller et j'attends.

J'attends que le sommeil me cueille, mais je sais qu'il ne viendra pas. Les ténèbres de la nuit m'emporte dans des tourments sans fin, et les bras de Morphée ne sauront m'en délivrer.

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