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 L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)

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Message#Sujet: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Mar 17 Mar - 18:26

L'homme est un loup pour l'homme

Dea ♠ Ursus


Le silence. Voilà si longtemps que je ne l'ai plus savouré. C'est comme une musique, classique et douce, une mélodie tendre qui me rassénère. Quelle bonne idée que d'accompagner Ursus. Je n'y ai pas disconvenu, quand nous avons décidé de nous installer à Paris. J'avais dans le coeur comme un pincement, le sentiment que quelque chose se passerait mal, qu'à un moment ou à un autre, cette situation nous ferait souffrir, mais ce n'était qu'un pressentiment, et je ne l'ai pas écouté. Gwynplaine semblait si exalté à l'idée de se produire dans la capitale. Et après tout, l'homme qui rit, c'est lui. Ursus et moi, nous ne sommes jamais que le décor et l'emballage, la décision lui revenait de droit. Je ne peux pas lui reprocher cette décision, j'ai déjà du mal à lui reprocher quoi que ce soit tant mon coeur flanche en évoquant seulement son existence. Et il a raison, nous avons plus de succès que nous aurions même pu en espérer. Voilà si longtemps que je n'ai plus connu la faim ! C'est loin d'être déplaisant. Mais si je ne manque de rien,  c'est comme si tout me manquait, et c'est cette ville, cette ville terrible, dont les contours menaçants se sont agréablement éloignés quand nous avons prit la direction de Montfermeil à bord de notre carriole. Tout en abondance me donne le vertige. Découvrir tant de nouvelles odeurs, explorer tant de nouvelles sensations, voilà qui aiguise et détruit mes sens en même temps. Là, alors que l'odeur de la campagne gagne mes narines, ainsi que le hénissement familieur des chevaux, le frottement des roues sur le sol dallé, gagnent mes oreilles, j'éprouve un sentiment de calme et d'apaisement. Il serait complet si Gwynplaine était avec nous, si je pouvais me blottir dans ses bras... si nous venions de décider de nous en aller pour de bon. Et ne jamais revenir dans cet enfer nommé Paris.

La roulotte cesse enfin sa progression, nous sommes un peu à l'écart de la ville de Montfermeil. Ursus a laissé Homo dans une petite batisse en ruines où il vient s'occuper de lui généralement. Je pense qu'il a du mal à supporter de l'absence de son alter égo. Il n'en parle jamais, mais moi je le ressens. Ursus et son loup sont à mes yeux indissociables, et l'un et l'image de l'autre. En le laissant ici, puisqu'il ne pouvait pas le laisser là-bas, il a, j'ai l'impression, abandonné une partie de lui-même. C'est là que je réalise les sacrifices auxquels il accepte de consentir pour moi, pour nous. Il ne montre pas son affection comme pourraient le faire d'autres pères, mais je crois en définitive qu'il ne nous en aime que davantage. Et ça me touche. Je descend précautionneusement et pose pied à terre. Homo nous attend en haletant comme le plus docile des animaux domestiques, je m'avance vers lui et le caresse doucement, heureuse de le retrouver, moi aussi.

-J'aimerais tant que nous puissions le prendre avec nous.
Je dis alors à l'adresse de mon père d'adoption tout en lui adressant un fin sourire.


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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Jeu 19 Mar - 17:54


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G

énéralement, il s'y rendait seul, il n'appréciait pas d laisser Gwynplaine ou Déa seuls dans Paris, quand bien même ils n'étaient plus des enfants et pouvaient très bien se débrouiller seuls quelques heures, même une journée, mais Paris était une capitale traîtresse, elle pouvait se jouer des plus avertis et invertis, même de lui, et Gwynplaine avait quelque peu tendance à se laisser happer par toutes les lumières de cette ville qui ne portait que trop bien son nom. D'ailleurs, il n'avait pas l'esprit tranquille à l'idée de le laisser seul pour l'heure, mais il ne pouvait prendre ses deux enfants avec lui, la roulotte de fortune qu'il utilisait pour ses allers-retours ne supportait que deux personnes (et encore, heureusement que ni Gwynplaine, ni Déa n'avaient sa corpulence), cela lui permettait de partir et revenir plus vite, le temps de s'assurer qu'Homo allait bien et avait de quoi manger à sa faim, surtout qu'il ne s'échappait pas de sa cachette pour terroriser Montfermeil par sa présence. Bien sûr, il ne ferait de mal à personne, c'était une créature inoffensive qui n'attaquait jamais que pour protéger son territoire, mais ces gens-là n'iraient pas chercher si loin, ils abattraient net l'animal, s'ils le voyaient, sans chercher à savoir s'il a pu être domestiqué ou non (un loup domestiqué, cela lui semblerait être une hérésie quoi qu'il en soit). Généralement, il s'arrangeait pour se rendre à Montfermeil de nuit, quand les deux dormaient, mais cette fois, Déa avait insisté pour venir avec lui, Ursus n'avait pas su lui refuser une telle faveur.

Il n'avait pas su le lui refuser, car il sentait par ailleurs que cette petite expédition ne pourrait lui faire que le plus grand bien. Quand Gwynplaine semblait s'épanouir dans Paris, Déa semblait s'y perdre. Prendre un peu l'air lui ferait du bien, respirer cette campagne qu'ils ne côtoyaient plus assez pourrait bien lui être particulièrement salvateur, et pour cette raison, il espérait que même si allait voir Homo ne serait que l'affaire de quelques heures, cela lui permettrait d'oublier pour le moins les soucis qui lui tiraillaient l'esprit. Elle en avait bien besoin. Et lui aussi, sans doute. Sous ses airs bourrus et bougons au possible, à râler sur tout et sur rien, il y avait un fond de sentimentalisme. Et son loup, son animal de compagnie, son alter ego, avaient la malheureuse tendance à lui manquer, qu'il le veuille ou non. Il avait un peu l'impression de laisser de côté une partie de lui-même. Mais c'est ce qu'on nomme un sacrifice nécessaire. Et pour ses enfants, il est toujours important d'en faire. Il paraît. Quand il arrivèrent enfin, le loup les attendait de pied ferme, et il accueillit les caresses de Déa avec un grognement de plaisir.

-Il serait plus malheureux que toi encore à Paris.
remarqua-t-il, ne mâchant pas ses mots.

Déa ne semblait pas transpirer le bonheur, c'est vrai, et si c'était leur décision de s'établir dans la capitale qui lui pesait à ce point, alors il était toujours temps de changer leur fusil d'épaule et de partir.






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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Ven 27 Mar - 13:09

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Homo est peut-être l'alter ego d'Ursus, je le ressens aussi par moments être mon égal. Il est contraint à un environnement qui n'est pas forcément celui qu'il espérait, même si dès la naissance, il n'avait pas été comme ceux de son espèce, domestiqué, inapte à la vie sauvage... S'il retrouvait ses congénères aujourd'hui, le loup pourrait bien se faire dévorer par ses compères. Et moi ? Vais-je me laisser dévorer par les miens ? Tout n'est pas si hostile, au fond dans la grande capitale française, mais je ressens toujours un peu d'angoisse. Je me dis parfois que c'est un défi, une épreuve, qu'il me faut m'habituer et apprécier la situation en tant que telle. J commence peu à peu à m'habituer à l'ampleur que prend chaque sensation dans une grande ville, le bruit, les odeurs... Je pourrais peut-être m'y faire, même s'il me faudrait du temps, et que ces instants de quiétude comme celui d maintenant où je me retrouve à l'écart, où j'apprécie la nature, les grands espaces et le silence ne cesseront jamais d'avoir ma préférence. Je n'envisage pas de me plaindre. Rares sont les comédiens qui peuvent se targuer de vivre de leur art et de ne pas être trop mal lôtis. Nous sommes la plèbe, nous ne vivons pas comme des rois, mais ce serait proférer un total mensonge que de dire que nous sommes miséreux, notre spectacle a du succès et nous avons le privilège de pouvoir manger tous les jours, loin de ce dont nous avions pu souffert de faim dans nos premières années d'errances, à bord de la petite roulotte, même si j'en gard un délicieux souvenir, je ne peux pas priver Gwynplaine et Ursus de tout cela. Je me contenterais bien de notre misère, mais ils méritent bien mieux que cela, l'un comme l'autre. Je ne le leur ôterait pas par simple caprice. Suis-je malheureuse, après tout ? Non, je ne le suis pas. Et n'est-ce pas là l'essentiel, au fond ? J'affiche un léger sourire alors, presque d'excuse quand il me dit que le loup serait plus malheureux en ville encore que moi. Il a bien compris que je n'ai pas pu m'empêcher de m'identifier à lui, mais je refuse qu'il ait le moindre scrupule. J'aime ma vie si je les ai et qu'importe où je vivrais. je préfère les tourments de la ville et leur présence à tous les deux que le calme d'une campagne qui me torturerait de leur absence.

-Je ne suis pas malheureuse
. J'affirme d'un ton que je veux convaincu, mais qui ne l'est sans doute pas. Je suis heureuse si vous l'êtes, j'ajoute en tournant mes yeux sans regard vers mon père d'adoption.

Et lui ? Est-il heureux ? Je n'en sais trop rien. Cet homme est si fermé que comprendre et reconnaître ce qui se trâme dans son esprit tient de cet exploit que je ne suis pas certaine, même après toutes ces années, de savoir accomplir. Je ne lui pose pas directement la question, d'ailleurs je pense pouvoir présumer de sa réponse, mais l'interrogation qui perce le ton de ma voix alors que j'affirme lui aura peut-être mis la puce à l'oreille ?


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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Sam 28 Mar - 9:59


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rsus afficha une grimace peu convaincue quand Déa lui affirma qu'elle n'était pas malheureuse, non, bien sûr, sauf que si elle avait été vraiment heureuse, elle l'aurait dit tel quel. Déa était une jeune fille pure et honnête, ses sentiments se lisaient sur son visage, et elle n'avait pas besoin d'yeux, reflets de l'âme, pour qu'on puisse découvrir dans ses traits la douleur quand il y en avait, ou la joie quand elle en éprouvait. Déa ne respirait pas franchement la joie de vivre, et son père adoptif n'était pas le moins du monde convaincu par la réponse de la jeune fille. Il avait le sentiment que cette ville allait la détruire à petit feu. L'ambition et l'or pouvaient bien faire de l'oeil à Gwynplaine, si ce dernier y trouvait son bonheur, il ne comptait pas l'empêcher d'approcher de près les étoiles, mais Déa était bien plus fragile, et si Paris devait lui briser les ailes, il le supporterait vraiment très mal. Pourtant, il le savait aussi, Déa avait besoin de Gwynplaine... Et l'inverse était certainement tout aussi vrai, même si ce dernier le comprenait peut-être moins. Elle ne serait pas heureuse en ville, mais ne le serait pas non plus sans son "frère" (pour simplifier la situation), et ce dernier ne semblait pas le moins du monde avoir envie d s'en aller, pas alors qu'une duchesse s'intéressait de très près à l'homme qui rit et lui faisait de l'oeil, un état de fait qui n'avait échappé à personne. Et certainement pas à la jeune femme dont Ursus, d'un regard, tentait de saisir l'âme, alors qu'elle lui disait ne devoir son bonheur qu'au leur. Ah ! Si c'était si simple, alors aucun d'eux ne serait plus jamais malheureux.

-J'ai jamais été heureux moi.
bougonna-t-il dans un discours qui ne manquait évidemment pas de pessimisme. Le bonheur, c'est un luxe réservé aux puissants... et à la jeunesse.

N'avait-il jamais été jeune, alors. Si, évidemment, et il avait dû connaître ses joies, lui aussi, mais il se targuait toujours du contraire, comme s'il portait sa misère en étendard. Mais Déa et Gwynplaine étaient jeunes encore, ils avaient tout le loisir de trouver du bonheur où ils le désireraient... Seulement, leurs désirs semblaient les mener parfois sur des voies complètement opposées. En attendant, il se souciait plus de voir sa fille adoptive retrouver le sourire que de n'importe quel autre état d'âme, y compris ceux de Gwynplaine, d'ailleurs.

-Si tu veux que nous reprenions la route, Déa, tu n'as qu'à le demander.


Et en effet. Il suffirait d'un mot de sa part pour qu'il leur attelle une nouvelle roulotte et pour qu'ils reprennent leur vie d'avant, à sillonner les routes, à gagner moins et à vivre d'un succès médiocre, mais à s'en contenter. Encore faudrait-il que Gwynplaine veuille s'en aller, ceci dit, et rien n'était moins certain... Mais s'il le fallait, si c'était la seule solution, ils pourraint bien partir sans lui.






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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Jeu 2 Avr - 11:57

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Je ne peux pas m'empêcher de sourire lorsque j'entends mon père d'adoption ronchonner au sujet du bonheur qu'il n'aurait jamais connu. J'ignore vraiment s'il est sincère. Je crois foncièrement que tout être humain normal connaît au moins une fois dans sa vie cette sensation de joie que pour ma part, j'ai ressenti à plusieurs reprises. Si l'on fait dépendre son bonheur de l'argent ou de toutes ces notons matérielles que l'on essaye de nous présenter comme en étant la clé ultime, alors forcément, on se destine au plus grand des malheurs. Mais même dans la plus grand misère, et même si ma vie n'a pas commencé sous les meilleurs hospices, je sais trouver mon contentement où il se cache. Auprès de Gwynplaine et d'Ursus, en somme. Leur présence fait mon bonheur et leur absence mon malheur... Oh comme j'aurais aimé qu'il le comprenne aussi ! Pour ce qui est d'Ursus, je pense seulement qu'il s'arme à sa manière contre la douleur et la déception. Il a dû trop en connaître, alors il s'arrange pour nous se protéger aussi bien du bonheur que du malheur. Pourtant je veux croire qu'il est plus heureux depuis que nous sommes entrés dans sa vie que lorsqu'il vivait sans nous. Je le crois profondément, mais je préfère ne rien en dire. Il risquerait de le prendre mal, je le sais. Ou tout simplement de nier, ce qui est du pareil au même. C'est dans son caractère, un point c'est tout. Et j'aime son caractère renfrogné, même s'il le rend par instants plutôt inaccessible. En fait, c'est plutôt flatteur d se dire qu'on a éussi à abaisser des barrières et à percer un coeur à ce point de pierre.

Non, le bonheur n'est pas un luxe des puissants et de la jeunesse. Le bonheur appartient à ceux qui parviennent à s'émerveiller de tout ce qui les entoure. Je sais que l'on dit qu'il appartient à ceux qui savent toujours avoir un nouveau regard sur le monde. Je dois être de ceux-là. C'est ironique quand on sait que je ne vois pas. Mais le regard à mes yeux ne s'arrête pas, je pense, à ce que mes yeux perçoivent. Et de toutes les manières, si Ursus n'a jamais été heureux, cela signifie-t-il qu'il n'a jamais été jeune ? Je le placerai bien face à ses contradictions pour le taquiner, mais le sujet est trop sérieux pour qu'il le reconnaisse. Il me propose de reprendre la route. Je suis bien tentée de le répondre oui. Mais le talent de Gwynplaine est enfin reconnu, je ne supporterais pas qu'il soit triste de son départ. Ou pire, qu'il m'en veuille terriblement. Je préfère sacrifier mon bonheur au profit du sien, et même, je ne m'imagine pas avoir d'autres choix que le choix de l'homme que j'aime, en fait.

-Jamais je ne demanderai cela...
je répond d'une voix un peu tremblante, bien consciente de mes failles. Il ne voudra pas partir, et je ne veux pas partir sans lui.

Et si ça doit me faire du mal par moments, je sais que ce serait encore pire si je ne prenais pas cette décision-ci.

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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Jeu 2 Avr - 20:46


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rsus avait il y a longtemps renoncé à ne serait-ce qu'espérer le bonheur. C'était certainement pour cela qu'il disait ne jamais l'éprouver, d'ailleurs, car quand l'occasion s'y prêtait, il y renonçait et se complaisait non pas dans le malheur, mais dans une sorte de... distance vis à vis de l'existence qui ne l'empêchait pas de toujours donner son opinion sur cette dernière. Recueillir Gwynplaine et Déa chez lui avait sans le moindre doute été l'événement le plus important et le plus agréable de sa vie. Mais il ne l'associait pas au bonheur, tout simplement parce qu'il ne mettait ce terme sur rien quand il s'agissait de lui, alors même qu'il ne désirait rien de plus pour le jeune homme et la jeune fille qu'il avait élevé et aimé comme s'ils étaient ses propres enfants. Tenter de le convaincre de sa mauvaise foi, même si elle était évidente, aurait été une vaine entreprise. Mieux valait qu'ils ne s'apesantissent pas sur un sujet de conversation dont le dénouement serait forcément stérile. Ils avaient l'un comme l'autre bien mieux à s'apprendre et à se dire, des choses bien plus urgentes en tous cas.

Quand Ursus offrait à Déa de reprendre la route et d'abandonner la capitale française au profit de leurs vies d'autrefois, il était convaincu de lire dans l'expression de son visage l'envie et la tentation de retrouver cette vie là plutôt que de se complaire dans cet environnement citadin où seul semblait s'épanouir Gwynplaine. La répons de la jeune femme n'eut rien pour surprendre son père. Elle lui confirmait, somme toute, vouloir partir et ne vouloir le faire que si l'homme qu'elle aimait restait, et malheureusement, ils savaient l'un comme l'autre que Gwynplaine ne voudrait pas s'en aller. Pas maintenant que son talent était connu de la cour elle-même. L'ennui, c'était que sa fille d'adoption, à trop vouloir demeurer auprès de lui, risquait fort de passer à côté de sa vie. Ursus ne s'opposait en rien à l'idylle de ses deux "enfants", mais il devinait qu'il n'aurait pas à y mettre un frein, Gwynplaine gâcherait tout de lui-même, et Déa, injustement, en souffrirait. Alors que d'eux trois, elle était la plus pure et celle qui mériterait le moins un tel sort. Mais les êtres les plus purs étaient malheureusement ceux qui souffraient le plus. Nul au monde ne supporte les être trop intacts, et l'univers s'applique à les souiller.

-Ne t'attaches pas trop à Gwynplaine, Déa. Un jour ou l'autre il pourrait t'échapper. Il faut que tu sois prête à l'accepter.


Il était peut-être un peu trop rude avec la jeune femme, mais l'on ne pourrait jamais reprocher aux propos d'Ursus d'être mensongers. Quand il avait quelque chose à dire, il le disait, quand il pensait quelque chose il l'exprimait, et en dépit de toute l'affection pour celui qu'il considérait comme son fils, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer qu'un jour ou l'autre, l'oisillon s'échapperait du nid, et il ne volerait pas en sens inverse jusqu'au bercail. Lui, s'était préparé à le supporter, mais Déa... elle était si fragile... Trop fragile.






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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Mer 8 Avr - 13:21

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Ne pas m'attacher à Gwynplaine ? Comment peut-il seulement me demander une chose pareille alors même qu'il est beaucoup trop tard. Il est évident qu'il est trop tard. Depuis le tout premier jour. J'aime Gwynplaine, je l'ai toujours aimé, ce dès notre rencontre. Il est mon oxygène, ma raison d'être. Je ne me vois pas continuer s'il est loin de moi, je ne me vois pas supporter une telle chose. J'ai besoin de lui au quotidien, et même si je le vois s'éloigner de moi jour après jour, je veux croire que tout est encore possible entre nous qu'un jour il prendra conscience que les barrières qu'il dresse entre nous son inutiles et superflus. Nous aurions vraiment la possibilité d'être heureux, tous les deux. Nous pourrions vraiment prendre la route tous les deux, et nous contenter l'un de l'autre, sans avoir besoin d'attirer l'attention de tous, je sais que nous pourrions nous suffir à nous-mêmes. Mais happé par cette grande ville, il oublie le simple bonheur que j'ai à lui offrir. J'espère qu'il se raisonnera. J'aurais voulu qu'Ursus le raisonne, mais son propos me décourage et me fait redouter le pire. Le sourire sur mon visage s'efface tout à coup.  Ursus pense-t-il que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre, croit-il vraiment qu'il s'en ira un jour ou l'autre. C'est le sentiment que son propos m'inspire, et ce propos me serre douloureusement le coeur. J'ai envie d'y croire et de me battre pour lui, mais Ursus me fait comprendre qu'il me faut me confronter à une obscure réalité, et dont je ne me déferai jamais. Je m'en moque. Je m'aggriperai à lui, je ferais tout pour le retenir, peu importe le temps que ça me prendra, peu importe si l'entreprise semble vaine, je ne supporte vraiment pas l'idée qu'il m'échappe. Je me ferai aussi belle que cette duchesse, s'il le faut. Aussi riche et magnifique qu'elle, même si j'ignore à quoi elle ressemble... J'en suis capable, je suis que j'en suis capable. Nos chemins ne se sont pas croisés pour rien, j'en suis certaine. Je veux que ça ait du sens. Et si ce sens ne se trouve pas directement, alors je m'efforcerai, autant que je peux, jusqu'à ce que ce sens s'impose autant à moi qu'à lui.

-Je n'ai pas l'intention de m'y faire
. Je lui affirme d'une voix douce mais malgré tout déterminée. Vraiment, je veux croire que mon intuition est vraie, et je n'apprécie pas qu'Ursus se montre à ce point découragé et fataliste. Certes, c'est dans sa nature, je le sais bien, je le connais depuis presque toujours. Mais étant donné la situatin, j'aimerais le sentir optimiste et encourageant, pour une fois. Mais ce moment n'est pas venu. Bon, je ne peux pas lui reprocher de ne pas être honnête, après tout. Accepterais-tu, toi, qu'il t'échappe ?

Après tout, je ne suis pas la seule, tout de même, qui souffrirait d'un éventuel départ de celui qu'il considère comme son fils. Il tient autant à lui que moi, quoi qu'il en dise.

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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Jeu 9 Avr - 19:34


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O

n pouvait bien targuer Déa de tout ce que l'on voulait (et Ursus le premier), de candeur et de naïveté en premier lieu (et il est vrai qu'elle n'en manquait pas, au fond), on ne pouvait lui ôter le fait qu'elle possédait une volonté de fer malgré tout. Elle avait conscience de ce qu'elle voulait, et semblait ne vouloir laisser personne le lui ôter. La vie ne l'avait pas ménagée, vraiment pas, et elle pouvait se laisser aisément abuser par le sens qui lui manquait, mais malgré tout, elle se montrait toujours forte, et jamais défaitiste. En quelque sorte, il n'y aurait pas de mal à ce qu'il en prenne de la graine, d'ailleurs. Il était évident, dans ces moments là, que Déa n'était pas de son sang. Elle n'avait rien de ce pessimisme crasse qui qualifiait Ursus aux yeux de tous, et à juste titre. Non, Déa, elle, cherchait à tirer le meilleur de chaque chose. Et elle révélait également le meilleur dans le coeur de chacun. Cela faisait partie de l'une de ses qualités majeures, l'une des raisons pour lesquelles Ursus respectait et aimait sa fille d'adoption. Il ne pensait pas être capable de s'attacher avant que son regard croise celui de celle qui ne pouvait pas le voir. Il s'était immédiatement senti père. Et c'est pour cette raison qu'il cherchait à tous prix à la protéger de ce qui avait de grands risques, malheureusement, de lui faire du mal. Mais la demoiselle était visiblement obstinée. Elle ne voulait pas renoncer à l'homme qu'elle aimait. Ah l'amour ! Si l'on pouvait se garder d'aimer, cela nous éviterait bien des ennuis. Et elle n'était pas la seule, d'ailleurs, qui en définitive, souffrait de l'éventuel (et qui semblait presque inévitable à Ursus) départ de Gynplaine, celui qu'il avait toujours considéré comme son fils. Oui, bien sûr, à lui aussi, cela ferait du mal, un mal fou. Mais c'était là l'une des caractéristiques majeures d'Ursus Girardet, il ne montrait jamais ni sa joie, ni son malheur.

-Il faut accepter de la vie toutes les fatalités, Déa. Ni toi, ni moi, ne pourront l'empêcher.


En grandissant, Gwynplaine était devenu une sorte d'électron libre, attiré vers la haute comme une phalène vers la lumière. Tous les deu ne pouvaient pas faire grand chose face à cela. Qui sait, le jeune homme au sourire éternel finirait peut-être par retrouver la raison en chemin. Mais Ursus ne pouvait s'empêcher d'en douter. Et oui, il communiquait ses doutes à Déa. Et sans vraiment la ménager. Mais il espérait altérer sa douleur le moment venu, si ce moment devait venir.

-S'il décide de s'en aller, je ne m'opposerai pas à sa volonté de partir.


Ce serait à contrecoeur, bien évidemment. Ça ne faisait aucun doute. Mais quoi faire et quoi dire ? C'était ainsi. Et il ne l'exprimerait guère. Comme il faisait au mieux pour ne jamais laisser transparaître ses émotions. De sa vie, il n'avait jamais pleuré, pas une seule fois. Il ne commencerait pas pour cela.







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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Lun 13 Avr - 12:23

L'homme est un loup pour l'homme

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La fatalité, hein ? C'est un terme qu'Ursus ne peut certainement qu'apprécier, car il est indissociable de l'art théâtral. Tous les héros tragiques sont les victimes d'un destin qui les dépasse, les transcende et les achève, mais si ma vie a commencé comme un drame, je ne compte pas la voir s'achever en tragédie. Je ne serai pas une héroïne shakespearienne sur le retour condamnée à une vie qui ne me sied guère. Je ne serai pas une Juliette de ces temps modernes, qui devrait son dernier souffle à l'absorbtion de ce violent poison que je ne compte pas me procurer un jour. Je ne veux pas être de ces individus là, je ne veux pas de la fatalité... Et pourtant c'en est le principe même, on y échappe pas... Au fond, je crois que c'est ce qu'Ursus voit en moi, une Hermione, une Phèdre, une Bérénice... L'une de ces femmes qui hante les livres de théâtre dont il se repait, et qui toutes finissent mal. Je ne dis pas qu'il veut me voir connaître le même sort, c'est sans doute même pour cela qu'il me préserve de Gwynplaine, mais par moments, j'aimerais qu'il ne me voit pas figure de marbre grecque, mais simple humaine, avec ses doutes et ses sentiments, qui s'intérroge à chaque jour qui passe sur ce que sera le suivant, qui s'interroge sur la valeur d'un amour que je ne veux pas voir s'achever celui que nous montons presque de toute pièce quand moi et "l'homme qui rit" sommes sur scène, et que le dernier acte s'achève sur une déclamation terrifiée, sur un baiser mortel. "Je meurs ainsi, sur un baiser"... mais il n'est pas Roméo. Et je ne suis certainement pas Juliette.

Je n'aime pas l'entendre dire qu'il ne fera rien pour l'en empêcher, même si je crois comprendre son mode de fonctionnement, ou en tous cas la manière dont il comprend et appréhende les choses : le monde, la vie, le spectacle, moi, nous. Mais si j'en ai peut-être besoin, je n'ai pas la moindre envie qu'il me protège. Je veux croire que je suis suffisamment forte, et ce que je désire avant tout, c'est qu'il m'aide à me battre. Il ne nous échappera pas. Il ne peut pas le vouloir. Je ne suis sûre de rien ou de pas grand chose. Mais je sais qu'il nous aime, plus profondément qu'il n'aimera jamais qui que ce soit. Bien sûr, on ne peut pas forcer quelqu'un à rester contre son gré, mais pourquoi voudrait-il partir. Cette vie lui plaît, je crois. Elle me plaît moins mais je m'en moque, je peux bien faire des concessions pour lui. S'il est heureux, alors je m'efforcerai de l'être moi aussi. Pour lui.

-Et si tu sais que cette décision n'est pas bonne pour lui, ne cherchera-tu pas à te battre, ne serait-ce qu'un peu, pour lui ?


Je n'ai jamais autant espéré qu'il se range à mon opinion. J'ai impérativement besoin de son soutien, rien d'autre n'a d'importance à mes yeux pour le moment. Car à moi seul, je ne suffirai peut-être pas. Mais à nous deux... L'avenir me semble soudain moins sombre, et les épais nuages qui me brouillent la vue sont remplacés par quelques rayons de soleil agréables.

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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Mar 14 Avr - 17:50


L'homme est un loup pour l'homme
S

e battre.. Voilà bien une solution aux maux de l'existence que l'on ne pouvait jamais attribuer qu'aux jeunes esprits qui ne supportaient pas que le destin soit ce qu'il était, à savoir une entité immuable et lui favorisaient donc une sorte d'idéal que l'on pouvait aisément modeler, sur quoi on pouvait avoir de l'emprise. Oui, il fallait se battre, dans la vie, se battre pour gagner son pain, se battre pour survivre... Mais se battre au nom d'idées abstraites, seuls les jeunes et les naïfs (et Déa, il faut bien le reconnaître, était beaucoup des deux) pensent que cela a du sens. Et même ceux-là finissent par déchanter très rapidement. La vie se charge bien vite de vous administrer des leçons qui vous remettent les idées en place et vous offrent de reconsidérer votre vision des choses. Non, se battre pour d'autres choses que ce que dictait votre instinct, était une entreprise veine. Ce qui devait arriver arrivait forcément, et personne ne pouvait l'empêcher. La vie était ainsi faite. Et Déa, si elle ne le comprenait pas tout de suite, le réaliserait certainement plus tard. Nul doute que ce serait alors douloureux pour elle... Il aurait préféré que ce déclic se fasse plus tard, avant un éventuel départ de Gwynplaine, dans tous les cas. Car évidemment, dans l'un de ses nombreux élans de défaitisme, Ursus avait bien évidemment la conviction qu'il ne cachait pas tant que cela que le fils prodigue allait lui échapper. Et ce que ça le réjouissait ? Non, loin de là. Si ce jour devait arriver, la jeune femme ne serait clairement pas la seule à souffrir, lui aussi aurait bien du mal à supporter cette situation. Mais contrairement à elle, il ne comptait pas l'empêcher. Ils grandissaient, ils devaient faire leurs choix tout seuls, ils devaient décider de leur chemin seul. Sans qu'il n'influence, sans qu'il intervienne. Il pouvait être le Deus ex Machina des pièces qu'il écrivait et où il mettait ses "enfants" en scène. Mais en définitive, c'était tout. Et si la jeune femme devait se perdre dans de vains efforts, il doutait fort que cela mène à quoi que ce soit de bon. Elle se ferait du mal en s'accrochant à quelque chose qui n'était peut-être pas si bon que cela pour elle, en définitive. Et elle lui ferait du mal, car oui, si elle lui demandait de rester, il le ferait certainement pour elle, si elle le suppliait de reprendre la route comme autrefois, il dirait sans doute oui, mais l'incomplétude qui en résulterait nuirait à leur relation. Ah ! Qu'adviendrait-il d'eux quand il ne serait plus là ? Tout parent devait se poser la question un jour, et lui commençait à très sérieusement s'en inquiéter. Il ignorait qu'il valait mieux, déjà, faire le simple souhait que ses enfants lui survivent.

-Il est libre de faire ses propres choix, Déa, je ne l'obligerai jamais à quoi que ce soit... Tout comme je ne t'obligerai pas à quoi que ce soit. Je ne peux que donner mes conseils. Tu es libre de les accepter ou de les ignorer.
lui répondit-il de son habituel ton bougon avant d'aller chercher au fond de sa roulotte les pièces de viande choisies qu'il réservait à Homo. Le loup, par l'odeur de la viande alléché, poussait des halètement d'enthousiasme, la bave aux lèvres, et ne tarda pas à se ruer sur sa nourriture. Ursus le regarda faire un instant avant de porter à nouveau son regard sur sa fille d'adoption. L'égoïsme n'est pas toujours un défaut.






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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Jeu 23 Avr - 10:26

L'homme est un loup pour l'homme

Dea ♠ Ursus


On peut sûrement faire un certain nombre de reproches à Ursus, le fait qu'il soit, par exemple, constamment bourru et pessimiste... Mais on ne peut pas lui reprocher d'être un mauvais père pour ses enfants, même si ces enfants sont adoptifs. Il a sa propre vision des choses, et en ce moment même, je ne peux pas dire qu'elle me plaise. Mais je ne peux pas le lui reprocher. Ursus cherche à faire ce qu'il y a de mieux pour nous, et sans contrarier nos libertés respectives... enfin, dans une certaine mesure, car je pense que, s'il est prêt (et à regret, j'en suis certaine) à laisser Gwynplaine s'envoler du cocon familial, il ne me laisserait jamais faire de même. Où irais-je, de toute manière ? Avec mes yeux déchus, je dépend forcément des autres. Je dépend de mon père, je veux dépendre également de mon frère. Oui, je comprends le point de vue d'Ursus. Il me déplaît profondément, mais je crois comprendre où il veux venir. Il doit voler de ses propres ailes, aller au bout de ses désirs, découvrir le monde sous un autre angle. Ainsi, il se nourrirait de ces expériences et, avec un peu de chances, il nous reviendrait. Mais s'il ne nous revenait pas ? C'est un fait, oui, je n'ai nulle confiance dans mes capacités à le retenir ou dans le fait qu'il nous reviendra si, d'aventure, il devait nous échapper. Et s'il nous abandonnait ? Je ne peux pas... je ne peux pas... L'opinion et les intentions d'Ursus sont justes, mais il m'est impossible de le suivre sur ce point, mon coeur n'y survivra pas.

-Et quels sont tes conseils ? Ne rien faire ? Ne doit-on pas se défendre au quotidien de l'injustice et lutter pour son propre bonheur ?
Je choisis de marquer une pause. Et si moi, je décidais de vous laisser tout à coup... Sois honnête, Ursus, me laisserais-tu partir ?

Je ne le crois pas. Je veux croire que non. Mais il pourra bien me répondre oui... puisque je dépends de lui... Et que je n'ai nulle envie de vivre loin d'Ursus, comme je ne saurais jamais vivre sans Gwynplaine. L'égoïsme n'est peut-être pas toujours un défaut, comme le dit si bien mon interlocuteur. Mais voilà, je suis sans doute incapable d'égoïsme... Ou bien est-ce de l'égoïsme que de chercher à ce point à vouloir retenir celui que j'aime pour mon propre bonheur ? Je sais seulement que je ne peux pas renoncer, quoi qu'il en dise. Je ne le peux pas un point c'est tout. Je dois être une gamine capricieuse. Tant pis, j'ai trop à perdre pour renoncer.

-S'il te plaît... Ne laisse rien nous séparer.


Se peut-il que je me trompe, que nous nous trompons tous les deux ? Après tout, il n'a jamais parlé de s'en aller. Je le sens s'éloigner, cette duchesse m'effraye, mais tout cela, ce n'est jamais que des impressions, j'espère que mes inquiétudes sont infondées. En attendant, je veux que nous rassemblions tous nos efforts pour que tout reste comme cela avait été toujours été. Pourquoi tout changer quand tout est parfait. Ou presque parfait.



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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Dim 26 Avr - 15:14


L'homme est un loup pour l'homme
N

e rien faire, oui, c'était le meilleur conseil qu'Ursus pouvait donner à Déa, et il comprenait sans mal que cela ne lui convienne pas, et qu'elle soit incapable de comprendre de quoi il retournait, mais si elle ne voulait pas se faire plus de mal qu'elle ne s'en faisait déjà, elle n'aurait un jour pas le choix. Ou il ne le laisserait pas à sa fille d'adoption. Il refusait d'intervenir, oui... mais dans une moindre mesure tout de même. Il n'avait pas l'intention de laisser Déa se détruire. Et elle sentait dors et déjà que son interlocutrice ne le laisserait pas la protéger si facilement. Ah ! Devenez parent ! Par moment, Ursus se disait qu'il aurait été plus simple qu'il abandonne ses deux enfants au froid et à la neige. Mais bien sûr, c'était pure mauvaise foi, et il ne le croyait pas lui-même. Ils avaient changé sa vie. Mais dans le meilleur sens du terme, et alors que leurs existences à tous devaient prendre un nouveau tournant, il était grand temps de chacun trouver leur place, et de tenir leur rôle dans le respect des émotions de chacun. Et Déa marquait un point, Ursus lui-même n'était pas bien capable d'expliquer la situation et de savoir s'il faisait les choses de la bonne manière. Car elle avait raison. Il voulait accorder à ses deux enfants le plus grand espace de liberté possible, mais en attendant, il livrerait plus aisément Gwynplaine à son destin que Déa... De toutes les manières, il ne l'imaginait pas s'en sortir par ses propres moyens. Ce n'était pas contre elle, c'était juste... ainsi. Comme tous ces moments de vie qui sont là, indéniables, et contre lesquels on ne peut absolument rien, si ce n'est les accepter. Ceci dit, il fallait qu'il reste intègre à ses propres positions. Alors il y avait sans doute un soupçon de mensonge dans son propos quand il parla en ces termes.

-Si c'était un jour ta décision, je ne m'y opposerai pas.

Ça lui briserait le coeur, et sans ses deux enfants, il ne serait jamais que l'ombre de lui-même. Mais il ne serait pas toujours là quoi qu'il en soit. Ce serait sans doute plus simple s'ils partaient avant qu'il ne s'en aille lui. Ou non. Jamais l'incertitude du destin de ses deux enfants ne lui avait à ce point pesé, et ce fut pire encore quand Déa lui demanda, le supplia presque, même, de ne rien laisser les séparer. Ce n'était pas en son pouvoir, malheureusement. Seul le destin en déciderait, et il préférerait le contraire, il n'arrivait pas à le considérer avec grand optimisme.

-Je ne peux rien faire, Déa.
Il marqua une pause. À se montrer à ce point pessimiste, il risquait de faire plus de mal que de bien à sa fille de coeur. Je ne peux rien te promettre. Mais on ne se perdra jamais complètement dans tous les cas.

Il avait prononcé cette phrase comme dans un grognement à peine audible. Une manière de presque nier cet élan de douceur et d'optimisme dont il avait bien voulu se rendre "coupable".







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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Lun 4 Mai - 13:22

L'homme est un loup pour l'homme
   

Dea ♠ Ursus


   
Je l'écoute mais veut à peine l'entendre quand il me dit qu'il ne me retiendrait pas si je décidais par moi-même de m'en aller. Il est sincère, je pense. C'est vrai, je crois. Il souffrirait à coup sûr, mais il n'arrêterait pas mon geste... En même temps, où pourrais-je aller et que pourrais-je faire sans eux, sans ma famille ? J'évoque là une hypothèse que l'on peut totalement moquer. Si je devais partir, ce serait pour suivre Gwynplaine. Je ne m'en irai pas seule. Et je ne pense pas qu'il veuille justement que je le suive. J'encaisse et je ne dis rien. Ça ne sert à rien puisque je ne peux l'accuser de se mentir à lui-même... C'est plutôt moi que me mens, et qui pour l'heure semble incapable de faire autrement. Je pense qu'il se situe dans nos vies comme le narrateur de nos pièces. Il observe, il commente à l'occasion... il n'interfère pas. Il nous a donné un toit, le droit au bonheur, une famille... Nous ne pouvons rien exiger de plus de sa part. Et c'est à nous de savoir comment disposer de tous ces dons. Je suppose qu'il sait également qu'il n'est pas éternel. Il ne peut tenir cette place dans nos vies si c'est pour en disparaître ensuite et nous laisser démunis. En soi, je ne peux rien lui reprocher. Même si je ferais bien pleuvoir sur lui tous les blâmes de ce monde, juste pour soulager un peu mes angoisses et ma peine. Il ne peut rien faire. C'est bon. Je le comprends et l'assimile, cette fois. Plus que je ne l'approuve, c'est une certitude.

Au moment où je me sens prête à m'effondrer autant que mes certitudes. Il m'adresse pourtant quelques mots infiniment optimistes, et qui ont le don de m'apaiser, de me calmer. Enfin... L'adverbe infiniment est peut-être de trop, mais quand on connaît Ursus, on sait que c'est bien là le summum de ce qu'il peut se montrer confiant envers l'avenir. Il me dit que nous ne nous perdrons jamais complètement. Je pense qu'il a raison. Nous sommes liés. Nos destins sont liés. Alors quoi qu'il arrive et même si nos chemins ne sont pas les mêmes, nous comptons les uns pour les autres. Gwynplaine est peut-être en train de se perdre, mais je suis convaincue qu'il pense tout comme nous. Je ne dis rien pendant quelques secondes. Je ferme seulement les paupières, rend le néant au néant, et prend une profonde inspiration afin de savourer pleinement ce qui m'entoure. Cette odeur si agréable et parfumée, si étrangère à celle de cette grande et impressionnante ville qu'est Paris. Ces sons doux et calmes, pas stridants comme dans la capitale. Au loin, j'entends les cloches d'une église. Ma peau retrouve contact avec le poil rêche du pelage d'Homo.

-Au fond, vous êtes les mêmes.
Je dis doucement. Un loup éprouve toujours l'appel de sa meute, même quand il se prétend solitaire.

Gwynplaine et moi, nous sommes sa meute, que cela l'enchante ou non, qu'il daigne l'admettre ou pas.

   

   

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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Mar 5 Mai - 18:03


L'homme est un loup pour l'homme
U

rsus constata que Déa accueillait ses réflexions et réponses par un simple silence... Le débat était clos, somme toute. Ce n'était pas de gaité de coeur que l'homme s'appliquait à ouvrir ainsi les yeux de sa fille adoptive, même si ces derniers ne pouvaient techniquement pas voir le jour. C'était pour son bien. Il fallait qu'elle envisage la réalité et ses déboires avant qu'ils ne tombent sur elle sans qu'elle ait rien pu faire. C'était du moins son opinion. Ursus n'était pas convaincu que Déa ait approuvé tout ce qu'il avait pu lui dire, sauf peut-être la dernière partie, ceci dit, où il avait daigné faire montre de l'un de ces élans d'optimisme qu'on lui découvrait plus que rarement, mais il ne dévierait pas de son discours, et Déa le savait bien. Évidemment, il n'était pas exclu qu'il se trompe, il n'était jamais qu'un homme, après tout, et à vrai dire, il serait (pour une fois) plutôt heureux de n'avoir su voir ce qui allait advenir, pour une fois, mais il n'y croyait pas trop.

Homo avait délaissé sa nourriture, apparemment satisfait et repu, il se contentait désormais de savourer les caresses de sa fille de coeur, avec lequel il s'était toujours montré d'une tendresse surprenante, même pour ce loup atypique. Il devait pressentir que sa fragilité invitait à une douceur dont il ne faisait pas preuve habituellement. Ils étaient deux, de ce point de vue, car Ursus avait souvent la même attitude avec Déa, quitte à se montrer déraisonnablement indifférent à lui-même. Il les observa un moment, sans rien faire, sans rien dire. On entendait au loin le son qui provenait d'un quelconque clocher du village voisin. Il était déjà tard. S'ils voulaient être revenus sur Paris à temps, ils allaient devoir se mettre en route très rapidement. Il allait d'ailleurs se manifester afin d'inviter Déa à y aller, à présent qu'Homo avait eu son content de caresses et de nourriture, mais ce fut ce moment que choisi la jeune femme pour faire une réflexion à laquelle Ursus ne s'était clairement pas attendu. Il comprenait où elle voulait en venir, du moins le pensait-il, et elle avait raison. Ses deux enfants adoptifs étaient sa meute. Avant de les rencontrer, il avait été convaincu qu'être ainsi entouré ne lui manquait pas. à présent, il redoutait le départ de Gwynplaine, même s'il se complaisait à le cacher. Mais bien sûr, hors de question de lui donner raison.

-Billevesées.
Marmonna-t-il, quand bien même elle avait, évidemment, vu complètement juste. Viens, il est temps de rentrer, il va bientôt faire nuit.

Et s'ils prenaient la route trop tard, ils risquaient fort de s'égarer sur le chemin du retour et de faire de mauvaises rencontres. Bon, il s'en servait également comme prétexte pour ne pas prendre le temps de s'attarder sur ce que Déa venait tout juste de lui dire. Mais à quoi bon y revenir, de toute façon. Elle avait effectivement raison, et quoi qu'il dise, elle serait entièrement sûre d'avoir raison puisque c'était le cas en effet. Autant, à ce stade, demeurer en retrait.






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Message#Sujet: Re: L'homme est un loup pour l'homme (Ursus)   Mer 13 Mai - 14:46

L'homme est un loup pour l'homme
   

Dea ♠ Ursus


   
Je laisse l'esquisse d'un sourire s'afficher sur mes lèvres, où on pourrait même discerner un rien de triomphe, en cherchant bien. J'ai vu juste, j'en suis convaincue, et il le sait tout autant que moi. Ce ne sont pas des billevesées, c'est l'infinie vérité : Ursus tient à ses deux enfants d'adoption comme un loup qui se prétendrait solitaire mais viendrait constamment veiller sur sa meute. C'est ce que j'aime chez lui. Il nous aime, alors il n'a pas besoin de le prétendre, de trop nous le montrer pour qu'on le croie. On le croit à raison et par principe, car aucun autre homme n'aurait fait pour nous ce qu'il a fait. Alors il n'a pas besoin de confirmer mes dires, il peut même les nier si cela lui chante, mais je sais que j'ai raison. D'ailleurs, le simple fait qu'il ne marmonne qu'un seul nom en dit long. Ursus Girardet est un homme éloquent, personne ne manie mieux que lui les mots et la rhétorique. Il suffit de le voir à l'oeuvre lors de nos spectacles pour entièrement le comprendre. Alors c'est beau, c'est puissant, c'est fort, c'est incomparable. S'il avait eu des arguments pour me contredire, il les aurait prononcé sur ce ton qu'on lui entend chaque soir, et avec une verve équivalente. À la place, il me dit que ce sont des sottises, et il me sommes de nous en aller. Il a raison, nous avons perdu trop de temps déjà. La nuit va bientôt tomber. Ça ne me dérange pas en soi, même pour la fréquentation des routes, je ne crains pas ce genre de danger. Je n'ai seulement pas envie qu'il ait le temps de s'absenter, qu'il ne soit pas là à notre retour. Ça me briserait le coeur.

-Très bien.
j'approuve sans chercher à rester plus longtemps. J'occtrois juste à Homo, que nous allons à nouveau abandonner à sa solitude, quelques dernières caresses, tout en espérant pouvoir le revoir très vite. Son absence comme le reste est un vide à nos vies selon moi. Aurevoir, toi. Tu vas me manquer. je prononce doucement à l'oreille de l'animal avant de me redresser et de rejoindre Ursus à la roulotte.

Dès lors, je ne prononce plus le moindre mot. Il n'y a rien à dire, quoi qu'il en soit. Pour le moment du moins. Notre conversation a té lourde de vérité que pour certaines, aveugle que je peux être en âme autant que physiquement, je refuse catégoriquement de reconnaître. Cela viendra peut-être.

Les réponses d’Ursus vont malheureusement faire leur chemin dans ma tête, et je présume que mon esprit va les tourner et retourner dans mille-et-un sens, jusqu’à trouver satisfaction ou n pas la trouver. L’avenir, pour la tout première fois de ma vie, me semble terrible et incertain. Il y a des ténèbres partout, au-delà de mes paupières ouvertes qui n’ont pas vue sur le monde, et qui le regrettent plus que jamais, d’ailleurs, car si je le pouvais, je pourrais regarder la menace droit dans les yeux et m’en défendre.

   

   

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Merci pour ce rp =)
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